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Mines Physique 2 MP 2025Sujet, corrigé et rapport du jury

Mesure et caractérisation du champ de pesanteur

5,0(3 votes)

Faisable en sup ?

Faisable en partie en MPSI : 6 questions sur 23. Autres questions faisables en MPSI

Autres premières années : PTSI 5 · MP2I 5 · TSI1 5 · BCPST1 5 questions.

Détail par partie

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Présentation du sujet

Accessible
Mesure et caractérisation du champ de pesanteur : variations gravitationnelles de g et gravimètre à atomes froids
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Le sujet, intitulé « Mesure et caractérisation du champ de pesanteur », comporte deux parties totalement indépendantes. La première étudie le champ de pesanteur terrestre en référentiel géocentrique et ses variations temporelles dues à la Lune et au Soleil, à l'aide du théorème de Gauss gravitationnel et des lois de Newton en référentiel non galiléen. La seconde porte sur la chute quantique de paquets d'ondes d'atomes froids dans le champ de pesanteur, avec la résolution de l'équation de Schrödinger par séparation des variables et le calcul d'un déphasage exploité pour mesurer g.

  1. 1Partie I : mesure de la variation temporelle de gÉtude du champ de pesanteur en référentiel géocentrique non galiléen et de ses variations dues à l'influence gravitationnelle de la Lune et du Soleil.
  2. 2Partie II : gravimètre à atomes froidsÉtude classique puis quantique de la chute de paquets d'ondes d'atomes de rubidium, résolution de l'équation de Schrödinger par séparation des variables et calcul du déphasage entre deux paquets pour mesurer g.

Accessible. Le rapport indique que le problème était de longueur raisonnable et que plusieurs candidats l'ont traité quasiment en totalité, même si certains calculs, notamment les développements limités, ont constitué une difficulté majeure.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 11,25 / 20 · écart-type 4,66 · 5 337 présents · où vous situez-vous ?
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Moyenne
11,25/ 20
Écart-type
4,66
Présents
5 337
Coefficient
4
Durée
3 h
1er quartile
7,9
Médiane
11,9
3e quartile
14,7
moyenne 11,2505101520
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)

Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.

Source : document officiel du concours, épreuve du 25 avril 2025. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

5 erreurs relevées
Confusion entre référentiel géocentrique et référentiel terrestre · Bilan de forces incomplet ou erroné · Ordres de grandeur en culture générale
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Le sujet est décrit comme de longueur raisonnable, avec un bon équilibre entre démonstrations classiques de cours, calculs et compréhension physique. Le jury note que les démonstrations en fin de partie, exigeant une fine compréhension du contexte, ont rarement été traitées, et que les développements limités ont posé une difficulté majeure.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Confusion entre référentiel géocentrique et référentiel terrestreQ6

    Pour la question 6, beaucoup de candidats se placent implicitement dans le référentiel terrestre en considérant le point M comme immobile, alors qu'il faut se placer dans le référentiel géocentrique où M est en rotation uniforme autour des pôles.

    « beaucoup se placent implicitement »
  2. 2
    Bilan de forces incomplet ou erronéQ6

    Certains candidats ajoutent à tort la force de l'astre A sur la Terre au bilan des forces s'exerçant sur M, ou oublient des contributions comme la force d'inertie d'entraînement.

  3. 3
    Ordres de grandeur en culture généraleQ5

    Le jury déconseille d'appliquer la troisième loi de Kepler sans calculatrice pour retrouver les périodes de la Lune ou de la Terre, mieux connues directement, et rappelle l'ordre de grandeur du jour en secondes.

    « il est souhaitable de connaître l’ordre de grandeur de la révolution de la Lune »
  4. 4
    Relation de De Broglie mal maîtriséeQ12, Q13, Q14, Q15, Q16, Q17, Q18

    La relation de De Broglie est trop souvent inconnue des candidats sur les questions 12 à 18.

    « La relation de De Broglie est trop souvent inconnue »
  5. 5
    Erreurs de signe en géométrieQ7, Q8

    Le jury insiste sur la nécessité de réfléchir aux signes dans les projections vectorielles et l'expression de la loi des cosinus pour les questions 7 et 8.

Ce qui a été bien réussi

  • La majorité des candidats connaissent et proposent une utilisation cohérente du théorème de Gauss gravitationnel (Q4).
  • La démonstration classique de la question 22 (relative aux termes en h-barre carré) est bien maîtrisée par une majorité de candidats.
  • Sur les questions 9 à 11, c'est essentiellement l'application numérique qui est valorisée, ce qui suggère que le raisonnement théorique était généralement acquis.

Conseils du jury

  • Toujours vérifier l'homogénéité des équations obtenues.
  • Définir clairement le système et le référentiel dès le début d'une application de la deuxième loi de Newton.
  • Ne pas confondre mouvement de rotation et mouvement de translation circulaire.
  • Présenter les applications numériques en notation scientifique décimale, avec unité et un nombre de chiffres significatifs cohérent.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Corrigé détaillé

23 questions
Indice, stratégie puis corrigé complet pour chaque question.
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23 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1Évaluer graphiquement les trois temps caractéristiques qui apparaissent sur la courbe de la figure 1. Que…
  2. Q2Rappeler la définition d'un référentiel galiléen, du référentiel de Copernic et du référentiel géocentrique.
  3. Q3On considère que le référentiel est galiléen. Montrer que ne l'est pas.
  4. Q4Énoncer le théorème de Gauss gravitationnel, reliant notamment le champ de gravitation et la constante de…
  5. Q5Donner la valeur approximative, en jours terrestres, de chacune de ces périodes. Déterminer la valeur…
  6. Q6En étudiant le mouvement de dans le référentiel, montrer que l'on peut exprimer sous la forme où s'exprime…
  7. Q7Comment intervient le terme dans la variation du champ de pesanteur locale ?
  8. Q8Déterminer l'expression de en fonction de, et de l'un des trois termes, ou.
Voir les 15 autres questions
  1. Q9Montrer que, dans cette approximation, s'exprime sous la forme où l'on précisera l'expression de en fonction…
  2. Q10Déterminer l'expression de dans le cas particulier où et sont colinéaires et de même sens. Calculer alors…
  3. Q11En prenant en compte les résultats des questions précédentes, écrire l'expression la plus simple possible de…
  4. Q12Déterminer les expressions de et en fonction notamment de et, ainsi que leurs valeurs numériques. Commenter.
  5. Q13Dans cette vision classique, exprimer, en fonction de,,, et, les distances et parcourues par chacune des…
  6. Q14Exprimer, toujours en fonction de,,, et, les distances et parcourues par chacune des particules dans la…
  7. Q15Déterminer l'expression de l'énergie potentielle de pesanteur en prenant. En déduire la relation entre,,, et…
  8. Q16Montrer que les fonctions et vérifient deux équations différentielles indépendantes. En déduire que peut…
  9. Q17Montrer que est solution de l'équation différentielle En se limitant à l'ordre 1 en et en écrivant qu'un…
  10. Q18Déterminer l'expression de la longueur d'onde de de Broglie associée à une particule de quantité de…
  11. Q19Déterminer, dans l'approximation, les expressions,, et des grandeurs et en fonction de et pour chacune des…
  12. Q20Montrer que, où est la valeur maximale du signal et une fonction que l'on précisera.
  13. Q21On désire pouvoir mesurer l'intensité de la pesanteur avec une incertitude relative. Déterminer la précision…
  14. Q22Montrer que où, on précisera les expressions de et en fonction notamment de, et.
  15. Q23Évaluer le rapport. Conclure quant à la légitimité de l'approximation.

Description

Le sujet, intitulé « Mesure et caractérisation du champ de pesanteur », comporte deux parties totalement indépendantes. La première étudie le champ de pesanteur terrestre en référentiel géocentrique et ses variations temporelles dues à la Lune et au Soleil, à l'aide du théorème de Gauss gravitationnel et des lois de Newton en référentiel non galiléen. La seconde porte sur la chute quantique de paquets d'ondes d'atomes froids dans le champ de pesanteur, avec la résolution de l'équation de Schrödinger par séparation des variables et le calcul d'un déphasage exploité pour mesurer g.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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A2025 - PHYSIQUE II MP

Concours commun
Mines-Ponts

ÉCOLE NATIONALE DES PONTS et CHAUSSÉES, ISAE-SUPAERO, ENSTA PARIS, TÉLÉCOM PARIS, MINES PARIS, MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY, IMT ATLANTIQUE, ENSAE PARIS, CHIMIE PARISTECH - PSL.

Concours Mines-Télécom, Concours Centrale-Supélec (Cycle International).

CONCOURS 2025

DEUXIÈME ÉPREUVE DE PHYSIQUE

Durée de l'épreuve : 3 heures

L'usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente sur la première page de la copie :

PHYSIQUE II - MP

L'énoncé de cette épreuve comporte 6 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

Mesure et caractérisation du champ de pesanteur

Notations et données numériques utiles dans l'épreuve :
  • constante de Boltzmann : k_B = 1, 3 × 10^(− 23) J ⋅ K^(− 1)
  • constante de Planck : h = 6, 6 × 10^(− 34) J ⋅ s
  • célérité de la lumière : c = 3, 0 × 10^8 m ⋅ s^(− 1)
  • unité de masse atomique : u = 1, 7 × 10^(− 27) kg
  • constante de gravitation universelle : G = 6, 7 × 10^(− 11) m^3 ⋅ s^(− 2) ⋅ kg^(− 1)
  • masse de la Terre: m_T = 6, 0 × 10^(24) kg
  • masse de la Lune : m_L = 7, 3 × 10^(22) kg
  • masse du Soleil : m_S = 2, 0 × 10^(30) kg
  • rayon de la Terre: R_T = 6, 4 × 10^6 m
  • distance Terre-Soleil : d_S = 1, 5 × 10^(11) m
  • distance Terre-Lune : d_L = 3, 8 × 10^8 m
  • masse atomique du rubidium : m = 85u
  • intervalle entre deux impulsions laser : τ = 5, 0 × 10^(− 2) s
  • longueur d'onde associée au transfert de quantité de mouvement : λ_0 = 7, 8 × 10^(− 7) m
De nombreux domaines technologiques nécessitent de connaitre de manière précise la valeur du champ de pesanteur g⃗ (tel que le poids P⃗ d'un corps de masse m s'écrive P⃗ = mg⃗ ). Ce sujet s'intéresse dans sa première partie à un modèle permettant d'expliquer la dépendance temporelle du champ de pesanteur mesurée par un appareil de précision étudié dans sa seconde partie. Dans tout le problème on notera g = ‖g⃗‖ l'intensité de la pesanteur.

I Mesure de la variation temporelle de g

Un dispositif quantique de précision étudié dans la seconde partie permet d'accéder à de très faibles variations du champ de pesanteur. Dans cette première partie, on s'intéresse tout d'abord au champ de gravitation en un point M de masse m fixé à la surface de la Terre (et donc immobile par rapport à celle-ci. On note g⃗ = gu⃗ le champ de pesanteur en M où u⃗ est le vecteur unitaire de la verticale locale orientée vers le bas. On observe expérimentalement que g dépend faiblement du temps. On introduit alors g¯, la moyenne temporelle de g sur une période d'étude et δg = g − g¯. La courbe de la figure 1 représente les variations de δg en fonction du temps mesurées grâce au dispositif étudié dans la seconde partie. La valeur moyenne de g à l'endroit considéré et sur la période considérée est g¯ = 9808907500 nm ⋅ s^(− 2), l'axe des abscisses est gradué en jour julien moyen ^1. La durée d'observation est d'environ 25 jours.
Le but de cette partie est de comprendre l'origine de cette variation temporelle et d'en donner une expression approchée. Pour cela, on s'intéresse aux forces gravitationnelles exercées sur le point M de masse m. On considère ici que chaque astre (Terre, Soleil, Lune, etc.) exerçant une influence gravitationnelle est à symétrie sphérique. Pour un astre (A), on notera A, R_A et m_A respectivement son centre, son rayon et sa masse (en particulier, la Terre ( T ) sera décrite par une sphère de centre T, de rayon R_T et de masse m_T ). On note également d_A = |TA^(→−)| la distance entre les centres A et T de l'astre (A) et de la Terre.
Figure 1 - Variation temporelle de l'intensité de la pesanteur
    1. Évaluer graphiquement les trois temps caractéristiques τ_1 < τ_2 < τ_3 qui apparaissent sur la courbe de la figure 1.
      Que peut-on conjecturer sur les origines respectives des variations de g sur chacune de ces échelles de temps?
    1. Rappeler la définition d'un référentiel galiléen, du référentiel de Copernic ℛ_0 et du référentiel géocentrique ℛ_g.
    1. On considère que le référentiel ℛ_0 est galiléen. Montrer que ℛ_g ne l'est pas.
La force gravitationnelle F⃗_(A → m) exercée par un astre (A) sur un corps ponctuel de masse m placé en M et le champ gravitationnel G→_A(M) créé par l'astre (A) en M vérifient la relation F⃗_(A → m) = mG_A^(→−)(M).
    1. Énoncer le théorème de Gauss gravitationnel, reliant notamment le champ de gravitation G→ et la constante de gravitation universelle G.
      En déduire l'expression du champ G→_A(M) crée par un astre (A) pour AM > R_A, en fonction de G, m_A et AM^(→−).
On introduit une base ( e⃗_x, e⃗_y, e⃗_z ) fixe dans ℛ_g telle que le plan 𝒫_e = (T, e⃗_x, e⃗_y) coïncide avec le plan équatorial terrestre. On considère que la Terre est en rotation uniforme autour de l'axe ( T, e_z→ ) par rapport au référentiel ℛ_g et on note ω⃗ = ωe⃗_z son vecteur rotation. On considère un point M de masse m situé à la surface de la Terre et un astre quelconque (A). Le vecteur unitaire radial de la base sphérique locale en M est eˆ_r = TM^(→−)/R_T. On note finalement Ψ_A = (TM^(→−), TA^(→−)) l'angle vu depuis de le centre de la Terre entre le point M et le centre de l'astre (A). Ces notations sont explicitées sur la figure 2 dans laquelle les échelles, notamment de distance, ne sont pas respectées.
Dans le référentiel géocentrique ℛ_g, les trajectoires du point M appartenant à la surface de la Terre, ainsi que celles des centres L et S de la Lune et du Soleil peuvent être considérées comme circulaires uniformes, de périodes respectives T_M, T_L, et T_S.
    1. Donner la valeur approximative, en jours terrestres, de chacune de ces périodes.
Déterminer la valeur numérique de ω en radian par seconde.
On suppose que l'influence gravitationnelle d'un astre (A) est non négligeable. Pour un point M de masse m posé à la surface de la Terre, immobile par rapport à la Terre et soumis à des forces de contact de résultante R⃗, l'intensité de la pesanteur est définie par
R⃗ + mg⃗ = 0→
Figure 2 - Caractérisation géométrique du problème
    1. En étudiant le mouvement de M dans le référentiel ℛ_g, montrer que l'on peut exprimer g⃗ sous la forme g⃗ = G→_T(M) + γ⃗_0 + γ⃗_1 où γ⃗_0 s'exprime en fonction de ω⃗ et de TM^(→−) alors que γ⃗_1 est simplement la différence entre G→_A(M) et G→_A(T).
      ◻ − 7. Comment intervient le terme γ⃗_0 dans la variation du champ de pesanteur locale?
      En considérant uniquement l'effet d'un astre (A), on note δg_A l'expression théorique de la quantité δg discutée dans le préambule de cette partie I.
      ◻ − 8. Déterminer l'expression de δg_A en fonction de e⃗_r et de l'un des trois termes G→_T(M), γ⃗_0 ou γ⃗_1.
      En pratique, l'astre perturbateur (A) considéré est toujours très loin de la Terre. Ainsi, d_A≫R_T et l'on peut chercher à donner une expression approchée de γ⃗_1 en se limitant uniquement aux termes d'ordre 1 en R_T/d_A.
    1. Montrer que, dans cette approximation, γ⃗_1 s'exprime sous la forme
γ⃗_1 = − (Gm_A)/(d_A^3)(TM^(→−) + μTA^(→−))
où l'on précisera l'expression de μ en fonction de TM^(→−), TA^(→−), d_A, R_T et Ψ_A.
En déduire l'expression de δg_A en fonction de G, m_A, d_A, R_T et Ψ_A.
◻ - 10. Déterminer l'expression de |δg_A| dans le cas particulier où TM^(→−) et TA^(→−) sont colinéaires et de même sens.
Calculer alors, dans ce cas, les valeurs de |δg_L| et |δg_S|, variations de g dues respectivement à la Lune et au Soleil ainsi que de leur rapport κ = |δg_L|/|δg_S|. Commenter les valeurs obtenues.
On se place dans un modèle dans lequel on admet que pour tous les astres (A) autres que le Soleil et la Lune on a |δg_A|≪|δg_S|.
    1. En prenant en compte les résultats des questions précédentes, écrire l'expression la plus simple possible de |δg| correspondant au modèle étudié en fonction notamment du temps t. Après avoir tracé l'allure de la fonction t ↦ |δg|(t) sur un mois, comparer ce résultat aux données expérimentales de la figure 1.

II Gravimètre à atomes froids

Dans un gravimètre à atomes froids, on utilise des atomes de rubidium, de masse m, refroidis à une température T_0 de l'ordre du microkelvin. À cette température, chaque atome peut être décrit par un paquet d'onde dont le centre évolue comme une particule classique, suivant un mouvement de chute libre sous l'action de la seule pesanteur. Les atomes se comportent alors comme des ondes de matière dont la propagation peut conduire à des phénomènes d'interférences. Ces interférences peuvent être exploitées pour mesurer l'accélération de la pesanteur avec précision.
Dans cette partie, on considère le référentiel terrestre ( Oxyz ) comme galiléen et on néglige toute action autre que celle de la pesanteur sur les atomes de rubidium. On s'intéresse uniquement au mouvement s'effectuant le long d'un axe vertical Oz orienté vers le bas par le vecteur unitaire e⃗_z. On note p = mv⃗ ⋅ e⃗_z la projection selon e⃗_z de la quantité de mouvement d'une particule de masse m et de vitesse v⃗. Enfin, on considère g uniforme et indépendant du temps.
Lors de la chute d'un paquet d'onde, celui-ci interagit avec un rayonnement électromagnétique (impulsion laser) qui influe sur son mouvement de la manière suivante :
  • À t = 0, une impulsion permet de dédoubler chaque paquet d'onde en deux parties (désignées par les indices 1 et 2 par la suite) en communiquant à un des deux paquets, par exemple le paquet 2 , une quantité de mouvement supplémentaire p_γ, dans le sens + e⃗_z. On note p_1 et p_2 les projections selon Oz des quantités de mouvement associées à chaque paquet. L'évolution de chaque paquet entre t = 0 et t = τ constitue l'étape (a).
  • À t = τ, une autre impulsion laser augmente p_1 et diminue p_2 de manière instantanée de la quantité p_γ. L'évolution de chaque paquet entre t = τ et t = 2τ constitue l'étape (b).
  • A^‵t = 2τ, une nouvelle impulsion diminue p_1 de la quantité p_γ, puis une mesure permet de tester l'état du paquet d'onde total.
Les impulsions utilisées pour modifier les quantités de mouvement des paquets aux instants t = 0, t = τ et t = 2τ sont équivalentes à celles que produirait un laser monochromatique de longueur d'onde λ_0. On note p_γ la norme de la quantité de mouvement d'un photon de ce rayonnement. On introduit également p_0^2 = ⟨p^2⟩, moyenne quadratique de la quantité de mouvement due à l'agitation thermique des atomes de rubidium à T_0.
◻ − 12. Déterminer les expressions de p_γ et p_0 en fonction notamment de λ_0 et T_0, ainsi que leurs valeurs numériques. Commenter.
On étudie ici le mouvement des centres des paquets d'ondes, et on admet qu'ils évoluent chacun de la même manière qu'une particule de masse m, étudiée en mécanique classique. A^‵t = 0^+, après interaction avec le faisceau laser, on prend comme conditions initiales p_1(0^+) = p_0 et p_2(0^+) = p_0 + p_γ.
    1. Dans cette vision classique, exprimer, en fonction de p_0, p_γ, m, g et τ, les distances d_(1, a) et d_(2, a) parcourues par chacune des particules dans la phase (a).
      ◻ − 14. Exprimer, toujours en fonction de p_0, p_γ, m, g et τ, les distances d_(1, b) et d_(2, b) parcourues par chacune des particules dans la phase (b).
      En déduire que les centres des paquets d'ondes occupent la même position l'instant t = 2τ. On notera z_0 cette position.
    1. Déterminer l'expression de l'énergie potentielle de pesanteur V(z) en prenant V(0) = 0. En déduire la relation entre p(z), m, g, z et l'énergie mécanique E d'une particule soumise uniquement à l'action de la pesanteur.
On s'intéresse désormais au traitement quantique de la chute des paquets d'ondes dans le champ de pesanteur. On rappelle que l'évolution de la fonction d'onde ψ(M, t) associée à une particule de masse m et d'énergie potentielle V s'écrit :
− (ℏ^2)/(2m)Δψ + Vψ = iℏ(∂ψ)/(∂t)
L'énergie potentielle V dépendant uniquement de z, on peut chercher les solutions sous la forme ψ(z, t) = φ(z)ζ(t).
    1. Montrer que les fonctions φ et ζ vérifient deux équations différentielles indépendantes. En déduire que ψ peut finalement s'écrire sous la forme ψ(z, t) = φ(z)e^(− iE/ℏt), et justifier que E est une constante réelle.
On peut chercher les solutions sous la forme φ(z) = φ_0 exp[i/ℏσ(z)], avec φ_0 constant et σ(z) une fonction que l'on peut exprimer sous la forme d'un développement en puissances de ℏ/i du type
σ(z) = σ_0(z) + ℏ/iσ_1(z) + (ℏ/i)^2 σ_2(z) + o[(ℏ/i)^2]
où chaque σ_i(z) est une fonction réelle.
Dans les cas où le potentiel varie peu sur les échelles spatiales considérées, condition que l'on supposera vérifiée par la suite, on admet qu'on peut alors limiter les calculs à l'ordre 1enℏ/i. Dans la suite, on se place dans le cas où E ⩾ V(z) pour toutes les valeurs de z considérées.
--17. Montrer que σ est solution de l'équation différentielle
ℏ/iσ^(′′) + σ^(′2) = 2m[E − V(z)] = ^(def)ℏ^2 k^2(z).
En se limitant à l'ordre 1 en ℏ/i et en écrivant qu'un nombre complexe est nul si et seulement si sa partie réelle et sa partie imaginaire sont nulles, établir le système d'équations différentielles vérifiées par σ_0(z) et σ_1(z), puis montrer que la fonction d'onde s'écrit alors sous la forme :
φ_±(z) = (Φ_0)/(√(k(z)))exp[ ± i∫_0^z k(u)du]
où Φ_0 est une constante que l'on ne cherchera pas à déterminer. Préciser laquelle ( ± ) de ces solutions est physiquement acceptable.
Dans le cas particulier d'un potentiel uniforme V = V_0, déterminer l'expression de ψ(z, t) et commenter cette dernière expression.
On peut montrer que la prise en compte des termes d'ordre 2 dans l'expression de σ conduit un expression du type :
φ_±(z) = (Φ_0)/(√(k(z)))[1 ± (imℏ)/(4p^3(z))(dV)/(dz) + η]exp[ ± i∫_0^z k(u)du]
avec dans notre cas η≪1.
    1. Déterminer l'expression de la longueur d'onde de de Broglie λ_(dB) associée à une particule de quantité de mouvement p.
      Exprimer, en fonction de (dλ_(dB))/(dz), la condition légitimant l'approximation d'ordre 1 pour σ.
Pour comprendre l'origine du déphasage entre les deux parties 1 et 2 du paquet d'onde associé à la particule, on s'intéresse à la phase de la fonction d'onde, et on note
φ_j(z) = ∫_0^z k_j(u)du
avec j ∈ {1, 2}. On définit la différence de phase φ au point M_0 de cote z = z_0 par
φ = φ_2(M_0) − φ_1(M_0)
On se place dans l'approximation 𝒜_0 suivante : « pour le calcul de φ, les valeurs de k_1 et k_2 sont considérées constantes durant chacune des étapes (a) et (b), et égales à leur valeur au début de chaque étape ». Cette approximation revient à négliger l'énergie potentielle V(z) devant E. On note alors φ^0 = φ_a^0 + φ_b^0 l'expression approchée de φ obtenue à l'aide de cette approximation, où φ_a^0 et φ_b^0 sont les déphasages respectifs dus aux étapes (a) et (b).
    1. Déterminer, dans l'approximation 𝒜_0, les expressions k_(1a), k_(1b), k_(2a) et k_(2b) des grandeurs k_1 et k_2 en fonction de p_0 et p_γ pour chacune des étapes (a) et (b). Déterminer les expressions de φ_a^0 et φ_b^0 déphasage entre les paquets lors de ces deux étapes. En déduire que φ^0 s'exprime alors sous la forme φ^0 = μg où l'on précisera l'expression de μ en fonction de τ et λ_0, on déterminera également sa valeur numérique.
Une méthode de mesure par fluorescence (non détaillée) permet de recueillir à l'instant t = 2τ un signal s proportionnel à la densité de probabilité de présence de la particule au point M_0.
◻ - 20. Montrer que s = s_0 f(φ), où s_0 est la valeur maximale du signal s et φ ↦ f(φ) une fonction que l'on précisera.
    1. On désire pouvoir mesurer l'intensité de la pesanteur g avec une incertitude relative δg/g = 10^(− 9). Déterminer la précision minimale avec laquelle on doit être capable de déterminer le déphasage φ pour obtenir la précision voulue sur la mesure de g. Une variation du signal s est détectable uniquement si elle dépasse un seuil noté Δs. À partir de l'étude du graphe de la fonction φ ↦ f(φ) déterminer les valeurs de φ autour desquelles la mesure de g est la plus précise.
Dans le calcul du déphasage précédent, on a négligé les variations de k_1 et k_2 liées à la chute du paquet d'onde dans le champ de pesanteur. On cherche ici à estimer l'influence de cette approximation, pour l'étape (a) uniquement. On note φ_a le déphasage entre les centres des paquets d'ondes 1 et 2 à la fin de l'étape (a).
    1. Montrer que φ_a = F(p_0 + p_γ, d_(2, a)) − F(p_0, d_(1, a)) où F : (x, y) ↦ K[(x^2 + νy)^(3/2) − x^3], on précisera les expressions de ν et K en fonction notamment de m, g et ℏ.
      ◻ − 23. Évaluer le rapport m^2 gd_(1, a)/p_0^2.
      Conclure quant à la légitimité de l'approximation 𝒜_0.

    1. Le jour julien est un système de datation consistant à compter le nombre de jours et fraction de jour écoulés depuis une date conventionnelle fixée au 1er janvier de l'an 4713 av. J.-C.

Questions fréquentes

3 questions
Sur quels chapitres porte le sujet de physique 2 MP 2025 du concours Mines-Ponts (CCMP) ?
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Sur quels chapitres porte le sujet de physique 2 MP 2025 du concours Mines-Ponts (CCMP) ?

Le sujet porte sur le théorème de Gauss gravitationnel et les lois de Newton en référentiel géocentrique non galiléen dans sa première partie, puis sur la mécanique quantique avec l'équation de Schrödinger et la longueur d'onde de de Broglie dans sa seconde partie sur le gravimètre à atomes froids.

Le sujet de physique 2 MP 2025 Mines-Ponts est-il accessible ?

Le rapport indique que le problème était de longueur raisonnable et que plusieurs candidats l'ont traité quasiment en totalité, ce qui suggère un sujet globalement accessible malgré des développements limités jugés difficiles.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet de physique 2 MP 2025 ?

Le jury relève une confusion entre référentiel géocentrique et référentiel terrestre, des bilans de forces incomplets, une méconnaissance fréquente de la relation de De Broglie, et des erreurs de signe dans les calculs géométriques.

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