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Mines Physique 1 MP 2025Sujet, corrigé et rapport du jury

Impulsion mécanique et mesures optiques

3,5(2 votes)
Faisable en Sup

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 8 questions sur 25, parties I et II en entier. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PTSI 4 · MP2I 7 · TSI1 5 questions.

Détail par partie
  • Partie I : Impulsion de particules élémentaires5/5Faisable
  • Partie II : Le spectre d'émission des atomes d'hydrogène3/3Faisable
  • Partie III : Mesures interférométriques de longueurs d'onde0/112e année
  • Partie IV : L'équation de Klein–Gordon0/62e année

Téléchargements

Présentation du sujet

Impulsion mécanique et mesures optiques : du photon relativiste au spectre de l'hydrogène et à l'équation de Klein-Gordon
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Le sujet part de la relation relativiste entre énergie et impulsion d'une particule pour étudier le photon émis par un atome d'hydrogène, puis la mesure de ses raies spectrales par interférométrie de Michelson, avant de comparer les équations de Schrödinger et de Klein-Gordon. Le rapport indique que les quatre parties, bien que liées, pouvaient être traitées de façon indépendante. La dernière partie conduit à étudier l'effet tunnel et la possibilité d'une transmission totale dans le cas relativiste.

  1. 1Partie I : impulsion de particules élémentairesRelation entre énergie, impulsion et vitesse en mécanique relativiste, limite classique et cas du photon.
  2. 2Partie II : le spectre d'émission des atomes d'hydrogèneBilan d'énergie et d'impulsion lors de l'émission d'un photon par un atome, quantification des niveaux d'énergie.
  3. 3Partie III : mesures interférométriques de longueurs d'ondeÉtude de l'interféromètre de Michelson, du facteur de contraste et de la cohérence spectrale de sources bichromatiques pour mesurer les raies de l'hydrogène.
  4. 4Partie IV : l'équation de Klein-GordonComparaison des équations de Schrödinger et de Klein-Gordon comme équations d'ondes, vitesses de phase et de groupe, effet tunnel relativiste.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 11,66 / 20 · écart-type 4,03 · 5 346 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
11,66/ 20
Écart-type
4,03
Présents
5 346
Coefficient
3
Durée
3 h
1er quartile
8,9
Médiane
11,7
3e quartile
14,5
moyenne 11,6605101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 23 avril 2025. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Homogénéité des équations non vérifiée · Expression non simplifiée · Bilans d'énergie et d'impulsion non posés
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Le jury déplore qu'une trop grande proportion de candidats ne maîtrise pas les connaissances de cours, notamment sur l'interféromètre de Michelson et sur la distinction entre état stationnaire et onde stationnaire. Il insiste sur la nécessité de vérifier l'homogénéité des équations, un point malmené même sur des grandeurs dimensionnellement simples, en particulier aux questions 1 à 4 et 20 à 22.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Homogénéité des équations non vérifiéeQ1 à Q4, Q20 à Q22

    Le sujet manipulait des grandeurs dimensionnellement simples (vitesses, énergies, impulsions), pourtant malmenées trop régulièrement, en particulier aux questions 1 à 4 et 20 à 22.

  2. 2
    Expression non simplifiéeQ4

    À la question 4, l'immense majorité des copies n'a pas cherché à simplifier au maximum une expression algébrique et a laissé une somme simplifiable comme résultat.

  3. 3
    Bilans d'énergie et d'impulsion non posésQ6

    À la question 6, un très petit nombre de copies a réussi à écrire un bilan d'énergie et un bilan d'impulsion ; beaucoup ont cherché à manipuler les équations de la partie I pour retrouver l'expression attendue.

    « un grand nombre de copies a cherché à manipuler les équations de la partie I pour singer l’expression »
  4. 4
    Différence d'énergie confondue avec un niveau d'énergieQ8

    À la question 8, l'idée que la longueur d'onde du photon émis est associée à une différence d'énergie, et non à un niveau d'énergie seul, a très souvent manqué.

  5. 5
    État stationnaire confondu avec onde stationnaireQ20

    À la question 20, de nombreuses copies affirmaient qu'il s'agissait d'une onde stationnaire tout en écrivant ensuite que l'onde se déplaçait.

  6. 6
    Justifications physiques incorrectesQ21, Q22

    Aux questions 21 et 22, le jury a relevé des justifications du caractère relativiste résumées à une comparaison de la vitesse de groupe à c sans réel raisonnement.

    « vg >c, donc l’équation est relativiste »

Ce qui a été bien réussi

  • Les questions 1, 2 et 3, sur les unités et la relation impulsion-vitesse, ont été bien traitées dans l'ensemble.
  • Les questions 5, 10 et 14 ont été globalement bien traitées.
  • L'existence d'une onde évanescente à la question 23 est bien connue des candidats.

Conseils du jury

  • Toujours vérifier l'homogénéité des équations obtenues, y compris pour des grandeurs dimensionnellement simples.
  • Bien lire l'énoncé : répondre exactement à la grandeur demandée (par exemple E et non E2), et donner une relation vectorielle si elle est demandée.
  • Systématiquement fournir un schéma lorsqu'il est demandé, son absence étant sanctionnée.
  • Rédiger chaque réponse par une phrase complète justifiant le raisonnement, et non une simple suite de formules ou un « oui »/« non ».

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

25 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
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25 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Quel est, à votre avis, la nature du « triangle relativiste » évoqué par la relation (1) ? Représenter…
  2. Q2On appelle énergie de repos d'une particule la valeur de l'énergie de celle-ci lorsque son impulsion est…
  3. Q3On s'intéresse d'abord aux particules vérifiant la relation (1) dans le cas de la limite classique, lorsque…
  4. Q4En déduire l'expression générale de l'énergie totale d'une particule de masse.
  5. Q5Un photon est une particule associée à une onde électromagnétique dans le vide et dont la vitesse est donc…
  6. Q6On admet que l'énergie totale du système après émission est identique à celle de l'atome au repos avant…
  7. Q7Dans le cas de l'atome d'hydrogène, est de l'ordre de quelques électrons-volts. En déduire qu'on peut…
  8. Q8Lorsque l'état final est, montrer qu'il existe une telle que et donner une estimation de. Quel est le…
Voir les 17 autres questions
  1. Q9L'interféromètre comporte deux lames de verre et, parallèles, de même épaisseur et de même indice optique…
  2. Q10Après réglage des vis et les miroirs fixe et mobile sont rendus rigoureusement perpendiculaires; l'axe…
  3. Q11Tout en observant les franges, l'observateur peut actionner la vis micrométrique et déplacer le miroir…
  4. Q12Exprimer, au moyen d'un schéma approprié, la différence de marche observée à l'infini dans une direction…
  5. Q13Dans le cas d'une des raies de l'hydrogène atomique, on observe le défilement de franges pour un décalage…
  6. Q14Dans le cas où la source est rigoureusement monochromatique, de longueur d'onde, exprimer l'intensité en…
  7. Q15Pour certaines sources bichromatiques les deux radiations émises sont de même intensité; c'est le cas des…
  8. Q16D'autres sources, comme celles émettant la raie de l'hydrogène, peuvent être écrites comme bichromatiques…
  9. Q17Quel est le rôle du circuit à circulation d'eau qui entoure le tube central ? Sur le spectre proposé en…
  10. Q18Quelle propriété du spectre d'émission de la molécule hydroxyle est ici mise à profit ?
  11. Q19Les raies d'émission du deutérium sont-elles, par rapport à celle de l'hydrogène ordinaire, décalées vers le…
  12. Q20L'état associé à cette fonction d'onde est-il stationnaire ? Dans quel sens le mouvement de la particule…
  13. Q21Exprimer et dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de Schrödinger dans un domaine où est constant…
  14. Q22Répondre aux mêmes questions dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de Klein–Gordon (5).
  15. Q23Quelle est la nature de l'onde dans le domaine ? Quelles relations permettent de calculer et ? On ne demande…
  16. Q24Quelle est la nature de l'onde dans le domaine ? On notera qu'en introduisant, on a.
  17. Q25Déterminer la valeur maximale de. Commenter.

Description

Le sujet part de la relation relativiste entre énergie et impulsion d'une particule pour étudier le photon émis par un atome d'hydrogène, puis la mesure de ses raies spectrales par interférométrie de Michelson, avant de comparer les équations de Schrödinger et de Klein-Gordon. Le rapport indique que les quatre parties, bien que liées, pouvaient être traitées de façon indépendante. La dernière partie conduit à étudier l'effet tunnel et la possibilité d'une transmission totale dans le cas relativiste.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ÉCOLE NATIONALE DES PONTS et CHAUSSÉES, ISAE-SUPAERO, ENSTA PARIS, TÉLÉCOM PARIS, MINES PARIS, MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY, IMT ATLANTIQUE, ENSAE PARIS, CHIMIE PARISTECH - PSL.

Concours Mines-Télécom, Concours Centrale-Supélec (Cycle International).

CONCOURS 2025

PREMIÈRE ÉPREUVE DE PHYSIQUE

Durée de l'épreuve : 3 heures
L'usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :

PHYSIQUE I - MP

L'énoncé de cette épreuve comporte 7 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

Impulsion mécanique et mesures optiques

Le sujet comporte quatre parties I, II, III et IV qui, bien que liées les unes aux autres, peuvent être abordées de manière totalement indépendante sous réserve d'admettre éventuellement les résultats affirmés par l'énoncé. Dans les questions posées, exprimer signifie donner une expression littérale et calculer signifie donner une valeur numérique; toutes les applications numériques seront réalisées avec seulement deux chiffres significatifs. Les vecteurs seront surmontés d'une flèche, p⃗ ou v⃗. Les grandeurs complexes seront soulignées, Ψ_– ou z_–, sauf i , tel que i^2 = − 1.
Dans le langage général, le sens usuel du mot impulsion désigne l'élan initial qu'on peut donner à une particule élémentaire ou à un projectile macroscopique qui poursuit ensuite son mouvement. Le même mot a un sens plus spécifique en physique ; l'impulsion, d'abord définie en mécanique classique comme la quantité de mouvement dans de très nombreux cas, se retrouve en mécanique quantique comme en mécanique relativiste avec un sens étendu.
Nous admettrons dans tout ce qui suit que l'impulsion p⃗ d'une particule ponctuelle libre (non engagée dans une liaison), de masse m et d'énergie E est, dans le cadre général de la théorie d'Einstein (1905), donnée par la relation dite du triangle relativiste :
E^2 = p^2 c^2 + m^2 c^4
où p = ‖p⃗‖ et c = 3, 0 × 10^8 m ⋅ s^(− 1) est la célérité de la lumière dans le vide; par ailleurs, cette même impulsion p⃗ est, dans la description ondulatoire des particules, associée à la longueur d'onde λ de l'onde associée à la particule par la relation de De Broglie (1924) :
λ = h/p
où h = 6, 6 × 10^(− 34) J ⋅ Hz^(− 1) est la constante de Planck (19oo).

I Impulsion de particules élémentaires

    1. Quel est, à votre avis, la nature du «triangle relativiste» évoqué par la relation (1)?
Représenter celui-ci.
Quelle est l'unité usuelle, dans le système international, de l'impulsion p ? du produit pc ?
L'énergie des systèmes macroscopiques s'exprime usuellement en joule (J) ou en kilowatt-heure ( 1 kW ⋅ h = 3, 6MJ ). Dans toute la suite de la partie I, l'énergie des particules élémentaires sera donnée en MeV (méga-électron volt) où 1MeV = 10^6 eV et 1eV = 1, 6 × 10^(− 19) J. Les masses des particules seront données en MeV/c^2 et leurs impulsions en MeV/c. Par exemple la masse de l'électron vaut m_e = 0, 51MeV/c^2 et celle du proton vaut m_p = 940MeV/c^2 (ou, si on préfère, m_e c^2 = 0, 51MeV et m_p c^2 = 940MeV ).
    1. On appelle énergie de repos d'une particule la valeur E_0 de l'énergie de celle-ci lorsque son impulsion est nulle. Exprimer E_0 pour un proton et calculer sa valeur numérique.
      Pour une particule en mouvement, le supplément d'énergie E_c = E − E_0 porte le nom d'énergie cinétique.
    1. On s'intéresse d'abord aux particules vérifiant la relation (1) dans le cas de la limite classique, lorsque E_c≪E_0. En vous limitant au premier ordre non nul, donner dans ce cas une expression de E_c en fonction de l'impulsion p et de la masse m de la particule. Quelle est alors la relation entre l'impulsion p⃗ et la vitesse v⃗ d'une particule?
      Quelle vitesse maximale peut-on donner à un proton pour rester dans la limite classique telle que E_c/E_0 < 1% ? Même question pour un électron.
Si on ne se limite pas aux faibles vitesses, on peut montrer, et on l'admettra, la relation générale entre la masse m, la vitesse v⃗ de norme v = ‖v⃗‖, l'impulsion p⃗ de la particule et la célérité c de la lumière :
p⃗ = (mv⃗)/(√(1 − v^2/c^2))
    1. En déduire l'expression générale de l'énergie totale E = f(E_0, v, c) d'une particule de masse m.
    1. Un photon est une particule associée à une onde électromagnétique dans le vide et dont la vitesse est donc égale à c. Que peut-on en déduire, pour sa masse, de la relation E = f(E_0, v, c) établie à la question précédente?
      Déduire de (2) l'expression de l'énergie E d'un photon en fonction de la longueur d'onde λ puis de la fréquence ν de l'onde. Faire l'application numérique dans les cas des ondes lumineuses des domaines bleu ( λ ∼ 400 nm ) puis rouge ( λ ∼ 600 nm ). On pourra exploiter le fait que hc ≃ 1, 2eV × μm et on exprimera E en eV.

II Le spectre d'émission des atomes d'hydrogène

On s'intéresse ici à l'émission d'un photon, d'énergie E et d'impulsion p = E/c, par un atome initialement au repos, de masse m. Au cours de cette émission, l'atome passe de l'énergie initiale E_i à l'énergie finale E_f = E_i − ΔE < E_i et il recule avec, dans le cadre d'une description classique, l'impulsion mv⃗ et l'énergie cinétique 1/2mv^2 (figure 1) de sorte que l'impulsion totale du système complet reste nulle après l'émission, comme elle l'était avant émission. La direction de l'impulsion p⃗ du photon est donc opposée à la vitesse v⃗ de l'atome qui recule.
Figure 1 - Émission d'un photon par un atome au repos
    1. On admet que l'énergie totale du système après émission est identique à celle de l'atome au repos avant l'émission. En déduire la relation E = mc^2(√(1 + 2η) − 1) et exprimer η en fonction de ΔE, m et c.
    1. Dans le cas de l'atome d'hydrogène, ΔE est de l'ordre de quelques électrons-volts. En déduire qu'on peut négliger l'énergie de recul de l'atome et conclure quant à la relation entre ΔE = E_i − E_f et l'énergie E du photon émis.
      La résolution de l'équation de Schrödinger (1922) dans le cas de l'atome d'hydrogène montre que les valeurs de l'énergie E_n de l'atome sont quantifiées en fonction du nombre quantique principal n ∈ ℕ^∗ et de la grandeur H = 27, 2eV selon la relation : E_n = − H/(2n^2). Cette expression est confirmée par l'étude des ondes lumineuses, de longueur d'onde λ, émises par un ensemble d'atomes d'hydrogène qui rayonnent par désexcitation depuis un état initial quantifié par n_i vers l'état final quantifié par n_f < n_i.
      ◻ − 8. Lorsque l'état final est n_f = 1, montrer qu'il existe une λ_(max) telle que λ ⩽ λ_(max) et donner une estimation de λ_(max). Quel est le domaine spectral correspondant à ces raies d'émission? Lorsque l'état final est n_f > 2, montrer qu'il existe une λ_(min) que l'on estimera, telle que λ ⩾ λ_(min). Quel est le domaine spectral correspondant à ces raies d'émission?
      Les raies d'émission de l'hydrogène dans le domaine visible (les raies de Balmer) ont été étudiées à partir de 1853 par Å NGSTR ∅ M ; à quelles valeurs de n_f correspondent-elles?
C'est la connaissance précise de ce spectre qui a permis l'étude de la quantification de l'énergie des atomes donc l'introduction de la mécanique quantique au début de XX ^e siècle. Cette connaissance a été par la suite améliorée au moyen de la spectrométrie interférentielle.

III Mesures interférométriques de longueurs d'onde

En 1907, Michelson est le premier américain à recevoir le prix Nobel de physique pour ses instruments optiques de précision et les mesures spectroscopiques et métrologiques réalisées au moyen de ceux-ci. En particulier, il publiera en 1892 des mesures relatives aux spectres d'émission de plusieurs sources, obtenues par spectroscopie interférentielle, et notamment pour les raies H_α (rouge) et H_β (bleue) d'émission par les atomes d'hydrogène.

III.A L'interféromètre de Michelson

Le schéma du montage utilisé par Michelson est proposé figure 2. Le dispositif monochromateur, formé d'un prisme de verre dispersif et d'une fente étroite, éclaire l'appareil en sélectionnant une raie quasi-monochromatique de longueur d'onde λ_0, appartenant au domaine visible. L'observation est réalisée au moyen d'un oculaire afocal, réglé à l'infini : il donne d'un objet situé à grande distance une image également à grande distance, mais agrandie.
Figure 2 - Dispositif de mesure en spectroscopie interférentielle
    1. L'interféromètre comporte deux lames de verre L_1 et L_2, parallèles, de même épaisseur e et de même indice optique n, inclinées d'un angle π/4 relativement à l'axe ( O, e⃗_x ) normal au miroir fixe. La lame L_1 est munie d'une couche semi-réfléchissante sur une seule de ses faces; laquelle? Justifier, en vous appuyant sur un schéma.
    1. Après réglage des vis V_1 et V_2 les miroirs fixe et mobile sont rendus rigoureusement perpendiculaires ; l'axe optique ( O, e⃗_z ) de l'oculaire est alors confondu avec la normale au miroir mobile et l'opérateur observe, au moyen de cet oculaire réglé à l'infini, des franges d'interférence. Quelle est la forme de ces franges?
      Peut-on encore les observer si l'oculaire est déréglé?
    1. Tout en observant les franges, l'observateur peut actionner la vis micrométrique et déplacer le miroir mobile dans le plan (O, e⃗_x, e⃗_y), le long de l'axe ( O, e⃗_z ). Relier le nombre ΔN de franges sombres qui défilent au centre du champ et le décalage Δz du miroir mobile.
    1. Exprimer, au moyen d'un schéma approprié, la différence de marche observée à l'infini dans une direction donnée, en fonction de l'écart séparant les deux miroirs.
      Le déplacement maximal de la vis micrométrique à partir du contact optique est noté Δz_(max). Déterminer, après ce déplacement, l'angle Δθ qui sépare le centre de la figure de la première frange de même nature.
    1. Dans le cas d'une des raies de l'hydrogène atomique, on observe le défilement de N = 3156 franges pour un décalage Δz = 1035 ± 2μ m. S'agit-il de la raie H_α ou H_β ?
      Avec quelle précision relative mesure-t-on sa longueur d'onde λ_0 ?
      Que vaut alors Δθ ? Commenter.

III.B Cohérence spectrale d'une source

Une source de lumière éclaire avec la même intensité I_0 les deux voies d'un interféromètre; l'observation est réalisée en un point où la différence de marche est δ.
◻ − 14. Dans le cas où la source est rigoureusement monochromatique, de longueur d'onde λ_0, exprimer l'intensité I(δ) en fonction de I_0, λ_0 et δ. Définir et calculer le facteur de contraste C des franges.
Certaines sources lumineuses sont en fait bichromatiques : elles émettent deux radiations de longueurs d'onde très proches λ_1 et λ_2 et on pose alors λ_0 = 1/2(λ_1 + λ_2) et Δλ = |λ_2 − λ_1| en admettant toujours Δλ≪λ_0.
    1. Pour certaines sources bichromatiques les deux radiations émises sont de même intensité; c'est le cas des lampes à vapeur de sodium, étudiées notamment par Michelson dans les conditions décrites en III.A. Expliciter l'intensité I observée en fonction de I_0, de la différence de marche δ, de λ_0 et de Δλ.
      Exprimer le facteur de contraste C des franges et montrer comment il permet la mesure de λ_0/Δλ.
    1. D'autres sources, comme celles émettant la raie H_α de l'hydrogène, peuvent être écrites comme bichromatiques mais les intensités I_1 et I_2 < I_1 émises aux longueurs d'onde λ_1 et λ_2 sont différentes. Pour quelle(s) valeur(s) de δ le facteur de contraste des franges est-il minimal? Quelle est cette valeur minimale?
      Dans le cas de la raie double H_α, l'écart Δλ est de l'ordre de 1, 4 × 10^(− 11) m. Est-il possible de le mettre en évidence avec le montage proposé ci-dessus?

III.C Les tubes à hydrogène

Pour l'étude du spectre d'émission de l'atome d'hydrogène, une première technique ^1, initiée dans les années 1930, a consisté à utiliser un tube AB contenant de l'hydrogène moléculaire (dihydrogène, formule H_2 ) sous faible pression ( 150 mbar ) soumis à des décharges électriques de
haute tension entre deux électrodes E_1 et E_2; l'observation se fait au travers d'une fenêtre de quartz F (cf. figure 3). Le spectre d'émission obtenu présente la superposition d'un fond quasicontinu et de raies bien identifiées, comme le montre la figure 4 tirée de l'article présentant la technique originelle.
Figure 3 - Illustration du dispositif : reproduction de la figure 1 de l'article originel
◻ − 17. Quel est le rôle du circuit à circulation d'eau qui entoure le tube central?
Sur le spectre proposé en figure 4, quelle est l'unité de la graduation donnée en abscisse? Quelle est, à votre avis, l'origine du fond continu (essentiellement dans le proche ultraviolet) marqué en trait pointillé gris?
Figure 4 - Spectre d'émission du tube à hydrogène en échelle logarithmique
On préfère actuellement utiliser des lampes à décharge d'une constitution différente : il s'agit de tubes à décharge remplis de vapeur d'eau permettant l'obtention d'un spectre atomique sans bande continue. En présence des décharges à haute tension, ce type de lampe est le siège des réactions H_2 O = HO + H.
    1. Quelle propriété du spectre d'émission de la molécule hydroxyle HO est ici mise à profit?
Ces lampes contiennent une certaine proportion d'eau lourde, molécules HDO dans laquelle un des deux atomes d'hydrogène _1^1 H est remplacé par un atome de deutérium _1^2 D, dont le noyau est formé d'un proton et d'un neutron. Si on tient compte de la masse m_N du noyau atomique, on peut montrer que la longueur d'onde d'émission d'une des raies spectrales de l'hydrogène atomique vérifie la relation :
λ = λ_∞(m_e + m_N)/(m_N)
où m_e est la masse de l'électron et λ_∞ la longueur d'onde idéale si m_N → ∞.
    1. Les raies d'émission du deutérium sont-elles, par rapport à celle de l'hydrogène ordinaire, décalées vers le bleu ou vers le rouge?
      De quelle résolution spectrale (en nanomètre) faut-il disposer pour séparer les raies de l'hydrogène et celles du deutérium ?
      À partir d'une lecture de la courbe de la figure 4, faire l'application numérique dans le cas de la raie H_β.

IV L'équation de Klein-Gordon

Lors du développement de la mécanique quantique (ou mécanique ondulatoire), l'onde de matière Ψ_–(r⃗, t) a d'abord été considérée comme solution de l'équation de Schrödinger (4) :
− (ℏ^2)/(2m)ΔΨ_– + V(r⃗)Ψ_–(r⃗, t) = iℏ(∂Ψ_–)/(∂t) où ℏ = h/(2π) et i^2 = − 1
pour une particule de masse m repérée par sa positon r⃗ et soumise à l'interaction décrite par la fonction potentiel scalaire V(r⃗). En 1926, Klein et Gordon en ont proposé une version modifiée qu'on écrira :
ℏ^2 c^2 ΔΨ_– + (iℏ∂/(∂t) − V(r⃗))^2 Ψ_–(r⃗, t) = m^2 c^4 Ψ_–(r⃗, t)
Dans la suite on s'intéressera exclusivement aux solutions de l'une ou l'autre équation, de la forme :
Ψ_–(r⃗, t) = ψ_–_0 exp[ − i/ℏ(Et − p(E)x)]
où ψ_0 est une certaine constante complexe, x est l'une des coordonnées cartésiennes de r⃗, E > 0 est l'énergie de la particule et p(E) > 0 son impulsion.
    1. L'état associé à cette fonction d'onde est-il stationnaire?
Dans quel sens le mouvement de la particule décrite par cette onde a-t-il lieu?
Exprimer les vitesses de phase v_φ et de groupe v_g en fonction de E, de p(E) et de sa dérivée.
    1. Exprimer p(E) et v_g(E) dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de Schrödinger dans un domaine où V est constant. En déduire le caractère relativiste ou non du modèle associé à l'équation de Schrödinger.
    1. Répondre aux mêmes questions dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de KleinGordon (5).
On s'intéresse enfin à la résolution du problème physique suivant : la particule étudiée est libre ( V = 0 ) pour x < 0 et x > a et pourvue d'une énergie E, tandis que, dans l'intervalle x ∈ [0, a], elle est soumise à une interaction caractérisée par V = V_0 > E (figure 5) et même V_0 − E > mc^2. Les solutions de l'équation (de Schrödinger ou de Klein-Gordon) seront donc écrites, pour x < 0 et x > a, sous les formes respectives :
Ψ_–(x < 0, t) =, ψ_–_0 exp[ − i/ℏ(Et − px)] + R_–ψ_–_0 exp[ − i/ℏ(Et + px)]; Ψ_–(x > a, t) = T_–ψ_–_0 exp[ − i/ℏ(Et − px)]
où T_– et R_– sont deux constantes complexes.
Figure 5 - Barrière de potentiel
On se place d'abord dans le cas de l'équation de Schrödinger.
    1. Quelle est la nature de l'onde dans le domaine x ∈ [0, a] ?
Quelles relations permettent de calculer R_– et T_– ? On ne demande pas de les exprimer ici!
Quel phénomène physique peut-on mettre ainsi en évidence?
Quelle est l'interprétation physique de |T_–|^2 ?
On se place maintenant dans le cas de l'équation de Klein-Gordon.
    1. Quelle est la nature de l'onde dans le domaine x ∈ [0, a] ? On notera qu'en introduisant ε = E − V_0, on a q^2 = ((ε − mc^2)(ε + mc^2))/(c^2) > 0.
      Les mêmes relations que dans l'étude de la barrière de potentiel dans le cadre de l'équation de Schrödinger conduisent, pour l'onde de Klein-Gordon, à la relation (que l'on admettra) :
|T_–|^2 = 1/(|cosφ − iαsinφ|^2) avec α = 1/2(p/q + q/p) et φ = (qa)/ℏ
    1. Déterminer la valeur maximale de |T_–|^2. Commenter.

FIN DE L'ÉPREUVE


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    1. D. Chalonge et Ny Tsi Zé, J. Phys. Radium, 1930

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de physique 1 Mines-Ponts MP 2025 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de physique 1 Mines-Ponts MP 2025 ?

Il porte sur la relativité restreinte (énergie, impulsion), le spectre d'émission de l'atome d'hydrogène, l'interférométrie de Michelson et la comparaison des équations de Schrödinger et de Klein-Gordon.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet Mines-Ponts physique 1 MP 2025 ?

Le jury signale surtout des défauts d'homogénéité dans les équations, une confusion entre état stationnaire et onde stationnaire, et des bilans d'énergie et d'impulsion mal posés dans la partie sur le spectre de l'hydrogène.

Les quatre parties du sujet de physique 1 Mines-Ponts MP 2025 sont-elles indépendantes ?

Oui, le sujet précise que les quatre parties, bien que liées entre elles, peuvent être abordées de manière totalement indépendante en admettant éventuellement les résultats affirmés par l'énoncé.

Faut-il bien maîtriser le cours sur l'interféromètre de Michelson pour ce sujet ?

Oui, le rapport indique qu'une trop grande proportion de candidats ne maîtrisait pas les connaissances de cours sur ce dispositif, notamment le tracé des rayons et le calcul du rayon des anneaux.

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