Corrigé détaillé ENS Physique C PC 2023
Machine de Szilard
- 58 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,9 / 4)
- Faisable en Sup (en PCSI : 30 questions sur 58, parties 1, 2 et 3)
- Vérifié question par question
Ce sujet d'une remarquable profondeur conceptuelle explore les liens fondamentaux unissant la thermodynamique, la théorie de l'information et la mécanique quantique à travers l'étude de la machine de Szilard. Conçue à l'origine comme une expérience de pensée pour expliciter le paradoxe du démon de Maxwell, cette machine permet en apparence d'extraire du travail mécanique à partir d'une source de chaleur unique grâce à l'acquisition d'information.
L'épreuve guide méthodiquement le candidat depuis le modèle classique à une particule vers sa résolution thermodynamique rigoureuse via le principe d'effacement de Landauer. Elle aborde ensuite une généralisation statistique à particules, puis développe une version quantique élégante fondée sur l'oscillateur harmonique scindé par une barrière de potentiel, avant de s'achever par l'analyse d'étaillée d'une expérience contemporaine mettant en œuvre un électron unique piégé dans un double puits quantique. D'un très haut niveau d'exigence physique et formelle, ce sujet constitue un entraînement d'exception pour maîtriser les fondements statistiques de l'entropie et la thermodynamique des petits systèmes.
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Partie 1 : Machine de Szilard à une particule
Question 1
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : gaz parfait, équation d'état
Exprimer en fonction de et . On introduira la constante de Boltzmann où est la constante des gaz parfaits et le nombre d'Avogadro.
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Traiter la particule unique comme une mole divisée par la constante d'Avogadro, soit n = 1/\mathcal{N}_A, dans l'équation des gaz parfaits.
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- Partir de l'équation d'état des gaz parfaits pour une quantité de matière n.
- Relier la quantité de matière n au nombre de molécules N=1 et à la constante de Boltzmann k_B.
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L'équation d'état du gaz parfait s'écrit classiquement :
Pour une enceinte contenant une unique particule (N = 1), la quantité de matière vaut n = \frac{1}{\mathcal{N}_A}.
En utilisant la constante de Boltzmann k_B = \frac{R}{\mathcal{N}_A}, il vient directement :
On en déduit l'expression de la pression :
Résultat
Question 2
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : travail des forces de pression, transformation isotherme
Calculer le travail reçu par la particule lors de l'étape C. En déduire le travail reçu par le mécanisme au cours d'un cycle complet.
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Intégrer le travail élémentaire isotherme réversible \delta W = -P\,\mathrm{d}V lors du doublement de volume de V/2 à V.
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- Exprimer le travail élémentaire reçu par la particule au cours de la détente isotherme et réversible de l'étape C, puis intégrer entre le volume initial V/2 et le volume final V.
- Relier le travail reçu par le mécanisme à celui reçu par la particule lors de cette étape, puis faire le bilan sur le cycle complet en utilisant les hypothèses de l'énoncé sur les autres étapes.
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Que la particule ait été détectée dans le compartiment de gauche ou de droite, le volume V' qui lui est accessible passe de V_i = V/2 à V_f = V.
La détente étant réversible et isotherme à la température T imposée par le thermostat, la pression est donnée à chaque instant par l'équation d'état établie à la question 1 :
Le travail infinitésimal reçu par la particule s'écrit \delta W = - P(V')\,\mathrm{d}V'. Le travail total reçu lors de l'étape C est donc :
soit :
Par la troisième loi de Newton, la force exercée par la particule sur la paroi mobile est l'opposée de celle exercée par la paroi sur la particule. Le travail reçu par le mécanisme lors de l'étape C est donc :
D'après l'énoncé, le mécanisme effectue un travail négligeable lors des étapes A, B et D (W_{\mathrm{m}, A} = W_{\mathrm{m}, B} = W_{\mathrm{m}, D} = 0). Le travail reçu par le mécanisme au cours d'un cycle complet est donc :
Résultat
Question 3
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : premier principe, cycle thermodynamique
En déduire le travail puis la chaleur reçus par la particule au cours d'un cycle.
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Sommer les travaux de chaque étape en exploitant les hypothèses de travail nul pour A, B et D, puis appliquer le premier principe sur un cycle complet.
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- Sommer les travaux reçus par la particule au cours des différentes étapes du cycle, sachant que les étapes A, B et D ne mettent en jeu aucun travail.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la particule sur un cycle complet pour en déduire le transfert thermique global Q.
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D'après les hypothèses de l'énoncé, le mécanisme n'effectue aucun travail au cours des étapes A, B et D. Par conséquent, les travaux reçus par la particule lors de ces étapes sont négligeables :
Le travail total W reçu par la particule sur le cycle se réduit donc au travail reçu lors de la détente de l'étape C (question Q2) :
L'énergie interne U étant une fonction d'état, sa variation sur un cycle fermé est rigoureusement nulle :
D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à la particule sur le cycle complet :
ce qui conduit immédiatement à :
Résultat
Question 4
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : second principe, cycle monotherme
Montrer qu'une application naïve du second principe sur un cycle conduit à une contradiction.
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Confronter le signe de la chaleur nette échangée avec une source thermique unique à l'énoncé de Kelvin-Planck.
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- Rappeler l'énoncé du second principe pour un système subissant une transformation cyclique en contact avec un unique thermostat (énoncé de Kelvin-Planck ou inégalité de Clausius).
- Comparer les signes des grandeurs W et Q obtenues à la question précédente à ce que prescrit le second principe pour mettre en évidence la contradiction (moteur monotherme).
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Au cours du cycle, la particule est en contact avec un unique thermostat à la température T.
L'application du second principe de la thermodynamique à la particule sur un cycle complet donne :
L'entropie d'échange avec l'unique thermostat s'écrit S_{\mathrm{e}} = \frac{Q}{T}, d'où l'expression de l'entropie créée sur le cycle :
Le second principe impose donc pour tout cycle monotherme :
ce qui correspond à l'énoncé de Kelvin-Planck : un système fermé décrivant un cycle au contact d'une seule source de chaleur ne peut pas fournir de travail au milieu extérieur (impossibilité d'un moteur monotherme).
Or, d'après les résultats de la question Q3 :
Le mécanisme extrait un travail net positif -W = k_B T \ln 2 par conversion intégrale de la chaleur Q prélevée à une source unique, ce qui conduit à une entropie créée strictement négative :
Résultat
Question 5
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : énergie interne, gaz parfait
Quelle est l'expression de l'énergie interne de la particule en fonction de et ?
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Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à une particule ponctuelle possédant trois degrés de liberté de translation.
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D'après le préambule, l'énergie interne U de la particule unique est égale à l'énergie cinétique moyenne E_c d'un atome dans un gaz parfait monoatomique à la température T.
Pour un gaz parfait monoatomique tridimensionnel à l'équilibre thermique à température T, l'énergie cinétique moyenne par particule, associée aux trois degrés de liberté de translation, vaut :
On en déduit immédiatement l'expression de l'énergie interne de la particule :
Résultat
Question 6
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : premier principe, variation d'entropie
En déduire la chaleur reçue par la particule pendant l'étape C, puis la variation de l'entropie de la particule pendant l'étape C.
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Exploiter l'isothermie pour relier la chaleur reçue au travail calculé, puis utiliser l'entropie échangée lors d'une étape réversible.
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- Exprimer la variation d'énergie interne \Delta U_C au cours de l'étape C en exploitant le fait que la température est maintenue constante par le thermostat et que U ne dépend que de T.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la particule lors de l'étape C pour déterminer Q_C à partir du travail W_C obtenu à la question 2.
- Utiliser le caractère réversible et isotherme de l'étape C pour calculer la variation d'entropie (\Delta S)_C.
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D'après l'expression établie à la question 5, l'énergie interne de la particule ne dépend que de la température T :
Pendant l'étape C, l'enceinte reste en contact avec le thermostat de température T. La transformation étant isotherme, la variation d'énergie interne de la particule au cours de cette étape est nulle :
Le premier principe de la thermodynamique appliqué à la particule pendant l'étape C s'écrit :
En utilisant le travail W_C = -k_B T \ln 2 déterminé à la question 2, on en déduit la chaleur reçue :
L'étape C est une détente isotherme à la température T, effectuée de manière réversible par déplacement lent de la paroi. L'entropie créée au cours de cette transformation réversible est donc nulle (S_c = 0). Le second principe appliqué à la particule fournit alors :
Il vient ainsi :
Résultat
Question 7
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : premier principe, transfert thermique
Considérons « l'étape A suivie de l'étape B » comme une seule étape notée . Déterminer la chaleur reçue par la particule pendant cette étape .
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Faire le bilan énergétique de l'étape composite AB en notant qu'aucun travail mécanique n'est fourni et que la température ne varie pas.
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la particule sur l'étape globale AB.
- Exprimer la variation d'énergie interne \Delta U_{AB} sachant que l'enceinte est maintenue à température constante par le thermostat.
- Utiliser l'hypothèse de l'énoncé concernant le travail échangé pour en déduire la chaleur Q_{AB}.
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L'enceinte est en contact permanent avec un thermostat à la température T. D'après le résultat de la question 5, l'énergie interne de la particule ne dépend que de la température :
La température étant identique dans l'état initial et dans l'état final de l'étape AB, la variation d'énergie interne de la particule est nulle :
D'après l'énoncé, le travail effectué par le mécanisme au cours des étapes A et B est négligeable, d'où pour le travail reçu par la particule :
Le premier principe de la thermodynamique appliqué à la particule pendant l'étape AB donne alors :
On en déduit immédiatement :
Résultat
Question 8
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : second principe, entropie
En utilisant les questions précédentes, montrer qu'une application naïve du second principe à l'étape conduit à une contradiction.
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Calculer la variation d'entropie d'un gaz parfait passant du volume V à V/2 sans échange thermique, et conclure sur l'entropie créée apparente.
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- Exprimer la variation d'entropie du système (la particule) au cours de l'étape AB en exploitant le fait que l'entropie S est une fonction d'état et que la transformation globale sur le cycle est cyclique.
- Écrire le bilan entropique du second principe pour la particule lors de cette étape en utilisant la chaleur Q_{AB} déterminée à la question Q7.
- Comparer l'entropie créée ainsi calculée à la condition fondamentale imposée par le second principe (S_{\mathrm{c}} \ge 0).
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L'entropie S étant une fonction d'état, sa variation sur le cycle complet est nulle :
L'étape D consiste simplement à retirer la paroi sans modifier l'état thermodynamique de la particule (le volume accessible passe de V à V, la température restant T), d'où (\Delta S)_D = 0. Il en résulte, d'après la question Q6 où (\Delta S)_C = k_B \ln 2 :
D'autre part, en appliquant naïvement le second principe de la thermodynamique à la particule lors de l'étape AB, le bilan entropique s'écrit :
où S_{\mathrm{e}, AB} est l'entropie échangée avec le thermostat à la température T. D'après la question Q7, la chaleur reçue par la particule est Q_{AB} = 0, donc :
On en déduit l'entropie créée au cours de l'étape AB :
Or, le second principe impose obligatoirement :
L'obtention d'une entropie créée strictement négative,
constitue une contradiction directe avec le second principe de la thermodynamique.
Résultat
Partie 2 : Prise en compte de la mémoire : machine de Landauer
Question 9
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : travail des forces de pression, principe de landauer
Déterminer le travail effectué par le mécanisme pendant l'opération de réinitialisation.
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Déterminer le travail mécanique fourni par l'opérateur pour comprimer réversiblement et lentement le compartiment de volume V à V/2.
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- Décomposer l'opération de réinitialisation en ses deux étapes successives (R1 et R2) et utiliser les hypothèses de l'énoncé pour l'étape R1.
- Modéliser la compression lente de l'étape R2 comme une transformation quasi-statique isotherme à la température T pour la particule M, du volume initial V au volume final V/2.
- En déduire le travail reçu par la particule M, puis le travail W_{\mathrm{init}} fourni (effectué) par le mécanisme.
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L'opération de réinitialisation de la mémoire s'effectue en deux temps :
Étape R1 : la paroi est retirée puis réintroduite au bord droit de l'enceinte de la mémoire. Selon l'énoncé, le mécanisme effectue un travail négligeable lors de cette étape :
W_{\mathrm{init, R1}} = 0À l'issue de cette étape, la particule M peut occuper la totalité du volume V de l'enceinte, quel que soit l'état initial du bit (0 ou 1).
- Étape R2 : la paroi est déplacée lentement vers la gauche depuis l'extrémité droite (volume disponible V_i = V) jusqu'au milieu de l'enceinte (volume disponible V_f = V/2). Cette compression est quasi-statique et isotherme à la température T imposée par le thermostat.
D'après l'équation d'état d'une particule unique établie à la question Q1, la pression exercée par la particule M sur la paroi mobile lorsqu'elle est confinée dans un volume variable V' est :
Le déplacement étant lent, la transformation est mécaniquement réversible (P_{\mathrm{ext}} = P(V')). Le travail élémentaire reçu par la particule M au cours d'une variation de volume \mathrm{d}V' s'écrit :
En intégrant entre l'état initial (V' = V) et l'état final (V' = V/2) :
Le travail W_{\mathrm{init}} effectué (c'est-à-dire fourni à la mémoire) par le mécanisme au cours de l'opération de réinitialisation est l'opposé du travail reçu par le mécanisme, soit exactement le travail reçu par la particule M :
Résultat
Question 10
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : cycle thermodynamique, bilan d'énergie
En déduire le travail reçu par le mécanisme de la machine de Landauer sur un cycle complet.
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Faire la somme algébrique du travail reçu lors de l'étape motrice C et du travail fourni lors de la réinitialisation de la mémoire.
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- Recenser le travail reçu par le mécanisme au cours de chaque étape du cycle de la machine de Landauer (A, B, C, D, R1 et R2).
- Sommer ces contributions en faisant attention aux conventions de signe (travail reçu versus travail effectué).
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Le cycle complet de la machine de Landauer se décompose en six étapes : A, B, C, D, R1 et R2. D'après l'énoncé :
- le mécanisme effectue un travail négligeable lors des étapes A, B, D et R1 ;
lors de l'étape C, la détente isotherme réversible de la particule S fournit un travail au mécanisme. D'après la question Q2, le travail reçu par le mécanisme est :
W_{\mathrm{m}, C} = k_B T \ln 2lors de l'opération de réinitialisation (étapes R1 et R2), le mécanisme effectue un travail W_{\mathrm{init}} = k_B T \ln 2 d'après la question Q9. Le travail reçu par le mécanisme au cours de cette opération est donc :
W_{\mathrm{m}, \mathrm{init}} = - W_{\mathrm{init}} = - k_B T \ln 2
En sommant le travail reçu par le mécanisme sur l'ensemble du cycle, on obtient :
Résultat
Question 11
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : premier principe, transfert thermique
Déterminer la chaleur reçue par la mémoire pendant l'étape de réinitialisation.
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Appliquer le premier principe à la particule de mémoire lors de sa compression isotherme pour obtenir le transfert thermique vers le thermostat.
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la mémoire (particule M) pour l'ensemble de l'opération de réinitialisation (étapes R1 et R2).
- Utiliser le fait que la température finale est égale à la température initiale (T) pour en déduire la variation d'énergie interne \Delta U_R.
- Relier la chaleur reçue Q_R au travail reçu par la mémoire W_R = W_{\mathrm{init}}.
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Considérons comme système la particule M modélisant la mémoire. L'opération de réinitialisation (étapes R1 et R2) fait passer la particule d'un état à la température T (dans la moitié gauche ou droite de l'enceinte) à un état final également à la température T (dans la moitié gauche de l'enceinte).
D'après la modélisation adoptée (question 5), l'énergie interne de la particule ne dépend que de la température T :
L'enceinte étant maintenue à la température T du thermostat, la variation d'énergie interne de la mémoire au cours de la réinitialisation est nulle :
D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à la mémoire :
où W_R est le travail reçu par la mémoire lors de la réinitialisation. Le mécanisme fournissant le travail W_{\mathrm{init}} = k_B T \ln 2 (question 9), le travail reçu par la particule M est :
On en déduit immédiatement la chaleur reçue par la mémoire :
Résultat
Question 12
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : second principe, principe de landauer
Vérifier que le second principe appliqué à la machine de Landauer sur un cycle est bien respecté.
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Effectuer le bilan entropique global du système complet (machine + mémoire) sur un cycle pour vérifier la positivité de l'entropie créée.
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- Définir le système fermé étudié (la machine de Landauer, constituée de la particule S et de la mémoire M) et préciser son évolution sur un cycle complet.
- Dresser le bilan thermique global sur un cycle à l'aide des résultats des questions précédentes pour en déduire l'entropie échangée avec le thermostat.
- Calculer l'entropie créée sur le cycle et vérifier qu'elle satisfait au second principe de la thermodynamique (S_{\mathrm{c}} \ge 0).
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Le système considéré est la « machine de Landauer », constituée de la particule du moteur de Szilard S et de la particule de la mémoire M, en contact avec l'unique thermostat à la température T.
Au cours d'un cycle complet, les deux sous-systèmes reviennent exactement à leur état thermodynamique initial :
- la particule S retrouve son état initial (volume V, température T), d'où \Delta S_{\mathrm{S}} = 0 ;
- la mémoire M revient dans l'état 0 (occupant la moitié gauche du volume, à la température T), d'où \Delta S_{\mathrm{M}} = 0.
L'entropie étant une grandeur d'état extensive, la variation totale d'entropie du système global sur un cycle est :
Calculons la chaleur totale Q_{\mathrm{tot}} reçue par le système au cours du cycle :
- la particule S reçoit la chaleur Q = k_B T \ln 2 (d'après la question Q3) ;
- la mémoire M n'échange aucune chaleur lors des étapes A, B, C et D, et reçoit la chaleur Q_R = - k_B T \ln 2 lors de la réinitialisation (d'après la question Q11).
La chaleur totale échangée avec le thermostat au cours du cycle est donc :
L'entropie échangée avec le thermostat unique à la température T vaut ainsi :
Le second principe de la thermodynamique s'écrit \Delta S_{\mathrm{cycle}} = S_{\mathrm{e}} + S_{\mathrm{c}}, ce qui donne pour l'entropie créée :
Les étapes d'expansion (C) et de compression (R2) étant menées de manière réversible, la création d'entropie globale est strictement nulle. Le second principe est donc parfaitement respecté et le paradoxe de Szilard est résolu.
Résultat
Question 13
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : irréversibilité, second principe
On considère dans cette question le cas où le déplacement de la paroi pendant l'étape R2 est rapide. Comment le résultat de la question 9 est-il modifié ? On pourra commencer par déterminer la variation d'entropie pendant l'étape R2.
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Appliquer le second principe sous forme d'inégalité pour une compression irréversible et comparer le travail nécessaire à celui du cas réversible.
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- Exprimer la variation d'entropie \Delta S_{\text{R2}} de la particule de la mémoire en exploitant le fait que l'entropie est une fonction d'état, entre les mêmes états initial (volume V, température T) et final (volume V/2, température T).
- Appliquer le premier principe pour relier le travail reçu W_{\text{reçu, R2}} et la chaleur reçue Q_{\text{R2}} à la variation d'énergie interne \Delta U_{\text{R2}}.
- Appliquer le second principe avec création d'entropie S_c > 0 due à la rapidité (irréversibilité) de la compression pour en déduire une inégalité sur le travail fourni par le mécanisme W_{\text{init}}.
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1. Variation d'entropie pendant l'étape R2 :
L'entropie S étant une fonction d'état, sa variation ne dépend pas du chemin suivi. À la fin de l'étape R1, la particule M occupe tout le volume V à la température T imposée par le thermostat. À la fin de l'étape R2 (après thermalisation éventuelle avec le thermostat), la particule est confinée dans la moitié gauche de volume V/2 à la même température T.
L'expression de l'entropie d'un gaz parfait d'une particule donne :
2. Premier principe :
L'énergie interne U ne dépend que de la température T (d'après la question Q5, U = \frac{3}{2}k_B T). L'état initial et l'état final étant à la même température T, on a :
Le travail fourni (ou effectué) par le mécanisme pendant l'opération de réinitialisation est W_{\text{init}} = W_{\text{reçu, R2}}, d'où :
3. Second principe et travail à fournir :
D'après le second principe de la thermodynamique appliqué à la mémoire en contact avec le thermostat à température T :
Le déplacement rapide de la paroi engendre des irréversibilités (ondes de compression, absence d'équilibre quasi-statique), ce qui se traduit par une création d'entropie strictement positive :
On en déduit :
En utilisant la relation issue du premier principe, le travail effectué par le mécanisme vérifie :
Le travail trouvé à la question Q9, W_{\text{init}} = k_B T \ln 2, représentait donc le travail minimal à fournir, atteint uniquement dans la limite d'une transformation réversible (infiniment lente). Lorsque la réinitialisation est rapide, le travail à fournir par le mécanisme est strictement supérieur à cette borne.
Résultat
Question 14
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : principe de landauer, ordre de grandeur
Que peut-on en déduire concernant le coût énergétique pour effacer 1 Go (giga-octet) d'information à température ambiante ? Comparer ce coût à la puissance électrique typique d'un ordinateur et commenter.
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Multiplier la limite de Landauer k_B T \ln 2 par le nombre total de bits dans un gigaoctet à T \approx 300\text{ K}, puis comparer à une puissance d'environ 50\text{ W}.
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- Exprimer le nombre de bits contenus dans 1 Go d'information et en déduire l'énergie minimale à fournir à température ambiante d'après le principe de Landauer (W \ge k_B T \ln 2 par bit).
- Réaliser l'application numérique pour T \approx 300\text{ K}.
- Comparer l'énergie ou la puissance associée à la puissance électrique typique d'un ordinateur en fonctionnement et interpréter l'écart.
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D'après le principe de Landauer établi aux questions précédentes, la réinitialisation (ou l'effacement) irréversible d'un bit de mémoire nécessite de fournir un travail minimal :
Un gigaoctet (1\text{ Go}) contient N_{\text{octets}} = 10^9\text{ octets}, soit :
Le coût énergétique minimal pour effacer 1\text{ Go} à la température ambiante T \approx 300\text{ K} est donc :
Avec les données du formulaire (k_B \approx 1{,}38 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}, \ln 2 \approx 0{,}69) et T \approx 300\text{ K} :
La puissance électrique typique d'un ordinateur portable ou de bureau est de l'ordre de :
Même en supposant que l'effacement de 1\text{ Go} s'effectue en une seconde (\Delta t \sim 1\text{ s}), la puissance minimale requise par la thermodynamique est de l'ordre de 10^{-11}\text{ W}.
Commentaire : La limite fondamentale imposée par le principe de Landauer est extraordinairement faible devant la consommation réelle des circuits électroniques actuels (environ 12 à 13 ordres de grandeur d'écart). La dissipation énergétique d'un ordinateur est aujourd'hui quasi-exclusivement dominée par des pertes irréversibles macroscopiques (effet Joule, courants de fuite, charges et décharges de capacités parasites dans les transistors CMOS), bien loin de la limite thermodynamique ultime.
Résultat
Question 15
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantFaisable en SupNotions : principe de landauer, entropie
On revient à la mémoire modèle. Supposons que le bit est dans l'état 1. Proposer un protocole faisant passer le bit dans l'état 0 sans dépenser de travail. Pourquoi ce protocole est-il compatible avec le principe de Landauer ? Discuter la possibilité d'utiliser ce protocole pour réaliser l'opération de réinitialisation de la mémoire à la fin du cycle de la machine de Landauer.
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Imaginer une translation mécanique sans compression du compartiment droit vers le compartiment gauche, et expliquer pourquoi cette opération échoue si l'état initial est inconnu.
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- Proposer un protocole mécanique simple exploitant le fait que l'état initial est connu avec certitude (M est à droite).
- Relire attentivement la formulation du principe de Landauer donnée dans l'énoncé pour identifier la condition essentielle sous laquelle la borne W \ge k_B T \ln 2 s'applique.
- Analyser pourquoi cette opération ne peut pas se substituer à la réinitialisation aveugle requise en fin de cycle.
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1. Protocole faisant passer le bit de l'état 1 à l'état 0 sans travail :
La particule M se trouvant à coup sûr dans le compartiment droit :
Protocole géométrique (rotation) : Il suffit de faire tourner l'enceinte de 180^\circ autour d'un axe vertical (ou de translater les parois pour permuter droite et gauche). L'enceinte étant indéformable, la particule n'échange aucun travail d'expansion ou de compression avec l'extérieur :
W = 0Protocole par déplacement de paroi : Le compartiment gauche étant vide, on peut déplacer réversiblement la paroi vers la gauche jusqu'à la paroi extérieure (expansion isotherme réversible du gaz de V/2 à V), ce qui fournit au mécanisme un travail W_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2. On réinsère ensuite une paroi à droite et on comprime réversiblement le gaz vers la gauche jusqu'à V/2, ce qui requiert un travail W_{\mathrm{fourni}} = k_B T \ln 2. Le bilan net de travail est nul :
W_{\mathrm{net}} = 0
2. Compatibilité avec le principe de Landauer :
L'énoncé stipule que le principe de Landauer s'applique à une « opération de réinitialisation d'un bit de mémoire, l'opération étant toujours supposée indépendante de l'état initial du bit ».
Or, le protocole proposé ici suppose l'état initial connu : il réalise une opération bijective réversible de type porte logique Non (1 \to 0, 0 \to 1). Une telle transformation est logiquement réversible : elle conserve le volume de l'espace des phases (l'entropie informationnelle ne varie pas). Il n'y a donc aucune contradiction avec le principe de Landauer, qui ne s'applique qu'aux opérations logiquement irréversibles d'écrasement ou d'effacement indépendantes de l'état initial (opérations « 2 vers 1 »).
3. Utilisation pour la réinitialisation de la mémoire en fin de cycle :
À la fin du cycle de la machine de Szilard, la mémoire se trouve dans l'état 0 avec une probabilité 1/2 et dans l'état 1 avec une probabilité 1/2. Pour la réinitialiser, l'état final doit être 0 dans les deux cas.
- Si l'on applique aveuglément le protocole d'inversion précédent (rotation de 180^\circ), l'état 1 devient certes 0, mais l'état 0 devient 1 : la mémoire n'est pas réinitialisée à 0 de façon certaine.
- Pour n'appliquer le protocole que lorsque le bit vaut 1, il faudrait d'abord mesurer l'état du bit de mémoire. Or, cette mesure exigerait d'enregistrer l'information dans une seconde mémoire, qu'il faudrait elle-même réinitialiser ultérieurement, déplaçant le coût thermodynamique sans l'éliminer (régression à l'infini de Bennett).
Ce protocole ne peut donc pas être utilisé pour réinitialiser la mémoire à la fin du cycle.
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- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 58 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,61 et d'écart-type 3,58 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.