Corrigé détaillé ENS Physique C PC 2023 (page 2/4 : Partie 3)
Machine de Szilard
- 58 questions corrigées
- Sujet difficile
- Faisable en PCSI : 30 questions sur 58, parties 1, 2 et 3
- Vérifié question par question
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Partie 3 : Une machine de Szilard à N particules
Question 16
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équilibre mécanique, gaz parfait
Exprimer, à l'équilibre mécanique, les volumes du compartiment de gauche et du compartiment de droite en fonction de et .
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Écrire l'égalité des pressions P_G = P_D en utilisant la loi des gaz parfaits et la conservation du volume total V_G + V_D = V.
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- Écrire l'équation d'état des gaz parfaits dans chaque compartiment à la température T du thermostat.
- Traduire la condition d'équilibre mécanique P_G = P_D ainsi que la conservation du volume total de l'enceinte V_{G,e} + V_{D,e} = V.
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Égalité des pressions des gaz parfaits de part et d'autre : V_{G,e} = \frac{N_G}{N} V et V_{D,e} = \frac{N - N_G}{N} V.
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Chaque compartiment est en contact thermique avec le thermostat à la température T. Le comportement de chaque sous-système étant modélisé par l'équation d'état des gaz parfaits, les pressions à l'équilibre s'écrivent :
La condition d'équilibre mécanique impose l'égalité des pressions :
En utilisant la conservation du volume total V_{G,e} + V_{D,e} = V, il vient par proportionnalité :
On en déduit immédiatement les volumes d'équilibre :
Résultat
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : travail des forces de pression, transformation isotherme
Déterminer pour les cas particuliers et , et montrer que pour on a
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Intégrer le travail réversible élémentaire exercé sur la paroi par la différence de pression P_G - P_D jusqu'à la position d'équilibre.
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- Pour les cas extrêmes où toutes les particules sont rassemblées d'un même côté (N_G = 0 ou N_G = N), le compartiment vide n'exerce aucune pression : la paroi se déplace réversiblement sous l'action du gaz jusqu'à occuper tout le volume V. On calcule le travail reçu par le mécanisme comme l'opposé du travail reçu par le gaz lors de cette détente isotherme.
- Pour 0 < N_G < N, la paroi sépare deux gaz parfaits. Lors d'un déplacement élémentaire, le travail reçu par le mécanisme provient des forces pressantes exercées par les deux compartiments. On intègre cette expression entre l'état initial et l'état d'équilibre déterminé à la question précédente.
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Intégration du travail des forces de pression lors de la détente isotherme des deux compartiments de xV et (1-x)V vers V_{G,e} et V_{D,e}.
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1. Cas particuliers N_G = 0 et N_G = N
Pour N_G = 0, le compartiment gauche est vide (P_G = 0) et les N particules se trouvent à droite (N_D = N). La paroi est poussée réversiblement par le gaz de droite depuis le volume initial V_{D,i} = (1-x)V jusqu'à ce qu'elle atteigne le bord gauche de l'enceinte (V_{D,f} = V). Le travail reçu par le mécanisme s'écrit :
W_{\mathrm{m}}(0) = \int_{(1-x)V}^{V} P_D \, \mathrm{d}V_D = \int_{(1-x)V}^{V} \frac{N k_B T}{V_D} \, \mathrm{d}V_D = N k_B T \ln\left(\frac{V}{(1-x)V}\right)soit :
\boxed{W_{\mathrm{m}}(0) = - N k_B T \ln(1-x)}Pour N_G = N, toutes les particules sont à gauche (N_D = 0, P_D = 0). Le gaz de gauche se détend réversiblement de V_{G,i} = xV à V_{G,f} = V :
W_{\mathrm{m}}(N) = \int_{xV}^{V} P_G \, \mathrm{d}V_G = \int_{xV}^{V} \frac{N k_B T}{V_G} \, \mathrm{d}V_G = N k_B T \ln\left(\frac{V}{xV}\right)soit :
\boxed{W_{\mathrm{m}}(N) = - N k_B T \ln x}
2. Cas général 0 < N_G < N
Lors d'un déplacement quasi-statique de la paroi, la variation élémentaire de volume vérifie \mathrm{d}V_G + \mathrm{d}V_D = 0, soit \mathrm{d}V_D = -\mathrm{d}V_G. La force exercée par les deux gaz sur la paroi mobile de section S, orientée vers la droite (sens des V_G croissants), est \vec{F} = (P_G - P_D) S \, \vec{u}_x. Le travail élémentaire reçu par le mécanisme s'exprime donc par :
La transformation étant isotherme réversible, les pressions s'écrivent P_G = \frac{N_G k_B T}{V_G} et P_D = \frac{(N - N_G) k_B T}{V_D}. En intégrant entre la configuration initiale (V_{G,i} = xV, V_{D,i} = (1-x)V) et la configuration d'équilibre mécanique obtenue à la question Q16 (V_{G,e} = \frac{N_G}{N}V, V_{D,e} = \frac{N - N_G}{N}V), on obtient :
En remplaçant les volumes d'équilibre par leurs expressions :
on parvient bien à l'expression attendue :
Résultat
Question 18
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : probabilité, gaz parfait
Pour , quelle est la probabilité que la particule se trouve dans le compartiment de gauche après insertion de la paroi ? Quelle est la probabilité qu'elle se trouve dans le compartiment de droite ?
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Relier la probabilité de localisation d'une molécule au rapport entre le volume du compartiment et le volume total disponible.
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Répartition uniforme dans le volume : p_G = x et p_D = 1 - x.
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Avant l'insertion de la paroi, l'enceinte de volume total V est à l'équilibre thermique à la température T. Pour un gaz parfait (ici constitué d'une unique particule), la densité de probabilité de présence de la particule dans l'enceinte est spatialement uniforme : la probabilité de présence dans un sous-volume donné est donc simplement proportionnelle à ce volume.
L'insertion de la paroi sépare l'enceinte en :
- un compartiment gauche de volume V_G = x V ;
- un compartiment droit de volume V_D = (1-x) V.
Par conséquent, les probabilités de trouver la particule dans le compartiment de gauche ou de droite sont respectivement données par :
Résultat
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : probabilité, loi binomiale
Pour , quelles sont les différentes situations possibles et leurs probabilités ? Vérifier que la somme des différentes probabilités vaut bien 1.
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Dénombrer les états microscopiques possibles pour deux particules indépendantes et exprimer les probabilités associées en fonction de x.
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- Identifier les valeurs possibles pour le nombre de particules N_G dans le compartiment gauche lorsque N = 2.
- Calculer la probabilité de chaque configuration en exploitant l'indépendance statistique des particules, avec les probabilités élémentaires p_G = x et p_D = 1-x établies en Q18.
- Effectuer la somme des probabilités pour vérifier la normalisation.
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Particules indépendantes : \mathcal{P}(2) = x^2, \mathcal{P}(1) = 2x(1-x), \mathcal{P}(0) = (1-x)^2, de somme 1.
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Lorsque N = 2, les deux particules sont réparties de manière indépendante entre les deux compartiments. Le nombre de particules N_G présentes dans le compartiment de gauche peut prendre trois valeurs distinctes :
N_G = 0 : les deux particules sont dans le compartiment de droite. Comme les présences des particules sont indépendantes, la probabilité vaut :
\mathcal{P}(0) = p_D^2 = (1-x)^2.N_G = 1 : une particule se trouve à gauche et l'autre à droite. Il y a 2 configurations possibles (particule 1 à gauche et 2 à droite, ou l'inverse), d'où :
\mathcal{P}(1) = 2\,p_G p_D = 2x(1-x).N_G = 2 : les deux particules sont dans le compartiment de gauche, d'où :
\mathcal{P}(2) = p_G^2 = x^2.
Vérifions la condition de normalisation en sommant ces différentes probabilités :
La somme des probabilités est donc bien égale à 1.
Résultat
Question 20
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : probabilité, loi binomiale
En généralisant le raisonnement précédent, déterminer pour quelconque.
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Identifier la loi de probabilité binomiale régissant le tirage indépendant de N particules réparties dans deux compartiments.
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- Considérer les N particules du gaz parfait comme discernables et indépendantes les unes des autres.
- Associer à chaque particule une épreuve de Bernoulli (présence à gauche avec la probabilité p_G = x, à droite avec p_D = 1-x).
- En déduire que la variable aléatoire N_G suit une loi binomiale de paramètres N et x.
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Tirages indépendants à deux issues : loi binomiale \mathcal{P}(N_G) = \binom{N}{N_G} x^{N_G} (1-x)^{N-N_G}.
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Les particules constituent un gaz parfait : leurs interactions sont négligeables (hormis lors des collisions instantanées) et leurs positions sont donc mutuellement indépendantes.
L'insertion de la cloison correspond à la répétition de N épreuves indépendantes et identiques : pour chaque particule, la probabilité d'appartenir au compartiment de gauche est p_G = x, et celle d'appartenir au compartiment de droite est 1 - x (d'après la question Q18).
Pour obtenir une configuration avec N_G particules à gauche (et donc N - N_G particules à droite), il faut choisir les N_G particules parmi les N disponibles, ce qui correspond à C_N^{N_G} combinaisons distinctes. Chacune de ces configurations indépendantes a pour probabilité x^{N_G} (1-x)^{N - N_G}.
La loi de probabilité de la variable N_G est donc la loi binomiale \mathcal{B}(N, x) :
pour tout N_G \in \{0, 1, \dots, N\}.
Résultat
Question 21
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : moyenne statistique, travail thermodynamique
Exprimer sous la forme d'une somme que l'on ne cherchera pas à évaluer à ce stade.
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Exprimer l'espérance mathématique du travail reçu par le mécanisme sous la forme d'une somme discrète pondérée par \mathcal{P}(N_G).
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Définition de l'espérance mathématique : \overline{W}_{\mathrm{m}} = \sum_{N_G=0}^N \mathcal{P}(N_G) W_{\mathrm{m}}(N_G).
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Par définition de la moyenne statistique (ou espérance mathématique) sur l'ensemble des configurations possibles de la variable discrète N_G \in \{0, \dots, N\}, le travail moyen reçu par le mécanisme s'écrit :
En injectant l'expression de la loi binomiale \mathcal{P}(N_G) établie à la question Q20 et celle de W_{\mathrm{m}}(N_G) obtenue à la question Q17 (avec la convention usuelle 0\ln 0 = 0 pour englober les cas N_G = 0 et N_G = N), on obtient :
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : extremum, travail thermodynamique
Pour , pour quelle valeur de ce travail moyen est-il maximal ? Même question pour .
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Étudier les propriétés de symétrie de la fonctionnelle de travail moyen vis-à-vis de la variable x pour N=1 et N=2.
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- Exprimer le travail moyen \overline{W}_{\mathrm{m}}(x) pour N = 1 en utilisant les résultats des questions Q17 et Q18, puis dériver par rapport à x pour trouver la position du maximum.
- Exprimer \overline{W}_{\mathrm{m}}(x) pour N = 2 à l'aide des probabilités de Q19 et de la formule de Q17, simplifier l'expression, puis étudier ses extrema par dérivation.
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Calcul explicite de la moyenne puis dérivation par rapport à x : maximum atteint pour la paroi au milieu, x = 1/2.
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1. Cas N = 1 :
D'après les questions Q17 et Q18, pour N = 1, les probabilités et les travaux associés sont :
- \mathcal{P}(0) = 1 - x avec W_{\mathrm{m}}(0) = - k_B T \ln(1 - x),
- \mathcal{P}(1) = x avec W_{\mathrm{m}}(1) = - k_B T \ln x.
Le travail moyen s'écrit donc :
En dérivant par rapport à x sur ]0, 1[ :
Cette dérivée s'annule si et seulement si :
De plus, la dérivée seconde est :
La fonction est donc strictement concave et présente un maximum unique en :
(la valeur maximale correspondante étant \overline{W}_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2).
2. Cas N = 2 :
D'après les questions Q17 et Q19, les probabilités valent \mathcal{P}(0) = (1-x)^2, \mathcal{P}(1) = 2x(1-x) et \mathcal{P}(2) = x^2. Les travaux associés sont :
Le travail moyen pour N = 2 s'obtient en sommant :
Dérivons cette expression par rapport à x :
En x = 1/2, \ln\big((1-x)/x\big) = \ln 1 = 0 et 1 - 2x = 0, donc la dérivée s'annule bien.
Calculons la dérivée seconde :
Comme la fonction x(1-x) atteint son maximum en x = 1/2 où elle vaut 1/4, on a pour tout x \in ]0, 1[ :
Puisque \ln 2 \approx 0{,}69 < 1, la dérivée seconde est strictement négative sur tout l'intervalle ]0, 1[. La fonction est donc strictement concave et admet un unique maximum en :
Résultat
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : fluctuation, travail thermodynamique
Vérifier la compatibilité de cette courbe avec le résultat trouvé en partie 1. Voyez-vous une explication évidente au fait que cette courbe soit décroissante ?
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Vérifier la valeur pour N=1 et interpréter la décroissance par la diminution relative des fluctuations statistiques d'asymétrie lorsque N croît.
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- Lire la valeur à l'origine (N=1) sur la figure 2 et la confronter au travail obtenu dans la partie 1 (question Q2).
- Interpréter physiquement la décroissance de \overline{W}_{\mathrm{m}} avec le nombre N de particules en reliant le travail extrait aux fluctuations relatives de densité dans l'enceinte.
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Pour N=1, on retrouve k_B T \ln 2 ; la décroissance traduit la réduction des fluctuations relatives de densité quand N augmente.
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1. Compatibilité avec la partie 1 :
D'après le résultat de la question Q2 pour N = 1 et x = 1/2, le travail reçu par le mécanisme au cours d'un cycle vaut :
En grandeurs adimensionnées par k_B T, la valeur théorique est donc :
Sur la figure 2, pour N = 1, l'ordonnée vaut exactement \overline{W}_{\mathrm{m}}/(k_B T) \approx 0{,}69. La courbe est donc parfaitement compatible avec le résultat établi en partie 1.
2. Décroissance de la courbe :
Le travail moteur fourni au mécanisme provient du déséquilibre de pression entre les deux compartiments lors de l'insertion de la paroi, causé par la dissymétrie du nombre de particules (N_G \neq N_D).
- Pour un petit nombre de particules, les fluctuations statistiques relatives autour de la valeur moyenne \overline{N_G} = N/2 sont très importantes : il arrive fréquemment qu'un compartiment contienne nettement plus de particules que l'autre (par exemple, pour N=1, une particule d'un côté et zéro de l'autre), ce qui permet d'extraire une détente motrice maximale.
- Lorsque N augmente, la loi des grands nombres s'applique : la fraction de particules N_G/N dans chaque compartiment se concentre fortement autour de la fraction volumique x = 1/2. Les densités particulaires et donc les pressions initiales des deux côtés deviennent quasiment égales dès l'insertion (P_G \approx P_D). La paroi se trouve ainsi d'emblée très proche de sa position d'équilibre mécanique (V_{G,e} \approx V/2), ce qui réduit le déplacement possible de la paroi et donc le travail extractible.
Le travail moyen \overline{W}_{\mathrm{m}} décroît donc naturellement vers zéro lorsque N augmente.
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : moyenne statistique, fluctuation
Comparer les valeurs de pour et . Justifier simplement ce résultat.
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Calculer explicitement la somme pondérée pour N=2 avec x=1/2 et constater l'égalité stricte avec la valeur pour N=1.
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\overline{W}_{\mathrm{m}}(2) < \overline{W}_{\mathrm{m}}(1) car la probabilité d'avoir une séparation macroscopique exploitable diminue avec le nombre de particules.
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Pour x = 1/2, d'après les calculs de la question Q22 :
Pour N = 1, la particule est soit à gauche, soit à droite (avec probabilité 1/2). Dans les deux cas, elle subit une détente réversible de V/2 à V, fournissant au mécanisme le travail W_{\mathrm{m}} = k_B T \ln 2. Ainsi :
\overline{W}_{\mathrm{m}}(N = 1) = k_B T \ln 2Pour N = 2, trois configurations sont possibles :
Les deux particules sont dans le même compartiment (configurations (2,0) et (0,2)), avec une probabilité totale \mathcal{P}(2) + \mathcal{P}(0) = \left(\frac{1}{2}\right)^2 + \left(\frac{1}{2}\right)^2 = \frac{1}{2}. Les deux particules se détendent de V/2 à V, fournissant un travail double de celui d'une seule particule :
W_{\mathrm{m}} = 2 k_B T \ln 2Les particules sont réparties de part et d'autre de la paroi (configuration (1,1)), avec la probabilité \mathcal{P}(1) = 2 \times \frac{1}{2} \times \frac{1}{2} = \frac{1}{2}. Les pressions dans les deux compartiments sont alors immédiatement égales (P_G = P_D = \frac{k_B T}{V/2}) : la paroi est déjà à sa position d'équilibre, aucun déplacement n'a lieu et le travail est nul :
W_{\mathrm{m}} = 0
Le travail moyen pour N = 2 s'obtient directement :
\overline{W}_{\mathrm{m}}(N = 2) = \frac{1}{2} \times (2 k_B T \ln 2) + \frac{1}{2} \times 0 = k_B T \ln 2
Les deux valeurs sont donc identiques :
Ce résultat explique le palier horizontal visible sur la figure 2 entre N = 1 et N = 2, à la valeur \frac{\overline{W}_{\mathrm{m}}}{k_B T} = \ln 2 \approx 0{,}69.
Résultat
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : loi binomiale, écart-type
Déterminer et en fonction des données du problème.
Voir l'indiceIndice
Utiliser les formules usuelles de l'espérance et de la variance d'une loi binomiale de paramètres N et x.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la loi de probabilité suivie par la variable aléatoire N_G à partir du résultat de la question 20.
- Exprimer la variable aléatoire N_G comme une somme de variables de Bernoulli indépendantes pour en déduire immédiatement son espérance \overline{N_G} et son écart-type \sigma.
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Espérance et écart-type d'une loi binomiale : \overline{N_G} = Nx et \sigma = \sqrt{Nx(1-x)}.
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D'après la question 20, la variable aléatoire N_G, représentant le nombre de particules situées dans le compartiment de gauche après l'insertion de la paroi, suit une loi binomiale de paramètres N et x :
Cette variable peut s'écrire comme la somme de N variables aléatoires indépendantes indicatrices X_i (i \in \{1, \dots, N\}), où X_i = 1 si la particule i est dans le compartiment de gauche (avec probabilité x) et X_i = 0 sinon :
Pour chaque particule, on a :
Par linéarité de l'espérance et indépendance des particules, on en déduit la moyenne \overline{N_G} :
et la variance \sigma^2 de la distribution :
d'où l'écart-type \sigma :
Résultat
Question 26
ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : développement limité, approximation gaussienne
Montrer que pour assez proche de et grand devant 1,
où est un préfacteur (indépendant de ) que l'on déterminera en fonction des données du problème. Pour cela on pourra effectuer un développement limité en admettant que peut être traité comme un petit paramètre.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un développement limité au second ordre du travail W_{\mathrm{m}}(N_G) au voisinage immédiat de son minimum en N_G = \overline{N_G}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le travail W_{\mathrm{m}}(N_G) en fonction de l'écart \delta N_G = N_G - \overline{N_G} en utilisant \overline{N_G} = N x et N - \overline{N_G} = N(1-x).
- Effectuer un développement limité à l'ordre 2 en puissances de \delta N_G/N \ll 1.
- Multiplier le résultat par l'approximation gaussienne \mathcal{P}(N_G) \approx g(N_G) pour identifier le préfacteur C.
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Développement de Taylor à l'ordre 2 de W_{\mathrm{m}}(N_G) au voisinage de \overline{N_G} combiné à l'approximation gaussienne de \mathcal{P}(N_G).
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D'après la question Q25, on a \overline{N_G} = N x, ce qui donne x N = \overline{N_G} et (1-x)N = N - \overline{N_G}. Posons l'écart :
Le nombre de particules dans chaque compartiment s'écrit alors :
Pour N_G proche de \overline{N_G}, les rapports \frac{\delta N_G}{N x} et \frac{\delta N_G}{N(1-x)} sont petits devant 1. Développons les logarithmes de l'expression de W_{\mathrm{m}}(N_G) (équation (1)) à l'ordre 2 en utilisant \ln(1+u) = u - \frac{u^2}{2} + o(u^2) :
et de même pour le second compartiment :
En sommant ces deux contributions, les termes d'ordre 1 s'annulent et il vient :
En reconnaissant la variance \sigma^2 = N x(1-x) établie à la question Q25, on obtient :
En utilisant l'approximation gaussienne de la distribution de probabilité \mathcal{P}(N_G) \approx g(N_G) donnée par l'équation (2), la fonction f(N_G) = \mathcal{P}(N_G) W_{\mathrm{m}}(N_G) s'écrit :
On retrouve bien la forme demandée :
avec
Résultat
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : analyse de fonction, tracé de courbe
Tracer l'allure de la fonction pour . Interprétez son comportement en fonction de .
Voir l'indiceIndice
Étudier le produit d'une parabole et d'une gaussienne centrées en \overline{N_G} pour tracer la courbe en cloche bimodale.
Voir la stratégieStratégie
- Étudier la fonction f(N_G) \approx C (N_G - \overline{N_G})^2 \exp\left(-\frac{(N_G - \overline{N_G})^2}{2\sigma^2}\right) (parité, extrema, limites) pour en dresser le tableau de variations et tracer son allure.
- Interpréter physiquement la forme de la courbe à partir de la compétition entre la probabilité de fluctuation \mathcal{P}(N_G) et le travail extractible W_{\mathrm{m}}(N_G).
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Courbe en double bosse symétrique nulle en \overline{N_G} : les fluctuations proches de la moyenne contribuent peu, l'essentiel vient des écarts d'ordre \sigma.
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Pour x = 1/2, la distribution est centrée en \overline{N_G} = N/2 et son écart-type vaut \sigma = \sqrt{N}/2.
Posons la variable d'écart u = N_G - \overline{N_G}. La fonction s'écrit :
avec C > 0.
- Symétrie et valeurs aux limites : f est une fonction paire de u (symétrique par rapport à N_G = \overline{N_G}). Elle est strictement positive pour u \neq 0, s'annule en u = 0 (N_G = \overline{N_G}), et tend vers 0 lorsque |u| \to +\infty.
Extrema : La dérivée par rapport à u vaut :
\frac{\mathrm{d}f}{\mathrm{d}u} = C \left(2u - \frac{u^3}{\sigma^2}\right) \exp\left(-\frac{u^2}{2\sigma^2}\right) = C u \left(2 - \frac{u^2}{\sigma^2}\right) \exp\left(-\frac{u^2}{2\sigma^2}\right)La fonction admet donc :
- un minimum nul en u = 0, c'est-à-dire en N_G = \overline{N_G} ;
- deux maxima symétriques en u = \pm \sqrt{2}\sigma, soit pour N_G = \overline{N_G} \pm \sqrt{2}\sigma, valant f_{\max} = 2 C \sigma^2 \mathrm{e}^{-1}.
Interprétation physique :
La fonction f(N_G) = \mathcal{P}(N_G) W_{\mathrm{m}}(N_G) représente la contribution relative de chaque configuration N_G au travail moyen extrait \overline{W}_{\mathrm{m}}. Elle résulte d'un compromis entre deux effets antagonistes :
- Au centre (N_G = \overline{N_G}) : La probabilité \mathcal{P}(N_G) est maximale, mais les pressions de part et d'autre sont déjà égales (P_G = P_D). La paroi ne se déplace pas : le travail extrait est nul (W_{\mathrm{m}} = 0), d'où f(\overline{N_G}) = 0.
- Pour les grandes fluctuations (|N_G - \overline{N_G}| \gg \sigma) : La différence de pression initiale est importante, ce qui permettrait d'extraire un grand travail mécanique, mais la probabilité statistique de telles fluctuations macroscopiques décroît exponentiellement vers zéro.
- Aux maxima (|N_G - \overline{N_G}| \sim \sigma) : La contribution maximale au travail extrait provient des fluctuations thermiques typiques, de l'ordre de grandeur de l'écart-type \sigma.
Question 28
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : limite thermodynamique, intégrale gaussienne
À partir de la forme donnée à l'équation (3), déduire la limite de pour . Commenter brièvement le résultat obtenu.
Voir l'indiceIndice
Approximer la somme par une intégrale sur \mathbb{R} à l'aide de la seconde intégrale gaussienne fournie dans le formulaire.
Voir la stratégieStratégie
- Approcher la somme discrète définissant le travail moyen \overline{W}_{\mathrm{m}} par une intégrale sur la variable continue N_G dans la limite N \gg 1.
- Calculer cette intégrale en effectuant un changement de variable adapté et en utilisant les intégrales gaussiennes fournies dans le formulaire.
- Analyser physiquement la valeur limite obtenue et son implication à l'échelle macroscopique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de la forme gaussienne : \overline{W}_{\mathrm{m}} \to \frac{1}{2} k_B T, traduisant l'énergie thermique moyenne associée au degré de liberté de la paroi.
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Dans la limite des grands nombres de particules (N \to \infty), les fluctuations relatives autour de la moyenne deviennent très faibles (\sigma/\overline{N_G} \propto 1/\sqrt{N} \ll 1) et la distribution est très resserrée autour de \overline{N_G}. La somme discrète définissant le travail moyen peut être approchée par l'intégrale de la fonction continue f(N_G) sur \mathbb{R} :
D'après l'équation (3) et l'expression du préfacteur C établie à la question Q26 :
Effectuons le changement de variable u = \frac{N_G - \overline{N_G}}{\sqrt{2}\,\sigma}, d'où \mathrm{d}N_G = \sqrt{2}\,\sigma\,\mathrm{d}u et \left(N_G - \overline{N_G}\right)^2 = 2\sigma^2 u^2 :
En utilisant la formule donnée dans l'énoncé, \int_{-\infty}^{+\infty} u^2 \mathrm{e}^{-u^2} \, \mathrm{d}u = \frac{\sqrt{\pi}}{2}, il vient :
On en déduit l'expression du travail moyen :
La limite cherchée est donc :
Commentaire :
- Cette limite est parfaitement cohérente avec la figure 2, où la courbe décroît depuis \frac{\overline{W}_{\mathrm{m}}}{k_B T} = \ln 2 \approx 0{,}69 pour N = 1 et semble admettre une asymptote horizontale à 0{,}5.
- À la limite thermodynamique (N \to \infty), le travail moyen total extrait reste fini et d'origine purement thermique (\frac{1}{2}k_B T, associé à la fluctuation thermique d'un degré de liberté). Par conséquent, le travail extrait par particule tend vers zéro : \frac{\overline{W}_{\mathrm{m}}}{N} \xrightarrow[N\to\infty]{} 0. On ne peut donc pas extraire une quantité macroscopique de travail à partir d'un système à l'équilibre en exploitant les fluctuations statistiques : le second principe macroscopique est préservé.
Résultat
Question 29
ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : théorème d'équipartition, fluctuation
Voyez-vous une explication simple de la dépendance en du résultat de la question précédente ?
Voir l'indiceIndice
Relier l'indépendance en x et la valeur k_B T / 2 au théorème d'équipartition de l'énergie appliqué à un unique degré de liberté mécanique fluctuant.
Voir la stratégieStratégie
- Constater que la « dépendance en x » obtenue à la question précédente est en réalité une indépendance totale : \lim_{N\to\infty} \overline{W}_{\mathrm{m}} = \frac{1}{2} k_B T.
- Interpréter physiquement la simplification mathématique entre la « raideur » de l'énergie libre et la variance des fluctuations.
- Relier ce résultat universel au théorème d'équipartition de l'énergie pour l'unique degré de liberté associé au déplacement de la paroi.
Voir la réponse courteRéponse courte
Théorème de l'équipartition de l'énergie appliqué à la fluctuation de position de la paroi mobile : \frac{1}{2} k_B T universel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le résultat de la question précédente montre que le travail moyen extrait à la limite thermodynamique est strictement indépendant de x (et vaut universellement \frac{1}{2} k_B T).
Deux explications complémentaires permettent de le comprendre simplement :
Compensation entre amplitude des fluctuations et raideur du potentiel thermodynamique :
D'après les questions précédentes, pour N_G proche de \overline{N_G}, le travail extrait s'écrit sous forme quadratique :
W_{\mathrm{m}}(N_G) \approx \frac{k_B T}{2\sigma^2} (N_G - \overline{N_G})^2,où \sigma^2 = N x (1-x). La moyenne statistique du travail s'écrit donc :
\overline{W}_{\mathrm{m}} \approx \frac{k_B T}{2\sigma^2} \langle (N_G - \overline{N_G})^2 \rangle = \frac{k_B T}{2\sigma^2} \times \sigma^2 = \frac{1}{2} k_B T.La dépendance en x contenue dans la variance des fluctuations \sigma^2 compense exactement celle de la « raideur » effective du travail récupérable \frac{k_B T}{2\sigma^2}.
Théorème d'équipartition de l'énergie :
À grand N, l'insertion de la cloison n'extrait de l'énergie que par la relaxation d'une fluctuation thermique spontanée autour de la position d'équilibre macroscopique. La position finale de la paroi constitue un unique degré de liberté macroscopique quadratique couplé au thermostat à la température T. En vertu du théorème d'équipartition de l'énergie (ou de la théorie des fluctuations gaussiennes d'Einstein), l'énergie moyenne associée à ce degré de liberté vaut universellement :
\boxed{\overline{W}_{\mathrm{m}} = \frac{1}{2} k_B T}indépendamment de la géométrie du dispositif, c'est-à-dire de la position x de la paroi.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.