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Pour tout réel x[0,1]x \in [0,1], on définit la suite de fonctions (un)nN(u_n)_{n \in \mathbb{N}} par les conditions initiales u0(x)=0u_0(x) = 0 et u1(x)=xu_1(x) = x, ainsi que la relation de récurrence suivante :

nN,un+2(x)=un+1(x)+xnun(x)\forall n \in \mathbb{N},   u_{n+2}(x) = u_{n+1}(x) + x^n u_n(x)

  1. Implémenter une fonction Python \texttt{u(n, x)} calculant la valeur de un(x)u_n(x) de manière itérative. Déterminer les valeurs approchées de u10(0,5)u_{10}(0,5) et u10(1)u_{10}(1).
  2. On souhaite observer le comportement de ces fonctions.
    1. Proposer un script permettant de tracer les courbes de unu_n pour n{0,,10}n \in \{0, \dots, 10\} sur [0,1][0, 1].
    2. Quelles conjectures peut-on formuler concernant la monotonie de la suite (un(x))nN(u_n(x))_{n \in \mathbb{N}} pour xx fixé, et celle de la fonction xun(x)x \mapsto u_n(x) pour nn fixé ?
  3. Démontrer les conjectures émises à la question précédente.
  4. Justifier l'inégalité classique : tR,1+tet\forall t \in \mathbb{R},   1+t \le e^t.
  5. Établir par récurrence que pour tout n2n \ge 2 et pour tout x[0,1[x \in [0, 1[ :
    un(x)exp(k=0n2xk)u_n(x) \le \exp \left( \sum_{k=0}^{n-2} x^k \right)
  6. En déduire que la suite de fonctions (un)(u_n) converge simplement sur l'intervalle [0,1[[0, 1[.
  7. Pour un entier nn fixé, la fonction unu_n possède-t-elle une limite à gauche en 11 ? Si oui, exprimer cette limite à l'aide d'une suite usuelle.

1.

Pour la question 1, une approche itérative évite les calculs redondants de la récursivité simple.

2.

Pour la question 3, procéder par récurrence (double si nécessaire) en utilisant le fait que x0x \ge 0.

3.

Pour la question 5, utiliser l'inégalité ea+eb1ea+be^a + e^b - 1 \le e^{a+b} pour a,b0a, b \ge 0, qui découle du développement de (ea1)(eb1)0(e^a-1)(e^b-1) \ge 0.

4.

Pour la question 6, utiliser le théorème de la limite monotone pour les suites réelles.

5.

Pour la question 7, remarquer que unu_n est une fonction polynomiale.

Idées clés

Récurrence double pour la positivité et la croissance.

Utilisation de l'exponentielle pour majorer un produit ou une somme complexe.

Lien entre récurrence linéaire et suite de Fibonacci.

Résolution.

  1. On propose une version itérative pour gagner en efficacité : \begin{verbatim} def u(n, x): if n == 0: return 0.0 if n == 1: return float(x) u_prec, u_curr = 0.0, float(x) for k in range(n - 1): u_next = u_curr + (x**k) * u_prec u_prec, u_curr = u_curr, u_next return u_curr \end{verbatim} Par le calcul, on obtient :
    u10(0,5)6,53125etu10(1)=55\boxed{u_{10}(0,5) \approx 6,53125}   \text{et}   \boxed{u_{10}(1) = 55}

    1. On utilise \texttt{matplotlib.pyplot} pour le tracé.
    2. On conjecture que pour tout x[0,1]x \in [0, 1], la suite (un(x))n(u_n(x))_n est croissante et que pour tout nNn \in \mathbb{N}, la fonction unu_n est croissante sur [0,1][0, 1].

  2. Fixons x[0,1]x \in [0, 1]. Montrons par récurrence double que un(x)0u_n(x) \ge 0. C'est vrai pour u0u_0 et u1u_1. Si un(x),un+1(x)0u_n(x), u_{n+1}(x) \ge 0, alors un+2(x)=un+1(x)+xnun(x)0u_{n+2}(x) = u_{n+1}(x) + x^n u_n(x) \ge 0. On en déduit :
    un+2(x)un+1(x)=xnun(x)0u_{n+2}(x) - u_{n+1}(x) = x^n u_n(x) \ge 0
    La suite (un(x))n(u_n(x))_n est donc croissante. Pour la croissance de xun(x)x \mapsto u_n(x), on vérifie que u0,u1,u2(x)=xu_0, u_1, u_2(x)=x sont croissantes. Par récurrence, si unu_n et un+1u_{n+1} sont croissantes et positives, comme xxnx \mapsto x^n est croissante et positive sur [0,1][0,1], alors un+2u_{n+2} l'est par produit et somme de fonctions croissantes positives.

  3. Soit f(t)=et(1+t)f(t) = e^t - (1+t). On a f(t)=et1f'(t) = e^t - 1. ff' est négative sur R\mathbb{R}_- et positive sur R+\mathbb{R}_+. Le minimum de ff est atteint en 00 et vaut f(0)=0f(0) = 0. Ainsi, tR,f(t)0\forall t \in \mathbb{R}, f(t) \ge 0, soit :
    tR,1+tet\boxed{\forall t \in \mathbb{R},   1+t \le e^t}

  4. Soit x[0,1[x \in [0, 1[. Posons Sm=k=0mxkS_m = \sum_{k=0}^{m} x^k. Initialisation : Pour n=2n=2, u2(x)=xu_2(x) = x et exp(S0)=e1\exp(S_0) = e^1. On a bien x1e1x \le 1 \le e^1. Pour n=3n=3, u3(x)=x+x2u_3(x) = x + x^2. On a u3(x)1+xexe1+x=exp(S1)u_3(x) \le 1+x \le e^x \le e^{1+x} = \exp(S_1). Hérédité : Supposons la propriété vraie aux rangs nn et n+1n+1. un+2(x)=un+1(x)+xnun(x)exp(Sn1)+xnexp(Sn2)u_{n+2}(x) = u_{n+1}(x) + x^n u_n(x) \le \exp(S_{n-1}) + x^n \exp(S_{n-2}). Comme Sn1=Sn2+xn1S_{n-1} = S_{n-2} + x^{n-1}, on a :
    un+2(x)exp(Sn2)(exn1+xn)u_{n+2}(x) \le \exp(S_{n-2}) \left( e^{x^{n-1}} + x^n \right)
    D'après la question 4, xnexn1x^n \le e^{x^n} - 1. Donc :
    exn1+xnexn1+exn1e^{x^{n-1}} + x^n \le e^{x^{n-1}} + e^{x^n} - 1
    Or, pour a,b0a, b \ge 0, (ea1)(eb1)0    ea+beaeb+10    ea+eb1ea+b(e^a-1)(e^b-1) \ge 0 \implies e^{a+b} - e^a - e^b + 1 \ge 0 \implies e^a + e^b - 1 \le e^{a+b}. En posant a=xn1a = x^{n-1} et b=xnb = x^n, on obtient :
    exn1+xnexp(xn1+xn)e^{x^{n-1}} + x^n \le \exp(x^{n-1} + x^n)
    D'où un+2(x)exp(Sn2)exp(xn1+xn)=exp(Sn)u_{n+2}(x) \le \exp(S_{n-2}) \exp(x^{n-1} + x^n) = \exp(S_n), ce qui achève la récurrence.
    n2,un(x)exp(k=0n2xk)\boxed{\forall n \ge 2,   u_n(x) \le \exp\left(\sum_{k=0}^{n-2} x^k\right)}

  5. Pour x[0,1[x \in [0, 1[, la série géométrique xk\sum x^k converge vers 11x\frac{1}{1-x}. Ainsi, la suite (un(x))n(u_n(x))_n est croissante et majorée par exp(11x)\exp\left(\frac{1}{1-x}\right). D'après le théorème de la limite monotone, la suite (un(x))(u_n(x)) converge simplement vers une limite finie sur [0,1[[0, 1[.

  6. Pour nn fixé, unu_n est une fonction polynomiale (par récurrence immédiate), elle est donc continue sur R\mathbb{R}. La limite en 11 est donc un(1)u_n(1). En x=1x=1, la relation devient un+2(1)=un+1(1)+un(1)u_{n+2}(1) = u_{n+1}(1) + u_n(1) avec u0(1)=0u_0(1)=0 et u1(1)=1u_1(1)=1. On reconnaît la suite de Fibonacci (Fn)(F_n).
    limx1un(x)=Fn\boxed{\lim_{x \to 1^-} u_n(x) = F_n}

Confusion entre limite en n et limite en x pour une suite de fonctions.

Utilisation de la croissance et d'un majorant exponentiel pour prouver la convergence simple.