WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MPI 2024

Bienvenue dans les Landes !

  • 39 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,6 / 4)
  • Faisable en Sup (Parties I, II, IV et VI entièrement abordables dès la première année)
  • Vérifié question par question

Ce sujet propose un parcours original et contextualisé à travers le patrimoine naturel, culturel et gastronomique des Landes de Gascogne. Il est structuré en six parties totalement indépendantes balayant un très large spectre du programme de physique et de chimie : analogies de transport, changements d'état diphasiques, mécanique du marcheur bipède, équilibres acido-basiques, électronique numérique et oscillateurs à relaxation, puis dosage d'oxydoréduction.

D'un niveau technique très abordable et fidèle à l'esprit du concours CCINP, l'épreuve valorise la rigueur de lecture des énoncés, le sens physique et l'application directe des théorèmes fondamentaux. Elle constitue un excellent support d'entraînement pour des révisions transversales rapides ou pour s'exercer à la modélisation interdisciplinaire en début de seconde année.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Les besoins en eau du pin maritime (ou pin des Landes)

Question 1

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : loi d'ohm locale, analogie électrocinétique

a) Rappeler la loi d'Ohm locale dans un milieu ohmique (on l'écrira à l'aide du potentiel électrique ). À quelles grandeurs électriques sont analogues respectivement et ? Définir et exprimer, en fonction des données, la conductivité hydraulique , analogue de la conductivité électrique.

b) Dans ce modèle, la masse d'eau traversant une surface par unité de temps, ou débit massique à travers , est . De quelle grandeur électrique le débit massique est-il l'analogue ?

Voir l'indice

Exprimer \vec{j} = \sigma \vec{E} = -\sigma \overrightarrow{\operatorname{grad}} V pour identifier les correspondances terme à terme avec la loi de Darcy.

Voir le corrigé complet

a) Dans un milieu conducteur ohmique isotrope, en régime stationnaire ou quasi-stationnaire, la loi d'Ohm locale s'écrit, en reliant le champ électrique \vec{E} au potentiel électrique V par \vec{E} = -\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V :

\vec{j} = \sigma \vec{E} = -\sigma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V

où \vec{j} est le vecteur densité volumique de courant électrique et \sigma la conductivité électrique du milieu.

En comparant cette relation avec la loi de Darcy :

\vec{j}_M = -\frac{K}{\rho_e g}\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\psi

on identifie directement les analogies suivantes :

  • le potentiel hydrique \psi est l'analogue du potentiel électrique V ;
  • le vecteur densité de courant de masse \vec{j}_M est l'analogue du vecteur densité de courant électrique \vec{j}.

Par identification formelle entre \vec{j}_M = -\gamma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,\psi et \vec{j} = -\sigma\,\overrightarrow{\operatorname{grad}}\,V, on définit la conductivité hydraulique \gamma du milieu, analogue de la conductivité électrique \sigma, par :

\boxed{\gamma = \frac{K}{\rho_e g}}

b) En électrocinétique, le flux du vecteur densité de courant \vec{j} à travers une section (S) définit l'intensité du courant électrique I :

I = \iint_{(S)} \vec{j}\cdot\mathrm{d}\vec{S}

Par analogie, le débit massique D = \iint_{(S)} \vec{j}_M \cdot \mathrm{d}\vec{S} est l'analogue de l'intensité du courant électrique I.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 2

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : résistance électrique, analyse dimensionnelle

a) Définir la résistance hydraulique d'un tube de courant d'eau de débit massique , d'extrémités et , soumis à une différence de potentiel hydrique .

b) Dans quelle unité faisant intervenir uniquement le mètre et la seconde, s'exprime la résistance hydraulique ?

Voir l'indice

Traduire la relation U = R I sous forme hydraulique \Delta \psi = R_H D, puis réaliser l'analyse dimensionnelle avec le pascal et le débit massique en \mathrm{kg \cdot s^{-1}}.

Voir le corrigé complet

a) Par analogie avec la loi d'Ohm macroscopique régissant un conducteur ohmique en régime continu (V_A - V_B = R \, I), la différence de potentiel hydrique \psi_A - \psi_B > 0 entre les deux extrémités d'un tube de courant parcouru par un débit massique D (orienté de A vers B) s'écrit :

\psi_A - \psi_B = R_H \, D

La résistance hydraulique R_H est donc définie par :

\boxed{R_H = \frac{\psi_A - \psi_B}{D}}

b) Déterminons la dimension de la résistance hydraulique à partir des grandeurs de base du Système international :

  • Le potentiel hydrique \psi est homogène à une pression, exprimée en pascals (\mathrm{Pa}) :

    [\psi] = \frac{[\text{Force}]}{[\text{Surface}]} = \frac{\mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}}}{\mathrm{L^2}} = \mathrm{M \cdot L^{-1} \cdot T^{-2}} \quad (\text{soit en } \mathrm{kg \cdot m^{-1} \cdot s^{-2}})
  • Le débit massique D représente une masse par unité de temps :

    [D] = \frac{[\text{Masse}]}{[\text{Temps}]} = \mathrm{M \cdot T^{-1}} \quad (\text{soit en } \mathrm{kg \cdot s^{-1}})

On en déduit la dimension de R_H :

[R_H] = \frac{[\psi]}{[D]} = \frac{\mathrm{M \cdot L^{-1} \cdot T^{-2}}}{\mathrm{M \cdot T^{-1}}} = \mathrm{L^{-1} \cdot T^{-1}}

La résistance hydraulique s'exprime donc en :

\boxed{\mathrm{m^{-1} \cdot s^{-1}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 3

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : résistance électrique, loi d'ohm

Par circulation du champ le long d'une racine, établir l'expression de la résistance hydraulique d'une racine en fonction de , et de . En déduire la résistance hydraulique du système racinaire.

Voir l'indice

Intégrer le gradient de potentiel sur un cylindre rectiligne pour R_r, puis appliquer la loi d'association pour N résistances identiques montées en dérivation.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différence de potentiel hydrique \psi_S - \psi_O par la circulation du champ -\vec{\operatorname{grad}}\,\psi le long d'une racine.
  2. Relier le gradient au vecteur densité de courant massique \vec{j}_M via la loi de Darcy, puis au débit massique D_r pour identifier la résistance R_r.
  3. Associer les N racines montées en parallèle entre le sol et le nœud O pour en déduire R_N.
Voir le corrigé complet

Considérons une racine cylindrique rectiligne de section s_r, de longueur l_r, d'axe orienté de l'extrémité en contact avec le sol (S) vers la base du tronc (O).

La circulation du champ -\vec{\operatorname{grad}}\,\psi le long de cette racine de S à O s'écrit :

\int_S^O (-\vec{\operatorname{grad}}\,\psi) \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = - \left[ \psi \right]_S^O = \psi_S - \psi_O

D'après la loi de Darcy introduite en Q1, on a \vec{j}_M = -\gamma_r \vec{\operatorname{grad}}\,\psi, soit -\vec{\operatorname{grad}}\,\psi = \frac{\vec{j}_M}{\gamma_r}. En régime stationnaire, la conservation de la masse impose un écoulement unidimensionnel uniforme le long de la racine : le vecteur \vec{j}_M est colinéaire à \mathrm{d}\vec{\ell} et de norme uniforme dans la section s_r, d'où un débit massique à travers la section D_r = j_M s_r.

On en déduit :

\begin{aligned} \psi_S - \psi_O &= \int_S^O \frac{\vec{j}_M}{\gamma_r} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = \frac{j_M}{\gamma_r} \int_S^O \mathrm{d}\ell = \frac{j_M l_r}{\gamma_r} \\ \psi_S - \psi_O &= \frac{l_r}{\gamma_r s_r} D_r \end{aligned}

Par identification avec la définition de la résistance hydraulique R_r = \frac{\psi_S - \psi_O}{D_r} (Q2), on obtient :

\boxed{R_r = \frac{l_r}{\gamma_r s_r}}

Le système racinaire est constitué de N racines identiques connectées en parallèle entre le même potentiel d'entrée \psi_S (le sol) et le même potentiel de sortie \psi_O (le point O). Le débit massique total aspiré est la somme des débits de chaque racine : D_{\text{tot}} = N D_r.

La loi d'association en parallèle donne ainsi :

\frac{1}{R_N} = \sum_{k=1}^N \frac{1}{R_r} = \frac{N}{R_r} \implies \boxed{R_N = \frac{R_r}{N} = \frac{l_r}{N \gamma_r s_r}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 4

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : schéma électrique équivalent, association de résistances

Avec la résistance hydraulique du système racinaire, celle du tronc, celle du système foliaire et celle à l'interface entre le système foliaire et l'atmosphère, donner en justifiant, le schéma électrique équivalent au système racines-tronc-feuilles-atmosphère.

Voir l'indice

Suivre le trajet continu du flux de sève depuis le sol jusqu'à l'air pour identifier un montage purement série.

Voir la stratégie
  1. Justifier la mise en série des différents éléments en s'appuyant sur la conservation du flux de masse d'eau (débit massique constant en régime stationnaire le long du végétal).
  2. Représenter le schéma électrique équivalent en précisant les potentiels aux bornes (sol et atmosphère) ainsi que les nœuds intermédiaires.
Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, la conservation de la masse d'eau impose que le débit massique D qui traverse successivement le système racinaire, le tronc, le système foliaire et l'interface avec l'atmosphère soit conservé :

D_{\text{racines}} = D_{\text{tronc}} = D_{\text{feuilles}} = D_{\text{atmosphère}} = D

Par analogie électrocinétique, un même débit massique (analogue de l'intensité du courant électrique) traversant ces différents milieux implique que les résistances hydrauliques associées sont connectées en série.

Le système racines-tronc-feuilles-atmosphère est donc équivalent à quatre résistances en série soumises à la différence de potentiel hydrique globale \psi_S - \psi_{\text{atm}} :

La résistance hydraulique totale de l'arbre et de son interface s'écrit ainsi :

\boxed{R_{\text{tot}} = R_N + R_t + R_f + R_a}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 5

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : loi des mailles, loi d'ohm

À partir de et des valeurs du potentiel hydrique de la figure 2, donner la valeur numérique de .

Voir l'indice

Exprimer la conservation du débit massique traversant l'arbre et franchissant l'interface foliaire pour relier R_a à R_p et aux sauts de potentiel \Delta \psi.

Voir la stratégie
  1. Exploiter le modèle en série établi à la question Q4 : en régime permanent, le débit massique d'eau D est identique à travers chaque élément du CSPA.
  2. Exprimer ce débit massique à la fois à travers le pin (de résistance R_p) et à travers l'interface foliaire-atmosphère (de résistance R_a).
  3. Relever les valeurs des potentiels hydriques sur la figure 2 pour en déduire la valeur numérique de R_a.
Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question Q4, le pin et l'interface feuille-atmosphère sont traversés par un même flux d'eau de débit massique D en régime stationnaire. Par analogie avec la loi d'Ohm, on a :

D = \frac{\psi_{\text{sol}} - \psi_{\text{feuilles}}}{R_p} = \frac{\psi_{\text{feuilles}} - \psi_{\text{atm}}}{R_a}

où :

  • \Delta \psi_p = \psi_{\text{sol}} - \psi_{\text{feuilles}} est la différence de potentiel hydrique aux bornes du pin (depuis le sol au contact des racines jusqu'aux aiguilles sommitales) ;
  • \Delta \psi_a = \psi_{\text{feuilles}} - \psi_{\text{atm}} est la différence de potentiel hydrique à l'interface feuille-atmosphère.

On en déduit l'expression de la résistance hydraulique R_a :

R_a = R_p \, \frac{\psi_{\text{feuilles}} - \psi_{\text{atm}}}{\psi_{\text{sol}} - \psi_{\text{feuilles}}}

D'après la figure 2, les potentiels hydriques valent :

\begin{aligned} \psi_{\text{sol}} &= -0{,}05\text{ MPa} \\ \psi_{\text{feuilles}} &= -1{,}5\text{ MPa} \\ \psi_{\text{atm}} &= -100\text{ MPa} \end{aligned}

Ce qui donne les écarts de potentiel suivants :

\begin{aligned} \Delta \psi_p &= -0{,}05 - (-1{,}5) = 1{,}45\text{ MPa} \\ \Delta \psi_a &= -1{,}5 - (-100) = 98{,}5\text{ MPa} \end{aligned}

Avec R_p = 1{,}0 \cdot 10^9\text{ S.I.} :

R_a = 1{,}0 \cdot 10^9 \times \frac{98{,}5}{1{,}45} \approx 6{,}8 \cdot 10^{10}\text{ S.I.}
\boxed{R_a \approx 6{,}8 \cdot 10^{10}\text{ m}^{-1}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 6

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : débit massique, bilan de masse

En déduire la masse évapo-transpirée par un pin adulte pendant un jour d'été (avec les valeurs numériques de la figure 2 et une durée d'exposition solaire journalière de ).

Voir l'indice

Calculer le débit massique D = \Delta \psi / R_p à travers l'arbre puis multiplier par la durée d'exposition solaire de 12 heures.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le débit massique D de sève brute (assimilée à de l'eau pure) transitant dans le pin à partir de la différence de potentiel hydrique aux bornes de l'arbre et de sa résistance hydraulique R_p.
  2. En déduire la masse d'eau m évapo-transpirée pendant la durée d'exposition solaire \Delta t = 12\text{ h}.
Voir le corrigé complet

En régime stationnaire, le débit massique D traversant chaque élément en série du système est constant. D'après la définition de la résistance hydraulique (question Q2) appliquée à l'ensemble du pin entre le sol (\psi_{\mathrm{S}}) et le sommet foliaire (\psi_{\mathrm{f}}) :

D = \frac{\psi_{\mathrm{S}} - \psi_{\mathrm{f}}}{R_p}

D'après la figure 2 :

\begin{aligned} \psi_{\mathrm{S}} &= -0,05\text{ MPa} = -0,05 \cdot 10^6\text{ Pa} \\ \psi_{\mathrm{f}} &= -1,5\text{ MPa} = -1,5 \cdot 10^6\text{ Pa} \end{aligned}

d'où :

D = \frac{-0,05\cdot 10^6 - (-1,5\cdot 10^6)}{1,0 \cdot 10^9} = \frac{1,45 \cdot 10^6}{1,0 \cdot 10^9} = 1,45 \cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1}

Pendant une durée journalière d'exposition solaire \Delta t = 12\text{ h} = 12 \times 3\,600\text{ s} = 4,32 \cdot 10^4\text{ s}, la masse d'eau évapo-transpirée par le pin est :

\begin{aligned} m &= D\,\Delta t \\ m &= 1,45 \cdot 10^{-3} \times 4,32 \cdot 10^4 \approx 63\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{m \approx 63\text{ kg}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 7

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : ordre de grandeur, bilan de masse

On peut lire sur un document du C.N.P.F. (Centre National de la Protection Forestière) « qu'un hectare de pins maritimes adultes aspire 15 à 25 tonnes d'eau par jour, cette eau étant évapo-transpirée par la partie aérienne de l'arbre ». Sachant qu'il y a typiquement 300 pins adultes par hectare, les valeurs du C.N.P.F. sont-elles en accord avec le résultat trouvé en Q6 ? On rappelle que .

Voir l'indice

Multiplier la masse d'eau transpirée par arbre trouvée en Q6 par le nombre d'arbres par hectare et convertir en tonnes.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, la masse d'eau évapo-transpirée par un pin adulte au cours d'une journée d'été est :

m \approx 62,6\text{ kg}

Pour un peuplement de N = 300\text{ pins} par hectare, la masse totale d'eau M_{\text{ha}} évapo-transpirée par hectare et par jour s'écrit :

M_{\text{ha}} = N \cdot m

En réalisant l'application numérique :

M_{\text{ha}} = 300 \times 62,6\text{ kg} \approx 1,88 \cdot 10^4\text{ kg} = 18,8\text{ tonnes}

Cette valeur de 19\text{ tonnes} est bien comprise dans l'intervalle de 15\text{ à } 25\text{ tonnes} par jour fourni par le C.N.P.F.

\boxed{M_{\text{ha}} \approx 19\text{ tonnes d'eau/jour/ha} \in [15\,;\,25]\text{ tonnes}}

Les valeurs du C.N.P.F. sont donc en excellent accord avec le résultat calculé en Q6.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie II : Gemmage en forêt landaise et distillation de la résine de pin

Question 8

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : diagramme de phase, corps pur

Dessiner l'allure du diagramme des phases de l'eau pure. Nommer et mentionner deux points particuliers sur ce diagramme et indiquer les domaines solide, liquide et gazeux.

Voir l'indice

Tracer les trois courbes d'équilibre se rejoignant au point triple et repérer la pente négative caractéristique de l'équilibre solide-liquide de l'eau.

Voir le corrigé complet

L'allure du diagramme des phases (p, T) d'un corps pur comme l'eau présente les trois domaines de stabilité monophasique (solide, liquide et gaz) séparés par trois courbes d'équilibre diphasique qui se rejoignent en un point commun :

Les deux points particuliers requis par l'énoncé sont :

  • Le point triple \mathrm{T} : unique état thermodynamique où les trois phases (solide, liquide, vapeur) coexistent simultanément en équilibre sous la variance nulle v = 1 - 3 + 2 = 0. Pour l'eau pure : T_{\text{t}} \approx 273{,}16\text{ K} (0{,}01\text{ }^\circ\text{C}) et p_{\text{t}} \approx 611\text{ Pa} \approx 6{,}1\times 10^{-3}\text{ bar}.
  • Le point critique \mathrm{C} : extrémité supérieure de la courbe de vaporisation liquide-gaz. En ce point, les masses volumiques et enthalpies des phases liquide et gazeuse deviennent identiques (la distinction liquide/gaz disparaît). Au-delà (T > T_{\text{c}} et p > p_{\text{c}}), le milieu est un fluide supercritique. Pour l'eau pure : T_{\text{c}} \approx 647\text{ K} (374\text{ }^\circ\text{C}) et p_{\text{c}} \approx 221\text{ bar}.

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : pression de vapeur saturante, gaz parfait

La pression de vapeur saturante du pinène pur à est . En considérant le modèle de gaz parfait pour les espèces gazeuses, établir s'il est dangereux de travailler dans un local à dans lequel de l'essence de térébenthine se trouverait à l'équilibre de vaporisation, sachant que la teneur limite à ne pas dépasser est de de pinène par mètre cube d'air.

Voir l'indice

Calculer la masse volumique de pinène à saturation grâce à la loi des gaz parfaits \rho = p_p M / (R T) et comparer au seuil d'exposition de 5\mathrm{~g \cdot m^{-3}}.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la masse molaire M du pinène de formule brute \mathrm{C}_{10}\mathrm{H}_{16}.
  2. Exprimer la concentration massique (ou masse volumique) de vapeur de pinène à l'équilibre à l'aide de l'équation d'état des gaz parfaits.
  3. Comparer cette valeur à la teneur limite admissible de 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-3} et conclure quant au danger.
Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le pinène a pour formule brute \mathrm{C}_{10}\mathrm{H}_{16}. Sa masse molaire vaut :

M = 10 \times M(\mathrm{C}) + 16 \times M(\mathrm{H}) = 10 \times 12 + 16 \times 1 = 136\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 0,136\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}

À l'équilibre de vaporisation à la température T = 293\text{ K}, la pression partielle du pinène gazeux dans le local est égale à sa pression de vapeur saturante :

p = p_p(293) = 430\text{ Pa}

En assimilant la vapeur de pinène à un gaz parfait occupant un volume V, on a :

p_p V = n R T = \frac{m}{M} R T

La concentration massique de pinène dans l'air, notée C_m, s'exprime donc par :

C_m = \frac{m}{V} = \frac{p_p M}{R T}

Application numérique avec p_p = 430\text{ Pa}, M = 136\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, R = 8,31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} et T = 293\text{ K} :

\begin{aligned} C_m &= \frac{430 \times 136}{8,31 \times 293} \approx 24,0\text{ g}\cdot\text{m}^{-3} \end{aligned}
\boxed{C_m \approx 24\text{ g}\cdot\text{m}^{-3} > 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-3}}

La concentration à l'équilibre dépasse largement la teneur limite admissible de 5\text{ g}\cdot\text{m}^{-3} (près de 5 fois plus élevée). Il est donc dangereux de travailler dans un local fermé à 20\text{ }^\circ\text{C} où se trouve de la térébenthine à l'équilibre de vaporisation ; une ventilation efficace est indispensable.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 10

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : température d'ébullition, pression de vapeur saturante

À quelle température faudrait-il chauffer du pinène liquide pur pour le porter à ébullition sous la pression ?

Voir l'indice

Rechercher sur la courbe p_p(T) la température pour laquelle la pression de vapeur saturante atteint exactement 1 bar.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la condition thermodynamique d'ébullition d'un corps pur liquide sous une pression extérieure donnée.
  2. Effectuer la lecture graphique sur la courbe de pression de vapeur saturante du pinène pur p_p(T) à la pression P^\circ = 1{,}00\text{ bar}.
Voir le corrigé complet

Un corps pur liquide entre en ébullition à la pression extérieure P^\circ lorsque sa pression de vapeur saturante devient égale à cette pression extérieure :

p_p(T_{\text{eb}}) = P^\circ = 1{,}00\text{ bar}

Sur la figure 5, chaque subdivision élémentaire de l'axe des abscisses représente 1\text{ K}. On repère l'intersection de la droite horizontale d'ordonnée p = 1{,}00\text{ bar} avec la courbe p_p(T) du pinène pur :

\boxed{T_{\text{eb}} \approx 433\text{ K} \quad (\text{soit } \theta_{\text{eb}} \approx 160\text{ }^\circ\text{C})}

(une lecture comprise entre 432\text{ K} et 434\text{ K} est tout à fait acceptable).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 11

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : hydrodistillation, équilibre liquide-vapeur

Toujours sous , donner la valeur de la température d'ébullition du mélange d'hydrodistillation dans l'alambic, sachant que les pressions partielles de l'eau et du pinène dans la phase vapeur sont égales à leurs pressions de vapeur saturante pure.

Voir l'indice

Identifier l'abscisse où la courbe de pression totale p_e(T) + p_p(T) coupe l'isobare 1 bar.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'ébullition du mélange hétérogène (deux phases liquides non miscibles) sous la pression extérieure P^\circ = 1\text{ bar}.
  2. Exprimer la pression totale de vapeur saturante en fonction des pressions de vapeur saturante des deux constituants purs.
  3. Déterminer graphiquement la température d'ébullition du mélange à l'aide de la courbe p_e(T) + p_p(T) fournie sur la figure 5.
Voir le corrigé complet

L'eau et le pinène liquides étant non miscibles, chaque liquide exerce indépendamment sa propre pression de vapeur saturante dans la phase gazeuse à la température T du milieu :

p_e = p_e(T) \quad \text{et} \quad p_p = p_p(T)

D'après la loi de Dalton pour un mélange gazeux idéal, la pression totale dans l'alambic vaut :

P_{\text{tot}} = p_e(T) + p_p(T)

L'ébullition du mélange se produit dès que la pression totale de vapeur atteint la pression atmosphérique extérieure P^\circ = 1\text{ bar} :

p_e(T_{\text{eb, mél}}) + p_p(T_{\text{eb, mél}}) = P^\circ = 1{,}00\text{ bar}

Sur la figure 5, on repère l'intersection de la courbe p_e(T) + p_p(T) avec la droite horizontale p = 1{,}00\text{ bar}. On lit en abscisse :

T_{\text{eb, mél}} \approx 368\text{ K à } 369\text{ K} \quad (\text{soit } \theta_{\text{eb, mél}} \approx 95^\circ\text{C à } 96^\circ\text{C})
\boxed{T_{\text{eb, mél}} \approx 368\text{ K} \quad (\text{soit } 95^\circ\text{C})}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

Signaler une erreurSommaire

Question 12

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : pression partielle, équilibre liquide-vapeur

Quelles sont, dans ce cas, les valeurs des pressions partielles en eau et en pinène ?

Voir l'indice

Lire les ordonnées respectives des courbes p_e(T) et p_p(T) à la température d'ébullition déterminée en Q11.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, les deux liquides étant non miscibles, la phase vapeur à l'équilibre d'ébullition sous P^\circ = 1\text{ bar} est un mélange idéal de gaz dont les pressions partielles P_e et P_p vérifient :

P_e = p_e(T_{\text{eb, mél}}) \quad \text{et} \quad P_p = p_p(T_{\text{eb, mél}})

avec P_e + P_p = P^\circ = 1{,}00\text{ bar}.

D'après le résultat de la question Q11, la température d'ébullition du mélange vaut :

T_{\text{eb, mél}} \approx 368{,}5\text{ K} \quad (\approx 95{,}5^\circ\text{C})

Par lecture graphique sur la figure 5 à cette température :

  • sur la courbe de l'eau pure p_e(T), on lit :

    \boxed{P_e \approx 0{,}85\text{ bar} = 8{,}5 \cdot 10^4\text{ Pa}} \quad (\pm 0{,}01\text{ bar})
  • sur la courbe du pinène pur p_p(T), on lit :

    \boxed{P_p \approx 0{,}15\text{ bar} = 1{,}5 \cdot 10^4\text{ Pa}} \quad (\pm 0{,}01\text{ bar})

On vérifie bien que la somme de ces pressions partielles redonne la pression totale imposée :

P_e + P_p = 0{,}85 + 0{,}15 = 1{,}00\text{ bar} = P^\circ

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 13

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : hydrodistillation, équilibre liquide-vapeur

Déduire la masse d'eau nécessaire pour produire de pinène.

Voir l'indice

Utiliser la loi de Dalton pour exprimer le rapport des quantités de matière condensées n_e/n_p = P_e/P_p, puis passer aux masses avec les masses molaires.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport des quantités de matière dans la phase vapeur à partir de la loi des gaz parfaits et des pressions partielles obtenues à la question précédente.
  2. Relier ce rapport molaire au rapport des masses en introduisant les masses molaires respectives de l'eau et du pinène.
  3. En déduire la masse d'eau nécessaire pour condenser 1\text{ kg} de pinène.
Voir le corrigé complet

Dans le mélange gazeux issu de l'alambic et entraîné vers le condenseur, les deux espèces sont assimilées à des gaz parfaits. Pour un même volume V de vapeur à la température T_{\text{eb}}, les quantités de matière d'eau n_e et de pinène n_p s'écrivent :

n_e = \frac{p_e V}{R T_{\text{eb}}} \quad \text{et} \quad n_p = \frac{p_p V}{R T_{\text{eb}}}

Le rapport molaire dans la phase gazeuse est donc égal au rapport des pressions partielles :

\frac{n_e}{n_p} = \frac{p_e}{p_p}

Les masses correspondantes m_e et m_p produites sont reliées aux quantités de matière par leurs masses molaires M_e et M_p :

m_e = n_e M_e \quad \text{et} \quad m_p = n_p M_p

On en déduit l'expression de la masse d'eau nécessaire :

m_e = m_p \, \frac{p_e M_e}{p_p M_p}

D'après les données de l'énoncé :

  • Pour l'eau \mathrm{H_2O} : M_e = 2 \times 1 + 16 = 18\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • Pour le pinène \mathrm{C_{10}H_{16}} : M_p = 10 \times 12 + 16 \times 1 = 136\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • D'après la question Q12 : p_e \approx 0{,}85\text{ bar} et p_p \approx 0{,}15\text{ bar} ;
  • m_p = 1{,}0\text{ kg}.

Application numérique :

\begin{aligned} m_e &= 1{,}0 \times \frac{0{,}85 \times 18}{0{,}15 \times 136} \\ &= 1{,}0 \times \frac{17}{3} \times \frac{9}{68} \\ &= 1{,}0 \times \frac{3}{4} = 0{,}75\text{ kg} \end{aligned}
\boxed{m_e = 0{,}75\text{ kg}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Partie III : La marche du berger landais sur échasses

III.1 · Étude de la phase d'oscillation gauche

Question 14

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : théorème du moment cinétique, équation du mouvement

En appliquant le théorème du moment cinétique à dans le référentiel du buste supposé galiléen, établir l'équation différentielle vérifiée par pendant cette phase d'oscillation.

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment cinétique scalaire en F_g en projetant le moment du poids sur l'axe transverse horizontal.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système, le référentiel d'étude et l'axe de rotation en clarifiant la définition géométrique de l'angle \theta(t) d'après la figure 7b.
  2. Dresser le bilan des actions mécaniques extérieures et exprimer le moment du poids par rapport à l'axe de rotation passant par le pivot fémoral.
  3. Appliquer le théorème du moment cinétique scalaire pour aboutir à l'équation différentielle du mouvement.
Voir le corrigé complet

On étudie la jambe gauche (j_{\mathrm{g}}), solide indéformable de masse m_{\mathrm{j}}, dans le référentiel lié au buste, supposé galiléen selon l'énoncé.

Dans ce référentiel, le point F_{\mathrm{g}} (pivot fémoral) est fixe. La jambe est en rotation autour de l'axe fixe \Delta = (F_{\mathrm{g}} y), orienté par \vec{u}_y.

D'après la figure 7b, \theta(t) désigne l'écart angulaire de la jambe par rapport à la verticale descendante (l'énoncé mentionne par inadvertance la « verticale ascendante », mais la figure 7b ainsi que le caractère oscillatoire de la phase confirment qu'il s'agit de la verticale descendante passant par F_{\mathrm{g}}).

  • Moment cinétique : le moment d'inertie de la jambe par rapport à l'axe (F_{\mathrm{g}} y) étant noté J_F, la projection du moment cinétique sur cet axe s'écrit :

    \sigma_{\Delta} = J_F \, \dot{\theta}(t)
  • Bilan des actions mécaniques extérieures :

    • L'action de la liaison pivot en F_{\mathrm{g}}, dont le moment par rapport à l'axe de rotation est nul car la liaison est supposée parfaite : \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{R}) = 0.
    • Le poids \vec{P} = m_{\mathrm{j}}\vec{g} = -m_{\mathrm{j}}g\vec{u}_z, s'appliquant au centre de masse G_{\mathrm{jg}}, situé à la distance F_{\mathrm{g}}G_{\mathrm{jg}} = \Delta du pivot.
  • Moment scalaire du poids : Avec \vec{F_{\mathrm{g}}G_{\mathrm{jg}}} = \Delta \sin\theta \, \vec{u}_x - \Delta \cos\theta \, \vec{u}_z, le moment du poids par rapport à F_{\mathrm{g}} vaut :

    \begin{aligned} \vec{\mathcal{M}}_{F_{\mathrm{g}}}(\vec{P}) &= \vec{F_{\mathrm{g}}G_{\mathrm{jg}}} \times \vec{P} \\ &= (\Delta \sin\theta \, \vec{u}_x - \Delta \cos\theta \, \vec{u}_z) \times (-m_{\mathrm{j}}g\vec{u}_z) \\ &= - m_{\mathrm{j}} g \Delta \sin\theta \, (\vec{u}_x \times \vec{u}_z) \end{aligned}

    Le poids exerce un couple de rappel qui tend à ramener la jambe vers la position verticale d'équilibre \theta = 0. Sa projection sur l'axe de rotation s'écrit donc :

    \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{P}) = - m_{\mathrm{j}} g \Delta \sin\theta

En appliquant le théorème du moment cinétique projeté sur l'axe (F_{\mathrm{g}} y) :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\sigma_{\Delta}}{\mathrm{d}t} &= \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{P}) + \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{R}) \\ J_F \, \ddot{\theta}(t) &= - m_{\mathrm{j}} g \Delta \sin\theta(t) \end{aligned}

On obtient ainsi l'équation différentielle régissant le mouvement d'oscillation :

\boxed{\ddot{\theta}(t) + \frac{m_{\mathrm{j}} g \Delta}{J_F} \sin\theta(t) = 0}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 15

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : petite oscillation, oscillateur harmonique

Dans l'approximation des petits angles, exprimer en fonction de , , et de , la pulsation et la durée de cette phase d'oscillation.

Voir l'indice

Linéariser l'équation différentielle pour de faibles élongations (\sin \theta \approx \theta) et noter que la demi-oscillation correspond à une demi-période.

Voir la stratégie
  1. Effectuer le développement limité de l'équation différentielle obtenue en Q14 pour les petits angles (\sin\theta \simeq \theta).
  2. Identifier par identification canonique la pulsation propre d'oscillation \omega_{\mathrm{os}}.
  3. Relier la durée \tau_{\mathrm{os}} de la phase d'oscillation à la période propre T_0 en analysant les bornes du mouvement pendulaire de la jambe.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, l'équation différentielle régissant l'oscillation libre de la jambe gauche (j_{\mathrm{g}}) s'écrit :

\ddot{\theta}(t) + \frac{m_{\mathrm{j}} g \Delta}{J_F}\sin\theta(t) = 0

Dans l'approximation des petits angles, on a \sin\theta(t) \simeq \theta(t), ce qui conduit à l'équation d'un oscillateur harmonique :

\ddot{\theta}(t) + \omega_{\mathrm{os}}^2\,\theta(t) = 0

On en déduit l'expression de la pulsation d'oscillation :

\boxed{\omega_{\mathrm{os}} = \sqrt{\frac{m_{\mathrm{j}} g \Delta}{J_F}}}

La période propre associée à ces oscillations libres est :

T_0 = \frac{2\pi}{\omega_{\mathrm{os}}} = 2\pi\sqrt{\frac{J_F}{m_{\mathrm{j}} g \Delta}}

Durant la phase d'oscillation gauche, la jambe est libérée en arrière en \theta = -\theta_{\mathrm{a}} avec une vitesse angulaire nulle et oscille jusqu'à atteindre l'avant en \theta = +\theta_{\mathrm{a}} où elle reprend appui au sol. Ce mouvement d'un extremum à l'extremum opposé constitue une demi-oscillation (ou un aller simple), de sorte que la durée \tau_{\mathrm{os}} correspond à une demi-période :

\tau_{\mathrm{os}} = \frac{T_0}{2} = \frac{\pi}{\omega_{\mathrm{os}}}

Soit, en fonction des grandeurs du problème :

\boxed{\tau_{\mathrm{os}} = \pi \sqrt{\frac{J_F}{m_{\mathrm{j}} g \Delta}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

III.2 · Étude de la phase de double contact

Question 16

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : énergie mécanique, énergie cinétique de rotation

On note la variation d'altitude du point entre les instants de dates et (figure 7a). Exprimer la variation de l'énergie mécanique de entre ces deux instants, en fonction de , , , et de .

Voir l'indice

Sommer les énergies cinétiques des deux membres en rotation et la variation d'énergie potentielle de pesanteur du buste.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation d'énergie mécanique du système complet (\Sigma) = \{(j_{\mathrm{d}}), (j_{\mathrm{g}}), (b)\} comme la somme des variations d'énergie cinétique et d'énergie potentielle de pesanteur : \Delta\mathcal{E} = \Delta E_{\mathrm{c}}(\Sigma) + \Delta E_{\mathrm{pp}}(\Sigma).
  2. Appliquer scrupuleusement les hypothèses du modèle pour chacune des trois composantes de (\Sigma) entre les instants t = 0 et t = \tau_{\mathrm{dc}}.
Voir le corrigé complet

L'énergie mécanique du marcheur est la somme de l'énergie cinétique et de l'énergie potentielle de pesanteur du système (\Sigma) = \{(j_{\mathrm{d}}), (j_{\mathrm{g}}), (b)\} :

\Delta\mathcal{E} = \Delta E_{\mathrm{c}}(\Sigma) + \Delta E_{\mathrm{pp}}(\Sigma)

1. Bilan d'énergie cinétique :

  • Le buste (b) est animé d'un mouvement de translation quasi-uniforme de vitesse V_{\mathrm{dc}} constante, donc sa variation d'énergie cinétique est négligée : \Delta E_{\mathrm{c}}(b) = 0.
  • La jambe droite (j_{\mathrm{d}}) est en rotation autour de l'axe fixe O_{\mathrm{d}}y. Sa vitesse angulaire valant \Omega(0) = 0 à t = 0 et \Omega(\tau_{\mathrm{dc}}) à t = \tau_{\mathrm{dc}}, on a :

    \Delta E_{\mathrm{c}}(j_{\mathrm{d}}) = \frac{1}{2} J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2 - \frac{1}{2} J_O \Omega(0)^2 = \frac{1}{2} J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2
  • D'après l'énoncé, les variations d'énergie cinétique des deux jambes sont supposées égales :

    \Delta E_{\mathrm{c}}(j_{\mathrm{g}}) = \Delta E_{\mathrm{c}}(j_{\mathrm{d}}) = \frac{1}{2} J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2

La variation totale d'énergie cinétique vaut donc :

\Delta E_{\mathrm{c}}(\Sigma) = \Delta E_{\mathrm{c}}(j_{\mathrm{d}}) + \Delta E_{\mathrm{c}}(j_{\mathrm{g}}) + \Delta E_{\mathrm{c}}(b) = J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2

2. Bilan d'énergie potentielle de pesanteur :

  • Les variations d'énergie potentielle de pesanteur des deux jambes sont négligées : \Delta E_{\mathrm{pp}}(j_{\mathrm{d}}) \approx 0 et \Delta E_{\mathrm{pp}}(j_{\mathrm{g}}) \approx 0.
  • Le centre de masse G_b du buste subit une élévation d'altitude h = z_{G_b}(\tau_{\mathrm{dc}}) - z_{G_b}(0) dans le champ de pesanteur uniforme, d'où :

    \Delta E_{\mathrm{pp}}(b) = m_b g h

La variation d'énergie potentielle totale s'écrit alors :

\Delta E_{\mathrm{pp}}(\Sigma) = m_b g h

En sommant les deux contributions, on obtient :

\boxed{\Delta\mathcal{E} = J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2 + m_b g h}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

III.3 · Coût énergétique et pas optimal de la marche ordinaire

Question 17

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : théorème de l'énergie mécanique, puissance d'une force

En supposant quasi-constante la puissance fournie par les muscles pendant la phase de double contact, on évalue par . Rappeler l'énoncé du théorème de la mécanique dont découle cette relation d'évaluation de .

Voir l'indice

Citer le théorème de l'énergie mécanique sous forme intégrée entre deux dates successives.

Voir le corrigé complet

Cette relation découle du théorème de l'énergie mécanique (ou théorème de la puissance mécanique sous forme intégrée).

Énoncé du théorème de l'énergie mécanique : Dans un référentiel galiléen, la variation de l'énergie mécanique \Delta\mathcal{E} d'un système matériel entre deux instants t_1 et t_2 est égale à la somme des travaux de l'ensemble des forces non conservatives (extérieures et intérieures) appliquées au système entre ces deux instants :

\boxed{\Delta\mathcal{E} = W_{\mathrm{nc}} = \int_{t_1}^{t_2} \mathcal{P}_{\mathrm{nc}}(t) \, \mathrm{d}t}

Dans le cas du marcheur (\Sigma) :

  • les forces de pesanteur dérivent d'une énergie potentielle déjà incluse dans \mathcal{E} ;
  • les forces de réaction du sol ne travaillent pas (contact sans glissement) ;
  • la seule contribution non conservative provient des actions musculaires (efforts intérieurs), développant une puissance \mathcal{P}_{\mathrm{nc}} = \mathscr{P}.

En supposant cette puissance \mathscr{P} constante au cours de la phase de double contact de durée \tau_{\mathrm{dc}}, il vient :

\begin{aligned} \Delta\mathcal{E} &= \int_0^{\tau_{\mathrm{dc}}} \mathscr{P} \, \mathrm{d}t = \mathscr{P} \, \tau_{\mathrm{dc}} \end{aligned}

ce qui conduit immédiatement à l'évaluation proposée :

\mathscr{P} = \frac{\Delta\mathcal{E}}{\tau_{\mathrm{dc}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 18

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : puissance d'une force, bilan d'énergie

Avec (expression approchée de valable pour les petits angles ) et en supposant des conditions de marche telles que , avec la pulsation trouvée à la question Q15, montrer que .

Voir l'indice

Injecter l'expression de \Omega(\tau_{\mathrm{dc}}) = \omega_{\mathrm{os}} ainsi que h(p) dans le quotient \Delta\mathcal{E}/\tau_{\mathrm{dc}} en utilisant \tau_{\mathrm{dc}} = p/V_{\mathrm{dc}}.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de la puissance moyenne \mathscr{P} = \frac{\Delta\mathcal{E}}{\tau_{\mathrm{dc}}} établie à la question Q17.
  2. Remplacer \Delta\mathcal{E} par l'expression obtenue à la question Q16, puis exprimer le temps de double contact sous la forme \frac{1}{\tau_{\mathrm{dc}}} = \frac{V_{\mathrm{dc}}}{p}.
  3. Injecter la condition de marche \Omega(\tau_{\mathrm{dc}}) = \omega_{\mathrm{os}} avec \omega_{\mathrm{os}}^2 déterminé à la question Q15, ainsi que l'approximation de l'altitude h, puis factoriser.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q16, la variation d'énergie mécanique de l'ensemble marcheur (\Sigma) pendant la phase de double contact vaut :

\Delta\mathcal{E} = J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2 + m_{\mathrm{b}} g h

D'après la question Q17, la puissance musculaire moyenne s'écrit :

\mathscr{P} = \frac{\Delta\mathcal{E}}{\tau_{\mathrm{dc}}} = \frac{1}{\tau_{\mathrm{dc}}} \left( J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2 + m_{\mathrm{b}} g h \right)

D'après les hypothèses du préambule de la section III.2, la vitesse moyenne de translation du buste est liée au pas p et à la durée \tau_{\mathrm{dc}} par :

V_{\mathrm{dc}} = \frac{p}{\tau_{\mathrm{dc}}} \quad \implies \quad \frac{1}{\tau_{\mathrm{dc}}} = \frac{V_{\mathrm{dc}}}{p}

En utilisant la condition de marche \Omega(\tau_{\mathrm{dc}}) = \omega_{\mathrm{os}} et l'expression de la pulsation propre issue de la question Q15 :

\omega_{\mathrm{os}}^2 = \frac{m_{\mathrm{j}} g \Delta}{J_F}

le terme cinétique devient :

J_O \Omega(\tau_{\mathrm{dc}})^2 = J_O \omega_{\mathrm{os}}^2 = \frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F} g

En substituant ce terme ainsi que l'expression approchée de la montée du buste h \simeq \frac{p^2}{2l_{\mathrm{j}}}, il vient :

\begin{aligned} \mathscr{P} &= \frac{V_{\mathrm{dc}}}{p} \left( \frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F} g + m_{\mathrm{b}} g \frac{p^2}{2l_{\mathrm{j}}} \right) \\ &= \left( \frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F p} + \frac{m_{\mathrm{b}} p}{2l_{\mathrm{j}}} \right) g V_{\mathrm{dc}} \end{aligned}

On obtient bien la relation demandée :

\boxed{\mathscr{P} = \left( \frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F p} + \frac{m_{\mathrm{b}} p}{2l_{\mathrm{j}}} \right) g V_{\mathrm{dc}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 19

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : optimisation, fonction d'une variable

Obtenir l'expression du pas qui minimise .

Voir l'indice

Dériver la puissance musculaire par rapport au pas p et chercher la racine annulant cette dérivée.

Voir la stratégie
  1. À vitesse de marche V_{\mathrm{dc}} fixée, la puissance \mathscr{P} dépend de la variable p sous la forme d'une somme d'un terme en 1/p (associé à la mise en rotation des jambes) et d'un terme proportionnel à p (associé au travail pour élever le buste).
  2. On dérive \mathscr{P}(p) par rapport à p, on cherche l'annulation de cette dérivée pour p > 0, puis on vérifie qu'il s'agit bien d'un minimum (dérivée seconde strictement positive).
Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q18 :

\mathscr{P}(p) = \left( \frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F p} + \frac{m_{\mathrm{b}} p}{2l_{\mathrm{j}}} \right) g V_{\mathrm{dc}}

Pour une vitesse de translation V_{\mathrm{dc}} donnée, dérivons la fonction \mathscr{P}(p) par rapport à p :

\frac{\mathrm{d}\mathscr{P}}{\mathrm{d}p} = \left( -\frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F p^2} + \frac{m_{\mathrm{b}}}{2l_{\mathrm{j}}} \right) g V_{\mathrm{dc}}

La condition d'extremum \dfrac{\mathrm{d}\mathscr{P}}{\mathrm{d}p} = 0 impose, pour un pas strictement positif (p > 0) :

\frac{m_{\mathrm{b}}}{2l_{\mathrm{j}}} = \frac{J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F p^2} \iff p^2 = \frac{2 l_{\mathrm{j}} J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{m_{\mathrm{b}} J_F}

On vérifie la nature de cet extremum à l'aide de la dérivée seconde :

\frac{\mathrm{d}^2\mathscr{P}}{\mathrm{d}p^2} = \frac{2 J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{J_F p^3} g V_{\mathrm{dc}} > 0

La fonction \mathscr{P}(p) est strictement convexe sur \mathbb{R}^{+*}, l'extremum est donc un unique minimum absolu, atteint pour :

\boxed{p_{\mathrm{opt}} = \sqrt{\frac{2 l_{\mathrm{j}} \Delta}{m_{\mathrm{b}}} \frac{J_O}{J_F} m_{\mathrm{j}}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 20

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : énergie mécanique

Application numérique : Avec , , , calculer dans le cas d'une jambe à répartition de masse uniforme, pour laquelle on a alors et .

Voir l'indice

Remplacer \Delta et les moments d'inertie par leurs expressions pour simplifier la racine carrée avant l'application numérique.

Voir la stratégie
  1. Simplifier l'expression littérale du pas optimal p_{\mathrm{opt}} obtenue à la question Q19 grâce aux simplifications géométriques et d'inertie fournies (\Delta = l_{\mathrm{j}}/2 et J_O = J_F).
  2. Effectuer l'application numérique avec les valeurs de l'énoncé.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, l'expression générale du pas optimal minimisant la puissance musculaire s'écrit :

p_{\mathrm{opt}} = \sqrt{\frac{2 l_{\mathrm{j}} J_O m_{\mathrm{j}} \Delta}{m_{\mathrm{b}} J_F}}

En injectant les conditions du modèle à répartition de masse uniforme, pour lesquelles \Delta = \dfrac{l_{\mathrm{j}}}{2} et J_O = J_F, l'expression se simplifie directement :

\begin{aligned} p_{\mathrm{opt}} &= \sqrt{\frac{2 l_{\mathrm{j}} \cdot 1 \cdot m_{\mathrm{j}} \cdot \dfrac{l_{\mathrm{j}}}{2}}{m_{\mathrm{b}}}} \\ &= l_{\mathrm{j}} \sqrt{\frac{m_{\mathrm{j}}}{m_{\mathrm{b}}}} \end{aligned}

Avec l_{\mathrm{j}} = 1\text{ m}, m_{\mathrm{j}} = 10\text{ kg} et m_{\mathrm{b}} = 60\text{ kg} :

\begin{aligned} p_{\mathrm{opt}} &= 1 \times \sqrt{\frac{10}{60}} = \frac{1}{\sqrt{6}}\text{ m} \approx 0{,}408\text{ m} \end{aligned}
\boxed{p_{\mathrm{opt}} \approx 0{,}41\text{ m}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.

Note estimée
–
0 question réussie sur 39
Position estimée
–
des copies sous cette note

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 39 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,05 et d'écart-type 3,31 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.