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Soit f:[0,1]→Rf : [0,1] \to \mathbb{R} une fonction continue.

  1. On suppose que pour toute fonction g∈C1([0,1],R)g \in \mathcal{C}^{1}([0,1], \mathbb{R}) vérifiant g(0)=g(1)g(0)=g(1), on a :
    ∫01f(t)g(t) dt=0\int_{0}^{1} f(t) g(t)   dt = 0
    Démontrer que la fonction ff est identiquement nulle sur [0,1][0,1].

  2. On suppose désormais que pour toute fonction g∈C1([0,1],R)g \in \mathcal{C}^{1}([0,1], \mathbb{R}) vérifiant g(0)=g(1)g(0)=g(1), on a :
    ∫01f(t)g′(t) dt=0\int_{0}^{1} f(t) g'(t)   dt = 0
    Que peut-on conclure sur la fonction ff ? Démontrer le résultat.

1.

Pour la première question, raisonner par l'absurde en supposant que ff n'est pas nulle en un point t0t_0, puis construire une fonction "cloche" gg de classe C1\mathcal{C}^1 centrée en t0t_0 et s'annulant au bord.

2.

Pour la seconde question, introduire la valeur moyenne c=∫01f(t) dtc = \int_0^1 f(t)   dt et considérer une primitive bien choisie de la fonction f−cf-c.

Idées clés

•

Utilisation de fonctions tests (fonctions "cloches").

•

Lien entre orthogonalité aux dérivées et fonctions constantes.

•

Propriété de positivité de l'intégrale pour les fonctions continues non nulles.

Résolution.

  1. Démontrons que ff est nulle par l'absurde. Supposons qu'il existe t0∈[0,1]t_0 \in [0,1] tel que f(t0)≠0f(t_0) \neq 0. Quitte à remplacer ff par −f-f, on peut supposer f(t0)>0f(t_0) > 0. Par continuité de ff, il existe un intervalle [α,β]⊂[0,1][\alpha, \beta] \subset [0,1] tel que t0∈]α,β[t_0 \in ]\alpha, \beta[ et :
    ∀t∈[α,β],f(t)≥f(t0)2>0\forall t \in [\alpha, \beta],   f(t) \geq \frac{f(t_0)}{2} > 0
    Construisons une fonction g∈C1([0,1])g \in \mathcal{C}^1([0,1]) positive, s'annulant hors de ]α,β[]\alpha, \beta[, et telle que g(0)=g(1)g(0)=g(1). On peut poser :
    g(t)={(t−α)2(t−β)2si t∈[α,β]0sinong(t) = \begin{cases} (t-\alpha)^2(t-\beta)^2 & \text{si } t \in [\alpha, \beta]
    0 & \text{sinon} \end{cases}
    Cette fonction est de classe C1\mathcal{C}^1 sur [0,1][0,1] car la fonction et sa dérivée s'annulent en α\alpha et β\beta. De plus, g(0)=g(1)=0g(0)=g(1)=0. Calculons l'intégrale du produit :
    ∫01f(t)g(t) dt=∫αβf(t)g(t) dt\int_0^1 f(t)g(t)   dt = \int_\alpha^\beta f(t)g(t)   dt
    Sur ]α,β[]\alpha, \beta[, le produit fgfg est strictement positif et continu. L'intégrale est donc strictement positive :
    ∫01f(t)g(t) dt>0\int_0^1 f(t)g(t)   dt > 0
    Ceci contredit l'hypothèse d'orthogonalité. On en conclut :
    f=0\boxed{ f = 0 }

  2. Montrons que ff est une fonction constante. Notons c=∫01f(t) dtc = \int_0^1 f(t)   dt la valeur moyenne de ff sur [0,1][0,1]. Considérons une fonction h∈C0([0,1])h \in \mathcal{C}^0([0,1]) telle que ∫01h(t) dt=0\int_0^1 h(t)   dt = 0. On définit alors g:x↦∫0xh(t) dtg : x \mapsto \int_0^x h(t)   dt. Par le théorème fondamental de l'analyse, gg est de classe C1\mathcal{C}^1 sur [0,1][0,1] et g′=hg'=h. On remarque que g(0)=0g(0)=0 et g(1)=∫01h(t) dt=0g(1) = \int_0^1 h(t)   dt = 0. Ainsi, gg vérifie les conditions de l'énoncé. L'hypothèse nous donne :
    ∫01f(t)h(t) dt=0\int_0^1 f(t) h(t)   dt = 0
    Appliquons ceci à la fonction particulière h=f−ch = f - c. Elle est continue et sa moyenne est nulle. On a donc :
    ∫01f(t)(f(t)−c) dt=0\int_0^1 f(t) (f(t) - c)   dt = 0
    Observons par ailleurs que :
    ∫01c(f(t)−c) dt=c(∫01f(t) dt−c)=c(c−c)=0\int_0^1 c (f(t) - c)   dt = c \left( \int_0^1 f(t)   dt - c \right) = c(c-c) = 0
    En soustrayant ces deux égalités, nous obtenons :
    ∫01(f(t)−c)2 dt=∫01f(t)(f(t)−c) dt−∫01c(f(t)−c) dt=0\int_0^1 (f(t)-c)^2   dt = \int_0^1 f(t)(f(t)-c)   dt - \int_0^1 c(f(t)-c)   dt = 0
    La fonction (f−c)2(f-c)^2 est continue et positive sur [0,1][0,1]. Comme son intégrale est nulle, la fonction est identiquement nulle.
    ∀t∈[0,1],f(t)=c\boxed{ \forall t \in [0,1],   f(t) = c }
    Ainsi, ff est une fonction constante.

Vouloir intégrer par parties alors que f n'est pas C1.

Orthogonalité aux dérivées implique la constance.