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Corrigé détaillé Mines Physique 1 MP 2025 (page 2/2 : Parties III et IV)

Impulsion mécanique et mesures optiques

  • 25 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,9 / 4)
  • Faisable en Sup (en MPSI : 8 questions sur 25, parties I et II)
  • Vérifié question par question

Comment utiliser ce corrigé

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Partie III : Mesures interférométriques de longueurs d'onde

A · L'interféromètre de Michelson

Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : interféromètre de michelson, lame séparatrice, lame compensatrice

L'interféromètre comporte deux lames de verre et , parallèles, de même épaisseur et de même indice optique , inclinées d'un angle relativement à l'axe normal au miroir fixe. La lame est munie d'une couche semi-réfléchissante sur une seule de ses faces ; laquelle ? Justifier, en vous appuyant sur un schéma.

Voir l'indice

Tracer la marche des rayons issus de la source pour les deux bras et compter le nombre de traversées d'épaisseur de verre afin d'assurer l'égalité des chemins optiques en présence de dispersion.

Voir la stratégie
  1. Identifier le rôle de la lame L_2 : il s'agit d'une lame compensatrice, identique à la lame séparatrice L_1 et disposée dans le bras vertical (vers le miroir mobile).
  2. Dénombrer le nombre de traversées du verre d'épaisseur e (sous incidence de 45^\circ) effectuées par chacun des deux faisceaux selon que la couche semi-réfléchissante est déposée sur la face avant (tournée vers la source) ou sur la face arrière (tournée vers le miroir fixe).
  3. Conclure en imposant l'égalité des épaisseurs optiques de verre traversées afin d'annuler la dispersion chromatique (\delta_{\text{verre}} = 0).
Voir le corrigé complet

La lame séparatrice L_1 possède deux faces planes et parallèles, inclinées à 45^\circ :

  • la face avant (ou face d'entrée), tournée vers la source lumineuse et le miroir mobile ;
  • la face arrière, tournée vers le miroir fixe et l'oculaire.

La lame L_2 est la lame compensatrice. Elle est identique à L_1 (même épaisseur e, même indice n), lui est rigoureusement parallèle, et est placée sur le bras vertical menant au miroir mobile. Tout faisceau faisant l'aller-retour vers le miroir mobile traverse donc la lame L_2 deux fois.

Testons les deux hypothèses de traitement :

  1. Si la couche semi-réfléchissante est sur la face avant :

    • Voie 2 (miroir mobile) : le faisceau se réfléchit sur la face avant sans entrer dans L_1 (0 traversée). Il traverse L_2 à l'aller puis au retour (2 traversées), puis pénètre par la face avant de L_1 et en ressort par la face arrière vers l'oculaire (1 traversée). Soit un total de :

      0 + 2 + 1 = 3 \text{ traversées de verre.}
    • Voie 1 (miroir fixe) : le faisceau traverse L_1 de la face avant vers la face arrière (1^{\text{re}} traversée), va vers le miroir fixe, revient, entre par la face arrière (2^{\mathrm{e}} traversée), se réfléchit sur la face interne du dépôt semi-réfléchissant, et retraverse L_1 pour sortir par la face arrière vers l'oculaire (3^{\mathrm{e}} traversée). Soit un total de :

      3 \text{ traversées de verre.}

    Les deux faisceaux traversent exactement la même épaisseur de verre (3e) sous la même incidence (45^\circ). La différence de marche introduite par le verre est rigoureusement nulle quelle que soit la longueur d'onde : la compensation chromatique est assurée.

  2. Si la couche semi-réfléchissante était sur la face arrière :

    • Le faisceau 1 ne traverserait L_1 qu'une seule fois à l'aller, se réfléchissant sur la face arrière externe directement vers l'oculaire (1 traversée au total).
    • Le faisceau 2 traverserait L_1 à l'aller, s'y réfléchirait sur la face arrière interne, la retraverserait (2 traversées), traverserait L_2 deux fois, puis retraverserait L_1 au retour vers l'oculaire (1 traversée supplémentaire), soit 5 traversées au total.

    La présence de L_2 dans le bras vertical aggraverait le déséquilibre au lieu de le compenser.

\boxed{\text{La couche semi-réfléchissante doit être déposée sur la face avant (face tournée vers la source et le miroir mobile).}}

Résultat

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Question 10

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : interféromètre de michelson, frange d'égale inclinaison, localisation des franges

Après réglage des vis et les miroirs fixe et mobile sont rendus rigoureusement perpendiculaires ; l'axe optique de l'oculaire est alors confondu avec la normale au miroir mobile et l'opérateur observe, au moyen de cet oculaire réglé à l'infini, des franges d'interférence. Quelle est la forme de ces franges ? Peut-on encore les observer si l'oculaire est déréglé ?

Voir l'indice

Rappeler que deux miroirs virtuellement parallèles délimitent une lame d'air à faces parallèles. Les interférences se forment à l'infini (égale inclinaison) ; examiner ce que voit un œil observant dans un oculaire non focalisé à l'infini.

Voir la stratégie
  1. Identifier la configuration de l'interféromètre de Michelson : orientation relative des miroirs et position de l'image de l'un par rapport à l'autre.
  2. En déduire la dépendance angulaire de la différence de marche, la symétrie du système et la forme des franges.
  3. Discuter de la localisation des franges (à l'infini pour une lame d'air à faces parallèles) et de la conséquence d'un déréglage de l'oculaire sur la netteté de l'observation.
Voir le corrigé complet

Lorsque les miroirs fixe et mobile sont rendus rigoureusement perpendiculaires, l'image du miroir fixe donnée par la séparatrice est rigoureusement parallèle au miroir mobile : l'interféromètre est réglé en lame d'air à faces parallèles.

La différence de marche entre les deux rayons émergeant sous un angle d'inclinaison \theta par rapport à la normale commune s'écrit :

\delta(\theta) = 2e\cos\theta

où e est l'épaisseur de la lame d'air équivalente.

  • Par invariance par rotation autour de l'axe optique (O, \vec{e}_z), la différence de marche ne dépend que de l'angle d'incidence \theta : ce sont des franges d'égale inclinaison.
  • Dans le plan focal d'observation de l'oculaire, l'ensemble des points d'égal éclairement correspond à \theta = \text{cte}, ce qui se traduit par des anneaux concentriques (anneaux de Haidinger) centrés sur l'axe optique.
\boxed{\text{Les franges d'interférence sont des anneaux concentriques (franges d'égale inclinaison).}}

Influence du déréglage de l'oculaire : Ces franges d'égale inclinaison sont localisées à l'infini, car des rayons issus d'un même point source ayant la même inclinaison \theta n'interfèrent qu'à l'infini.

  • Si l'oculaire est déréglé et met au point sur un plan situé à distance finie, en un point donné de ce plan se superposent des rayons ayant des inclinaisons différentes (donc des différences de marche différentes), ce qui conduit à un brouillage des franges : l'image devient floue et les franges disparaissent.
  • Si le déréglage de l'oculaire est faible et projette l'image à distance finie en avant de l'œil, un observateur dont l'œil accommode entre son punctum proximum et son punctum remotum peut encore les observer nettement ; en revanche, si le déréglage est trop important ou si l'image est virtuelle en arrière de l'œil (inaccessible à l'accommodation), les franges ne sont plus observables.
\boxed{\text{Non, on ne peut plus les observer si le déréglage est notable (franges localisées à l'infini).}}

Résultat

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Question 11

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : interféromètre de michelson, ordre d'interférence, différence de marche

Tout en observant les franges, l'observateur peut actionner la vis micrométrique et déplacer le miroir mobile dans le plan , le long de l'axe . Relier le nombre de franges sombres qui défilent au centre du champ et le décalage du miroir mobile.

Voir l'indice

Exprimer la différence de marche au centre (\theta = 0) en fonction du décalage \Delta z et traduire le passage d'une frange sombre à la suivante par une variation de l'ordre d'interférence de 1.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de différence de marche \Delta\delta au centre du champ induite par un déplacement \Delta z du miroir mobile.
  2. Relier le passage d'une frange sombre à la variation élémentaire de la différence de marche (\Delta\delta = \lambda_0).
  3. En déduire la relation liant \Delta N et \Delta z.
Voir le corrigé complet

Au centre du champ d'observation, les rayons lumineux émergent parallèlement à l'axe optique, ce qui correspond à une incidence normale (\theta = 0).

Dans la configuration en lame d'air équivalente d'épaisseur e, la différence de marche s'écrit \delta = 2 e \cos\theta. Au centre (\theta = 0), elle vaut :

\delta_0 = 2e

Un déplacement du miroir mobile d'une distance \Delta z le long de l'axe (O, \vec{e}_z) modifie l'épaisseur de la lame d'air de \Delta e = \Delta z, car la lumière effectue un aller-retour dans ce bras. La différence de marche au centre varie donc de :

\Delta \delta = 2 \Delta z

L'ordre d'interférence au centre est défini par p_0 = \frac{\delta_0}{\lambda_0}. Deux franges sombres consécutives correspondent à une variation de l'ordre d'interférence d'une unité, c'est-à-dire à une variation de différence de marche égale à la longueur d'onde \lambda_0.

Le nombre \Delta N de franges sombres qui défilent au centre lors du déplacement \Delta z est donc donné par :

\Delta N = \frac{\Delta \delta}{\lambda_0} = \frac{2\Delta z}{\lambda_0}

soit :

\boxed{\Delta z = \Delta N \frac{\lambda_0}{2}}

Résultat

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Question 12

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : interféromètre de michelson, frange d'égale inclinaison, différence de marche

Exprimer, au moyen d'un schéma approprié, la différence de marche observée à l'infini dans une direction donnée, en fonction de l'écart séparant les deux miroirs. Le déplacement maximal de la vis micrométrique à partir du contact optique est noté . Déterminer, après ce déplacement, l'angle qui sépare le centre de la figure de la première frange de même nature.

Voir l'indice

Établir l'expression classique \delta(\theta) = 2\Delta z \cos\theta. Au voisinage du centre, effectuer un développement limité de \cos\theta pour relier l'écart angulaire \Delta\theta de la première frange à \lambda_0 et \Delta z.

Voir la stratégie
  1. Modéliser l'interféromètre réglé en lame d'air à faces parallèles d'épaisseur e = \Delta z formée par le miroir fixe M_1 et l'image M'_2 du miroir mobile à travers la séparatrice.
  2. Tracer la marche de deux rayons issus d'une même onde plane incidente inclinée de \theta par rapport à la normale, et identifier le front d'onde émergent pour calculer géométriquement la différence de marche \delta(\theta).
  3. Écrire l'ordre d'interférence au centre et pour un angle \Delta\theta au voisinage de l'axe, puis traduire la condition définissant la première frange de même nature.
Voir le corrigé complet

L'interféromètre de Michelson réglé avec des miroirs perpendiculaires est équivalent à une lame d'air à faces parallèles d'épaisseur e = \Delta z (séparant le miroir réel M_1 et le miroir virtuel M'_2, image de M_2 par la séparatrice).

Considérons une onde plane incidente sous un angle d'incidence \theta par rapport à la normale aux miroirs :

Le rayon (1) se réfléchit sur la face M'_2 en A. Le rayon (2) traverse la lame d'air, se réfléchit sur le miroir M_1 en B, puis ressort de la lame en C.

Le plan d'onde perpendiculaire aux deux rayons parallèles émergents passe par C et coupe le rayon (1) en H. La différence de marche géométrique entre le rayon (2) et le rayon (1) s'écrit :

\delta(\theta) = (AB + BC) - AH

Dans le triangle rectangle formé par la normale issue de A et le segment AB :

AB = BC = \frac{e}{\cos\theta} \quad \text{et} \quad AC = 2e\tan\theta

Dans le triangle ACH, rectangle en H, l'angle \widehat{CAH} vaut \theta :

AH = AC \sin\theta = 2e \tan\theta \sin\theta = \frac{2e\sin^2\theta}{\cos\theta}

On en déduit :

\begin{aligned} \delta(\theta) &= \frac{2e}{\cos\theta} - \frac{2e\sin^2\theta}{\cos\theta} = \frac{2e(1-\sin^2\theta)}{\cos\theta} = 2e\cos\theta \end{aligned}

Comme les réflexions sur M_1 et M_2 introduisent les mêmes déphasages éventuels, la différence de marche s'exprime en fonction de l'écart \Delta z par :

\boxed{\delta(\theta) = 2\,\Delta z\cos\theta}

L'ordre d'interférence en un point du champ repéré par l'angle \theta vaut :

p(\theta) = \frac{\delta(\theta)}{\lambda_0} = \frac{2\Delta z}{\lambda_0}\cos\theta

Au centre de la figure (\theta = 0), l'ordre d'interférence est maximal :

p(0) = \frac{2\Delta z_{\max}}{\lambda_0}

Pour les faibles inclinaisons (\theta \ll 1), un développement limité donne :

p(\theta) \simeq \frac{2\Delta z_{\max}}{\lambda_0}\left(1 - \frac{\theta^2}{2}\right) = p(0) - \frac{\Delta z_{\max}\theta^2}{\lambda_0}

L'ordre décroît lorsqu'on s'éloigne du centre. La première frange de même nature (brillante si le centre est brillant, sombre si le centre est sombre) apparaît pour un angle \Delta\theta vérifiant :

p(0) - p(\Delta\theta) = 1 \iff \frac{\Delta z_{\max}(\Delta\theta)^2}{\lambda_0} = 1

On en déduit l'expression de l'écart angulaire \Delta\theta :

\boxed{\Delta\theta = \sqrt{\frac{\lambda_0}{\Delta z_{\max}}}}

Résultat

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Question 13

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : interféromètre de michelson, mesure de longueur d'onde, incertitude de mesure

Dans le cas d'une des raies de l'hydrogène atomique, on observe le défilement de franges pour un décalage . S'agit-il de la raie ou ? Avec quelle précision relative mesure-t-on sa longueur d'onde ? Que vaut alors ? Commenter.

Voir l'indice

Utiliser \lambda_0 = 2\Delta z / N pour déterminer la longueur d'onde, puis comparer aux ordres de grandeur des raies H_\alpha (rouge) et H_\beta (bleue). Appliquer le calcul d'incertitude relative standard.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \lambda_0 à l'aide de la formule établie à la question Q11 (\lambda_0 = 2\Delta z/N), calculer numériquement sa valeur et identifier la raie grâce aux indications du texte (H_\alpha rouge, H_\beta bleue).
  2. Déterminer l'incertitude relative sur \lambda_0 induite par la précision sur le déplacement \Delta z.
  3. Calculer l'angle \Delta\theta avec la formule de la question Q12, puis commenter sa petitesse au regard du dispositif d'observation (oculaire grossissant).
Voir le corrigé complet

D'après la relation établie à la question Q11, la longueur d'onde de la radiation s'exprime par :

\lambda_0 = \frac{2\Delta z}{N}

L'application numérique donne :

\lambda_0 = \frac{2 \times 1\,035 \times 10^{-6}}{3\,156} \simeq 6{,}56 \times 10^{-7}\text{ m} = 656\text{ nm}

Cette longueur d'onde appartient au domaine rouge du spectre visible (environ 600\text{--}700\text{ nm}). D'après le préambule de la partie III, H_\alpha est rouge et H_\beta est bleue :

\boxed{\text{Il s'agit de la raie } H_\alpha}

Le nombre de franges défilées N étant un comptage entier exempt d'incertitude, la précision relative sur \lambda_0 est directement donnée par celle sur le déplacement \Delta z :

\frac{\Delta \lambda_0}{\lambda_0} = \frac{\Delta(\Delta z)}{\Delta z}

Numériquement :

\frac{\Delta \lambda_0}{\lambda_0} = \frac{2\text{ }\mu\text{m}}{1\,035\text{ }\mu\text{m}} \simeq 1{,}9 \times 10^{-3} \simeq 0{,}2\,\%
\boxed{\frac{\Delta \lambda_0}{\lambda_0} \simeq 0{,}2\,\%}

D'après le résultat de la question Q12, l'écart angulaire séparant le centre de la figure du premier anneau de même nature s'écrit :

\Delta\theta = \sqrt{\frac{\lambda_0}{\Delta z}} = \sqrt{\frac{2}{N}}

Numériquement :

\Delta\theta = \sqrt{\frac{2}{3\,156}} \simeq 2{,}5 \times 10^{-2}\text{ rad} \simeq 1{,}4^\circ
\boxed{\Delta\theta \simeq 2{,}5 \times 10^{-2}\text{ rad} \simeq 1{,}4^\circ}

Commentaire : L'angle sous-tendant le premier anneau est très faible (environ 1{,}4^\circ). Les anneaux sont extrêmement serrés dès que l'épaisseur de la lame d'air dépasse le millimètre, ce qui justifie pleinement l'utilisation d'un système optique afocal grossissant (l'oculaire mentionné en III.A) pour permettre leur observation et la résolution visuelle des franges au centre du champ.

Résultat

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B · Cohérence spectrale d'une source

Question 14

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : formule de fresnel, facteur de contraste

Dans le cas où la source est rigoureusement monochromatique, de longueur d'onde , exprimer l'intensité en fonction de , et . Définir et calculer le facteur de contraste des franges.

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Utiliser la formule de Fresnel pour deux ondes d'amplitudes identiques déphasées de \Delta\phi = 2\pi\delta/\lambda_0. Appliquer la définition du facteur de contraste C = (I_{\max} - I_{\min})/(I_{\max} + I_{\min}).

Voir le corrigé complet

L'interféromètre superpose en un point d'observation deux ondes issues de la même source, ayant parcouru chacune une voie et présentant une différence de marche \delta. Le déphasage entre ces deux ondes vaut :

\Delta\varphi = \frac{2\pi}{\lambda_0}\delta

Puisque chaque voie apporte la même intensité lumineuse I_0, la formule de Fresnel pour les interférences à deux ondes s'écrit :

I(\delta) = I_0 + I_0 + 2\sqrt{I_0 I_0}\cos(\Delta\varphi) = 2I_0\left(1 + \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_0}\right)\right)

soit également :

\boxed{I(\delta) = 2I_0\left(1 + \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_0}\right)\right) = 4I_0\cos^2\left(\frac{\pi\delta}{\lambda_0}\right)}

Le facteur de contraste (ou visibilité de Michelson) est défini par :

\boxed{C = \frac{I_{\max} - I_{\min}}{I_{\max} + I_{\min}}}

où I_{\max} et I_{\min} sont respectivement les intensités maximale et minimale du système de franges.

Ici, comme la fonction cosinus oscille entre -1 et +1, on a :

\begin{aligned} I_{\max} &= 4I_0 \\ I_{\min} &= 0 \end{aligned}

On en déduit immédiatement :

\boxed{C = 1}

Résultat

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Question 15

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : battement, cohérence temporelle, facteur de contraste

Pour certaines sources bichromatiques les deux radiations émises sont de même intensité ; c'est le cas des lampes à vapeur de sodium, étudiées notamment par Michelson dans les conditions décrites en III.A. Expliciter l'intensité observée en fonction de , de la différence de marche , de et de . Exprimer le facteur de contraste des franges et montrer comment il permet la mesure de .

Voir l'indice

Sommer les intensités incohérentes des deux longueurs d'onde. Factoriser par des identités trigonométriques pour faire apparaître un terme d'interférence rapide et une enveloppe modulatrice lente.

Voir la stratégie
  1. Les deux radiations monochromatiques ont des fréquences différentes : elles sont mutuellement incohérentes. Leurs intensités s'ajoutent donc sur le détecteur.
  2. On applique à chacune la formule établie à la question précédente, puis on utilise les formules de trigonométrie et l'approximation \Delta\lambda \ll \lambda_0 pour faire apparaître un terme d'oscillation rapide modulé par une enveloppe lente.
  3. On en déduit l'expression du contraste local C(\delta) et on relie l'écart \Delta\delta séparant deux extinctions successives du contraste (brouillages) au rapport \lambda_0/\Delta\lambda.
Voir le corrigé complet

Les deux radiations de longueurs d'onde \lambda_1 et \lambda_2 sont mutuellement incohérentes car de fréquences distinctes. L'intensité totale observée est donc la somme des intensités associées à chaque radiation :

I(\delta) = I_1(\delta) + I_2(\delta)

En notant I_0 l'intensité envoyée par chaque radiation sur chaque voie de l'interféromètre (d'après le résultat de la question Q14) :

\begin{aligned} I_1(\delta) &= 2I_0\left(1 + \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_1}\right)\right) \\ I_2(\delta) &= 2I_0\left(1 + \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_2}\right)\right) \end{aligned}

En sommant ces deux expressions :

I(\delta) = 4I_0 + 2I_0 \left[\cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_1}\right) + \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_2}\right)\right]

L'identité trigonométrique \cos p + \cos q = 2\cos\left(\frac{p-q}{2}\right)\cos\left(\frac{p+q}{2}\right) conduit à :

I(\delta) = 4I_0 \left[1 + \cos\left(\pi\delta\left(\frac{1}{\lambda_1} - \frac{1}{\lambda_2}\right)\right) \cos\left(\pi\delta\left(\frac{1}{\lambda_1} + \frac{1}{\lambda_2}\right)\right)\right]

Comme \Delta\lambda = |\lambda_2 - \lambda_1| \ll \lambda_0, avec \lambda_0 = \frac{1}{2}(\lambda_1 + \lambda_2), on a au premier ordre en \Delta\lambda/\lambda_0 :

\begin{aligned} \frac{1}{\lambda_1} - \frac{1}{\lambda_2} &= \frac{\lambda_2 - \lambda_1}{\lambda_1\lambda_2} \simeq \frac{\Delta\lambda}{\lambda_0^2} \\ \frac{1}{\lambda_1} + \frac{1}{\lambda_2} &= \frac{\lambda_1 + \lambda_2}{\lambda_1\lambda_2} \simeq \frac{2\lambda_0}{\lambda_0^2} = \frac{2}{\lambda_0} \end{aligned}

On obtient ainsi l'expression de l'intensité observée :

\boxed{I(\delta) = 4I_0 \left[1 + \cos\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right) \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_0}\right)\right]}

Remarque : Si I_0 désigne l'intensité totale (somme des deux composantes) sur chaque voie, le préfacteur devient 2I_0.

Facteur de contraste :

Puisque \Delta\lambda \ll \lambda_0, le terme \cos\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right) varie très lentement par rapport aux oscillations rapides de \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_0}\right). Localement, les extrema de l'intensité s'écrivent :

\begin{aligned} I_{\max} &= 4I_0\left(1 + \left|\cos\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right)\right|\right) \\ I_{\min} &= 4I_0\left(1 - \left|\cos\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right)\right|\right) \end{aligned}

Le facteur de contraste C = \frac{I_{\max} - I_{\min}}{I_{\max} + I_{\min}} vaut donc :

\boxed{C(\delta) = \left|\cos\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right)\right|}

Mesure de \lambda_0/\Delta\lambda :

Le contraste s'annule (phénomène de « brouillage » des franges, où C=0 et le champ est uniforme) pour :

\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2} = \frac{\pi}{2} + k\pi \quad (k \in \mathbb{Z}) \iff \delta_k = \left(k + \frac{1}{2}\right)\frac{\lambda_0^2}{\Delta\lambda}

La variation de différence de marche séparant deux brouillages consécutifs est donc :

\Delta\delta_b = \delta_{k+1} - \delta_k = \frac{\lambda_0^2}{\Delta\lambda}

On en déduit immédiatement :

\boxed{\frac{\lambda_0}{\Delta\lambda} = \frac{\Delta\delta_b}{\lambda_0}}

Expérimentalement, au centre du champ (\theta = 0), on a \delta = 2\Delta z (d'après la question Q12). La mesure du déplacement \Delta z_b = \frac{\Delta\delta_b}{2} du miroir mobile entre deux brouillages successifs permet donc de déterminer le rapport :

\frac{\lambda_0}{\Delta\lambda} = \frac{2\Delta z_b}{\lambda_0}

C'est également le nombre de franges qui défilent entre deux positions de brouillage consécutives.

Résultat

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Question 16

Difficulté estimée 3 sur 4 : Exigeant

Notions : facteur de contraste, cohérence temporelle, interféromètre de michelson

D'autres sources, comme celles émettant la raie de l'hydrogène, peuvent être écrites comme bichromatiques mais les intensités et émises aux longueurs d'onde et sont différentes. Pour quelle(s) valeur(s) de le facteur de contraste des franges est-il minimal ? Quelle est cette valeur minimale ? Dans le cas de la raie double , l'écart est de l'ordre de . Est-il possible de le mettre en évidence avec le montage proposé ci-dessus ?

Voir l'indice

Écrire l'intensité totale comme la somme de deux cosinusoides d'amplitudes inégales. Chercher la condition d'opposition de phase des modulations pour annuler partiellement les franges et calculer le contraste résiduel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intensité totale résultant de la superposition incohérente des deux composantes monochromatiques d'intensités I_1 et I_2, puis faire apparaître la modulation d'amplitude liée au battement spatial.
  2. En déduire le contraste C(\delta) et déterminer ses extrema, en particulier la condition et la valeur du contraste minimal.
  3. Évaluer numériquement la différence de marche \delta_{\min} (ou le déplacement du miroir \Delta z_{\min}) correspondant au premier minimum de contraste pour la raie H_\alpha, et discuter de la faisabilité expérimentale avec le dispositif.
Voir le corrigé complet

Les deux radiations de longueurs d'onde \lambda_1 et \lambda_2 étant mutuellement incohérentes, les intensités s'ajoutent. Pour chaque radiation k \in \{1, 2\}, le signal d'interférence s'écrit, par analogie avec la question Q14 :

I_k(\delta) = 2 I_k \left[1 + \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_k}\right)\right]

L'intensité totale observée vaut donc :

I(\delta) = 2(I_1 + I_2) + 2 I_1 \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_1}\right) + 2 I_2 \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_2}\right)

En posant \phi_0 = \frac{2\pi\delta}{\lambda_0} et \Delta\phi = \frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}, avec \Delta\lambda = |\lambda_2 - \lambda_1| \ll \lambda_0, on a :

\begin{aligned} I_1 \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_1}\right) + I_2 \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_2}\right) &= I_1 \cos(\phi_0 - \Delta\phi) + I_2 \cos(\phi_0 + \Delta\phi) \\ &= (I_1 + I_2)\cos\Delta\phi\,\cos\phi_0 + (I_1 - I_2)\sin\Delta\phi\,\sin\phi_0 \end{aligned}

L'amplitude des oscillations rapides en \phi_0 s'obtient par la somme quadratique des composantes en quadrature :

A(\delta) = \sqrt{(I_1 + I_2)^2 \cos^2\Delta\phi + (I_1 - I_2)^2 \sin^2\Delta\phi}

L'intensité moyenne étant I_{\text{moy}} = 2(I_1 + I_2), le facteur de contraste des franges est :

C(\delta) = \frac{A(\delta)}{I_1 + I_2} = \sqrt{\cos^2\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right) + \left(\frac{I_1 - I_2}{I_1 + I_2}\right)^2 \sin^2\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right)}

Comme I_2 < I_1, le rapport \frac{I_1 - I_2}{I_1 + I_2} est strictement inférieur à 1. Le contraste C(\delta) est donc minimal lorsque le terme en \cos^2 s'annule, soit pour :

\sin^2\left(\frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right) = 1 \iff \frac{\pi\delta\Delta\lambda}{\lambda_0^2} = \frac{\pi}{2} + k\pi \quad (k \in \mathbb{Z})

soit pour les valeurs de différence de marche :

\boxed{\delta = \left(k + \frac{1}{2}\right)\frac{\lambda_0^2}{\Delta\lambda} \quad (k \in \mathbb{Z})}

En ces points, le contraste atteint sa valeur minimale :

\boxed{C_{\min} = \frac{I_1 - I_2}{I_1 + I_2}}

Le brouillage des franges n'est que partiel (C_{\min} > 0) en raison de la dissymétrie des intensités.

Mise en évidence du doublet H_\alpha : Pour la raie H_\alpha, \lambda_0 \simeq 656\text{ nm} \simeq 6{,}6\times 10^{-7}\text{ m} (d'après la question Q13) et \Delta\lambda = 1{,}4\times 10^{-11}\text{ m}. Le premier minimum de contraste (k=0) est obtenu pour :

\delta_{\min} = \frac{\lambda_0^2}{2\Delta\lambda} = \frac{(6{,}56\times 10^{-7})^2}{2\times 1{,}4\times 10^{-11}} \simeq 1{,}5\times 10^{-2}\text{ m} = 15\text{ mm}

Au centre du champ (\theta = 0), la différence de marche est liée au déplacement \Delta z du miroir mobile depuis le contact optique par \delta = 2\Delta z, d'où :

\Delta z_{\min} = \frac{\delta_{\min}}{2} = \frac{\lambda_0^2}{4\Delta\lambda} \simeq 7{,}7\text{ mm}
  • Si l'on se restreint à la course micrométrique utilisée à la question Q13 (\Delta z \simeq 1\text{ mm}), ce premier minimum ne peut pas être atteint (\Delta z_{\min} > 1\text{ mm}).
  • En revanche, une vis micrométrique de chariotage standard sur un interféromètre de Michelson possède usuellement une course de 10 à 25\text{ mm}. Il est donc tout à fait possible de déplacer le miroir de 7{,}7\text{ mm} et ainsi de mettre en évidence ce dédoublement spectral par la méthode du contraste (comme l'a historiquement réalisé Michelson en 1892).

Résultat

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C · Les tubes à hydrogène

Question 17

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : spectre d'émission, élargissement doppler

Quel est le rôle du circuit à circulation d'eau qui entoure le tube central ? Sur le spectre proposé en figure 4, quelle est l'unité de la graduation donnée en abscisse ? Quelle est, à votre avis, l'origine du fond continu (essentiellement dans le proche ultra-violet) marqué en trait pointillé gris ?

Voir l'indice

Relier le refroidissement par eau à la réduction de l'élargissement Doppler thermique des raies. Reconnaître l'ordre de grandeur des graduations d'ondes visibles/UV pour identifier l'unité, et songer aux transitions du continuum de recombinaison pour le fond spectral.

Voir le corrigé complet
  1. Rôle du circuit à circulation d'eau :

    Les décharges électriques à haute tension dissipent une puissance thermique considérable par effet Joule dans le gaz et au niveau des électrodes. Le circuit à circulation d'eau a pour rôle essentiel de refroidir le tube à décharge afin :

    • d'évacuer la chaleur et d'éviter la dégradation ou la rupture thermique du tube en verre ou en quartz ;
    • de maintenir le gaz à une température modérée, ce qui limite l'élargissement Doppler thermique des raies d'émission et préserve leur finesse.
  2. Unité de la graduation en abscisse :

    Sur la figure 4, les raies indiquées correspondent à la série de Balmer de l'hydrogène atomique : la raie H_\beta apparaît un peu en dessous de la graduation 5\,000, la raie H_\gamma vers 4\,340 et la raie H_\delta vers 4\,100. Or, les longueurs d'onde correspondantes valent respectivement \lambda(H_\beta) \simeq 486\text{ nm}, \lambda(H_\gamma) \simeq 434\text{ nm} et \lambda(H_\delta) \simeq 410\text{ nm}.

    Les graduations de l'abscisse (2\,600, 3\,000, 4\,000, 5\,000) correspondent donc à des longueurs d'onde exprimées en ångströms (Å) :

    \boxed{1\text{ \AA} = 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm}}
  3. Origine du fond continu :

    Le tube contient initialement du dihydrogène moléculaire \mathrm{H_2}. Alors que les atomes d'hydrogène isolés \mathrm{H} sont responsables du spectre de raies discrètes, le fond continu observé dans le proche ultraviolet provient du spectre moléculaire de \mathrm{H_2}.

    Il s'explique par des transitions radiatives désexcitant la molécule depuis un état électronique lié excité vers un état électronique répulsif (dissociatif), non quantifié. L'énergie cinétique relative emportée par les deux atomes d'hydrogène après dissociation étant continue, l'énergie du photon émis est continue, ce qui engendre un fond spectral continu.

Résultat

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Question 18

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : spectroscopie, raie d'émission

Quelle propriété du spectre d'émission de la molécule hydroxyle est ici mise à profit ?

Voir l'indice

Considérer le domaine spectral dans lequel la molécule HO émet ses bandes d'émission par rapport à la zone visible des raies de Balmer.

Voir le corrigé complet

Dans le tube à décharge à vapeur d'eau, la dissociation conduit à la formation de radicaux hydroxyles \mathrm{HO} et d'atomes d'hydrogène \mathrm{H} selon :

\mathrm{H_2O} \longrightarrow \mathrm{HO} + \mathrm{H}

La propriété mise à profit est que la molécule hydroxyle \mathrm{HO} n'émet pas de fond continu dans le domaine visible (ses bandes d'émission rovibroniques caractéristiques se situent essentiellement dans le proche ultraviolet, autour de 306\text{--}310\text{ nm}, et dans l'infrarouge).

Le spectre d'émission dans le visible se résume ainsi aux seules raies discrètes d'émission de l'hydrogène atomique (série de Balmer), sans recouvrement par un continuum parasite.

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Question 19

Difficulté estimée 3 sur 4 : Exigeant

Notions : spectre de l'hydrogène, masse réduite

Les raies d'émission du deutérium sont-elles, par rapport à celle de l'hydrogène ordinaire, décalées vers le bleu ou vers le rouge ? De quelle résolution spectrale (en nanomètre) faut-il disposer pour séparer les raies de l'hydrogène et celles du deutérium ? À partir d'une lecture de la courbe de la figure 4, faire l'application numérique dans le cas de la raie .

Voir l'indice

Comparer les masses des noyaux m_N(\text{H}) = m_p et m_N(\text{D}) \simeq 2m_p dans la formule fournie. Différencier l'expression de \lambda pour estimer \Delta\lambda = \lambda_{\text{H}} - \lambda_{\text{D}} pour H_\beta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \lambda en fonction de la masse du noyau m_N pour comparer les longueurs d'onde du deutérium (m_N \simeq 2m_p) et de l'hydrogène (m_N = m_p). En déduire le sens du décalage spectral.
  2. Exprimer l'écart spectral \Delta\lambda = |\lambda_{\text{H}} - \lambda_{\text{D}}| au premier ordre en m_e/m_p, condition minimale sur la résolution de l'appareil.
  3. Relever la longueur d'onde de la raie \text{H}_\beta sur la figure 4 et calculer numériquement \Delta\lambda.
Voir le corrigé complet

La relation fournie par l'énoncé s'écrit :

\lambda = \lambda_\infty \left(1 + \frac{m_e}{m_N}\right)

Le noyau de l'hydrogène est un proton (m_{\text{H}} = m_p), tandis que celui du deutérium comporte un proton et un neutron, soit une masse m_{\text{D}} \simeq 2m_p. Comme m_{\text{D}} > m_{\text{H}}, on a :

\frac{m_e}{m_{\text{D}}} < \frac{m_e}{m_{\text{H}}} \implies \lambda_{\text{D}} < \lambda_{\text{H}}

Une diminution de la longueur d'onde correspond à des fréquences plus élevées :

\text{Les raies du deutérium sont donc décalées vers le \textbf{bleu}.}

Pour séparer les raies de l'hydrogène et du deutérium, la résolution spectrale du spectromètre doit être au moins égale à l'écart en longueur d'onde \Delta\lambda = \lambda_{\text{H}} - \lambda_{\text{D}} :

\begin{aligned} \Delta\lambda &= \lambda_\infty m_e \left(\frac{1}{m_p} - \frac{1}{m_{\text{D}}}\right) \simeq \lambda m_e \left(\frac{1}{m_p} - \frac{1}{2m_p}\right) \\ \Delta\lambda &\simeq \frac{m_e}{2m_p}\lambda \end{aligned}

Sur la figure 4, l'abscisse de la raie \text{H}_\beta se lit à :

\lambda(\text{H}_\beta) \simeq 4860\text{ \AA} = 486\text{ nm}

Avec m_e = 0{,}51\text{ MeV}/c^2 et m_p = 940\text{ MeV}/c^2 :

\begin{aligned} \frac{m_e}{2m_p} &= \frac{0{,}51}{2 \times 940} \simeq 2{,}7 \times 10^{-4} \\ \Delta\lambda &\simeq 2{,}7 \times 10^{-4} \times 486\text{ nm} \simeq 0{,}13\text{ nm} \end{aligned}
\boxed{\Delta\lambda \simeq 0{,}13\text{ nm}}

Il faut donc une résolution spectrale (au sens du critère de séparation) meilleure que \mathbf{0{,}13\text{ nm}} (soit un pouvoir de résolution \frac{\lambda}{\Delta\lambda} \gtrsim 3{,}7 \times 10^3).

Résultat

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Partie IV : L'équation de Klein–Gordon

Question 20

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : état stationnaire, vitesse de phase, vitesse de groupe

L'état associé à cette fonction d'onde est-il stationnaire ? Dans quel sens le mouvement de la particule décrite par cette onde a-t-il lieu ? Exprimer les vitesses de phase et de groupe en fonction de , de et de sa dérivée.

Voir l'indice

Examiner l'indépendance temporelle de la densité de probabilité |\Psi|^2. Identifier le sens de propagation de la phase (Et - px)/\hbar et appliquer les définitions de v_\varphi = \omega/k et v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition d'un état stationnaire en mécanique quantique en examinant la dépendance temporelle de la densité de probabilité de présence.
  2. Identifier la direction et le sens de propagation à partir de la phase de l'onde plane progressive.
  3. Exprimer les pulsations \omega et vecteur d'onde k associés aux grandeurs E et p(E) par les relations de Planck-Einstein et de De Broglie pour en déduire les vitesses de phase et de groupe.
Voir le corrigé complet

1. Caractère stationnaire de l'état

La fonction d'onde s'écrit sous forme à variables d'espace et de temps séparées :

\underline{\Psi}(\vec{r},t) = \underline{\psi}(x) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}Et/\hbar} \quad \text{avec} \quad \underline{\psi}(x) = \underline{\psi}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}p(E)x/\hbar}

La densité de probabilité de présence de la particule vaut :

\rho(x,t) = |\underline{\Psi}(\vec{r},t)|^2 = |\underline{\psi}_0|^2

Cette densité est indépendante du temps t :

\boxed{\text{L'état associé à cette fonction d'onde est stationnaire.}}

2. Sens du mouvement de la particule

La fonction d'onde peut s'écrire sous la forme d'une onde plane monochromatique :

\underline{\Psi}(\vec{r},t) = \underline{\psi}_0 \exp\left[\mathrm{i}\left(\frac{p(E)}{\hbar}x - \frac{E}{\hbar}t\right)\right] = \underline{\psi}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}(kx - \omega t)}

avec une pulsation \omega = \frac{E}{\hbar} > 0 et une composante d'onde k = \frac{p(E)}{\hbar} > 0.

Les plans d'onde d'égale phase vérifient kx - \omega t = \text{cste}, soit :

x(t) = \frac{\omega}{k}t + \text{cste}

Comme \frac{\omega}{k} > 0, l'onde se propage dans le sens des x croissants.

\boxed{\text{Le mouvement de la particule a lieu dans le sens des $x$ croissants (selon }+\vec{e}_x\text{).}}

3. Vitesses de phase et de groupe

À l'aide des relations fondamentales de la mécanique ondulatoire :

\omega(E) = \frac{E}{\hbar} \quad \text{et} \quad k(E) = \frac{p(E)}{\hbar}

la vitesse de phase est donnée par le rapport :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} = \frac{E/\hbar}{p(E)/\hbar}
\boxed{v_\varphi = \frac{E}{p(E)}}

La vitesse de groupe s'obtient en dérivant la pulsation par rapport au nombre d'onde :

v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} = \frac{\frac{\mathrm{d}E}{\hbar}}{\frac{\mathrm{d}p}{\hbar}} = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} = \frac{1}{\dfrac{\mathrm{d}p}{\mathrm{d}E}(E)}

En notant p'(E) = \dfrac{\mathrm{d}p}{\mathrm{d}E}(E) la dérivée de p(E) par rapport à l'énergie E, on obtient :

\boxed{v_g = \frac{1}{p'(E)}}

Résultat

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Question 21

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : équation de schrödinger, vitesse de groupe, limite classique

Exprimer et dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de Schrödinger dans un domaine où est constant. En déduire le caractère relativiste ou non du modèle associé à l'équation de Schrödinger.

Voir l'indice

Injecter la forme d'onde plane dans l'équation de Schrödinger spatio-temporelle avec V constant pour en déduire la relation de dispersion E(p), puis dériver pour trouver la vitesse de groupe.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde plane progressive \underline{\Psi}(x,t) = \underline{\psi}_0 \exp\left[-\frac{\mathrm{i}}{\hbar}(Et - px)\right] dans l'équation de Schrödinger avec un potentiel V constant pour en déduire la relation de dispersion p(E).
  2. Utiliser la définition de la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} = \frac{1}{p'(E)} établie à la question Q20 pour exprimer v_g(E).
  3. Comparer la relation impulsion-énergie ou impulsion-vitesse obtenue aux lois classiques et relativistes pour statuer sur la nature du modèle.
Voir le corrigé complet

L'équation de Schrödinger unidimensionnelle pour un potentiel V uniforme et indépendant du temps s'écrit :

-\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\partial^2 \underline{\Psi}}{\partial x^2} + V\,\underline{\Psi} = \mathrm{i}\hbar \frac{\partial \underline{\Psi}}{\partial t}

En dérivant la forme d'onde proposée :

\begin{aligned} \frac{\partial \underline{\Psi}}{\partial t} &= -\frac{\mathrm{i}E}{\hbar}\,\underline{\Psi} \implies \mathrm{i}\hbar \frac{\partial \underline{\Psi}}{\partial t} = E\,\underline{\Psi} \\ \frac{\partial \underline{\Psi}}{\partial x} &= \frac{\mathrm{i}p}{\hbar}\,\underline{\Psi} \implies \frac{\partial^2 \underline{\Psi}}{\partial x^2} = -\frac{p^2}{\hbar^2}\,\underline{\Psi} \end{aligned}

En réinjectant ces dérivées dans l'équation de Schrödinger, on obtient :

\left(\frac{p^2}{2m} + V\right)\underline{\Psi} = E\,\underline{\Psi}

Comme cette relation doit être vérifiée pour tout (x,t), on en déduit la relation de dispersion (pour E > V) :

E - V = \frac{p^2}{2m} \iff p^2 = 2m(E - V)

Puisque par convention p(E) > 0 :

\boxed{p(E) = \sqrt{2m(E - V)}}

D'après le résultat de la question Q20, la vitesse de groupe s'exprime par v_g = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} = \frac{1}{p'(E)}. En différentiant E(p) = \frac{p^2}{2m} + V par rapport à p :

v_g = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} = \frac{p}{m}

En fonction de E, on obtient donc :

\boxed{v_g(E) = \sqrt{\frac{2(E - V)}{m}}}

Caractère du modèle : La relation obtenue, E - V = E_c = \frac{p^2}{2m}, ainsi que la relation entre vitesse de groupe et impulsion, p = m v_g, correspondent exactement aux relations de la mécanique classique newtonienne (non relativiste). De plus, lorsque l'énergie E tend vers l'infini, la vitesse de groupe v_g diverge et peut dépasser la vitesse de la lumière c dans le vide (v_g > c dès que E - V > \frac{1}{2}mc^2), ce qui viole le principe de relativité restreinte.

L'équation de Schrödinger est donc un modèle non relativiste.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 22

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : équation de schrödinger, vitesse de groupe, relation d'einstein

Répondre aux mêmes questions dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de Klein–Gordon (5).

Voir l'indice

Appliquer l'opérateur de Klein-Gordon à l'onde plane pour trouver la relation liant E, p, m et V, puis calculer v_g = \mathrm{d}E/\mathrm{d}p et comparer à c.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde plane \underline{\Psi}(x,t) = \underline{\psi}_0 \exp\left[-\frac{\mathrm{i}}{\hbar}(Et - px)\right] dans l'équation de Klein–Gordon avec un potentiel V constant pour en déduire la relation de dispersion liant p et E.
  2. Différencier cette relation pour déterminer la vitesse de groupe v_g(E) = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p}.
  3. Analyser l'expression obtenue (notamment pour V=0) et la comparer à la relation du triangle relativiste (1) ainsi qu'à la vitesse de la lumière pour conclure sur le caractère relativiste.
Voir le corrigé complet

Dans un domaine où le potentiel V est uniforme, appliquons les opérateurs différentiels à l'onde proposée :

\begin{aligned} \mathrm{i}\hbar \frac{\partial \underline{\Psi}}{\partial t} &= E \underline{\Psi} \implies \left(\mathrm{i}\hbar \frac{\partial}{\partial t} - V\right)^2 \underline{\Psi} = (E - V)^2 \underline{\Psi} \\ \Delta \underline{\Psi} &= \frac{\partial^2 \underline{\Psi}}{\partial x^2} = \left(\frac{\mathrm{i}}{\hbar}p\right)^2 \underline{\Psi} = -\frac{p^2}{\hbar^2}\underline{\Psi} \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation de Klein–Gordon (5) :

-p^2 c^2 + (E - V)^2 = m^2 c^4 \iff p^2 c^2 = (E - V)^2 - m^2 c^4

Puisque p(E) > 0, il vient, pour (E - V) \ge mc^2 :

\boxed{p(E) = \frac{1}{c}\sqrt{(E - V)^2 - m^2 c^4}}

Pour obtenir la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p}, différentions la relation p^2 c^2 = (E - V)^2 - m^2 c^4 :

2 p c^2\,\mathrm{d}p = 2(E - V)\,\mathrm{d}E \implies v_g = \frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} = \frac{p c^2}{E - V}

En remplaçant p par son expression en fonction de E, on obtient :

\boxed{v_g(E) = c\sqrt{1 - \frac{m^2 c^4}{(E - V)^2}}}

Caractère relativiste du modèle :

  • Pour une particule libre (V = 0), la relation s'écrit E^2 = p^2 c^2 + m^2 c^4, ce qui coïncide rigoureusement avec la relation relativiste d'Einstein (1).
  • De plus, la vitesse de groupe vérifie v_g < c pour toute masse non nulle et tend vers c aux très hautes énergies (E \gg mc^2).

Le modèle associé à l'équation de Klein–Gordon est donc un modèle relativiste.

Résultat

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Question 23

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : effet tunnel, barrière de potentiel, condition de continuité

Quelle est la nature de l'onde dans le domaine ? Quelles relations permettent de calculer et ? On ne demande pas de les exprimer ici ! Quel phénomène physique peut-on mettre ainsi en évidence ? Quelle est l'interprétation physique de ?

Voir l'indice

Vérifier le signe du terme spatial dans l'équation de Schrödinger lorsque E < V_0. Écrire les conditions de continuité de la fonction d'onde et de sa dérivée première aux interfaces de la barrière.

Voir le corrigé complet
  1. Nature de l'onde dans le domaine x \in [0, a] : Dans cette région, le potentiel est constant et vaut V_0 > E. L'équation de Schrödinger indépendante du temps pour la partie spatiale \underline{\psi}(x) s'écrit :

    -\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\mathrm{d}^2\underline{\psi}}{\mathrm{d}x^2} + V_0\,\underline{\psi}(x) = E\,\underline{\psi}(x) \quad\iff\quad \frac{\mathrm{d}^2\underline{\psi}}{\mathrm{d}x^2} = \kappa^2\,\underline{\psi}(x)

    en posant \kappa = \dfrac{\sqrt{2m(V_0 - E)}}{\hbar} \in \mathbb{R}^{+*}.

    La solution générale est de la forme \underline{\psi}(x) = A\mathrm{e}^{-\kappa x} + B\mathrm{e}^{\kappa x}. L'onde est donc évanescente (ou non propagative) dans la barrière.

  2. Relations permettant de déterminer \underline{R} et \underline{T} : Le potentiel V(x) présentant des discontinuités de première espèce en x = 0 et x = a, les relations assurant la détermination des coefficients sont les conditions de continuité de la fonction d'onde spatiale et de sa dérivée première :

    \begin{cases} \underline{\psi}(0^-) = \underline{\psi}(0^+) \quad \text{et} \quad \dfrac{\mathrm{d}\underline{\psi}}{\mathrm{d}x}(0^-) = \dfrac{\mathrm{d}\underline{\psi}}{\mathrm{d}x}(0^+) \\[8pt] \underline{\psi}(a^-) = \underline{\psi}(a^+) \quad \text{et} \quad \dfrac{\mathrm{d}\underline{\psi}}{\mathrm{d}x}(a^-) = \dfrac{\mathrm{d}\underline{\psi}}{\mathrm{d}x}(a^+) \end{cases}

    Ces quatre équations linéaires permettent d'éliminer les constantes d'intégration A et B et d'obtenir les coefficients de réflexion \underline{R} et de transmission \underline{T}.

  3. Phénomène physique mis en évidence : Il s'agit de l'effet tunnel quantique : une particule dont l'énergie totale E est inférieure à la hauteur V_0 de la barrière de potentiel a une probabilité non nulle de traverser cette région classiquement interdite.
  4. Interprétation physique de |\underline{T}|^2 : Le milieu étant identique pour x < 0 et x > a (V = 0, même impulsion p et même vitesse de groupe), le coefficient de transmission énergétique coïncide avec le rapport des densités de courant de probabilité transmise et incidente :

    \boxed{|\underline{T}|^2 = \mathcal{T}}

    |\underline{T}|^2 représente le coefficient de transmission de la barrière, c'est-à-dire la probabilité pour une particule incidente de franchir la barrière par effet tunnel.

Résultat

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Question 24

Difficulté estimée 3 sur 4 : Exigeant

Notions : effet tunnel, équation de schrödinger, barrière de potentiel

Quelle est la nature de l'onde dans le domaine ? On notera qu'en introduisant , on a .

Voir l'indice

Examiner le signe de q^2 dans la barrière compte tenu de la condition sur-critique V_0 - E > mc^2, et déduire le caractère oscillant ou exponentiel des solutions spatiales.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme de l'onde monochromatique stationnaire \underline{\Psi}(x,t) = \underline{\psi}(x)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}Et/\hbar} dans l'équation de Klein–Gordon (5) pour x \in [0, a] où V(x) = V_0.
  2. Exprimer l'équation différentielle spatiale vérifiée par \underline{\psi}(x) et identifier le signe du terme devant \underline{\psi}(x) à l'aide de l'expression de q^2.
  3. Conclure sur la forme des solutions spatiales et la nature physique de l'onde (propagative vs évanescente).
Voir le corrigé complet

Dans le domaine x \in [0, a], le potentiel est constant et vaut V(x) = V_0. Pour une onde monochromatique de pulsation \omega = E/\hbar, la dépendance temporelle est en \mathrm{e}^{-\mathrm{i}Et/\hbar}, de sorte que l'opérateur temporel s'applique selon :

\left(\mathrm{i}\hbar \frac{\partial}{\partial t} - V_0\right) \underline{\Psi}(x,t) = (E - V_0)\,\underline{\Psi}(x,t) = \varepsilon\,\underline{\Psi}(x,t)

avec \varepsilon = E - V_0. L'équation de Klein–Gordon (5) unidimensionnelle devient alors pour \underline{\psi}(x) :

\hbar^2 c^2 \frac{\mathrm{d}^2 \underline{\psi}}{\mathrm{d}x^2} + \varepsilon^2 \underline{\psi}(x) = m^2 c^4 \underline{\psi}(x)

soit, en regroupant les termes :

\frac{\mathrm{d}^2 \underline{\psi}}{\mathrm{d}x^2} + \frac{q^2}{\hbar^2}\,\underline{\psi}(x) = 0 \quad \text{avec} \quad q^2 = \frac{\varepsilon^2 - m^2 c^4}{c^2} = \frac{(\varepsilon - mc^2)(\varepsilon + mc^2)}{c^2}

L'énoncé précise que la barrière est très haute : V_0 - E > mc^2, ce qui équivaut à :

\varepsilon = E - V_0 < -mc^2

Les deux facteurs (\varepsilon - mc^2) et (\varepsilon + mc^2) sont donc tous deux strictement négatifs, ce qui assure :

q^2 > 0

Par conséquent, q = \sqrt{q^2} et le vecteur d'onde k = q/\hbar sont des grandeurs purement réelles. La solution spatiale s'écrit comme combinaison linéaire d'exponentielles imaginaires pures :

\underline{\psi}(x) = \underline{A}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}\frac{q}{\hbar}x} + \underline{B}\,\mathrm{e}^{-\mathrm{i}\frac{q}{\hbar}x}

L'onde totale \underline{\Psi}(x,t) dans la région x \in [0, a] est donc la superposition de deux ondes planes progressives se propageant en sens inverses :

\boxed{\text{Dans le domaine } x \in [0, a]\text{, l'onde est de nature \textbf{propagative} (ou oscillante, non évanescente).}}

Résultat

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Question 25

Difficulté estimée 3 sur 4 : Exigeant

Notions : effet tunnel, quantification de l'énergie

Déterminer la valeur maximale de . Commenter.

Voir l'indice

Étudier l'expression de |\underline{T}|^2 en fonction de la phase \varphi = qa/\hbar. Trouver les valeurs de \varphi annulant le terme en \sin\varphi et comparer à la résonance de Fabry-Pérot.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le dénominateur de |\underline{T}|^2 en fonction de \sin^2\varphi et étudier ses extrema.
  2. En déduire la valeur maximale de |\underline{T}|^2 et les conditions sur l'épaisseur a de la barrière pour l'atteindre.
  3. Commenter le résultat en le confrontant au comportement non relativiste (effet tunnel sous barrière) et en reliant ce comportement surprenant au paradoxe de Klein.
Voir le corrigé complet

D'après l'expression fournie par l'énoncé, le module au carré du coefficient de transmission s'écrit :

\begin{aligned} |\underline{T}|^2 &= \frac{1}{|\cos\varphi - \mathrm{i}\alpha\sin\varphi|^2} \\ &= \frac{1}{\cos^2\varphi + \alpha^2 \sin^2\varphi} \end{aligned}

En utilisant la relation trigonométrique \cos^2\varphi = 1 - \sin^2\varphi, il vient :

|\underline{T}|^2 = \frac{1}{1 + (\alpha^2 - 1)\sin^2\varphi}

Par ailleurs, le facteur \alpha vérifie :

\alpha = \frac{1}{2}\left(\frac{p}{q} + \frac{q}{p}\right) \geqslant 1

avec égalité si et seulement si p = q. Par conséquent, \alpha^2 - 1 \geqslant 0.

La fonction f(\varphi) = 1 + (\alpha^2 - 1)\sin^2\varphi atteint sa valeur minimale, égale à 1, lorsque \sin\varphi = 0, c'est-à-dire pour :

\varphi = \frac{qa}{\hbar} = n\pi \quad (n \in \mathbb{N}^*)

On en déduit immédiatement la valeur maximale :

\boxed{|\underline{T}|^2_{\max} = 1}

Commentaires :

  • Transparence totale et résonance : Pour certaines épaisseurs de la barrière telles que a = n\frac{\pi\hbar}{q} = n\frac{\lambda_q}{2} (où \lambda_q = 2\pi\hbar/q est la longueur d'onde de de Broglie dans la barrière), la barrière de potentiel devient totalement transparente (|\underline{T}|^2 = 1). C'est un phénomène analogue aux résonances de transmission d'un interféromètre de Fabry-Pérot ou à l'effet Ramsauer-Townsend.
  • Rupture avec la mécanique classique et l'effet tunnel non relativiste : En mécanique classique, la réflexion est totale (T = 0) dès que E < V_0. En mécanique quantique non relativiste (équation de Schrödinger, cf. question Q23), la particule subit une onde évanescente dans la barrière et le facteur de transmission décroît exponentiellement vers zéro avec l'épaisseur a (|\underline{T}|^2 \propto \mathrm{e}^{-2\kappa a}). Ici, dans le cadre relativiste de Klein–Gordon avec V_0 - E > mc^2, le facteur de transmission ne s'éteint jamais à l'infini : il oscille périodiquement entre |\underline{T}|^2_{\min} = 1/\alpha^2 > 0 et |\underline{T}|^2_{\max} = 1.
  • Le paradoxe de Klein : Ce résultat contre-intuitif constitue une illustration du paradoxe de Klein. En théorie quantique des champs relativiste, un champ potentiel électrostatique aussi intense (V_0 - E > mc^2, ou plus rigoureusement V_0 - E > 2mc^2) est capable d'arracher des paires particule-antiparticule au vide à l'interface ; les antiparticules se propagent dans la région de potentiel élevé en transportant le courant, expliquant ainsi la persistance d'une transmission macroscopique sans atténuation spatiale.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.