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CCINP Physique MP 2020Sujet, corrigé et rapport du jury

Lumière et changements de référentiels : de l'éther luminifère à la relativité restreinte

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Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 10 questions sur 38. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PTSI 6 · MP2I 9 · TSI1 9 questions.

Détail par partie

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Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Lumière et changements de référentiels : de l'éther luminifère à la relativité restreinte, effet Sagnac et gyromètre à fibre
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Le sujet comporte quatre parties indépendantes autour de la propagation de la lumière et des changements de référentiel. Il analyse l'expérience de Michelson et Morley avec la composition galiléenne des vitesses, puis les champs d'un fil chargé vus depuis deux référentiels. Il étudie ensuite l'effet Sagnac à l'échelle de la Terre et termine par un gyromètre à fibre, avec filtrage et simulation en Python.

  1. 1Partie I : l'expérience de Michelson et Morley (1887)Composition galiléenne des vitesses, durées de parcours, variation de l'ordre d'interférence et discussion du résultat négatif.
  2. 2Partie II : électromagnétisme et relativitéTransformation des champs entre deux référentiels, théorèmes de Gauss et d'Ampère pour un fil chargé, puis contraction ou dilatation des longueurs.
  3. 3Partie III : l'expérience de Michelson, Gale et Pearson (1924)Référentiel géocentrique, vent d'éther selon la latitude et mesure de l'effet Sagnac à l'échelle de la Terre.
  4. 4Partie IV : le gyromètre à fibreDéphasage de Sagnac, modulation de phase, analyse de Fourier, filtrage passe-bas par une cellule RC et simulation par la méthode de Runge-Kutta en Python.

Difficulté moyenne. Le rapport juge le sujet long, mais ses parties indépendantes permettaient de repartir facilement sur de nouvelles questions après un blocage.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 9,49 / 20 · écart-type 3,51 · 7 294 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
9,49/ 20
Écart-type
3,51
Présents
7 294
Coefficient
15
Durée
4 h
moyenne 9,4905101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 4 juillet 2020. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Composition des vitesses mal représentée · Référentiels et lois de Kepler approximatifs · Ordre d'interférence mal interprété
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Le sujet mêlait calculs, questions de sens physique et questions de cours, sur des thèmes variés de MPSI et MP. Le jury déplore des questions de cours souvent mal maîtrisées, un vocabulaire approximatif et des notations négligées. Il a toutefois lu de très bonnes copies, bien structurées, et salue une bonne maîtrise des théorèmes de Gauss et d'Ampère.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Composition des vitesses mal représentéeQ1

    Les schémas vectoriels sont bâclés et les normes attribuées sont incohérentes, parfois même absentes des quatre propositions de l'énoncé.

    « La représentation graphique de la loi de composition vectorielle des vitesses a posé beaucoup de problèmes »
  2. 2
    Référentiels et lois de Kepler approximatifsQ6, Q17

    Un référentiel n'a pas de centre, et il n'existe qu'un référentiel héliocentrique. Pour la loi des aires, c'est le rayon vecteur Soleil-planète qui balaie l'aire. La rotation de la Terre se fait autour de l'axe des pôles.

    « Un référentiel n’a pas de barycentre ou de centre (erreur très répandue) »
  3. 3
    Ordre d'interférence mal interprétéQ7

    Beaucoup jugent la variation indétectable parce qu'elle est inférieure à 1, sans la comparer à la sensibilité indiquée dans l'énoncé. Un ordre d'interférence n'a pas d'unité.

  4. 4
    Notations et formules de géométrieQ13, Q24

    Le point du produit scalaire et le rond des intégrales fermées sont presque toujours oubliés. Certains choisissent un disque comme surface de Gauss ou ignorent l'aire latérale d'un cylindre.

  5. 5
    Formule de Fresnel et filtre RCQ25, Q32

    La formule de Fresnel pour deux ondes cohérentes n'est pas connue de tous. La cellule RC n'est pas toujours reconnue comme un filtre passe-bas qui garde la composante continue.

    « Ce filtre pourtant élémentaire et étudié en travaux pratiques, ne devrait plus avoir de secret pour les candidats »
  6. 6
    Programme Python hors consignesQ37

    Il faut compléter le programme fourni sans le réécrire, utiliser append plutôt que la concaténation et vérifier les bornes des boucles for.

    « utiliser la méthode append et proscrire L=L+[terme] »

Ce qui a été bien réussi

  • Les théorèmes de Gauss et d'Ampère sont connus et l'étude des symétries et invariances est plutôt bien menée, sans même être demandée.
  • Les questions 9 à 11 sont réussies dans l'ensemble.
  • Le développement limité de τ1 est généralement bien fait (Q19).
  • Les questions 29 à 31 sont souvent correctement traitées quand elles sont abordées.
  • La partie d'informatique, quand elle a été abordée, a donné d'assez bons résultats.

Conseils du jury

  • Travailler le cours pour maîtriser les compétences exigibles, y compris celles liées aux travaux pratiques.
  • Réviser l'informatique pour tous avec la même rigueur que la physique.
  • Lire attentivement l'énoncé pour respecter les consignes et ne calculer que ce qui est demandé.
  • Faire des schémas clairs, notamment pour les vitesses et les surfaces de Gauss.
  • Numéroter les questions comme l'énoncé et mettre en valeur les résultats.
  • Vérifier le réglage de la calculatrice en radians ou en degrés.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

38 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question, avec les remarques du jury.
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38 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré et les remarques du jury. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Reproduire la figure 1 et la compléter en dessinant les "triangles des vitesses" reliant les vecteurs, et…
  2. Q2En déduire l'expression de la différence des durées de parcours de la lumière arrivant à l'oculaire en…
  3. Q3Avec le moins possible de calculs, donner de même les expressions: – de la différence des durées de parcours…
  4. Q4Soit la variation de l'ordre d'interférence produite lors du passage de l'interféromètre de la configuration…
  5. Q5De manière à visualiser un petit nombre de franges d'interférence à l'oculaire micrométrique, on règle…
  6. Q6En faisant l'hypothèse d'un éther immobile dans le référentiel héliocentrique et ne subissant aucun effet…
  7. Q7Pour passer de la configuration à la configuration, Michelson et Morley avaient monté leur interféromètre…
  8. Q8Donner une estimation numérique de la vitesse d'éther minimale que le dispositif permettait de mesurer a…
Voir les 30 autres questions
  1. Q9Rappeler l'expression de la force électromagnétique exprimant l'action du champ électromagnétique sur une…
  2. Q10Expliciter la formule de transformation galiléenne des vitesses reliant la vitesse de la particule dans (R')…
  3. Q11Dans (R') le champ électromagnétique précédent est caractérisé par les champs. En utilisant l'invariance de…
  4. Q12Justifier que. En déduire d'après Q11.
  5. Q13Par l'application du théorème de Gauss, calculer. En déduire d'après Q11.
  6. Q14Quelle est, en fonction de et, l'expression de l'intensité du courant électrique vue par un observateur dans…
  7. Q15À l'aide de ces lois de transformations et en considérant exacts les champs et obtenus en Q12 et Q13, donner…
  8. Q16Quelle est alors, en fonction de et, la valeur de la densité linéique de charge vue par un observateur dans…
  9. Q17Rappeler la définition du référentiel géocentrique. Quel est le mouvement de la Terre dans ? Relier la norme…
  10. Q18Dans quelle direction et dans quel sens "souffle le vent d'éther" pour un observateur terrestre ? On note la…
  11. Q19a) On note la durée que met la lumière à parcourir la distance cumulée entre les deux latitudes et (il est…
  12. Q20On suppose la lumière monochromatique de longueur d'onde dans le vide. On note la composante du vecteur sur…
  13. Q21Quel est l'ordre d'interférence correspondant ?
  14. Q22Dans l'expérience de Sagnac, un décalage des franges (donc une variation de l'ordre d'interférence) est…
  15. Q23On donne, et. Calculer.
  16. Q24Donner en fonction de et de l'aire totale de la boucle qui compte tours de fibre.
  17. Q25On note l'intensité du rayon lumineux incident sur la séparatrice. En supposant une séparatrice idéale avec…
  18. Q26a) Partant d'un interféromètre au repos (), la mesure de la variation de produite par une rotation…
  19. Q27a) Montrer que b) On note la fréquence propre de la fibre. Montrer que pour des valeurs de bien choisies par…
  20. Q28Donner l'expression de l'intensité enregistrée par le détecteur en fonction de,,, et, puis montrer qu'elle…
  21. Q29À l'aide des données de l'annexe (page 19), montrer que le développement en série de Fourier du signal…
  22. Q30a) Que vaut en l'absence de rotation ? b) Expliquer pourquoi la détermination de permet de résoudre les…
  23. Q31Exprimer la tension sous la forme d'une somme dans laquelle on précisera les valeurs des coefficients,, et…
  24. Q32Expliquer le rôle de la cellule par rapport à l'objectif visé. Exprimer une condition littérale avec et la…
  25. Q33La condition demandée en Q32 étant satisfaite, on donne la valeur de obtenue aux bornes de C: Application…
  26. Q34a) Établir l'équation différentielle liant, et. b) Mettre cette dernière sous la forme où on explicitera la…
  27. Q35Méthode n° 1 Écrire l'évaluation approchée de par la méthode des rectangles. En déduire la relation de…
  28. Q36Méthode n° 2: méthode améliorée de Runge-Kutta On reprend l'intégrale de la question Q34.c. Écrire…
  29. Q37Répondre sur la copie aux consignes ci-dessous: * bloc ligne 32: compléter le programme pour la définition…
  30. Q38Pour la valeur de la question Q33, les figures 7a, b, c, d et e fournies en page 18 sont les représentations…

Description

Le sujet comporte quatre parties indépendantes autour de la propagation de la lumière et des changements de référentiel. Il analyse l'expérience de Michelson et Morley avec la composition galiléenne des vitesses, puis les champs d'un fil chargé vus depuis deux référentiels. Il étudie ensuite l'effet Sagnac à l'échelle de la Terre et termine par un gyromètre à fibre, avec filtrage et simulation en Python.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE MP

PHYSIQUE

Mercredi 6 mai : 8 h-12 h

N.B. : le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

RAPPEL DES CONSIGNES

  • Utiliser uniquement un stylo noir ou bleu foncé non effaçable pour la rédaction de votre composition ; d'autres couleurs, excepté le vert, peuvent être utilisées, mais exclusivement pour les schémas et la mise en évidence des résultats.
  • Ne pas utiliser de correcteur.
  • Écrire le mot FIN à la fin de votre composition.

Les calculatrices sont autorisées

Le sujet est composé de quatre parties indépendantes et d'une annexe (page 19).

Il est rappelé au candidat qu'il peut utiliser tout résultat fourni dans l'énoncé pour répondre aux questions suivantes, même si ce résultat n'a pu être établi.

Formulaire

Développements limités à l'ordre 2 au voisinage de zéro de deux fonctions utiles :
1/(1 − x) = 1 + x + (x^2)/2 + o(x^2); (1 + x)^γ = 1 + γx + γ(γ − 1)(x^2)/2 + o(x^2)
Relations de trigonométrie :
cos(a + b) = cos(a)cos(b) − sin(a)sin(b); cos(a) − cos(b) = − 2sin((a − b)/2)sin((a + b)/2); cos^2(a) = 1/2(1 + cos(2a)); cos(a)cos(b) = 1/2(cos(a − b) + cos(a + b))

Lumière et changements de référentiels : de l'éther luminifère à la relativité restreinte

Après le succès des théories ondulatoires de Young et de Fresnel, il restait aux physiciens à expliquer la propagation de la lumière. En 1873, Maxwell publie la forme définitive de ses équations de l'électromagnétisme. À l'instar d'une onde mécanique, la lumière est conçue comme la vibration d'un "milieu support" présent partout dans l'univers : l'éther luminifère. Puis en 1905, Einstein fonde la théorie de la relativité restreinte sur le principe de relativité (qui énonce que toutes les lois physiques sont invariantes par changement de référentiel galiléen (ou inertiel)) et sur le postulat de l'invariance de la vitesse de la lumière dans le vide : le caractère absolu du temps est remis en question, la transformation de Galilée est remplacée par celle de Lorentz, l'éther luminifère peut enfin être abandonné. La question de son existence restera cependant une des grandes quêtes de la Physique jusque dans les années 1930.
Les parties I et III de ce problème abordent deux expériences à propos de l'éther restées célèbres dans l'histoire des sciences.
La partie II traite des lois de transformation du champ électromagnétique lors d'un changement de référentiel.
Enfin, la partie IV traite du gyromètre optique : une application moderne d'un effet relativiste découvert par Sagnac en 1913 qui affecte la lumière dans un référentiel tournant. L'étude se termine par une modélisation informatique d'un moyen de détection du déphasage produit.

Point de vue général

On souhaite reprendre les raisonnements historiques à propos de l'éther tenus par les physiciens pré-relativistes.
On introduit pour cela le référentiel de l'observateur noté ( R_(obs) ) et on considère l'éther comme un fluide en mouvement à la vitesse w⃗ dans ( R_(obs) ), ce qui définit le référentiel de l'éther ( R_(eth) ). La lumière, qui est une oscillation de l'éther, se propage dans celui-ci de manière isotrope : quelle que soit sa direction, le vecteur vitesse de propagation de la lumière dans ( R_(eth) ), noté c⃗, a pour norme c = 299792458 m ⋅ s^(− 1) (valeur qui sera arrondie à 3, 0 ⋅ 10^8 m ⋅ s^(− 1) pour les applications numériques).
Consigne : en nous plaçant à l'époque des physiciens pré-relativistes, nous utiliserons la transformation galiléenne des vitesses et ferons comme si nous ne savions pas que c est une constante universelle de la Physique.

Partie I - L'expérience "MM" : Michelson et Morley (1887)

Le schéma de principe du dispositif que Michelson et Morley utilisèrent en 1887 est représenté en figure 1. Il s'agit d'un interféromètre de Michelson réglé au contact optique avec L la longueur commune des bras de l'interféromètre : L = OH_1 = OH_2. L'ensemble Séparatrice-Compensatrice est modélisé comme une lame semi-réfléchissante d'épaisseur nulle, placée à 45^∘ du faisceau incident et n'introduisant aucun déphasage supplémentaire sur les trajets lumineux. Les deux faisceaux lumineux obtenus après division d'amplitude suivent des trajets selon les axes Ox et Oy perpendiculaires. On observe les franges d'interférences à l'aide d'un oculaire micrométrique placé à la sortie de l'appareil.
À l'entrée de l'interféromètre, un filtre interférentiel isole la raie H_α du rayonnement solaire. On note v la fréquence de la lumière monochromatique ainsi obtenue.
Le référentiel d'observation ( R_(obs) ) est ici le référentiel terrestre dans lequel les miroirs M_1 et M_2 sont immobiles. L'air est assimilé au vide et nous considèrerons qu'il n'a aucune influence sur la propagation. En revanche, l'ensemble du dispositif baigne dans l'éther en mouvement à la vitesse w⃗ = we⃗_x uniforme avec w > 0 (mouvement appelé "vent d'éther").
Configuration α : l'interféromètre est positionné de telle sorte que le trajet lumineux sur le bras n^∘1 soit colinéaire au vent d'éther. Le bras n^∘2 est perpendiculaire à cette direction.
Configuration β : on fait subir à l'ensemble δ = { Source, interféromètre, observateur} une rotation de 90^∘ autour de l'axe Oz dans le sens horaire, de telle sorte que ce soit le bras n^∘2 qui devienne colinéaire au vent d'éther.
Figure 1 - Schéma de l'interféromètre de Michelson dans la configuration α
L'interféromètre est dans la configuration α (figure 1). On appelle A_1, un point quelconque entre O et H_1 sur le trajet lumineux aller du bras n^∘1 et R_1 un point sur le trajet retour. On note de même A_2 et R_2 deux points entre O et H_2 sur les trajets aller et retour du bras n^∘2.
En utilisant l'indice i = 1 ou 2 pour indiquer la voie de l'interféromètre et l'indice ε = a ou r pour indiquer le sens aller ou retour, on note v⃗_(εi) la vitesse de la lumière dans ( R_(obs) ) et c⃗_(εi) sa vitesse dans ( R_(eth) ). Par souci de lisibilité les quatre points A_1, A_2, R_1 et R_2 et les vitesses v⃗_(εi) ont été représentées hors des trajets des rayons lumineux.
Q1. Reproduire la figure 1 et la compléter en dessinant les "triangles des vitesses" reliant les vecteurs v⃗_(εi), c⃗_(εi) et w⃗ aux points A_1, A_2, R_1, et R_2 en supposant qu'une loi de composition galiléenne des vitesses s'applique.
Attribuer à chaque expression fournie ci-dessous la norme v_(εi) correspondante :
c − w; √(c^2 − w^2); c + w; √(c^2 − w^2).
Q2. En déduire l'expression de la différence τ(α) = τ_2(α) − τ_1(α) des durées de parcours de la lumière arrivant à l'oculaire en suivant la voie 1 (respectivement 2) dans la configuration α.
Faire un développement limité de τ(α) à l'ordre 2 en w/c.
Donner alors l'expression de l'ordre d'interférence p(α) en fonction de la fréquence v, de L, de c et du rapport w/c (on rappelle que l'ordre d'interférence de deux signaux lumineux cohérents entre eux et présentant un déphasage φ est égal à φ/2π ).
Q3. Avec le moins possible de calculs, donner de même les expressions :
  • de la différence τ(β) = τ_2(β) − τ_1(β) des durées de parcours de la lumière arrivant à l'oculaire en suivant la voie 1 (respectivement 2) dans la configuration β;
  • du développement limité de τ(β) à l'ordre 2 en w/c;
  • de l'ordre d'interférence p(β) en fonction de v, L, c et du rapport w/c.
Q4. Soit Δp = p(β) − p(α) la variation de l'ordre d'interférence produite lors du passage de l'interféromètre de la configuration α à la configuration β. Montrer que Δp = 2Lv/c(w/c)^2.
Q5. De manière à visualiser un petit nombre de franges d'interférence à l'oculaire micrométrique, on règle l'interféromètre en coin d'air à partir de la configuration α en opérant une toute petite rotation du miroir M_1 autour de son diamètre H_1 z. La figure d'interférences se présente alors comme un ensemble de franges rectilignes parallèles équidistantes d'interfrange i.
En supposant la variation Δp de l'ordre d'interférence obtenue en Q4 inchangée par ce nouveau réglage, indiquer quelle modification de la figure d'interférences est attendue lors du passage de la configuration α à la configuration β. Exprimer cette modification à l'aide de Δp et i.
Q6. En faisant l'hypothèse d'un éther immobile dans le référentiel héliocentrique et ne subissant aucun effet d'entraînement par l'atmosphère terrestre, Michelson et Morley comptaient observer cette modification avec une vitesse de vent d'éther de norme w = 30, 0 km ⋅ s^(− 1) environ.
a) Rappeler la définition du référentiel héliocentrique.
b) Énoncer, sans les démontrer, les trois lois de Képler pour une planète autour du Soleil.
c) Expliquer à quelle caractéristique terrestre correspond la valeur w = 30, 0 km ⋅ s^(− 1) escomptée par Michelson et Morley. Retrouver cette valeur à partir de G (constante de Newton), M_S (masse du Soleil) et T_(an) (durée de l'année terrestre).
Faire l'application numérique avec G = 6, 67 ⋅ 10^(− 11) N ⋅ kg^(− 2) ⋅ m^2, M_S = 1, 99 ⋅ 10^(30) kg et T_(an) = 365, 25 jours.
Q7. Pour passer de la configuration α à la configuration β, Michelson et Morley avaient monté leur interféromètre sur une table en granit posée au-dessus d'un flotteur en bois sur un bain de mercure, ce qui leur permettait d'opérer une rotation de l'ensemble en toute simplicité (photo 1).
Photo 1 - L'interféromètre utilisé par Michelson et Morley en 1887
(source : http://ondes-relativite.info/ DomniqueCabala/chap4_histo.htm)
Une grande longueur des bras de l'interféromètre (obtenue par un rallongement des trajets à l'aide de plusieurs jeux de miroirs) et un oculaire micrométrique avaient été prévus afin d'assurer une détection confortable des modifications attendues de la figure d'interférences. La sensibilité du dispositif était de l'ordre du centième d'interfrange.
Avec w = 30, 0 km ⋅ s^(− 1), L = 11, 2 m et v = 4, 57 ⋅ 10^(14) Hz, donner la valeur numérique de Δp, variation de l'ordre d'interférence escomptée par Michelson et Morley, exprimée en Q4. Commenter.
Q8. Donner une estimation numérique de la vitesse d'éther minimale que le dispositif permettait de mesurer a priori. Quelle(s) objection(s) aurait-on pu faire quant au résultat de l'expérience finalement annoncé négatif par Michelson et Morley? Pourquoi l'expérience fut-elle reconduite à différents moments de l'année ?
Le résultat négatif de l'expérience de Michelson et Morley a révélé la mise en défaut de la transformation de Galilée. Cette dernière conduit également à des lois erronées de changement de référentiel pour le champ électromagnétique. C'est l'objet de la partie II ci-après.

Partie II - Électromagnétisme et relativité

Soit (R') un référentiel en translation rectiligne uniforme à la vitesse V⃗_e par rapport à un référentiel (R). Un champ électromagnétique ( E⃗, B⃗ ) est présent dans (R).
Q9. Rappeler l'expression de la force électromagnétique exprimant l'action du champ électromagnétique ( E⃗, B⃗ ) sur une particule de charge q animée d'une vitesse v⃗ dans (R).
Q10. Expliciter la formule de transformation galiléenne des vitesses reliant la vitesse v⃗^′ de la particule dans (R') à sa vitesse v⃗ dans (R) et à V⃗_e.
Q11. Dans (R') le champ électromagnétique précédent est caractérisé par les champs ( E⃗^′, B⃗^′ ). En utilisant l'invariance de la force électromagnétique entre les référentiels (R) et (R '), montrer que la loi de composition des vitesses utilisée en Q10 est compatible avec les lois suivantes de transformation «classique» des champs :
{E⃗ = E⃗^′ − V⃗_e ∧ B⃗^′; B⃗ = B⃗^′
On considère, dans le vide, un fil rigide rectiligne cylindrique de rayon a et infiniment long, chargé avec une densité volumique ρ_f uniforme (figure 2). On note λ_f = πa^2 ρ_f la densité linéique de charge et ( R ') le référentiel du fil. La direction du fil est confondue avec l'axe Oz d'un référentiel (R) dans lequel le fil est en mouvement rectiligne uniforme à la vitesse V⃗_e = V_e e⃗_z. On repère un point M à l'extérieur du fil par ses coordonnées cylindriques ( r, θ, z ) d'axe Oz (avec r > a ). On note ε_0 la permittivité diélectrique et μ_0 la perméabilité magnétique du vide.
Figure 2 - Fil chargé en mouvement à la vitesse V⃗_e dans (R)
On cherche à calculer les champs électrique E⃗ et magnétique B⃗ créés par le fil dans (R) en tout point à l'extérieur du fil, à partir de leurs homologues E⃗^′ et B⃗^′ dans ( R ').
Q12. Justifier que B⃗^′ = 0→. En déduire B⃗ d'après Q11.
Q13. Par l'application du théorème de Gauss, calculer E⃗^′. En déduire E⃗ d'après Q11.
Q14. Quelle est, en fonction de λ_f et V_e, l'expression de l'intensité du courant électrique vue par un observateur dans (R) ? À l'aide du théorème d'Ampère, exprimer B⃗. Commenter par rapport à Q12.
En fait, les lois de transformation des champs selon la relativité restreinte sont les suivantes : E⃗_(//) = E⃗_(//)^′ E⃗_⊥ = γ(E⃗_⊥^′ − V⃗_e ∧ B⃗_⊥^′) B⃗_(//) = B⃗_(′//)^′ B⃗_⊥ = γ(B⃗_⊥^′ + (V⃗_e)/(c^2) ∧ E⃗_⊥^′) avec γ = 1/(√(1 − (V_e^2)/(c^2))) et où l'indice // désigne la composante des champs dans la direction définie par V⃗_e et l'indice ⊥ leur composante perpendiculaire à V⃗_e. Ainsi a-t-on E⃗ = E⃗_(//) + E⃗_⊥ et B⃗ = B⃗_(//) + B⃗_⊥.
Q15. À l'aide de ces lois de transformations et en considérant exacts les champs E⃗^′ et B⃗^′ obtenus en Q12 et Q13, donner les expressions correctes de E⃗ et B⃗.
Q16. Quelle est alors, en fonction de λ_f et γ, la valeur de la densité linéique de charge λ vue par un observateur dans (R) ? Ce résultat correspond-il à une contraction ou à une dilatation des longueurs si on considère qu'il y a conservation de la charge électrique?
En 1924, la théorie de la relativité restreinte a presque vingt ans, mais les physiciens n'ont toujours pas tranché définitivement la question de l'éther, surtout qu'en 1913, un jeune physicien français, Georges Sagnac, découvre un effet qui va relancer le débat : en faisant circuler sur un même trajet fermé, mais en sens inverse, deux rayons lumineux émis à partir d'une source, Sagnac mesure un décalage des franges d'interférences lorsque le plateau sur lequel repose l'ensemble du dispositif est mis en rotation à la vitesse de quelques tours par seconde. Le décalage mesuré est proportionnel à la vitesse angulaire du plateau et à l'aire de la boucle suivie par la lumière. Cet effet, qui semble révéler une anisotropie de la vitesse de la lumière dans un référentiel en rotation, serait-il la preuve tant attendue de l'existence de l'éther?
Michelson, Gale et Pearson mettent alors sur pied une version modifiée de l'expérience de 1887 dans le but de tester les deux théories (éther luminifère et relativité restreinte) en mesurant l'effet Sagnac dû̀ à la rotation de la Terre. Cette rotation étant bien plus lente que la rotation du plateau utilisé par Sagnac, il fallait construire un interféromètre aux dimensions "gigantesques". La partie III traite de cette expérience "hors normes".

Partie III - L'expérience "M-G-P" : Michelson-Gale-Pearson (1924), ou de la mesure de l'effet Sagnac à l'échelle de la Terre

La Terre est supposée sphérique de rayon R_T et animée d'un mouvement de rotation uniforme d'Ouest en Est autour de l'axe des pôles à la vitesse angulaire Ω⃗_T. Seul l'hémisphère nord a été représenté en figure 3. Un point quelconque sur cet hémisphère est repéré par ses coordonnées géographiques : latitude φ(0 ≤ φ ≤ π/2) comptée à partir de l'équateur vers le Nord et longitude θ ( 0 ≤ θ < 2π ) comptée à partir du méridien de Greenwich vers l'Ouest.
Figure 3 - Coordonnées géographiques d'un point M dans l'hémisphère nord et interféromètre de Michelson-Gale-Pearson à boucle rectangulaire ABCD
Q17. Rappeler la définition du référentiel géocentrique (R_g). Quel est le mouvement de la Terre dans (R_g) ? Relier la norme Ω_T du vecteur Ω⃗_T à la durée T_j du jour terrestre.
Dans cette partie, on fait l'hypothèse d'un éther immobile dans ( R_g ) et on étudie les effets du "vent d'éther" dus à la rotation terrestre.
Q18. Dans quelle direction et dans quel sens "souffle le vent d'éther" pour un observateur terrestre ? On note w⃗(φ) = w(φ)e⃗ la vitesse du vent d'éther à la latitude φ, avec e⃗ le vecteur unitaire adéquat pour que w(φ) soit positive. Exprimer w(φ) en fonction de R_T, Ω_T et φ.
La figure 4 représente schématiquement le dispositif de Michelson-Gale-Pearson utilisé en 1924. Celui-ci s'inspire de l'interféromètre à boucle fermée utilisé par Sagnac en 1913.
Figure 4 - Schéma de l'interféromètre utilisé dans l'expérience de Michelson-Gale-Pearson (source : "A review of Michelson-Morley, Sagnac and Michelson-Gale-Pearson experiments", the general science journal, M. D. Abdullahi)
Il s'agit d'un interféromètre à boucle rectangulaire, de largeur Y = AD = BC = 339 m et de longueur X = AB = DC = 612 m installé sur un vaste champ à Clearing, en Illinois. Les côtés longs, AB et DC , de ce rectangle sont dirigés d'Ouest en Est, en suivant deux parallèles de latitudes respectives φ et φ + Δφ (figure 3). Les petits côtés AD et BC qui complètent le rectangle occupent la direction Sud-Nord locale.
Cette "piste" rectangulaire était conçue à partir de tubes en fonte hermétiquement liés, dans lesquels un dispositif de pompage avait été prévu pour assurer un vide de bonne qualité.
La photo 2 montre à quoi ressemblait l'installation de la plus extraordinaire expérience d'interférométrie jamais réalisée jusqu'alors.
Photo 2 - L'installation de Michelson-Gale-Pearson à l'hiver 1924 dans un vaste champ à Clearing, en Illinois
On peut remarquer dans la partie gauche de la figure 4 un tube supplémentaire EF , formant avec AD une boucle rectangulaire AEFD d'aire beaucoup plus petite que le rectangle principal ABCD . Nous évoquerons plus loin le rôle de ce rectangle secondaire.
Aux sommets A, E et F , sont placées des lames semi-réfléchissantes orientée à 45^∘ par rapport aux côtés et en B, C et D se trouvent trois miroirs plans également inclinés à 45^∘ afin d'assurer des trajets lumineux parallèles aux axes de symétrie des tubes. Pour simplifier l'étude, on considèrera que les lames ont toutes une épaisseur nulle.
Un rayon de lumière issu d'une source S est divisé en deux rayons, l'un transmis et l'autre réfléchi par la lame A . Les deux rayons de lumière sont ainsi injectés en sens inverse le long du rectangle ABCD , en se réfléchissant sur les miroirs aux coins B, C et D , pour revenir sur la lame A et finalement interférer dans le plan focal image de l'objectif d'un télescope T .
Q19. a) On note τ_0 la durée que met la lumière à parcourir la distance cumulée 2 Y entre les deux latitudes φ et φ + Δφ (il est inutile de chercher à déterminer sa valeur).
À l'aide de deux lois de composition galiléenne des vitesses aux latitudes φ et φ + Δφ, exprimer en fonction de τ_0, c, X et des composantes de vitesse du vent d'éther w(φ) et w(φ + Δφ), la durée de parcours τ_1 de la lumière dans son trajet ABCDA .
b) Faire le développement limité de τ_1 à l'ordre 1 en (w(φ))/c et en (w(φ + Δφ))/c, puis à l'ordre 1 en Δφ (on rappelle que w(φ + Δφ) ≈ w(φ) + w^′(φ)Δφ où w^′(φ) désigne la dérivée de w(φ) ). En faisant apparaître Y , établir que la durée τ_1 peut s'écrire sous la forme τ_1 = τ_0 + (2X)/c + (Ω_T X)/(c^2)f(Y, φ) dans laquelle on explicitera f(Y, φ).
c) Exprimer de même la durée de parcours τ_2 de la lumière effectuant le trajet ADCBA en fonction de τ_0, c, X, w(φ) et w(φ + Δφ). Un calcul non demandé analogue à celui de Q19.b conduit à τ_2 = τ_0 + (2X)/c − (Ω_T X)/(c^2)f(Y, φ).
Q20. On suppose la lumière monochromatique de longueur d'onde dans le vide λ_0. On note Ω_n = Ω_T sinφ la composante du vecteur Ω⃗_T sur la direction de la normale au plan ABCD orientée vers le ciel (zénith local) et S = XY l'aire du rectangle ABCD délimité par le trajet lumineux. Établir que le déphasage ΔΦ entre les deux rayons lumineux à leur arrivée en A est ΔΦ = (4π)/(λ_0 c)SΩ_n.
Q21. Quel est l'ordre d'interférence p correspondant?
Q22. Dans l'expérience de Sagnac, un décalage des franges (donc une variation Δp de l'ordre d'interférence) est observé par rapport à la situation où le plateau est immobile. Quelle est la difficulté de la mesure d'une variation Δp dans le cas de la Terre sur le même principe ? Expliquer le rôle du rectangle AEFD , d'aire beaucoup plus petite que S.
Q23. On donne φ = 41^∘48^′ N, λ_0 = 0, 500μ m et Ω_T = 7, 29 ⋅ 10^(− 5)rad ⋅ s^(− 1). Calculer Δp.
L'expérience de 1924 a donné (Δp)_(exp) = 0, 26… L'effet Sagnac dû à la rotation de la Terre existe donc bel et bien, mais seule la relativité peut en donner le calcul correct.

Partie IV - Une application moderne de l'effet Sagnac : le gyromètre à fibre

On considère un interféromètre de Sagnac (figure 5), constitué :
  • d'une lame séparatrice,
  • d'une bobine de fibre optique de longueur totale L et d'indice optique n, enroulée ( N_t tours) sur un contour circulaire de centre O et de rayon r,
  • d'une source laser de longueur d'onde dans le vide λ_0
  • d'un détecteur optique.
Les rôles du modulateur et du démodulateur de phase seront explicités plus loin.
Figure 5 - Interféromètre de Sagnac à fibre optique
Après division du rayon incident, l'onde transmise et l'onde réfléchie parcourent la fibre en sens inverse (on parle d'ondes contra-propagatives), puis elles interfèrent par recombinaison après réflexion ou transmission retour sur la séparatrice. Un détecteur optique enregistre l'intensité résultante.
Lorsque l'ensemble du dispositif tourne autour de l'axe ( O, e⃗_z ) perpendiculaire au plan de l'enroulement de la fibre avec une vitesse angulaire Ω⃗ = Ωe⃗_z (avec Ω > 0 ou < 0 ), un déphasage Sagnac apparaît entre les deux ondes à la sortie de l'interféromètre. Son expression est ΔΦ_s = (4πL)/c(rΩ)/(λ_0).
La mesure de ce déphasage permet d'accéder à Ω. On obtient ainsi un gyromètre optique, (ou gyrofibre) capable de fournir la mesure de vitesses de rotation. Pour avoir les trois composantes du vecteur rotation, il faut embarquer trois interféromètres de Sagnac à bobines mutuellement perpendiculaires. Allié à trois accéléromètres, l'ensemble constitue une UMI (unité de mesure inertielle), couramment utilisée aujourd'hui dans les avions et les navires. L'intégration des trois composantes d'accélération et de vitesse angulaire donne la position et l'orientation absolue du véhicule dans l'espace. Ce système embarqué autonome présente une complémentarité intéressante avec le positionnement GPS.

IV. 1 - Principe de fonctionnement et modulation de phase

Q24. Donner ΔΦ_s en fonction de Ω et de l'aire totale S_(tot) de la boucle qui compte N_t tours de fibre.
Q25. On note I_0 l'intensité du rayon lumineux incident sur la séparatrice. En supposant une séparatrice idéale avec des coefficients de réflexion et de transmission en intensité égaux à 50%, donner sans démonstration l'expression I(ΔΦ_s) de l'intensité enregistrée par le détecteur en sortie d'interféromètre en fonction de I_0 et ΔΦ_s.
Q26. a) Partant d'un interféromètre au repos ( ΔΦ_s = 0 ), la mesure de la variation de I produite par une rotation permet-elle de discriminer le sens de la rotation ? Argumenter.
b) On définit la sensibilité en intensité par κ = 1/(I_0)|(dI)/(dΩ)|. Exprimer κ en fonction de λ_0, c, S_(tot) et Ω. À Ω donné, sur quels paramètres peut-on jouer pour augmenter κ sachant que le rapport (S_(tot)Ω)/(λ_0 c) reste très inférieur à 1 pour les valeurs S_(tot) et Ω usuellement rencontrées dans un gyromètre optique ?
c) À S_(tot) donnée, quelle difficulté apparaît pour la mesure des très faibles vitesses de rotation?
La difficulté à déterminer le sens de rotation et à mesurer de très faibles vitesses angulaires peut être résolue en utilisant une modulation de phase sinusoïdale de fréquence f_m et d'amplitude Φ_0 au moyen d'un modulateur électro-optique (représenté en figure 5).
Le modulateur joue le rôle d'une ligne à retard. À la traversée du modulateur, les deux ondes subissent le même signal de modulation mais décalé dans le temps, l'une subissant la modulation avant son entrée dans la bobine de fibre, l'autre après en être ressortie. Le retard est égal au temps de transit τ_r = (nL)/c dans la bobine de fibre (on rappelle que n est l'indice optique). Le déphasage total entre les deux ondes en sortie d'interféromètre est alors donné par :
ΔΦ_t = ΔΦ_s + Φ_b(t) − Φ_b(t − τ_r)
où Φ_b(t) = Φ_0 cos(2πf_m t) est le signal de modulation (ou "biais") appliqué par le modulateur.
Q27. a) Montrer que ΔΦ_t = ΔΦ_s − 2Φ_0 sin(πf_m τ_r)sin(2πf_m(t − (τ_r)/2)).
b) On note f_p = c/(2nL) la fréquence propre de la fibre. Montrer que pour des valeurs de f_m bien choisies par rapport à f_p, ΔΦ_t prend la forme suivante: ΔΦ_t = ΔΦ_s + Φ_(eff)cos(2πf_m t) où on exprimera la constante Φ_(eff) en fonction de Φ_0.
Q28. Donner l'expression de l'intensité I(t) enregistrée par le détecteur en fonction de I_0, ΔΦ_s, Φ_(eff), f_m et t, puis montrer qu'elle peut se mettre sous la forme suivante :
I(t) = (I_0)/2[1 + cos(ΔΦ_s)cos(Φ_(eff)cos(2πf_m t)) − sin(ΔΦ_s)sin(Φ_(eff)cos(2πf_m t))].

IV. 2 - Analyse harmonique

Q29. À l'aide des données de l'annexe (page 19), montrer que le développement en série de Fourier du signal I(t) limité à ses trois premiers termes s'écrit I(t) = i_0 + i_1 cos(2πf_m t) + i_2 cos(4πf_m t) avec i_0, i_1 et i_2 trois coefficients à exprimer en fonction de I_0, ΔΦ_s et des valeurs J_0(Φ_(eff)), J_1(Φ_(eff)) et J_2(Φ_(eff)) des fonctions de Bessel.
Une méthode de détection de la rotation de la fibre basée sur la détermination du coefficient i_1 est détaillée dans les questions Q31 à Q33.
Q30. a) Que vaut i_1 en l'absence de rotation?
b) Expliquer pourquoi la détermination de i_1 permet de résoudre les problèmes sur le sens de la rotation et sur la sensibilité aux faibles vitesses évoqués en Q26.
Pour extraire la valeur de i_1, on met en œuvre une méthode de détection synchrone : on utilise pour cela un démodulateur (figure 6) constitué d'un étage multiplieur (de constante caractéristique K_p ) et d'un circuit ( R, C ). La tension réponse du détecteur d(t) = KI(t) (où K est une constante caractéristique du détecteur) est multipliée par une tension sinusoïdale s(t) = s_0 cos(2πf_m t) synchrone de l'harmonique qu'on cherche à extraire (i.e. de même fréquence et de même phase que lui). Ainsi, la tension en sortie de multiplieur est p(t) = K_p d(t)s(t).
Figure 6 - Schéma du démodulateur
Q31. Exprimer la tension p(t) sous la forme d'une somme p_0 + p_1 cos(2πf_m t) + p_2 cos(4πf_m t) + p_3 cos(6πf_m t) dans laquelle on précisera les valeurs des coefficients p_0, p_1, p_2 et p_3 en fonction de K_p, K, s_0 et des coefficients i_0, i_1 et i_2 introduits en Q29.
Q32. Expliquer le rôle de la cellule ( R, C ) par rapport à l'objectif visé. Exprimer une condition littérale avec f_m et la constante de temps τ = RC de la cellule pour que la tension u aux bornes de C soit constante. Donner une valeur numérique convenable de τ.
Q33. La condition demandée en Q32 étant satisfaite, on donne la valeur de u obtenue aux bornes de C : u = − 1/2K_p KI_0 s_0 J_1(Φ_(eff))sin(ΔΦ_s).
Application numérique :
f_m = 30kHz, Φ_(eff) = 1, 8rad, s_0 = 10, 0 V, K_p KI_0 = 1, 0, r = 10, 0 cm, N_t = 10^4, λ_0 = 410 nm et u = − 1, 5 V. Calculer ΔΦ_s (en radians) puis Ω.

IV. 3 - Simulation informatique

Cette sous-partie est indépendante des questions précédentes. Ni le traitement des questions Q24 à Q33, ni la connaissance du signal p(t) ne sont nécessaires pour répondre aux questions ci-dessous.
On veut faire une simulation du filtrage du signal p(t) par la cellule ( R, C ) à l'aide d'un code informatique. L'intervalle de temps choisi pour la simulation est [t_i; t_f]. On définit dans cet intervalle N dates t_n équidistantes, avec n entier naturel ( n = 0, 1, 2, …, (N − 1) ).
On note h = t_(n + 1) − t_n = (t_f − t_i)/(N − 1) le pas de temps.
On note u_n la valeur de u à la date t_n : u_n = u(t_n).
On fait de même avec p : p_n = p(t_n).
Q34. a) Établir l'équation différentielle liant u(t), p(t) et τ = RC.
b) Mettre cette dernière sous la forme (du)/(dt) = f(p(t), u(t)) où on explicitera la fonction f (paramétrée par τ ).
c) En déduire l'écriture de la différence u_(n + 1) − u_n en fonction de l'intégrale Ψ_n = ∫_(t_n)^(t_(n + 1))f(p(t), u(t))dt.

Q35. Méthode n^∘1

Écrire l'évaluation approchée de Ψ_n par la méthode des rectangles.
En déduire la relation de récurrence donnant u_(n + 1) à partir de u_n, τ, h et f(p_n, u_n). Quel nom donne-t-on à cette méthode ?

Q36. Méthode n^∘2 : méthode améliorée de Runge-Kutta

On reprend l'intégrale Ψ_n de la question Q34.c. Écrire l'évaluation approchée de Ψ_n par la méthode des trapèzes.
Grâce à une évaluation approchée de u_(n + 1) à préciser, montrer que la relation de récurrence qui permet de calculer u_(n + 1) à partir de u_n, p_n et p_(n + 1), prend la forme suivante :
u_(n + 1) = u_n + h/2(r + k) avec {r = f(p_n, u_n); k = f(p_(n + 1), u_n + rh).

Écriture du programme (Informatique Pour Tous)

On prendra N = 5000, la date de début t_i = 0 s, la date de fin t_f = 0, 001 s et u(0) = 0 comme condition initiale. Le candidat utilisera le langage de programmation Python pour compléter le programme (tableau 1) en Q37.
Dans ce tableau, lignes 13 à 17, le symbole @ désigne des valeurs numériques qu'on ne demande pas de renseigner. A partir du bloc ligne 34, $$ indique le code absent à compléter (un morceau de ligne ou une ligne ou plusieurs lignes d'instructions).
Programme incomplet (Python) N^∘ de ligne
import matplotlib.pyplot as plt 1
import numpy as np 2
3
#Définition des constantes 4
fm=3E4 # fréquence de modulation 5
I0 = 1. #intensité de référence 6
K = 1. 7
s0 = 10. 8
Kp = 1. 9
pi=np.pi #valeur pi de numpy nommée pi 10
11
#Valeurs numériques entrées 12
phi_s =@ # valeur de ΔΦ_s trouvée en Q33 13
phi_eff=@ # valeur de Φ_(eff) 14
# différents essais (cf. question Q38) 15
tau = @ # valeur de la constante de temps τ (cf. question Q32) 16
# différents essais pour illustrer le rôle de la cellule (R,C) 17
18
# Définition des signaux I(t), d(t), s(t) et p(t) 19
defI(t) : 20
return (I0/2)(1+np.cos(phi_s+phi_effnp.cos(2pifm*t))) 21
22
defd(t) : 23
return K*I(t) 24
25
defs(t) : 26
return s0np.cos(2pifmt) 27
28
defp(t) : 29
return Kp^∗ d(t)^∗ s(t) 30
31
#définition de la fonction f 32
deff(x, y) : 33
$$ 34
35
#dates initiale et finale de la simulation 36
ti, tf = 0, 0.001 37
38
#nbre de dates de simulation 39
N = 5000 40
41
h = (tf − ti)/(N − 1) #pas de temps 42
43
#définition de la liste T des dates t_n : 44
T=[ ] 45
for n in range ( $$ 46
$$ 47
48
#définition de la liste P des valeurs p(t_n) 49
$$ 50
51
52
#Calcul de U par la méthode n^∘1 : 53
defE(P) : 54
U = [0] #initialisation avec u(0) = 0 55
for n in range($$$ 56
U.append($$ 57
$$ 58
59
U1 = E(P) # Liste U1 obtenue par appel de E(P) 60
61
# Affichage de la liste des résultats de la méthode n^∘1 62
print(U1) 63
64
#Calcul de U par la méthode de Runge-Kutta 65
def RK(P): 66
U = [0] 67
$$ 68
69
U2=RK(P) #Liste U2 obtenue par appel de RK(P) 70
71
# Représentations graphiques pour la méthode de Runge-Kutta 72
plt.figure() 73
plt.plot(T,P,'b') 74
plt.plot(T,U2,'r') 75
plt.title('p(t) et u(t)^′ ) 76
77
Tableau 1 - Programme incomplet
Q37. Répondre sur la copie aux consignes ci-dessous :
  • bloc ligne 32 : compléter le programme pour la définition de la fonction f .
  • bloc ligne 44 : compléter cette section par les lignes nécessaires à la création de la liste T des N dates t_n équidistantes dans l'intervalle [t_0; t_f].
  • bloc ligne 49 : faire de même pour la création de la liste P des valeurs p(t_n).
  • bloc ligne 53 : recopier et compléter cette partie de programme pour obtenir la liste U des valeurs u(t_n) calculées par la méthode n^∘1 de la question Q35.
  • bloc ligne 65 : écrire une fonction RK(P) qui remplit la liste U des valeurs u(t_n) calculées par la méthode de Runge-Kutta de la question Q36.
Q38. Pour la valeur ΔΦ_s de la question Q33, les figures 7a, b, c, d et e fournies en page 18 sont les représentations graphiques de p(t_n) et u(t_n) obtenues par la fonction RK. L'unité utilisée en ordonnée est le volt. Chaque figure correspond à un couple ( τ, Φ_(eff) ) dont les valeurs sont regroupées dans le tableau 2.
N^∘ du couple 1 2 3 4 5
Nom de la
figure
(τ, Φ_(eff)) (500μ s, 1, 8rad) (50μ s, 1, 8rad) (5μ s, 1, 8rad) (50μ s, 3, 8rad) (50μ s, 5, 4rad)
Tableau 2
a) Recopier le tableau 2 et compléter la ligne vide à l'aide du document dans l'annexe et des valeurs numériques données en Q33. Vous fournirez les explications qui ont motivé vos réponses.
b) Quelle valeur de Φ_(eff) n'est-elle pas conseillée ? Pourquoi?
c) Quel avantage et quel inconvénient ces graphes laissent-ils entrevoir dans le choix d'une grande valeur de τ ?
d) Calculer la valeur de ΔΦ_s si on exploite le graphe ( 50μ s, 5, 4rad ) en pensant qu'il s'agit d'un graphe ( 50μ s, 1, 8rad ).
Figures 7a et 7b p(t_n) et u(t_n)

Figures 7c, 7 d et 7ep(t_n) et u(t_n)

ANNEXE

Les fonctions suivantes :
f_z : ξ → f_z(ξ) = cos(zcosξ); g_z : ξ → g_z(ξ) = sin(zcosξ)
paramétrées par le réel z ont pour développements en série de Fourier :
{f_z(ξ) = J_0(z) + 2∑_(n = 1)^∞(− 1)^n J_(2n)(z)cos(2nξ); g_z(ξ) = 2∑_(n = 0)^∞(− 1)^n J_(2n + 1)(z)cos((2n + 1)ξ)
où J_n est la fonction de Bessel de première espèce d'ordre n.
Le document ci-dessous donne les graphes des fonctions J_n pour n = 1, 2 et 3 .
Document - Graphes des fonctions de Bessel J_1, J_2 et J_3

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet CCINP physique MP 2020 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet CCINP physique MP 2020 ?

Sur l'interférométrie, la composition galiléenne des vitesses, l'électromagnétisme (Gauss, Ampère), le filtrage harmonique et une simulation informatique. Le fil conducteur est l'histoire de l'éther jusqu'à la relativité restreinte.

Quelles erreurs le jury du CCINP physique MP 2020 a-t-il relevées ?

Des schémas de composition des vitesses bâclés, des confusions entre référentiel et repère, des lois de Kepler approximatives, une formule de Fresnel mal connue et un filtre RC passe-bas non identifié.

Le sujet de physique MP CCINP 2020 est-il faisable en première année ?

En partie : selon le rapport, le sujet se référait aux programmes de physique et d'informatique de MPSI et de MP, sans préciser la répartition par partie.

Y avait-il une erreur dans l'énoncé CCINP physique MP 2020 ?

Oui : le rapport signale une erreur dans le formulaire pour le développement limité utile en Q2. Le jury en a tenu compte dans la notation pour les candidats gênés.

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