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Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2020 (page 3/4 : Partie 2 (questions 23 à 32) et partie 3 (questions 33 à 37))

Principe de la microscopie à force atomique

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie 2 : Interaction entre la surface et la pointe (suite)

2.2 · Imagerie par mode non-contact

Question 23

Exprimer l'énergie mécanique totale de la lame lorsqu'elle oscille et que la pointe est en interaction avec la surface. On fera apparaître le paramètre et la variable (flèche). On n'explicitera pas la dépendance du potentiel avec la distance, on précisera seulement son argument.

Voir l'indice

Additionner l'énergie cinétique effective, l'énergie potentielle élastique du levier \frac{1}{2}K f^2 et l'énergie potentielle d'interaction U(r_{\mathrm{A}}+f).

Voir la stratégie
  1. Identifier les contributions à l'énergie mécanique totale du système constitué par la lame oscillante et sa pointe : l'énergie cinétique associée au mode fondamental, l'énergie potentielle élastique de déformation de la lame, et l'énergie potentielle d'interaction pointe-surface.
  2. Exprimer la distance pointe-surface r en fonction de la distance au repos r_{\mathrm{A}} et de la flèche f, conformément à la géométrie du problème.
Voir le corrigé complet

L'énergie mécanique totale E du système comprend trois contributions :

  • l'énergie cinétique de la lame en oscillation dans son mode fondamental, donnée par la relation (3) :

    E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2
  • l'énergie potentielle élastique emmagasinée par la lame en flexion, établie à la question 7 :

    E_K = \frac{1}{2} K f^2
  • l'énergie potentielle d'interaction entre la pointe et la surface E_{\mathrm{p,int}} = U(r).

D'après la géométrie définie sur la figure 1 (et rappelée à la question 14), la distance effective sonde-surface r s'exprime en fonction de la distance hors déformation r_{\mathrm{A}} et de la flèche f par :

r = r_{\mathrm{A}} + f

L'effet de la pesanteur étant négligé selon les hypothèses générales du sujet, l'énergie mécanique totale s'écrit donc :

\boxed{E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U(r_{\mathrm{A}} + f)}

Résultat

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Question 24

Développer l'expression de l'énergie au voisinage d'un état présupposé d'équilibre caractérisé par la flèche . On ne fera porter ce développement que sur le potentiel , en le limitant à l'ordre 2 vis-à-vis de l'écart . Par ailleurs, on notera simplement , et le potentiel et ses dérivées première et deuxième correspondant à l'état d'équilibre (c'est-à-dire que l'on ne les explicitera pas).

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Appliquer un développement de Taylor à l'ordre 2 de la fonction U au voisinage de r_{\mathrm{eq}} = r_{\mathrm{A}} + f_{\mathrm{eq}} en puissances de (f - f_{\mathrm{eq}}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de distance (r - r_{\mathrm{eq}}) en fonction de l'écart de flèche (f - f_{\mathrm{eq}}).
  2. Réaliser le développement de Taylor à l'ordre 2 de l'énergie potentielle d'interaction U(r) au voisinage de la position d'équilibre r_{\mathrm{eq}}.
  3. Réinjecter cette approximation dans l'expression de l'énergie mécanique totale E établie à la question Q23.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, la distance entre la surface et la pointe s'écrit r = r_{\mathrm{A}} + f. À la position d'équilibre, on a de même r_{\mathrm{eq}} = r_{\mathrm{A}} + f_{\mathrm{eq}}, d'où :

r - r_{\mathrm{eq}} = f - f_{\mathrm{eq}}

Effectuons le développement de Taylor de la fonction potentiel U(r) au voisinage de r_{\mathrm{eq}} à l'ordre 2 par rapport à (r - r_{\mathrm{eq}}) :

U(r) = U(r_{\mathrm{eq}}) + \left.\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}\right|_{r_{\mathrm{eq}}} (r - r_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} \left.\frac{\mathrm{d}^2U}{\mathrm{d}r^2}\right|_{r_{\mathrm{eq}}} (r - r_{\mathrm{eq}})^2 + o\left((r - r_{\mathrm{eq}})^2\right)

En adoptant les notations imposées par l'énoncé (U_{\mathrm{eq}} = U(r_{\mathrm{eq}}), U'_{\mathrm{eq}} = U'(r_{\mathrm{eq}}) et U''_{\mathrm{eq}} = U''(r_{\mathrm{eq}})), ce développement s'écrit directement en fonction de l'écart (f - f_{\mathrm{eq}}) :

U(r_{\mathrm{A}} + f) = U_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}})^2 + o\left((f - f_{\mathrm{eq}})^2\right)

En reportant cette approximation dans l'expression de l'énergie mécanique totale obtenue à la question Q23 :

E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U(r_{\mathrm{A}} + f)

on obtient le développement demandé :

\boxed{E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}})^2}

Résultat

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Question 25

En déduire l'équation différentielle du deuxième ordre vérifiée par la flèche . On négligera ici toute cause de dissipation de l'énergie mécanique.

Voir l'indice

Dériver l'énergie mécanique par rapport au temps (\mathrm{d}E/\mathrm{d}t = 0), simplifier par \dot{f}, et utiliser la relation d'équilibre statique du premier ordre pour éliminer les termes constants.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conservation de l'énergie mécanique totale E en l'absence de dissipation : \dfrac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = 0.
  2. Dériver par rapport au temps l'expression de E obtenue au voisinage de l'équilibre à la question Q24.
  3. Utiliser la condition d'équilibre mécanique pour simplifier le terme linéaire et mettre l'équation sous forme canonique.
Voir le corrigé complet

En l'absence de toute cause de dissipation, l'énergie mécanique totale E de la lame se conserve au cours du mouvement :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = 0

En dérivant par rapport au temps le développement de l'énergie mécanique obtenu à la question Q24 :

E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}})^2

il vient :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = m_{\mathrm{eff}} \dot{f} \ddot{f} + K f \dot{f} + U'_{\mathrm{eq}} \dot{f} + U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) \dot{f} = 0

Pour un mouvement oscillatoire non trivial, la vitesse \dot{f} n'est pas identiquement nulle. On peut donc simplifier par \dot{f} :

m_{\mathrm{eff}} \ddot{f} + K f + U'_{\mathrm{eq}} + U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) = 0

Par définition de la position d'équilibre f_{\mathrm{eq}} (établie à la question Q14), la résultante des forces statiques s'annule :

- K f_{\mathrm{eq}} - U'_{\mathrm{eq}} = 0 \iff K f_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}} = 0

En décomposant K f = K(f - f_{\mathrm{eq}}) + K f_{\mathrm{eq}}, l'équation différentielle devient :

m_{\mathrm{eff}} \ddot{f} + (K + U''_{\mathrm{eq}})(f - f_{\mathrm{eq}}) = 0

ce que l'on peut écrire sous la forme canonique :

\boxed{\ddot{f} + \frac{K + U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}} (f - f_{\mathrm{eq}}) = 0}

ou de manière équivalente, avec la pulsation \omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{\dfrac{K + U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}}} :

\boxed{\ddot{f} + \omega_{\mathrm{p}}^2 (f - f_{\mathrm{eq}}) = 0}

Résultat

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Question 26

Analyser cette équation différentielle.

Voir l'indice

Montrer que le système se comporte comme un oscillateur harmonique de raideur effective K_{\mathrm{eff}} = K + U''_{\mathrm{eq}}, et discuter de la stabilité (K_{\mathrm{eff}} > 0) et du signe du décalage de pulsation selon le signe de U''_{\mathrm{eq}}.

Voir la stratégie

Pour analyser cette équation différentielle :

  1. Identifier la nature mathématique et physique de l'équation (oscillateur harmonique autour de f_{\text{eq}}).
  2. Examiner la condition de stabilité du point d'équilibre (K_{\text{eff}} > 0).
  3. Interpréter la modification de la pulsation propre \omega_{\text{p}} introduite par la raideur d'interaction U''_{\text{eq}}, notamment dans le domaine attractif d'utilisation du mode non-contact.
Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q25 s'écrit :

\ddot{f} + \omega_{\text{p}}^2 (f - f_{\text{eq}}) = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_{\text{p}}^2 = \frac{K + U''_{\text{eq}}}{m_{\text{eff}}}

1. Nature du mouvement : Il s'agit de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique non amorti pour la variable d'écart \varepsilon(t) = f(t) - f_{\text{eq}} autour de la position d'équilibre f_{\text{eq}}.

2. Stabilité de la position d'équilibre : Le système présente des oscillations bornées (stabilité au sens de Lyapunov) si et seulement si :

K_{\text{eff}} = K + U''_{\text{eq}} > 0

où K_{\text{eff}} représente la raideur effective du système pointe-lame.

  • Si K + U''_{\text{eq}} > 0, l'équilibre est stable et la lame oscille à la pulsation propre \omega_{\text{p}}.
  • Si K + U''_{\text{eq}} \leqslant 0, la raideur de rappel devient négative ou nulle : l'équilibre est instable et la pointe subit un plaquage spontané sur la surface (snap-in ou jump-to-contact).

3. Décalage de pulsation (effet de l'interaction) : En introduisant la pulsation propre libre \omega_{\text{p}0} = \sqrt{K/m_{\text{eff}}}, la pulsation d'oscillation en présence de l'échantillon s'exprime par :

\omega_{\text{p}} = \omega_{\text{p}0}\sqrt{1 + \frac{U''_{\text{eq}}}{K}}

Comme la force d'interaction est reliée au potentiel par F = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}, la dérivée seconde s'interprète comme l'opposé du gradient spatial de force :

U''_{\text{eq}} = -\left(\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}r}\right)_{\!r_{\text{eq}}}

Dans le domaine d'utilisation du mode non-contact (domaine attractif, r > a), la force d'attraction devient plus intense lorsque la sonde se rapproche de la surface (\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}r} > 0), d'où U''_{\text{eq}} < 0. Il en résulte :

\boxed{K_{\text{eff}} < K \quad \Longrightarrow \quad \omega_{\text{p}} < \omega_{\text{p}0}}

L'interaction attractive « amollit » le ressort équivalent, ce qui abaisse la fréquence de résonance de la lame.

Résultat

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Question 27

Exprimer la fonction de transfert en amplitude de la lame, définie par le rapport (). On fera apparaître le facteur de qualité , le paramètre et la variable .

Voir l'indice

Passer en régime sinusoïdal établi dans l'équation du mouvement amorti excitée par le support, écrire le rapport des amplitudes complexes A_{\mathrm{B}}/A_{\mathrm{A}} et factoriser par \omega_{\mathrm{p}0}^2.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'extrémité de la lame (modélisée par sa masse effective m_{\text{eff}}) dans le référentiel galiléen lié au bâti.
  2. Linéariser les forces au voisinage de la position d'équilibre r_{\mathrm{eq}} et faire apparaître les pulsations \omega_{\mathrm{p}0}, \omega_{\mathrm{p}} ainsi que l'amortissement fluide modélisé par le facteur de qualité Q.
  3. Passer en régime sinusoïdal forcé en notation complexe pour en déduire la fonction de transfert T = A_{\mathrm{B}}/A_{\mathrm{A}} en fonction de \Omega = \omega/\omega_{\mathrm{p}0}, \Omega_{\mathrm{p}} = \omega_{\mathrm{p}}/\omega_{\mathrm{p}0} et Q.
Voir le corrigé complet

Dans le référentiel galiléen \mathcal{R}(O, X, Y, Z) lié au bâti, la surface (4) a une ordonnée fixe Y_4. La position verticale de la pointe B est repérée par Y_B(t) = Y_4 + r(t), de sorte que son accélération s'écrit \ddot{Y}_B = \ddot{r}.

L'extrémité de la lame, de masse effective m_{\text{eff}}, est soumise selon l'axe vertical (Oy) à :

  • la force de rappel élastique de la lame :

    F_{\text{el}} = -K(Y_B - Y_A) = -K(r - r_A(t)) = -K\bigl(r - r_A^0 - y_A(t)\bigr)

    où y_A(t) = A_{\mathrm{A}} \exp(i\omega t) désigne l'oscillation du support ;

  • la force d'interaction avec la surface :

    F_{\text{int}} = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r) \simeq -U'(r_{\text{eq}}) - U''_{\text{eq}}(r - r_{\text{eq}})
  • la force de frottement visqueux due à l'air ambiant :

    F_{\text{diss}} = -\alpha\,\dot{r}

À l'équilibre en l'absence d'excitation (y_A = 0), la position moyenne r_{\text{eq}} vérifie :

-K(r_{\text{eq}} - r_A^0) - U'(r_{\text{eq}}) = 0

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la masse effective s'écrit :

m_{\text{eff}}\,\ddot{r} = -\alpha\,\dot{r} - K\bigl(r - r_A^0 - y_A(t)\bigr) - \frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r)

En soustrayant la condition d'équilibre et en linéarisant au premier ordre en l'écart (r - r_{\text{eq}}), on obtient :

m_{\text{eff}}\,\ddot{r} + \alpha\,\dot{r} + \bigl(K + U''_{\text{eq}}\bigr)(r - r_{\text{eq}}) = K\,y_A(t)

En divisant par m_{\text{eff}} et en introduisant \omega_{\mathrm{p}0}^2 = \frac{K}{m_{\text{eff}}}, \omega_{\mathrm{p}}^2 = \frac{K + U''_{\text{eq}}}{m_{\text{eff}}} ainsi que le terme d'amortissement \frac{\alpha}{m_{\text{eff}}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q} (conformément à la modélisation de l'amortissement intrinsèque dans l'air) :

\ddot{r} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q}\,\dot{r} + \omega_{\mathrm{p}}^2\,(r - r_{\text{eq}}) = \omega_{\mathrm{p}0}^2\,y_A(t)

En régime sinusoïdal établi, avec r(t) - r_{\text{eq}} = A_{\mathrm{B}}\exp(i\omega t) et y_A(t) = A_{\mathrm{A}}\exp(i\omega t), cette équation devient :

\left(-\omega^2 + i\,\frac{\omega\,\omega_{\mathrm{p}0}}{Q} + \omega_{\mathrm{p}}^2\right) A_{\mathrm{B}} = \omega_{\mathrm{p}0}^2\,A_{\mathrm{A}}

En divisant par \omega_{\mathrm{p}0}^2 et en introduisant les grandeurs réduites \Omega = \frac{\omega}{\omega_{\mathrm{p}0}} et \Omega_{\mathrm{p}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}}}{\omega_{\mathrm{p}0}} :

\left(\Omega_{\mathrm{p}}^2 - \Omega^2 + i\,\frac{\Omega}{Q}\right) A_{\mathrm{B}} = A_{\mathrm{A}}

On en déduit la fonction de transfert en amplitude :

\boxed{T = \frac{A_{\mathrm{B}}}{A_{\mathrm{A}}} = \frac{1}{\Omega_{\mathrm{p}}^2 - \Omega^2 + i\,\dfrac{\Omega}{Q}}}

Résultat

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Question 28

Estimer, à partir de la figure (7), le facteur de qualité de la lame dans le cas où elle est sans interaction avec la surface.

Voir l'indice

Mesurer la largeur à mi-hauteur en pulsation \Delta\Omega ou la valeur maximale du module à la résonance |T|_{\max} \approx Q_0 sur la courbe sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}}=1).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression du module de la fonction de transfert |T(\Omega)| obtenue à la question Q27 dans le cas sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 1 et Q = Q_0).
  2. Exploiter le pic de résonance pour Q_0 \gg 1 (|T|_{\max} \simeq Q_0) ou la largeur de bande à -3\text{ dB} pour déterminer Q_0.
Voir le corrigé complet

En l'absence d'interaction avec la surface, on a \Omega_{\mathrm{p}} = 1 et Q = Q_0. D'après la question Q27, la fonction de transfert s'écrit :

T(\Omega) = \frac{1}{1 - \Omega^2 + i\,\frac{\Omega}{Q_0}}

Son module est donné par :

|T(\Omega)| = \frac{1}{\sqrt{(1 - \Omega^2)^2 + \frac{\Omega^2}{Q_0^2}}}

Comme Q_0 \gg 1, le maximum de résonance est atteint à une pulsation adimensionnée très proche de la pulsation propre non perturbée, \Omega \simeq 1, où il vaut :

|T|_{\max} \simeq |T(1)| = Q_0

Sur la figure (7), la courbe rouge correspond à la situation sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 1). On lit au sommet du pic (atteint en \Omega = 1{,}000) :

|T|_{\max} = 50

On peut confirmer cette valeur par la méthode de la bande passante à -3\text{ dB} : le niveau à mi-puissance est |T|_{-3\,\mathrm{dB}} = \frac{50}{\sqrt{2}} \approx 35{,}4. Sur le graphe, la courbe rouge coupe la droite |T| \approx 35 en \Omega_1 \approx 0{,}990 et \Omega_2 \approx 1{,}010, soit une bande passante :

\Delta\Omega = \Omega_2 - \Omega_1 \approx 0{,}020 \implies Q_0 = \frac{\Omega_0}{\Delta\Omega} \approx \frac{1}{0{,}020} = 50

Avec un chiffre significatif :

\boxed{Q_0 \approx 5\times 10^1}

Résultat

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Question 29

Nous définissons la sensibilité intrinsèque de ce protocole de mesure par le rapport :

Définir le critère conduisant au choix de la (voire, des) pulsation la mieux adaptée à ce protocole. Se souvenir que et donc que reste toujours proche de , comme l'illustre la figure (7). Estimer alors, à partir de cette figure, la valeur correspondante de . Il ne s'agit pas d'effectuer des calculs, mais simplement d'exploiter cette figure.

Voir l'indice

Observer que la sensibilité est maximale là où la pente de la courbe de résonance |\mathrm{d}|T|/\mathrm{d}\Omega| est la plus raide, soit sur le flanc de résonance.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} en fonction du gain en amplitude |T| pour faire le lien entre la formule (10) et la figure (7).
  2. Identifier le critère d'optimisation de |s_{\mathrm{i}}| (maximisation de l'écart vertical entre les courbes ou de la pente de la courbe de résonance).
  3. Relever sur la figure (7) la ou les valeurs de \Omega = \omega / \omega_{\mathrm{p}0} qui répondent à ce critère.
Voir le corrigé complet

D'après la définition de la fonction de transfert T = A_{\mathrm{B}} / A_{\mathrm{A}}, l'amplitude de vibration s'écrit |A_{\mathrm{B}}| = A_{\mathrm{A}} |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})|, d'où :

\Delta(r_{\mathrm{eq}}) = |A_{\mathrm{B}}| - |A_{\mathrm{B}0}| = A_{\mathrm{A}} \Big( |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)| \Big)

La sensibilité intrinsèque (10) s'écrit alors :

s_{\mathrm{i}} = \frac{|T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)|}{\Omega_{\mathrm{p}} - 1}

1. Critère de choix de la pulsation \omega :

  • Pour maximiser la sensibilité |s_{\mathrm{i}}|, il faut maximiser l'écart d'amplitude |\Delta(r_{\mathrm{eq}})| pour une variation de fréquence propre \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} donnée. Graphiquement, cela revient à rechercher la pulsation \Omega pour laquelle l'écart vertical entre la courbe avec interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995) et la courbe sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 1) est maximal.
  • Puisque K \gg |U''_{\mathrm{eq}}|, la fréquence propre reste très proche de \omega_{\mathrm{p}0} (|\Omega_{\mathrm{p}} - 1| \ll 1). Au premier ordre, le déplacement de la résonance se traduit par :

    |s_{\mathrm{i}}| \approx \left| \frac{\partial |T|}{\partial \Omega_{\mathrm{p}}} \right|_{\Omega_{\mathrm{p}} = 1} \approx \Omega \left| \frac{\mathrm{d}|T|}{\mathrm{d}\Omega} \right|

    Le critère consiste donc à se placer sur les flancs de la courbe de résonance, là où la valeur absolue de la pente \left|\frac{\mathrm{d}|T|}{\mathrm{d}\Omega}\right| est maximale (au voisinage des points d'inflexion).

2. Estimation de \Omega à partir de la figure (7) : L'écart vertical maximal entre la courbe rouge (\Omega_{\mathrm{p}} = 1) et la courbe bleue (\Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995) apparaît très nettement sur le flanc droit de résonance :

  • à \Omega = 1{,}005, la courbe sans interaction vaut |T| \approx 39 et la courbe avec interaction vaut |T| \approx 23, ce qui correspond à un écart maximal |\Delta |T|| \approx 16 ;
  • un autre extremum local de sensibilité existe sur le flanc gauche au voisinage de \Omega \approx 0{,}990 à 0{,}995.

On choisit donc préférentiellement la pulsation d'excitation adimensionnée :

\boxed{\Omega \approx 1{,}005} \quad (\text{ou } \Omega \approx 0{,}990)

Résultat

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Question 30

Estimer, à partir de la figure (7), la valeur de correspondant à la valeur choisie de .

Voir l'indice

Évaluer numériquement la pente locale de |T|(\Omega) autour du point de fonctionnement choisi sur la figure 7.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} en fonction des modules des fonctions de transfert |T| avec et sans interaction.
  2. Relever graphiquement sur la figure (7) les valeurs de |T| à la pulsation d'excitation choisie \Omega \approx 1{,}005 pour les deux courbes (\Omega_{\mathrm{p}} = 1 et \Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995).
  3. Calculer le rapport avec un chiffre significatif.
Voir le corrigé complet

Par définition des amplitudes de réponse |A_{\mathrm{B}}| = A_{\mathrm{A}} |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| et |A_{\mathrm{B}0}| = A_{\mathrm{A}} |T(\Omega, 1)|, la variation d'amplitude s'écrit :

\frac{\Delta(r_{\mathrm{eq}})}{A_{\mathrm{A}}} = |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)|

L'expression de la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} donnée par l'équation (10) devient ainsi :

s_{\mathrm{i}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{\omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0}} \frac{\Delta(r_{\mathrm{eq}})}{A_{\mathrm{A}}} = \frac{|T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)|}{\Omega_{\mathrm{p}} - 1}

Pour la valeur retenue \Omega \approx 1{,}005, on lit sur la figure (7) pour le décalage \Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995 (\Omega_{\mathrm{p}} - 1 = -0{,}005) :

  • sans interaction (courbe rouge, \Omega_{\mathrm{p}} = 1) : |T(1{,}005 ; 1)| \approx 35 ;
  • avec interaction (courbe bleue, \Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995) : |T(1{,}005 ; 0{,}995)| \approx 20.

La variation du module de la fonction de transfert vaut donc :

\Delta |T| = 20 - 35 = -15

On en déduit la sensibilité intrinsèque :

|s_{\mathrm{i}}| = \left| \frac{-15}{-0{,}005} \right| = 3 \times 10^3
\boxed{|s_{\mathrm{i}}| \approx 3 \times 10^3}

Résultat

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Question 31

Indiquer comment, à partir de la mesure de l'écart , on accède au gradient (normal) de force existant à la distance de la surface.

Voir l'indice

Relier la variation de pulsation propre \Delta\omega_{\mathrm{p}} = \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} à U''_{\mathrm{eq}} par différentiation de \omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{(K+U''_{\mathrm{eq}})/m_{\mathrm{eff}}}, puis utiliser la définition de s_{\mathrm{i}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le gradient de la force normale d'interaction à partir de la dérivée seconde du potentiel U''_{\mathrm{eq}}.
  2. Relier le décalage de pulsation propre \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} à cette dérivée seconde dans la limite des faibles gradients (|U''_{\mathrm{eq}}| \ll K).
  3. Utiliser la définition de la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} pour relier \Delta(r_{\mathrm{eq}}) à \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0}, puis en déduire le gradient de force recherché.
Voir le corrigé complet

La force conservative normale exercée par la surface sur la sonde dérive du potentiel U(r) selon :

F_{\mathrm{int}}(r) = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r)

Le gradient normal de cette force à la distance d'équilibre r_{\mathrm{eq}} s'écrit donc :

\left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}} = -U''_{\mathrm{eq}}

Par définition, la pulsation propre modifiée par l'interaction s'exprime par :

\omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{\frac{K + U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}}} = \omega_{\mathrm{p}0} \sqrt{1 + \frac{U''_{\mathrm{eq}}}{K}}

Sous l'hypothèse de l'énoncé |U''_{\mathrm{eq}}| \ll K, un développement limité au premier ordre donne :

\omega_{\mathrm{p}} \simeq \omega_{\mathrm{p}0} \left(1 + \frac{U''_{\mathrm{eq}}}{2K}\right) \implies \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} \simeq \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{2K} U''_{\mathrm{eq}} = -\frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{2K} \left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}}

Par ailleurs, la définition de la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} (équation (10)) fournit :

\Delta(r_{\mathrm{eq}}) = s_{\mathrm{i}} \frac{A_{\mathrm{A}}}{\omega_{\mathrm{p}0}} (\omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0})

En combinant ces deux relations, on obtient l'expression du gradient de force :

\Delta(r_{\mathrm{eq}}) = - \frac{s_{\mathrm{i}} A_{\mathrm{A}}}{2K} \left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}}

soit :

\boxed{\left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}} = -\frac{2K}{s_{\mathrm{i}} A_{\mathrm{A}}} \Delta(r_{\mathrm{eq}})}

Ainsi, la mesure de la variation d'amplitude de vibration \Delta(r_{\mathrm{eq}}) = |A_{\mathrm{B}}| - |A_{\mathrm{B}0}|, connaissant l'amplitude d'excitation fixée A_{\mathrm{A}}, la raideur K du levier et la sensibilité s_{\mathrm{i}} (étalonnée au préalable pour la pulsation de travail \omega), donne un accès direct et quantitatif au gradient normal de la force d'interaction à la distance r_{\mathrm{eq}}.

Résultat

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Question 32

La situation illustrée par la figure (7) correspondrait à une expérience réalisée à la pression atmosphérique. Indiquer comment, en pratique, il serait possible d'augmenter .

Voir l'indice

Rappeler que l'amortissement provient des frottements de l'air : placer le dispositif sous vide secondaire pour augmenter drastiquement le facteur de qualité Q_0 et donc la pente de résonance.

Voir la stratégie
  1. Identifier la cause limitant le facteur de qualité Q_0 à la pression atmosphérique à partir des hypothèses du texte.
  2. Relier la sensibilité intrinsèque |s_{\mathrm{i}}| au facteur de qualité Q.
  3. En déduire la modification des conditions expérimentales permettant d'accroître |s_{\mathrm{i}}|.
Voir le corrigé complet

D'après le préambule de la question Q27, seul l'air ambiant est tenu pour responsable des effets dissipatifs qui amortissent les oscillations de la lame, fixant ainsi le facteur de qualité à une valeur modeste (Q_0 \approx 50, d'après les questions Q11 et Q28).

La sensibilité intrinsèque |s_{\mathrm{i}}| mesure la pente de la courbe de résonance |T|(\Omega) sur son flanc. L'amplitude à la résonance étant proportionnelle à Q et la largeur de la bande passante inversement proportionnelle à Q, la pente maximale sur les flancs varie selon :

\left| \frac{\mathrm{d}|T|}{\mathrm{d}\Omega} \right|_{\max} \propto Q^2

Une augmentation de Q entraîne donc un accroissement spectaculaire de la sensibilité |s_{\mathrm{i}}|.

En pratique, il suffit d'opérer :

\boxed{\text{sous vide (ou sous ultravide).}}

L'absence de frottement fluide visqueux dû à l'air permet d'atteindre des facteurs de qualité typiquement compris entre 10^4 et 10^5 (limités uniquement par les frottements internes au matériau et les pertes au niveau du support d'encastrement), ce qui augmente considérablement |s_{\mathrm{i}}|.

Résultat

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Partie 3 : De la flèche à sa détection, sa mesure et son contrôle

3.1 · Détection de la flèche

Question 33

Nous rappelons que . Par ailleurs, la configuration est telle que . Exprimer l'écart en fonction de l'angle et de la distance , dans ces conditions.

Voir l'indice

Appliquer la loi de la réflexion de Snell-Descartes : une inclinaison du miroir d'un angle \theta dévie le faisceau réfléchi d'un angle 2\theta, d'où l'écart \Delta \approx 2d\theta.

Voir la stratégie
  1. Appliquer les lois de Snell-Descartes pour la réflexion sur un miroir plan ayant tourné d'un angle \theta.
  2. Justifier la négligeabilité du déplacement direct dû à la flèche f devant la déviation angulaire grâce à l'hypothèse d \gg L.
  3. Relier géométriquement l'écart \Delta = P_0P_1 sur le plan de détection à l'angle de déviation du faisceau dans l'approximation des petits angles.
Voir le corrigé complet

Lors de la flexion de la lame, la normale à la surface réfléchissante au point d'impact tourne d'un angle \theta autour de l'axe (Az).

D'après les lois de Snell-Descartes relatives à la réflexion, la direction du faisceau incident étant fixe, une rotation d'angle \theta du miroir entraîne une rotation du rayon réfléchi d'un angle égal à :

\delta\alpha = 2\theta

Par ailleurs, le déplacement vertical du point de réflexion est égal à la flèche f. D'après les relations établies à la question Q6, on a l'ordre de grandeur \theta \sim \frac{f}{L}. La déviation sur l'écran due à l'effet angulaire est de l'ordre de 2d\theta \sim 2d\,\frac{f}{L}. Comme d \gg L, cette déviation est très grande devant le déplacement direct f :

\frac{f}{2d\theta} \sim \frac{L}{2d} \ll 1

Le déplacement de la source de réflexion peut donc être négligé, et l'on peut considérer que le rayon dévié part du point B_0.

Le plan de détection étant disposé perpendiculairement au faisceau de référence (lame non fléchie) à une distance d de B_0, la déviation angulaire 2\theta se traduit sur ce plan par un écart algébrique \Delta = P_0P_1 donné par :

\Delta = d \tan(2\theta)

Compte tenu de l'hypothèse |\theta| \ll 1, un développement limité au premier ordre donne \tan(2\theta) \simeq 2\theta, d'où :

\boxed{\Delta = 2 d \theta}

Résultat

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Question 34

Le LASER utilisé émet dans le domaine visible et la distance est fixée à . Nous considérons que le diamètre du faisceau, au niveau de la surface de réflexion de la lame, est égal à la largeur de la lame (, valeur donnée dans la sous-partie (1.3)). Estimer algébriquement puis numériquement le diamètre de la tache lumineuse formée par le faisceau LASER sur le plan de détection. On précisera le raisonnement tenu.

Voir l'indice

Considérer la diffraction d'un faisceau de longueur d'onde \lambda par une ouverture de largeur b : le demi-angle de divergence est \theta_{\mathrm{diff}} \approx \lambda/b, d'où le diamètre 2a_{\mathrm{d}} \approx 2d\lambda/b.

Voir la stratégie
  1. Identifier le phénomène physique prépondérant : le confinement spatial transverse du faisceau à la largeur b de la lame induit un phénomène de diffraction.
  2. Vérifier que l'on se situe en régime de diffraction de Fraunhofer (champ lointain) en comparant la distance d à la longueur de Rayleigh z_{\mathrm{R}}.
  3. Exprimer algébriquement la divergence angulaire puis le diamètre 2a_{\mathrm{d}} de la tache sur le plan de détection, et en faire l'application numérique avec un chiffre significatif.
Voir le corrigé complet

Le faisceau LASER, de longueur d'onde \lambda dans le domaine visible (\lambda \approx 0{,}6\ \mu\text{m}), est limité au niveau de la lame à une dimension transverse égale à sa largeur b = 20\ \mu\text{m}.

Par diffraction, la restriction spatiale du faisceau lui confère une divergence angulaire. La portée de Rayleigh associée est de l'ordre de :

z_{\mathrm{R}} \sim \frac{b^2}{\lambda} \approx \frac{(2\times 10^{-5}\text{ m})^2}{6\times 10^{-7}\text{ m}} \approx 0{,}7\text{ mm}

Comme la distance de propagation d = 10\text{ cm} = 100\text{ mm} vérifie très largement d \gg z_{\mathrm{R}}, la détection a lieu dans le domaine de diffraction de Fraunhofer (champ lointain).

Le demi-angle de divergence du faisceau diffracté s'écrit :

\theta_{\mathrm{diff}} \approx \frac{\lambda}{b}

Après un trajet optique d, le faisceau s'élargit et le rayon de la tache lumineuse sur le plan de détection est donné par a_{\mathrm{d}} \approx d\,\theta_{\mathrm{diff}} (le rayon initial b/2 = 10\ \mu\text{m} étant tout à fait négligeable devant a_{\mathrm{d}}). Le diamètre de la tache lumineuse s'exprime donc par :

2a_{\mathrm{d}} \approx \frac{2\lambda d}{b}

Remarque : si l'on adopte le modèle de la diffraction par une ouverture circulaire de diamètre b, le diamètre de la tache d'Airy au premier zéro est 2a_{\mathrm{d}} \approx 2{,}44\,\frac{\lambda d}{b}.

Pour l'estimation numérique, on choisit une longueur d'onde typique du domaine visible \lambda \approx 6\times 10^{-7}\text{ m} (cohérente avec la fréquence de l'émission LASER \nu = 5\times 10^{14}\text{ Hz} introduite à la question 38, où \lambda = c/\nu = 600\text{ nm}), avec d = 0{,}1\text{ m} et b = 2\times 10^{-5}\text{ m} :

2a_{\mathrm{d}} \approx \frac{2 \times 6\times 10^{-7} \times 0{,}1}{2\times 10^{-5}} = 6\times 10^{-3}\text{ m} = 6\text{ mm}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{2a_{\mathrm{d}} \approx 6\text{ mm}}

Résultat

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3.2 · Localisation par photodétection de la position du point P1

Question 35

Nous définissons le contraste par le rapport :

Exprimer ce contraste en fonction de l'écart et du rayon de la tache lumineuse, en se plaçant dans la limite .

Voir l'indice

Calculer la surface de la tranche de largeur \Delta traversant la ligne de séparation des photodiodes par rapport à l'aire totale du disque de rayon a_{\mathrm{P}}, avec l'approximation rectangulaire pour |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux lumineux reçu par chaque photodiode en fonction de l'éclairement uniforme E_0 du faisceau et de la surface de la tache interceptée par chaque quadrant photosensible.
  2. Calculer la variation différentielle de surface \delta S transférée d'une photodiode à l'autre lors d'un déplacement \Delta, au premier ordre en |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}}.
  3. En déduire le contraste C = (\phi_2 - \phi_1)/(\phi_2 + \phi_1).
Voir le corrigé complet

L'intensité lumineuse du faisceau LASER est supposée uniformément répartie sur sa section circulaire de rayon a_{\mathrm{P}} et de surface totale S_{\mathrm{tot}} = \pi a_{\mathrm{P}}^2. L'éclairement uniforme vaut donc :

E_0 = \frac{\phi_{\mathrm{tot}}}{\pi a_{\mathrm{P}}^2} = \frac{\phi_1 + \phi_2}{S_{\mathrm{tot}}}

Dans la situation de référence (\Delta = 0), le centre P_0 de la tache se situe exactement sur la ligne séparatrice entre les deux photodiodes : chacune intercepte un demi-disque d'aire S_1 = S_2 = \frac{\pi a_{\mathrm{P}}^2}{2}, d'où \phi_1 = \phi_2 = \frac{\phi_{\mathrm{tot}}}{2} et C = 0.

Lorsque le centre de la tache se déplace algébriquement de \Delta le long de l'axe orienté vers \mathrm{PhD}_2 :

  • la surface photosensible de \mathrm{PhD}_2 gagne une bande élémentaire d'aire \delta S ;
  • la surface photosensible de \mathrm{PhD}_1 perd cette même aire \delta S.

La bande gagnée est délimitée entre la ligne séparatrice initiale et la nouvelle position relative du diamètre. Sa surface s'écrit rigoureusement :

\delta S = \int_0^\Delta 2\sqrt{a_{\mathrm{P}}^2 - y^2}\,\mathrm{d}y

Dans la limite |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}}, la largeur de la tache au niveau de la frontière est égale au diamètre 2a_{\mathrm{P}} à l'ordre zéro en \Delta. Au premier ordre, l'aire transférée est donc simplement :

\delta S \approx 2 a_{\mathrm{P}} \Delta

La différence des aires reçues par les deux photodiodes vaut ainsi :

S_2 - S_1 = \left(\frac{S_{\mathrm{tot}}}{2} + \delta S\right) - \left(\frac{S_{\mathrm{tot}}}{2} - \delta S\right) = 2\,\delta S \approx 4 a_{\mathrm{P}} \Delta

L'éclairement étant uniforme, le rapport des flux s'identifie au rapport des aires :

C = \frac{\phi_2 - \phi_1}{\phi_2 + \phi_1} = \frac{E_0 (S_2 - S_1)}{E_0 S_{\mathrm{tot}}} = \frac{4 a_{\mathrm{P}} \Delta}{\pi a_{\mathrm{P}}^2}

On obtient finalement :

\boxed{C = \frac{4}{\pi} \frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}}

Résultat

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Question 36

Nous identifions à (question (34)). Analyser la cause qui limite le contraste.

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Remplacer a_{\mathrm{P}} par son expression issue de la diffraction pour constater que la taille de tache minimale sur le détecteur est bornée par la diffraction sur la lame de largeur b.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le contraste C en remplaçant le rayon a_{\mathrm{P}} = a_{\mathrm{d}} par son expression issue de la question 34 et l'écart \Delta par son expression issue de la question 33.
  2. Identifier les grandeurs qui influent sur le contraste et en déduire le phénomène physique limitant.
Voir le corrigé complet

D'après les questions 33, 34 et 35, le contraste photométrique s'écrit pour |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}} :

C = \frac{4}{\pi}\frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}

avec \Delta = 2 d \theta et a_{\mathrm{P}} = a_{\mathrm{d}} \approx \frac{\lambda d}{b}. En injectant ces deux expressions, il vient :

C \approx \frac{4}{\pi} \frac{2 d \theta}{\dfrac{\lambda d}{b}} = \frac{8}{\pi} \frac{b \theta}{\lambda}

On constate que la distance d entre la lame et le photodétecteur disparaît du rapport : augmenter d amplifie l'écart \Delta, mais agrandit dans la même proportion le rayon a_{\mathrm{d}} de la tache sur les photodiodes.

\boxed{C \approx \frac{8}{\pi}\frac{b\theta}{\lambda}}

La cause physique fondamentale qui limite le contraste est la diffraction du faisceau lumineux par la face réfléchissante de la lame de largeur finie b :

  • L'étalement angulaire par diffraction, \theta_{\mathrm{diff}} \sim \lambda / b, impose un élargissement inévitable du faisceau proportionnel à la distance de propagation d.
  • Le contraste C est directement gouverné par le rapport entre l'angle de déflexion de la lame \theta et l'angle de diffraction \theta_{\mathrm{diff}}.

Résultat

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Question 37

Notamment à cause de la dérive thermique de la cavité du LASER, l'intensité lumineuse de ce dernier est susceptible de fluctuer (même sur de grandes échelles de temps). Expliquer alors pourquoi le contraste apparaît mieux adapté à la capture de l'écart que simplement la différence .

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Montrer que si l'intensité totale de la source est multipliée par un facteur d'échelle aléatoire, le rapport normalisé (I_2-I_1)/(I_2+I_1) reste rigoureusement invariant.

Voir le corrigé complet

Notons \phi_{\mathrm{tot}} = \phi_1 + \phi_2 le flux lumineux total reçu par les deux photodiodes. D'après l'expression du contraste obtenue à la question 35 :

C = \frac{\phi_2 - \phi_1}{\phi_1 + \phi_2} = \frac{\Delta\phi}{\phi_{\mathrm{tot}}} \approx \frac{4}{\pi}\frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}

La simple différence de flux s'écrit donc :

\Delta\phi = \phi_2 - \phi_1 \approx \frac{4}{\pi}\frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}\,\phi_{\mathrm{tot}}

Si l'intensité lumineuse du LASER fluctue au cours du temps (par exemple sous l'effet de dérives thermiques de la cavité), le flux total émis varie : \phi_{\mathrm{tot}}(t) = \kappa(t)\,\phi_0. Les flux reçus par chaque photodiode sont alors affectés par le même facteur d'échelle multiplicatif \kappa(t) :

\phi_1(t) = \kappa(t)\,\phi_1^{(0)} \quad \text{et} \quad \phi_2(t) = \kappa(t)\,\phi_2^{(0)}

Il en résulte que :

  • la différence \Delta\phi(t) = \kappa(t)\,\Delta\phi^{(0)} est directement sensible aux fluctuations de puissance du LASER, ce qui entraîne une dérive de la mesure ou un bruit de fond indistinguable d'un déplacement réel \Delta de la tache ;
  • le contraste C(t), en revanche, est une grandeur normalisée :

    C(t) = \frac{\kappa(t)\left(\phi_2^{(0)} - \phi_1^{(0)}\right)}{\kappa(t)\left(\phi_2^{(0)} + \phi_1^{(0)}\right)} = \frac{\phi_2^{(0)} - \phi_1^{(0)}}{\phi_2^{(0)} + \phi_1^{(0)}} = C^{(0)}

Le contraste C est donc strictement invariant vis-à-vis des fluctuations d'intensité de la source LASER, ce qui garantit une mesure fidèle, robuste et non biaisée de la position \Delta.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.