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Soit E=C([0,1],R)E = \mathcal{C}([0,1], \mathbb{R}) l'espace des fonctions réelles continues sur [0,1][0,1]. Pour tout sous-intervalle I=[a,b][0,1]I = [a, b] \subseteq [0,1], on définit l'application TI:EET_{I} : E \to E qui à une fonction ff associe la fonction TI(f)T_I(f) définie par :

TI(f)(x)={f(x)si xIf(a)+f(b)f(a)ba(xa)si xIT_I(f)(x) = \begin{cases} f(x) & \text{si } x \notin I
f(a) + \frac{f(b)-f(a)}{b-a}(x-a) & \text{si } x \in I \end{cases}

On considère une suite (In)n1(I_n)_{n \geq 1} de sous-intervalles de [0,1][0,1]. Pour tout fEf \in E, on pose :

f0=fetnN, fn+1=TIn+1(fn)f_0 = f   \text{et}   \forall n \in \mathbb{N}, \ f_{n+1} = T_{I_{n+1}}(f_n)
Démontrer que la suite de fonctions (fn)nN(f_n)_{n \in \mathbb{N}} converge uniformément sur [0,1][0,1].

1.

Commencer par vérifier que TIT_I est un endomorphisme linéaire de EE et que TI(f)f\|T_I(f)\|_\infty \leq \|f\|_\infty.

2.

Étudier le cas particulier où la fonction initiale ff est convexe. Montrer que TI(f)T_I(f) est alors également convexe et que fTI(f)f \leq T_I(f).

3.

En déduire la convergence simple, puis uniforme (en utilisant le théorème de Dini ou un argument d'équicontinuité) dans le cas convexe.

4.

Utiliser le fait que toute fonction de classe C2\mathcal{C}^2 sur [0,1][0,1] est la différence de deux fonctions convexes.

5.

Conclure pour fEf \in E par un argument de densité.

Idées clés

Linéarité et continuité des opérateurs TIT_I pour la norme infini.

Propriétés de conservation de la convexité par TIT_I.

Densité des fonctions C2\mathcal{C}^2 (différences de fonctions convexes) dans les fonctions continues.

Théorème de convergence monotone (Dini).

1. Propriétés élémentaires des opérateurs TIT_I.

Soit I=[a,b]I = [a,b]. L'application TIT_I est clairement linéaire par construction de la fonction affine par morceaux. De plus, sur l'intervalle II, TI(f)T_I(f) est une fonction affine reliant (a,f(a))(a, f(a)) à (b,f(b))(b, f(b)).

Par le principe du maximum pour les fonctions affines, on a :

xI, TI(f)(x)max(f(a),f(b))f\forall x \in I, \ |T_I(f)(x)| \leq \max(|f(a)|, |f(b)|) \leq \|f\|_\infty
Comme TI(f)=fT_I(f) = f en dehors de II, on en déduit que :
TI(f)f\boxed{\|T_I(f)\|_\infty \leq \|f\|_\infty}
Ainsi, chaque TIT_I est un endomorphisme continu de EE de norme subordonnée inférieure ou égale à 11.

2. Cas d'une fonction ff convexe.

Supposons que ff soit convexe sur [0,1][0,1]. Sur l'intervalle I=[a,b]I = [a,b], le graphe de TI(f)T_I(f) est la corde reliant les points (a,f(a))(a, f(a)) et (b,f(b))(b, f(b)). D'après la définition de la convexité, la corde est toujours située au-dessus du graphe de la fonction. On a donc :

x[0,1], TI(f)(x)f(x)\boxed{\forall x \in [0,1], \ T_I(f)(x) \geq f(x)}

Montrons que TI(f)T_I(f) est encore convexe. La fonction est convexe sur [0,a][0,a], [a,b][a,b] (car affine) et [b,1][b,1]. Il suffit de vérifier la croissance des pentes. Soient x1<a<x2<b<x3x_1 < a < x_2 < b < x_3. Comme ff est convexe, la pente entre x1x_1 et aa est inférieure à la pente de la corde sur [a,b][a,b], laquelle est inférieure à la pente entre bb et x3x_3. La fonction TI(f)T_I(f) est donc convexe sur [0,1][0,1].

Par récurrence, si ff est convexe, la suite (fn)(f_n) est une suite de fonctions convexes telle que fnfn+1f_n \leq f_{n+1} pour tout nn. La suite (fn)(f_n) est donc croissante. Comme elle est majorée (par f\|f\|_\infty), elle converge simplement vers une fonction ff_\infty.

La limite simple ff_\infty d'une suite de fonctions convexes est convexe. Une fonction convexe sur un segment [0,1][0,1] est continue, sauf éventuellement aux bornes. Or ici fn(0)=f(0)f_n(0) = f(0) et fn(1)=f(1)f_n(1) = f(1) pour tout nn, donc f(0)=f(0)f_\infty(0)=f(0) et f(1)=f(1)f_\infty(1)=f(1), assurant la continuité aux bornes. D'après le théorème de Dini, la convergence simple d'une suite monotone de fonctions continues vers une limite continue sur un compact est uniforme.

Si f est convexe, fnuniff\boxed{\text{Si } f \text{ est convexe, } f_n \xrightarrow{\text{unif}} f_\infty}

3. Cas d'une fonction fC2([0,1],R)f \in \mathcal{C^2([0,1], \mathbb{R}).}

Soit fC2([0,1])f \in \mathcal{C}^2([0,1]). Puisque ff'' est continue sur le segment [0,1][0,1], elle est bornée. Soit M=max[0,1]f(x)M = \max_{[0,1]} |f''(x)|. Considérons la fonction g(x)=f(x)+M2x2g(x) = f(x) + \frac{M}{2}x^2. On a g(x)=f(x)+M0g''(x) = f''(x) + M \geq 0, donc gg est convexe. Posons également h(x)=M2x2h(x) = \frac{M}{2}x^2, qui est aussi convexe. On a alors f=ghf = g - h.

Par linéarité de TIT_I, on a fn=TInTI1(g)TInTI1(h)=gnhnf_n = T_{I_n} \dots T_{I_1}(g) - T_{I_n} \dots T_{I_1}(h) = g_n - h_n. D'après le point précédent, (gn)(g_n) et (hn)(h_n) convergent uniformément. Leur différence (fn)(f_n) converge donc également uniformément.

4. Conclusion par densité.

L'espace C2([0,1])\mathcal{C}^2([0,1]) est dense dans (E,)(E, \|\cdot\|_\infty). Soit fEf \in E et ϵ>0\epsilon > 0. Il existe ϕC2([0,1])\phi \in \mathcal{C}^2([0,1]) telle que fϕϵ\|f - \phi\|_\infty \leq \epsilon. Notons Sn=TInTI1S_n = T_{I_n} \circ \dots \circ T_{I_1}. Par linéarité :

fnfm=Sn(fϕ)+(Sn(ϕ)Sm(ϕ))+Sm(ϕf)f_n - f_m = S_n(f - \phi) + (S_n(\phi) - S_m(\phi)) + S_m(\phi - f)
En utilisant Sn1\|S_n\| \leq 1, il vient :
fnfmfϕ+Sn(ϕ)Sm(ϕ)+ϕf2ϵ+Sn(ϕ)Sm(ϕ)\|f_n - f_m\|_\infty \leq \|f - \phi\|_\infty + \|S_n(\phi) - S_m(\phi)\|_\infty + \|\phi - f\|_\infty \leq 2\epsilon + \|S_n(\phi) - S_m(\phi)\|_\infty
Puisque (ϕn)(\phi_n) converge uniformément, elle est de Cauchy. Pour n,mn, m assez grands, on a Sn(ϕ)Sm(ϕ)ϵ\|S_n(\phi) - S_m(\phi)\|_\infty \leq \epsilon. La suite (fn)(f_n) est donc de Cauchy dans l'espace complet (E,)(E, \|\cdot\|_\infty).

La suite (fn) converge uniformeˊment sur [0,1]\boxed{\text{La suite } (f_n) \text{ converge uniformément sur } [0,1]}

Vouloir utiliser Arzelà-Ascoli sans point fixe ou limite identifiée.

Toute fonction C2 est différence de deux fonctions convexes.