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Corrigé détaillé Centrale Physique 2 PC 2023

Une révolution tranquille du système international d'unités

Le sujet en bref

Sujet moyen · Ondes mécaniques et acoustiques, Induction électromagnétique, Cinématique et dynamique du point · 14 incontournables · 19 questions de première année
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Ce sujet aborde la refonte historique du Système International d'unités (SI) actée en 2018, qui a substitué aux artéfacts matériels des définitions ancrées sur des constantes fondamentales de la physique. L'épreuve étudie deux expériences de pointe ayant rendu possible cette transition : la balance de Kibble (ou balance du watt) pour la redéfinition du kilogramme via la constante de Planck , et la thermométrie acoustique en résonateur sphérique pour la redéfinition du kelvin via la constante de Boltzmann .

D'un niveau d'exigence très formateur et progressif, le sujet brasse une vaste part du programme de PC : électromagnétisme et induction, bilan de puissance électromécanique, interférométrie optique, puis acoustique des fluides en géométrie sphérique et thermodynamique statistique. C'est une référence incontournable pour réviser l'acoustique tridimensionnelle et s'entraîner aux questions de modélisation métrologique fine.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,35/20)
Temps estimé
≈ 3 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

14 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

29 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (29) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes
  • Parties indépendantes

    La partie II (Q21 à Q43) sur la thermométrie acoustique est totalement indépendante de la partie I et peut être abordée directement.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

43 questions
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Partie I : Redéfinition du kilogramme

I.A · Prototype international du kilogramme

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, métrologie

Quelle différence de masse cela fait-il en valeur relative ? Quelles peuvent être les causes de ces différences ?

Voir l'indice

Calculer le rapport \Delta m / m avec la masse nominale de 1\text{ kg} ; évoquer des phénomènes de surface comme l'adsorption, le dégazage ou des pertes par frottement lors des nettoyages.

Voir la réponse courte

Écart relatif \Delta m/m \approx 5\cdot 10^{-8} et causes physiques associées (pollution surfacique, dégazage, nettoyage, usure).

Voir le corrigé complet

La masse de référence est celle du prototype international du kilogramme, soit m = 1\text{ kg}. L'écart absolu mesuré est :

\Delta m = 35\ \mu\text{g} = 35 \times 10^{-9}\text{ kg}

L'écart relatif en masse vaut donc :

\frac{\Delta m}{m} = \frac{35 \times 10^{-9}\text{ kg}}{1\text{ kg}} = 3,5 \times 10^{-8}
\boxed{\frac{\Delta m}{m} = 3,5 \times 10^{-8} \quad (\text{soit } 3,5 \times 10^{-6}\ \%)}

Plusieurs phénomènes physico-chimiques peuvent expliquer cette dérive au cours du temps entre le prototype et ses copies :

  1. Adsorption et contamination de surface : malgré les cloches de protection, des gaz atmosphériques, de la vapeur d'eau ou des polluants organiques (hydrocarbures) peuvent s'adsorber à la surface de l'alliage (platine-iridium), augmentant sa masse.
  2. Usure mécanique et nettoyage : les manipulations lors des comparaisons périodiques ainsi que les protocoles de nettoyage destinés à décontaminer la surface peuvent retirer de la matière par abrasion microscopique, réduisant ainsi la masse.
  3. Dégazage : des gaz occlus dans la matrice métallique lors de sa fabrication peuvent lentement désorber vers l'extérieur.

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : métrologie

Quels peuvent être les inconvénients d'un artéfact ?

Voir l'indice

Insister sur le fait qu'un artéfact est unique, destructible, susceptible de dériver au cours du temps et non reproductible à la demande dans n'importe quel laboratoire.

Voir la stratégie

Pour répondre de manière exhaustive et structurée, on confronte les propriétés intrinsèques d'un objet matériel macroscopique (un artéfact) aux exigences fondamentales de la métrologie moderne :

  1. La pérennité et l'invariance temporelle ;
  2. L'accessibilité et l'universalité spatiale ;
  3. La reproductibilité et la limitation de l'incertitude de mesure.
Voir la réponse courte

Inconvénients majeurs : altération au cours du temps, risque de dégradation physique et impossibilité de reproduction universelle.

Voir le corrigé complet

L'utilisation d'un artéfact matériel comme étalon primaire présente plusieurs inconvénients majeurs :

  • Instabilité temporelle et manque de pérennité : La masse d'un objet matériel n'est pas constante dans le temps en raison de processus physico-chimiques inévitables (adsorption, dégazage, oxydation) et de l'usure mécanique liée aux manipulations. De plus, il existe un risque irréversible d'altération accidentelle, de dégradation ou de perte de l'artéfact.
  • Inaccessibilité et défaut d'universalité : L'artéfact étant unique et localisé en un lieu précis (au Bureau International des Poids et Mesures à Sèvres), il ne peut être utilisé directement par les différents laboratoires mondiaux. L'étalonnage nécessite la dissémination via des copies secondaires, ce qui impose des transports délicats, coûteux et générateurs d'incertitudes supplémentaires. Cela s'oppose au principe d'universalité du Système International (« À tous les temps, à tous les peuples »).
  • Aporie métrologique : Par définition, la masse du prototype international était exactement de 1\text{ kg}, sans incertitude possible. Toute variation physique réelle de la masse du cylindre se répercutait donc sur la valeur de l'unité elle-même plutôt que d'être mesurée comme une dérive de l'objet, ce qui limitait fondamentalement la précision des mesures au niveau mondial.
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I.B.1 · Principe de la balance de Kibble - Phase statique

Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace

Indiquer sur un schéma simplifié l'orientation du courant permettant l'équilibrage de la balance une fois la masse posée comme sur la figure 1. Déterminer la force qui agit sur la bobine.

Voir l'indice

Utiliser la règle de la main droite ou du tire-bouchon sur l'élément de force de Laplace \mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B} pour créer une force ascendante ou descendante équilibrant le fléau.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition d'équilibre mécanique du fléau de la balance pour en déduire la direction et le sens de la force électromagnétique \vec{F} devant s'exercer sur la bobine.
  2. Exprimer la force de Laplace élémentaire \mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B} en coordonnées cylindriques et déterminer le sens du courant I garantissant le sens requis pour \vec{F}.
  3. Intégrer sur l'ensemble des N spires pour obtenir la force totale \vec{F}.
Voir la réponse courte

Règle de la main droite sur \mathrm{d}\vec{F} = I\mathrm{d}\vec{l}\wedge\vec{B} pour obtenir une force verticale ascendante F_z = I B l.

Voir le corrigé complet

1. Condition d'équilibrage et sens de la force :

La balance est articulée en son centre C et symétrique par rapport au plan (xCz). En présence de la masse m sur le plateau de droite, le poids \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{u}_z (l'axe (Oz) étant orienté vers le bas) exerce un moment par rapport à l'axe de rotation qui tend à faire basculer le fléau dans le sens horaire autour de Oy.

Pour maintenir le fléau à l'horizontale, la bobine située sur le plateau de gauche doit être soumise à une force de Laplace \vec{F} dirigée verticalement vers le bas, de même valeur que le poids :

\vec{F} = F_z\,\vec{u}_z \quad \text{avec} \quad F_z > 0.

2. Orientation du courant et calcul de la force de Laplace :

Soit (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z) la base cylindrique directe associée à l'axe vertical (Oz) orienté vers le bas. Dans cette base, la règle du tire-bouchon indique que \vec{u}_r \wedge \vec{u}_\theta = \vec{u}_z.

Le champ magnétique est radial et sortant : \vec{B} = B\,\vec{u}_r avec B > 0. Un élément infinitésimal de fil s'écrit \mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}\ell\,\vec{u}_{\text{fil}}. La force élémentaire de Laplace subie par la spire s'écrit :

\mathrm{d}\vec{F} = I\,\mathrm{d}\vec{\ell} \wedge \vec{B}.

En choisissant \mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}\ell\,\vec{u}_\theta, on obtient :

\vec{u}_\theta \wedge \vec{B} = B\,(\vec{u}_\theta \wedge \vec{u}_r) = - B\,\vec{u}_z.

Pour que la force soit orientée selon +\vec{u}_z (vers le bas), il faut que le courant circule dans le sens -\vec{u}_\theta. Vu de dessus (c'est-à-dire en regardant dans le sens de +Oz), le sens trigonométrique correspond à -\vec{u}_\theta. Le courant doit donc circuler dans le sens anti-horaire (trigonométrique) vu de dessus.

La force élémentaire est alors verticale descendante et uniforme le long du fil :

\mathrm{d}\vec{F} = |I|\,\mathrm{d}\ell\,B\,\vec{u}_z.

En intégrant sur l'ensemble des spires de longueur totale l :

\vec{F} = \int_{\text{bobine}} \mathrm{d}\vec{F} = |I|\,B \left(\int \mathrm{d}\ell\right)\vec{u}_z = |I|\,B\,l\,\vec{u}_z.

En convenant que l'intensité algébrique I est comptée positivement dans le sens -\vec{u}_\theta, la force qui agit sur la bobine s'écrit :

\boxed{\vec{F} = I\,B\,l\,\vec{u}_z}

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace, équilibre statique

On règle l'intensité du courant dans la bobine à une valeur pour équilibrer la balance en présence de la masse posée. Établir l'expression de en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre des moments scalaires par rapport au couteau d'appui central C.

Voir la stratégie
  1. Isoler le fléau de la balance et faire le bilan des moments des forces par rapport à l'axe de rotation passant par l'arête centrale du couteau C.
  2. Exprimer la condition d'équilibre statique en tenant compte de la symétrie des bras de levier pour en déduire m.
Voir la réponse courte

À l'équilibre du fléau de la balance, compensation du poids par la force de Laplace : m = I B l / g.

Voir le corrigé complet

On étudie l'équilibre du fléau de la balance, de bras de levier identique L de part et d'autre du couteau d'appui C (symétrie par rapport au plan (xCz)), dans le référentiel terrestre supposé galiléen.

La balance étant initialement équilibrée en l'absence de masse m et de courant, les moments du poids propre du fléau et des suspensions se compensent exactement en C.

Lorsque la masse m est déposée sur le plateau de droite et que le courant I circule dans la bobine à gauche, le système est soumis aux actions verticales supplémentaires suivantes :

  • le poids de la masse m sur le plateau de droite : \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{u}_z ;
  • la force de Laplace exercée sur la bobine sur le plateau de gauche : \vec{F} = IBl\,\vec{u}_z.

Le théorème du moment cinétique appliqué au fléau à l'équilibre par rapport à l'axe de rotation horizontal passant par C donne :

\mathcal{M}_C(\vec{F}) + \mathcal{M}_C(\vec{P}) = 0 \iff L \cdot F_z - L \cdot mg = 0

soit :

F_z = mg

D'après l'expression de la force de Laplace établie à la question Q3, F_z = IBl, d'où :

mg = IBl

On en déduit l'expression de la masse m :

\boxed{m = \frac{I B l}{g}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace

La bobine comporte 600 spires réparties sur un cylindre de diamètre moyen égal à 260 mm. On prendra et . Calculer .

Voir l'indice

Calculer la longueur totale développée du fil par l = N \pi D, puis en déduire la masse m équilibrée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la longueur totale l du fil de la bobine en fonction du nombre de spires N et du diamètre moyen D.
  2. Réinvestir la condition d'équilibre statique issue de la question Q4 pour déterminer la masse m.
Voir la réponse courte

Calcul de la longueur de fil l = N \pi D puis application numérique : m = I B l / g \approx 0{,}50\text{ kg}.

Voir le corrigé complet

La bobine est constituée de N spires circulaires coaxiales de même diamètre moyen D. La longueur totale du fil s'écrit donc :

l = N \pi D

D'après la relation d'équilibre obtenue à la question Q4, en prenant la valeur absolue de l'intensité permettant de compenser le poids, la masse m s'exprime par :

m = \frac{|I| B l}{g} = \frac{|I| B N \pi D}{g}

Avec les données numériques suivantes :

  • N = 600
  • D = 260\text{ mm} = 0{,}260\text{ m}
  • B = 1{,}0\text{ T}
  • |I| = 10\text{ mA} = 1{,}0 \times 10^{-2}\text{ A}
  • g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}

La longueur totale vaut :

l = 600 \times \pi \times 0{,}260 \approx 4{,}90 \times 10^{2}\text{ m}

On en déduit :

m = \frac{1{,}0 \times 10^{-2} \times 1{,}0 \times 600 \times \pi \times 0{,}260}{9{,}81} \approx 0{,}4996\text{ kg}

Compte tenu de la précision des données (deux chiffres significatifs pour B et |I|) :

\boxed{m = 0{,}50\text{ kg}}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace, pesée différentielle

Établir la relation qui remplace celle de la question 4. Quels sont les intérêts de cette nouvelle opération ?

Voir l'indice

Écrire les deux relations d'équilibre successives ; expliquer comment cette double pesée différentielle élimine les dissymétries de bras de fléau et les forces parasites constantes.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre des moments du fléau lors des deux étapes successives de la pesée (avec m' puis avec m' et m).
  2. Soustraire les deux relations obtenues pour exprimer la masse m en fonction de la différence d'intensité (I_1 - I_2), de B, l et g.
  3. Analyser les intérêts métrologiques d'une telle mesure différentielle (inversion du courant, compensation des dérives et des effets thermiques).
Voir la réponse courte

Mesure différentielle par inversion de courant ou tare pour éliminer la masse du plateau et les dissymétries d'attelage.

Voir le corrigé complet

Soit L la longueur commune des deux bras du fléau (symétrie par rapport au plan (xCz)) et M_{\text{b}} la masse totale de l'équipage mobile du côté bobine. L'équilibrage initial à vide (I=0, m=0) en présence de la tare de masse M assure :

M_{\text{b}} = M

1. Première étape : on ajoute la masse m' sur le plateau de tare (côté opposé à la bobine) et on injecte le courant I_1. Le théorème du moment cinétique scalaire à l'équilibre s'écrit :

(M + m')g L = (M_{\text{b}} g + F_1) L = (M g + I_1 B l) L

soit :

m' g = I_1 B l \tag{1}

2. Seconde étape : on conserve la masse m' sur la tare et on ajoute la masse m sur le plateau lié à la bobine, l'équilibre étant obtenu pour un courant I_2. La condition d'équilibre devient :

(M + m')g L = (M_{\text{b}} g + m g + F_2) L = (M g + m g + I_2 B l) L

soit :

m' g = m g + I_2 B l \tag{2}

En soustrayant l'équation (2) de l'équation (1), la masse auxiliaire m' s'élimine :

0 = -m g + (I_1 - I_2) B l

d'où la nouvelle relation remplaçant celle de la question Q4 :

\boxed{m = \frac{(I_1 - I_2) B l}{g}}

Intérêts de cette méthode :

  • Mesure différentielle : elle élimine la masse de la tare M, la masse de la bobine M_{\text{b}}, la valeur de m', ainsi que les forces parasites constantes s'exerçant sur les plateaux (poussée d'Archimède de l'air résiduel, couples de rappel élastique des suspensions).
  • Stabilisation thermique : comme le montre la question suivante, le choix m' = m/2 conduit à I_2 = -I_1. Les puissances dissipées par effet Joule (P_J = R I^2) sont alors strictement identiques dans les deux phases, ce qui évite toute variation de température, prévenant ainsi les dilatations thermiques de la bobine et les courants de convection.
  • Gain de précision : la mesure porte sur une excursion de courant double \Delta I = I_1 - I_2 \approx 2 I_1, ce qui améliore la résolution et l'incertitude relative sur l'intensité mesurée.

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace

Si on prend , quelle relation a-t-on entre les intensités ?

Voir l'indice

Combiner par somme et différence les équations d'équilibre obtenues précédemment en remplaçant m' par m/2.

Voir la stratégie
  1. Reprendre les équations d'équilibre des deux configurations de mesure établies à la question Q6.
  2. Injecter la condition m' = m/2 pour relier directement I_1 et I_2.
Voir la réponse courte

Pour une masse d'équilibrage égale à la moitié de la charge, les intensités sont opposées : I_2 = -I_1.

Voir le corrigé complet

D'après les conditions d'équilibre établies à la question Q6 :

  • Lors de la première étape, avec la masse auxiliaire m' sur le plateau opposé à la bobine :

    m' g = I_1 B l
  • Lors de la seconde étape, avec m' sur le plateau opposé et m sur le plateau de la bobine :

    (m' - m) g = I_2 B l

En substituant m' = \dfrac{m}{2} dans ces deux relations, on obtient :

\begin{aligned} I_1 &= \frac{m g}{2 B l} \\ I_2 &= \frac{(m/2 - m) g}{B l} = -\frac{m g}{2 B l} \end{aligned}

On en déduit immédiatement la relation entre les intensités :

\boxed{I_2 = -I_1}

Résultat

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I.B.2 · Principe de la balance de Kibble - Phase dynamique

Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, force de laplace, bilan de puissance

Montrer que, dans ces conditions, on peut écrire . Pourquoi parle-t-on également de « balance du watt » à la place de balance de Kibble ?

Voir l'indice

Rapprocher la force de Laplace statique de la force électromotrice dynamique induite pour éliminer le facteur géométrique B l et identifier une égalité de puissances.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le produit E I à l'aide de l'expression de la f.é.m. induite E = -B l v fournie par l'énoncé.
  2. Réinjecter la condition d'équilibre statique obtenue à la question Q4 (m g = I B l) pour relier la grandeur électrique à la grandeur mécanique.
  3. Interpréter la dimension de chacun des deux termes intervenant dans l'équation pour justifier l'appellation.
Voir la réponse courte

Élimination du terme géométrique Bl entre les phases statique et dynamique, traduisant l'égalité des puissances mécanique et électrique.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la force électromotrice induite lors du déplacement de la bobine à la vitesse v s'écrit :

E = -B l v

En multipliant cette relation par l'intensité I utilisée lors de la phase statique, on obtient :

E I = - (I B l) v

Or, d'après la condition d'équilibre statique établie à la question Q4, on a :

m g = I B l

En substituant I B l par m g, il vient directement :

E I = - m g v

soit :

\boxed{E I + m g v = 0}

Origine du nom « balance du watt » :

  • Le terme |E I| représente une puissance électrique (produit d'une tension et d'une intensité).
  • Le terme m g v représente une puissance mécanique (puissance développée par le poids à la vitesse v).

Cette expérience réalise ainsi une équivalence entre une puissance mécanique et une puissance électrique, toutes deux homogènes à des watts (\mathrm{W}), ce qui justifie la dénomination historique de « balance du watt ».

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Démarche expérimentale

Notions : interféromètre de michelson, interfrange

Détailler un protocole expérimental simple, basé sur la mesure de la fréquence de défilement de franges devant un capteur CCD, qui permet de mesurer par interférométrie. Dans le cas d'un laser Nd-YAG dont la longueur d'onde vaut , calculer la vitesse qui correspond à une fréquence de défilement de pour le dispositif choisi.

Voir l'indice

Proposer un montage interférométrique de Michelson dont le miroir mobile est solidaire de la suspension ; relier la vitesse de déplacement au défilement temporel des franges.

Voir la stratégie
  1. Proposer un interféromètre optique à deux ondes adapté (type Michelson) dont l'un des miroirs est solidaire de l'équipage mobile de la bobine.
  2. Relier la variation de la différence de marche \delta(t) à la vitesse de déplacement v, puis exprimer la fréquence temporelle de défilement des franges f_d.
  3. En déduire l'expression de la vitesse v et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courte

Interféromètre de Michelson avec miroir solidaire de la bobine : défilement d'une frange pour \Delta x = \lambda/2, d'où v = 2{,}00\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Protocole expérimental :

  • Dispositif optique : On utilise un interféromètre de Michelson éclairé par un laser Nd-YAG de longueur d'onde \lambda = 1064\text{ nm}. Le faisceau incident est séparé en deux par une lame semi-réfléchissante (séparatrice) :

    • un bras de référence comportant un miroir fixe M_1 ;
    • un bras de mesure comportant un réflecteur (miroir ou trièdre rétro-réfléchisseur) M_2, fixé rigidement au fléau ou à la suspension de la bobine qui se déplace à la vitesse v selon l'axe vertical (Oz).
  • Observation : Un léger défaut de parallélisme entre les deux miroirs (configuration en coin d'air) permet d'observer un système de franges rectilignes et parallèles en sortie de l'interféromètre, sur une barrette ou matrice CCD.
  • Mesure : Lors de la translation du miroir M_2 à la vitesse v, la longueur du bras de mesure varie de \Delta z(t) = v t. En incidence quasi-normale, la différence de marche optique varie au cours du temps selon :

    \delta(t) = 2 v t + \delta_0

    (le facteur 2 provient de l'aller-retour de l'onde dans le bras mobile).

Le défilement d'une frange devant un pixel donné du capteur CCD correspond à une variation de différence de marche \Delta \delta = \lambda, soit une durée :

T_d = \frac{\lambda}{2 v}

La fréquence de défilement temporel des franges mesurée par le capteur CCD vaut donc :

f_d = \frac{1}{T_d} = \frac{2 v}{\lambda}

On en déduit l'expression de la vitesse de la suspension :

\boxed{v = \frac{f_d \lambda}{2}}

Application numérique : Avec \lambda = 1064\text{ nm} = 1{,}064 \times 10^{-6}\text{ m} et f_d = 3{,}76\text{ kHz} = 3{,}76 \times 10^3\text{ s}^{-1} :

v = \frac{3{,}76 \times 10^3 \times 1{,}064 \times 10^{-6}}{2} = 2{,}00 \times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{v = 2{,}00\text{ mm}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 10

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : loi de faraday, fem induite

Calculer la force électromotrice attendue.

Voir l'indice

Injecter les valeurs numériques dans la relation de puissance liant E, I, m, g et v.

Voir la réponse courte

Calcul direct de la tension induite aux bornes de la bobine en mouvement : E = -m g v / I \approx -0{,}98\text{ V}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la force électromotrice induite admise dans le préambule de la sous-partie I.B.2 :

E = - B \, l \, v

La longueur totale du fil de la bobine a été introduite à la question Q5 pour une bobine de N = 600 spires et de diamètre moyen D = 260\text{ mm} = 0{,}260\text{ m} :

l = N \pi D = 600 \times \pi \times 0{,}260 \approx 490\text{ m}

Avec la vitesse obtenue à la question Q9, v = 2{,}00\times 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}, et B = 1{,}0\text{ T} :

\begin{aligned} E &= - 1{,}0 \times (600 \times \pi \times 0{,}260) \times 2{,}00 \times 10^{-3} \\ &= - 0{,}312\,\pi \approx -0{,}98\text{ V} \end{aligned}
\boxed{E \approx -0{,}98\text{ V} \quad (\text{soit } |E| \approx 0{,}98\text{ V})}

Résultat

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I.B.3 · Principe de la balance de Kibble - Effet d'une dilatation

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : dilatation thermique, effet joule

Qu'est-ce qui pourrait provoquer l'augmentation du rayon de la spire ?

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Penser à l'élévation de température du fil conducteur par effet Joule ou aux fluctuations thermiques du laboratoire.

Voir la réponse courte

Échauffement de la bobine par effet Joule lors du passage du courant ou variations de la température ambiante.

Voir le corrigé complet

Une augmentation du rayon R de la spire correspond à une dilatation qui peut avoir deux origines physiques principales :

  • Une dilatation thermique (cause prépondérante) : le passage du courant électrique I dissipe de la puissance par effet Joule au sein du fil conducteur, ce qui entraîne une élévation de sa température. Des variations de la température ambiante du laboratoire peuvent également survenir. Par dilatation thermique du métal conducteur (\mathrm{d}R = \alpha R \Delta T, où \alpha est le coefficient de dilatation thermique linéique), le périmètre et donc le rayon de la spire augmentent.
  • Des contraintes mécaniques d'origine électromagnétique : la présence d'une composante axiale B_z du champ magnétique engendre, sous l'action du courant orthoradial, une force de Laplace radiale dirigée selon \pm\vec{u}_r (\vec{\mathrm{d}F}_{\text{rad}} = I \mathrm{d}\vec{\ell} \wedge B_z \vec{u}_z). Si elle est orientée vers l'extérieur, cette force tend à étirer mécaniquement la spire.
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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace

Dans la phase statique, calculer l'expression de en fonction notamment de .

Voir l'indice

Exprimer la résultante de Laplace projetée sur l'axe vertical F_z = 2\pi R I B_r(R, z), puis effectuer la dérivée partielle par rapport à R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force de Laplace élémentaire \mathrm{d}\vec{F} exercée sur un élément de longueur \mathrm{d}\vec{\ell} de la spire de rayon R à la cote z.
  2. Intégrer sur toute la spire pour déterminer la résultante axiale F_z(R, z).
  3. Dériver partiellement cette expression par rapport à R.
Voir la réponse courte

Dérivation directe de la force de Laplace F_z = 2\pi I R B_r(R, z) par rapport au rayon R.

Voir le corrigé complet

Considérons une spire circulaire horizontale de rayon R, d'axe (Oz), située dans le plan de cote z. Un élément de longueur infinitésimal de la spire, orienté dans le sens du courant I conformément à la question Q3 (sens horaire vu de dessus, soit selon -\vec{u}_\theta), s'écrit :

\mathrm{d}\vec{\ell} = - R\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta

Le champ magnétique au niveau de la spire s'écrit en coordonnées cylindriques :

\vec{B}(R, \theta, z) = B_r(R, z)\,\vec{u}_r + B_z(R, z)\,\vec{u}_z

La force de Laplace élémentaire subie par cet élément de conducteur est :

\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{F} &= I\,\mathrm{d}\vec{\ell}\wedge\vec{B}(R, \theta, z) \\ &= I\left(-R\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta\right) \wedge \left(B_r(R, z)\,\vec{u}_r + B_z(R, z)\,\vec{u}_z\right) \\ &= I R B_r(R, z)\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_z - I R B_z(R, z)\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_r \end{aligned}

En intégrant sur la circonférence de la spire pour \theta \in [0, 2\pi], le terme radial disparaît par symétrie de révolution (\int_0^{2\pi} \vec{u}_r(\theta)\,\mathrm{d}\theta = \vec{0}). Il reste uniquement la composante axiale :

\vec{F}(R, z) = F_z(R, z)\,\vec{u}_z \quad \text{avec} \quad F_z(R, z) = 2\pi I R B_r(R, z)

En dérivant partiellement cette composante F_z(R, z) par rapport à R, à courant I fixé, on obtient directement :

\boxed{\frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = 2\pi I \, \frac{\partial\left(R B_r(R, z)\right)}{\partial R}}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : flux conservatif, divergence du champ magnétique

Donner une propriété fondamentale du champ magnétique et rappeler l'équation locale qui traduit cette propriété. En déduire une nouvelle expression pour en fonction notamment de . Montrer que

Voir l'indice

Mobiliser l'équation de Maxwell-Thomson \mathrm{div}\,\vec{B} = 0 en coordonnées cylindriques pour relier \partial(r B_r)/\partial r à \partial B_z/\partial z.

Voir la réponse courte

Équation \mathrm{div}\,\vec{B} = 0 en coordonnées cylindriques permettant de relier \partial_R(R B_r) au gradient axial -\partial_z B_z.

Voir le corrigé complet

Une propriété fondamentale du champ magnétique est son caractère solénoïdal, ou la conservation du flux magnétique, qui traduit physiquement l'absence de charges magnétiques isolées (monopôles magnétiques). L'équation locale correspondante est l'équation de Maxwell-Thomson :

\operatorname{div}\vec{B} = 0

D'après le formulaire fourni, la divergence d'un champ vectoriel en coordonnées cylindriques s'écrit :

\operatorname{div}\vec{B} = \frac{1}{r}\frac{\partial (r B_r)}{\partial r} + \frac{1}{r}\frac{\partial B_\theta}{\partial \theta} + \frac{\partial B_z}{\partial z}

Le champ magnétique présente une symétrie de révolution autour de l'axe (Oz) (aucun des éléments ne dépend de \theta) et ne possède pas de composante orthoradiale (B_\theta = 0). L'équation \operatorname{div}\vec{B} = 0 se simplifie donc en :

\frac{1}{r}\frac{\partial(r B_r)}{\partial r} + \frac{\partial B_z}{\partial z} = 0 \implies \frac{\partial (r B_r)}{\partial r} = -r\frac{\partial B_z}{\partial z}

Évaluée pour la spire de rayon r = R, cette relation devient :

\frac{\partial (R B_r(R, z))}{\partial R} = -R \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}

En injectant cette relation dans l'expression établie à la question Q12, \frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = 2\pi I \frac{\partial (R B_r(R, z))}{\partial R}, on obtient :

\boxed{\frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = -2\pi I R \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}}

Puisque F_z(R, z) = 2\pi I R B_r(R, z) (d'après la question Q12), on calcule le rapport :

\frac{R}{F_z(R, z)} \frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = \frac{R}{2\pi I R B_r(R, z)} \left(-2\pi I R \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}\right)

Après simplification par 2\pi I R, on obtient l'égalité demandée :

\boxed{\frac{R}{F_z(R, z)} \frac{\partial F_z(R, z)}{\partial R} = -\frac{R}{B_r(R, z)} \frac{\partial B_z(R, z)}{\partial z}}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : bobine d'anti-helmholtz, symétrie du champ magnétique

Comment peut-on à partir de 2 spires identiques planes, créer un champ magnétique radial sortant dans un plan ? Faire un schéma du dispositif en supposant que ce plan est le plan . Dessiner les lignes de champ en faisant une coupe du dispositif dans le plan .

Voir l'indice

Envisager une paire de bobines coaxiales identiques alimentées en sens opposés (configuration anti-Helmholtz) disposées symétriquement de part et d'autre de z = 0.

Voir la stratégie
  1. Identifier la géométrie adéquate : deux spires coaxiales de même axe (Oz), de même rayon R, placées symétriquement de part et d'autre du plan z = 0 aux cotes z = -d et z = +d.
  2. Déterminer le sens relatif des courants par des arguments de symétrie pour annuler la composante axiale B_z dans le plan z=0 : il faut des courants en sens opposés (configuration anti-Helmholtz).
  3. Choisir le sens absolu des courants avec la règle de la main droite (en respectant l'orientation de l'axe (Oz) vers le bas) afin d'obtenir un champ radial sortant (B_r > 0).
Voir la réponse courte

Deux spires coaxiales en opposition de courant (anti-Helmholtz) produisant un champ antisymétrique purement radial dans le plan médian.

Voir le corrigé complet

1. Dispositif proposé

On dispose de deux spires circulaires identiques de rayon R, d'axe commun (Oz), parallèles au plan z = 0 et disposées symétriquement aux cotes :

  • z = -d pour la spire supérieure ;
  • z = +d pour la spire inférieure.

Pour créer un champ radial dans le plan médian z = 0, les spires doivent être parcourues par des courants d'intensités égales et de sens opposés (configuration dite de bobines en opposition ou anti-Helmholtz).

2. Analyse des symétries

  • La distribution de courants est invariante par rotation autour de l'axe (Oz) : le champ magnétique ne dépend pas de \theta, et par symétrie de révolution, B_\theta(r, z) = 0.
  • Les courants circulant en sens opposés dans les deux spires, le plan z = 0 est un plan d'antisymétrie pour la distribution de courant :

    \vec{\jmath}(r, \theta, -z) = -\vec{\jmath}(r, \theta, z)

    Par conséquent, le plan z = 0 est un plan de symétrie pour le champ magnétique axial (B_z) et d'antisymétrie pour le champ radial (B_r) ? Précisons : pour un champ pseudo-vectoriel comme \vec{B}, un plan d'antisymétrie des courants est un plan tangent pour \vec{B}. Ainsi, \vec{B}(r, \theta, z=0) appartient au plan z = 0 :

    B_z(r, \theta, z = 0) = 0

    Le champ magnétique dans le plan z = 0 est donc purement radial :

    \vec{B}(r, z = 0) = B_r(r, 0)\,\vec{u}_r

3. Orientation des courants pour un champ radial sortant

L'axe (Oz) est vertical et orienté vers le bas. Le repère cartésien (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) étant direct avec \vec{u}_x horizontal vers la droite et \vec{u}_z vers le bas, le vecteur \vec{u}_y = \vec{u}_z \wedge \vec{u}_x est orienté vers l'arrière (entrant dans la page).

  • Pour x > 0, le vecteur orthoradial \vec{u}_\theta est dans le sens de \vec{u}_y (entrant, noté \otimes).
  • Pour x < 0, \vec{u}_\theta est dans le sens de -\vec{u}_y (sortant, noté \odot).

Pour que les lignes de champ s'échappent radialement vers l'extérieur dans le plan z = 0 (B_r > 0), la conservation du flux magnétique (\operatorname{div}\vec{B} = 0) impose que le champ le long de l'axe (Oz) converge vers le centre O :

  • En z < 0, \vec{B}(0, z) doit être orienté selon +\vec{u}_z (vers le bas) : d'après la règle du tire-bouchon de Maxwell, le courant de la spire supérieure (z = -d) doit circuler selon +\vec{u}_\theta (soit \odot en x < 0 et \otimes en x > 0).
  • En z > 0, \vec{B}(0, z) doit être orienté selon -\vec{u}_z (vers le haut) : le courant de la spire inférieure (z = +d) doit circuler en sens inverse, selon -\vec{u}_\theta (soit \otimes en x < 0 et \odot en x > 0).

4. Schéma et lignes de champ dans le plan (xOz)

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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : champ magnétique, symétrie

Donner les caractéristiques de dans le plan . Quel est le signe de au voisinage de et pour ?

Voir l'indice

Exploiter les propriétés de symétrie et d'antisymétrie par rapport au plan z = 0 pour déterminer B_z(r, 0), puis observer la courbure des lignes de champ.

Voir la stratégie
  1. Exploiter les symétries et invariances de la distribution de deux spires coaxiales anti-parallèles pour déterminer la direction et les composantes de \vec{B} dans le plan médian z = 0.
  2. Utiliser l'équation de Maxwell-Thomson \operatorname{div}\vec{B} = 0 pour relier \frac{\partial B_z}{\partial z} au comportement radial de B_r(r, 0) près de l'axe puis à grande distance.
Voir la réponse courte

Étude du signe de \partial B_z / \partial z sur l'axe en r=0 et à l'infini en exploitant les symétries.

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1. Caractéristiques de \vec{B} dans le plan z = 0

  • Direction et composantes : Le plan z = 0 est un plan d'antisymétrie pour la distribution de courant (\vec{j}(r, \theta, -z) = -\vec{j}(r, \theta, z)). Le champ magnétique étant un pseudo-vecteur, il est contenu dans son plan d'antisymétrie, d'où :

    B_z(r, \theta, 0) = 0

    De plus, tout plan méridien contenant l'axe (Oz) est un plan d'antisymétrie des courants (courants orthoradiaux orthogonaux au plan), donc \vec{B} est contenu dans le plan méridien : B_\theta(r, \theta, 0) = 0.

  • Invariances : La géométrie étant invariante par rotation autour de (Oz), le champ ne dépend pas de \theta.
  • Profil radial : Le champ est purement radial sortant :

    \vec{B}(r, 0) = B_r(r, 0)\,\vec{u}_r \quad \text{avec} \quad B_r(r, 0) > 0 \quad (\forall r > 0)

    Sur l'axe, par symétrie de révolution, \vec{B}(0, 0) = \vec{0} (soit B_r(0, 0) = 0), et à l'infini, \lim_{r\to\infty} \vec{B} = \vec{0}.

2. Signe de \frac{\partial B_z}{\partial z}(r, z = 0)

D'après l'équation de Maxwell-Thomson \operatorname{div}\vec{B} = 0, exprimée en coordonnées cylindriques dans le plan z = 0 :

\frac{\partial B_z}{\partial z}(r, 0) = -\frac{1}{r}\frac{\partial (r B_r(r, 0))}{\partial r}
  • Au voisinage de r = 0 : Le champ \vec{B} étant régulier et s'annulant sur l'axe, son développement au premier ordre est linéaire : B_r(r, 0) \underset{r \to 0}{=} \alpha\,r avec \alpha > 0 puisque le champ est sortant. On en déduit :

    \begin{aligned} r B_r(r, 0) &\underset{r \to 0}{=} \alpha\,r^2 \\ \frac{\partial B_z}{\partial z}(r, 0) &\underset{r \to 0}{=} -\frac{1}{r}(2\alpha r) = -2\alpha < 0 \end{aligned}
    \boxed{\frac{\partial B_z}{\partial z}(r \to 0, z = 0) < 0}
  • Pour r \to \infty : À grande distance, le dipôle magnétique global étant nul (courants opposés), le système équivaut à un quadrupôle magnétique dont le champ décroît comme 1/r^4. Par conséquent, le produit r B_r(r, 0) \propto 1/r^3 est une fonction strictement positive qui tend vers 0 lorsque r \to \infty : elle est donc nécessairement décroissante à l'infini, ce qui implique \frac{\partial (r B_r)}{\partial r} < 0. On a donc :

    \boxed{\frac{\partial B_z}{\partial z}(r \to \infty, z = 0) > 0}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : force de laplace, extremum

Tracer approximativement la courbe de en fonction de . Montrer qu'il existe une valeur de , qu'on appellera , autour de laquelle dépend peu de .

Voir l'indice

Identifier un point d'annulation de la dérivée première de la force au point où \partial B_z / \partial z change de signe.

Voir la stratégie
  1. Étudier le comportement de F(R, z = 0) aux limites (R \to 0 et R \to \infty) ainsi que le signe de sa dérivée première \frac{\partial F_z}{\partial R} à l'aide des résultats des questions Q13 et Q15.
  2. En déduire l'allure de la courbe, l'existence d'un extremum en R_{\text{opt}}, et justifier par un développement de Taylor au premier ordre que la force dépend très peu du rayon au voisinage de cette valeur.
Voir la réponse courte

Changement de signe du gradient assurant par le théorème des valeurs intermédiaires l'existence d'un extremum où \partial F_z/\partial R = 0.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q12 et Q13, la force axiale s'exerçant sur la spire dans le plan z = 0 s'écrit :

F_z(R, z = 0) = 2\pi I R B_r(R, 0)

et sa dérivée par rapport à R vérifie :

\frac{\partial F_z}{\partial R}(R, z = 0) = -2\pi I R \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, z = 0)

Examinons les caractéristiques de cette fonction (en prenant I > 0, de sorte que F_z > 0) :

  • En R = 0 : le rayon étant nul (et le champ magnétique radial nul sur l'axe par symétrie), on a F_z(0, 0) = 0.
  • Au voisinage de R = 0 : d'après la question Q15, \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, 0) < 0, donc \frac{\partial F_z}{\partial R}(R, 0) > 0. La force est strictement croissante avec le rayon au voisinage de l'axe.
  • Pour R \to \infty : le champ magnétique créé par les spires décroît rapidement vers zéro (en 1/R^3 au moins), de sorte que F_z(R, 0) \to 0. De plus, d'après la question Q15, \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, 0) > 0, donc \frac{\partial F_z}{\partial R}(R, 0) < 0 : la force décroît à l'infini.

Par continuité de \frac{\partial B_z}{\partial z}(R, 0), le théorème des valeurs intermédiaires assure l'existence d'au moins une valeur R_{\text{opt}} > 0 telle que :

\frac{\partial B_z}{\partial z}(R_{\text{opt}}, 0) = 0 \iff \frac{\partial F_z}{\partial R}(R_{\text{opt}}, 0) = 0

Cette valeur correspond à un maximum local de la force de Laplace.

Au voisinage de R_{\text{opt}}, un développement limité de Taylor à l'ordre deux en \mathrm{d}R = R - R_{\text{opt}} donne :

F_z(R_{\text{opt}} + \mathrm{d}R, 0) = F_z(R_{\text{opt}}, 0) + \underbrace{\frac{\partial F_z}{\partial R}(R_{\text{opt}}, 0)}_{= 0} \mathrm{d}R + \frac{1}{2} \frac{\partial^2 F_z}{\partial R^2}(R_{\text{opt}}, 0) \, (\mathrm{d}R)^2 + \mathcal{O}((\mathrm{d}R)^3)

La variation de force au premier ordre en \mathrm{d}R est rigoureusement nulle :

\boxed{\mathrm{d}F_z = \mathcal{O}((\mathrm{d}R)^2)}

La force F(R, z = 0) est donc stationnaire par rapport à R autour de R_{\text{opt}} et dépend très peu d'une variation de rayon.

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : force de laplace, compensation d'erreurs

Déduire de la question 16 une façon permettant de minimiser les problèmes posés par la dilatation de la spire.

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Conclure sur le dimensionnement optimal : placer la bobine au rayon R_{\mathrm{opt}} où la force est stationnaire vis-à-vis des variations du rayon.

Voir la réponse courte

Choix du rayon optimal R = R_{\mathrm{opt}} annulant la sensibilité de la pesée à la dilatation thermique au premier ordre.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question Q16, la dérivée de la force axiale par rapport au rayon de la spire s'annule en R = R_{\mathrm{opt}} dans le plan z = 0 :

\left. \frac{\partial F_z(R, 0)}{\partial R} \right|_{R = R_{\mathrm{opt}}} = 0

Par conséquent, au voisinage de ce rayon optimal, un développement limité de la force pour une petite variation \mathrm{d}R \ll R de rayon s'écrit :

\Delta F_z = F_z(R_{\mathrm{opt}} + \mathrm{d}R, 0) - F_z(R_{\mathrm{opt}}, 0) = \frac{1}{2} \left. \frac{\partial^2 F_z}{\partial R^2} \right|_{R_{\mathrm{opt}}} (\mathrm{d}R)^2 + \mathcal{O}\big((\mathrm{d}R)^3\big)

Le terme d'erreur au premier ordre en \mathrm{d}R est nul.

Pour minimiser l'impact d'une éventuelle dilatation thermique de la bobine sur la mesure, il suffit donc de :

\boxed{\text{Concevoir la bobine avec un rayon nominal égal au rayon optimal : } R = R_{\mathrm{opt}}}

Ainsi, une variation résiduelle de température n'engendre qu'une modification de la force au second ordre en \mathrm{d}R, ce qui rend la balance de Kibble très peu sensible aux fluctuations thermiques dimensionnelles.

Résultat

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I.C · Mise en pratique de la nouvelle définition du kilogramme

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : effet josephson, effet hall quantique, constante de planck

Établir la relation simple entre la constante de Planck et la masse dans l'expérience de la balance de Kibble en faisant intervenir , et d'autres grandeurs mesurables.

Voir l'indice

Combiner l'équation de la balance de Kibble avec la définition de la résistance étalon quantifiée R' et la mesure des tensions.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le courant I de la phase statique à partir de la tension U' mesurée aux bornes de la résistance étalon R'.
  2. Relier la f.é.m. induite E de la phase dynamique à la tension U mesurée à vide par le voltmètre, puis utiliser le bilan de puissance établi à la question Q8.
  3. Injecter l'expression quantique de la résistance étalon R' = \dfrac{h}{\zeta e^2} pour obtenir la relation cherchée entre m, h, v, g et les grandeurs mesurables (U, U', \zeta).
Voir la réponse courte

Mesures quantiques de la fem (effet Josephson) et de la résistance (effet Hall quantique), reliant m à h.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 1 :

  • Lors de la phase statique, le courant d'équilibrage I traverse une résistance étalon R' aux bornes de laquelle est mesurée une tension U'. D'après la loi d'Ohm, son intensité s'écrit :

    I = \frac{U'}{R'}
  • Lors de la phase dynamique, la tension U mesurée en circuit ouvert aux bornes de la bobine correspond à la force électromotrice induite :

    U = |E|

D'après le bilan de puissance établi à la question Q8, la puissance mécanique compense la puissance électrique :

m g v = |E| I = U I = \frac{U U'}{R'}

En utilisant l'expression de la résistance étalon issue de l'effet Hall quantique donnée par le texte, R' = \dfrac{h}{\zeta e^2}, il vient :

m g v = \frac{\zeta e^2 U U'}{h}

On en déduit l'expression de la masse m en fonction de la constante de Planck et des grandeurs mesurables (U, U', v, g, \zeta et la constante e) :

\boxed{m = \frac{\zeta e^2 U U'}{h g v}}

ou, formulée de façon équivalente pour déterminer la constante de Planck à partir de la masse étalon m :

\boxed{h = \frac{\zeta e^2 U U'}{m g v}}

Résultat

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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : calcul d'incertitude, incertitude relative

Si les mesures de et sont effectuées avec une précision relative de , quelle précision relative a-t-on sur une mesure du kilogramme en théorie ?

Voir l'indice

Composer les incertitudes relatives quadratiquement ou par majoration différentielle logarithmique sur l'expression de la masse.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression de la masse m obtenue à la question Q18 en fonction des différentes grandeurs mesurées et des constantes fondamentales.
  2. Identifier l'incertitude relative associée à chaque grandeur intervenant dans l'expression, en notant que les constantes fondamentales h et e sont désormais exactes par définition.
  3. Appliquer la loi de propagation des incertitudes relatives (composée quadratique ou majorante) pour en déduire la précision relative sur la masse m.
Voir la réponse courte

Combinaison des incertitudes relatives sur g et v conduisant à une incertitude théorique relative de l'ordre de 10^{-8}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, la masse m s'exprime par :

m = \frac{\zeta e^2 U U'}{h g v}

Dans le cadre du Système international révisé :

  • la constante de Planck h et la charge élémentaire e sont des constantes fixées par convention, donc sans incertitude :

    \frac{\Delta h}{h} = 0 \quad \text{et} \quad \frac{\Delta e}{e} = 0
  • les grandeurs quantiques et électriques sont connues avec une précision relative de 10^{-9} :

    \frac{\Delta \zeta}{\zeta} \sim 10^{-9}, \quad \frac{\Delta U}{U} \sim 10^{-9}, \quad \frac{\Delta U'}{U'} \sim 10^{-9}
  • la vitesse v et l'accélération de la pesanteur g sont mesurées avec une précision relative de 10^{-8} :

    \frac{\Delta v}{v} = 10^{-8} \quad \text{et} \quad \frac{\Delta g}{g} = 10^{-8}

En supposant les incertitudes indépendantes, la propagation quadratique des incertitudes relatives-types donne :

\begin{aligned} \frac{u(m)}{m} &= \sqrt{\left(\frac{u(v)}{v}\right)^2 + \left(\frac{u(g)}{g}\right)^2 + \left(\frac{u(U)}{U}\right)^2 + \left(\frac{u(U')}{U'}\right)^2 + \left(\frac{u(\zeta)}{\zeta}\right)^2} \\ &= \sqrt{(10^{-8})^2 + (10^{-8})^2 + 3 \times (10^{-9})^2} \\ &= 10^{-8} \times \sqrt{1 + 1 + 0{,}03} \approx \sqrt{2} \times 10^{-8} \approx 1{,}4 \times 10^{-8} \end{aligned}

Une majoration au sens des incertitudes maximales mènerait à :

\frac{\Delta m}{m} \le \frac{\Delta v}{v} + \frac{\Delta g}{g} + \frac{\Delta U}{U} + \frac{\Delta U'}{U'} + \frac{\Delta \zeta}{\zeta} = 2{,}3 \times 10^{-8}

Dans les deux cas, la précision relative théorique sur la mesure du kilogramme est de l'ordre de :

\boxed{\frac{\Delta m}{m} \approx 10^{-8}}

(plus précisément comprise entre 1{,}4 \times 10^{-8} et 2{,}3 \times 10^{-8}).

Résultat

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Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, système international d'unités

À partir de l'unité de , expliquer pourquoi fixer définitivement la valeur de la constante de Planck permet de redéfinir le kilogramme.

Voir l'indice

Analyser l'équation aux dimensions de la constante de Planck ([h] = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1}) et s'appuyer sur la fixation préalable du mètre et de la seconde.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dimension et l'unité SI de la constante de Planck h en fonction des unités de base du Système international (\mathrm{kg}, \mathrm{m}, \mathrm{s}).
  2. Rappeler que les unités de temps (\mathrm{s}) et de longueur (\mathrm{m}) sont déjà définies par la fixation de constantes fondamentales (\Delta\nu_{\mathrm{Cs}} et c).
  3. En déduire l'expression du kilogramme en fonction de h, du mètre et de la seconde.
Voir la réponse courte

Dimension [h] = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1} : le mètre et la seconde étant fixés, la valeur de h définit le kilogramme.

Voir le corrigé complet

La constante de Planck h a pour unité le joule-seconde (\mathrm{J\cdot s}). Exprimons cette unité dans les unités de base du Système international :

\begin{aligned} 1\text{ J} &= 1\text{ N}\cdot\text{m} = 1\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-2}, \\ \text{donc}\quad [h] &= \mathrm{kg\cdot m^2\cdot s^{-1}} \quad (\text{soit en analyse dimensionnelle : } [h] = \mathsf{M\cdot L^2\cdot T^{-1}}). \end{aligned}

Or, dans le Système international :

  • la seconde (\mathrm{s}) est définie en fixant la valeur exacte de la fréquence de transition hyperfine du césium 133, \Delta\nu_{\mathrm{Cs}} ;
  • le mètre (\mathrm{m}) est défini en fixant la valeur exacte de la célérité de la lumière dans le vide, c (la seconde étant déjà connue).

En isolant le kilogramme dans l'expression de l'unité de h, on obtient :

1\text{ kg} = \frac{1\text{ J}\cdot\text{s}}{1\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1}} = 1\text{ s}\cdot\text{m}^{-2} \cdot h.

Fixer définitivement une valeur numérique exacte pour la constante de Planck (soit h = 6{,}626\,070\,15 \times 10^{-34}\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-1}) permet donc de définir l'unité de masse à partir d'une constante fondamentale invariante, sans recourir à un artéfact matériel :

\boxed{1\text{ kg} = \left(\frac{h}{6{,}626\,070\,15 \times 10^{-34}}\right)\text{m}^{-2}\cdot\text{s}}

Résultat

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Partie II : Redéfinition du kelvin

II.A · Rapide historique

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : échelle de température, température absolue

Rappeler la définition du degré Celsius et du kelvin en vigueur jusqu'en 2018. À combien de kelvins correspond ?

Voir l'indice

Rappeler la valeur conventionnelle de 273{,}16\text{ K} pour le point triple de l'eau et le décalage de 273{,}15\text{ K} pour la température de fusion de la glace à pression standard.

Voir la réponse courte

Définition historique du kelvin via la fraction 1/273{,}16 du point triple de l'eau et correspondance 0\text{ }^\circ\mathrm{C} = 273{,}15\text{ K}.

Voir le corrigé complet
  1. Définition du kelvin (en vigueur de 1967 à 2018) :
    Le kelvin (symbole \mathrm{K}) était défini comme la fraction \frac{1}{273{,}16} de la température thermodynamique du point triple de l'eau. Par convention, la température thermodynamique du point triple de l'eau était donc fixée exactement à :

    T_{\text{pt}} = 273{,}16\text{ K}
  2. Définition du degré Celsius :
    La température Celsius t (ou \theta), exprimée en degrés Celsius (^\circ\mathrm{C}), est définie par translation à partir de la température thermodynamique T exprimée en kelvins selon :

    t(^\circ\mathrm{C}) = T(\mathrm{K}) - 273{,}15

    Une différence de température d'un degré Celsius est rigoureusement égale à une différence de température d'un kelvin (\Delta t = \Delta T).

  3. Équivalent de 0\text{ }^\circ\mathrm{C} :
    D'après la relation précédente, pour t = 0\text{ }^\circ\mathrm{C} :

    \boxed{T(0\text{ }^\circ\mathrm{C}) = 273{,}15\text{ K}}

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : point triple, équilibre diphasé

Avant la réforme de 2018, la référence de température était un artéfact, une cellule au point triple de l'eau (figure 3). Quelles pouvaient être les sources d'incertitude dans cette expérience ?

Voir l'indice

Citer les variations isotopiques de l'eau (norme V-SMOW), la présence d'impuretés chimiques dissoutes et le gradient de pression hydrostatique au sein de la cellule.

Voir la réponse courte

Variabilité isotopique de l'eau, impuretés chimiques résiduelles et gradients de pression hydrostatique dans la cellule.

Voir le corrigé complet

La cellule au point triple de l'eau réalise l'équilibre thermodynamique simultané entre les trois phases (glace, eau liquide et vapeur d'eau saturante) d'un échantillon d'eau chimiquement pure. Les principales sources d'incertitude affectant la reproductibilité et l'exactitude de cette température de référence sont les suivantes :

  • La composition isotopique de l'eau : la présence en proportions variables d'isotopes lourds (deutérium {}^2\mathrm{H}, oxygène 18 {}^{18}\mathrm{O}) modifie légèrement les équilibres de phase. Une variation isotopique non contrôlée peut introduire des écarts de température atteignant plusieurs dizaines de microkelvins (ce qui avait contraint le CIPM à imposer en 2005 une composition standard, l'eau VSMOW).
  • La pureté chimique et les gaz dissous : la présence d'impuretés dissoutes (sels, composés chimiques lessivés de la paroi) ou de gaz résiduels non dégazés (azote, dioxygène) modifie les potentiels chimiques et abaisse la température d'équilibre solide-liquide (loi de la cryométrie).
  • L'effet de la pression hydrostatique : le thermomètre est plongé dans le puits thermométrique à une certaine profondeur sous la surface libre. La pression locale y est augmentée de \rho g h, ce qui décale légèrement la température d'équilibre liquide-solide selon la relation de Clapeyron (effet de l'ordre de -0{,}73\text{ mK}\cdot\text{m}^{-1}).
  • Les fuites thermiques parasites : des transferts thermiques par conduction le long de la gaine du thermomètre et par rayonnement entre l'intérieur de la cellule et le milieu extérieur créent des gradients de température au voisinage du capteur.
  • Le vieillissement de la cellule : à long terme, la dissolution lente des silicates des parois en verre borosilicaté enrichit l'eau en impuretés, entraînant une dérive temporelle de la température de référence.
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II.B · Méthode de la thermométrie acoustique à gaz

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 1 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : constante des gaz parfaits, constante de boltzmann

Rappeler le lien entre la constante des gaz parfaits et la constante de Boltzmann .

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Rappeler la relation macroscopique-microscopique R = N_A k_B.

Voir la réponse courte

Relation fondamentale reliant échelle macroscopique et échelle microscopique : R = \mathcal{N}_A k_B.

Voir le corrigé complet

L'équation d'état du gaz parfait s'écrit, à l'échelle macroscopique pour une quantité de matière n :

P V = n R T

et à l'échelle microscopique pour un nombre de particules N = n N_A :

P V = N k_B T

Par identification directe entre les deux expressions, on obtient la relation fondamentale liant la constante molaire des gaz parfaits R et la constante microscopique de Boltzmann k_B :

\boxed{R = N_A \, k_B}

où N_A désigne la constante d'Avogadro.

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours

Notions : approximation acoustique

Rappeler la signification de cette approximation.

Voir l'indice

Définir le régime des petits signaux : les écarts aux grandeurs d'équilibre sont infinitésimaux, autorisant la suppression de tous les termes d'ordre supérieur ou égal à 2.

Voir la réponse courte

Perturbations infinitésimales : variations de pression et masse volumique petites devant les grandeurs au repos, et v \ll c_s.

Voir le corrigé complet

L'approximation acoustique consiste à supposer que le passage de l'onde sonore ne provoque qu'une très faible perturbation des grandeurs thermodynamiques et cinématiques par rapport à leur état d'équilibre au repos.

Elle se traduit par les conditions sur les grandeurs sans dimension suivantes :

\boxed{\frac{|p_1|}{p_0} \ll 1, \qquad \frac{|\mu_1|}{\mu_0} \ll 1 \qquad \text{et} \qquad \frac{|v_1|}{c_s} \ll 1}

où c_s désigne la célérité des ondes sonores dans le gaz.

Cette approximation permet de linéariser les équations régissant l'écoulement (équation d'Euler, équation de conservation de la masse et équation d'état thermodynamique) en négligeant tous les termes d'ordre supérieur ou égal à deux devant les termes du premier ordre (notamment le terme convectif d'accélération (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \sim v_1 \frac{\partial v_1}{\partial x} devant le terme d'accélération locale \frac{\partial \vec{v}}{\partial t}, ainsi que les produits \mu_1 v_1).

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : équation d'euler, linéarisation

Donner l'équation d'Euler et la linéariser.

Voir l'indice

Partir de l'équation d'Euler 1D en négligeant le terme convectif quadratique (v_1 \partial v_1 / \partial x) devant la dérivée temporelle.

Voir la réponse courte

Linéarisation de l'équation d'Euler en négligeant le terme convectif : \mu_0 \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t} = -\vec{\nabla} p_1.

Voir le corrigé complet

L'écoulement étant supposé parfait et l'influence de la pesanteur négligée, le fluide vérifie l'équation d'Euler :

\mu \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} \right) = -\vec{\nabla} p

Dans le cadre d'un écoulement unidimensionnel selon (Ox), avec \vec{v} = v_1(x,t)\,\vec{u}_x, cette équation se projette sous la forme scalaire :

\mu(x,t) \left( \frac{\partial v_1}{\partial t} + v_1 \frac{\partial v_1}{\partial x} \right) = -\frac{\partial p}{\partial x}

On décompose les grandeurs en la somme de l'état de repos uniforme et d'une perturbation du premier ordre :

\mu(x,t) = \mu_0 + \mu_1(x,t) \quad \text{et} \quad p(x,t) = p_0 + p_1(x,t)

Dans le cadre de l'approximation acoustique :

  • le terme convectif v_1 \dfrac{\partial v_1}{\partial x} est d'ordre 2 en perturbation et est négligé devant l'accélération locale \dfrac{\partial v_1}{\partial t} ;
  • le produit \mu_1 \dfrac{\partial v_1}{\partial t} est également du second ordre, de sorte que :

    \mu \frac{\partial v_1}{\partial t} = (\mu_0 + \mu_1)\frac{\partial v_1}{\partial t} \approx \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial t}
  • la pression au repos p_0 étant uniforme, \dfrac{\partial p}{\partial x} = \dfrac{\partial p_1}{\partial x}.

Au premier ordre, l'équation d'Euler linéarisée s'écrit donc :

\boxed{\mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial t} = -\frac{\partial p_1}{\partial x}}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Mise en équation

Notions : conservation de la masse, équation de continuité

Rappeler l'équation de conservation de la masse et la linéariser.

Voir l'indice

Écrire la conservation locale de la masse 1D, développer le flux massique et ne retenir que les termes d'ordre 1.

Voir la réponse courte

Linéarisation de l'équation locale de conservation de la masse au premier ordre : \frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \mathrm{div}\,\vec{v}_1 = 0.

Voir le corrigé complet

L'équation locale de conservation de la masse (ou équation de continuité) s'écrit de manière générale :

\frac{\partial \mu}{\partial t} + \operatorname{div}(\mu \vec{v}) = 0

Dans le cas d'un écoulement unidimensionnel le long de l'axe (Ox), où \vec{v}(x,t) = v_1(x,t)\,\vec{u}_x, elle prend la forme scalaire :

\frac{\partial \mu}{\partial t} + \frac{\partial(\mu v)}{\partial x} = 0

On injecte la décomposition du champ de masse volumique \mu(x,t) = \mu_0 + \mu_1(x,t) et de la vitesse v(x,t) = v_1(x,t) :

\frac{\partial(\mu_0 + \mu_1)}{\partial t} + \frac{\partial\bigl((\mu_0 + \mu_1)v_1\bigr)}{\partial x} = 0

Puisque l'état d'équilibre est homogène et stationnaire, \frac{\partial \mu_0}{\partial t} = 0. Le développement donne ainsi :

\frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} + \frac{\partial(\mu_1 v_1)}{\partial x} = 0

Dans le cadre de l'approximation acoustique, les perturbations sont d'ordre 1 (\mu_1 \ll \mu_0 et v_1 \ll c_s), si bien que le terme \mu_1 v_1 est un infiniment petit du second ordre, négligeable devant les termes du premier ordre. L'équation de conservation de la masse linéarisée s'écrit donc :

\boxed{\frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0}

Résultat

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Question 27

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : compressibilité isentropique

À partir de la définition de , obtenir une relation entre et .

Voir l'indice

Exprimer la variation d'état isentropique reliant différentielle de masse volumique et différentielle de pression à l'aide de \chi_S.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition thermodynamique générale du coefficient de compressibilité isentropique \chi_S pour un système fermé.
  2. Exprimer \chi_S en fonction de la masse volumique \mu.
  3. Relier les écarts au repos \mu_1 et p_1 au premier ordre dans l'hypothèse de transformations isentropiques.
Voir la réponse courte

Évolution acoustique isentropique : par définition de \chi_S, on a \mu_1 = \mu_0 \chi_S p_1.

Voir le corrigé complet

Par définition thermodynamique, le coefficient de compressibilité isentropique d'un fluide s'écrit :

\chi_S = -\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial p}\right)_S

Considérons une particule fluide de masse fixée m^* = \mu V. En différenciant cette relation à masse constante :

\mathrm{d}m^* = 0 \implies \mu\,\mathrm{d}V + V\,\mathrm{d}\mu = 0 \iff \frac{\mathrm{d}V}{V} = -\frac{\mathrm{d}\mu}{\mu}

On en déduit l'expression de \chi_S en fonction de la masse volumique :

\chi_S = \frac{1}{\mu} \left(\frac{\partial \mu}{\partial p}\right)_S

Dans le cadre de l'approximation acoustique, l'écoulement est supposé parfait et les échanges thermiques conductifs entre zones comprimées et détendues sont négligeables aux échelles temporelles et spatiales de l'onde sonore : les transformations subies par chaque particule fluide sont donc réversibles et adiabatiques, c'est-à-dire isentropiques.

Au premier ordre en perturbation autour de l'état de repos uniforme (\mu_0, p_0), on a :

\mu_1 = \left(\frac{\partial \mu}{\partial p}\right)_{S,\,0} p_1

ce qui conduit immédiatement à la relation constitutive linéaire :

\boxed{\mu_1 = \mu_0 \chi_S p_1}

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, célérité acoustique

Établir l'équation de propagation pour la surpression . Comment s'exprime la célérité des ondes sonores ?

Voir l'indice

Dériver temporellement la relation thermoélastique et croiser avec l'équation de continuité et l'équation d'Euler pour dégager une équation de d'Alembert.

Voir la stratégie

Pour obtenir l'équation de propagation régissant la surpression p_1(x,t), on combine les trois relations locales linéarisées établies précédemment :

  1. éliminer \mu_1 dans l'équation de conservation de la masse à l'aide de la relation thermodynamique issue de la compressibilité isentropique ;
  2. dériver par rapport au temps cette équation de continuité modifiée, et par rapport à l'espace l'équation d'Euler ;
  3. éliminer les dérivées croisées de la vitesse à l'aide du théorème de Schwarz pour identifier l'équation de d'Alembert et la célérité c_s.
Voir la réponse courte

Combinaison d'Euler et de la continuité conduisant à \Delta p_1 - \mu_0 \chi_S \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0 avec c_s = 1/\sqrt{\mu_0 \chi_S}.

Voir le corrigé complet

Rappelons les trois équations obtenues aux questions Q25, Q26 et Q27 :

  • Équation d'Euler linéarisée :

    \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial t} = -\frac{\partial p_1}{\partial x} \tag{1}
  • Équation de conservation de la masse linéarisée :

    \frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0 \tag{2}
  • Relation de compressibilité isentropique :

    \mu_1 = \mu_0 \chi_S p_1 \tag{3}

En injectant l'expression (3) de \mu_1 dans l'équation (2), on obtient, \mu_0 étant une constante non nulle :

\mu_0 \chi_S \frac{\partial p_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0 \implies \chi_S \frac{\partial p_1}{\partial t} + \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0

Dérivons cette équation par rapport au temps t :

\chi_S \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} + \frac{\partial^2 v_1}{\partial t \, \partial x} = 0

D'autre part, en dérivant l'équation d'Euler (1) par rapport à l'espace x et en appliquant le théorème de Schwarz aux dérivées croisées de v_1 :

\mu_0 \frac{\partial^2 v_1}{\partial x \, \partial t} = -\frac{\partial^2 p_1}{\partial x^2} \implies \frac{\partial^2 v_1}{\partial t \, \partial x} = -\frac{1}{\mu_0}\frac{\partial^2 p_1}{\partial x^2}

En substituant ce terme dans l'équation précédente, il vient :

\chi_S \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} - \frac{1}{\mu_0}\frac{\partial^2 p_1}{\partial x^2} = 0 \iff \frac{\partial^2 p_1}{\partial x^2} - \mu_0 \chi_S \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0

On reconnaît l'équation de d'Alembert unidimensionnelle :

\boxed{\frac{\partial^2 p_1}{\partial x^2} - \frac{1}{c_s^2}\frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0}

où la célérité c_s des ondes sonores s'exprime par la relation de Newton-Laplace :

\boxed{c_s = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_S}}}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : célérité acoustique, gaz parfait, loi de laplace

En supposant que le gaz est parfait et que le coefficient adiabatique est constant, établir la nouvelle expression de la célérité en fonction de . Faire l'application numérique pour de l'air à .

Voir l'indice

Utiliser la loi de Laplace pour un gaz parfait afin d'exprimer \chi_S = 1/(\gamma p_0), puis introduire la loi des gaz parfaits.

Voir la réponse courte

Formule de Laplace c_s = \sqrt{\gamma R T / M} et calcul numérique pour l'air à 300\text{ K} : c_s \approx 347\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Pour une transformation isentropique (adiabatique réversible) d'un gaz parfait à coefficient adiabatique \gamma constant, la loi de Laplace s'écrit :

p V^\gamma = \text{cte} \quad \text{soit, avec } \mu = \frac{m}{V} \propto \frac{1}{V}, \quad p \mu^{-\gamma} = \text{cte}.

En différentiant cette relation logarithmiquement :

\frac{\mathrm{d}p}{p} - \gamma \frac{\mathrm{d}\mu}{\mu} = 0 \implies \left(\frac{\partial \mu}{\partial p}\right)_S = \frac{\mu}{\gamma p}.

Le coefficient de compressibilité isentropique au repos vaut donc :

\chi_S = \frac{1}{\mu_0} \left(\frac{\partial \mu}{\partial p}\right)_S = \frac{1}{\gamma p_0}.

En reportant cette expression dans la relation établie à la question Q28, on obtient la formule de Laplace :

c_s = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_S}} = \sqrt{\frac{\gamma p_0}{\mu_0}}.

D'après l'équation d'état des gaz parfaits, pour une masse m occupant un volume V de masse molaire M :

p_0 V = \frac{m}{M} R T \implies \frac{p_0}{\mu_0} = \frac{R T}{M}.

On en déduit l'expression de la célérité du son en fonction de la température :

\boxed{c_s = \sqrt{\frac{\gamma R T}{M}}}.

Application numérique :

  • L'air est constitué principalement de gaz diatomiques (\mathrm{N}_2 à environ 80\,\% et \mathrm{O}_2 à 20\,\%). Les degrés de liberté de translation (3) et de rotation (2) étant activés à température ambiante, on a C_{V,m} = \frac{5}{2}R et C_{P,m} = \frac{7}{2}R, d'où :

    \gamma = \frac{C_{P,m}}{C_{V,m}} = \frac{7}{5} = 1{,}40.
  • La masse molaire moyenne de l'air vaut :

    M \approx 0{,}80 \times 2 M_{\mathrm{N}} + 0{,}20 \times 2 M_{\mathrm{O}} = 0{,}80 \times 28 + 0{,}20 \times 32 = 28{,}8\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 28{,}8 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}.
  • D'après la question Q23 :

    R = N_A k_B \approx 6{,}02 \times 10^{23} \times 1{,}38 \times 10^{-23} \approx 8{,}31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1}.

Le calcul donne alors :

c_s = \sqrt{\frac{1{,}40 \times 8{,}31 \times 300}{28{,}8 \times 10^{-3}}} \approx 348\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
\boxed{c_s \approx 3{,}5 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (348\text{ m}\cdot\text{s}^{-1})}.

Résultat

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Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique

Notions : gaz parfait monoatomique, célérité acoustique

Au LNE, le gaz utilisé est un gaz rare tel que l'hélium ou l'argon. Calculer la valeur numérique de pour l'hélium à la température du point triple de l'eau.

Voir l'indice

Appliquer la formule de la vitesse du son avec le coefficient adiabatique \gamma = 5/3 propre aux gaz parfaits monoatomiques.

Voir la réponse courte

Gaz rare monoatomique (\gamma = 5/3) donnant c_s \approx 973\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} dans l'hélium à 273{,}16\text{ K}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q29, la célérité du son dans un gaz parfait s'écrit :

c_s = \sqrt{\frac{\gamma R T}{M_{\mathrm{He}}}} = \sqrt{\frac{\gamma N_A k_B T}{M_{\mathrm{He}}}}.

L'hélium est un gaz rare monoatomique. Ses molécules ne possèdent que les trois degrés de liberté de translation, d'où :

C_{V,m} = \frac{3}{2}R \quad \text{et} \quad C_{p,m} = C_{V,m} + R = \frac{5}{2}R \implies \gamma = \frac{C_{p,m}}{C_{V,m}} = \frac{5}{3}.

À la température du point triple de l'eau, les données numériques fournies sont :

  • \gamma = \dfrac{5}{3} ;
  • N_A \approx 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} et k_B \approx 1{,}38 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}, soit R = N_A k_B \approx 8{,}31\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • T \approx 273{,}16\text{ K} ;
  • M_{\mathrm{He}} \approx 4{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 4{,}0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}.

L'application numérique donne :

c_s = \sqrt{\frac{\frac{5}{3} \times (6{,}02 \times 10^{23} \times 1{,}38 \times 10^{-23}) \times 273{,}16}{4{,}0 \times 10^{-3}}} \approx 972\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
\boxed{c_s \approx 9{,}7 \times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{ou } 972\text{ m}\cdot\text{s}^{-1})}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : constante de boltzmann, métrologie

Comment peut-on déduire de la mesure de et de la relation établie à la question 29, une valeur pour la constante de Boltzmann ?

Voir l'indice

Isoler k_B à partir de la formule de c_s en y substituant R par N_A k_B.

Voir la stratégie
  1. Exprimer k_B à partir de la relation établie à la question Q29 en introduisant la relation R = N_A k_B rappelée à la question Q23.
  2. Identifier les conditions expérimentales nécessaires pour que cette relation permette une détermination métrologique de haute précision de k_B.
Voir la réponse courte

Expression k_B = \frac{M c_s^2}{\gamma \mathcal{N}_A T} permettant la détermination de k_B par extrapolation à pression nulle.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q29, la célérité du son dans un gaz parfait s'écrit :

c_s = \sqrt{\frac{\gamma R T}{M}}.

En utilisant la relation entre la constante des gaz parfaits R, la constante d'Avogadro N_A et la constante de Boltzmann k_B (question Q23), soit R = N_A k_B, on obtient :

c_s^2 = \frac{\gamma N_A k_B T}{M}.

On en déduit l'expression de la constante de Boltzmann :

\boxed{k_B = \frac{M}{\gamma N_A T} \, c_s^2}

Pour déterminer k_B avec une très grande précision à l'aide de cette relation, les métrologues procèdent ainsi :

  • Fixation de la température T : la mesure est réalisée à la température du point triple de l'eau, T = 273{,}16\text{ K}, dont la valeur était fixée exactement par convention dans l'ancien système international d'unités ;
  • Choix du gaz : on emploie un gaz noble monoatomique (hélium ou argon), dont le coefficient adiabatique \gamma = 5/3 est exactement déterminé par la théorie cinétique des gaz, et dont la composition isotopique (et donc la masse molaire M) est mesurée avec une grande exactitude ;
  • Extrapolation à pression nulle : le modèle du gaz parfait n'étant rigoureusement valable qu'à dilution infinie, on mesure c_s à différentes pressions p puis on extrapole la valeur de c_s^2 à la limite p \to 0 pour éliminer les corrections de gaz réel (développement du viriel acoustique).

La mesure acoustique de c_s donne alors directement accès à la valeur de k_B.

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours

Notions : équation de d'alembert, laplacien sphérique

On cherche à résoudre l'équation de propagation pour la surpression dans le cas de la sphère. Que devient cette équation dans le cas général ?

Voir l'indice

Remplacer l'opérateur spatial unidimensionnel \partial^2/\partial x^2 par le laplacien tridimensionnel \Delta dans l'équation de d'Alembert.

Voir la stratégie
  1. Généraliser les équations de l'acoustique linéaire (conservation de la masse et équation d'Euler) à trois dimensions spatiales sans supposer l'onde plane unidimensionnelle.
  2. En déduire l'équation de d'Alembert tridimensionnelle vérifiée par la surpression p_1(\vec{r}, t), puis l'expliciter en coordonnées sphériques à l'aide du formulaire.
Voir la réponse courte

Forme générale de l'équation de d'Alembert tridimensionnelle pour la surpression : \Delta p_1 - \frac{1}{c_s^2}\frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0.

Voir le corrigé complet

Dans le cas général tridimensionnel, les équations fondamentales de l'acoustique linéarisées (Q25, Q26 et Q27) s'écrivent :

\begin{aligned} \text{Équation d'Euler linéarisée :} & \quad \mu_0 \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t} = -\vec{\nabla} p_1, \\ \text{Conservation de la masse linéarisée :} & \quad \frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \operatorname{div}\vec{v}_1 = 0, \\ \text{Loi de comportement isentropique :} & \quad \mu_1 = \mu_0 \chi_S \, p_1. \end{aligned}

En dérivant l'équation de conservation de la masse par rapport au temps :

\mu_0 \chi_S \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} + \mu_0 \operatorname{div}\left(\frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t}\right) = 0.

En injectant l'équation d'Euler et en rappelant que \operatorname{div}(\vec{\nabla} p_1) = \Delta p_1 ainsi que c_s = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_S}} (question Q28), on obtient l'équation de d'Alembert vectorielle/scalaire tridimensionnelle :

\boxed{\Delta p_1 - \frac{1}{c_s^2} \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0}

Dans le cas d'une géométrie sphérique, en coordonnées sphériques (r, \theta, \phi), le laplacien donné par le formulaire conduit à la forme générale :

\boxed{\frac{1}{r} \frac{\partial^2}{\partial r^2}(r p_1) + \frac{1}{r^2 \sin \theta} \frac{\partial}{\partial \theta}\left(\sin \theta \frac{\partial p_1}{\partial \theta}\right) + \frac{1}{r^2 \sin^2 \theta} \frac{\partial^2 p_1}{\partial \phi^2} - \frac{1}{c_s^2} \frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : onde sphérique, équation de d'alembert

Montrer que, en l'absence de dépendance angulaire, les fonctions solutions peuvent se mettre sous la forme d'une combinaison linéaire de deux termes. Donner la signification physique de chacun des termes.

Voir l'indice

Montrer que la fonction auxiliaire u(r, t) = r p_1(r, t) vérifie une équation de d'Alembert 1D classique et interpréter physiquement les deux ondes progressives associées.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le laplacien en coordonnées sphériques pour un champ sans dépendance angulaire p_1(r, t) en exploitant le formulaire.
  2. Injecter cette expression dans l'équation d'onde 3D établie en Q32 pour faire apparaître la fonction \psi(r, t) = r\,p_1(r, t).
  3. Résoudre l'équation d'onde 1D obtenue par la solution générale de d'Alembert et interpréter physiquement chacun des deux termes de propagation.
Voir la réponse courte

Identité \Delta p_1 = \frac{1}{r}\frac{\partial^2(r p_1)}{\partial r^2} donnant la superposition d'ondes sphériques divergente et convergente.

Voir le corrigé complet

En l'absence de dépendance angulaire, la surpression acoustique ne dépend que de la variable radiale r et du temps t : p_1 = p_1(r, t).

D'après le formulaire fourni en coordonnées sphériques :

\Delta p_1(r, t) = \frac{1}{r} \frac{\partial^2}{\partial r^2}(r p_1)

En reportant cette expression dans l'équation de d'Alembert tridimensionnelle obtenue à la question Q32, \Delta p_1 - \frac{1}{c_s^2}\frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0, il vient :

\frac{1}{r} \frac{\partial^2 (r p_1)}{\partial r^2} - \frac{1}{c_s^2}\frac{\partial^2 p_1}{\partial t^2} = 0

Comme la variable spatiale r est indépendante de t, on peut multiplier toute l'équation par r :

\frac{\partial^2 (r p_1)}{\partial r^2} - \frac{1}{c_s^2}\frac{\partial^2 (r p_1)}{\partial t^2} = 0

La fonction auxiliaire \psi(r, t) = r\,p_1(r, t) vérifie donc l'équation de d'Alembert unidimensionnelle classique. Sa solution générale s'écrit sous la forme d'une combinaison linéaire de deux termes :

\boxed{r\,p_1(r, t) = f\left(t - \frac{r}{c_s}\right) + g\left(t + \frac{r}{c_s}\right)}

où f et g sont deux fonctions de classe \mathcal{C}^2.

Signification physique des deux termes :

  • Le premier terme, f\left(t - \frac{r}{c_s}\right), correspond à une onde sphérique divergente (ou centrifuge) : elle se propage radialement du centre (r = 0) vers l'extérieur (r \to \infty) à la célérité c_s.
  • Le second terme, g\left(t + \frac{r}{c_s}\right), correspond à une onde sphérique convergente (ou centripète) : elle se propage radialement depuis l'extérieur vers le centre (r = 0) à la célérité c_s.

Résultat

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Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : analyse de fourier, linéarité

Pourquoi peut-on se limiter à l'étude des solutions de la forme, en notation complexe,

où , , et sont des constantes ?

Voir l'indice

Invoquer la linéarité de l'équation d'onde permettant de rechercher des solutions harmoniques monochromatiques de pulsation \omega.

Voir la stratégie

Pour justifier la recherche de solutions sous forme harmonique (monochromatique), on s'appuie sur deux piliers :

  1. La linéarité de l'équation de propagation régissant l'acoustique dans le cadre de l'approximation linéaire ;
  2. Le théorème de Fourier (ou analyse harmonique), qui assure que toute solution temporelle peut se décomposer en une combinaison linéaire d'ondes sinusoïdales de pulsation \omega.
Voir la réponse courte

Équation linéaire permettant la décomposition spectrale en modes harmoniques sinusoïdaux selon le théorème de Fourier.

Voir le corrigé complet

L'équation de d'Alembert vérifiée par la surpression acoustique p_1(r, t) (établie aux questions Q32 et Q33) est linéaire et à coefficients constants.

D'après le théorème de Fourier, tout signal acoustique réel physiquement admissible peut être décomposé en une superposition (somme discrète ou intégrale) de signaux harmoniques de la forme :

r\,p_1(r, t) = \operatorname{Re}\left( \underline{\psi}(r)\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} \right).

En reportant cette forme dans l'équation d'onde radiale \dfrac{\partial^2 (r p_1)}{\partial r^2} - \dfrac{1}{c_s^2}\dfrac{\partial^2 (r p_1)}{\partial t^2} = 0, la fonction spatiale vérifie l'équation différentielle harmonique :

\frac{\mathrm{d}^2 \underline{\psi}}{\mathrm{d}r^2} + k^2 \underline{\psi} = 0 \quad \text{avec} \quad k = \frac{\omega}{c_s}.

La base des solutions complexes de cette équation différentielle est constituée des exponentielles imaginaires \mathrm{e}^{-\mathrm{i}kr} et \mathrm{e}^{+\mathrm{i}kr}. En réinjectant la dépendance temporelle \mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t} et en divisant par r, la solution élémentaire s'écrit bien :

\boxed{\underline{p}_1(r, t) = \frac{\underline{A}}{r}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kr)} + \frac{\underline{B}}{r}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kr)}}

Par le principe de superposition, la connaissance de ces solutions harmoniques permet de reconstruire toute solution générale. De plus, l'objectif physique est ici d'identifier les modes propres de vibration acoustique de la cavité sphérique, qui sont par nature des régimes harmoniques stationnaires de pulsation bien déterminée \omega.

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : équation d'euler, champ des vitesses

En déduire le champ des vitesses correspondant, en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Appliquer la projection radiale de l'équation d'Euler linéarisée en représentation complexe pour calculer \underline{v}_1(r, t).

Voir la stratégie
  1. Utiliser l'équation d'Euler linéarisée régissant le champ des vitesses acoustiques \vec{v}_1.
  2. Exprimer le gradient de pression en coordonnées sphériques sous l'hypothèse de symétrie sphérique.
  3. Relier amplitude complexe de vitesse et amplitude complexe de pression, puis dériver \underline{p}_1(r, t) par rapport à r.
Voir la réponse courte

Dérivation spatiale de la surpression complexe pour déduire la vitesse radiale via \mathrm{i}\omega \mu_0 \underline{v}_1 = -\frac{\partial \underline{p}_1}{\partial r}\vec{u}_r.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation acoustique, l'équation d'Euler linéarisée s'écrit :

\mu_0 \frac{\partial \vec{v}_1}{\partial t} = -\vec{\nabla} p_1

où \mu_0 est la masse volumique du fluide au repos.

Compte tenu de la symétrie sphérique, la surpression ne dépend que de la coordonnée radiale r et du temps t, de sorte que :

\vec{\nabla} \underline{p}_1(r, t) = \frac{\partial \underline{p}_1}{\partial r}\,\vec{u}_r

Le champ des vitesses acoustiques est donc purement radial : \vec{\underline{v}}_1(r, t) = \underline{v}_1(r, t)\,\vec{u}_r.

En régime sinusoïdal de pulsation \omega, la dérivation temporelle équivaut à la multiplication par \mathrm{i}\omega :

\mathrm{i}\omega \mu_0 \underline{v}_1(r, t) = -\frac{\partial \underline{p}_1}{\partial r} \iff \underline{v}_1(r, t) = \frac{\mathrm{i}}{\mu_0 \omega}\frac{\partial \underline{p}_1}{\partial r}

Dérivons l'expression de \underline{p}_1(r, t) donnée à la question Q34 par rapport à r :

\begin{aligned} \frac{\partial \underline{p}_1}{\partial r} &= \frac{\partial}{\partial r}\left[\frac{\underline{A}}{r}\exp(\mathrm{i}(\omega t - kr)) + \frac{\underline{B}}{r}\exp(\mathrm{i}(\omega t + kr))\right] \\ &= \underline{A}\left(-\frac{1}{r^2} - \frac{\mathrm{i}k}{r}\right)\exp(\mathrm{i}(\omega t - kr)) + \underline{B}\left(-\frac{1}{r^2} + \frac{\mathrm{i}k}{r}\right)\exp(\mathrm{i}(\omega t + kr)) \end{aligned}

En multipliant par le facteur \frac{\mathrm{i}}{\mu_0 \omega}, il vient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{i}}{\mu_0 \omega}\left(-\frac{1}{r^2} - \frac{\mathrm{i}k}{r}\right) &= \frac{1}{\mu_0 \omega}\left(\frac{k}{r} - \frac{\mathrm{i}}{r^2}\right) = \frac{k}{\mu_0 \omega r}\left(1 - \frac{\mathrm{i}}{kr}\right) \\ \frac{\mathrm{i}}{\mu_0 \omega}\left(-\frac{1}{r^2} + \frac{\mathrm{i}k}{r}\right) &= -\frac{1}{\mu_0 \omega}\left(\frac{k}{r} + \frac{\mathrm{i}}{r^2}\right) = -\frac{k}{\mu_0 \omega r}\left(1 + \frac{\mathrm{i}}{kr}\right) \end{aligned}

Comme \frac{\omega}{k} = c_s, on a également \frac{k}{\mu_0 \omega} = \frac{1}{\mu_0 c_s}.

Le champ des vitesses acoustiques s'écrit finalement :

\boxed{\vec{\underline{v}}_1(r, t) = \frac{1}{\mu_0 \omega r} \left[ \underline{A}\left(k - \frac{\mathrm{i}}{r}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kr)} - \underline{B}\left(k + \frac{\mathrm{i}}{r}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kr)} \right] \vec{u}_r}

ce que l'on peut aussi factoriser sous la forme équivalente :

\vec{\underline{v}}_1(r, t) = \frac{1}{\mu_0 c_s r} \left[ \underline{A}\left(1 - \frac{\mathrm{i}}{kr}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kr)} - \underline{B}\left(1 + \frac{\mathrm{i}}{kr}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kr)} \right] \vec{u}_r

Résultat

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Question 36

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : débit volumique, condition à l'origine

Vers quoi tend le débit volumique à travers une sphère de rayon quand tend vers 0 ? Que peut-on en déduire ?

Voir l'indice

Calculer le flux de vitesse à travers une sphère de rayon r et constater qu'une divergence en r = 0 impose une relation de continuité stricte entre \underline{A} et \underline{B}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit volumique acoustique complexe \underline{D}_v(r, t) à travers une sphère de rayon r centrée en O à partir du champ de vitesse radial \vec{\underline{v}}_1(r, t) obtenu à la question Q35.
  2. Justifier physiquement la valeur limite de ce débit lorsque r \to 0 par l'absence de source ponctuelle de matière à l'origine.
  3. Identifier la limite mathématique à cette condition physique pour en déduire la relation fondamentale entre les amplitudes complexes \underline{A} et \underline{B}.
Voir la réponse courte

Absence de singularité de source au centre : le flux 4\pi r^2 v_r s'annule en 0, imposant \underline{B} = -\underline{A}.

Voir le corrigé complet

Le débit volumique instantané à travers la sphère fermée de rayon r orientée vers l'extérieur s'écrit, en notation complexe :

\underline{D}_v(r, t) = \iint_{\mathcal{S}(r)} \vec{\underline{v}}_1(r, t) \cdot \vec{u}_r \, \mathrm{d}S = 4\pi r^2 \underline{v}_{1, r}(r, t)

En utilisant l'expression du champ de vitesse obtenue à la question Q35 :

\underline{v}_{1, r}(r, t) = \frac{1}{\mu_0 \omega r} \left[ \underline{A}\left(k - \frac{\mathrm{i}}{r}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kr)} - \underline{B}\left(k + \frac{\mathrm{i}}{r}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kr)} \right]

on obtient :

\underline{D}_v(r, t) = \frac{4\pi}{\mu_0 \omega} \left[ \underline{A}(kr - \mathrm{i})\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kr)} - \underline{B}(kr + \mathrm{i})\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kr)} \right]

En l'absence de source ou de puits ponctuel de fluide au centre de la cavité sphérique, aucun volume fini de fluide ne peut être injecté ou aspiré en r = 0. Le débit volumique à travers une sphère enserrant l'origine doit donc tendre vers zéro quand son rayon s'annule :

\lim_{r \to 0} D_v(r, t) = 0

Calculons la limite de l'expression complexe quand r \to 0 (avec kr \to 0 et \mathrm{e}^{\pm \mathrm{i}kr} \to 1) :

\lim_{r \to 0} \underline{D}_v(r, t) = -\frac{4\pi \mathrm{i}}{\mu_0 \omega} (\underline{A} + \underline{B})\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}

Pour que cette limite soit nulle à tout instant t, il est nécessaire et suffisant que :

\boxed{\underline{B} = -\underline{A}}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : mode propre, condition aux limites

Établir l'équation vérifiée par les modes propres.

Voir l'indice

Traduire la nullité de la vitesse acoustique normale à la surface de la paroi sphérique indéformable en r = r_s.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition aux limites imposée par la paroi du résonateur : la paroi étant rigide et fixe, la vitesse normale du fluide doit s'y annuler.
  2. Exprimer cette condition soit à partir du champ des vitesses acoustiques établi en question Q35 avec \underline{B} = -\underline{A} (question Q36), soit via le gradient radial de la surpression acoustique en vertu de l'équation d'Euler.
  3. En déduire l'équation transcendante caractérisant les pulsations propres des modes radiaux.
Voir la réponse courte

Vitesse normale nulle à la paroi rigide en r = r_s, conduisant à l'équation transcendante \tan(k r_s) = k r_s.

Voir le corrigé complet

La paroi du résonateur sphérique de rayon r_s est rigide, fixe et imperméable. La condition aux limites pour le fluide parfait en contact avec cette paroi impose l'annulation de la composante normale de la vitesse acoustique à la paroi :

\underline{v}_{1r}(r_s, t) = 0 \quad \forall t.

D'après le résultat de la question Q35 et la condition de régularité à l'origine \underline{B} = -\underline{A} obtenue à la question Q36, la vitesse radiale s'écrit :

\begin{aligned} \underline{v}_{1r}(r, t) &= \frac{\underline{A}}{\mu_0 \omega r} \left[ \left(k - \frac{\mathrm{i}}{r}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t - kr)} + \left(k + \frac{\mathrm{i}}{r}\right)\mathrm{e}^{\mathrm{i}(\omega t + kr)} \right] \\ &= \frac{\underline{A}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}}{\mu_0 \omega r} \left[ k \left(\mathrm{e}^{\mathrm{i}kr} + \mathrm{e}^{-\mathrm{i}kr}\right) + \frac{\mathrm{i}}{r}\left(\mathrm{e}^{\mathrm{i}kr} - \mathrm{e}^{-\mathrm{i}kr}\right) \right] \\ &= \frac{2\underline{A}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\omega t}}{\mu_0 \omega r^2} \left( k r \cos(kr) - \sin(kr) \right). \end{aligned}

L'annulation de la vitesse en r = r_s conduit donc directement à :

k r_s \cos(k r_s) - \sin(k r_s) = 0.

En posant k = \dfrac{\omega}{c_s}, l'équation vérifiée par les modes propres (avec \cos(k r_s) \neq 0) est :

\boxed{\tan(k r_s) = k r_s \quad \text{soit} \quad \tan\left(\frac{\omega r_s}{c_s}\right) = \frac{\omega r_s}{c_s}}

Résultat

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : résolution graphique, mode propre, fréquence propre

Montrer qu'il y a une fréquence de résonance par intervalle avec et le rayon de la sphère. Pour , exprimer de façon approchée .

Voir l'indice

Résoudre graphiquement l'équation transcendante \tan(k r_s) = k r_s par recherche des intersections avec les asymptotes verticales.

Voir la stratégie
  1. Poser la variable adimensionnée x = k r_s, exprimer la fréquence f en fonction de x, et réécrire l'équation des modes propres issue de la question Q37 sous la forme \tan x = x.
  2. Étudier l'intersection de la fonction tangente avec la première bissectrice sur les intervalles où elle est définie pour x > 0, afin de localiser l'unique solution x_n dans chaque intervalle [n\pi,\, n\pi + \pi/2[.
  3. En déduire l'intervalle correspondant pour la fréquence f_n, puis déterminer son équivalent ou développement asymptotique pour n \gg 1.
Voir la réponse courte

Intersection de la tangente et de la première bissectrice ; pour n \gg 1, k_n r_s \approx (n+1/2)\pi.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q37, les modes propres radiaux vérifient l'équation transcendante :

\tan(k r_s) = k r_s.

Posons la variable sans dimension x = k r_s. Sachant que k = \omega / c_s = 2\pi f / c_s, la fréquence f s'exprime en fonction de x par :

f = \frac{c_s}{2\pi r_s}\, x.

L'équation des modes s'écrit donc \tan x = x, avec x > 0 pour un mode acoustique non trivial.

Sur chaque intervalle de la forme I_n = \left] n\pi - \frac{\pi}{2},\, n\pi + \frac{\pi}{2} \right[ avec n \in \mathbb{N}^* :

  • Sur le sous-intervalle \left] n\pi - \frac{\pi}{2},\, n\pi \right], on a \tan x \leqslant 0 alors que x > 0, de sorte qu'aucune solution n'existe.
  • Sur le sous-intervalle \left[ n\pi,\, n\pi + \frac{\pi}{2} \right[, la fonction g(x) = \tan x - x est continue et dérivable, de dérivée :

    g'(x) = 1 + \tan^2 x - 1 = \tan^2 x > 0 \quad \text{pour } x \in \left] n\pi,\, n\pi + \frac{\pi}{2} \right[.

    La fonction g est donc strictement croissante sur cet intervalle. De plus, g(n\pi) = -n\pi < 0 et \lim\limits_{x \to (n\pi + \pi/2)^-} g(x) = +\infty. D'après le théorème de la bijection, il existe une unique racine x_n \in \left[ n\pi,\, n\pi + \frac{\pi}{2} \right[.

En multipliant l'encadrement n\pi \leqslant x_n < n\pi + \frac{\pi}{2} par le facteur strictement positif \frac{c_s}{2\pi r_s}, on obtient :

\frac{c_s}{2\pi r_s} (n\pi) \leqslant f_n < \frac{c_s}{2\pi r_s} \left( n\pi + \frac{\pi}{2} \right) = \frac{c_s}{2\pi r_s} \frac{(2n+1)\pi}{2},

soit :

\boxed{f_n \in \left[ 2n \frac{c_s}{4r_s},\, (2n+1) \frac{c_s}{4r_s} \right]} \quad \text{avec } n \in \mathbb{N}^*.

Pour n \gg 1, x_n \to +\infty, ce qui impose \tan x_n = x_n \to +\infty, donc x_n s'approche de l'asymptote verticale par valeurs inférieures :

x_n \approx n\pi + \frac{\pi}{2} = (2n + 1)\frac{\pi}{2}.

On en déduit l'expression approchée de la fréquence de résonance pour n \gg 1 :

\boxed{f_n \approx (2n + 1) \frac{c_s}{4r_s} = \left(n + \frac{1}{2}\right) \frac{c_s}{2r_s}}

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique

Notions : mode fondamental, fréquence de résonance

Calculer approximativement la fréquence du mode fondamental pour la sphère du LNE.

Voir l'indice

Calculer d'abord le rayon intérieur r_s à partir du volume D = \frac{4}{3}\pi r_s^3, puis déterminer la première racine non nulle de \tan x = x.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le rayon r_s du résonateur sphérique à partir de son volume intérieur D \approx 3{,}1\text{ L}.
  2. Identifier la célérité c_s du son dans l'hélium à T = 273{,}16\text{ K}, calculée à la question Q30 (c_s \approx 972\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}).
  3. Évaluer la pulsation ou la fréquence du mode fondamental (n = 1) à l'aide de l'équation caractéristique \tan(k_1 r_s) = k_1 r_s ou de la formule approchée établie en Q38.
Voir la réponse courte

Première racine X_1 \approx 4{,}49 conduisant à une fréquence propre fondamentale f_1 \approx 8{,}7\text{ kHz}.

Voir le corrigé complet

Le résonateur étant une sphère de volume D, son rayon intérieur r_s vérifie :

D = \frac{4}{3}\pi r_s^3 \implies r_s = \left(\frac{3D}{4\pi}\right)^{1/3}

Avec D = 3{,}1\text{ L} = 3{,}1 \times 10^{-3}\text{ m}^3 :

r_s = \left(\frac{3 \times 3{,}1 \times 10^{-3}}{4\pi}\right)^{1/3} \approx 9{,}04 \times 10^{-2}\text{ m} \approx 9{,}0\text{ cm}.

D'après la question Q30, la célérité du son dans l'hélium au point triple de l'eau (T \approx 273{,}16\text{ K}) vaut c_s \approx 972\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Le mode fondamental correspond à la première racine strictement positive de l'équation transcendante \tan(x) = x avec x = k r_s (soit n = 1) :

  • En utilisant la forme approchée de la question Q38 pour n = 1 (x_1 \approx \frac{3\pi}{2}), on obtient :

    f_1 \approx \frac{3 c_s}{4 r_s} = \frac{3 \times 972}{4 \times 9{,}04 \times 10^{-2}} \approx 8{,}1 \times 10^3\text{ Hz} = 8{,}1\text{ kHz}.
  • Une résolution numérique simple de \tan(x_1) = x_1 sur l'intervalle ]\pi, \frac{3\pi}{2}[ donne x_1 \approx 4{,}493\text{ rad}, d'où :

    f_1 = \frac{\omega_1}{2\pi} = \frac{x_1 c_s}{2\pi r_s} = \frac{4{,}493 \times 972}{2\pi \times 9{,}04 \times 10^{-2}} \approx 7{,}69 \times 10^3\text{ Hz} \approx 7{,}7\text{ kHz}.
\boxed{f_1 \approx 7{,}7\text{ kHz} \quad (\text{ou } \approx 8{,}1\text{ kHz en approximation haute})}

Résultat

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II.C · Mise en pratique de la nouvelle définition du kelvin

Question 40

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : incertitude de mesure, couche limite

Citer quelques sources d'incertitude de la méthode utilisée au LNE.

Voir l'indice

Considérer les défauts de sphéricité de la cavité résonante, les pertes thermiques aux parois, la pureté du gaz rare et la réponse des transducteurs.

Voir la réponse courte

Effets de couches limites thermique et visqueuse pariétales, défauts de sphéricité et non-idéalité du gaz.

Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q31 et l'expression des fréquences propres f_n (questions Q37 et Q38), la constante de Boltzmann s'obtient à partir de la mesure de la célérité du son c_s par :

k_B = \frac{M}{\gamma N_A T} c_s^2 = \frac{M}{\gamma N_A T} \left( \frac{2\pi f_n \, r_s}{\alpha_n} \right)^2

où \alpha_n est la n-ième racine positive non nulle de l'équation \tan \alpha = \alpha.

Les principales sources d'incertitude associées à ce dispositif sont :

  1. La métrologie dimensionnelle de la cavité (rayon r_s et forme) : la géométrie interne de la cavité n'est pas rigoureusement sphérique (ellipsoïdicité, défauts d'usinage, rugosité des parois). De plus, le rayon équivalent r_s dépend de la pression intérieure (déformation élastique) et de la température (dilatation thermique de la cuve).
  2. La mesure des fréquences de résonance acoustique (f_n) : l'effet des couches limites thermique et visqueuse au voisinage immédiat des parois entraîne une dissipation et un léger décalage des fréquences de résonance par rapport au modèle du fluide parfait non visqueux. La présence des transducteurs (source et microphone) perturbe également les modes propres.
  3. L'écart au modèle du gaz parfait : le gaz réel (hélium ou argon) n'est pas strictement parfait aux pressions de travail. La détermination de la célérité à pression nulle nécessite une extrapolation à partir de mesures à différentes pressions à l'aide des coefficients du viriel acoustique.
  4. La pureté et la composition isotopique du gaz (masse molaire M) : la présence d'impuretés ou les fluctuations de la composition isotopique du gaz utilisé (par exemple les abondances relatives des isotopes ^{36}\mathrm{Ar}, ^{38}\mathrm{Ar}, ^{40}\mathrm{Ar} pour l'argon) induisent une incertitude sur la masse molaire effective M.
  5. Le contrôle et l'homogénéité de la température (T) : l'incertitude liée à la réalisation pratique du point triple de l'eau dans le cryostat et à l'existence d'éventuels gradients thermiques résiduels au sein du résonateur.
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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : propagation des incertitudes, bilan d'incertitude

En fait, il y a cinq sources principales d'incertitude et leurs valeurs relatives respectives sont pratiquement toutes égales. Expliquer pourquoi la thermométrie acoustique des gaz a atteint une limite qu'il sera très difficile de dépasser.

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Expliquer le principe d'addition quadratique des incertitudes : lorsqu'une multitude de facteurs contribuent à un même niveau, le gain sur un seul facteur ne modifie presque pas le résultat global.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'incertitude-type relative combinée u_c à partir de la loi de propagation des incertitudes indépendantes dans le cas de cinq composantes égales.
  2. Analyser l'impact de l'amélioration d'une seule grandeur sur l'incertitude totale.
  3. Conclure sur la nature multidisciplinaire des verrous technologiques à surmonter pour espérer un gain global significatif.
Voir la réponse courte

Équipartition des sources d'incertitudes indépendantes : tout gain global exige de réduire simultanément tous les postes d'erreur.

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Pour cinq sources d'incertitudes indépendantes de valeurs relatives similaires u_i \approx u_0 (i \in \{1,\dots,5\}), la variance relative combinée s'obtient par sommation quadratique :

u_c^2 = \sum_{i=1}^{5} u_i^2 \approx 5\, u_0^2 \implies u_c \approx \sqrt{5}\, u_0 \approx 2{,}24\, u_0

Cette situation d'équirépartition des incertitudes rend toute amélioration ultérieure extrêmement difficile pour deux raisons physiques et métrologiques :

  1. Loi de propagation quadratique et gain marginal : si un progrès technique majeur permettait de rendre négligeable l'une des sources (u_1 \to 0), l'incertitude combinée deviendrait u'_c = \sqrt{4}\, u_0 = 2\, u_0. Le gain relatif sur l'incertitude totale ne serait que de :

    1 - \frac{2}{\sqrt{5}} \approx 10{,}6\,\%

    Pour réduire notablement l'incertitude globale (par exemple la diviser par 2), il est indispensable d'améliorer simultanément l'ensemble des cinq sources d'incertitude.

  2. Verrous technologiques indépendants et multidisciplinaires : les cinq composantes relèvent de domaines de pointe totalement distincts :

    • métrologie dimensionnelle (détermination du volume intérieur à quelques nanomètres près) ;
    • métrologie thermique (stabilité et homogénéité en température du point triple) ;
    • physico-chimie et spectrométrie de masse (pureté chimique et composition isotopique du gaz rare) ;
    • acoustique et traitement du signal (correction des perturbations dues aux transducteurs et à la couche limite visco-thermique) ;
    • thermodynamique statistique (extrapolation à pression nulle via les coefficients du viriel).

Chacune de ces composantes se trouvant déjà à la limite ultime de l'état de l'art technologique, franchir un ordre de grandeur supplémentaire nécessiterait des avancées de rupture simultanées dans cinq branches métrologiques différentes, ce qui constitue une limite pratique quasi infranchissable.

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Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, kelvin, constante de boltzmann

À partir de l'unité de , expliquer pourquoi fixer définitivement la valeur de la constante de Boltzmann, permet de redéfinir le kelvin.

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Déterminer la dimension de k_B en fonction des unités de base et observer que la fixation de k_B revient à définir l'unité kelvin à partir du joule.

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Dimension [k_B] = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-2}\cdot\mathrm{K}^{-1} : les unités mécaniques étant fixées, la constante fixe le kelvin.

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L'unité de la constante de Boltzmann k_B est le joule par kelvin (\mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}). En exprimant le joule à partir des unités de base du Système international, on obtient son équation aux dimensions :

[k_B] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\Theta^{-1} \quad\implies\quad 1\text{ J}\cdot\text{K}^{-1} = 1\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-2}\cdot\text{K}^{-1}.

Dans le cadre de la révision du SI :

  • la seconde (\mathrm{s}) est définie à partir de la fréquence de transition hyperfine du césium 133 (\Delta\nu_{\mathrm{Cs}}) ;
  • le mètre (\mathrm{m}) est défini en fixant la célérité de la lumière dans le vide (c) ;
  • le kilogramme (\mathrm{kg}) est défini en fixant la constante de Planck (h).

L'unité d'énergie, le joule (\mathrm{J} = \mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-2}), est donc entièrement et précisément définie à partir des constantes fondamentales \Delta\nu_{\mathrm{Cs}}, c et h.

En conséquence, fixer une valeur numérique exacte pour la constante de Boltzmann :

\boxed{k_B = 1{,}380\,649 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}}

définit univoquement le kelvin comme la variation de température thermodynamique correspondant à une variation d'énergie thermique de 1{,}380\,649 \times 10^{-23}\text{ J}.

La définition du kelvin s'affranchit ainsi de toute dépendance vis-à-vis d'un artéfact matériel (la cellule au point triple de l'eau) et de ses impuretés.

Résultat

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Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Question de cours
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : système international d'unités, métrologie

Les valeurs de , , et étant fixées, rassembler dans un tableau les grandeurs qui sont à présent mesurables, alors qu'elles étaient fixées par convention avant la réforme du SI de 2018.

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Dresser un tableau synthétique recensant des grandeurs jadis conventionnellement exactes (masse du prototype, \mu_0, \varepsilon_0, température du point triple) devenues aujourd'hui mesurables expérimentalement.

Voir la stratégie

La réforme du Système international de 2018 (entrée en vigueur en 2019) a fixé la valeur numérique exacte de quatre constantes fondamentales supplémentaires : la constante de Planck h, la charge élémentaire e, la constante de Boltzmann k_B et la constante d'Avogadro N_A.

Pour chacune d'elles, l'ancienne définition de l'unité de base correspondante reposait sur une grandeur physique étalon ou conventionnelle dont la valeur était alors exacte par convention. En fixant ces constantes fondamentales, ces grandeurs deviennent désormais mesurables et sont donc affectées d'une incertitude expérimentale.

Voir la réponse courte

Grandeurs désormais mesurables : masse du prototype m_{\mathrm{IPK}}, température du point triple T_{\mathrm{pt}}, masse molaire de ^{12}\mathrm{C} et perméabilité \mu_0.

Voir le corrigé complet

Le tableau ci-dessous rassemble, pour chacune des quatre constantes fondamentales nouvellement fixées, la grandeur qui possédait une valeur exacte conventionnelle avant 2018 et qui est devenue mesurable à la suite de la redéfinition :

Constante fixéeGrandeur devenue mesurableValeur conventionnelle (avant 2018)Nouveau statut / Relation
hMasse du prototype international du kilogramme (IPK, m_{\text{PIK}})Exactement 1\text{ kg}Mesurable (étalonnable par balance de Kibble ou par la méthode d'enrichissement du silicium)
ePerméabilité magnétique du vide \mu_0 (ainsi que \varepsilon_0 = \frac{1}{\mu_0 c^2})Exactement 4\pi \times 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}Mesurable via la constante de structure fine \alpha :
\mu_0 = \dfrac{2h\alpha}{ce^2}
k_BTempérature du point triple de l'eau T_{\text{pt}}Exactement 273{,}16\text{ K}Mesurable (par thermométrie acoustique à gaz, spectrométrie Doppler, etc.)
N_AMasse molaire du carbone 12 M(^{12}\mathrm{C}) (ou constante de masse molaire M_u)Exactement 0{,}012\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
(M_u = 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1})
Mesurable via la masse atomique :
M(^{12}\mathrm{C}) = N_A\,m(^{12}\mathrm{C})
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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (31 % des questions, partie II), Induction électromagnétique (20 %), Cinématique et dynamique du point (12 %) et Premier et second principes de la thermodynamique (12 %). Plus ponctuellement : Magnétostatique, Mécanique des fluides, Interférences lumineuses, Physique quantique, Facteur de Boltzmann et physique statistique…

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 19 questions sur 43 (44 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie I.B.1 (Q3 à Q7). Avec les autres programmes de première année : 19 en MPSI, 19 en PTSI, 19 en MP2I, 18 en TSI1 et 10 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q15 (champ magnétique) et Q36 (débit volumique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 ?

Questions de cours : Q8 (loi de faraday), Q13 (flux conservatif), Q18 (effet josephson), Q20 (analyse dimensionnelle), Q21 (échelle de température), Q23 (constante des gaz parfaits), Q24 (approximation acoustique), Q25 (équation d'euler)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q3 (force de laplace), Q4 (force de laplace), Q29 (célérité acoustique) et Q37 (mode propre).

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (29 sur 43), par exemple : Q1 à Q7, Q10 à Q12, Q17, Q19 à Q28, Q30 à Q32, Q34 et Q39 à Q42. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q8, Q13 et Q16.

Le sujet CentraleSupélec Physique 2 PC 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury juge le sujet de longueur raisonnable et apte à bien départager les candidats, mais note que la première partie, plus proche du programme de première année, a été globalement moins bien traitée que la seconde. Moyenne : 9,35/20 (écart-type 3,95, 3 477 présents).

Pourquoi le débit volumique s'annule-t-il en r → 0 en Q36 ?

Il s'annule en l'absence de source ou de puits ponctuel de fluide à l'origine. Le flux de vitesse 4\pi r^2 v_r à travers une sphère entourant l'origine doit donc tendre vers 0 quand r \to 0, ce qui impose la relation \underline{B} = -\underline{A}.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.