Corrigé détaillé ENS Physique C PC 2023
Machine de Szilard
- 58 questions corrigées
- Sujet difficile
- Faisable en PCSI : 30 questions sur 58, parties 1, 2 et 3
- Vérifié question par question
Le sujet en bref
Sujet difficile · Premier et second principes de la thermodynamique, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Physique quantique · 7 incontournables · 30 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet d'une remarquable profondeur conceptuelle explore les liens fondamentaux unissant la thermodynamique, la théorie de l'information et la mécanique quantique à travers l'étude de la machine de Szilard. Conçue à l'origine comme une expérience de pensée pour expliciter le paradoxe du démon de Maxwell, cette machine permet en apparence d'extraire du travail mécanique à partir d'une source de chaleur unique grâce à l'acquisition d'information.
L'épreuve guide méthodiquement le candidat depuis le modèle classique à une particule vers sa résolution thermodynamique rigoureuse via le principe d'effacement de Landauer. Elle aborde ensuite une généralisation statistique à particules, puis développe une version quantique élégante fondée sur l'oscillateur harmonique scindé par une barrière de potentiel, avant de s'achever par l'analyse d'étaillée d'une expérience contemporaine mettant en œuvre un électron unique piégé dans un double puits quantique. D'un très haut niveau d'exigence physique et formelle, ce sujet constitue un entraînement d'exception pour maîtriser les fondements statistiques de l'entropie et la thermodynamique des petits systèmes.
- Difficulté
- Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,61/20)
- Temps estimé
- ≈ 4 h 35 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Premier et second principes de la thermodynamique62 %
- Facteur de Boltzmann et physique statistique17 %
- Physique quantique14 %
- Électrostatique6 %
Part des questions du sujet.
- Première année
Oui en PCSI : 30 questions sur 58, parties 1, 2 et 3.
Où gagner des points
45 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncéAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Rapides et accessibles (45) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Points à signaler : erreur d'énoncé
Erreur d'énoncé
L'équation (17) de la question Q58 présente une faute d'homogénéité : le facteur T est au dénominateur au lieu d'être au numérateur. Il faut lire \overline{Q(t, t')} = T\,[S(t') - S(t)], conformément à l'égalité réversible \Delta S = Q_{\mathrm{rev}} / T.
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Sommaire
58 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
58 questionsPartie 1 : Machine de Szilard à une particule
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : gaz parfait, équation d'état
Exprimer en fonction de et . On introduira la constante de Boltzmann où est la constante des gaz parfaits et le nombre d'Avogadro.
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Traiter la particule unique comme une mole divisée par la constante d'Avogadro, soit n = 1/\mathcal{N}_A, dans l'équation des gaz parfaits.
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- Partir de l'équation d'état des gaz parfaits pour une quantité de matière n.
- Relier la quantité de matière n au nombre de molécules N=1 et à la constante de Boltzmann k_B.
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Équation d'état du gaz parfait pour une seule particule : P = k_B T / V.
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L'équation d'état du gaz parfait s'écrit classiquement :
Pour une enceinte contenant une unique particule (N = 1), la quantité de matière vaut n = \frac{1}{\mathcal{N}_A}.
En utilisant la constante de Boltzmann k_B = \frac{R}{\mathcal{N}_A}, il vient directement :
On en déduit l'expression de la pression :
Résultat
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : travail des forces de pression, transformation isotherme
Calculer le travail reçu par la particule lors de l'étape C. En déduire le travail reçu par le mécanisme au cours d'un cycle complet.
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Intégrer le travail élémentaire isotherme réversible \delta W = -P\,\mathrm{d}V lors du doublement de volume de V/2 à V.
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- Exprimer le travail élémentaire reçu par la particule au cours de la détente isotherme et réversible de l'étape C, puis intégrer entre le volume initial V/2 et le volume final V.
- Relier le travail reçu par le mécanisme à celui reçu par la particule lors de cette étape, puis faire le bilan sur le cycle complet en utilisant les hypothèses de l'énoncé sur les autres étapes.
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Intégration de -P\,\mathrm{d}V pour une détente isotherme : W_C = -k_B T \ln 2, d'où W_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2.
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Que la particule ait été détectée dans le compartiment de gauche ou de droite, le volume V' qui lui est accessible passe de V_i = V/2 à V_f = V.
La détente étant réversible et isotherme à la température T imposée par le thermostat, la pression est donnée à chaque instant par l'équation d'état établie à la question 1 :
Le travail infinitésimal reçu par la particule s'écrit \delta W = - P(V')\,\mathrm{d}V'. Le travail total reçu lors de l'étape C est donc :
soit :
Par la troisième loi de Newton, la force exercée par la particule sur la paroi mobile est l'opposée de celle exercée par la paroi sur la particule. Le travail reçu par le mécanisme lors de l'étape C est donc :
D'après l'énoncé, le mécanisme effectue un travail négligeable lors des étapes A, B et D (W_{\mathrm{m}, A} = W_{\mathrm{m}, B} = W_{\mathrm{m}, D} = 0). Le travail reçu par le mécanisme au cours d'un cycle complet est donc :
Résultat
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, cycle thermodynamique
En déduire le travail puis la chaleur reçus par la particule au cours d'un cycle.
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Sommer les travaux de chaque étape en exploitant les hypothèses de travail nul pour A, B et D, puis appliquer le premier principe sur un cycle complet.
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- Sommer les travaux reçus par la particule au cours des différentes étapes du cycle, sachant que les étapes A, B et D ne mettent en jeu aucun travail.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la particule sur un cycle complet pour en déduire le transfert thermique global Q.
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Bilan sur le cycle complet : W = W_C = -k_B T \ln 2 et premier principe \Delta U = 0 \implies Q = k_B T \ln 2.
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D'après les hypothèses de l'énoncé, le mécanisme n'effectue aucun travail au cours des étapes A, B et D. Par conséquent, les travaux reçus par la particule lors de ces étapes sont négligeables :
Le travail total W reçu par la particule sur le cycle se réduit donc au travail reçu lors de la détente de l'étape C (question Q2) :
L'énergie interne U étant une fonction d'état, sa variation sur un cycle fermé est rigoureusement nulle :
D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à la particule sur le cycle complet :
ce qui conduit immédiatement à :
Résultat
Question 4
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : second principe, cycle monotherme
Montrer qu'une application naïve du second principe sur un cycle conduit à une contradiction.
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Confronter le signe de la chaleur nette échangée avec une source thermique unique à l'énoncé de Kelvin-Planck.
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- Rappeler l'énoncé du second principe pour un système subissant une transformation cyclique en contact avec un unique thermostat (énoncé de Kelvin-Planck ou inégalité de Clausius).
- Comparer les signes des grandeurs W et Q obtenues à la question précédente à ce que prescrit le second principe pour mettre en évidence la contradiction (moteur monotherme).
Voir la réponse courteRéponse courte
Cycle monotherme fournissant un travail au milieu extérieur (W < 0, Q > 0), en contradiction avec l'énoncé de Kelvin.
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Au cours du cycle, la particule est en contact avec un unique thermostat à la température T.
L'application du second principe de la thermodynamique à la particule sur un cycle complet donne :
L'entropie d'échange avec l'unique thermostat s'écrit S_{\mathrm{e}} = \frac{Q}{T}, d'où l'expression de l'entropie créée sur le cycle :
Le second principe impose donc pour tout cycle monotherme :
ce qui correspond à l'énoncé de Kelvin-Planck : un système fermé décrivant un cycle au contact d'une seule source de chaleur ne peut pas fournir de travail au milieu extérieur (impossibilité d'un moteur monotherme).
Or, d'après les résultats de la question Q3 :
Le mécanisme extrait un travail net positif -W = k_B T \ln 2 par conversion intégrale de la chaleur Q prélevée à une source unique, ce qui conduit à une entropie créée strictement négative :
Résultat
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : énergie interne, gaz parfait
Quelle est l'expression de l'énergie interne de la particule en fonction de et ?
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Appliquer le théorème d'équipartition de l'énergie à une particule ponctuelle possédant trois degrés de liberté de translation.
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Pour une particule monoatomique sans degrés de liberté internes, U = \frac{3}{2} k_B T.
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D'après le préambule, l'énergie interne U de la particule unique est égale à l'énergie cinétique moyenne E_c d'un atome dans un gaz parfait monoatomique à la température T.
Pour un gaz parfait monoatomique tridimensionnel à l'équilibre thermique à température T, l'énergie cinétique moyenne par particule, associée aux trois degrés de liberté de translation, vaut :
On en déduit immédiatement l'expression de l'énergie interne de la particule :
Résultat
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : premier principe, variation d'entropie
En déduire la chaleur reçue par la particule pendant l'étape C, puis la variation de l'entropie de la particule pendant l'étape C.
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Exploiter l'isothermie pour relier la chaleur reçue au travail calculé, puis utiliser l'entropie échangée lors d'une étape réversible.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la variation d'énergie interne \Delta U_C au cours de l'étape C en exploitant le fait que la température est maintenue constante par le thermostat et que U ne dépend que de T.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la particule lors de l'étape C pour déterminer Q_C à partir du travail W_C obtenu à la question 2.
- Utiliser le caractère réversible et isotherme de l'étape C pour calculer la variation d'entropie (\Delta S)_C.
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Comme la température est constante, \Delta U = 0 donc Q_C = k_B T \ln 2, et pour une isotherme (\Delta S)_C = Q_C / T = k_B \ln 2.
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D'après l'expression établie à la question 5, l'énergie interne de la particule ne dépend que de la température T :
Pendant l'étape C, l'enceinte reste en contact avec le thermostat de température T. La transformation étant isotherme, la variation d'énergie interne de la particule au cours de cette étape est nulle :
Le premier principe de la thermodynamique appliqué à la particule pendant l'étape C s'écrit :
En utilisant le travail W_C = -k_B T \ln 2 déterminé à la question 2, on en déduit la chaleur reçue :
L'étape C est une détente isotherme à la température T, effectuée de manière réversible par déplacement lent de la paroi. L'entropie créée au cours de cette transformation réversible est donc nulle (S_c = 0). Le second principe appliqué à la particule fournit alors :
Il vient ainsi :
Résultat
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, transfert thermique
Considérons « l'étape A suivie de l'étape B » comme une seule étape notée . Déterminer la chaleur reçue par la particule pendant cette étape .
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Faire le bilan énergétique de l'étape composite AB en notant qu'aucun travail mécanique n'est fourni et que la température ne varie pas.
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la particule sur l'étape globale AB.
- Exprimer la variation d'énergie interne \Delta U_{AB} sachant que l'enceinte est maintenue à température constante par le thermostat.
- Utiliser l'hypothèse de l'énoncé concernant le travail échangé pour en déduire la chaleur Q_{AB}.
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Les parois sont sans frottement et la particule ne subit pas d'échange de chaleur lors de l'insertion et de la mesure : Q_{AB} = 0.
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L'enceinte est en contact permanent avec un thermostat à la température T. D'après le résultat de la question 5, l'énergie interne de la particule ne dépend que de la température :
La température étant identique dans l'état initial et dans l'état final de l'étape AB, la variation d'énergie interne de la particule est nulle :
D'après l'énoncé, le travail effectué par le mécanisme au cours des étapes A et B est négligeable, d'où pour le travail reçu par la particule :
Le premier principe de la thermodynamique appliqué à la particule pendant l'étape AB donne alors :
On en déduit immédiatement :
Résultat
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : second principe, entropie
En utilisant les questions précédentes, montrer qu'une application naïve du second principe à l'étape conduit à une contradiction.
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Calculer la variation d'entropie d'un gaz parfait passant du volume V à V/2 sans échange thermique, et conclure sur l'entropie créée apparente.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la variation d'entropie du système (la particule) au cours de l'étape AB en exploitant le fait que l'entropie S est une fonction d'état et que la transformation globale sur le cycle est cyclique.
- Écrire le bilan entropique du second principe pour la particule lors de cette étape en utilisant la chaleur Q_{AB} déterminée à la question Q7.
- Comparer l'entropie créée ainsi calculée à la condition fondamentale imposée par le second principe (S_{\mathrm{c}} \ge 0).
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Sur un cycle \Delta S = 0, donc (\Delta S)_{AB} = -k_B \ln 2 < 0, or Q_{AB} = 0 impliquerait une création d'entropie négative.
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L'entropie S étant une fonction d'état, sa variation sur le cycle complet est nulle :
L'étape D consiste simplement à retirer la paroi sans modifier l'état thermodynamique de la particule (le volume accessible passe de V à V, la température restant T), d'où (\Delta S)_D = 0. Il en résulte, d'après la question Q6 où (\Delta S)_C = k_B \ln 2 :
D'autre part, en appliquant naïvement le second principe de la thermodynamique à la particule lors de l'étape AB, le bilan entropique s'écrit :
où S_{\mathrm{e}, AB} est l'entropie échangée avec le thermostat à la température T. D'après la question Q7, la chaleur reçue par la particule est Q_{AB} = 0, donc :
On en déduit l'entropie créée au cours de l'étape AB :
Or, le second principe impose obligatoirement :
L'obtention d'une entropie créée strictement négative,
constitue une contradiction directe avec le second principe de la thermodynamique.
Résultat
Partie 2 : Prise en compte de la mémoire : machine de Landauer
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : travail des forces de pression, principe de landauer
Déterminer le travail effectué par le mécanisme pendant l'opération de réinitialisation.
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Déterminer le travail mécanique fourni par l'opérateur pour comprimer réversiblement et lentement le compartiment de volume V à V/2.
Voir la stratégieStratégie
- Décomposer l'opération de réinitialisation en ses deux étapes successives (R1 et R2) et utiliser les hypothèses de l'énoncé pour l'étape R1.
- Modéliser la compression lente de l'étape R2 comme une transformation quasi-statique isotherme à la température T pour la particule M, du volume initial V au volume final V/2.
- En déduire le travail reçu par la particule M, puis le travail W_{\mathrm{init}} fourni (effectué) par le mécanisme.
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Compression isotherme réversible de la case mémoire de V à V/2 : travail reçu W_{\mathrm{init}} = k_B T \ln 2.
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L'opération de réinitialisation de la mémoire s'effectue en deux temps :
Étape R1 : la paroi est retirée puis réintroduite au bord droit de l'enceinte de la mémoire. Selon l'énoncé, le mécanisme effectue un travail négligeable lors de cette étape :
W_{\mathrm{init, R1}} = 0À l'issue de cette étape, la particule M peut occuper la totalité du volume V de l'enceinte, quel que soit l'état initial du bit (0 ou 1).
- Étape R2 : la paroi est déplacée lentement vers la gauche depuis l'extrémité droite (volume disponible V_i = V) jusqu'au milieu de l'enceinte (volume disponible V_f = V/2). Cette compression est quasi-statique et isotherme à la température T imposée par le thermostat.
D'après l'équation d'état d'une particule unique établie à la question Q1, la pression exercée par la particule M sur la paroi mobile lorsqu'elle est confinée dans un volume variable V' est :
Le déplacement étant lent, la transformation est mécaniquement réversible (P_{\mathrm{ext}} = P(V')). Le travail élémentaire reçu par la particule M au cours d'une variation de volume \mathrm{d}V' s'écrit :
En intégrant entre l'état initial (V' = V) et l'état final (V' = V/2) :
Le travail W_{\mathrm{init}} effectué (c'est-à-dire fourni à la mémoire) par le mécanisme au cours de l'opération de réinitialisation est l'opposé du travail reçu par le mécanisme, soit exactement le travail reçu par la particule M :
Résultat
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : cycle thermodynamique, bilan d'énergie
En déduire le travail reçu par le mécanisme de la machine de Landauer sur un cycle complet.
Voir l'indiceIndice
Faire la somme algébrique du travail reçu lors de l'étape motrice C et du travail fourni lors de la réinitialisation de la mémoire.
Voir la stratégieStratégie
- Recenser le travail reçu par le mécanisme au cours de chaque étape du cycle de la machine de Landauer (A, B, C, D, R1 et R2).
- Sommer ces contributions en faisant attention aux conventions de signe (travail reçu versus travail effectué).
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Somme des travaux échangés par le mécanisme : W_{\mathrm{m}} - W_{\mathrm{init}} = k_B T \ln 2 - k_B T \ln 2 = 0.
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Le cycle complet de la machine de Landauer se décompose en six étapes : A, B, C, D, R1 et R2. D'après l'énoncé :
- le mécanisme effectue un travail négligeable lors des étapes A, B, D et R1 ;
lors de l'étape C, la détente isotherme réversible de la particule S fournit un travail au mécanisme. D'après la question Q2, le travail reçu par le mécanisme est :
W_{\mathrm{m}, C} = k_B T \ln 2lors de l'opération de réinitialisation (étapes R1 et R2), le mécanisme effectue un travail W_{\mathrm{init}} = k_B T \ln 2 d'après la question Q9. Le travail reçu par le mécanisme au cours de cette opération est donc :
W_{\mathrm{m}, \mathrm{init}} = - W_{\mathrm{init}} = - k_B T \ln 2
En sommant le travail reçu par le mécanisme sur l'ensemble du cycle, on obtient :
Résultat
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, transfert thermique
Déterminer la chaleur reçue par la mémoire pendant l'étape de réinitialisation.
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Appliquer le premier principe à la particule de mémoire lors de sa compression isotherme pour obtenir le transfert thermique vers le thermostat.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique à la mémoire (particule M) pour l'ensemble de l'opération de réinitialisation (étapes R1 et R2).
- Utiliser le fait que la température finale est égale à la température initiale (T) pour en déduire la variation d'énergie interne \Delta U_R.
- Relier la chaleur reçue Q_R au travail reçu par la mémoire W_R = W_{\mathrm{init}}.
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Étape isotherme sur la mémoire : \Delta U = 0, donc Q_R = -W_{\mathrm{init}} = -k_B T \ln 2.
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Considérons comme système la particule M modélisant la mémoire. L'opération de réinitialisation (étapes R1 et R2) fait passer la particule d'un état à la température T (dans la moitié gauche ou droite de l'enceinte) à un état final également à la température T (dans la moitié gauche de l'enceinte).
D'après la modélisation adoptée (question 5), l'énergie interne de la particule ne dépend que de la température T :
L'enceinte étant maintenue à la température T du thermostat, la variation d'énergie interne de la mémoire au cours de la réinitialisation est nulle :
D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à la mémoire :
où W_R est le travail reçu par la mémoire lors de la réinitialisation. Le mécanisme fournissant le travail W_{\mathrm{init}} = k_B T \ln 2 (question 9), le travail reçu par la particule M est :
On en déduit immédiatement la chaleur reçue par la mémoire :
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : second principe, principe de landauer
Vérifier que le second principe appliqué à la machine de Landauer sur un cycle est bien respecté.
Voir l'indiceIndice
Effectuer le bilan entropique global du système complet (machine + mémoire) sur un cycle pour vérifier la positivité de l'entropie créée.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système fermé étudié (la machine de Landauer, constituée de la particule S et de la mémoire M) et préciser son évolution sur un cycle complet.
- Dresser le bilan thermique global sur un cycle à l'aide des résultats des questions précédentes pour en déduire l'entropie échangée avec le thermostat.
- Calculer l'entropie créée sur le cycle et vérifier qu'elle satisfait au second principe de la thermodynamique (S_{\mathrm{c}} \ge 0).
Voir la réponse courteRéponse courte
La chaleur totale échangée avec le thermostat s'annule : \Delta S_{\mathrm{tot}} = 0 et S_{\mathrm{cr\acute{e}\acute{e}e}} = 0, le second principe est préservé.
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Le système considéré est la « machine de Landauer », constituée de la particule du moteur de Szilard S et de la particule de la mémoire M, en contact avec l'unique thermostat à la température T.
Au cours d'un cycle complet, les deux sous-systèmes reviennent exactement à leur état thermodynamique initial :
- la particule S retrouve son état initial (volume V, température T), d'où \Delta S_{\mathrm{S}} = 0 ;
- la mémoire M revient dans l'état 0 (occupant la moitié gauche du volume, à la température T), d'où \Delta S_{\mathrm{M}} = 0.
L'entropie étant une grandeur d'état extensive, la variation totale d'entropie du système global sur un cycle est :
Calculons la chaleur totale Q_{\mathrm{tot}} reçue par le système au cours du cycle :
- la particule S reçoit la chaleur Q = k_B T \ln 2 (d'après la question Q3) ;
- la mémoire M n'échange aucune chaleur lors des étapes A, B, C et D, et reçoit la chaleur Q_R = - k_B T \ln 2 lors de la réinitialisation (d'après la question Q11).
La chaleur totale échangée avec le thermostat au cours du cycle est donc :
L'entropie échangée avec le thermostat unique à la température T vaut ainsi :
Le second principe de la thermodynamique s'écrit \Delta S_{\mathrm{cycle}} = S_{\mathrm{e}} + S_{\mathrm{c}}, ce qui donne pour l'entropie créée :
Les étapes d'expansion (C) et de compression (R2) étant menées de manière réversible, la création d'entropie globale est strictement nulle. Le second principe est donc parfaitement respecté et le paradoxe de Szilard est résolu.
Résultat
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : irréversibilité, second principe
On considère dans cette question le cas où le déplacement de la paroi pendant l'étape R2 est rapide. Comment le résultat de la question 9 est-il modifié ? On pourra commencer par déterminer la variation d'entropie pendant l'étape R2.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le second principe sous forme d'inégalité pour une compression irréversible et comparer le travail nécessaire à celui du cas réversible.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la variation d'entropie \Delta S_{\text{R2}} de la particule de la mémoire en exploitant le fait que l'entropie est une fonction d'état, entre les mêmes états initial (volume V, température T) et final (volume V/2, température T).
- Appliquer le premier principe pour relier le travail reçu W_{\text{reçu, R2}} et la chaleur reçue Q_{\text{R2}} à la variation d'énergie interne \Delta U_{\text{R2}}.
- Appliquer le second principe avec création d'entropie S_c > 0 due à la rapidité (irréversibilité) de la compression pour en déduire une inégalité sur le travail fourni par le mécanisme W_{\text{init}}.
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Détente rapide irréversible : création d'entropie positive, donc le travail à fournir est strictement supérieur, W_{\mathrm{init}} > k_B T \ln 2.
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1. Variation d'entropie pendant l'étape R2 :
L'entropie S étant une fonction d'état, sa variation ne dépend pas du chemin suivi. À la fin de l'étape R1, la particule M occupe tout le volume V à la température T imposée par le thermostat. À la fin de l'étape R2 (après thermalisation éventuelle avec le thermostat), la particule est confinée dans la moitié gauche de volume V/2 à la même température T.
L'expression de l'entropie d'un gaz parfait d'une particule donne :
2. Premier principe :
L'énergie interne U ne dépend que de la température T (d'après la question Q5, U = \frac{3}{2}k_B T). L'état initial et l'état final étant à la même température T, on a :
Le travail fourni (ou effectué) par le mécanisme pendant l'opération de réinitialisation est W_{\text{init}} = W_{\text{reçu, R2}}, d'où :
3. Second principe et travail à fournir :
D'après le second principe de la thermodynamique appliqué à la mémoire en contact avec le thermostat à température T :
Le déplacement rapide de la paroi engendre des irréversibilités (ondes de compression, absence d'équilibre quasi-statique), ce qui se traduit par une création d'entropie strictement positive :
On en déduit :
En utilisant la relation issue du premier principe, le travail effectué par le mécanisme vérifie :
Le travail trouvé à la question Q9, W_{\text{init}} = k_B T \ln 2, représentait donc le travail minimal à fournir, atteint uniquement dans la limite d'une transformation réversible (infiniment lente). Lorsque la réinitialisation est rapide, le travail à fournir par le mécanisme est strictement supérieur à cette borne.
Résultat
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : principe de landauer, ordre de grandeur
Que peut-on en déduire concernant le coût énergétique pour effacer 1 Go (giga-octet) d'information à température ambiante ? Comparer ce coût à la puissance électrique typique d'un ordinateur et commenter.
Voir l'indiceIndice
Multiplier la limite de Landauer k_B T \ln 2 par le nombre total de bits dans un gigaoctet à T \approx 300\text{ K}, puis comparer à une puissance d'environ 50\text{ W}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le nombre de bits contenus dans 1 Go d'information et en déduire l'énergie minimale à fournir à température ambiante d'après le principe de Landauer (W \ge k_B T \ln 2 par bit).
- Réaliser l'application numérique pour T \approx 300\text{ K}.
- Comparer l'énergie ou la puissance associée à la puissance électrique typique d'un ordinateur en fonctionnement et interpréter l'écart.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour 8\cdot 10^9 bits, E_{\mathrm{min}} \approx 8\cdot 10^9 \times k_B T \ln 2 \approx 2\cdot 10^{-11}\,\mathrm{J}, totalement négligeable devant la consommation d'un ordinateur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le principe de Landauer établi aux questions précédentes, la réinitialisation (ou l'effacement) irréversible d'un bit de mémoire nécessite de fournir un travail minimal :
Un gigaoctet (1\text{ Go}) contient N_{\text{octets}} = 10^9\text{ octets}, soit :
Le coût énergétique minimal pour effacer 1\text{ Go} à la température ambiante T \approx 300\text{ K} est donc :
Avec les données du formulaire (k_B \approx 1{,}38 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}, \ln 2 \approx 0{,}69) et T \approx 300\text{ K} :
La puissance électrique typique d'un ordinateur portable ou de bureau est de l'ordre de :
Même en supposant que l'effacement de 1\text{ Go} s'effectue en une seconde (\Delta t \sim 1\text{ s}), la puissance minimale requise par la thermodynamique est de l'ordre de 10^{-11}\text{ W}.
Commentaire : La limite fondamentale imposée par le principe de Landauer est extraordinairement faible devant la consommation réelle des circuits électroniques actuels (environ 12 à 13 ordres de grandeur d'écart). La dissipation énergétique d'un ordinateur est aujourd'hui quasi-exclusivement dominée par des pertes irréversibles macroscopiques (effet Joule, courants de fuite, charges et décharges de capacités parasites dans les transistors CMOS), bien loin de la limite thermodynamique ultime.
Résultat
Question 15
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : principe de landauer, entropie
On revient à la mémoire modèle. Supposons que le bit est dans l'état 1. Proposer un protocole faisant passer le bit dans l'état 0 sans dépenser de travail. Pourquoi ce protocole est-il compatible avec le principe de Landauer ? Discuter la possibilité d'utiliser ce protocole pour réaliser l'opération de réinitialisation de la mémoire à la fin du cycle de la machine de Landauer.
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Imaginer une translation mécanique sans compression du compartiment droit vers le compartiment gauche, et expliquer pourquoi cette opération échoue si l'état initial est inconnu.
Voir la stratégieStratégie
- Proposer un protocole mécanique simple exploitant le fait que l'état initial est connu avec certitude (M est à droite).
- Relire attentivement la formulation du principe de Landauer donnée dans l'énoncé pour identifier la condition essentielle sous laquelle la borne W \ge k_B T \ln 2 s'applique.
- Analyser pourquoi cette opération ne peut pas se substituer à la réinitialisation aveugle requise en fin de cycle.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bascule déterministe d'un état connu sans changer le volume de phase : travail nul, compatible avec Landauer car aucun oubli d'information.
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1. Protocole faisant passer le bit de l'état 1 à l'état 0 sans travail :
La particule M se trouvant à coup sûr dans le compartiment droit :
Protocole géométrique (rotation) : Il suffit de faire tourner l'enceinte de 180^\circ autour d'un axe vertical (ou de translater les parois pour permuter droite et gauche). L'enceinte étant indéformable, la particule n'échange aucun travail d'expansion ou de compression avec l'extérieur :
W = 0Protocole par déplacement de paroi : Le compartiment gauche étant vide, on peut déplacer réversiblement la paroi vers la gauche jusqu'à la paroi extérieure (expansion isotherme réversible du gaz de V/2 à V), ce qui fournit au mécanisme un travail W_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2. On réinsère ensuite une paroi à droite et on comprime réversiblement le gaz vers la gauche jusqu'à V/2, ce qui requiert un travail W_{\mathrm{fourni}} = k_B T \ln 2. Le bilan net de travail est nul :
W_{\mathrm{net}} = 0
2. Compatibilité avec le principe de Landauer :
L'énoncé stipule que le principe de Landauer s'applique à une « opération de réinitialisation d'un bit de mémoire, l'opération étant toujours supposée indépendante de l'état initial du bit ».
Or, le protocole proposé ici suppose l'état initial connu : il réalise une opération bijective réversible de type porte logique Non (1 \to 0, 0 \to 1). Une telle transformation est logiquement réversible : elle conserve le volume de l'espace des phases (l'entropie informationnelle ne varie pas). Il n'y a donc aucune contradiction avec le principe de Landauer, qui ne s'applique qu'aux opérations logiquement irréversibles d'écrasement ou d'effacement indépendantes de l'état initial (opérations « 2 vers 1 »).
3. Utilisation pour la réinitialisation de la mémoire en fin de cycle :
À la fin du cycle de la machine de Szilard, la mémoire se trouve dans l'état 0 avec une probabilité 1/2 et dans l'état 1 avec une probabilité 1/2. Pour la réinitialiser, l'état final doit être 0 dans les deux cas.
- Si l'on applique aveuglément le protocole d'inversion précédent (rotation de 180^\circ), l'état 1 devient certes 0, mais l'état 0 devient 1 : la mémoire n'est pas réinitialisée à 0 de façon certaine.
- Pour n'appliquer le protocole que lorsque le bit vaut 1, il faudrait d'abord mesurer l'état du bit de mémoire. Or, cette mesure exigerait d'enregistrer l'information dans une seconde mémoire, qu'il faudrait elle-même réinitialiser ultérieurement, déplaçant le coût thermodynamique sans l'éliminer (régression à l'infini de Bennett).
Ce protocole ne peut donc pas être utilisé pour réinitialiser la mémoire à la fin du cycle.
Partie 3 : Une machine de Szilard à N particules
Question 16
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équilibre mécanique, gaz parfait
Exprimer, à l'équilibre mécanique, les volumes du compartiment de gauche et du compartiment de droite en fonction de et .
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Écrire l'égalité des pressions P_G = P_D en utilisant la loi des gaz parfaits et la conservation du volume total V_G + V_D = V.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire l'équation d'état des gaz parfaits dans chaque compartiment à la température T du thermostat.
- Traduire la condition d'équilibre mécanique P_G = P_D ainsi que la conservation du volume total de l'enceinte V_{G,e} + V_{D,e} = V.
Voir la réponse courteRéponse courte
Égalité des pressions des gaz parfaits de part et d'autre : V_{G,e} = \frac{N_G}{N} V et V_{D,e} = \frac{N - N_G}{N} V.
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Chaque compartiment est en contact thermique avec le thermostat à la température T. Le comportement de chaque sous-système étant modélisé par l'équation d'état des gaz parfaits, les pressions à l'équilibre s'écrivent :
La condition d'équilibre mécanique impose l'égalité des pressions :
En utilisant la conservation du volume total V_{G,e} + V_{D,e} = V, il vient par proportionnalité :
On en déduit immédiatement les volumes d'équilibre :
Résultat
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : travail des forces de pression, transformation isotherme
Déterminer pour les cas particuliers et , et montrer que pour on a
Voir l'indiceIndice
Intégrer le travail réversible élémentaire exercé sur la paroi par la différence de pression P_G - P_D jusqu'à la position d'équilibre.
Voir la stratégieStratégie
- Pour les cas extrêmes où toutes les particules sont rassemblées d'un même côté (N_G = 0 ou N_G = N), le compartiment vide n'exerce aucune pression : la paroi se déplace réversiblement sous l'action du gaz jusqu'à occuper tout le volume V. On calcule le travail reçu par le mécanisme comme l'opposé du travail reçu par le gaz lors de cette détente isotherme.
- Pour 0 < N_G < N, la paroi sépare deux gaz parfaits. Lors d'un déplacement élémentaire, le travail reçu par le mécanisme provient des forces pressantes exercées par les deux compartiments. On intègre cette expression entre l'état initial et l'état d'équilibre déterminé à la question précédente.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration du travail des forces de pression lors de la détente isotherme des deux compartiments de xV et (1-x)V vers V_{G,e} et V_{D,e}.
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1. Cas particuliers N_G = 0 et N_G = N
Pour N_G = 0, le compartiment gauche est vide (P_G = 0) et les N particules se trouvent à droite (N_D = N). La paroi est poussée réversiblement par le gaz de droite depuis le volume initial V_{D,i} = (1-x)V jusqu'à ce qu'elle atteigne le bord gauche de l'enceinte (V_{D,f} = V). Le travail reçu par le mécanisme s'écrit :
W_{\mathrm{m}}(0) = \int_{(1-x)V}^{V} P_D \, \mathrm{d}V_D = \int_{(1-x)V}^{V} \frac{N k_B T}{V_D} \, \mathrm{d}V_D = N k_B T \ln\left(\frac{V}{(1-x)V}\right)soit :
\boxed{W_{\mathrm{m}}(0) = - N k_B T \ln(1-x)}Pour N_G = N, toutes les particules sont à gauche (N_D = 0, P_D = 0). Le gaz de gauche se détend réversiblement de V_{G,i} = xV à V_{G,f} = V :
W_{\mathrm{m}}(N) = \int_{xV}^{V} P_G \, \mathrm{d}V_G = \int_{xV}^{V} \frac{N k_B T}{V_G} \, \mathrm{d}V_G = N k_B T \ln\left(\frac{V}{xV}\right)soit :
\boxed{W_{\mathrm{m}}(N) = - N k_B T \ln x}
2. Cas général 0 < N_G < N
Lors d'un déplacement quasi-statique de la paroi, la variation élémentaire de volume vérifie \mathrm{d}V_G + \mathrm{d}V_D = 0, soit \mathrm{d}V_D = -\mathrm{d}V_G. La force exercée par les deux gaz sur la paroi mobile de section S, orientée vers la droite (sens des V_G croissants), est \vec{F} = (P_G - P_D) S \, \vec{u}_x. Le travail élémentaire reçu par le mécanisme s'exprime donc par :
La transformation étant isotherme réversible, les pressions s'écrivent P_G = \frac{N_G k_B T}{V_G} et P_D = \frac{(N - N_G) k_B T}{V_D}. En intégrant entre la configuration initiale (V_{G,i} = xV, V_{D,i} = (1-x)V) et la configuration d'équilibre mécanique obtenue à la question Q16 (V_{G,e} = \frac{N_G}{N}V, V_{D,e} = \frac{N - N_G}{N}V), on obtient :
En remplaçant les volumes d'équilibre par leurs expressions :
on parvient bien à l'expression attendue :
Résultat
Question 18
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : probabilité, gaz parfait
Pour , quelle est la probabilité que la particule se trouve dans le compartiment de gauche après insertion de la paroi ? Quelle est la probabilité qu'elle se trouve dans le compartiment de droite ?
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Relier la probabilité de localisation d'une molécule au rapport entre le volume du compartiment et le volume total disponible.
Voir la réponse courteRéponse courte
Répartition uniforme dans le volume : p_G = x et p_D = 1 - x.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Avant l'insertion de la paroi, l'enceinte de volume total V est à l'équilibre thermique à la température T. Pour un gaz parfait (ici constitué d'une unique particule), la densité de probabilité de présence de la particule dans l'enceinte est spatialement uniforme : la probabilité de présence dans un sous-volume donné est donc simplement proportionnelle à ce volume.
L'insertion de la paroi sépare l'enceinte en :
- un compartiment gauche de volume V_G = x V ;
- un compartiment droit de volume V_D = (1-x) V.
Par conséquent, les probabilités de trouver la particule dans le compartiment de gauche ou de droite sont respectivement données par :
Résultat
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : probabilité, loi binomiale
Pour , quelles sont les différentes situations possibles et leurs probabilités ? Vérifier que la somme des différentes probabilités vaut bien 1.
Voir l'indiceIndice
Dénombrer les états microscopiques possibles pour deux particules indépendantes et exprimer les probabilités associées en fonction de x.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les valeurs possibles pour le nombre de particules N_G dans le compartiment gauche lorsque N = 2.
- Calculer la probabilité de chaque configuration en exploitant l'indépendance statistique des particules, avec les probabilités élémentaires p_G = x et p_D = 1-x établies en Q18.
- Effectuer la somme des probabilités pour vérifier la normalisation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Particules indépendantes : \mathcal{P}(2) = x^2, \mathcal{P}(1) = 2x(1-x), \mathcal{P}(0) = (1-x)^2, de somme 1.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lorsque N = 2, les deux particules sont réparties de manière indépendante entre les deux compartiments. Le nombre de particules N_G présentes dans le compartiment de gauche peut prendre trois valeurs distinctes :
N_G = 0 : les deux particules sont dans le compartiment de droite. Comme les présences des particules sont indépendantes, la probabilité vaut :
\mathcal{P}(0) = p_D^2 = (1-x)^2.N_G = 1 : une particule se trouve à gauche et l'autre à droite. Il y a 2 configurations possibles (particule 1 à gauche et 2 à droite, ou l'inverse), d'où :
\mathcal{P}(1) = 2\,p_G p_D = 2x(1-x).N_G = 2 : les deux particules sont dans le compartiment de gauche, d'où :
\mathcal{P}(2) = p_G^2 = x^2.
Vérifions la condition de normalisation en sommant ces différentes probabilités :
La somme des probabilités est donc bien égale à 1.
Résultat
Question 20
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : probabilité, loi binomiale
En généralisant le raisonnement précédent, déterminer pour quelconque.
Voir l'indiceIndice
Identifier la loi de probabilité binomiale régissant le tirage indépendant de N particules réparties dans deux compartiments.
Voir la stratégieStratégie
- Considérer les N particules du gaz parfait comme discernables et indépendantes les unes des autres.
- Associer à chaque particule une épreuve de Bernoulli (présence à gauche avec la probabilité p_G = x, à droite avec p_D = 1-x).
- En déduire que la variable aléatoire N_G suit une loi binomiale de paramètres N et x.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tirages indépendants à deux issues : loi binomiale \mathcal{P}(N_G) = \binom{N}{N_G} x^{N_G} (1-x)^{N-N_G}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les particules constituent un gaz parfait : leurs interactions sont négligeables (hormis lors des collisions instantanées) et leurs positions sont donc mutuellement indépendantes.
L'insertion de la cloison correspond à la répétition de N épreuves indépendantes et identiques : pour chaque particule, la probabilité d'appartenir au compartiment de gauche est p_G = x, et celle d'appartenir au compartiment de droite est 1 - x (d'après la question Q18).
Pour obtenir une configuration avec N_G particules à gauche (et donc N - N_G particules à droite), il faut choisir les N_G particules parmi les N disponibles, ce qui correspond à C_N^{N_G} combinaisons distinctes. Chacune de ces configurations indépendantes a pour probabilité x^{N_G} (1-x)^{N - N_G}.
La loi de probabilité de la variable N_G est donc la loi binomiale \mathcal{B}(N, x) :
pour tout N_G \in \{0, 1, \dots, N\}.
Résultat
Question 21
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : moyenne statistique, travail thermodynamique
Exprimer sous la forme d'une somme que l'on ne cherchera pas à évaluer à ce stade.
Voir l'indiceIndice
Exprimer l'espérance mathématique du travail reçu par le mécanisme sous la forme d'une somme discrète pondérée par \mathcal{P}(N_G).
Voir la réponse courteRéponse courte
Définition de l'espérance mathématique : \overline{W}_{\mathrm{m}} = \sum_{N_G=0}^N \mathcal{P}(N_G) W_{\mathrm{m}}(N_G).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition de la moyenne statistique (ou espérance mathématique) sur l'ensemble des configurations possibles de la variable discrète N_G \in \{0, \dots, N\}, le travail moyen reçu par le mécanisme s'écrit :
En injectant l'expression de la loi binomiale \mathcal{P}(N_G) établie à la question Q20 et celle de W_{\mathrm{m}}(N_G) obtenue à la question Q17 (avec la convention usuelle 0\ln 0 = 0 pour englober les cas N_G = 0 et N_G = N), on obtient :
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : extremum, travail thermodynamique
Pour , pour quelle valeur de ce travail moyen est-il maximal ? Même question pour .
Voir l'indiceIndice
Étudier les propriétés de symétrie de la fonctionnelle de travail moyen vis-à-vis de la variable x pour N=1 et N=2.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le travail moyen \overline{W}_{\mathrm{m}}(x) pour N = 1 en utilisant les résultats des questions Q17 et Q18, puis dériver par rapport à x pour trouver la position du maximum.
- Exprimer \overline{W}_{\mathrm{m}}(x) pour N = 2 à l'aide des probabilités de Q19 et de la formule de Q17, simplifier l'expression, puis étudier ses extrema par dérivation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul explicite de la moyenne puis dérivation par rapport à x : maximum atteint pour la paroi au milieu, x = 1/2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Cas N = 1 :
D'après les questions Q17 et Q18, pour N = 1, les probabilités et les travaux associés sont :
- \mathcal{P}(0) = 1 - x avec W_{\mathrm{m}}(0) = - k_B T \ln(1 - x),
- \mathcal{P}(1) = x avec W_{\mathrm{m}}(1) = - k_B T \ln x.
Le travail moyen s'écrit donc :
En dérivant par rapport à x sur ]0, 1[ :
Cette dérivée s'annule si et seulement si :
De plus, la dérivée seconde est :
La fonction est donc strictement concave et présente un maximum unique en :
(la valeur maximale correspondante étant \overline{W}_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2).
2. Cas N = 2 :
D'après les questions Q17 et Q19, les probabilités valent \mathcal{P}(0) = (1-x)^2, \mathcal{P}(1) = 2x(1-x) et \mathcal{P}(2) = x^2. Les travaux associés sont :
Le travail moyen pour N = 2 s'obtient en sommant :
Dérivons cette expression par rapport à x :
En x = 1/2, \ln\big((1-x)/x\big) = \ln 1 = 0 et 1 - 2x = 0, donc la dérivée s'annule bien.
Calculons la dérivée seconde :
Comme la fonction x(1-x) atteint son maximum en x = 1/2 où elle vaut 1/4, on a pour tout x \in ]0, 1[ :
Puisque \ln 2 \approx 0{,}69 < 1, la dérivée seconde est strictement négative sur tout l'intervalle ]0, 1[. La fonction est donc strictement concave et admet un unique maximum en :
Résultat
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : fluctuation, travail thermodynamique
Vérifier la compatibilité de cette courbe avec le résultat trouvé en partie 1. Voyez-vous une explication évidente au fait que cette courbe soit décroissante ?
Voir l'indiceIndice
Vérifier la valeur pour N=1 et interpréter la décroissance par la diminution relative des fluctuations statistiques d'asymétrie lorsque N croît.
Voir la stratégieStratégie
- Lire la valeur à l'origine (N=1) sur la figure 2 et la confronter au travail obtenu dans la partie 1 (question Q2).
- Interpréter physiquement la décroissance de \overline{W}_{\mathrm{m}} avec le nombre N de particules en reliant le travail extrait aux fluctuations relatives de densité dans l'enceinte.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour N=1, on retrouve k_B T \ln 2 ; la décroissance traduit la réduction des fluctuations relatives de densité quand N augmente.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Compatibilité avec la partie 1 :
D'après le résultat de la question Q2 pour N = 1 et x = 1/2, le travail reçu par le mécanisme au cours d'un cycle vaut :
En grandeurs adimensionnées par k_B T, la valeur théorique est donc :
Sur la figure 2, pour N = 1, l'ordonnée vaut exactement \overline{W}_{\mathrm{m}}/(k_B T) \approx 0{,}69. La courbe est donc parfaitement compatible avec le résultat établi en partie 1.
2. Décroissance de la courbe :
Le travail moteur fourni au mécanisme provient du déséquilibre de pression entre les deux compartiments lors de l'insertion de la paroi, causé par la dissymétrie du nombre de particules (N_G \neq N_D).
- Pour un petit nombre de particules, les fluctuations statistiques relatives autour de la valeur moyenne \overline{N_G} = N/2 sont très importantes : il arrive fréquemment qu'un compartiment contienne nettement plus de particules que l'autre (par exemple, pour N=1, une particule d'un côté et zéro de l'autre), ce qui permet d'extraire une détente motrice maximale.
- Lorsque N augmente, la loi des grands nombres s'applique : la fraction de particules N_G/N dans chaque compartiment se concentre fortement autour de la fraction volumique x = 1/2. Les densités particulaires et donc les pressions initiales des deux côtés deviennent quasiment égales dès l'insertion (P_G \approx P_D). La paroi se trouve ainsi d'emblée très proche de sa position d'équilibre mécanique (V_{G,e} \approx V/2), ce qui réduit le déplacement possible de la paroi et donc le travail extractible.
Le travail moyen \overline{W}_{\mathrm{m}} décroît donc naturellement vers zéro lorsque N augmente.
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : moyenne statistique, fluctuation
Comparer les valeurs de pour et . Justifier simplement ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Calculer explicitement la somme pondérée pour N=2 avec x=1/2 et constater l'égalité stricte avec la valeur pour N=1.
Voir la réponse courteRéponse courte
\overline{W}_{\mathrm{m}}(2) < \overline{W}_{\mathrm{m}}(1) car la probabilité d'avoir une séparation macroscopique exploitable diminue avec le nombre de particules.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour x = 1/2, d'après les calculs de la question Q22 :
Pour N = 1, la particule est soit à gauche, soit à droite (avec probabilité 1/2). Dans les deux cas, elle subit une détente réversible de V/2 à V, fournissant au mécanisme le travail W_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2. Ainsi :
\overline{W}_{\mathrm{m}}(N = 1) = k_B T \ln 2Pour N = 2, trois configurations sont possibles :
Les deux particules sont dans le même compartiment (configurations (2,0) et (0,2)), avec une probabilité totale \mathcal{P}(2) + \mathcal{P}(0) = \left(\frac{1}{2}\right)^2 + \left(\frac{1}{2}\right)^2 = \frac{1}{2}. Les deux particules se détendent de V/2 à V, fournissant un travail double de celui d'une seule particule :
W_{\mathrm{m}} = 2 k_B T \ln 2Les particules sont réparties de part et d'autre de la paroi (configuration (1,1)), avec la probabilité \mathcal{P}(1) = 2 \times \frac{1}{2} \times \frac{1}{2} = \frac{1}{2}. Les pressions dans les deux compartiments sont alors immédiatement égales (P_G = P_D = \frac{k_B T}{V/2}) : la paroi est déjà à sa position d'équilibre, aucun déplacement n'a lieu et le travail est nul :
W_{\mathrm{m}} = 0
Le travail moyen pour N = 2 s'obtient directement :
\overline{W}_{\mathrm{m}}(N = 2) = \frac{1}{2} \times (2 k_B T \ln 2) + \frac{1}{2} \times 0 = k_B T \ln 2
Les deux valeurs sont donc identiques :
Ce résultat explique le palier horizontal visible sur la figure 2 entre N = 1 et N = 2, à la valeur \frac{\overline{W}_{\mathrm{m}}}{k_B T} = \ln 2 \approx 0{,}69.
Résultat
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : loi binomiale, écart-type
Déterminer et en fonction des données du problème.
Voir l'indiceIndice
Utiliser les formules usuelles de l'espérance et de la variance d'une loi binomiale de paramètres N et x.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la loi de probabilité suivie par la variable aléatoire N_G à partir du résultat de la question 20.
- Exprimer la variable aléatoire N_G comme une somme de variables de Bernoulli indépendantes pour en déduire immédiatement son espérance \overline{N_G} et son écart-type \sigma.
Voir la réponse courteRéponse courte
Espérance et écart-type d'une loi binomiale : \overline{N_G} = Nx et \sigma = \sqrt{Nx(1-x)}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 20, la variable aléatoire N_G, représentant le nombre de particules situées dans le compartiment de gauche après l'insertion de la paroi, suit une loi binomiale de paramètres N et x :
Cette variable peut s'écrire comme la somme de N variables aléatoires indépendantes indicatrices X_i (i \in \{1, \dots, N\}), où X_i = 1 si la particule i est dans le compartiment de gauche (avec probabilité x) et X_i = 0 sinon :
Pour chaque particule, on a :
Par linéarité de l'espérance et indépendance des particules, on en déduit la moyenne \overline{N_G} :
et la variance \sigma^2 de la distribution :
d'où l'écart-type \sigma :
Résultat
Question 26
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : développement limité, approximation gaussienne
Montrer que pour assez proche de et grand devant 1,
où est un préfacteur (indépendant de ) que l'on déterminera en fonction des données du problème. Pour cela on pourra effectuer un développement limité en admettant que peut être traité comme un petit paramètre.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un développement limité au second ordre du travail W_{\mathrm{m}}(N_G) au voisinage immédiat de son minimum en N_G = \overline{N_G}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le travail W_{\mathrm{m}}(N_G) en fonction de l'écart \delta N_G = N_G - \overline{N_G} en utilisant \overline{N_G} = N x et N - \overline{N_G} = N(1-x).
- Effectuer un développement limité à l'ordre 2 en puissances de \delta N_G/N \ll 1.
- Multiplier le résultat par l'approximation gaussienne \mathcal{P}(N_G) \approx g(N_G) pour identifier le préfacteur C.
Voir la réponse courteRéponse courte
Développement de Taylor à l'ordre 2 de W_{\mathrm{m}}(N_G) au voisinage de \overline{N_G} combiné à l'approximation gaussienne de \mathcal{P}(N_G).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q25, on a \overline{N_G} = N x, ce qui donne x N = \overline{N_G} et (1-x)N = N - \overline{N_G}. Posons l'écart :
Le nombre de particules dans chaque compartiment s'écrit alors :
Pour N_G proche de \overline{N_G}, les rapports \frac{\delta N_G}{N x} et \frac{\delta N_G}{N(1-x)} sont petits devant 1. Développons les logarithmes de l'expression de W_{\mathrm{m}}(N_G) (équation (1)) à l'ordre 2 en utilisant \ln(1+u) = u - \frac{u^2}{2} + o(u^2) :
et de même pour le second compartiment :
En sommant ces deux contributions, les termes d'ordre 1 s'annulent et il vient :
En reconnaissant la variance \sigma^2 = N x(1-x) établie à la question Q25, on obtient :
En utilisant l'approximation gaussienne de la distribution de probabilité \mathcal{P}(N_G) \approx g(N_G) donnée par l'équation (2), la fonction f(N_G) = \mathcal{P}(N_G) W_{\mathrm{m}}(N_G) s'écrit :
On retrouve bien la forme demandée :
avec
Résultat
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : analyse de fonction, tracé de courbe
Tracer l'allure de la fonction pour . Interprétez son comportement en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Étudier le produit d'une parabole et d'une gaussienne centrées en \overline{N_G} pour tracer la courbe en cloche bimodale.
Voir la stratégieStratégie
- Étudier la fonction f(N_G) \approx C (N_G - \overline{N_G})^2 \exp\left(-\frac{(N_G - \overline{N_G})^2}{2\sigma^2}\right) (parité, extrema, limites) pour en dresser le tableau de variations et tracer son allure.
- Interpréter physiquement la forme de la courbe à partir de la compétition entre la probabilité de fluctuation \mathcal{P}(N_G) et le travail extractible W_{\mathrm{m}}(N_G).
Voir la réponse courteRéponse courte
Courbe en double bosse symétrique nulle en \overline{N_G} : les fluctuations proches de la moyenne contribuent peu, l'essentiel vient des écarts d'ordre \sigma.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour x = 1/2, la distribution est centrée en \overline{N_G} = N/2 et son écart-type vaut \sigma = \sqrt{N}/2.
Posons la variable d'écart u = N_G - \overline{N_G}. La fonction s'écrit :
avec C > 0.
- Symétrie et valeurs aux limites : f est une fonction paire de u (symétrique par rapport à N_G = \overline{N_G}). Elle est strictement positive pour u \neq 0, s'annule en u = 0 (N_G = \overline{N_G}), et tend vers 0 lorsque |u| \to +\infty.
Extrema : La dérivée par rapport à u vaut :
\frac{\mathrm{d}f}{\mathrm{d}u} = C \left(2u - \frac{u^3}{\sigma^2}\right) \exp\left(-\frac{u^2}{2\sigma^2}\right) = C u \left(2 - \frac{u^2}{\sigma^2}\right) \exp\left(-\frac{u^2}{2\sigma^2}\right)La fonction admet donc :
- un minimum nul en u = 0, c'est-à-dire en N_G = \overline{N_G} ;
- deux maxima symétriques en u = \pm \sqrt{2}\sigma, soit pour N_G = \overline{N_G} \pm \sqrt{2}\sigma, valant f_{\max} = 2 C \sigma^2 \mathrm{e}^{-1}.
Interprétation physique :
La fonction f(N_G) = \mathcal{P}(N_G) W_{\mathrm{m}}(N_G) représente la contribution relative de chaque configuration N_G au travail moyen extrait \overline{W}_{\mathrm{m}}. Elle résulte d'un compromis entre deux effets antagonistes :
- Au centre (N_G = \overline{N_G}) : La probabilité \mathcal{P}(N_G) est maximale, mais les pressions de part et d'autre sont déjà égales (P_G = P_D). La paroi ne se déplace pas : le travail extrait est nul (W_{\mathrm{m}} = 0), d'où f(\overline{N_G}) = 0.
- Pour les grandes fluctuations (|N_G - \overline{N_G}| \gg \sigma) : La différence de pression initiale est importante, ce qui permettrait d'extraire un grand travail mécanique, mais la probabilité statistique de telles fluctuations macroscopiques décroît exponentiellement vers zéro.
- Aux maxima (|N_G - \overline{N_G}| \sim \sigma) : La contribution maximale au travail extrait provient des fluctuations thermiques typiques, de l'ordre de grandeur de l'écart-type \sigma.
Question 28
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : limite thermodynamique, intégrale gaussienne
À partir de la forme donnée à l'équation (3), déduire la limite de pour . Commenter brièvement le résultat obtenu.
Voir l'indiceIndice
Approximer la somme par une intégrale sur \mathbb{R} à l'aide de la seconde intégrale gaussienne fournie dans le formulaire.
Voir la stratégieStratégie
- Approcher la somme discrète définissant le travail moyen \overline{W}_{\mathrm{m}} par une intégrale sur la variable continue N_G dans la limite N \gg 1.
- Calculer cette intégrale en effectuant un changement de variable adapté et en utilisant les intégrales gaussiennes fournies dans le formulaire.
- Analyser physiquement la valeur limite obtenue et son implication à l'échelle macroscopique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de la forme gaussienne : \overline{W}_{\mathrm{m}} \to \frac{1}{2} k_B T, traduisant l'énergie thermique moyenne associée au degré de liberté de la paroi.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la limite des grands nombres de particules (N \to \infty), les fluctuations relatives autour de la moyenne deviennent très faibles (\sigma/\overline{N_G} \propto 1/\sqrt{N} \ll 1) et la distribution est très resserrée autour de \overline{N_G}. La somme discrète définissant le travail moyen peut être approchée par l'intégrale de la fonction continue f(N_G) sur \mathbb{R} :
D'après l'équation (3) et l'expression du préfacteur C établie à la question Q26 :
Effectuons le changement de variable u = \frac{N_G - \overline{N_G}}{\sqrt{2}\,\sigma}, d'où \mathrm{d}N_G = \sqrt{2}\,\sigma\,\mathrm{d}u et \left(N_G - \overline{N_G}\right)^2 = 2\sigma^2 u^2 :
En utilisant la formule donnée dans l'énoncé, \int_{-\infty}^{+\infty} u^2 \mathrm{e}^{-u^2} \, \mathrm{d}u = \frac{\sqrt{\pi}}{2}, il vient :
On en déduit l'expression du travail moyen :
La limite cherchée est donc :
Commentaire :
- Cette limite est parfaitement cohérente avec la figure 2, où la courbe décroît depuis \frac{\overline{W}_{\mathrm{m}}}{k_B T} = \ln 2 \approx 0{,}69 pour N = 1 et semble admettre une asymptote horizontale à 0{,}5.
- À la limite thermodynamique (N \to \infty), le travail moyen total extrait reste fini et d'origine purement thermique (\frac{1}{2}k_B T, associé à la fluctuation thermique d'un degré de liberté). Par conséquent, le travail extrait par particule tend vers zéro : \frac{\overline{W}_{\mathrm{m}}}{N} \xrightarrow[N\to\infty]{} 0. On ne peut donc pas extraire une quantité macroscopique de travail à partir d'un système à l'équilibre en exploitant les fluctuations statistiques : le second principe macroscopique est préservé.
Résultat
Question 29
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : théorème d'équipartition, fluctuation
Voyez-vous une explication simple de la dépendance en du résultat de la question précédente ?
Voir l'indiceIndice
Relier l'indépendance en x et la valeur k_B T / 2 au théorème d'équipartition de l'énergie appliqué à un unique degré de liberté mécanique fluctuant.
Voir la stratégieStratégie
- Constater que la « dépendance en x » obtenue à la question précédente est en réalité une indépendance totale : \lim_{N\to\infty} \overline{W}_{\mathrm{m}} = \frac{1}{2} k_B T.
- Interpréter physiquement la simplification mathématique entre la « raideur » de l'énergie libre et la variance des fluctuations.
- Relier ce résultat universel au théorème d'équipartition de l'énergie pour l'unique degré de liberté associé au déplacement de la paroi.
Voir la réponse courteRéponse courte
Théorème de l'équipartition de l'énergie appliqué à la fluctuation de position de la paroi mobile : \frac{1}{2} k_B T universel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le résultat de la question précédente montre que le travail moyen extrait à la limite thermodynamique est strictement indépendant de x (et vaut universellement \frac{1}{2} k_B T).
Deux explications complémentaires permettent de le comprendre simplement :
Compensation entre amplitude des fluctuations et raideur du potentiel thermodynamique :
D'après les questions précédentes, pour N_G proche de \overline{N_G}, le travail extrait s'écrit sous forme quadratique :
W_{\mathrm{m}}(N_G) \approx \frac{k_B T}{2\sigma^2} (N_G - \overline{N_G})^2,où \sigma^2 = N x (1-x). La moyenne statistique du travail s'écrit donc :
\overline{W}_{\mathrm{m}} \approx \frac{k_B T}{2\sigma^2} \langle (N_G - \overline{N_G})^2 \rangle = \frac{k_B T}{2\sigma^2} \times \sigma^2 = \frac{1}{2} k_B T.La dépendance en x contenue dans la variance des fluctuations \sigma^2 compense exactement celle de la « raideur » effective du travail récupérable \frac{k_B T}{2\sigma^2}.
Théorème d'équipartition de l'énergie :
À grand N, l'insertion de la cloison n'extrait de l'énergie que par la relaxation d'une fluctuation thermique spontanée autour de la position d'équilibre macroscopique. La position finale de la paroi constitue un unique degré de liberté macroscopique quadratique couplé au thermostat à la température T. En vertu du théorème d'équipartition de l'énergie (ou de la théorie des fluctuations gaussiennes d'Einstein), l'énergie moyenne associée à ce degré de liberté vaut universellement :
\boxed{\overline{W}_{\mathrm{m}} = \frac{1}{2} k_B T}indépendamment de la géométrie du dispositif, c'est-à-dire de la position x de la paroi.
Résultat
Partie 4 : Une machine de Szilard quantique
4.1 · Oscillateur harmonique
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : fonction de partition, oscillateur harmonique quantique
Déterminer l'expression de .
Voir l'indiceIndice
Reconnaître et sommer la série géométrique de raison \mathrm{e}^{-\beta \hbar \omega}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la condition de normalisation des probabilités pour expliciter la fonction de partition canonique Z.
- Remplacer les énergies E_n par celles de l'oscillateur harmonique et identifier une somme géométrique convergente.
- Exprimer le résultat sous forme factorisée, puis à l'aide des fonctions hyperboliques fournies dans le formulaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Somme d'une série géométrique pour E_n = (n+1/2)\hbar\omega : Z = \frac{e^{-X/2}}{1 - e^{-X}} = \frac{1}{2\operatorname{sh}(X/2)}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les équations (6) et (7), la condition de normalisation des probabilités s'écrit :
En injectant les énergies des états stationnaires de l'oscillateur harmonique E_n = \left(n + \frac{1}{2}\right)\hbar\omega (équation (9)) et en utilisant le paramètre adimensionné X = \beta\hbar\omega, il vient :
Comme la température T est strictement positive, on a X > 0, donc \mathrm{e}^{-X} \in {]0, 1[}. La série géométrique converge et a pour somme :
On obtient ainsi :
En reconnaissant l'expression du sinus hyperbolique \operatorname{sh}\left(\frac{X}{2}\right) = \frac{\mathrm{e}^{X/2} - \mathrm{e}^{-X/2}}{2}, on conclut :
Résultat
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : énergie interne, fonction de partition
Montrer que
où .
Voir l'indiceIndice
Calculer l'énergie moyenne canonique via la dérivée logarithmique de la fonction de partition U = -\partial(\ln Z)/\partial\beta.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'énergie interne U = \sum_{n=0}^{\infty} E_n \mathcal{P}_n sous forme de la dérivée thermodynamique classique de la fonction de partition Z par rapport à \beta.
- Utiliser l'expression compacte de Z obtenue à la question Q30 en termes de sinus hyperbolique pour mener la dérivation de façon simple et rapide.
Voir la réponse courteRéponse courte
Utilisation de la relation U = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} avec X = \beta\hbar\omega pour obtenir la cotangente hyperbolique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les relations (5) et (6) de l'énoncé, l'énergie interne s'écrit :
En remarquant que \frac{\partial}{\partial \beta} \left(\mathrm{e}^{-\beta E_n}\right) = -E_n \mathrm{e}^{-\beta E_n}, on reconnaît la dérivée logarithmique de la fonction de partition Z = \sum_{n=0}^\infty \mathrm{e}^{-\beta E_n} :
Puisque X = \beta \hbar \omega, la règle de dérivation en chaîne donne :
D'après la question Q30, la fonction de partition s'écrit Z = \frac{1}{2\operatorname{sh}(X/2)}, soit :
En dérivant par rapport à X, on obtient :
On en déduit finalement l'expression de l'énergie interne :
Résultat
Question 32
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : énergie de point zéro, état fondamental
Déterminer la limite de pour et commenter le résultat obtenu.
Voir l'indiceIndice
Examiner la limite X \to +\infty lorsque T \to 0 et faire le lien avec l'énergie fondamentale de point zéro.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le comportement de la variable sans dimension X = \beta\hbar\omega = \frac{\hbar\omega}{k_B T} lorsque T \to 0^+.
- Calculer la limite correspondante de la fonction \operatorname{coth}(X/2) pour en déduire la limite de l'énergie interne U.
- Interpréter physiquement la valeur obtenue en termes d'état fondamental quantique et d'énergie de point zéro.
Voir la réponse courteRéponse courte
Pour T \to 0, X \to \infty et \operatorname{coth}(X/2) \to 1, d'où U \to \frac{1}{2}\hbar\omega, énergie de l'état fondamental.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q31, l'énergie interne de l'oscillateur s'écrit :
avec X = \frac{\hbar\omega}{k_B T}.
Lorsque la température T tend vers 0 par valeurs positives, la variable X tend vers +\infty.
Par définition des fonctions hyperboliques :
On en déduit immédiatement la limite de l'énergie interne :
Commentaire :
À la température du zéro absolu (T = 0\text{ K}), l'oscillateur est gelé dans son état quantique fondamental de plus basse énergie (n = 0), pour lequel :
E_0 = \frac{1}{2}\hbar\omega.En effet, d'après le facteur de Boltzmann, \mathcal{P}_n / \mathcal{P}_0 = \mathrm{e}^{-n X} \xrightarrow[T \to 0]{} 0 pour tout n \ge 1, de sorte que \mathcal{P}_0 \to 1 et \mathcal{P}_{n \ge 1} \to 0.
- Contrairement à la physique classique où une particule au zéro absolu serait immobile au fond du puits de potentiel (x = 0 et p = 0, conduisant à U = 0), l'énergie interne quantique ne s'annule pas : elle correspond à l'énergie de point zéro, conséquence directe des inégalités d'Heisenberg spatiales (\Delta x \cdot \Delta p \ge \hbar/2).
Résultat
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : limite classique, théorème d'équipartition
Déterminer le comportement asymptotique de pour . On notera que la constante de Planck n'apparaît pas dans l'expression obtenue : pouvait-on s'y attendre ?
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Effectuer un développement asymptotique de \operatorname{coth}(u) au voisinage de u=0 et comparer au théorème d'équipartition classique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la variable sans dimension X = \frac{\hbar\omega}{k_B T} dans la limite T \to \infty.
- Réaliser un développement limité au voisinage de zéro de la fonction \operatorname{coth}(u) pour en déduire l'équivalent de U.
- Interpréter la disparition de \hbar à la lumière du principe de correspondance et du théorème d'équipartition de l'énergie classique.
Voir la réponse courteRéponse courte
DL pour X \to 0 : \operatorname{coth}(X/2) \sim 2/X, d'où U \to k_B T, en parfait accord avec l'équipartition classique (1/2 k_BT cinétique + 1/2 k_BT potentiel).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q31, l'énergie interne s'écrit :
Lorsque T \to \infty, le paramètre X tend vers 0. Posons u = X/2 \to 0. En effectuant un développement limité au voisinage de u = 0 :
Il vient :
Au premier ordre non nul, \operatorname{coth}(u) \underset{u \to 0}{\sim} \frac{1}{u}, ce qui donne pour X/2 :
En reportant dans l'expression de U, on obtient le comportement asymptotique à haute température :
Commentaire physique : On pouvait tout à fait s'attendre à ce que la constante de Planck n'apparaisse pas. En effet, dans la limite des hautes températures (k_B T \gg \hbar\omega), l'énergie thermique est très grande devant l'espacement quantique \Delta E = \hbar\omega entre niveaux d'énergie consécutifs : les effets de discrétisation deviennent négligeables et le système adopte un comportement classique conformément au principe de correspondance de Bohr.
D'un point de vue classique, le théorème de l'équipartition de l'énergie stipule que chaque terme quadratique indépendant dans l'hamiltonien apporte une contribution moyenne de \frac{1}{2} k_B T à l'énergie interne. Pour un oscillateur harmonique unidimensionnel :
Il y a deux termes quadratiques (énergie cinétique et énergie potentielle harmonique), d'où :
Ce résultat étant purement classique, il est indépendant de toute constante quantique et \hbar ne doit donc pas y figurer.
Résultat
Question 34
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : entropie, oscillateur harmonique quantique
En utilisant l'équation (8), obtenir l'expression de en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Injecter les probabilités canoniques \mathcal{P}_n = \mathrm{e}^{-\beta E_n}/Z dans la définition statistique de l'entropie.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer \ln(\mathcal{P}_n) à partir de la loi de Boltzmann \mathcal{P}_n = \frac{\mathrm{e}^{-\beta E_n}}{Z}.
- Réinjecter cette expression dans la définition de l'entropie statistique (équation 8) et faire apparaître la somme des probabilités \sum \mathcal{P}_n = 1 ainsi que l'énergie interne U = \sum E_n \mathcal{P}_n.
- Utiliser les expressions de U et de Z établies aux questions Q30 et Q31 pour obtenir S uniquement en fonction de k_B et du paramètre sans dimension X = \beta\hbar\omega.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression S = k_B \ln Z + U/T reportée en fonction de X à l'aide des expressions de Z et U.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation (6), la probabilité de trouver l'oscillateur dans l'état stationnaire n s'écrit :
En reportant cette relation dans l'expression (8) de l'entropie S :
En utilisant la condition de normalisation \sum_{n=0}^\infty \mathcal{P}_n = 1 et la définition de l'énergie interne U = \sum_{n=0}^\infty E_n \mathcal{P}_n, on retrouve la relation thermodynamique fondamentale :
D'après les questions Q30 et Q31, avec X = \beta\hbar\omega :
On en déduit :
et
En regroupant ces deux termes, on obtient :
Remarque : On peut également écrire ce résultat sous forme exponentielle :
Résultat
4.2 · Oscillateur harmonique avec barrière
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
Notions : spectre d'énergie, oscillateur harmonique quantique
La figure 3 représente graphiquement les énergies des états stationnaires en fonction de . Au vu de cette figure, conjecturer l'expression de en fonction de pour tout .
Voir l'indiceIndice
Observer l'asymptote horizontale des niveaux d'énergie sur le graphique et conjecturer l'expression des énergies des états impairs.
Voir la stratégieStratégie
- Observer les valeurs asymptotiques des énergies sur l'axe des ordonnées de la figure 3 lorsque le paramètre de barrière \tilde{V}_0 \to +\infty.
- Identifier la suite arithmétique formée par ces niveaux d'énergie asymptotiques et exprimer son terme général en fonction de l'entier n \in \mathbb{N}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture graphique des asymptotes quand V_0 \to \infty : les énergies tendent vers E_n^{(b)} = (2n + 3/2)\hbar\omega.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Sur la figure 3, lorsque l'amplitude de la barrière \tilde{V}_0 \to +\infty, les courbes d'énergie se rejoignent deux à deux vers des asymptotes horizontales bien visibles. Les premières valeurs asymptotiques lues sur l'axe des ordonnées sont :
On constate que ces valeurs forment une progression arithmétique de premier terme \dfrac{3}{2}\,\hbar\omega et de raison 2\hbar\omega :
On peut donc conjecturer que pour tout n \in \mathbb{N} :
Résultat
Question 36
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Notions : fonction d'onde, parité
Pour quelles valeurs de peut-on montrer sans calculs que appartient à l'ensemble ? Vérifier la cohérence avec la réponse à la question précédente.
Voir l'indiceIndice
Considérer la parité des fonctions d'onde non perturbées : celles qui sont impaires s'annulent déjà en x=0 et ne subissent pas la barrière.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer l'équation aux valeurs propres avec barrière (équations (11) et (12)) à celle de l'oscillateur harmonique libre.
- Exploiter la parité des états propres \phi_m(x) pour identifier ceux qui vérifient naturellement la condition aux limites \phi(0) = 0.
- Rapprocher l'énergie E_m de ces états de la formule conjecturée à la question 35.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les états impairs de l'oscillateur non perturbé ont un nœud en x=0 : ils ne subissent aucun effet de la barrière, m = 2n+1.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les équations (11) et (12), un état stationnaire en présence de la barrière infinie en x = 0 doit vérifier :
- l'équation de Schrödinger de l'oscillateur harmonique pour tout x \neq 0 ;
- la condition aux limites de Dirichlet \phi_n^{(b)}(0) = 0.
Pour l'oscillateur harmonique sans barrière, les fonctions d'onde s'écrivent :
où le polynôme h_m(x) a la parité de l'entier m.
Si m est un entier impair, la fonction \phi_m est impaire, ce qui implique immédiatement :
Puisque \phi_m satisfait l'équation de Schrödinger sur tout \mathbb{R}, elle la satisfait en particulier sur \mathbb{R}^* tout en respectant la condition aux limites en x = 0.
Par conséquent, pour tout entier m impair, la fonction \phi_m est directement un état propre du problème avec barrière, associé à l'énergie E_m. L'énergie E_m appartient donc à l'ensemble \{E_n^{(b)}\,;\, n \in \mathbb{N}\} pour :
Cohérence avec la question 35 :
Pour m = 2n + 1 (avec n \in \mathbb{N}), l'énergie de l'oscillateur harmonique non perturbé vaut :
On retrouve exactement l'expression de E_n^{(b)} obtenue par conjecture à la question 35 :
Le résultat est donc parfaitement cohérent.
Résultat
Question 37
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : oscillateur harmonique quantique, spectre d'énergie
Montrer que les sont les énergies des états stationnaires d'une particule dans un potentiel harmonique de pulsation , décalées d'une constante à déterminer.
Voir l'indiceIndice
Réécrire l'expression (2n + 3/2)\hbar\omega sous la forme standard (n + 1/2)\hbar\omega' + \Delta E en identifiant \omega'.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les niveaux d'énergie \tilde{E}_n d'un oscillateur harmonique de pulsation \omega' = 2\omega.
- Comparer cette expression à celle des énergies E_n^{(b)} admise à la question 35 pour identifier la constante additive de décalage.
Voir la réponse courteRéponse courte
Réécriture E_n^{(b)} = (n + 1/2)\hbar(2\omega) + \frac{1}{2}\hbar\omega : spectre d'un oscillateur de pulsation 2\omega décalé de \frac{1}{2}\hbar\omega.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation (9) de l'énoncé, les états stationnaires d'une particule dans un potentiel harmonique de pulsation \omega' = 2\omega ont pour niveaux d'énergie :
D'après le résultat de la question 35 (dont la validité est admise pour la suite) :
En décomposant cette expression, on obtient :
Les niveaux d'énergie E_n^{(b)} correspondent donc exactement aux énergies \tilde{E}_n d'un oscillateur harmonique de pulsation 2\omega, décalées d'une constante indépendante de n :
Résultat
Question 38
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : énergie interne, oscillateur harmonique quantique
Déterminer .
Voir l'indiceIndice
Utiliser l'analogie avec l'oscillateur de pulsation 2\omega en ajoutant le décalage constant en énergie \Delta E = \hbar\omega/2.
Voir la stratégieStratégie
- Exploiter le lien établi à la question 37 entre les niveaux d'énergie E_n^{(b)} avec barrière et ceux \tilde{E}_n d'un oscillateur harmonique de pulsation 2\omega.
- Exprimer l'énergie interne U_b = \sum_{n=0}^{\infty} E_n^{(b)} \mathcal{P}_n^{(b)} en réutilisant directement la formule de l'énergie interne établie à la question 31.
Voir la réponse courteRéponse courte
Remplacement de \omega par 2\omega et ajout de la constante de décalage : U_b = \frac{1}{2}\hbar\omega + \hbar\omega \operatorname{coth}(X).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question 37, les niveaux d'énergie en présence de la barrière infinie s'écrivent :
où \tilde{E}_n = \left(n + \frac{1}{2}\right)\hbar\tilde{\omega} sont les niveaux d'énergie d'un oscillateur harmonique de pulsation \tilde{\omega} = 2\omega.
La fonction de partition du système avec barrière s'écrit alors :
où \tilde{Z} est la fonction de partition associée aux niveaux \tilde{E}_n.
Les probabilités d'occupation des états stationnaires sont donc identiques à celles de l'oscillateur de pulsation \tilde{\omega} :
L'énergie interne U_b à l'équilibre thermique s'en déduit par linéarité de la moyenne :
où \tilde{U} est l'énergie interne d'un oscillateur harmonique de pulsation 2\omega.
D'après la formule (10) établie à la question 31 appliquée à la pulsation \tilde{\omega} = 2\omega (pour laquelle le paramètre adimensionné vaut \tilde{X} = \beta\hbar(2\omega) = 2X) :
On en déduit l'expression de U_b :
Résultat
Question 39
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : entropie, oscillateur harmonique quantique
Déterminer .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la formule d'entropie obtenue à la question 34 en adaptant le paramètre sans dimension à la nouvelle pulsation 2\omega.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la dégénérescence des niveaux d'énergie E_n^{(b)} dans la limite d'une barrière infinie (V_0 \to +\infty).
- Calculer la fonction de partition Z_b associée à l'ensemble des états stationnaires.
- Exprimer l'entropie S_b à l'aide de la relation fondamentale S = \frac{U}{T} + k_B \ln Z issue de l'équation (8).
Voir la réponse courteRéponse courte
Décalage constant en énergie sans effet sur l'entropie : substitution X \to 2X dans la formule de S(X).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la limite d'une barrière infiniment haute (V_0 \to +\infty), le puits est scindé en deux domaines indépendants (x < 0 et x > 0). Comme le montre la figure 3, chaque niveau d'énergie E_n^{(b)} = \left(2n + \frac{3}{2}\right)\hbar\omega résulte de la coalescence d'un état de parité paire et d'un état de parité impaire : chaque niveau d'énergie possède donc un degré de dégénérescence g_n = 2 (un état localisé à gauche et un état localisé à droite).
La fonction de partition Z_b sommée sur tous les états quantiques s'écrit alors, avec X = \beta\hbar\omega :
D'après la définition générale de l'entropie donnée par l'équation (8) pour une distribution canonique \mathcal{P}_i = \mathrm{e}^{-\beta E_i}/Z_b :
D'après la question Q38, l'énergie interne est :
D'autre part :
En sommant ces deux contributions, les termes en \pm \frac{1}{2} k_B X se compensent exactement :
En comparant avec l'expression de l'entropie S(X) de l'oscillateur harmonique sans barrière obtenue à la question Q34, S(X) = k_B \left[ \frac{X}{2}\operatorname{coth}\left(\frac{X}{2}\right) - \ln\left(2\operatorname{sh}\left(\frac{X}{2}\right)\right) \right] = k_B \left[ \frac{X}{\mathrm{e}^X-1} - \ln(1-\mathrm{e}^{-X}) \right], on remarque que :
On en déduit donc l'expression équivalente :
soit encore sous forme exponentielle :
Résultat
Question 40
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
Notions : premier principe, énergie libre
Contrairement au cas classique, l'insertion de la barrière a un coût énergétique. En utilisant les résultats des questions précédentes, calculer la chaleur et le travail reçus par la particule au cours de l'opération d'insertion.
Voir l'indiceIndice
Calculer la chaleur via la variation d'entropie réversible Q_{\mathrm{ins}} = T(S_b - S), puis en déduire le travail grâce au premier principe.
Voir la stratégieStratégie
- L'opération d'insertion de la barrière est lente et réversible, en contact permanent avec un thermostat à la température T. Le second principe permet ainsi de relier directement la chaleur échangée Q_{\mathrm{ins}} à la variation d'entropie : Q_{\mathrm{ins}} = T(S_b - S).
- Le premier principe permet ensuite d'en déduire le travail reçu par la particule : W_{\mathrm{ins}} = \Delta U - Q_{\mathrm{ins}} = (U_b - U) - Q_{\mathrm{ins}}, qui correspond à la variation d'énergie libre \Delta F = F_b - F.
Voir la réponse courteRéponse courte
Processus isotherme réversible : Q_{\mathrm{ins}} = T(S_b - S) et premier principe W_{\mathrm{ins}} = U_b - U - Q_{\mathrm{ins}} = F_b - F.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'insertion de la barrière est une transformation réversible isotherme à la température T. L'entropie créée étant nulle (S_{\mathrm{c}} = 0), le second principe de la thermodynamique s'écrit :
D'après les questions Q34 et Q39, les entropies avant et après insertion valent :
En utilisant l'identité trigonométrique hyperbolique \operatorname{sh}(X) = 2\operatorname{sh}(X/2)\operatorname{ch}(X/2), on a :
Par ailleurs, l'identité \operatorname{coth}(X) - \frac{1}{2}\operatorname{coth}\left(\frac{X}{2}\right) = \frac{1}{2}\operatorname{th}\left(\frac{X}{2}\right) conduit à :
On en déduit la variation d'entropie :
La chaleur reçue au cours de l'insertion s'exprime donc sous la forme (avec k_B T = \frac{\hbar\omega}{X}) :
D'après le premier principe de la thermodynamique :
D'après les questions Q31 et Q38, la variation d'énergie interne vaut :
En soustrayant Q_{\mathrm{ins}}, le terme en \operatorname{th}(X/2) se simplifie exactement :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 41
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : puits de potentiel, symétrie
Montrer sans calculs que pour tout , l'énergie fait partie de l'ensemble des énergies .
Voir l'indiceIndice
Restreindre les fonctions d'onde impaires de l'oscillateur libre au demi-espace x < 0 et vérifier la condition aux limites en x=0.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer l'équation de Schrödinger et la condition aux limites du problème confiné sur ]-\infty, 0] avec celles de l'oscillateur harmonique libre sur \mathbb{R} étudié en sous-partie 4.1.
- Utiliser la parité des états propres non perturbés pour identifier des fonctions d'onde satisfaisant naturellement la condition de Dirichlet en x=0.
Voir la réponse courteRéponse courte
La détection brise la parité mais conserve la structure des niveaux d'un demi-espace harmonique, dont les énergies coïncident avec E_n^{(b)}.
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Considérons les états stationnaires \phi_k(x) de l'oscillateur harmonique libre sur \mathbb{R} associés aux énergies E_k = \left(k + \frac{1}{2}\right)\hbar\omega (équation (9)). D'après l'équation (13), la fonction d'onde \phi_k(x) a la parité de l'entier k.
Pour tout indice impair k = 2m + 1 avec m \in \mathbb{N}, la fonction \phi_{2m+1}(x) est impaire, ce qui implique :
Par conséquent, la restriction de \phi_{2m+1} au demi-axe des x négatifs, notée \psi(x) = \phi_{2m+1}(x) pour x \le 0 :
- vérifie l'équation de Schrödinger (14) sur x < 0 pour la même énergie E_{2m+1} ;
- vérifie la condition aux limites \psi(0) = 0 (équation (15)) ;
- est de carré sommable sur ]-\infty, 0] et tend vers 0 en -\infty.
La fonction \psi est donc (à une constante de normalisation près) une fonction propre admissible du problème confiné à gauche, avec pour valeur propre d'énergie :
On en déduit que pour tout m \in \mathbb{N} :
Résultat
Question 42
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : énergie interne, mesure quantique
Que vaut ?
Voir l'indiceIndice
Constater que le spectre d'énergie de la demi-boîte coïncide exactement avec celui du système complet avec barrière infinie.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le spectre énergétique E_n^{(d)} après détection donné par l'énoncé.
- Exprimer l'énergie interne U_d comme la moyenne canonique de l'énergie, soit par le calcul direct, soit en comparant le spectre à celui d'un oscillateur de pulsation 2\omega décalé en énergie.
- Comparer l'expression obtenue à celle de U_b établie à la question 38.
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Le spectre d'énergie dans un demi-espace étant identique à celui de l'ensemble avec barrière, U_d = U_b.
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Après détection de la particule dans le compartiment gauche (x \le 0), les niveaux d'énergie admis par l'énoncé s'écrivent :
Ces énergies correspondent exactement aux niveaux d'un oscillateur harmonique de pulsation \Omega = 2\omega, décalés globalement d'une constante \Delta E = \frac{1}{2}\hbar\omega.
À l'équilibre thermique avec le thermostat à la température T, l'énergie interne est la valeur moyenne canonique de l'énergie :
Par linéarité de la moyenne, U_d est la somme de l'énergie moyenne d'un oscillateur de pulsation 2\omega et de la constante \frac{1}{2}\hbar\omega. D'après la relation (10) établie à la question 31 pour une pulsation quelconque :
où X = \beta\hbar\omega. On en déduit immédiatement :
On remarque que U_d = U_b, où U_b est l'énergie interne calculée à la question 38 avant la détection.
Résultat
Question 43
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : entropie, mesure quantique
Déterminer . En déduire la variation d'entropie associée à l'opération de détection. Commenter brièvement.
Voir l'indiceIndice
Évaluer l'entropie du système confiné à gauche et interpréter la variation -k_B \ln 2 par la levée de la dégénérescence spatiale binaire.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer la fonction de partition Z_d associée aux états stationnaires confinés dans le demi-espace x \le 0, dont les énergies E_n^{(d)} = \left(2n + \frac{3}{2}\right)\hbar\omega sont non dégénérées.
- En déduire l'entropie S_d à l'aide de la relation thermodynamique S_d = \frac{U_d}{T} + k_B \ln Z_d et de l'expression de U_d obtenue à la question Q42.
- Exprimer la différence S_d - S_b et l'interpréter en termes d'acquisition d'information (levée de l'indétermination spatiale gauche/droite).
Voir la réponse courteRéponse courte
La mesure lève la dégénérescence spatiale droite/gauche : variation d'entropie S_d - S_b = -k_B \ln 2, acquisition d'un bit.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Après la détection à gauche, les états stationnaires sont non dégénérés et d'énergies E_n^{(d)} = \left(2n + \frac{3}{2}\right)\hbar\omega pour n \in \mathbb{N}. La fonction de partition associée s'écrit :
D'après la formule fondamentale de l'entropie statistique (équation (8)) :
En utilisant U_d = \hbar\omega \left[\operatorname{coth}(X) + \frac{1}{2}\right] (question Q42), le premier terme vaut :
D'autre part :
En sommant ces deux contributions, les termes en \frac{1}{2}k_B X se compensent :
D'après la question Q39, l'entropie avant détection s'écrivait :
On en déduit immédiatement la variation d'entropie au cours de la détection :
Commentaire : La mesure a permis de lever l'indétermination spatiale sur la position de la particule (qui pouvait se trouver à gauche ou à droite avec une égale probabilité de 1/2). L'acquisition de ce bit d'information réduit l'entropie du système de k_B \ln 2. On retrouve exactement le résultat obtenu dans le cadre classique pour l'étape AB (question Q8).
Résultat
Question 44
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
Notions : travail thermodynamique, isotherme
Déterminer le travail reçu par la particule lors de cette dernière étape.
Voir l'indiceIndice
Faire un bilan d'entropie et d'énergie sur la détente réversible ramenant le potentiel à sa forme initiale non perturbée.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier l'état initial (particule à l'équilibre thermique confinée dans le demi-espace x \le 0) et l'état final (particule dans le potentiel harmonique complet sans barrière à la même température T).
- Appliquer le premier et le second principe à cette transformation réversible et isotherme pour relier le travail W_{\mathrm{dep}} à la variation d'énergie libre F = U - TS.
- Exprimer le travail en fonction des paramètres du problème (X, T, \hbar\omega).
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Détente réversible ramenant le potentiel à la pulsation initiale : W_{\mathrm{dep}} = F(\omega) - F_d.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Lors de cette dernière étape, la barrière est déplacée lentement et de façon réversible de x_b = 0 à x_b \to +\infty, le système restant en contact permanent avec le thermostat à la température T.
États thermodynamiques :
État initial : la particule est confinée dans le demi-espace x \le 0, à l'équilibre thermique à la température T. D'après les questions Q42 et Q43, son énergie interne et son entropie sont :
U_d = \hbar\omega \left[ \operatorname{coth}(X) + \frac{1}{2} \right] \quad \text{et} \quad S_d = S(2X) = k_B \left[ X \operatorname{coth}(X) - \ln\left(2\operatorname{sh}(X)\right) \right]État final : la barrière est rejetée à l'infini, la particule se retrouve dans le potentiel harmonique initial sans barrière à la température T. D'après les questions Q31 et Q34 :
U = \frac{\hbar\omega}{2} \operatorname{coth}\left(\frac{X}{2}\right) \quad \text{et} \quad S = S(X) = k_B \left[ \frac{X}{2}\operatorname{coth}\left(\frac{X}{2}\right) - \ln\left(2\operatorname{sh}\left(\frac{X}{2}\right)\right) \right]
Bilan énergétique : La transformation étant isotherme et réversible, le second principe donne :
D'après le premier principe, le travail reçu par la particule s'exprime donc à l'aide de l'énergie libre F = U - TS :
Calculons l'énergie libre dans chaque état :
On en déduit l'expression du travail reçu :
En utilisant l'identité trigonométrique \operatorname{sh}(X) = 2\operatorname{sh}(X/2)\operatorname{ch}(X/2), le rapport des sinus hyperboliques se simplifie :
Le travail s'écrit donc :
En observant l'expression du travail d'insertion obtenu à la question Q40, W_{\mathrm{ins}} = \frac{\hbar\omega}{2} + k_B T \ln\left(\operatorname{ch}\left(\frac{X}{2}\right)\right), on obtient la relation remarquable :
Résultat
Question 45
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : machine de szilard, cycle thermodynamique
En admettant que le travail reçu par la particule pendant l'opération de détection est nul, déterminer le travail reçu par la particule au cours d'un cycle complet. Comparer au résultat obtenu dans la partie 1. Ce résultat vous semble-t-il surprenant ?
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Faire le bilan global du travail sur l'ensemble du cycle quantique et comparer au cas classique de la partie 1.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le travail total W reçu par la particule comme la somme des travaux reçus lors des trois étapes successives du cycle : insertion de la barrière, détection et déplacement de la barrière.
- Utiliser la relation établie à la question Q44 liant W_{\mathrm{dep}} et W_{\mathrm{ins}} pour obtenir W.
- Comparer ce résultat à celui de la partie 1 et commenter le caractère surprenant ou universel de cette égalité à la lumière de la thermodynamique de l'information.
Voir la réponse courteRéponse courte
Somme des travaux du cycle : W = -k_B T \ln 2, résultat identique au cas classique grâce à la compensation des effets purement quantiques.
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Le cycle complet se décompose en trois étapes :
- l'insertion réversible de la barrière de potentiel, au cours de laquelle la particule reçoit le travail W_{\mathrm{ins}} ;
- l'opération de détection (suivie de la thermalisation), au cours de laquelle le travail reçu est nul par hypothèse : W_{\mathrm{det}} = 0 ;
- le déplacement réversible de la barrière jusqu'à x_b \to +\infty, au cours duquel la particule reçoit le travail W_{\mathrm{dep}}.
Le travail total reçu par la particule sur un cycle complet s'écrit donc :
D'après la question Q44, le travail de déplacement s'exprime en fonction du travail d'insertion selon :
En sommant ces contributions, le coût de l'insertion quantique se compense exactement et il reste :
Comparaison avec la partie 1 et commentaire : On retrouve très exactement la même valeur que pour la machine de Szilard classique obtenue à la question Q3 (W = - k_B T \ln 2).
Ce résultat peut sembler a priori surprenant :
- Contrairement au cas classique où l'insertion d'une cloison infiniment mince ne requiert aucun travail (W_{\mathrm{ins}}^{\text{class}} = 0), l'insertion quantique a ici un coût énergétique non nul (W_{\mathrm{ins}} > 0) dépendant explicitement de la constante de Planck \hbar et des caractéristiques de l'oscillateur.
Cependant, d'un point de vue thermodynamique plus fondamental, ce résultat n'est pas surprenant :
- La machine réalise la conversion réversible d'exactement 1\text{ bit} d'information (bipartition symétrique gauche/droite associée à une variation d'entropie \Delta S_{\text{det}} = -k_B \ln 2) en travail mécanique. Le cycle étant entièrement réversible et en contact avec un unique thermostat à température T, la quantité maximale de travail extractible est universelle et fixée par le second principe à -W = k_B T \ln 2, indépendamment de la nature classique ou quantique du système.
Résultat
Partie 5 : Réalisation expérimentale d'une machine de Szilard
Question 46
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : blocage de coulomb, détection de charge
Expliquer l'allure de l'évolution de en fonction du temps ainsi que le choix de variation de à chaque début de cycle.
Voir l'indiceIndice
Associer le plateau haut de courant à la présence de l'électron à gauche et le plateau bas à sa présence à droite, puis justifier la commande de grille.
Voir la stratégieStratégie
- Interpréter les deux niveaux discrets du signal de courant I_d(t) et leurs fluctuations en les reliant à la position de l'électron (gauche ou droite) et à l'effet tunnel.
- Analyser l'état du système aux débuts de cycle (t = 0, 10, 20 et 30\text{ s}) d'après le niveau de courant I_d.
- Justifier le saut appliqué au paramètre de contrôle n_g en regard de la règle de rétroaction décrite dans le texte pour approfondir le puits où se trouve l'électron, suivi de la phase de retour lent vers la configuration symétrique (n_g = 1/2).
Voir la réponse courteRéponse courte
Les sauts de courant révèlent le passage discret d'un électron ; la rampe de n_g polarise l'îlot pour déclencher le transfert.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Allure de l'évolution du courant I_d(t) : Le détecteur est situé au voisinage du puits de gauche. L'énoncé précise que le courant I_d est plus élevé lorsque l'électron est à gauche qu'en son absence :
- Le plateau haut (I_d \approx 20\text{ pA}) correspond à la présence de l'électron dans le puits de gauche.
- Le plateau bas (I_d \approx 7\text{ pA}) correspond à l'électron situé dans le puits de droite.
Le courant bascule de manière intermittente et aléatoire entre ces deux valeurs discrètes (télégraphe bistable avec bruit expérimental) : ces transitions traduisent les sauts spontanés de l'électron d'un puits à l'autre par effet tunnel.
2. Choix de la variation de n_g à chaque début de cycle : La configuration est symétrique pour n_g = 1/2. De plus, le puits de gauche est plus profond que celui de droite pour n_g > 1/2, tandis que le puits de droite est plus profond pour n_g < 1/2. Le principe de la machine consiste à détecter le puits occupé par l'électron au début du cycle, puis à abaisser rapidement ce puits en énergie avant de revenir lentement à la symétrie.
Sur la figure 5, les débuts de cycle sont marqués par les pointillés verticaux :
- À t = 0\text{ s}, t = 10\text{ s} et t = 30\text{ s}, le signal I_d est sur le niveau bas (I_d \approx 7\text{ pA}) : l'électron est détecté à droite. Le mécanisme applique une variation brusque en diminuant n_g d'une valeur de 1/2 à environ 0{,}35 < 1/2, ce qui abaisse l'énergie du puits de droite (où se trouve l'électron). Puis n_g remonte lentement vers 1/2 sur une durée de 10\text{ s}.
- À t = 20\text{ s}, le signal I_d est sur le niveau haut (I_d \approx 20\text{ pA}) : l'électron est détecté à gauche. Le mécanisme augmente brutalement n_g jusqu'à environ 0{,}65 > 1/2, ce qui approfondit le puits de gauche. Puis n_g décroît lentement vers la valeur de repos 1/2.
Question 47
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
Notions : énergie électrostatique, capacité
Quelle est l'énergie de l'électron pour les deux valeurs de ? On introduira .
Voir l'indiceIndice
Calculer l'énergie électrostatique emmagasinée dans le condensateur pour les charges respectives -n_g q_e et (1 - n_g)q_e.
Voir la réponse courteRéponse courte
Énergie de charge du condensateur équivalent : E(n) = E_c (n - n_g)^2, calculée pour n = 0 et n = 1.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'énergie électrostatique stockée dans un condensateur de capacité C_0 portant une charge Q s'écrit :
En utilisant l'expression de la charge effective donnée par l'énoncé, Q = (n - n_g)q_e, et en introduisant l'énergie de charge E_c = \frac{q_e^2}{2C_0}, l'énergie de l'électron prend la forme générale :
On en déduit l'énergie pour chacune des deux configurations :
Pour n = 0 (électron dans le puits de gauche) :
\boxed{E(0) = E_c\, n_g^2}Pour n = 1 (électron dans le puits de droite) :
\boxed{E(1) = E_c\,(1 - n_g)^2}
Résultat
Question 48
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : bilan d'énergie, énergie électrostatique
En déduire la variation d'énergie lorsque l'électron passe de gauche à droite pour une valeur donnée de . Même question s'il passe de droite à gauche.
Voir l'indiceIndice
Faire la différence E(1) - E(0) à potentiel de grille n_g constant pour trouver la variation d'énergie lors du saut.
Voir la réponse courteRéponse courte
Différence d'énergie \Delta E_{G\to D} = E(1) - E(0) = E_c (1 - 2n_g), et son opposé pour le sens inverse.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question précédente, l'énergie de l'électron lorsqu'il se trouve dans le puits de gauche (n = 0) et dans le puits de droite (n = 1) s'écrit :
Passage de gauche à droite L'état initial est le puits de gauche (n = 0) et l'état final est le puits de droite (n = 1). La variation d'énergie de l'électron s'obtient par la différence entre l'énergie finale et l'énergie initiale :
On obtient ainsi :
Passage de droite à gauche De façon symétrique, lors d'une transition du puits de droite (n = 1) vers le puits de gauche (n = 0), la variation d'énergie est l'opposée de la précédente :
Soit :
Résultat
Question 49
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : machine thermique, premier principe
Expliquer qualitativement pourquoi et .
Voir l'indiceIndice
Remarquer que l'abaissement initial fournit de l'énergie potentielle et que le retour lent permet à l'électron d'extraire de la chaleur par thermalisation.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en moyenne sur un cycle pour relier \overline{W} et \overline{Q}.
- Analyser les échanges énergétiques au cours des différentes étapes du cycle (abaissement rapide après détection, puis remontée lente avec sauts thermiques) pour déterminer le signe du travail moyen ou de la chaleur moyenne.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le système agit comme un moteur thermique monotherme alimenté par les mesures : il absorbe de la chaleur et fournit du travail (\overline{W} < 0).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Supposons, comme décrit dans l'énoncé, que l'électron a été détecté dans le puits de gauche (G) à t=0 :
Étape rapide d'asymétrisation (0 < t < t_1) : Le potentiel est modifié très rapidement de sorte que l'électron n'a pas le temps de franchir la barrière par effet tunnel. L'énergie du puits gauche s'abaisse de E_0 à E_{\min} < E_0, tandis que celle du puits droit augmente vers E_{\max}. L'électron se trouvant à gauche, il reçoit un travail négatif (il fournit de l'énergie au circuit de commande) :
W(0, t_1) = E_{\min} - E_0 < 0Étape lente de retour à la symétrie (t_1 < t < t_f) : Le système revient lentement vers la situation symétrique (E_G augmente vers E_0 et E_D diminue vers E_0).
- Si l'électron restait indéfiniment dans le puits gauche, il recevrait un travail E_0 - E_{\min} = -W(0, t_1), conduisant à un travail net nul.
Or, sous l'effet des fluctuations thermiques, l'électron effectue des transitions vers le puits droit (G \to D). Comme E_G(t) < E_D(t) durant cette phase, un tel saut nécessite d'emprunter de l'énergie au thermostat sous forme de chaleur :
Q_{G \to D} = E_D(t) - E_G(t) > 0- De plus, pendant les fractions de temps où l'électron réside dans le puits droit, l'énergie de ce puits est décroissante (\mathrm{d}E_D < 0), ce qui correspond encore à un travail reçu négatif (\mathrm{d}W = \mathrm{d}E_D < 0). L'électron n'effectue donc pas l'intégralité de la remontée d'énergie dans le puits de gauche.
Par conséquent, le travail moyen net reçu par l'électron au cours d'un cycle complet est strictement négatif :
Sur un cycle complet, le système revient statistiquement à son état initial symétrique, de sorte que la variation moyenne d'énergie interne est nulle : \overline{\Delta E} = \overline{W} + \overline{Q} = 0. On en déduit immédiatement :
Résultat
Question 50
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : ordre de grandeur, machine de szilard
Sachant que , donner un ordre de grandeur de pour les séquences observées sur la figure 5. Cet ordre de grandeur correspond-il qualitativement à ce que l'on aurait pour la machine de Szilard de la partie 1 ?
Voir l'indiceIndice
Convertir k_B T \ln 2 en micro-électronvolts à la température cryogénique T = 100\text{ mK} et comparer à E_c.
Voir la stratégieStratégie
- Évaluer l'ordre de grandeur de la chaleur échangée lors d'un saut de puits en utilisant la variation d'énergie déterminée à la question précédente et les valeurs de n_g visibles sur la figure 5. En déduire l'ordre de grandeur de la chaleur Q sur un cycle.
- Calculer la chaleur reçue sur un cycle par la machine de Szilard de la partie 1, Q = k_B T \ln 2, à la température du cryostat (T \approx 100\text{ mK}).
- Comparer ces deux grandeurs.
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Calcul numérique avec E_c \approx 100\,\mu\mathrm{eV} : Q \sim k_B T \ln 2 \approx 10^{-23}\text{ à }10^{-22}\,\mathrm{J}, en accord avec l'échelle classique à basse température.
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D'après l'énoncé et la question Q48, l'électron n'échange de la chaleur avec l'environnement que lors d'un passage d'un puits à l'autre, et cette chaleur élémentaire vaut :
Sur la figure 5, on constate que lors du cycle, le paramètre de contrôle n_g varie entre environ 0{,}35 et 0{,}65. Les transitions (visibles par les sauts du courant I_d entre environ 7\text{ pA} et 20\text{ pA}) ont lieu au cours du retour lent vers la symétrie, pour des valeurs de n_g où l'écart à la symétrie est modéré, soit typiquement |n_g - 1/2| \sim 0{,}05\text{ à }0{,}15, ce qui donne |1 - 2n_g| \sim 0{,}1\text{ à }0{,}3.
L'énergie échangée lors d'un saut est donc de l'ordre de :
Comme chaque séquence ne comporte qu'un très petit nombre de sauts (typiquement 1 à 3 passages), la chaleur nette Q reçue par l'électron au cours d'un cycle est de l'ordre de grandeur d'une dizaine de microélectron-volts :
Calculons maintenant la chaleur reçue au cours d'un cycle par la machine de Szilard de la partie 1 (question Q3) :
Avec T = 100\text{ mK} = 0{,}10\text{ K}, k_B \approx 1{,}38 \times 10^{-23}\text{ J}\cdot\mathrm{K}^{-1} et \ln 2 \approx 0{,}69 :
Convertissons cette énergie en électron-volts avec q_e \approx 1{,}60 \times 10^{-19}\text{ C} :
On constate que Q \sim 10\,\mu\mathrm{eV} et Q_{\mathrm{Szilard}} \approx 6\,\mu\mathrm{eV} sont du même ordre de grandeur : l'ordre de grandeur observé sur l'expérience correspond donc parfaitement, sur le plan qualitatif et quantitatif, à celui attendu pour la machine de Szilard idéale.
Résultat
Question 51
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : machine de szilard, distribution de probabilité
La position de la bosse principale correspond-elle qualitativement à ce que l'on aurait pour la machine de Szilard de la partie 1 ? Cela vous semble-t-il surprenant ?
Voir l'indiceIndice
Lire la coordonnée de la bosse principale sur l'axe normalisé W/(k_B T) de la figure 6 et comparer à -\ln 2.
Voir la stratégieStratégie
- Lire la position du maximum de la bosse principale sur l'histogramme de la figure 6.
- Comparer cette valeur au travail reçu par la particule lors d'un cycle de la machine de Szilard classique (étudié en partie 1).
- Commenter le caractère surprenant (ou non) de cette concordance en invoquant l'universalité de la thermodynamique de l'information.
Voir la réponse courteRéponse courte
Le pic correspond à l'énergie moyenne extraite k_B T \ln 2, ce qui confirme expérimentalement le fonctionnement de Szilard.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Sur l'histogramme de la figure 6, le sommet de la distribution principale est centré à une abscisse :
D'après le résultat de la question 3 (partie 1), le travail reçu par la particule au cours d'un cycle de la machine de Szilard idéale vaut :
La position de la bosse principale correspond donc remarquablement bien, qualitativement et même quantitativement, au travail extrait dans la machine de Szilard de la partie 1.
Commentaire :
- Au premier abord, ce résultat peut sembler surprenant : le système physique n'a rien à voir avec un cylindre macroscopique muni d'un piston mobile et d'un gaz parfait. Il s'agit ici d'un unique électron dans un double puits de potentiel électrostatique, échangeant de l'énergie par sauts tunnels stochastiques à très basse température (100\text{ mK}).
Avec le recul de la physique statistique, ce résultat n'est pas surprenant : il illustre le principe d'universalité de la thermodynamique de l'information (principe de Landauer-Szilard). Dès lors qu'un bit d'information est acquis puis exploité de façon quasi-statique au contact d'un thermostat à la température T, la quantité maximale de travail mécanique pouvant être extraite du système est invariablement :
\boxed{-W = k_B T \ln 2}indépendamment de la nature microscopique du système physique sous-jacent.
Résultat
Question 52
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Notions : effet tunnel, fluctuation
Voyez-vous un ou deux types d'événements pouvant expliquer la présence de la bosse secondaire ?
Voir l'indiceIndice
Envisager des sauts intempestifs par effet tunnel avant la fin du basculement ou des erreurs de détection du courant de pointe.
Voir la réponse courteRéponse courte
Sauts thermiques résiduels à contre-sens franchissant la barrière ou transitions non adiabatiques pendant la rampe de tension.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La bosse secondaire, située dans le domaine des travaux reçus positifs (W > 0), correspond à des cycles où le mécanisme fournit de l'énergie à l'électron au lieu d'en extraire. On peut identifier deux types d'événements microscopiques expliquant ce comportement :
- Une erreur de détection (fausse mesure) : en raison des fluctuations statistiques et du bruit sur le courant de détection I_d, le détecteur peut identifier à tort la position de l'électron (par exemple détecté à gauche alors qu'il se trouve en réalité à droite). Le protocole applique alors la rétroaction inverse : le puits occupé est surélevé au lieu d'être abaissé, ce qui nécessite de fournir du travail à l'électron (W > 0).
- Un saut intempestif de l'électron (par effet tunnel ou activation thermique) : même si la détection initiale est correcte, un saut d'un puits à l'autre peut survenir pendant le temps de réponse de l'électronique de contrôle ou lors de la rampe rapide de tension (durée t_1). L'électron se retrouve alors dans le puits de haute énergie au début de la phase de retour lent, ce qui conduit également à une dissipation nette d'énergie vers le système (W > 0).
Question 53
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en PCSI
Notions : facteur de boltzmann, système à deux niveaux
Donner l'expression de et en fonction de et , en faisant l'hypothèse que ces probabilités sont proportionnelles au facteur de Boltzmann.
Voir l'indiceIndice
Écrire la distribution canonique binaire normalisée proportionnelle aux facteurs de Boltzmann \mathrm{e}^{-\beta E_G(t)} et \mathrm{e}^{-\beta E_D(t)}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les probabilités comme étant proportionnelles aux facteurs de Boltzmann respectifs \mathrm{e}^{-\beta E_G(t)} et \mathrm{e}^{-\beta E_D(t)}, où \beta = \frac{1}{k_B T}.
- Utiliser la condition de normalisation p_G(t) + p_D(t) = 1 pour déterminer la constante de normalisation (la fonction de partition du système à deux états).
Voir la réponse courteRéponse courte
Distribution canonique à deux niveaux : p_G = \frac{e^{-\beta E_G}}{e^{-\beta E_G} + e^{-\beta E_D}} et p_D = \frac{e^{-\beta E_D}}{e^{-\beta E_G} + e^{-\beta E_D}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'électron peut occuper uniquement deux états à l'instant t : être dans le puits de gauche avec l'énergie E_G(t), ou dans le puits de droite avec l'énergie E_D(t).
Sous l'hypothèse canonique où les probabilités sont proportionnelles au facteur de Boltzmann \mathrm{e}^{-E/(k_B T)}, on a :
La condition de normalisation impose :
On en déduit la fonction de partition instantanée Z(t) = \exp\left(-\frac{E_G(t)}{k_B T}\right) + \exp\left(-\frac{E_D(t)}{k_B T}\right), d'où :
et
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 54
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
Notions : temps de relaxation, équilibre thermique
Donner brièvement deux raisons pour lesquelles l'hypothèse faite dans la question 53 est vérifiée pour où est un temps dont on donnera la signification physique sans chercher à déterminer son expression.
Voir l'indiceIndice
Invoquer le temps de relaxation tunnel \tau nécessaire à l'équilibrage et la condition de rampe lente devant ce temps caractéristique.
Voir la stratégieStratégie
- Définir la signification physique du temps \tau en lien avec les transitions tunnel entre les puits et le contact avec le thermostat.
- Justifier la validité de la loi de Boltzmann instantanée en examinant la fin du régime transitoire post-saut rapide, puis le caractère quasi-statique de la détente lente.
Voir la réponse courteRéponse courte
\tau est le temps de thermalisation : pour t \gg \tau, l'électron est à l'équilibre canonique et les états sont quasi-stationnaires.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le temps caractéristique \tau représente le temps de relaxation (ou temps d'équilibration thermique) du système vers l'équilibre canonique, déterminé par la dynamique des transitions tunnel entre les deux puits (de l'ordre de (\Gamma_+ + \Gamma_-)^{-1}).
L'hypothèse d'une distribution de Boltzmann instantanée (question 53) est vérifiée pour t - t_1 \gg \tau pour deux raisons complémentaires :
- Amortissement du régime transitoire hors équilibre : La variation rapide imposée pour 0 < t < t_1 a laissé l'électron hors d'équilibre thermique juste après t_1. Pour une durée écoulée t - t_1 \gg \tau, le système a eu le temps de relaxer par sauts successifs, oubliant son état initial et atteignant l'équilibre avec le thermostat.
- Évolution quasi-statique (transformation lente) : Pour t > t_1, la modification du potentiel est très lente devant la dynamique de thermalisation (durée caractéristique de variation du profil t_f - t_1 \gg \tau). Le système s'adapte ainsi continûment aux variations d'énergie et demeure à chaque instant en état de quasi-équilibre thermique.
Question 55
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : travail électrique, énergie électrostatique
Donner l'expression de en fonction de constantes introduites dans l'énoncé.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le fait qu'aucun saut tunnel n'a le temps de se produire durant la phase rapide t_1 \ll \tau.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'état initial de l'électron à t=0 imposé par l'énoncé.
- Exploiter le caractère « rapide » de l'étape (t_1 \ll \tau) pour justifier l'absence de saut de puits.
- Appliquer la règle de calcul du travail reçu par l'électron lorsqu'il reste dans le puits de gauche.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de \mathrm{d}W = \frac{\partial E}{\partial n_g}\mathrm{d}n_g sur l'intervalle [0, t_1] pour l'état initial fixé.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par hypothèse, l'électron se trouve dans le puits de gauche à l'instant initial t=0.
L'étape entre t=0 et t=t_1 étant rapide (t_1 \ll \tau, où \tau est le temps caractéristique de franchissement de la barrière), la probabilité que l'électron effectue un saut pendant cette durée est négligeable : l'électron reste en permanence dans le puits de gauche pour t \in [0, t_1].
D'après les règles de modélisation données par l'énoncé, si l'électron reste en permanence dans le puits de gauche entre deux instants, le travail qu'il reçoit est égal à la variation de son énergie E_G. Ainsi :
Avec E_G(0) = E_0 et E_G(t_1) = E_{\min}, on obtient :
Résultat
Question 56
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
Notions : travail moyen, premier principe
Exprimer pour infinitésimal et . En déduire une expression simple de pour et grands devant .
Voir l'indiceIndice
Exprimer le travail élémentaire moyen par \overline{\mathrm{d}W} = p_G\,\mathrm{d}E_G + p_D\,\mathrm{d}E_D et relier cette forme à la différentielle de la fonction de partition canonique.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer le travail moyen infinitésimal \overline{W(t, t+\mathrm{d}t)} en faisant la moyenne sur les états possibles de l'électron (gauche ou droite) et en rappelant qu'un saut de puits n'apporte aucun travail.
- Identifier que la forme différentielle obtenue s'exprime très simplement à l'aide de la différentielle de la fonction de partition instantanée \mathcal{Z}(t), ce qui correspond à la variation d'énergie libre \mathrm{d}F.
- Intégrer cette différentielle exacte entre t et t' pour obtenir \overline{W(t, t')}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Travail élémentaire moyen \overline{\delta W} = p_G \mathrm{d}E_G + p_D \mathrm{d}E_D, puis intégration par parties ou calcul direct sur [t, t'].
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pendant l'intervalle infinitésimal [t, t+\mathrm{d}t] :
- si l'électron est dans le puits de gauche à l'instant t (probabilité p_G(t)), il y reste avec la probabilité 1 - \Gamma_+(t)\mathrm{d}t et reçoit un travail \mathrm{d}E_G(t) = E_G(t+\mathrm{d}t) - E_G(t), ou bien il saute vers le puits de droite avec la probabilité \Gamma_+(t)\mathrm{d}t en recevant un travail nul ;
- de même, s'il est dans le puits de droite (probabilité p_D(t)), il reçoit un travail \mathrm{d}E_D(t) s'il y reste, et un travail nul s'il saute.
Au premier ordre en \mathrm{d}t, le travail moyen infinitésimal reçu par l'électron s'écrit :
Puisque t - t_1 \gg \tau, l'électron est à chaque instant à l'équilibre thermique avec le thermostat à la température T. D'après la question 53, les probabilités s'expriment à l'aide de la fonction de partition instantanée :
avec \beta = 1/(k_B T), sous la forme :
Calculons la différentielle logarithmique de \mathcal{Z}(t) :
On en déduit l'expression du travail moyen infinitésimal :
Puisque t - t_1 \gg \tau et t' - t_1 \gg \tau, la transformation est quasi-statique tout au long de l'intervalle [t, t']. Le travail moyen total s'obtient directement par intégration d'une différentielle exacte :
Soit explicitement :
Résultat
Question 57
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : principe de landauer, travail thermodynamique
On note le travail moyen pour un cycle complet. Obtenir une expression très simple de , en supposant que la température est relativement basse et que la variation de et pour est très lente. Commenter l'expression obtenue.
Voir l'indiceIndice
Intégrer le travail moyen en exploitant la quasi-occupation totale du fondamental lors du processus de relaxation lente.
Voir la stratégieStratégie
- Décomposer le cycle complet en deux étapes : l'étape d'abaissement rapide (0 \le t \le t_1) et l'étape de remontée lente (t_1 \le t \le t_f).
- Utiliser pour la première étape le travail déterministe déterminé en Q55, et pour la seconde étape l'expression du travail quasi-statique moyen établie en Q56.
- Exprimer les fonctions de partition \mathcal{Z}(t_1) et \mathcal{Z}(t_f) en utilisant l'hypothèse de basse température (E_{\max} - E_{\min} \gg k_B T) ainsi que la symétrie à t = t_f.
- Sommer les deux contributions pour obtenir \overline{W} et interpréter physiquement le résultat en faisant le lien avec les parties précédentes.
Voir la réponse courteRéponse courte
À basse température et vitesse quasi-statique, l'intégrale se simplifie en \overline{W} = -k_B T \ln 2, retrouvant la borne de Landauer-Szilard.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le cycle se décompose en deux phases successives :
de t = 0 à t_1, le passage rapide impose que l'électron reste dans le puits de gauche sans avoir le temps de sauter. D'après la question Q55, le travail reçu vaut :
\overline{W(0, t_1)} = W(0, t_1) = E_{\min} - E_0.de t_1 à t_f, l'évolution est très lente devant le temps de relaxation \tau (t_f - t_1 \gg \tau), si bien que le système est en permanence à l'équilibre canonique instantané. D'après le résultat de la question Q56 :
\overline{W(t_1, t_f)} = -k_B T \ln \left( \frac{\mathcal{Z}(t_f)}{\mathcal{Z}(t_1)} \right),avec \mathcal{Z}(t) = \mathrm{e}^{-\beta E_G(t)} + \mathrm{e}^{-\beta E_D(t)} et \beta = \frac{1}{k_B T}.
Évaluons la fonction de partition aux bornes de cette seconde étape :
À l'instant final t_f, le potentiel redevient symétrique (n_g = 1/2), d'où E_G(t_f) = E_D(t_f) = E_0 :
\mathcal{Z}(t_f) = \mathrm{e}^{-\beta E_0} + \mathrm{e}^{-\beta E_0} = 2\,\mathrm{e}^{-\beta E_0}.À l'instant t_1, les énergies valent E_G(t_1) = E_{\min} et E_D(t_1) = E_{\max}. L'hypothèse d'une température relativement basse signifie que l'écart énergétique est grand devant l'énergie thermique, soit E_{\max} - E_{\min} \gg k_B T, d'où :
\mathrm{e}^{-\beta E_{\max}} \ll \mathrm{e}^{-\beta E_{\min}} \implies \mathcal{Z}(t_1) \approx \mathrm{e}^{-\beta E_{\min}}.
Le travail moyen reçu lors de la phase de retour lent s'écrit alors :
En sommant les travaux moyens des deux phases, les termes d'énergie électrostatique se compensent exactement :
On obtient finalement :
Commentaire :
- Ce travail moyen est strictement négatif, ce qui signifie que le dispositif fournit en moyenne un travail mécanique net au milieu extérieur : -\overline{W} = k_B T \ln 2 > 0.
- Cette valeur est rigoureusement identique au travail obtenu pour la machine de Szilard idéale classique (partie 1, question Q3) ainsi que pour la version quantique (partie 4, question Q45).
- Elle correspond également à la position du pic principal de la distribution mesurée expérimentalement sur la figure 6 (\overline{W}/(k_B T) \approx -\ln 2 \approx -0{,}69).
- Cela illustre la conversion directe de l'information acquise lors de la mesure (1 bit d'information extrait lors de la détection) en travail utile extrait du thermostat à la température T.
Résultat
Question 58
ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : premier principe, entropie de shannon
Cette dernière question a pour objet de vérifier que le modèle employé dans cette partie est cohérent avec les principes de la thermodynamique. On note l'énergie moyenne de l'électron à l'instant , et la chaleur moyenne reçue par l'électron entre les instants et . Montrer que
Montrer que sous des hypothèses à préciser, on a
où est défini par
Voir l'indiceIndice
Différencier l'énergie moyenne en séparant la contribution du travail (p\,\mathrm{d}E) et de la chaleur (E\,\mathrm{d}p), puis relier cette dernière à la différentielle de l'entropie de Shannon.
Voir la stratégieStratégie
- Pour le premier principe, exprimer les moyennes infinitésimales \overline{\mathrm{d}W} et \overline{\mathrm{d}Q} reçues par l'électron en fonction des probabilités p_G, p_D et des taux de transition \Gamma_\pm, puis relier la somme \overline{\mathrm{d}W} + \overline{\mathrm{d}Q} à la différentielle de l'énergie moyenne \overline{E(t)}.
- Pour la seconde relation, se placer dans le régime réversible (variation lente devant le temps de relaxation \tau) où les probabilités suivent la distribution de Boltzmann, et exprimer l'entropie statistique de Gibbs-Shannon S(t) en fonction de \overline{E(t)} et de la fonction de partition \mathcal{Z}(t).
Voir la réponse courteRéponse courte
Différenciation de S(t) combinée avec \mathrm{d}\overline{E} = \overline{\delta W} + \overline{\delta Q} montrant que \overline{\delta Q} = T\,\mathrm{d}S pour la distribution de Boltzmann.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Établissement du premier principe (équation 16)
Considérons l'électron entre deux instants voisins t et t+\mathrm{d}t. D'après les règles du modèle données par l'énoncé :
- Si l'électron est à gauche (probabilité p_G(t)), il y reste avec la probabilité 1 - \Gamma_+(t)\mathrm{d}t et reçoit le travail \mathrm{d}E_G(t) sans échange de chaleur ; il saute à droite avec la probabilité \Gamma_+(t)\mathrm{d}t en recevant la chaleur E_D(t) - E_G(t) sans travail.
- Si l'électron est à droite (probabilité p_D(t)), il y reste avec la probabilité 1 - \Gamma_-(t)\mathrm{d}t et reçoit le travail \mathrm{d}E_D(t) sans échange de chaleur ; il saute à gauche avec la probabilité \Gamma_-(t)\mathrm{d}t en recevant la chaleur E_G(t) - E_D(t) sans travail.
Au premier ordre en \mathrm{d}t, le travail moyen et la chaleur moyenne reçus s'écrivent :
Par ailleurs, l'équation maîtresse régissant l'évolution des probabilités est :
On en déduit :
L'énergie moyenne de l'électron à l'instant t vaut \overline{E(t)} = p_G(t) E_G(t) + p_D(t) E_D(t). Sa différentielle s'écrit :
Par intégration entre t et t', on obtient bien :
2. Établissement de la relation entropique (équation 17)
Hypothèses nécessaires :
- Évolution quasi-statique : les temps caractéristiques de variation des niveaux d'énergie sont très grands devant le temps de relaxation thermique \tau (t - t_1 \gg \tau et variation très lente).
Équilibre thermique canonique instantané à la température T du thermostat (question Q53) :
p_G(t) = \frac{\mathrm{e}^{-\beta E_G(t)}}{\mathcal{Z}(t)} \quad \text{et} \quad p_D(t) = \frac{\mathrm{e}^{-\beta E_D(t)}}{\mathcal{Z}(t)} , \quad \text{avec } \mathcal{Z}(t) = \mathrm{e}^{-\beta E_G(t)} + \mathrm{e}^{-\beta E_D(t)} \text{ et } \beta = \frac{1}{k_B T} .
Sous ces hypothèses, \ln(p_i(t)) = -\beta E_i(t) - \ln \mathcal{Z}(t) (pour i \in \{G, D\}). En injectant dans la définition de l'entropie S(t) :
En multipliant par la température T (constante) et en différentiant :
Or, d'après le calcul mené à la question Q56 :
On en déduit :
Par intégration entre t et t', on parvient à la relation thermodynamique usuelle \overline{Q(t, t')} = T \left[S(t') - S(t)\right].
L'équation (17) de l'énoncé présente une coquille manifeste d'homogénéité (division par T au lieu d'une multiplication, ce qui donne des \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-2} au lieu de joules). Conformément aux consignes de début d'épreuve, on rétablit la relation correcte :
Résultat
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique C PC 2023 ?
Surtout 3 chapitres : Premier et second principes de la thermodynamique (62 % des questions, parties 1, 2 et 3), Facteur de Boltzmann et physique statistique (17 %) et Physique quantique (14 %). Plus ponctuellement : Électrostatique et Circuits électriques et régimes transitoires.
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