ENS Physique BCPST 2016Sujet et corrigé
Pas encore noté
Téléchargements
- Rapport du jury : non disponible
Ces sujets peuvent vous intéresser
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
ÉCOLES NORMALES SUPÉRIEURES ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES
CONCOURS D'ADMISSION SESSION 2016
FILIÊRE BCPST
Les techniques physiques, chimiques et biologiques d'épuration des eaux permettent de traiter, soit des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel, soit des eaux naturelles en vue de leur utilisation. En France, plus de 15 millions de
m^3 d'eau sont ainsi traités chaque jour dans 18000 stations d'assainissement. Nous nous proposons d'étudier trois techniques mises en œuvre dans la purification des eaux troubles ou salées : la décantation, la floculation et le dessalement par osmose inverse. Chacune de ces études constitue une partie et peut être traitée de façon indépendante, à l'exception de la question (41) en lien avec la partie (I).
Notations et données.
| Constante de Boltzmann : |
|
|
| Constante des gaz parfaits : |
|
|
| Température : |
|
|
| Température ambiante : |
|
|
| Pression : |
|
|
| Pression atmosphérique : |
|
|
| Accélération de la pesanteur : |
|
|
| Masse volumique de l'eau : |
|
|
| Viscosité dynamique de l'eau : |
|
|
| Masse molaire du sodium : |
|
|
| Masse molaire du chlore : |
|
I Bassin de décantation.
La méthode la plus élémentaire pour épurer de l'eau chargée de particules en suspension consiste à les laisser sédimenter, puis à éliminer la boue déposée en fond de bassin.
I.A Entrée du canal.
À l'entrée de la station d'épuration, l'eau trouble est stockée dans un grand réservoir de longueur
ℓ (selon
Ox ), de largeur
W = 5, 0 m (selon
Oy ) et de hauteur d'eau
H = 0, 40 m (selon
Oz ) (figure (1)).

Figure 1 - Dispositif d'épuration : réservoir et canal de décantation.
Cette hauteur d'eau est fixée par un trop-plein. Le réservoir communique avec un canal de décantation (à surface libre) de largeur
W , de longeur
L et de hauteur d'eau
h = 0, 20 m . Nous notons
V⃗ = Ve⃗_x (supposée uniforme) la vitesse de l'écoulement dans ce canal. Le référentiel d'étude est celui de la station et est noté
R = (O, x, y, z) , où
e⃗_z = − g⃗/g .
- Nous considérons un point
A_0 de la surface libre du réservoir, un pointB_0 de la surface libre du canal et un point B situé dans l'eau, à l'aplomb deB_0 (figure (1)). Relier les pressionsp_a etp_B en supposant que la répartition verticale de pression dans le canal est hydrostatique. Écrire ensuite la relation de Bernoulli entre les pointsA_0 etB . - Exprimer puis calculer la vitesse
V de l'écoulement dans le canal de sortie. - Calculer le nombre de Reynolds associé à l'écoulement dans le canal. Les conditions d'application de la relation de Bernoulli sont-elles vérifiées?
- Exprimer puis calculer le débit (volumique)
q_v de l'écoulement dans le canal.
I.B Canal de décantation.
I.B.a Sédimentation.
À la sortie du réservoir (entrée du canal), la concentration en particules solides (argile) dans l'eau est supposée uniforme. Ces particules, de masse volumique
ρ_s = 2, 5 × 10^3 kg ⋅ m^(− 3) , sont assimilées à des sphères de rayon
a = 10μ m . Elles possèdent, pour composante horizontale de vitesse, la vitesse
V⃗ = Ve⃗_x de l'écoulement qui les entraîne. Elles sont également animées d'une vitesse verticale de sédimentation notée
U⃗ = − Ue⃗_z . Nous conduirons l'étude de la décantation dans le repère
R^′ = (
O^′, x^′, y, z ), en translation uniforme à la vitesse
Ve⃗_x par rapport au référentiel
R .
5. Exprimer la force de StokesF⃗ exercée par l'eau sur une particule.
6. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à une particule. Établir alors que l'équation différentielle dont la vitesseU est solution, prend la forme :
5. Exprimer la force de Stokes
6. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à une particule. Établir alors que l'équation différentielle dont la vitesse
où
τ_s et
U_s sont des constantes que l'on exprimera en fonction de
a, ρ, ρ_s, g et
η , et dont on donnera une interprétation.
7. Illustrer graphiquement l'évolution du rapportU/U_s avec
t/τ_s .
8. Calculer la vitesseU_s . Paraît-il justifié de modéliser la force de frottement fluide par la force de Stokes?
9. Justifier, en comparant deux grandeurs à définir, que le régime transitoire peut être négligé dans cette étude. Nous considérerons alors que les particules sédimentent toutes avec la vitesse constanteU_s .
10. Représenter, dans le référentielR , la trajectoire d'une particule depuis son entrée dans le canal jusqu'à sa sortie. On choisira une particule située en (
x = 0, z = h ), à l'entré du canal. Indiquer
17. Exprimer le nombre sans dimension Ro, appelé nombre de Rouse. Préciser les deux effets antagonistes qu'il permet de comparer.
18. La figure (2) représente la fonctionC(z)/C_0 pour
z_0 = 0, 01 m et six valeurs du nombre de Rouse. Indiquer, en le justifiant, la valeur du nombre Ro la plus favorable. Commenter ce résultat d'un point de vue pratique.
19. On remarque quelim_(z → 0)C(z)/C_0 = + ∞ . Que suggère ce résultat?
7. Illustrer graphiquement l'évolution du rapport
8. Calculer la vitesse
9. Justifier, en comparant deux grandeurs à définir, que le régime transitoire peut être négligé dans cette étude. Nous considérerons alors que les particules sédimentent toutes avec la vitesse constante
10. Représenter, dans le référentiel
17. Exprimer le nombre sans dimension Ro, appelé nombre de Rouse. Préciser les deux effets antagonistes qu'il permet de comparer.
18. La figure (2) représente la fonction
19. On remarque que
\section*{II Floculation.
II Floculation.}
La sédimentation est d'autant plus rapide que les particules sont grosses. On peut alors augmenter l'efficacité de la décantation en favorisant l'agglomération des particules entre elles. Pour cela, on ajoute à l'eau un additif chimique floculant qui inhibe les interactions répulsives entre particules et favorise ainsi leur agrégation en "flocs".
Nous considérons que le coefficient de diffusion dépend de la vitesse de l'écoulement et de l'altitude de la particule selon la relation : les zones d'eau claire et d'eau trouble.
11. Exprimer puis calculer la longueur minimaleL_m du canal qui permettrait d'obtenir de l'eau claire à sa sortie.
12. Que devient cette longueur pour des particules de rayona^′ = 100μ m ?
13. Commenter brièvement les performances (ou limites) de cette technique de purification.
11. Exprimer puis calculer la longueur minimale
12. Que devient cette longueur pour des particules de rayon
13. Commenter brièvement les performances (ou limites) de cette technique de purification.
I.B.b Limitation de la sédimentation par la diffusion.
En réalité, la turbulence de l'écoulement limite la sédimentation en agissant comme un processus de diffusion activé
^1 . Afin de caractériser cet effet, nous allons déterminer la concentration
C(x, z, t) de particules (nombre de particules par unité de volume) dans le canal en supposant qu'elles sont, en plus des effets déjà considérés, l'objet d'un processus de diffusion. Nous notons
D_a le coefficient de diffusion correspondant. L'étude reste conduite dans le repère
R^′ . Nous négligerons la diffusion horizontale
^2 , ce qui reviendra, dans les calculs, à considérer que
C = C(z, t) .
14. Exprimer la densité de flux diffusif de particulesj_d→ .
15. Exprimer le vecteur flux de densité de particulesj_s→ associé à la vitesse de sédimentation
U_s (définie en (I.B.a)).
16. Établir l'équation algébrique liant les fluxj_d→ et
j_s→ , en régime stationnaire. En déduire l'équation différentielle vérifiée par la concentration
C (dans ce régime).
14. Exprimer la densité de flux diffusif de particules
15. Exprimer le vecteur flux de densité de particules
16. Établir l'équation algébrique liant les flux
Nous considérons que le coefficient de diffusion dépend de la vitesse de l'écoulement et de l'altitude de la particule selon la relation :
- Exprimer le nombre sans dimension Ro, appelé nombre de Rouse. Préciser les deux effets antagonistes qu'il permet de comparer.
- La figure (2) représente la fonction
C(z)/C_0 pourz_0 = 0, 01 m et six valeurs du nombre de Rouse.
Indiquer, en le justifiant, la valeur du nombre Ro la plus favorable. Commenter ce résultat d'un point de vue pratique. - On remarque que
lim_(z → 0)C(z)/C_0 = + ∞ . Que suggère ce résultat?
La sédimentation est d'autant plus rapide que les particules sont grosses. On peut alors augmenter l'efficacité de la décantation en favorisant l'agglomération des particules entre elles. Pour cela, on favorise ainsi leur agrégation en "flocs".
.jpg)
Figure 2 - Profil de concentration pour six valeurs du nombre de Rouse (
z_0 = 0, 01 m ).

Figure 3 - Floculation de deux particules individuelles :
(1) + (1) → (2) .
II.A Floculation brownienne de particules simples.
L'eau contient initialement
N_0 particules en suspension, par unité de volume (concentration). Ces particules sont supposées sphériques, de rayon
a = 10μ m . Nous dirons qu'un agrégat composé de
k particules est un floc, ou agrégat, de taille (
k ). Dans un premier temps, nous considérons que seules interviennent des collisions entre deux particules individuelles. Dès qu'elles entrent en contact, nous supposons qu'elles adhèrent instantanément et irréversiblement pour former un floc de taille (2) (figure(3)). À l'instant
t , le nombre de particules de taille (1), par unité de volume, est noté
N_1(t) , celui d'agrégats (de taille (2)) est noté
N_2(t) . Pour les applications numériques nous adopterons
N_0 = 3, 0 × 10^(12) m^(− 3) et
T = T_a .
Considérons une particule
i , supposée immobile et centrée à l'origine O (figure(4)). Étudions la diffusion de ses voisines vers cette particule cible
i . À une distance
r de la cible
i et à l'instant
t , le nombre de particules par unité de volume est noté
n_1(r, t) . En symétrie sphérique, la loi de Fick exprimant la densité de flux de matière, s'écrit :
- Exprimer le flux
φ de particules traversant, dans le sens der croissant, la sphère de centre O et de rayonr , par unité de temps.

Figure 4 - Diffusion particulaire vers une particule cible
i située en O.
- Pendant l'intervalle de temps
dt , la concentration de particules dans la coquille sphérique de rayonr et d'épaisseurdr varie dedn_1 . Exprimerdn_1 à partir d'un bilan établi sur le fluxφ . En déduire que l'équation de diffusion s'écrit :
- Justifier le choix des conditions aux limites:
- Nous supposons, dès à présent, que le régime transitoire peut être négligé (a priori). Cela revient à annuler le terme de gauche de l'équation différentielle (5). Déterminer le profil de concentration
n_1(r, t) dans ce régime quasi-stationnaire. - Représenter graphiquement le rapport
n_1(r, t)/N_1(t) . - Exprimer le flux
φ^⋆ de particules collectées par la particulei (nombre par unité de temps).
En réalité, la particule
i n'étant pas immobile mais, elle aussi, diffusante, le coefficient de diffusion brownienne relatif s'écrit :
- Exprimer
φ^⋆ (en fonction dek_B T, η , etN_1 ) puis la grandeurA_(1, 1) représentant le nombre de collisions entre particules, par unité de temps et de volume (en moyenne, sur l'ensemble du volume). On l'écrira sous la formeA_(1, 1) = K_(1, 1) × N_1^2 . - En déduire l'équation différentielle décrivant l'évolution de la concentration
N_1(t) de particules individuelles. - Déterminer la solution
N_1(t) de cette équation différentielle. - Esquisser l'allure graphique de l'évolution du rapport
N_1(t)/N_0 , en fonction deK_(1, 1)N_0 t . - Exprimer le temps caractéristique de floculation
τ_f défini parN_1(τ_f) = N_0/2 , en fonction deK_(1, 1) etN_0 , puis dek_B T, η etN_0 . - Calculer
τ_f . - À partir de l'équation de diffusion (5), et en raisonnant sur des grandeurs caractéristiques, former un temps caractéristique
τ_d , représentatif de la durée du régime transitoire, pour la diffusion. - Exprimer le rapport
κ = τ_d/τ_f en fonction dea etN_0 . Calculerκ et commenter ce résultat.

Figure 5 - Floculation de deux agrégats :
(i) + (j) → (i + j) .
II.B Généralisation.
Nous considérons à présent toutes les collisions binaires possibles. La collision, toujours supposée irréversiblement agrégative, d'un floc (ou agrégat) de taille (
i ) et d'un autre de taille (
j ) fait apparaître un floc de taille
(i + j) , comme l'illustre la figure (5). Dans ces conditions, le nombre
N_j d'agrégats de taille
(j) , par unité de volume, varie selon l'équation cinétique de Smoluchowski (1916) :
où
K_(p, q)N_p N_q représente le nombre de collisions entre un agrégat de taille (
p ) et un agrégat de taille (q), par unité de temps et de volume (il s'agit d'une généralisation du terme
A_(1, 1) introduit en question (26)).
34. Préciser la dimension des facteursK_(p, q) que l'on appellera "taux de collision".
35. Interpréter chacun des deux termes formant le membre de droite de l'équation (8).
34. Préciser la dimension des facteurs
35. Interpréter chacun des deux termes formant le membre de droite de l'équation (8).
Nous considérons que le taux de collision ne dépend pas de la taille des particules, comme c'était le cas pour la floculation brownienne (question (26)), soit :
Nous notons
N_a le nombre total d'agrégats par unité de volume, toutes tailles confondues.
36. Établir que le nombre totaldN_c de collisions se produisant pendant l'intervalle de temps
dt , par unité de volume, s'exprime :
36. Établir que le nombre total
- En déduire l'équation différentielle vérifiée par
N_a . - Établir que la solution de cette équation différentielle s'écrit :
où
τ_a est un temps caractéristique à exprimer en fonction de
K et
N_0 , puis à calculer.
39. Nous notonsV_a le volume moyen des flocs et définissons par
R_a = ((3V_a)/(4π))^(1/3) leur rayon équivalent moyen, au temps
t . Exprimer
R_a(t) .
40. Calculer la valeur du tempst_(2a) pour lequel la taille moyenne des flocs a doublé.
41. Préciser l'avantage de réaliser une étape de floculation avant de laisser l'eau trouble s'écouler dans le canal de décantation.
39. Nous notons
40. Calculer la valeur du temps
41. Préciser l'avantage de réaliser une étape de floculation avant de laisser l'eau trouble s'écouler dans le canal de décantation.

Figure 6 - Évolutions de
N_1/N_0, N_2/N_0 et
N_3/N_0 en fonction de
t/τ .
- En utilisant l'équation (8) et le résultat obtenu à la question (38), établir que le nombre de particules (par unité de volume) non agglomérées varie selon l'équation :
où
τ une constante de temps à déterminer.
43. Commenter la comparaison de cette dépendance temporelle avec celle trouvée à la question (28).
44. La figure (6) représente les évolutions deN_1/N_0, N_2/N_0 et
N_3/N_0 en fonction de
t/τ . Les faire correspondre, en le justifiant, aux tracés
A, B, C .
43. Commenter la comparaison de cette dépendance temporelle avec celle trouvée à la question (28).
44. La figure (6) représente les évolutions de
II.C Floculation dans un mélangeur.
Pour accélérer le processus de floculation il faut augmenter la fréquence des collisions entre les particules en suspension. Pour cela, l'eau est brassée par les pales rotatives d'un mélangeur qui se trouve ainsi soumise à des gradients de vitesse.
Pour comprendre ce principe d'agrégation activée, étudions d'abord un système en deux dimensions où les particules sont des disques de rayon
a et de concentration surfacique (nombre par unité de surface)
N_1^′ . Elles sont placées dans un écoulement laminaire stationnaire décrit par le champ de vitesse
v⃗(x, y, z) = u(z)e⃗_x . Nous notons
γ˙ = du/dz le taux de cisaillement (ou gradient de vitesse), que nous supposons uniforme. Nous considérons que chaque particule prend la vitesse correspondant à la ligne de courant qui passerait par son centre.
45. Sélectionnons deux particules situées, à l'instantt , en (
x, z ) et (
x^′, z^′ ) (figure (
7 )). Préciser à quelle(s) condition(s) ces particules entreront en collision dans l'intervalle de temps
[t, t + dt] . Pour simplifier cette étude, nous considérerons que tous les chocs se produisent pour l'égalité des abscisses.
45. Sélectionnons deux particules situées, à l'instant

Figure 7 - Particules entraînées par un écoulement de cisaillement plan.
- Dans ce cas, déduire que, pendant un intervalle de temps
dt et en moyenne sur toute la surface, une particule sera heurtée par le nombredN_H de ses voisines, tel que :
Dans le mélangeur réel tridimensionnel, sur la base du résultat (13), nous admettons que la concentration
N_a de flocs (toutes tailles confondues) varie selon l'équation différentielle :
où
R_a représente la taille moyenne des flocs (définie à la question (39)) et
Γ la moyenne (en espace et en temps) du module du taux de cisaillement.
47. On noteκ_v la fraction volumique en particules solides dans l'eau. Exprimer
κ_v en fonction de
N_0 et
a , puis de
N_a et
R_a .
48. En faisant intervenirκ_v dans l'équation (14), établir l'équation différentielle dont
N_a est solution. On définira un temps caractéristique
τ_m .
49. Déterminer la solutionN_a(t) de cette équation différentielle.
50. Préciser l'intérêt de l'utilisation d'un mélangeur par rapport à la floculation brownienne étudiée précédemment.
51. La puissance développée par le mélangeur peut s'exprimer, a priori, sous la forme :
47. On note
48. En faisant intervenir
49. Déterminer la solution
50. Préciser l'intérêt de l'utilisation d'un mélangeur par rapport à la floculation brownienne étudiée précédemment.
51. La puissance développée par le mélangeur peut s'exprimer, a priori, sous la forme :
où
k est une constante sans dimension,
B la longueur caractéristique des pales du mélangeur et
Ω leur vitesse angulaire. Par analyse dimensionnelle, déterminer les exposants
α, β et
γ .
52. Toujours à partir d'une analyse dimensionnelle, exprimerΓ dans le mélangeur comme une fonction de la puissance
P fournie par celui-ci, de la viscosité dynamique
η de l'eau et du volume
V_M du mélangeur. On introduira encore une constante sans dimension
k^′ .
53. Le moteur du mélangeur développe une puissance volumiqueP = 3 W ⋅ m^(− 3) . En prenant
k^′ = 1 , calculer le paramètre
Γ puis le temps caractéristique
τ_m . Commenter ce dernier résultat. On adoptera la valeur de
N_0 donnée en introduction du paragraphe (II.A).
54. Hormis la consommation énergétique, quel peut être l'inconvénient d'augmenterΓ ?
52. Toujours à partir d'une analyse dimensionnelle, exprimer
53. Le moteur du mélangeur développe une puissance volumique
54. Hormis la consommation énergétique, quel peut être l'inconvénient d'augmenter
III Filtration par osmose inverse.
Pour purifier une eau de source trop minéralisée, traiter une eau saumâtre ou dessaler de l'eau de mer afin de la rendre potable, on utilise fréquemment la technique de l'osmose inverse. Elle peut s'avérer plus économique en énergie que les techniques classiques par filtration ou distillation. Avant cette étape, l'eau doit toutefois être débarassée des particules et micro-organismes en suspension afin de préserver la membrane permettant l'osmose.
Nous notons respectivement
n_i, v_i, x_i et
C_i un nombre de moles, un volume molaire, une fraction molaire et une concentration (
enmol ⋅ m^(− 3) ) se rapportant à une espèce chimique
i .

Figure 8 - Structure d'un osmoseur.
III.A Potentiel chimique.
- Nous considérons un système thermodynamique
S en interaction mécanique et thermique avec un systèmeS^0 dont la pressionp_0 et la températureT_0 peuvent être considérées comme fixées. Ces deux systèmes sont, par ailleurs, globalement isolés. Dans le cas d'une évolution isotherme et isobare du systèmeS , justifier que son enthalpie libreG coïncide alors avec son potentiel thermodynamique. - Nous considérons une solution liquide à
N constituants et notonsμ_i le potentiel chimique de l'espècei(i ∈ {1, ⋯, N}) . Exprimer la différentielledG associée aux variationsdp, dT, dn_i . - Établir alors que le volume molaire du constituant
i s'exprime par la dérivée partielle:
- Dans le cas d'un mélange idéal, on admettra que le potentiel chimique
μ_i de l'espècei se déduit de son potentiel chimiqueμ_i^⋆ lorsqu'elle est seule (pure), par la relation :
En considérant que le volume molaire varie peu avec la pression, établir alors que le potentiel chimique s'écrit :
où
p^0 une pression de référence et
μ_i^0(T, p^0) le potentiel chimique de l'espèce
i , pure.
III.B Principe de l'osmoseur.
Étudions à présent le dispositif de dessalement par osmose inverse. Deux compartiments (1) et (2) communiquent à travers une membrane semi-perméable ne laissant passer que les molécules d'eau (figure (8)). Le compartiment (1) contient de l'eau salée (le "condensat") et est maintenu à pression
p_1 . Les fractions molaires en eau et en ions
Na^+ et
Cl^− sont notées, respectivement,
x_e, x_(Na) et
x_(Cl) . Le compartiment (2) contient de l'eau pure (le "perméat") et est maintenu à pression
p_2 . L'ensemble du dispositif est à l'équilibre avec un thermostat de température
T_0 . Nous notons
G l'enthalpie libre de l'ensemble du système. Nous négligerons toute variation de pression d'origine hydrostatique.
59. Exprimer le potentiel chimique de l'eau dans chacun des compartiments,μ_e^((1)) et
μ_e^((2)) .
60. Les molécules d'eau étant susceptibles de traverser la membrane, notonsdn_e^((k)) la variation du nombre de moles d'eau dans le compartiment (
k ), pendant l'intervalle de temps
dt . Exprimer la variation élémentaire d'enthalpie libre
dG associée à ce transfert.
59. Exprimer le potentiel chimique de l'eau dans chacun des compartiments,
60. Les molécules d'eau étant susceptibles de traverser la membrane, notons

Figure 9 - Modélisation hydrodynamique de la membrane.
- Indiquer à quelle condition, portant sur la différence de pression
Δp = p_1 − p_2 , l'eau transite du compartiment (1) au compartiment (2) (osmose inverse).
On appelle pression osmotique, que l'on note
Π , l'écart de pression
Δp dans les conditions d'équilibre thermodynamique.
62. ExprimerΠ en faisant apparaître
x_(Na) et
x_(Cl) . En supposant que (
x_(Na) + x_(Cl))≪1 , établir alors la relation de Van't Hoff (1886) :
62. Exprimer
- Calculer la surpression minimale limite à exercer sur une eau de mer contenant
35 g ⋅ L^(− 1) de NaCl pour réaliser l'osmose inverse à la température ambiante ( 300 K ). - Dans une usine de dessalement, seule une fraction de
50% de l'eau salée entrante est convertie en eau douce. Comment expliquer cette limitation?
III.C Écoulement à travers la membrane.
D'un point de vue hydrodynamique, nous modélisons la membrane par un ensemble de tubes parallèles, cylindriques, de rayon
r et de longueur
ℓ (figure (
9 )). Nous notons
S l'aire de la membrane et
n_S le nombre de tubes par unité de surface.
65. En considérant que les tubes sont traversés par un écoulement de Poiseuille, rappeler la relation reliant le débitq_v (volumique, et dans le sens
(1) → (2) ) dans un tube à la différence de pression entre ses extrémités. On admettra que cette différence de pression doit ici être remplacée par
(Δp − Π) . On posera
b = πr^4/(8ηℓ) .
66. Exprimer le débit volumique d'eauQ_(us) traversant la membrane, par unité de surface.
67. CalculerQ_(us) pour
r = 10 nm, ℓ = 50μ m, n_S = 1, 6 × 10^(15) m^(− 2) et
Δp = 70 × 10^5 Pa .
68. Lorsque l'eau s'écoule d'un compartiment à l'autre, la fraction molaire ioniquex = x_(Na) + x_(Cl) varie, et avec elle la pression osmotique. Établir une équation différentielle dont la variable
x(t) est solution.
69. Nous supposons l'écartΔp fixé et tel que
Δp > Π(x(t = 0)) . En s'appuyant sur cette équation différentielle, esquisser qualitativement l'allure graphique de l'évolution
x = x(t) . On précisera notamment sa limite
x_∞ = x(t → ∞) . Commenter brièvement cette évolution.
70. Exprimer le travail mécaniqueW_m nécessaire au traitement d'un volume
V_e d'eau salée, sous la différence de pression
Δp constante. Que devient cette énergie que le système reçoit de façon continue?
71. Une installation de désalinisation fonctionne de façon continue avec une pompe imposant une différence de pressionΔp = 70 × 10^5 Pa . Le rendement global de cette pompe est
η_p = 80% . Calculer le coût énergétique
w du dessalement, exprimé en
kWh ⋅ m^(− 3) .
65. En considérant que les tubes sont traversés par un écoulement de Poiseuille, rappeler la relation reliant le débit
66. Exprimer le débit volumique d'eau
67. Calculer
68. Lorsque l'eau s'écoule d'un compartiment à l'autre, la fraction molaire ionique
69. Nous supposons l'écart
70. Exprimer le travail mécanique
71. Une installation de désalinisation fonctionne de façon continue avec une pompe imposant une différence de pression
Pas de description pour le moment
