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Corrigé détaillé CCINP Physique MP 2020 (page 2/3 : Parties II et III)

Lumière et changements de référentiels : de l'éther luminifère à la relativité restreinte

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Partie II : Électromagnétisme et relativité

Question 9

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : force de lorentz

Rappeler l'expression de la force électromagnétique exprimant l'action du champ électromagnétique sur une particule de charge animée d'une vitesse dans (R).

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Écrire la force de Lorentz s'exerçant sur une charge ponctuelle en mouvement dans un champ électromagnétique.

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L'action du champ électromagnétique (\vec{E}, \vec{B}) sur une particule ponctuelle de charge q, animée d'une vitesse \vec{v} dans le référentiel (\mathrm{R}), s'exerce par l'intermédiaire de la force de Lorentz :

\boxed{\vec{F} = q\left(\vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B}\right)}

Cette force se décompose en une composante électrique \vec{F}_e = q\vec{E}, indépendante de la vitesse de la particule, et une composante magnétique \vec{F}_m = q\,\vec{v} \wedge \vec{B}, orthogonale à la trajectoire de la particule et au champ magnétique.

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Question 10

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : loi de composition des vitesses, référentiel galiléen

Expliciter la formule de transformation galiléenne des vitesses reliant la vitesse de la particule dans (R') à sa vitesse dans (R) et à .

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Appliquer la loi classique d'addition des vitesses pour un changement de référentiel en translation rectiligne uniforme.

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Le référentiel (\mathrm{R}') étant en translation rectiligne et uniforme à la vitesse \vec{V}_e par rapport au référentiel (\mathrm{R}), la vitesse d'entraînement d'un point coïncidant lié à (\mathrm{R}') est constante et vaut \vec{v}_e = \vec{V}_e.

En cinématique classique galiléenne (temps absolu t' = t), la vitesse absolue \vec{v} de la particule dans (\mathrm{R}) est la somme de sa vitesse relative \vec{v}' dans (\mathrm{R}') et de la vitesse d'entraînement :

\vec{v} = \vec{v}' + \vec{V}_e

On en déduit l'expression de la vitesse relative \vec{v}' dans (\mathrm{R}') en fonction de \vec{v} et \vec{V}_e :

\boxed{\vec{v}' = \vec{v} - \vec{V}_e}

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Question 11

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : force de lorentz, invariance galiléenne

Dans (R') le champ électromagnétique précédent est caractérisé par les champs . En utilisant l'invariance de la force électromagnétique entre les référentiels (R) et (R'), montrer que la loi de composition des vitesses utilisée en Q10 est compatible avec les lois suivantes de transformation « classique » des champs :

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Écrire \vec{F} = q(\vec{E} + \vec{v}\wedge\vec{B}) et \vec{F}' = q(\vec{E}' + \vec{v}'\wedge\vec{B}'), imposer \vec{F} = \vec{F}' pour toute vitesse \vec{v} et identifier les termes indépendants de \vec{v} et ceux qui en dépendent.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de Lorentz dans le référentiel (\mathrm{R}') puis dans le référentiel (\mathrm{R}).
  2. Utiliser l'invariance de la force électromagnétique \vec{F} = \vec{F}' et de la charge q par changement de référentiel galiléen.
  3. Injecter la loi de composition galiléenne des vitesses \vec{v} = \vec{v}' + \vec{V}_e établie en Q10 pour vérifier la compatibilité avec les lois de transformation proposées.
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Dans le référentiel (\mathrm{R}'), la charge q est animée de la vitesse \vec{v}' et subit la force de Lorentz :

\vec{F}' = q\left(\vec{E}' + \vec{v}' \wedge \vec{B}'\right)

Dans le référentiel (\mathrm{R}), la force de Lorentz s'écrit d'après la question Q9 :

\vec{F} = q\left(\vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B}\right)

D'après la loi de composition galiléenne des vitesses (question Q10), on a :

\vec{v} = \vec{v}' + \vec{V}_e

En mécanique classique, la force agissant sur une particule est invariante par changement de référentiel galiléen (\vec{F} = \vec{F}'), et la charge électrique q est une grandeur invariante (q \neq 0). On en déduit :

\begin{aligned} \vec{E} + \vec{v} \wedge \vec{B} &= \vec{E}' + \vec{v}' \wedge \vec{B}' \\ \vec{E} + (\vec{v}' + \vec{V}_e) \wedge \vec{B} &= \vec{E}' + \vec{v}' \wedge \vec{B}' \\ (\vec{E} - \vec{E}' + \vec{V}_e \wedge \vec{B}) + \vec{v}' \wedge (\vec{B} - \vec{B}') &= \vec{0} \end{aligned}

Cette égalité devant être vérifiée quelle que soit la vitesse \vec{v}' de la particule test, il vient nécessairement :

\vec{B} - \vec{B}' = \vec{0} \quad \implies \quad \vec{B} = \vec{B}'

puis :

\vec{E} - \vec{E}' + \vec{V}_e \wedge \vec{B}' = \vec{0} \quad \implies \quad \vec{E} = \vec{E}' - \vec{V}_e \wedge \vec{B}'

La loi de composition galiléenne des vitesses est donc parfaitement compatible avec les transformations « classiques » :

\boxed{\begin{cases} \vec{E} = \vec{E}' - \vec{V}_e \wedge \vec{B}' \\ \vec{B} = \vec{B}' \end{cases}}

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Question 12

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : champ magnétostatique, invariance

Justifier que . En déduire d'après Q11.

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Dans le référentiel propre du fil (R'), les charges sont immobiles : il n'y a donc aucun courant électrique. En déduire \vec{B}' puis utiliser la loi de transformation classique de Q11.

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Dans le référentiel (\mathrm{R}'), le fil chargé est immobile par définition de (\mathrm{R}') (référentiel propre du fil). Les charges étant stationnaires dans ce référentiel, la densité de courant électrique est identiquement nulle en tout point :

\vec{\jmath}\,' = \vec{0}

En l'absence de courants électriques et en régime stationnaire, la loi de Biot et Savart (ou les équations de Maxwell de la magnétostatique sans source de courant avec conditions aux limites nulles à l'infini) implique que le fil ne crée aucun champ magnétique dans (\mathrm{R}') :

\boxed{\vec{B}' = \vec{0}}

D'après la loi de transformation classique du champ magnétique établie à la question Q11 :

\vec{B} = \vec{B}'

On en déduit immédiatement :

\boxed{\vec{B} = \vec{0}}

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Question 13

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : théorème de gauss, symétrie

Par l'application du théorème de Gauss, calculer . En déduire d'après Q11.

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Utiliser la symétrie cylindrique et choisir un cylindre de Gauss coaxial au fil pour déterminer \vec{E}'. Appliquer ensuite la transformation galiléenne de Q11.

Voir la stratégie
  1. Analyser les invariances et les symétries de la distribution de charges dans le référentiel propre (R') du fil pour déterminer la direction et les dépendances du champ électrostatique \vec{E}'.
  2. Appliquer le théorème de Gauss à une surface fermée adaptée (un cylindre coaxial au fil) de rayon r > a et de hauteur h.
  3. Utiliser la loi de transformation classique de \vec{E} établie en Q11 et le résultat \vec{B}' = \vec{0} de la question Q12 pour en déduire \vec{E}.
Voir le corrigé complet

Dans le référentiel (R'), le fil est immobile et porte une distribution de charge invariante par translation selon O'z' et par rotation autour de cet axe. Le champ électrostatique ne dépend donc que de la coordonnée radiale r :

\vec{E}' = \vec{E}'(r).

Tout plan contenant l'axe O'z' est un plan de symétrie de la distribution de charge, donc le champ \vec{E}'(M) appartient à chacun de ces plans. De plus, le plan orthogonal à O'z' passant par M est également un plan de symétrie, ce qui implique que la composante axiale est nulle. Le champ \vec{E}' est par conséquent purement radial :

\vec{E}'(M) = E'(r)\,\vec{e}_r.

Appliquons le théorème de Gauss à un cylindre fermé \mathcal{S} de rayon r > a, de hauteur h, d'axe O'z' :

  • Le flux de \vec{E}' à travers les deux bases est nul car \vec{E}' \cdot \vec{e}_z = 0.
  • Le flux à travers la surface latérale vaut :

    \Phi = E'(r) \times 2\pi r h.
  • La charge intérieure au cylindre de Gauss est Q_{\text{int}} = \lambda_f h.

D'après le théorème de Gauss :

E'(r) \times 2\pi r h = \frac{\lambda_f h}{\varepsilon_0} \implies E'(r) = \frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}.

Le champ électrique dans (R') s'écrit donc :

\boxed{\vec{E}' = \frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r}

D'après la loi de transformation « classique » des champs établie en Q11 :

\vec{E} = \vec{E}' - \vec{V}_e \wedge \vec{B}'.

Comme \vec{B}' = \vec{0} (question Q12), le terme d'entraînement magnétique est nul, et il vient directement :

\boxed{\vec{E} = \vec{E}' = \frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r}

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Question 14

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : théorème d'ampère, intensité du courant

Quelle est, en fonction de et , l'expression de l'intensité du courant électrique vue par un observateur dans (R) ? À l'aide du théorème d'Ampère, exprimer . Commenter par rapport à Q12.

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Exprimer le courant par I = \lambda_f V_e. Appliquer le théorème d'Ampère sur un cercle centré sur le fil pour calculer \vec{B}, puis constater la contradiction flagrante avec le résultat nul de Q12.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intensité I traversant une section droite du fil en mouvement dans (R) à partir de la définition du vecteur densité de courant volumique \vec{\jmath} = \rho_f \vec{V}_e ou du débit de charge dq/dt.
  2. Exploiter les symétries et invariances de la distribution pour déterminer la direction et les dépendances du champ magnétique \vec{B}, puis appliquer le théorème d'Ampère sur un contour circulaire adapté.
  3. Comparer le résultat obtenu au champ \vec{B} = \vec{0} prédit par la transformation galiléenne en Q12, et interpréter ce désaccord fondamental.
Voir le corrigé complet

1. Expression de l'intensité du courant dans (R)

Dans le référentiel (R), le fil chargé se déplace à la vitesse \vec{V}_e = V_e \vec{e}_z. La densité volumique de courant associée à ce mouvement d'ensemble des charges est :

\vec{\jmath} = \rho_f \vec{V}_e = \rho_f V_e \vec{e}_z

L'intensité I traversant une section droite \mathcal{S} orientée selon \vec{e}_z s'obtient par intégration du flux de \vec{\jmath} :

I = \iint_{\mathcal{S}} \vec{\jmath} \cdot \vec{e}_z \, \mathrm{d}S = \rho_f V_e \cdot (\pi a^2) = \lambda_f V_e
\boxed{I = \lambda_f V_e}

2. Détermination de \vec{B} par le théorème d'Ampère

La distribution de courant est invariante par translation le long de l'axe Oz et par rotation autour de cet axe. Le champ magnétique ne dépend donc que de la coordonnée radiale r :

\vec{B}(M) = \vec{B}(r)

Tout plan contenant l'axe Oz est un plan de symétrie pour la distribution de courant \vec{\jmath}. En tout point M, le champ magnétique \vec{B}(M) est orthogonal à ce plan de symétrie, donc selon le vecteur orthoradial \vec{e}_\theta :

\vec{B}(M) = B_\theta(r)\,\vec{e}_\theta

Choisissons comme contour d'Ampère \mathcal{C} un cercle de rayon r > a, orthogonal à l'axe Oz, centré sur celui-ci et orienté selon \vec{e}_\theta.

  • La circulation de \vec{B} le long de \mathcal{C} vaut :

    \oint_{\mathcal{C}} \vec{B} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = \int_0^{2\pi} B_\theta(r) \, r\,\mathrm{d}\theta = 2\pi r B_\theta(r)
  • Le courant total enlacé par le contour \mathcal{C} est l'intensité totale du fil : I_{\text{enl}} = I = \lambda_f V_e.

D'après le théorème d'Ampère, 2\pi r B_\theta(r) = \mu_0 I_{\text{enl}} = \mu_0 \lambda_f V_e, d'où :

\boxed{\vec{B} = \frac{\mu_0 \lambda_f V_e}{2\pi r}\,\vec{e}_\theta}

3. Commentaire par rapport à Q12

La loi de transformation classique (galiléenne) des champs utilisée à la question Q12 prévoyait \vec{B} = \vec{B}' = \vec{0}, car le fil est purement électrostatique dans son référentiel propre (R').

Or, l'application directe des lois fondamentales de l'électromagnétisme (théorème d'Ampère, issu de l'équation de Maxwell-Ampère en régime stationnaire) montre que le déplacement du fil dans (R) crée un courant réel I = \lambda_f V_e et induit donc un champ magnétique non nul.

La transformation galiléenne des champs est donc incompatible avec les équations de Maxwell : l'électromagnétisme classique n'est pas invariant par transformation de Galilée, ce qui impose d'abandonner celle-ci au profit des transformations de Lorentz et de la relativité restreinte.

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Question 15

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : transformation des champs, relativité restreinte

À l'aide de ces lois de transformations et en considérant exacts les champs et obtenus en Q12 et Q13, donner les expressions correctes de et .

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Décomposer \vec{E}' et \vec{B}' selon les directions parallèle et perpendiculaire à \vec{V}_e, puis appliquer les formules de Lorentz données dans le préambule.

Voir la stratégie
  1. Identifier les composantes parallèle et perpendiculaire à \vec{V}_e = V_e \vec{e}_z des champs \vec{E}' et \vec{B}' obtenus dans le référentiel propre (R').
  2. Appliquer directement les transformations de Lorentz du champ électromagnétique données par l'énoncé.
  3. Simplifier l'expression de \vec{B} à l'aide de la relation de Maxwell c^2 = \frac{1}{\varepsilon_0 \mu_0}.
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Dans le référentiel (R'), d'après les questions Q12 et Q13 :

\vec{B}' = \vec{0} \quad \text{et} \quad \vec{E}' = \frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r

La vitesse de translation étant portée par l'axe Oz, \vec{V}_e = V_e \vec{e}_z, et le vecteur unitaire \vec{e}_r étant orthogonal à \vec{e}_z, on décompose les champs en composantes parallèle (//) et perpendiculaire (\perp) à \vec{V}_e :

\begin{aligned} \vec{E}'_{//} &= \vec{0}, & \vec{E}'_\perp &= \vec{E}' = \frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r \\ \vec{B}'_{//} &= \vec{0}, & \vec{B}'_\perp &= \vec{0} \end{aligned}

D'après les lois de transformation relativistes :

  • Pour le champ électrique :

    \begin{aligned} \vec{E}_{//} &= \vec{E}'_{//} = \vec{0} \\ \vec{E}_\perp &= \gamma\left(\vec{E}'_\perp - \vec{V}_e \wedge \vec{B}'_\perp\right) = \gamma \vec{E}'_\perp = \gamma \frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r \end{aligned}

    D'où le champ électrique dans le référentiel (R) :

    \boxed{\vec{E} = \frac{\gamma \lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r}
  • Pour le champ magnétique :

    \begin{aligned} \vec{B}_{//} &= \vec{B}'_{//} = \vec{0} \\ \vec{B}_\perp &= \gamma\left(\vec{B}'_\perp + \frac{\vec{V}_e}{c^2} \wedge \vec{E}'_\perp\right) = \frac{\gamma}{c^2} \vec{V}_e \wedge \vec{E}' \end{aligned}

    Or \vec{e}_z \wedge \vec{e}_r = \vec{e}_\theta dans la base cylindro-polaire directe (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_z), et la vitesse de la lumière vérifie c^2 = \frac{1}{\varepsilon_0 \mu_0}, soit \frac{1}{\varepsilon_0 c^2} = \mu_0. On en déduit :

    \vec{B}_\perp = \frac{\gamma}{c^2} \left(V_e \vec{e}_z\right) \wedge \left(\frac{\lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r\right) = \frac{\gamma V_e \lambda_f}{2\pi \varepsilon_0 c^2 r}\,\vec{e}_\theta = \frac{\mu_0 \gamma \lambda_f V_e}{2\pi r}\,\vec{e}_\theta

    D'où le champ magnétique dans le référentiel (R) :

    \boxed{\vec{B} = \frac{\mu_0 \gamma \lambda_f V_e}{2\pi r}\,\vec{e}_\theta}

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Question 16

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : contraction des longueurs, densité linéique de charge

Quelle est alors, en fonction de et , la valeur de la densité linéique de charge vue par un observateur dans (R) ? Ce résultat correspond-il à une contraction ou à une dilatation des longueurs si on considère qu'il y a conservation de la charge électrique ?

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Comparer le champ électrique relativiste obtenu en Q15 à celui d'une distribution statique pour identifier la densité apparente \lambda. Relier le facteur \gamma > 1 à la contraction de Lorentz de l'élément de longueur \mathrm{d}z.

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Dans le référentiel (R), le fil rectiligne infini présente une symétrie cylindrique. Par application du théorème de Gauss à un cylindre de rayon r > a et de hauteur h coaxial au fil portant une densité linéique \lambda, le champ électrique s'écrit :

\vec{E} = \frac{\lambda}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r

Par identification avec l'expression relativiste obtenue à la question Q15, \vec{E} = \dfrac{\gamma \lambda_f}{2\pi\varepsilon_0 r}\,\vec{e}_r, on en déduit immédiatement :

\boxed{\lambda = \gamma \lambda_f}

Considérons un tronçon de fil portant une charge élémentaire \mathrm{d}q. L'invariance relativiste de la charge électrique impose que cette charge ait la même valeur dans les deux référentiels :

\mathrm{d}q = \lambda_f\,\mathrm{d}\ell' = \lambda\,\mathrm{d}\ell

où \mathrm{d}\ell' est la longueur propre du tronçon (mesurée dans le référentiel propre (R')) et \mathrm{d}\ell sa longueur mesurée dans le référentiel du laboratoire (R).

On a donc :

\mathrm{d}\ell = \frac{\lambda_f}{\lambda}\,\mathrm{d}\ell' = \frac{\mathrm{d}\ell'}{\gamma}

Comme V_e > 0, le facteur de Lorentz vérifie \gamma = \dfrac{1}{\sqrt{1 - V_e^2/c^2}} > 1, d'où :

\mathrm{d}\ell < \mathrm{d}\ell'

La longueur d'un élément de fil mesurée dans le référentiel où il est en mouvement est plus courte que sa longueur propre : ce résultat correspond bien au phénomène de contraction des longueurs (contraction de Lorentz).

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Partie III : L'expérience "M-G-P" : Michelson-Gale-Pearson (1924), ou de la mesure de l'effet Sagnac à l'échelle de la Terre

Question 17

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : référentiel géocentrique, vitesse angulaire

Rappeler la définition du référentiel géocentrique . Quel est le mouvement de la Terre dans ? Relier la norme du vecteur à la durée du jour terrestre.

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Définir le référentiel géocentrique. La Terre y effectue une rotation uniforme autour de l'axe des pôles. Relier \Omega_T à la durée du jour sidéral T_j \approx 86164\text{ s}.

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  • Définition du référentiel géocentrique (\mathrm{R}_g) : Le référentiel géocentrique a pour origine le centre de masse (centre d'inertie) de la Terre, et ses trois axes sont dirigés vers trois étoiles lointaines considérées comme fixes. Il est en translation par rapport au référentiel de Copernic (ou héliocentrique).
  • Mouvement de la Terre dans (\mathrm{R}_g) : Dans (\mathrm{R}_g), le centre de la Terre est fixe : la Terre est donc animée d'un mouvement de rotation propre uniforme autour de l'axe Sud-Nord reliant ses pôles géographiques, orienté d'Ouest en Est, à la vitesse angulaire \vec{\Omega}_T = \Omega_T \vec{e}_z.
  • Lien entre \Omega_T et la durée T_j du jour terrestre : La Terre effectuant un tour complet (2\pi\text{ rad}) sur elle-même dans (\mathrm{R}_g) en une durée T_j (jour sidéral), la vitesse angulaire de rotation s'écrit :

    \boxed{\Omega_T = \frac{2\pi}{T_j}}

Résultat

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Question 18

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : cinématique, référentiel géocentrique

Dans quelle direction et dans quel sens "souffle le vent d'éther" pour un observateur terrestre ? On note la vitesse du vent d'éther à la latitude , avec le vecteur unitaire adéquat pour que soit positive. Exprimer en fonction de , et .

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Dans le référentiel terrestre en rotation vers l'Est, le vent d'éther souffle vers l'Ouest. Le rayon du cercle décrit à la latitude \varphi vaut R_T \cos\varphi, d'où la vitesse linéaire correspondante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de l'observateur terrestre dans le référentiel géocentrique (R_g) en déterminant sa distance à l'axe de rotation terrestre à la latitude \varphi.
  2. Appliquer la loi de composition galiléenne des vitesses pour déterminer la vitesse de l'éther par rapport à l'observateur terrestre (direction, sens et norme).
Voir le corrigé complet

L'éther étant supposé immobile dans le référentiel géocentrique (R_g), sa vitesse dans ce référentiel est nulle :

\vec{v}_{\text{éther}/(R_g)} = \vec{0}

Un observateur terrestre situé à la latitude \varphi se trouve à une distance d(\varphi) = R_T \cos\varphi de l'axe de rotation de la Terre (axe des pôles). La Terre tournant d'Ouest en Est à la vitesse angulaire \vec{\Omega}_T, la vitesse de l'observateur dans (R_g) est :

\vec{v}_{\text{obs}/(R_g)} = R_T \Omega_T \cos\varphi \, \vec{u}_{\text{Est}}

où \vec{u}_{\text{Est}} est le vecteur unitaire tangent au parallèle local, orienté vers l'Est.

D'après la loi classique d'addition des vitesses (transformation galiléenne) :

\vec{w}(\varphi) = \vec{v}_{\text{éther}/(R_{\text{obs}})} = \vec{v}_{\text{éther}/(R_g)} - \vec{v}_{\text{obs}/(R_g)} = - R_T \Omega_T \cos\varphi \, \vec{u}_{\text{Est}}

Le vent d'éther souffle donc selon la direction Est-Ouest (tangente au parallèle local), dans le sens d'Est en Ouest.

En choisissant pour \vec{e} le vecteur unitaire orienté vers l'Ouest (\vec{e} = -\vec{u}_{\text{Est}}), on obtient \vec{w}(\varphi) = w(\varphi)\vec{e} avec :

\boxed{w(\varphi) = R_T \Omega_T \cos\varphi}

Résultat

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Question 19

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : loi de composition des vitesses, retard temporel

a) On note la durée que met la lumière à parcourir la distance cumulée entre les deux latitudes et (il est inutile de chercher à déterminer sa valeur). À l'aide de deux lois de composition galiléenne des vitesses aux latitudes et , exprimer en fonction de , , et des composantes de vitesse du vent d'éther et , la durée de parcours de la lumière dans son trajet ABCDA. b) Faire le développement limité de à l'ordre 1 en et en , puis à l'ordre 1 en (on rappelle que où désigne la dérivée de ). En faisant apparaître , établir que la durée peut s'écrire sous la forme

dans laquelle on explicitera . c) Exprimer de même la durée de parcours de la lumière effectuant le trajet ADCBA en fonction de , , , et . Un calcul non demandé analogue à celui de Q19.b conduit à .

Voir l'indice

Composer les vitesses de la lumière le long des segments parallèles Est-Ouest (c \pm w). Réaliser le DL au premier ordre en w/c, puis au premier ordre en \Delta\varphi en identifiant Y = R_T \Delta\varphi.

Voir la stratégie
  1. Identifier pour chaque tronçon horizontal le sens de propagation de la lumière par rapport au vent d'éther qui souffle d'Est en Ouest (d'après la question Q18).
  2. Appliquer la loi d'addition galiléenne des vitesses pour exprimer les temps de parcours t = \frac{X}{v}.
  3. Effectuer les développements limités à l'ordre 1 et relier l'accroissement angulaire \Delta\varphi à la dimension méridienne Y = R_T \Delta\varphi.
Voir le corrigé complet

a) D'après la question Q18, le vent d'éther souffle d'Est en Ouest à la vitesse w(\varphi) à la latitude \varphi et w(\varphi + \Delta\varphi) à la latitude \varphi + \Delta\varphi. Décomposons le trajet \mathrm{ABCDA} :

  • Sur le tronçon \mathrm{AB} (latitude \varphi), la lumière se propage d'Ouest en Est, c'est-à-dire en sens opposé au vent d'éther. Par composition galiléenne des vitesses, sa vitesse dans (\mathrm{R}_{\mathrm{obs}}) est v_{\mathrm{AB}} = c - w(\varphi), d'où une durée t_{\mathrm{AB}} = \frac{X}{c - w(\varphi)}.
  • Sur les côtés \mathrm{BC} et \mathrm{DA}, la lumière se déplace dans la direction Sud-Nord ; la durée cumulée est notée \tau_0.
  • Sur le tronçon \mathrm{CD} (latitude \varphi + \Delta\varphi), la lumière se propage d'Est en Ouest, dans le même sens que le vent d'éther. Sa vitesse dans (\mathrm{R}_{\mathrm{obs}}) est donc v_{\mathrm{CD}} = c + w(\varphi + \Delta\varphi), d'où une durée t_{\mathrm{CD}} = \frac{X}{c + w(\varphi + \Delta\varphi)}.

La durée totale de parcours \tau_1 s'écrit donc :

\boxed{\tau_1 = \tau_0 + \frac{X}{c - w(\varphi)} + \frac{X}{c + w(\varphi + \Delta\varphi)}}

b) Effectuons le développement limité à l'ordre 1 au voisinage de zéro :

\begin{aligned} \frac{X}{c - w(\varphi)} &= \frac{X}{c}\left(1 - \frac{w(\varphi)}{c}\right)^{-1} \approx \frac{X}{c}\left(1 + \frac{w(\varphi)}{c}\right) \\ \frac{X}{c + w(\varphi + \Delta\varphi)} &= \frac{X}{c}\left(1 + \frac{w(\varphi + \Delta\varphi)}{c}\right)^{-1} \approx \frac{X}{c}\left(1 - \frac{w(\varphi + \Delta\varphi)}{c}\right) \end{aligned}

En sommant ces deux contributions :

\tau_1 = \tau_0 + \frac{2X}{c} + \frac{X}{c^2}\left[w(\varphi) - w(\varphi + \Delta\varphi)\right]

Au premier ordre en \Delta\varphi, w(\varphi + \Delta\varphi) \approx w(\varphi) + w'(\varphi)\Delta\varphi, ce qui donne :

w(\varphi) - w(\varphi + \Delta\varphi) \approx -w'(\varphi)\Delta\varphi

D'après la question Q18, w(\varphi) = R_T \Omega_T \cos\varphi, donc :

w'(\varphi) = -R_T \Omega_T \sin\varphi \implies -w'(\varphi)\Delta\varphi = R_T \Omega_T \sin\varphi\,\Delta\varphi

La distance séparant les deux parallèles le long d'un méridien terrestre est un arc de cercle de rayon R_T, soit Y = R_T \Delta\varphi. On en déduit :

-w'(\varphi)\Delta\varphi = \Omega_T Y \sin\varphi

En injectant ce résultat dans l'expression de \tau_1 :

\tau_1 = \tau_0 + \frac{2X}{c} + \frac{\Omega_T X}{c^2} Y \sin\varphi

On identifie ainsi par comparaison avec la formule fournie :

\boxed{f(Y,\varphi) = Y \sin\varphi}

c) Pour le trajet inverse \mathrm{ADCBA} :

  • La durée cumulée le long des méridiens \mathrm{AD} et \mathrm{CB} reste égale à \tau_0.
  • Sur le tronçon \mathrm{DC} (latitude \varphi + \Delta\varphi), la lumière se propage d'Ouest en Est (à contre-courant du vent d'éther) : v_{\mathrm{DC}} = c - w(\varphi + \Delta\varphi).
  • Sur le tronçon \mathrm{BA} (latitude \varphi), la lumière se propage d'Est en Ouest (dans le sens du vent d'éther) : v_{\mathrm{BA}} = c + w(\varphi).

La durée totale de parcours \tau_2 s'exprime donc par :

\boxed{\tau_2 = \tau_0 + \frac{X}{c + w(\varphi)} + \frac{X}{c - w(\varphi + \Delta\varphi)}}

Résultat

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Question 20

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : différence de marche, déphasage

On suppose la lumière monochromatique de longueur d'onde dans le vide . On note la composante du vecteur sur la direction de la normale au plan ABCD orientée vers le ciel (zénith local) et l'aire du rectangle ABCD délimité par le trajet lumineux. Établir que le déphasage entre les deux rayons lumineux à leur arrivée en A est

Voir l'indice

Calculer la différence de marche temporelle \Delta\tau = \tau_1 - \tau_2 puis le déphasage \Delta\Phi = \omega \Delta\tau = \frac{2\pi c}{\lambda_0}\Delta\tau. Exprimer le résultat en fonction de l'aire S = XY et de \Omega_n = \Omega_T \sin\varphi.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le retard temporel \Delta\tau = \tau_1 - \tau_2 entre les deux trajets contra-propagatifs à partir des durées établies en Q19.
  2. Relier le retard temporel \Delta\tau au déphasage optique \Delta\Phi pour une onde monochromatique de pulsation \omega = \frac{2\pi c}{\lambda_0}.
Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q19, avec f(Y,\varphi) = Y\sin\varphi, les durées de parcours des deux ondes contra-propagatives s'écrivent :

\begin{aligned} \tau_1 &= \tau_0 + \frac{2X}{c} + \frac{\Omega_T X Y \sin\varphi}{c^2} \\ \tau_2 &= \tau_0 + \frac{2X}{c} - \frac{\Omega_T X Y \sin\varphi}{c^2} \end{aligned}

Le retard temporel accumulé entre le rayon 1 (trajet horaire \mathrm{ABCDA}) et le rayon 2 (trajet anti-horaire \mathrm{ADCBA}) vaut ainsi :

\Delta\tau = \tau_1 - \tau_2 = \frac{2 X Y \Omega_T \sin\varphi}{c^2}

En introduisant l'aire du rectangle S = XY et la composante normale de la vitesse de rotation \Omega_n = \Omega_T \sin\varphi, on obtient :

\Delta\tau = \frac{2 S \Omega_n}{c^2}

Pour une onde monochromatique de longueur d'onde dans le vide \lambda_0, la pulsation est donnée par \omega = 2\pi\nu = \frac{2\pi c}{\lambda_0}. Le déphasage correspondant entre les deux ondes à leur recombinaison en A est donc :

\Delta\Phi = \omega \Delta\tau = \frac{2\pi c}{\lambda_0} \times \frac{2 S \Omega_n}{c^2}

On en déduit l'expression demandée :

\boxed{\Delta\Phi = \frac{4\pi}{\lambda_0 c} S \Omega_n}

Résultat

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Question 21

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : ordre d'interférence

Quel est l'ordre d'interférence correspondant ?

Voir l'indice

Utiliser la relation fondamentale de l'interférométrie liant l'ordre d'interférence au déphasage : p = \Delta\Phi / 2\pi.

Voir le corrigé complet

Par définition, l'ordre d'interférence p associé à un déphasage \Delta\Phi entre deux ondes cohérentes interférant en un point est donné par :

p = \frac{\Delta\Phi}{2\pi}

En utilisant l'expression du déphasage \Delta\Phi établie à la question précédente Q20, il vient :

p = \frac{1}{2\pi} \left( \frac{4\pi}{\lambda_0 c} S \Omega_n \right)

soit :

\boxed{p = \frac{2 S \Omega_n}{\lambda_0 c} = \frac{2 S \Omega_T \sin\varphi}{\lambda_0 c}}

Résultat

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Question 22

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : interféromètre de michelson, ordre d'interférence

Dans l'expérience de Sagnac, un décalage des franges (donc une variation de l'ordre d'interférence) est observé par rapport à la situation où le plateau est immobile. Quelle est la difficulté de la mesure d'une variation dans le cas de la Terre sur le même principe ? Expliquer le rôle du rectangle AEFD, d'aire beaucoup plus petite que .

Voir l'indice

On ne peut pas arrêter la rotation de la Terre pour observer le déplacement de franges. Une boucle de surface beaucoup plus faible fournit une référence d'interférence avec un déphasage Sagnac quasi nul.

Voir le corrigé complet

1. Difficulté de la mesure dans le cas de la Terre

Dans l'expérience initiale de Sagnac (1913), le plateau tournant peut être arrêté (\Omega = 0) ou mis en rotation dans l'autre sens (-\Omega), ce qui permet de comparer la position des franges en rotation à une référence connue.

Dans le cas de la Terre :

  • la rotation terrestre ne peut évidemment pas être arrêtée (\Omega_T = 0 est inaccessible) ;
  • au vu des dimensions gigantesques de l'installation (612\text{ m} \times 339\text{ m} de tubes en fonte sous vide), il est impossible d'inverser l'orientation du circuit pour changer le signe de \Omega_n.

On ne dispose donc pas directement d'une référence expérimentale de franges sans rotation.

2. Rôle du rectangle secondaire AEFD

D'après le résultat de la question Q21, l'ordre d'interférence dû à l'effet Sagnac est proportionnel à l'aire de la boucle optique :

p = \frac{2 S \Omega_n}{\lambda_0 c}

Le rectangle secondaire AEFD présente une aire S_{\mathrm{AEFD}} = \mathrm{AE} \times Y très petite devant celle du grand rectangle S = \mathrm{AB} \times Y (S_{\mathrm{AEFD}} \ll S).

Par conséquent, l'effet Sagnac dans la petite boucle est négligeable (p_{\mathrm{AEFD}} \approx 0) : elle fournit un système de franges de référence (quasiment équivalent à un dispositif immobile). La mesure du décalage relatif entre les franges issues de la grande boucle et celles issues de la petite boucle donne accès à \Delta p.

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Question 23

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : ordre d'interférence

On donne , et . Calculer .

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique directe de la formule de \Delta p établie en Q21 avec les dimensions du rectangle de la figure 4 (X = 612\text{ m}, Y = 339\text{ m}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de l'ordre d'interférence \Delta p à partir de l'ordre d'interférence p obtenu à la question Q21, en utilisant l'aire de la boucle S = XY.
  2. Convertir l'angle de latitude \varphi en degrés décimaux et effectuer l'application numérique avec les grandeurs données.
  3. Comparer le résultat théorique obtenu à la valeur expérimentale (\Delta p)_{\exp} = 0,26 fournie par l'énoncé.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q22, la variation de l'ordre d'interférence \Delta p mesurée par rapport à la boucle de référence de surface négligeable correspond à l'ordre d'interférence p de la grande boucle ABCD établi à la question Q21 :

\Delta p = p = \frac{2 S \Omega_n}{\lambda_0 c} = \frac{2 X Y \Omega_T \sin\varphi}{\lambda_0 c}

Convertissons la latitude en degrés décimaux :

\varphi = 41^\circ 48' = 41 + \frac{48}{60} = 41,8^\circ

d'où \sin\varphi = \sin(41,8^\circ) \approx 0,6665.

L'aire de la boucle vaut :

S = X Y = 612 \times 339 = 207\,468\text{ m}^2 \approx 2,07\cdot 10^5\text{ m}^2

Avec les données numériques :

  • \Omega_T = 7,29\cdot 10^{-5}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
  • \lambda_0 = 0,500\ \mu\text{m} = 5,00\cdot 10^{-7}\text{ m}
  • c = 3,0\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

On obtient :

\begin{aligned} \Delta p &= \frac{2 \times 207\,468 \times 7,29\cdot 10^{-5} \times \sin(41,8^\circ)}{5,00\cdot 10^{-7} \times 3,0\cdot 10^8} \\ &= \frac{20,16}{150} \approx 0,134 \end{aligned}
\boxed{\Delta p \approx 0,13}

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.