Justifier que P admet une unique racine réelle, notée α, et deux racines complexes non réelles, notées β et γ. Préciser le module de β et γ par rapport à α.
Pour tout n∈N, on définit un=αn+βn+γn.
Établir une relation de récurrence linéaire vérifiée par la suite (un)n∈N.
Montrer que, pour tout n, un est un entier.
On pose vn le reste de la division euclidienne de un par 4. Démontrer que la suite (vn)n∈N est périodique.
Déterminer la nature des séries numériques suivantes :
n≥1∑nsin(2πun)etn≥1∑ncos(2πun)
En déduire la nature des séries :
n≥1∑nsin(2παn)etn≥1∑ncos(2παn)
1.
Pour la question 1, étudier les variations de la fonction associée sur R et utiliser les relations entre racines et coefficients.
2.
Pour la question 2, remarquer que les racines de P annulent X3−X−1 pour obtenir la relation un+3=un+1+un.
3.
Pour la question 3, utiliser le critère d'Abel (ou une sommation par parties) pour les séries dont le numérateur est périodique.
4.
Pour la question 4, effectuer un développement limité en exploitant le fait que ∣β∣<1 et ∣γ∣<1.
Idées clés
•
Sommes de Newton et récurrences linéaires.
•
Périodicité dans les corps finis (ici Z/4Z).
•
Transformation d'Abel pour les séries à numérateur périodique.
•
Comparaison de séries par développement asymptotique.
1. Analyse des racines du polynôme.
Considérons f(x)=x3−x−1. Sa dérivée f′(x)=3x2−1 s'annule en ±31.
L'étude des variations montre que f est strictement croissante sur ]1/3,+∞[.
Comme f(1)=−1<0 et f(2)=5>0, le théorème des valeurs intermédiaires assure l'existence d'une unique racine réelle α∈]1,2[.
Les deux autres racines β et γ sont conjuguées. D'après les relations entre racines et coefficients :
αβγ=1⟹∣β∣2=α1
Puisque α>1, on en déduit immédiatement :
∣β∣=∣γ∣=α1<1
2. Étude de la suite (un).
(a) Chaque racine λ∈{α,β,γ} vérifie λ3−λ−1=0, donc λn+3=λn+1+λn.
En sommant ces trois relations, on obtient :
un+3=un+1+un
(b) On calcule les premiers termes : u0=1+1+1=3, u1=α+β+γ=0 (car il n'y a pas de terme en X2), et u2=(∑α)2−2∑αβ=0−2(−1)=2.
Comme u0,u1,u2∈Z et que la relation de récurrence est à coefficients entiers, par récurrence immédiate, un∈Z pour tout n.
(c) La suite vn=un(mod4) suit la même récurrence dans Z/4Z.
Le nombre d'états possibles pour un triplet (vn,vn+1,vn+2) est fini (43=64).
Par principe des tiroirs, la suite des triplets finit par boucher, ce qui implique la périodicité.
En calculant les termes modulo 4 :
v0=3,v1=0,v2=2,v3=3,v4=2,v5=1,v6=1,v7=3,v8=2,v9=0,v10=1,v11=2,v12=1,v13=3,v14=3,v15=0,v16=2…
On retrouve le triplet (v1,v2,v3)=(0,2,3) au rang n=15. La suite est périodique de période T=14 à partir de n=1.
3. Nature des séries en un.
Soit cn=sin(2πun). Comme un∈Z, cn=sin(2πvn).
La suite (cn) est périodique de période 14. Une série ∑ncn converge si et seulement si la somme sur une période est nulle : ∑k=114ck=0.
Calculons les valeurs de cn sur une période n∈[[1,14]] :
vn : 0,2,3,2,1,1,3,2,0,1,2,1,3,3.
cn=sin(2πvn) : 0,0,−1,0,1,1,−1,0,0,1,0,1,−1,−1.
La somme vaut 0+0−1+0+1+1−1+0+0+1+0+1−1−1=0.
∑nsin(2πun) converge.
Pour dn=cos(2πun), les valeurs sont : 1,−1,0,−1,0,0,0,−1,1,0,−1,0,0,0.
La somme sur une période est 1−1−1−1+1−1=−2=0.
∑ncos(2πun) diverge (vers −∞).
4. Nature des séries en αn\alpha^nαn.
Posons δn=βn+γn\delta_n = \beta^n + \gamma^nδn=βn+γn. On a un=αn+δnu_n = \alpha^n + \delta_nun=αn+δn.
Comme ∣β∣=∣γ∣<1|\beta| = |\gamma| < 1∣β∣=∣γ∣<1, δn\delta_nδn tend vers 0 géométriquement.
Utilisons l'identité sin(a−b)=sinacosb−cosasinb\sin(a-b) = \sin a \cos b - \cos a \sin bsin(a−b)=sinacosb−cosasinb :
Le terme O(δn/n)O(\delta_n / n)O(δn/n) est le terme général d'une série absolument convergente car δn\delta_nδn décroit exponentiellement.
Par somme de deux séries convergentes :