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Soit α\alpha l'unique réel positif tel que sinh⁡(α)=1\sinh(\alpha) = 1. On définit pour tout n∈Nn \in \mathbb{N} l'intégrale :

In=∫0α(sinh⁡t)n dtI_n = \int_0^\alpha (\sinh t)^n   \mathrm{d}t

  1. Justifier l'existence et l'unicité de α\alpha. Donner une expression logarithmique de α\alpha.
  2. Montrer que la suite (In)n∈N(I_n)_{n \in \mathbb{N}} est décroissante et converge vers une limite ℓ\ell que l'on déterminera.
  3. À l'aide d'une intégration par parties, établir que pour tout n⩾2n \geqslant 2 :
    nIn=2−(n−1)In−2n I_n = \sqrt{2} - (n-1) I_{n-2}
  4. Déterminer un équivalent de InI_n quand n→+∞n \to +\infty.
  5. Étudier la nature des séries ∑(−1)nIn\sum (-1)^n I_n et ∑In\sum I_n.

1.

Pour α\alpha, résoudre ex−e−x=2e^x - e^{-x} = 2 en posant X=exX = e^x.

2.

Pour la limite, remarquer que sinh⁡t<1\sinh t < 1 sur [0,α[[0, \alpha[.

3.

Pour la récurrence, écrire (sinh⁡t)n=(sinh⁡t)n−2(cosh⁡2t−1)(\sinh t)^n = (\sinh t)^{n-2} (\cosh^2 t - 1) ou intégrer par parties In=∫sinh⁡t⋅(sinh⁡t)n−1dtI_n = \int \sinh t \cdot (\sinh t)^{n-1} \mathrm{d}t.

4.

Pour l'équivalent, utiliser la relation nIn+(n−1)In−2=2n I_n + (n-1) I_{n-2} = \sqrt{2} et montrer que In∼In−2I_n \sim I_{n-2}.

Idées clés

•

Intégration par parties pour les relations de récurrence (type Wallis).

•

Théorème de convergence dominée pour la limite.

•

Analyse de récurrence pour l'équivalent.

Résolution.

  1. La fonction sinh⁡\sinh est continue, strictement croissante sur R\mathbb{R} et réalise une bijection de [0,+∞[[0, +\infty[ sur [0,+∞[[0, +\infty[. Comme 1∈[0,+∞[1 \in [0, +\infty[, α\alpha existe et est unique. sinh⁡α=1  ⟺  eα−e−α2=1  ⟺  (eα)2−2eα−1=0\sinh \alpha = 1 \iff \frac{e^\alpha - e^{-\alpha}}{2} = 1 \iff (e^\alpha)^2 - 2e^\alpha - 1 = 0. En posant X=eα>0X = e^\alpha > 0, on trouve X=2+82=1+2X = \frac{2 + \sqrt{8}}{2} = 1 + \sqrt{2}.
    α=ln⁡(1+2)\boxed{\alpha = \ln(1 + \sqrt{2})}

  2. Pour tout t∈[0,α]t \in [0, \alpha], 0⩽sinh⁡t⩽10 \leqslant \sinh t \leqslant 1. Donc (sinh⁡t)n+1⩽(sinh⁡t)n(\sinh t)^{n+1} \leqslant (\sinh t)^n, d'où In+1⩽InI_{n+1} \leqslant I_n. La suite est décroissante et minorée par 00, donc elle converge. Pour t∈[0,α[t \in [0, \alpha[, (sinh⁡t)n→0(\sinh t)^n \to 0. Par convergence dominée (ou majoration simple),
    lim⁡n→∞In=0\boxed{\lim_{n \to \infty} I_n = 0}

  3. Pour n⩾2n \geqslant 2, intégrons par parties In=∫0αsinh⁡t⋅(sinh⁡t)n−1 dtI_n = \int_0^\alpha \sinh t \cdot (\sinh t)^{n-1}   \mathrm{d}t :
    In=[cosh⁡t(sinh⁡t)n−1]0α−(n−1)∫0αcosh⁡2t(sinh⁡t)n−2 dtI_n = [\cosh t (\sinh t)^{n-1}]_0^\alpha - (n-1) \int_0^\alpha \cosh^2 t (\sinh t)^{n-2}   \mathrm{d}t
    Comme sinh⁡α=1\sinh \alpha = 1, alors cosh⁡α=1+sinh⁡2α=2\cosh \alpha = \sqrt{1 + \sinh^2 \alpha} = \sqrt{2}.
    In=2−(n−1)∫0α(1+sinh⁡2t)(sinh⁡t)n−2 dt=2−(n−1)In−2−(n−1)InI_n = \sqrt{2} - (n-1) \int_0^\alpha (1 + \sinh^2 t) (\sinh t)^{n-2}   \mathrm{d}t = \sqrt{2} - (n-1) I_{n-2} - (n-1) I_n
    En regroupant les InI_n, on obtient :
    nIn+(n−1)In−2=2\boxed{n I_n + (n-1) I_{n-2} = \sqrt{2}}

  4. Comme In→0I_n \to 0 et InI_n est décroissante, In∼In−1∼In−2I_n \sim I_{n-1} \sim I_{n-2}. La relation précédente devient (n+n−1)In∼2(n + n-1) I_n \sim \sqrt{2}, soit 2nIn∼22n I_n \sim \sqrt{2}.
    In∼22n=1n2\boxed{I_n \sim \frac{\sqrt{2}}{2n} = \frac{1}{n\sqrt{2}}}

    • La suite (In)(I_n) décroit vers 00, donc par le critère spécial des séries alternées, ∑(−1)nIn converge\boxed{\sum (-1)^n I_n \text{ converge}}.
    • Comme In∼1n2I_n \sim \frac{1}{n\sqrt{2}}, par comparaison avec la série harmonique (série de Riemann divergente), ∑In diverge\boxed{\sum I_n \text{ diverge}}.

Calcul exact de cosh(alpha).

Technique de récurrence pour les intégrales de puissances de fonctions trigonométriques ou hyperboliques.