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Soit (X,d)(X, d) un espace métrique compact non vide. On note C(X,R)\mathcal{C}(X, \mathbb{R}) l'algèbre des fonctions réelles continues sur XX, munie de la norme de la convergence uniforme ∥⋅∥∞\|\cdot\|_{\infty}. Soit AA une sous-algèbre de C(X,R)\mathcal{C}(X, \mathbb{R}) satisfaisant les deux conditions suivantes :

  • AA contient les fonctions constantes.
  • AA sépare les points de XX : ∀x,y∈X,x≠y⇒∃f∈A,f(x)≠f(y)\forall x, y \in X, x \neq y \Rightarrow \exists f \in A, f(x) \neq f(y).
On note B=AˉB = \bar{A} l'adhérence de AA pour la norme ∥⋅∥∞\|\cdot\|_{\infty}.

  1. Montrer que BB est une sous-algèbre fermée de C(X,R)\mathcal{C}(X, \mathbb{R}) stable par la fonction valeur absolue (i.e., f∈B⇒∣f∣∈Bf \in B \Rightarrow |f| \in B).
  2. Prouver que pour tout couple (x,y)∈X2(x, y) \in X^2 avec x≠yx \neq y, et pour tout couple de réels (a,b)(a, b), il existe une fonction f∈Af \in A telle que f(x)=af(x)=a et f(y)=bf(y)=b.
  3. Soit h∈C(X,R)h \in \mathcal{C}(X, \mathbb{R}) et ε>0\varepsilon > 0.
    1. Montrer que pour tout x∈Xx \in X, il existe une fonction gx∈Bg_x \in B telle que gx(x)=h(x)g_x(x) = h(x) et ∀y∈X,gx(y)≤h(y)+ε\forall y \in X, g_x(y) \leq h(y) + \varepsilon.
    2. En déduire l'existence d'une fonction φ∈B\varphi \in B telle que ∥h−φ∥∞≤ε\|h - \varphi\|_{\infty} \leq \varepsilon.
  4. Conclure sur la densité de AA dans C(X,R)\mathcal{C}(X, \mathbb{R}).

1.

Pour la question 1, utiliser le fait que t↦∣t∣t \mapsto |t| est limite uniforme de polynômes sur un segment.

2.

Pour la question 2, considérer l'application f↦(f(x),f(y))f \mapsto (f(x), f(y)) et montrer qu'elle est surjective.

3.

Pour la question 3(a), utiliser le résultat de la question 2 pour chaque point yy et exploiter la compacité de XX pour passer du local au global via un "infimum".

4.

Rappel : max⁡(f,g)=f+g+∣f−g∣2\max(f, g) = \frac{f+g+|f-g|}{2} et min⁡(f,g)=f+g−∣f−g∣2\min(f, g) = \frac{f+g-|f-g|}{2}.

Idées clés

•

Approximation de la valeur absolue par des polynômes

•

Stabilité de BB par min⁡\min et max⁡\max

•

Recouvrement fini d'un compact (propriété de Borel-Lebesgue)

Résolution.

  1. Puisque (C(X,R),∥⋅∥∞)(\mathcal{C}(X, \mathbb{R}), \|\cdot\|_{\infty}) est une algèbre normée, les opérations sont continues, donc l'adhérence BB d'une sous-algèbre est une sous-algèbre. Soit f∈Bf \in B. L'image f(X)f(X) est un segment [−M,M][-M, M]. D'après le théorème de Weierstrass classique, la fonction t↦∣t∣t \mapsto |t| est limite uniforme de polynômes (Pn)(P_n) sur [−M,M][-M, M]. Alors Pn∘fP_n \circ f converge uniformément vers ∣f∣|f|. Comme BB est une algèbre contenant les constantes, Pn∘f∈BP_n \circ f \in B. BB étant fermé :
    ∣f∣∈B\boxed{ |f| \in B }

  2. Soient x≠yx \neq y et g∈Ag \in A tel que g(x)≠g(y)g(x) \neq g(y). Considérons f=λg+μ⋅1f = \lambda g + \mu \cdot \mathbf{1}. On veut résoudre le système :
    {λg(x)+μ=aλg(y)+μ=b\begin{cases} \lambda g(x) + \mu = a
    \lambda g(y) + \mu = b \end{cases}
    Le déterminant est g(x)−g(y)≠0g(x) - g(y) \neq 0. Le système admet une solution (λ,μ)(\lambda, \mu), donc f∈Af \in A.

    1. Fixons x∈Xx \in X. Pour tout y∈Xy \in X, d'après la question 2, il existe fy∈A⊂Bf_y \in A \subset B tel que fy(x)=h(x)f_y(x) = h(x) et fy(y)=h(y)f_y(y) = h(y). Par continuité, il existe un ouvert OyO_y contenant yy tel que pour tout z∈Oyz \in O_y, fy(z)<h(z)+εf_y(z) < h(z) + \varepsilon. La famille (Oy)y∈X(O_y)_{y \in X} recouvre le compact XX. On en extrait un sous-recouvrement fini Oy1,…,OypO_{y_1}, \dots, O_{y_p}. Posons gx=min⁡(fy1,…,fyp)g_x = \min(f_{y_1}, \dots, f_{y_p}). Comme BB est stable par la valeur absolue, elle est stable par l'opération min⁡\min. Alors gx∈Bg_x \in B. De plus, gx(x)=h(x)g_x(x) = h(x) (car chaque fyi(x)=h(x)f_{y_i}(x) = h(x)) et pour tout z∈Xz \in X, zz appartient à un certain OykO_{y_k}, d'où gx(z)≤fyk(z)<h(z)+εg_x(z) \leq f_{y_k}(z) < h(z) + \varepsilon.
      gx(x)=h(x)et∀z∈X,gx(z)≤h(z)+ε\boxed{ g_x(x) = h(x)   \text{et}   \forall z \in X, g_x(z) \leq h(z) + \varepsilon }

    2. Pour chaque xx, par continuité, il existe un ouvert WxW_x contenant xx tel que ∀z∈Wx,gx(z)>h(z)−ε\forall z \in W_x, g_x(z) > h(z) - \varepsilon. On extrait à nouveau un recouvrement fini Wx1,…,WxqW_{x_1}, \dots, W_{x_q} de XX. Posons φ=max⁡(gx1,…,gxq)\varphi = \max(g_{x_1}, \dots, g_{x_q}). Par stabilité, φ∈B\varphi \in B. Par construction, φ(z)≤h(z)+ε\varphi(z) \leq h(z) + \varepsilon car chaque gxjg_{x_j} le vérifie. D'autre part, pour tout zz, il existe kk tel que z∈Wxkz \in W_{x_k}, donc φ(z)≥gxk(z)>h(z)−ε\varphi(z) \geq g_{x_k}(z) > h(z) - \varepsilon. On a donc trouvé φ∈B\varphi \in B tel que :
      ∥h−φ∥∞≤ε\boxed{ \|h - \varphi\|_{\infty} \leq \varepsilon }

  3. Tout élément h∈C(X,R)h \in \mathcal{C}(X, \mathbb{R}) est dans l'adhérence de BB. Comme BB est déjà fermé et B=AˉB = \bar{A}, on a B=C(X,R)B = \mathcal{C}(X, \mathbb{R}). L'algèbre AA est donc dense.

Nécessité de la séparation des points et de la présence des constantes.

Toute sous-algèbre séparante de C(K, R) contenant les constantes est dense.