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Corrigé détaillé Centrale Physique 2 PC 2023

Une révolution tranquille du système international d'unités

Ce sujet aborde la refonte historique du Système International d'unités (SI) actée en 2018, qui a substitué aux artéfacts matériels des définitions ancrées sur des constantes fondamentales de la physique. L'épreuve étudie deux expériences de pointe ayant rendu possible cette transition : la balance de Kibble (ou balance du watt) pour la redéfinition du kilogramme via la constante de Planck , et la thermométrie acoustique en résonateur sphérique pour la redéfinition du kelvin via la constante de Boltzmann .

D'un niveau d'exigence très formateur et progressif, le sujet brasse une vaste part du programme de PC : électromagnétisme et induction, bilan de puissance électromécanique, interférométrie optique, puis acoustique des fluides en géométrie sphérique et thermodynamique statistique. C'est une référence incontournable pour réviser l'acoustique tridimensionnelle et s'entraîner aux questions de modélisation métrologique fine.

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Partie I : Redéfinition du kilogramme

I.A · Prototype international du kilogramme

Question 1

Quelle différence de masse cela fait-il en valeur relative ? Quelles peuvent être les causes de ces différences ?

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Calculer le rapport \Delta m / m avec la masse nominale de 1\text{ kg} ; évoquer des phénomènes de surface comme l'adsorption, le dégazage ou des pertes par frottement lors des nettoyages.

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La masse de référence est celle du prototype international du kilogramme, soit m = 1\text{ kg}. L'écart absolu mesuré est :

\Delta m = 35\ \mu\text{g} = 35 \times 10^{-9}\text{ kg}

L'écart relatif en masse vaut donc :

\frac{\Delta m}{m} = \frac{35 \times 10^{-9}\text{ kg}}{1\text{ kg}} = 3,5 \times 10^{-8}
\boxed{\frac{\Delta m}{m} = 3,5 \times 10^{-8} \quad (\text{soit } 3,5 \times 10^{-6}\ \%)}

Plusieurs phénomènes physico-chimiques peuvent expliquer cette dérive au cours du temps entre le prototype et ses copies :

  1. Adsorption et contamination de surface : malgré les cloches de protection, des gaz atmosphériques, de la vapeur d'eau ou des polluants organiques (hydrocarbures) peuvent s'adsorber à la surface de l'alliage (platine-iridium), augmentant sa masse.
  2. Usure mécanique et nettoyage : les manipulations lors des comparaisons périodiques ainsi que les protocoles de nettoyage destinés à décontaminer la surface peuvent retirer de la matière par abrasion microscopique, réduisant ainsi la masse.
  3. Dégazage : des gaz occlus dans la matrice métallique lors de sa fabrication peuvent lentement désorber vers l'extérieur.

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Question 2

Quels peuvent être les inconvénients d'un artéfact ?

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Insister sur le fait qu'un artéfact est unique, destructible, susceptible de dériver au cours du temps et non reproductible à la demande dans n'importe quel laboratoire.

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Pour répondre de manière exhaustive et structurée, on confronte les propriétés intrinsèques d'un objet matériel macroscopique (un artéfact) aux exigences fondamentales de la métrologie moderne :

  1. La pérennité et l'invariance temporelle ;
  2. L'accessibilité et l'universalité spatiale ;
  3. La reproductibilité et la limitation de l'incertitude de mesure.
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L'utilisation d'un artéfact matériel comme étalon primaire présente plusieurs inconvénients majeurs :

  • Instabilité temporelle et manque de pérennité : La masse d'un objet matériel n'est pas constante dans le temps en raison de processus physico-chimiques inévitables (adsorption, dégazage, oxydation) et de l'usure mécanique liée aux manipulations. De plus, il existe un risque irréversible d'altération accidentelle, de dégradation ou de perte de l'artéfact.
  • Inaccessibilité et défaut d'universalité : L'artéfact étant unique et localisé en un lieu précis (au Bureau International des Poids et Mesures à Sèvres), il ne peut être utilisé directement par les différents laboratoires mondiaux. L'étalonnage nécessite la dissémination via des copies secondaires, ce qui impose des transports délicats, coûteux et générateurs d'incertitudes supplémentaires. Cela s'oppose au principe d'universalité du Système International (« À tous les temps, à tous les peuples »).
  • Aporie métrologique : Par définition, la masse du prototype international était exactement de 1\text{ kg}, sans incertitude possible. Toute variation physique réelle de la masse du cylindre se répercutait donc sur la valeur de l'unité elle-même plutôt que d'être mesurée comme une dérive de l'objet, ce qui limitait fondamentalement la précision des mesures au niveau mondial.
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I.B.1 · Principe de la balance de Kibble - Phase statique

Question 3

Indiquer sur un schéma simplifié l'orientation du courant permettant l'équilibrage de la balance une fois la masse posée comme sur la figure 1. Déterminer la force qui agit sur la bobine.

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Utiliser la règle de la main droite ou du tire-bouchon sur l'élément de force de Laplace \mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B} pour créer une force ascendante ou descendante équilibrant le fléau.

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  1. Identifier la condition d'équilibre mécanique du fléau de la balance pour en déduire la direction et le sens de la force électromagnétique \vec{F} devant s'exercer sur la bobine.
  2. Exprimer la force de Laplace élémentaire \mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B} en coordonnées cylindriques et déterminer le sens du courant I garantissant le sens requis pour \vec{F}.
  3. Intégrer sur l'ensemble des N spires pour obtenir la force totale \vec{F}.
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1. Condition d'équilibrage et sens de la force :

La balance est articulée en son centre C et symétrique par rapport au plan (xCz). En présence de la masse m sur le plateau de droite, le poids \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{u}_z (l'axe (Oz) étant orienté vers le bas) exerce un moment par rapport à l'axe de rotation qui tend à faire basculer le fléau dans le sens horaire autour de Oy.

Pour maintenir le fléau à l'horizontale, la bobine située sur le plateau de gauche doit être soumise à une force de Laplace \vec{F} dirigée verticalement vers le bas, de même valeur que le poids :

\vec{F} = F_z\,\vec{u}_z \quad \text{avec} \quad F_z > 0.

2. Orientation du courant et calcul de la force de Laplace :

Soit (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z) la base cylindrique directe associée à l'axe vertical (Oz) orienté vers le bas. Dans cette base, la règle du tire-bouchon indique que \vec{u}_r \wedge \vec{u}_\theta = \vec{u}_z.

Le champ magnétique est radial et sortant : \vec{B} = B\,\vec{u}_r avec B > 0. Un élément infinitésimal de fil s'écrit \mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}\ell\,\vec{u}_{\text{fil}}. La force élémentaire de Laplace subie par la spire s'écrit :

\mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B}.

En choisissant \mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}\ell\,\vec{u}_\theta, on obtient :

\vec{u}_\theta \wedge \vec{B} = B\,(\vec{u}_\theta \wedge \vec{u}_r) = - B\,\vec{u}_z.

Pour que la force soit orientée selon +\vec{u}_z (vers le bas), il faut que le courant circule dans le sens -\vec{u}_\theta. Vu de dessus (c'est-à-dire en regardant dans le sens de +Oz), le sens trigonométrique correspond à -\vec{u}_\theta. Le courant doit donc circuler dans le sens anti-horaire (trigonométrique) vu de dessus.

La force élémentaire est alors verticale descendante et uniforme le long du fil :

\mathrm{d}\vec{F} = |I|\,\mathrm{d}\ell\,B\,\vec{u}_z.

En intégrant sur l'ensemble des spires de longueur totale l :

\vec{F} = \int_{\text{bobine}} \mathrm{d}\vec{F} = |I|\,B \left(\int \mathrm{d}\ell\right)\vec{u}_z = |I|\,B\,l\,\vec{u}_z.

En convenant que l'intensité algébrique I est comptée positivement dans le sens -\vec{u}_\theta, la force qui agit sur la bobine s'écrit :

\boxed{\vec{F} = I\,B\,l\,\vec{u}_z}

Résultat

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Question 4

On règle l'intensité du courant dans la bobine à une valeur pour équilibrer la balance en présence de la masse posée. Établir l'expression de en fonction de , , , et .

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Écrire la condition d'équilibre des moments scalaires par rapport au couteau d'appui central C.

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  1. Isoler le fléau de la balance et faire le bilan des moments des forces par rapport à l'axe de rotation passant par l'arête centrale du couteau C.
  2. Exprimer la condition d'équilibre statique en tenant compte de la symétrie des bras de levier pour en déduire m.
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On étudie l'équilibre du fléau de la balance, de bras de levier identique L de part et d'autre du couteau d'appui C (symétrie par rapport au plan (xCz)), dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

La balance étant initialement équilibrée en l'absence de masse m et de courant, les moments du poids propre du fléau et des suspensions se compensent exactement en C.

Lorsque la masse m est déposée sur le plateau de droite et que le courant I circule dans la bobine à gauche, le système est soumis aux actions verticales supplémentaires suivantes :

  • le poids de la masse m sur le plateau de droite : \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{u}_z ;
  • la force de Laplace exercée sur la bobine sur le plateau de gauche : \vec{F} = IBl\,\vec{u}_z.

Le théorème du moment cinétique appliqué au fléau à l'équilibre par rapport à l'axe de rotation horizontal passant par C donne :

\mathcal{M}_C(\vec{F}) + \mathcal{M}_C(\vec{P}) = 0 \iff L \cdot F_z - L \cdot mg = 0

soit :

F_z = mg

D'après l'expression de la force de Laplace établie à la question Q3, F_z = IBl, d'où :

mg = IBl

On en déduit l'expression de la masse m :

\boxed{m = \frac{I B l}{g}}

Résultat

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Question 5

La bobine comporte 600 spires réparties sur un cylindre de diamètre moyen égal à 260 mm. On prendra et . Calculer .

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Calculer la longueur totale développée du fil par l = N \pi D, puis en déduire la masse m équilibrée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la longueur totale l du fil de la bobine en fonction du nombre de spires N et du diamètre moyen D.
  2. Réinvestir la condition d'équilibre statique issue de la question Q4 pour déterminer la masse m.
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La bobine est constituée de N spires circulaires coaxiales de même diamètre moyen D. La longueur totale du fil s'écrit donc :

l = N \pi D

D'après la relation d'équilibre obtenue à la question Q4, en prenant la valeur absolue de l'intensité permettant de compenser le poids, la masse m s'exprime par :

m = \frac{|I| B l}{g} = \frac{|I| B N \pi D}{g}

Avec les données numériques suivantes :

  • N = 600
  • D = 260\text{ mm} = 0{,}260\text{ m}
  • B = 1{,}0\text{ T}
  • |I| = 10\text{ mA} = 1{,}0 \times 10^{-2}\text{ A}
  • g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}

La longueur totale vaut :

l = 600 \times \pi \times 0{,}260 \approx 4{,}90 \times 10^{2}\text{ m}

On en déduit :

m = \frac{1{,}0 \times 10^{-2} \times 1{,}0 \times 600 \times \pi \times 0{,}260}{9{,}81} \approx 0{,}4996\text{ kg}

Compte tenu de la précision des données (deux chiffres significatifs pour B et |I|) :

\boxed{m = 0{,}50\text{ kg}}

Résultat

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Question 6

Établir la relation qui remplace celle de la question 4. Quels sont les intérêts de cette nouvelle opération ?

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Écrire les deux relations d'équilibre successives ; expliquer comment cette double pesée différentielle élimine les dissymétries de bras de fléau et les forces parasites constantes.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre des moments du fléau lors des deux étapes successives de la pesée (avec m' puis avec m' et m).
  2. Soustraire les deux relations obtenues pour exprimer la masse m en fonction de la différence d'intensité (I_1 - I_2), de B, l et g.
  3. Analyser les intérêts métrologiques d'une telle mesure différentielle (inversion du courant, compensation des dérives et des effets thermiques).
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Soit L la longueur commune des deux bras du fléau (symétrie par rapport au plan (xCz)) et M_{\text{b}} la masse totale de l'équipage mobile du côté bobine. L'équilibrage initial à vide (I=0, m=0) en présence de la tare de masse M assure :

M_{\text{b}} = M

1. Première étape : on ajoute la masse m' sur le plateau de tare (côté opposé à la bobine) et on injecte le courant I_1. Le théorème du moment cinétique scalaire à l'équilibre s'écrit :

(M + m')g L = (M_{\text{b}} g + F_1) L = (M g + I_1 B l) L

soit :

m' g = I_1 B l \tag{1}

2. Seconde étape : on conserve la masse m' sur la tare et on ajoute la masse m sur le plateau lié à la bobine, l'équilibre étant obtenu pour un courant I_2. La condition d'équilibre devient :

(M + m')g L = (M_{\text{b}} g + m g + F_2) L = (M g + m g + I_2 B l) L

soit :

m' g = m g + I_2 B l \tag{2}

En soustrayant l'équation (2) de l'équation (1), la masse auxiliaire m' s'élimine :

0 = -m g + (I_1 - I_2) B l

d'où la nouvelle relation remplaçant celle de la question Q4 :

\boxed{m = \frac{(I_1 - I_2) B l}{g}}

Intérêts de cette méthode :

  • Mesure différentielle : elle élimine la masse de la tare M, la masse de la bobine M_{\text{b}}, la valeur de m', ainsi que les forces parasites constantes s'exerçant sur les plateaux (poussée d'Archimède de l'air résiduel, couples de rappel élastique des suspensions).
  • Stabilisation thermique : comme le montre la question suivante, le choix m' = m/2 conduit à I_2 = -I_1. Les puissances dissipées par effet Joule (P_J = R I^2) sont alors strictement identiques dans les deux phases, ce qui évite toute variation de température, prévenant ainsi les dilatations thermiques de la bobine et les courants de convection.
  • Gain de précision : la mesure porte sur une excursion de courant double \Delta I = I_1 - I_2 \approx 2 I_1, ce qui améliore la résolution et l'incertitude relative sur l'intensité mesurée.

Résultat

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Question 7

Si on prend , quelle relation a-t-on entre les intensités ?

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Combiner par somme et différence les équations d'équilibre obtenues précédemment en remplaçant m' par m/2.

Voir la stratégie
  1. Reprendre les équations d'équilibre des deux configurations de mesure établies à la question Q6.
  2. Injecter la condition m' = m/2 pour relier directement I_1 et I_2.
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D'après les conditions d'équilibre établies à la question Q6 :

  • Lors de la première étape, avec la masse auxiliaire m' sur le plateau opposé à la bobine :

    m' g = I_1 B l
  • Lors de la seconde étape, avec m' sur le plateau opposé et m sur le plateau de la bobine :

    (m' - m) g = I_2 B l

En substituant m' = \dfrac{m}{2} dans ces deux relations, on obtient :

\begin{aligned} I_1 &= \frac{m g}{2 B l} \\ I_2 &= \frac{(m/2 - m) g}{B l} = -\frac{m g}{2 B l} \end{aligned}

On en déduit immédiatement la relation entre les intensités :

\boxed{I_2 = -I_1}

Résultat

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I.B.2 · Principe de la balance de Kibble - Phase dynamique

Question 8

Montrer que, dans ces conditions, on peut écrire . Pourquoi parle-t-on également de « balance du watt » à la place de balance de Kibble ?

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Rapprocher la force de Laplace statique de la force électromotrice dynamique induite pour éliminer le facteur géométrique B l et identifier une égalité de puissances.

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  1. Exprimer le produit E I à l'aide de l'expression de la f.é.m. induite E = -B l v fournie par l'énoncé.
  2. Réinjecter la condition d'équilibre statique obtenue à la question Q4 (m g = I B l) pour relier la grandeur électrique à la grandeur mécanique.
  3. Interpréter la dimension de chacun des deux termes intervenant dans l'équation pour justifier l'appellation.
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D'après l'énoncé, la force électromotrice induite lors du déplacement de la bobine à la vitesse v s'écrit :

E = -B l v

En multipliant cette relation par l'intensité I utilisée lors de la phase statique, on obtient :

E I = - (I B l) v

Or, d'après la condition d'équilibre statique établie à la question Q4, on a :

m g = I B l

En substituant I B l par m g, il vient directement :

E I = - m g v

soit :

\boxed{E I + m g v = 0}

Origine du nom « balance du watt » :

  • Le terme |E I| représente une puissance électrique (produit d'une tension et d'une intensité).
  • Le terme m g v représente une puissance mécanique (puissance développée par le poids à la vitesse v).

Cette expérience réalise ainsi une équivalence entre une puissance mécanique et une puissance électrique, toutes deux homogènes à des watts (\mathrm{W}), ce qui justifie la dénomination historique de « balance du watt ».

Résultat

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Question 9

Détailler un protocole expérimental simple, basé sur la mesure de la fréquence de défilement de franges devant un capteur CCD, qui permet de mesurer par interférométrie. Dans le cas d'un laser Nd-YAG dont la longueur d'onde vaut , calculer la vitesse qui correspond à une fréquence de défilement de pour le dispositif choisi.

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Proposer un montage interférométrique de Michelson dont le miroir mobile est solidaire de la suspension ; relier la vitesse de déplacement au défilement temporel des franges.

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  1. Proposer un interféromètre optique à deux ondes adapté (type Michelson) dont l'un des miroirs est solidaire de l'équipage mobile de la bobine.
  2. Relier la variation de la différence de marche \delta(t) à la vitesse de déplacement v, puis exprimer la fréquence temporelle de défilement des franges f_d.
  3. En déduire l'expression de la vitesse v et réaliser l'application numérique.
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Protocole expérimental :

  • Dispositif optique : On utilise un interféromètre de Michelson éclairé par un laser Nd-YAG de longueur d'onde \lambda = 1064\text{ nm}. Le faisceau incident est séparé en deux par une lame semi-réfléchissante (séparatrice) :

    • un bras de référence comportant un miroir fixe M_1 ;
    • un bras de mesure comportant un réflecteur (miroir ou trièdre rétro-réfléchisseur) M_2, fixé rigidement au fléau ou à la suspension de la bobine qui se déplace à la vitesse v selon l'axe vertical (Oz).
  • Observation : Un léger défaut de parallélisme entre les deux miroirs (configuration en coin d'air) permet d'observer un système de franges rectilignes et parallèles en sortie de l'interféromètre, sur une barrette ou matrice CCD.
  • Mesure : Lors de la translation du miroir M_2 à la vitesse v, la longueur du bras de mesure varie de \Delta z(t) = v t. En incidence quasi-normale, la différence de marche optique varie au cours du temps selon :

    \delta(t) = 2 v t + \delta_0

    (le facteur 2 provient de l'aller-retour de l'onde dans le bras mobile).

Le défilement d'une frange devant un pixel donné du capteur CCD correspond à une variation de différence de marche \Delta \delta = \lambda, soit une durée :

T_d = \frac{\lambda}{2 v}

La fréquence de défilement temporel des franges mesurée par le capteur CCD vaut donc :

f_d = \frac{1}{T_d} = \frac{2 v}{\lambda}

On en déduit l'expression de la vitesse de la suspension :

\boxed{v = \frac{f_d \lambda}{2}}

Application numérique : Avec \lambda = 1064\text{ nm} = 1{,}064 \times 10^{-6}\text{ m} et f_d = 3{,}76\text{ kHz} = 3{,}76 \times 10^3\text{ s}^{-1} :

v = \frac{3{,}76 \times 10^3 \times 1{,}064 \times 10^{-6}}{2} = 2{,}00 \times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v = 2{,}00\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 10

Calculer la force électromotrice attendue.

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Injecter les valeurs numériques dans la relation de puissance liant E, I, m, g et v.

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D'après l'expression de la force électromotrice induite admise dans le préambule de la sous-partie I.B.2 :

E = - B \, l \, v

La longueur totale du fil de la bobine a été introduite à la question Q5 pour une bobine de N = 600 spires et de diamètre moyen D = 260\text{ mm} = 0{,}260\text{ m} :

l = N \pi D = 600 \times \pi \times 0{,}260 \approx 490\text{ m}

Avec la vitesse obtenue à la question Q9, v = 2{,}00\times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, et B = 1{,}0\text{ T} :

\begin{aligned} E &= - 1{,}0 \times (600 \times \pi \times 0{,}260) \times 2{,}00 \times 10^{-3} \\ &= - 0{,}312\,\pi \approx -0{,}98\text{ V} \end{aligned}
\boxed{E \approx -0{,}98\text{ V} \quad (\text{soit } |E| \approx 0{,}98\text{ V})}

Résultat

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I.B.3 · Principe de la balance de Kibble - Effet d'une dilatation

Question 11

Qu'est-ce qui pourrait provoquer l'augmentation du rayon de la spire ?

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Penser à l'élévation de température du fil conducteur par effet Joule ou aux fluctuations thermiques du laboratoire.

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Une augmentation du rayon R de la spire correspond à une dilatation qui peut avoir deux origines physiques principales :

  • Une dilatation thermique (cause prépondérante) : le passage du courant électrique I dissipe de la puissance par effet Joule au sein du fil conducteur, ce qui entraîne une élévation de sa température. Des variations de la température ambiante du laboratoire peuvent également survenir. Par dilatation thermique du métal conducteur (\mathrm{d}R = \alpha R \Delta T, où \alpha est le coefficient de dilatation thermique linéique), le périmètre et donc le rayon de la spire augmentent.
  • Des contraintes mécaniques d'origine électromagnétique : la présence d'une composante axiale B_z du champ magnétique engendre, sous l'action du courant orthoradial, une force de Laplace radiale dirigée selon \pm\vec{u}_r (\vec{\mathrm{d}F}_{\text{rad}} = I \mathrm{d}\vec{\ell} \wedge B_z \vec{u}_z). Si elle est orientée vers l'extérieur, cette force tend à étirer mécaniquement la spire.
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Question 12

Dans la phase statique, calculer l'expression de en fonction notamment de .

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Exprimer la résultante de Laplace projetée sur l'axe vertical F_z = 2\pi R I B_r(R, z), puis effectuer la dérivée partielle par rapport à R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de Laplace élémentaire \mathrm{d}\vec{F} exercée sur un élément de longueur \mathrm{d}\vec{\ell} de la spire de rayon R à la cote z.
  2. Intégrer sur toute la spire pour déterminer la résultante axiale F_z(R, z).
  3. Dériver partiellement cette expression par rapport à R.
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Considérons une spire circulaire horizontale de rayon R, d'axe (Oz), située dans le plan de cote z. Un élément de longueur infinitésimal de la spire, orienté dans le sens du courant I conformément à la question Q3 (sens horaire vu de dessus, soit selon -\vec{u}_\theta), s'écrit :

\mathrm{d}\vec{\ell} = - R\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta

Le champ magnétique au niveau de la spire s'écrit en coordonnées cylindriques :

\vec{B}(R, \theta, z) = B_r(R, z)\,\vec{u}_r + B_z(R, z)\,\vec{u}_z

La force de Laplace élémentaire subie par cet élément de conducteur est :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{F} &= I\,\mathrm{d}\vec{\ell}\wedge\vec{B}(R, \theta, z) \\ &= I\left(-R\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta\right) \wedge \left(B_r(R, z)\,\vec{u}_r + B_z(R, z)\,\vec{u}_z\right) \\ &= I R B_r(R, z)\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_z - I R B_z(R, z)\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_r \end{aligned}

En intégrant sur la circonférence de la spire pour \theta \in [0, 2\pi], le terme radial disparaît par symétrie de révolution (\int_0^{2\pi} \vec{u}_r(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}). Il reste uniquement la composante axiale :

\vec{F}(R, z) = F_z(R, z)\,\vec{u}_z \quad \text{avec} \quad F_z(R, z) = 2\pi I R B_r(R, z)

En dérivant partiellement cette composante F_z(R, z) par rapport à R, à courant I fixé, on obtient directement :

\boxed{\frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = 2\pi I \, \frac{\partial\left(R B_r(R, z)\right)}{\partial R}}

Résultat

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Question 13

Donner une propriété fondamentale du champ magnétique et rappeler l'équation locale qui traduit cette propriété. En déduire une nouvelle expression pour en fonction notamment de . Montrer que

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Mobiliser l'équation de Maxwell-Thomson \mathrm{div}\,\vec{B} = 0 en coordonnées cylindriques pour relier \partial(r B_r)/\partial r à \partial B_z/\partial z.

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Une propriété fondamentale du champ magnétique est son caractère solénoïdal, ou la conservation du flux magnétique, qui traduit physiquement l'absence de charges magnétiques isolées (monopôles magnétiques). L'équation locale correspondante est l'équation de Maxwell-Thomson :

\operatorname{div}\vec{B} = 0

D'après le formulaire fourni, la divergence d'un champ vectoriel en coordonnées cylindriques s'écrit :

\operatorname{div}\vec{B} = \frac{1}{r}\frac{\partial (r B_r)}{\partial r} + \frac{1}{r}\frac{\partial B_\theta}{\partial \theta} + \frac{\partial B_z}{\partial z}

Le champ magnétique présente une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz) (aucun des éléments ne dépend de \theta) et ne possède pas de composante orthoradiale (B_\theta = 0). L'équation \operatorname{div}\vec{B} = 0 se simplifie donc en :

\frac{1}{r}\frac{\partial(r B_r)}{\partial r} + \frac{\partial B_z}{\partial z} = 0 \implies \frac{\partial (r B_r)}{\partial r} = -r\frac{\partial B_z}{\partial z}

Évaluée pour la spire de rayon r = R, cette relation devient :

\frac{\partial (R B_r(R, z))}{\partial R} = -R \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}

En injectant cette relation dans l'expression établie à la question Q12, \frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = 2\pi I \frac{\partial (R B_r(R, z))}{\partial R}, on obtient :

\boxed{\frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = -2\pi I R \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}}

Puisque F_z(R, z) = 2\pi I R B_r(R, z) (d'après la question Q12), on calcule le rapport :

\frac{R}{F_z(R, z)} \frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = \frac{R}{2\pi I R B_r(R, z)} \left(-2\pi I R \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}\right)

Après simplification par 2\pi I R, on obtient l'égalité demandée :

\boxed{\frac{R}{F_z(R, z)} \frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = -\frac{R}{B_r(R, z)} \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}}

Résultat

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Question 14

Comment peut-on à partir de 2 spires identiques planes, créer un champ magnétique radial sortant dans un plan ? Faire un schéma du dispositif en supposant que ce plan est le plan . Dessiner les lignes de champ en faisant une coupe du dispositif dans le plan .

Voir l'indice

Envisager une paire de bobines coaxiales identiques alimentées en sens opposés (configuration anti-Helmholtz) disposées symétriquement de part et d'autre de z = 0.

Voir la stratégie
  1. Identifier la géométrie adéquate : deux spires coaxiales de même axe (Oz), de même rayon R, placées symétriquement de part et d'autre du plan z = 0 aux cotes z = -d et z = +d.
  2. Déterminer le sens relatif des courants par des arguments de symétrie pour annuler la composante axiale B_z dans le plan z=0 : il faut des courants en sens opposés (configuration anti-Helmholtz).
  3. Choisir le sens absolu des courants avec la règle de la main droite (en respectant l'orientation de l'axe (Oz) vers le bas) afin d'obtenir un champ radial sortant (B_r > 0).
Voir le corrigé complet

1. Dispositif proposé

On dispose de deux spires circulaires identiques de rayon R, d'axe commun (Oz), parallèles au plan z = 0 et disposées symétriquement aux cotes :

  • z = -d pour la spire supérieure ;
  • z = +d pour la spire inférieure.

Pour créer un champ radial dans le plan médian z = 0, les spires doivent être parcourues par des courants d'intensités égales et de sens opposés (configuration dite de bobines en opposition ou anti-Helmholtz).

2. Analyse des symétries

  • La distribution de courants est invariante par rotation autour de l'axe (Oz) : le champ magnétique ne dépend pas de \theta, et par symétrie de révolution, B_\theta(r, z) = 0.
  • Les courants circulant en sens opposés dans les deux spires, le plan z = 0 est un plan d'antisymétrie pour la distribution de courant :

    \vec{\jmath}(r, \theta, -z) = -\vec{\jmath}(r, \theta, z)

    Par conséquent, le plan z = 0 est un plan de symétrie pour le champ magnétique axial (B_z) et d'antisymétrie pour le champ radial (B_r) ? Précisons : pour un champ pseudo-vectoriel comme \vec{B}, un plan d'antisymétrie des courants est un plan tangent pour \vec{B}. Ainsi, \vec{B}(r, \theta, z=0) appartient au plan z = 0 :

    B_z(r, \theta, z = 0) = 0

    Le champ magnétique dans le plan z = 0 est donc purement radial :

    \vec{B}(r, z = 0) = B_r(r, 0)\,\vec{u}_r

3. Orientation des courants pour un champ radial sortant

L'axe (Oz) est vertical et orienté vers le bas. Le repère cartésien (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) étant direct avec \vec{u}_x horizontal vers la droite et \vec{u}_z vers le bas, le vecteur \vec{u}_y = \vec{u}_z \wedge \vec{u}_x est orienté vers l'arrière (entrant dans la page).

  • Pour x > 0, le vecteur orthoradial \vec{u}_\theta est dans le sens de \vec{u}_y (entrant, noté \otimes).
  • Pour x < 0, \vec{u}_\theta est dans le sens de -\vec{u}_y (sortant, noté \odot).

Pour que les lignes de champ s'échappent radialement vers l'extérieur dans le plan z = 0 (B_r > 0), la conservation du flux magnétique (\operatorname{div}\vec{B} = 0) impose que le champ le long de l'axe (Oz) converge vers le centre O :

  • En z < 0, \vec{B}(0, z) doit être orienté selon +\vec{u}_z (vers le bas) : d'après la règle du tire-bouchon de Maxwell, le courant de la spire supérieure (z = -d) doit circuler selon +\vec{u}_\theta (soit \odot en x < 0 et \otimes en x > 0).
  • En z > 0, \vec{B}(0, z) doit être orienté selon -\vec{u}_z (vers le haut) : le courant de la spire inférieure (z = +d) doit circuler en sens inverse, selon -\vec{u}_\theta (soit \otimes en x < 0 et \odot en x > 0).

4. Schéma et lignes de champ dans le plan (xOz)

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Question 15

Donner les caractéristiques de dans le plan . Quel est le signe de au voisinage de et pour ?

Voir l'indice

Exploiter les propriétés de symétrie et d'antisymétrie par rapport au plan z = 0 pour déterminer B_z(r, 0), puis observer la courbure des lignes de champ.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et invariances de la distribution de deux spires coaxiales anti-parallèles pour déterminer la direction et les composantes de \vec{B} dans le plan médian z = 0.
  2. Utiliser l'équation de Maxwell-Thomson \operatorname{div}\vec{B} = 0 pour relier \frac{\partial B_z}{\partial z} au comportement radial de B_r(r, 0) près de l'axe puis à grande distance.
Voir le corrigé complet

1. Caractéristiques de \vec{B} dans le plan z = 0

  • Direction et composantes : Le plan z = 0 est un plan d'antisymétrie pour la distribution de courant (\vec{j}(r, \theta, -z) = -\vec{j}(r, \theta, z)). Le champ magnétique étant un pseudo-vecteur, il est contenu dans son plan d'antisymétrie, d'où :

    B_z(r, \theta, 0) = 0

    De plus, tout plan méridien contenant l'axe (Oz) est un plan d'antisymétrie des courants (courants orthoradiaux orthogonaux au plan), donc \vec{B} est contenu dans le plan méridien : B_\theta(r, \theta, 0) = 0.

  • Invariances : La géométrie étant invariante par rotation autour de (Oz), le champ ne dépend pas de \theta.
  • Profil radial : Le champ est purement radial sortant :

    \vec{B}(r, 0) = B_r(r, 0)\,\vec{u}_r \quad \text{avec} \quad B_r(r, 0) > 0 \quad (\forall r > 0)

    Sur l'axe, par symétrie de révolution, \vec{B}(0, 0) = \vec{0} (soit B_r(0, 0) = 0), et à l'infini, \lim_{r\to\infty} \vec{B} = \vec{0}.

2. Signe de \frac{\partial B_z}{\partial z}(r, z = 0)

D'après l'équation de Maxwell-Thomson \operatorname{div}\vec{B} = 0, exprimée en coordonnées cylindriques dans le plan z = 0 :

\frac{\partial B_z}{\partial z}(r, 0) = -\frac{1}{r}\frac{\partial (r B_r(r, 0))}{\partial r}
  • Au voisinage de r = 0 : Le champ \vec{B} étant régulier et s'annulant sur l'axe, son développement au premier ordre est linéaire : B_r(r, 0) \underset{r \to 0}{=} \alpha\,r avec \alpha > 0 puisque le champ est sortant. On en déduit :

    \begin{aligned} r B_r(r, 0) &\underset{r \to 0}{=} \alpha\,r^2 \\ \frac{\partial B_z}{\partial z}(r, 0) &\underset{r \to 0}{=} -\frac{1}{r}(2\alpha r) = -2\alpha < 0 \end{aligned}
    \boxed{\frac{\partial B_z}{\partial z}(r \to 0, z = 0) < 0}
  • Pour r \to \infty : À grande distance, le dipôle magnétique global étant nul (courants opposés), le système équivaut à un quadrupôle magnétique dont le champ décroît comme 1/r^4. Par conséquent, le produit r B_r(r, 0) \propto 1/r^3 est une fonction strictement positive qui tend vers 0 lorsque r \to \infty : elle est donc nécessairement décroissante à l'infini, ce qui implique \frac{\partial (r B_r)}{\partial r} < 0. On a donc :

    \boxed{\frac{\partial B_z}{\partial z}(r \to \infty, z = 0) > 0}

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Question 16

Tracer approximativement la courbe de en fonction de . Montrer qu'il existe une valeur de , qu'on appellera , autour de laquelle dépend peu de .

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Identifier un point d'annulation de la dérivée première de la force au point où \partial B_z / \partial z change de signe.

Voir la stratégie
  1. Étudier le comportement de F(R, z = 0) aux limites (R \to 0 et R \to \infty) ainsi que le signe de sa dérivée première \frac{\partial F_z}{\partial R} à l'aide des résultats des questions Q13 et Q15.
  2. En déduire l'allure de la courbe, l'existence d'un extremum en R_{\text{opt}}, et justifier par un développement de Taylor au premier ordre que la force dépend très peu du rayon au voisinage de cette valeur.
Voir le corrigé complet

D'après les questions Q12 et Q13, la force axiale s'exerçant sur la spire dans le plan z = 0 s'écrit :

F_z(R, z = 0) = 2\pi I R B_r(R, 0)

et sa dérivée par rapport à R vérifie :

\frac{\partial F_z}{\partial R}(R, z = 0) = -2\pi I R \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, z = 0)

Examinons les caractéristiques de cette fonction (en prenant I > 0, de sorte que F_z > 0) :

  • En R = 0 : le rayon étant nul (et le champ magnétique radial nul sur l'axe par symétrie), on a F_z(0, 0) = 0.
  • Au voisinage de R = 0 : d'après la question Q15, \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, 0) < 0, donc \frac{\partial F_z}{\partial R}(R, 0) > 0. La force est strictement croissante avec le rayon au voisinage de l'axe.
  • Pour R \to \infty : le champ magnétique créé par les spires décroît rapidement vers zéro (en 1/R^3 au moins), de sorte que F_z(R, 0) \to 0. De plus, d'après la question Q15, \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, 0) > 0, donc \frac{\partial F_z}{\partial R}(R, 0) < 0 : la force décroît à l'infini.

Par continuité de \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, 0), le théorème des valeurs intermédiaires assure l'existence d'au moins une valeur R_{\text{opt}} > 0 telle que :

\frac{\partial B_z}{\partial z}(R_{\text{opt}}, 0) = 0 \iff \frac{\partial F_z}{\partial R}(R_{\text{opt}}, 0) = 0

Cette valeur correspond à un maximum local de la force de Laplace.

Au voisinage de R_{\text{opt}}, un développement limité de Taylor à l'ordre deux en \mathrm{d}R = R - R_{\text{opt}} donne :

F_z(R_{\text{opt}} + \mathrm{d}R, 0) = F_z(R_{\text{opt}}, 0) + \underbrace{\frac{\partial F_z}{\partial R}(R_{\text{opt}}, 0)}_{= 0} \mathrm{d}R + \frac{1}{2} \frac{\partial^2 F_z}{\partial R^2}(R_{\text{opt}}, 0) \, (\mathrm{d}R)^2 + \mathcal{O}((\mathrm{d}R)^3)

La variation de force au premier ordre en \mathrm{d}R est rigoureusement nulle :

\boxed{\mathrm{d}F_z = \mathcal{O}((\mathrm{d}R)^2)}

La force F(R, z = 0) est donc stationnaire par rapport à R autour de R_{\text{opt}} et dépend très peu d'une variation de rayon.

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Question 17

Déduire de la question 16 une façon permettant de minimiser les problèmes posés par la dilatation de la spire.

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Conclure sur le dimensionnement optimal : placer la bobine au rayon R_{\mathrm{opt}} où la force est stationnaire vis-à-vis des variations du rayon.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question Q16, la dérivée de la force axiale par rapport au rayon de la spire s'annule en R = R_{\mathrm{opt}} dans le plan z = 0 :

\left. \frac{\partial F_z(R, 0)}{\partial R} \right|_{R = R_{\mathrm{opt}}} = 0

Par conséquent, au voisinage de ce rayon optimal, un développement limité de la force pour une petite variation \mathrm{d}R \ll R de rayon s'écrit :

\Delta F_z = F_z(R_{\mathrm{opt}} + \mathrm{d}R, 0) - F_z(R_{\mathrm{opt}}, 0) = \frac{1}{2} \left. \frac{\partial^2 F_z}{\partial R^2} \right|_{R_{\mathrm{opt}}} (\mathrm{d}R)^2 + \mathcal{O}\big((\mathrm{d}R)^3\big)

Le terme d'erreur au premier ordre en \mathrm{d}R est nul.

Pour minimiser l'impact d'une éventuelle dilatation thermique de la bobine sur la mesure, il suffit donc de :

\boxed{\text{Concevoir la bobine avec un rayon nominal égal au rayon optimal : } R = R_{\mathrm{opt}}}

Ainsi, une variation résiduelle de température n'engendre qu'une modification de la force au second ordre en \mathrm{d}R, ce qui rend la balance de Kibble très peu sensible aux fluctuations thermiques dimensionnelles.

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I.C · Mise en pratique de la nouvelle définition du kilogramme

Question 18

Établir la relation simple entre la constante de Planck et la masse dans l'expérience de la balance de Kibble en faisant intervenir , et d'autres grandeurs mesurables.

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Combiner l'équation de la balance de Kibble avec la définition de la résistance étalon quantifiée R' et la mesure des tensions.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le courant I de la phase statique à partir de la tension U' mesurée aux bornes de la résistance étalon R'.
  2. Relier la f.é.m. induite E de la phase dynamique à la tension U mesurée à vide par le voltmètre, puis utiliser le bilan de puissance établi à la question Q8.
  3. Injecter l'expression quantique de la résistance étalon R' = \dfrac{h}{\zeta e^2} pour obtenir la relation cherchée entre m, h, v, g et les grandeurs mesurables (U, U', \zeta).
Voir le corrigé complet

D'après la figure 1 :

  • Lors de la phase statique, le courant d'équilibrage I traverse une résistance étalon R' aux bornes de laquelle est mesurée une tension U'. D'après la loi d'Ohm, son intensité s'écrit :

    I = \frac{U'}{R'}
  • Lors de la phase dynamique, la tension U mesurée en circuit ouvert aux bornes de la bobine correspond à la force électromotrice induite :

    U = |E|

D'après le bilan de puissance établi à la question Q8, la puissance mécanique compense la puissance électrique :

m g v = |E| I = U I = \frac{U U'}{R'}

En utilisant l'expression de la résistance étalon issue de l'effet Hall quantique donnée par le texte, R' = \dfrac{h}{\zeta e^2}, il vient :

m g v = \frac{\zeta e^2 U U'}{h}

On en déduit l'expression de la masse m en fonction de la constante de Planck et des grandeurs mesurables (U, U', v, g, \zeta et la constante e) :

\boxed{m = \frac{\zeta e^2 U U'}{h g v}}

ou, formulée de façon équivalente pour déterminer la constante de Planck à partir de la masse étalon m :

\boxed{h = \frac{\zeta e^2 U U'}{m g v}}

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Question 19

Si les mesures de et sont effectuées avec une précision relative de , quelle précision relative a-t-on sur une mesure du kilogramme en théorie ?

Voir l'indice

Composer les incertitudes relatives quadratiquement ou par majoration différentielle logarithmique sur l'expression de la masse.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de la masse m obtenue à la question Q18 en fonction des différentes grandeurs mesurées et des constantes fondamentales.
  2. Identifier l'incertitude relative associée à chaque grandeur intervenant dans l'expression, en notant que les constantes fondamentales h et e sont désormais exactes par définition.
  3. Appliquer la loi de propagation des incertitudes relatives (composée quadratique ou majorante) pour en déduire la précision relative sur la masse m.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, la masse m s'exprime par :

m = \frac{\zeta e^2 U U'}{h g v}

Dans le cadre du Système international révisé :

  • la constante de Planck h et la charge élémentaire e sont des constantes fixées par convention, donc sans incertitude :

    \frac{\Delta h}{h} = 0 \quad \text{et} \quad \frac{\Delta e}{e} = 0
  • les grandeurs quantiques et électriques sont connues avec une précision relative de 10^{-9} :

    \frac{\Delta \zeta}{\zeta} \sim 10^{-9}, \quad \frac{\Delta U}{U} \sim 10^{-9}, \quad \frac{\Delta U'}{U'} \sim 10^{-9}
  • la vitesse v et l'accélération de la pesanteur g sont mesurées avec une précision relative de 10^{-8} :

    \frac{\Delta v}{v} = 10^{-8} \quad \text{et} \quad \frac{\Delta g}{g} = 10^{-8}

En supposant les incertitudes indépendantes, la propagation quadratique des incertitudes relatives-types donne :

\begin{aligned} \frac{u(m)}{m} &= \sqrt{\left(\frac{u(v)}{v}\right)^2 + \left(\frac{u(g)}{g}\right)^2 + \left(\frac{u(U)}{U}\right)^2 + \left(\frac{u(U')}{U'}\right)^2 + \left(\frac{u(\zeta)}{\zeta}\right)^2} \\ &= \sqrt{(10^{-8})^2 + (10^{-8})^2 + 3 \times (10^{-9})^2} \\ &= 10^{-8} \times \sqrt{1 + 1 + 0{,}03} \approx \sqrt{2} \times 10^{-8} \approx 1{,}4 \times 10^{-8} \end{aligned}

Une majoration au sens des incertitudes maximales mènerait à :

\frac{\Delta m}{m} \le \frac{\Delta v}{v} + \frac{\Delta g}{g} + \frac{\Delta U}{U} + \frac{\Delta U'}{U'} + \frac{\Delta \zeta}{\zeta} = 2{,}3 \times 10^{-8}

Dans les deux cas, la précision relative théorique sur la mesure du kilogramme est de l'ordre de :

\boxed{\frac{\Delta m}{m} \approx 10^{-8}}

(plus précisément comprise entre 1{,}4 \times 10^{-8} et 2{,}3 \times 10^{-8}).

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Question 20

À partir de l'unité de , expliquer pourquoi fixer définitivement la valeur de la constante de Planck permet de redéfinir le kilogramme.

Voir l'indice

Analyser l'équation aux dimensions de la constante de Planck ([h] = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}) et s'appuyer sur la fixation préalable du mètre et de la seconde.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dimension et l'unité SI de la constante de Planck h en fonction des unités de base du Système international (\mathrm{kg}, \mathrm{m}, \mathrm{s}).
  2. Rappeler que les unités de temps (\mathrm{s}) et de longueur (\mathrm{m}) sont déjà définies par la fixation de constantes fondamentales (\Delta\nu_{\mathrm{Cs}} et c).
  3. En déduire l'expression du kilogramme en fonction de h, du mètre et de la seconde.
Voir le corrigé complet

La constante de Planck h a pour unité le joule-seconde (\mathrm{J\cdot s}). Exprimons cette unité dans les unités de base du Système international :

\begin{aligned} 1\text{ J} &= 1\text{ N}\cdot\text{m} = 1\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-2}, \\ \text{donc}\quad [h] &= \mathrm{kg\cdot m^2\cdot s^{-1}} \quad (\text{soit en analyse dimensionnelle : } [h] = \mathsf{M\cdot L^2\cdot T^{-1}}). \end{aligned}

Or, dans le Système international :

  • la seconde (\mathrm{s}) est définie en fixant la valeur exacte de la fréquence de transition hyperfine du césium 133, \Delta\nu_{\mathrm{Cs}} ;
  • le mètre (\mathrm{m}) est défini en fixant la valeur exacte de la célérité de la lumière dans le vide, c (la seconde étant déjà connue).

En isolant le kilogramme dans l'expression de l'unité de h, on obtient :

1\text{ kg} = \frac{1\text{ J}\cdot\text{s}}{1\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}} = 1\text{ s}\cdot\text{m}^{-2} \cdot h.

Fixer définitivement une valeur numérique exacte pour la constante de Planck (soit h = 6{,}626\,070\,15 \times 10^{-34}\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}) permet donc de définir l'unité de masse à partir d'une constante fondamentale invariante, sans recourir à un artéfact matériel :

\boxed{1\text{ kg} = \left(\frac{h}{6{,}626\,070\,15 \times 10^{-34}}\right)\text{m}^{-2}\cdot\text{s}}

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.