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Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2020

Principe de la microscopie à force atomique

Le sujet en bref

Sujet difficile · Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Circuits électriques et régimes transitoires, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire · 8 incontournables · 43 questions de première année
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Ce sujet pluridisciplinaire d'un niveau remarquable étudie de façon très complète le fonctionnement physique et technique d'un microscope à force atomique (AFM), depuis la déformation micromécanique du levier jusqu'à la chaîne de mesure optoélectronique et l'asservissement d'altitude. L'épreuve aborde successivement la résistance des matériaux guidée pas à pas, la dynamique d'oscillation en interaction avec un potentiel de Lennard-Jones, les régimes contact et non-contact, puis la chaîne complète de détection optique (levier optique, photodiodes de position) et l'asservissement analogique (correcteurs P et PI, stabilité via Routh-Hurwitz). D'une richesse conceptuelle exceptionnelle, c'est un sujet d'entraînement incontournable pour la filière MP option P&SI, illustrant à merveille l'articulation entre physique fondamentale et ingénierie de précision à l'échelle nanométrique.

Difficulté
Difficile, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,96/20)
Temps estimé
≈ 5 h 05 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

8 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

24 questions rapides et accessibles · 3 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (24) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (3) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

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Sommaire

54 questions
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Partie 1 : Caractérisation mécanique de la lame

1.1 · Comportement élastique

Question 1

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équilibre statique, moment d'une force

En traduisant l'équilibre mécanique du tronçon élémentaire déduire d'une part que la composante algébrique est uniforme, d'autre part l'équation différentielle liant à .

Voir l'indice

Écrire le principe fondamental de la statique appliqué au tronçon [x, x+\mathrm{d}x] : somme des forces nulle projetée sur \vec{u}_y pour obtenir \mathrm{d}T/\mathrm{d}x = 0, et moment résultant nul en \mathrm{G}(x+\mathrm{d}x) projeté sur \vec{u}_z à l'ordre 1 en \mathrm{d}x.

Voir la stratégie
  1. Définir le système constitué par le tronçon élémentaire [x, x+\mathrm{d}x] à l'équilibre statique et recenser les actions mécaniques qui s'exercent sur lui aux deux frontières G(x) et G(x+\mathrm{d}x).
  2. Appliquer le principe fondamental de la statique : le théorème de la résultante statique permet d'étudier T(x), et le théorème du moment statique en G(x) relie T à la dérivée de M.
Voir la réponse courte

Bilan des forces et des moments sur le tronçon élémentaire : T est constante et \mathrm{d}M/\mathrm{d}x = T.

Voir le corrigé complet

Considérons le tronçon élémentaire [x, x+\mathrm{d}x] délimité par les sections de centres de gravité G(x) et G(x+\mathrm{d}x), dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

D'après l'énoncé et la figure (2), la pesanteur étant négligée, les seules actions mécaniques appliquées au tronçon sont les actions de contact exercées par les parties adjacentes de la lame :

  • en G(x), l'action de la partie amont [0, x] :

    \vec{F}_{\text{amont}} = -\vec{T}(x) = -T(x)\,\vec{u}_y \quad \text{et} \quad \vec{\mathcal{M}}_{G(x)}(\text{amont}) = -\vec{M}(x) = -M(x)\,\vec{u}_z
  • en G(x+\mathrm{d}x), l'action de la partie aval [x+\mathrm{d}x, L] :

    \vec{F}_{\text{aval}} = \vec{T}(x+\mathrm{d}x) = T(x+\mathrm{d}x)\,\vec{u}_y \quad \text{et} \quad \vec{\mathcal{M}}_{G(x+\mathrm{d}x)}(\text{aval}) = \vec{M}(x+\mathrm{d}x) = M(x+\mathrm{d}x)\,\vec{u}_z

1. Équilibre des forces Le tronçon étant à l'équilibre mécanique, le théorème de la résultante statique s'écrit :

\sum \vec{F}_{\text{ext}} = -\vec{T}(x) + \vec{T}(x+\mathrm{d}x) = \vec{0}

En projetant sur l'axe vertical \vec{u}_y :

T(x+\mathrm{d}x) - T(x) = 0 \iff \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x = 0

On en déduit que :

\boxed{\frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}x} = 0 \quad \text{soit} \quad T(x) = \text{Cste}}

La composante algébrique T est donc bien uniforme tout le long de la lame.

2. Équilibre des moments Écrivons le théorème du moment statique appliqué au tronçon en G(x) :

\sum \vec{\mathcal{M}}_{G(x)} = \vec{\mathcal{M}}_{G(x)}(\text{amont}) + \vec{\mathcal{M}}_{G(x+\mathrm{d}x)}(\text{aval}) + \vec{G(x)G(x+\mathrm{d}x)} \wedge \vec{F}_{\text{aval}} = \vec{0}

Avec \vec{G(x)G(x+\mathrm{d}x)} = \mathrm{d}x\,\vec{u}_x, le moment de la force \vec{F}_{\text{aval}} s'écrit :

\vec{G(x)G(x+\mathrm{d}x)} \wedge \vec{T}(x+\mathrm{d}x) = (\mathrm{d}x\,\vec{u}_x) \wedge \left(T(x+\mathrm{d}x)\,\vec{u}_y\right) = T(x+\mathrm{d}x)\,\mathrm{d}x\,\vec{u}_z

Au premier ordre en \mathrm{d}x, T(x+\mathrm{d}x)\,\mathrm{d}x = T(x)\,\mathrm{d}x et M(x+\mathrm{d}x) - M(x) = \frac{\mathrm{d}M}{\mathrm{d}x}\,\mathrm{d}x. L'équilibre des moments projeté selon \vec{u}_z devient :

-M(x) + M(x+\mathrm{d}x) + T(x)\,\mathrm{d}x = 0 \iff \left(\frac{\mathrm{d}M}{\mathrm{d}x} + T\right)\mathrm{d}x = 0

L'équation différentielle liant T à M est donc :

\boxed{\frac{\mathrm{d}M}{\mathrm{d}x} = -T}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les correcteurs ont sanctionné sans concession toute erreur de signe dans les résultats intermédiaires ou finaux.

« Etant donné la simplicité des questions 1 et 2, les correcteurs ont été très regardant sur la justesse des signes des résultats, y compris les résultats intermédiaires. Si ceux-ci étaient faux, l’ensemble des deux questions étaient considérées fausses. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : moment d'une force

Déduire de ces deux résultats l'expression de la composante algébrique du moment en fonction de et .

Voir l'indice

Intégrer \mathrm{d}M/\mathrm{d}x = -T en tenant compte des conditions aux limites à l'extrémité libre x=L, où T(L)=F et M(L)=0.

Voir la stratégie
  1. Déterminer la valeur de la constante T à partir des conditions aux limites à l'extrémité libre x = L (ou en écrivant l'équilibre global du tronçon [x, L]).
  2. Intégrer la relation différentielle \dfrac{\mathrm{d}M}{\mathrm{d}x} = -T établie à la question précédente en utilisant la condition aux limites sur le moment en x = L.
Voir la réponse courte

Conditions aux limites en bout de poutre avec la force ponctuelle F : M(x) = F(x - L).

Voir le corrigé complet

Considérons le tronçon de lame [x, L] compris entre l'abscisse x et l'extrémité libre x = L. Ce tronçon est soumis :

  • en G(x), à l'action de la partie amont [0, x], représentée par la force -\vec{T}(x) = -T \vec{u}_y et le moment -\vec{M}(x) = -M(x) \vec{u}_z ;
  • en B_0 (x = L), à la force extérieure appliquée \vec{F} = F \vec{u}_y (de moment nul en ce point).

À l'équilibre mécanique, le principe fondamental de la statique appliqué au tronçon [x, L] donne :

  • pour la résultante des forces :

    -\vec{T}(x) + \vec{F} = \vec{0} \implies T = F

    ce qui confirme que T est constant et vaut F sur toute la longueur de la lame ;

  • pour le moment résultant en G(x) :

    \begin{aligned} -\vec{M}(x) + \vec{G(x)B_0} \wedge \vec{F} &= \vec{0} \\ -M(x) \vec{u}_z + (L - x)\vec{u}_x \wedge F \vec{u}_y &= \vec{0} \\ \big(-M(x) + F(L - x)\big) \vec{u}_z &= \vec{0} \end{aligned}

On peut également retrouver cette expression par intégration de l'équation différentielle issue de la question 1 :

\frac{\mathrm{d}M}{\mathrm{d}x} = -T = -F \implies M(x) = -F x + C

L'absence de couple ponctuel appliqué en x = L impose la condition aux limites M(L) = 0, d'où C = F L.

On obtient finalement :

\boxed{M(x) = F(L - x)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une rigueur absolue sur les signes était exigée, les erreurs intermédiaires invalidant l'ensemble de la question.

« Etant donné la simplicité des questions 1 et 2, les correcteurs ont été très regardant sur la justesse des signes des résultats, y compris les résultats intermédiaires. Si ceux-ci étaient faux, l’ensemble des deux questions étaient considérées fausses. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral

Notions : déformation élastique, moment fléchissant

En appliquant la relation (1) à chacun des demi-tronçons élémentaires supérieur et inférieur, établir l'équation liant à et . On se souviendra que et donc que .

Voir l'indice

Exprimer l'allongement relatif des fibres situées à la distance \pm h/4 de l'axe neutre en fonction de \mathrm{d}\alpha/\mathrm{d}x, puis relier l'effort normal résultant N au moment fléchissant M par un bras de levier.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment fléchissant M créé par le couple des deux efforts normaux \pm \vec{N} appliqués au centre de gravité de chaque demi-tronçon élémentaire.
  2. Exprimer géométriquement l'allongement \delta L_x de la fibre médiane de chaque demi-tronçon sous l'effet de la rotation relative \mathrm{d}\alpha des sections d'extrémité.
  3. Appliquer la relation de comportement élastique (1) à l'un des demi-tronçons pour relier \frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}x} à M.
Voir la réponse courte

Intégration de la contrainte normale sur la section droite pour relier la courbure \mathrm{d}\alpha/\mathrm{d}x au moment fléchissant M.

Voir le corrigé complet

Chaque demi-tronçon élémentaire possède une longueur au repos L_x = \mathrm{d}x, une largeur b et une épaisseur h/2, soit une section droite :

S = b \times \frac{h}{2}

Le centre de gravité du demi-tronçon supérieur est situé à l'ordonnée y_{\text{sup}} = +\frac{h}{4} et celui du demi-tronçon inférieur à y_{\text{inf}} = -\frac{h}{4}.

Lien entre effort normal et moment fléchissant L'action du moment \vec{M} = M \vec{u}_z est modélisée par un effort normal de compression -\vec{N} = -N \vec{u}_x appliqué en y_{\text{sup}} et un effort de traction +\vec{N} = N \vec{u}_x appliqué en y_{\text{inf}}. Le moment résultant en G s'écrit :

\vec{M} = \left(\frac{h}{4}\vec{u}_y\right) \wedge \left(-N\vec{u}_x\right) + \left(-\frac{h}{4}\vec{u}_y\right) \wedge \left(N\vec{u}_x\right) = N \frac{h}{2}\,\vec{u}_z

On en déduit la relation :

N = \frac{2M}{h}

Déformation géométrique La surface médiane de la lame (y=0), appelée surface neutre, ne subit aucune déformation longitudinale. Sous l'effet de la flexion, les sections planes en x et x+\mathrm{d}x tournent l'une par rapport à l'autre d'un angle relatif \mathrm{d}\alpha. Dans l'approximation des petits angles (|\alpha| \ll 1), la variation de longueur \delta L_x d'une fibre située à l'ordonnée y s'écrit :

\delta L_x(y) = -y\,\mathrm{d}\alpha

Pour la fibre médiane du demi-tronçon inférieur (y = -h/4), l'allongement vaut :

\delta L_x = \frac{h}{4}\mathrm{d}\alpha

Application de la loi de comportement (1) En appliquant la relation (1) à ce demi-tronçon inférieur étiré par l'effort N :

\frac{\delta L_x}{L_x} = \frac{1}{E}\frac{N}{S} \iff \frac{\frac{h}{4}\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}x} = \frac{1}{E}\frac{N}{b\frac{h}{2}} = \frac{2N}{E b h}

En remplaçant N par \frac{2M}{h}, il vient :

\frac{h}{4}\frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}x} = \frac{4M}{E b h^2}

soit finalement :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}x} = \frac{16\,M}{E\,b\,h^3}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le découpage en deux demi-lames a souvent conduit à une relation moment-courbure quatre fois trop faible.

« La question 3 a été, dans l’ensemble, mal traitée. Le découpage de la lame en deux parties de taille h/2 a créé de la confusion chez les candidats qui trouvaient bien souvent une relation moment-courbure 4 fois plus faible que le résultat exact. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : déformée d'une poutre, courbure

À partir du résultat précédent et d'un raisonnement géométrique appliqué à la figure (4), établir que la déformée vérifie l'équation différentielle :

Le paramètre est une constante positive que l'on exprimera en fonction de et .

Voir l'indice

Relier la courbure de la ligne moyenne \mathrm{d}\alpha/\mathrm{d}x à la dérivée seconde \mathrm{d}^2y/\mathrm{d}x^2 dans l'approximation des petits angles (\alpha \approx y'), puis identifier D.

Voir la stratégie
  1. Relier géométriquement l'angle d'inclinaison \alpha(x) à la pente locale de la déformée y'(x) à l'aide de la figure (4).
  2. Utiliser l'approximation des faibles pentes pour dériver cette relation par rapport à x.
  3. Injecter le résultat de la question précédente (Q3) pour identifier l'équation différentielle et la constante D.
Voir la réponse courte

Approximation des petits angles \alpha \approx \mathrm{d}y/\mathrm{d}x pour identifier le module de rigidité D = E b h^3 / 12.

Voir le corrigé complet

D'après la figure (4), \alpha(x) représente l'angle d'inclinaison de la tangente à la ligne moyenne (ou fibre neutre) de la lame par rapport à l'axe horizontal (Ax). La pente locale de la déformée est donnée par :

\tan\alpha(x) = \frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x) = y'(x)

L'énoncé précise que |y'(x)| \ll 1, ce qui implique |\alpha(x)| \ll 1. Au premier ordre en \alpha, il vient :

\alpha(x) \simeq \frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x}(x)

En dérivant cette relation par rapport à l'abscisse x, on obtient :

\frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}x} = \frac{\mathrm{d}^2 y}{\mathrm{d}x^2}

D'après la relation établie à la question Q3 :

\frac{\mathrm{d}\alpha}{\mathrm{d}x} = \frac{16\,M}{E\,b\,h^3}

En combinant ces deux égalités, la déformée vérifie :

\frac{\mathrm{d}^2 y}{\mathrm{d}x^2} = \frac{16}{E\,b\,h^3} M

ce qui se met sous la forme de l'équation (2) :

D\,\frac{\mathrm{d}^2 y}{\mathrm{d}x^2} = M

où la constante positive D, appelée module ou rigidité de flexion de la lame, s'exprime par :

\boxed{D = \frac{E\,b\,h^3}{16}}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : déformée d'une poutre

Déduire des résultats précédents l'expression de la fonction , paramétrée par les grandeurs et .

Voir l'indice

Intégrer deux fois l'équation différentielle D\,y''(x) = F(L-x) avec les conditions d'encastrement en x=0 : y(0)=0 et y'(0)=0.

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression du moment fléchissant M(x) établie en Q2 dans l'équation différentielle de la déformée obtenue en Q4.
  2. Intégrer successivement deux fois par rapport à x en déterminant les constantes d'intégration grâce aux conditions aux limites d'encastrement en x = 0.
Voir la réponse courte

Double intégration de l'équation différentielle avec conditions d'encastrement y(0) = 0 et y'(0) = 0.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle établie à la question Q4 et l'expression du moment fléchissant obtenue à la question Q2 :

D \frac{\mathrm{d}^2 y}{\mathrm{d}x^2} = F(L - x)

La lame étant encastrée rigidement en son point d'attache \mathrm{A} (x = 0), le déplacement transversal ainsi que la pente y sont nuls :

y(0) = 0 \quad \text{et} \quad y'(0) = 0

Une première intégration par rapport à x donne :

\frac{\mathrm{d}y}{\mathrm{d}x} = \frac{F}{D} \left( Lx - \frac{x^2}{2} \right) + C_1

La condition d'encastrement y'(0) = 0 impose C_1 = 0.

Une seconde intégration conduit à :

y(x) = \frac{F}{D} \left( \frac{L x^2}{2} - \frac{x^3}{6} \right) + C_2

La condition y(0) = 0 impose C_2 = 0. On en déduit l'expression de la déformée :

\boxed{y(x) = \frac{F}{6D} x^2 (3L - x)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question était abordable malgré des erreurs antérieures, mais le jury a surveillé de près les signes et coefficients.

« En s’appuyant sur les notations de l’énoncé, il était possible de répondre à la question 5 même avec des erreurs sur les précédentes questions. »

« Les correcteurs ont été particulièrement vigilants aux signes et aux coefficients utilisés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : constante de raideur, flèche

Nous posons . Exprimer, en fonction de et , la flèche et l'angle (définis sur la figure (1)).

Voir l'indice

Calculer f = y(L) et \theta = y'(L) à partir de l'expression de y(x) établie précédemment et introduire la raideur K = 3D/L^3.

Voir la stratégie
  1. Évaluer la déformée y(x) obtenue à la question Q5 en x = L pour obtenir la flèche f = y(L), puis introduire la raideur K = \frac{3D}{L^3}.
  2. Exprimer la pente de la déformée en x = L dans le cadre des petites déformations (\theta \simeq y'(L)), puis exprimer \theta en fonction de K, L et F.
Voir la réponse courte

Évaluation en bout de poutre x = L : flèche f = y(L) = F/K et angle \theta = y'(L) = 3f/(2L).

Voir le corrigé complet

D'après l'expression de la déformée obtenue à la question Q5 :

y(x) = \frac{F}{6D} x^2 (3L - x)

La flèche f correspond au déplacement vertical de l'extrémité libre en x = L :

f = y(L) = \frac{F}{6D} L^2 (3L - L) = \frac{F L^3}{3D}

En introduisant la raideur K = \dfrac{3D}{L^3}, on obtient directement :

\boxed{f = \frac{F}{K}}

L'angle d'inclinaison \theta de la lame en son extrémité libre est relié à la dérivée spatiale de la déformée par l'approximation des petits angles (|y'(x)| \ll 1) :

\theta \simeq \tan \theta = y'(L)

La dérivée première de y(x) s'écrit :

y'(x) = \frac{F}{2D} x (2L - x)

En x = L, la pente vaut :

y'(L) = \frac{F L^2}{2D}

Comme D = \dfrac{K L^3}{3}, on en déduit :

\theta = \frac{F L^2}{2 \left(\dfrac{K L^3}{3}\right)} = \frac{3F}{2KL}
\boxed{\theta = \frac{3F}{2KL}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul de l'angle maximal a posé nettement plus de difficultés que celui de la flèche maximale.

« Si le calcul de la flèche maximale n’a pas dérouté les candidats ayant la bonne équation, l’angle maximal a, par contre, été dans l’ensemble mal traité. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie potentielle élastique

Exprimer, en fonction de et , l'énergie élastique emmagasinée par la lame dans un état de déformation caractérisé par la flèche .

Voir l'indice

Calculer le travail élémentaire de la force externe \vec{F} lors d'une déflexion quasi-statique de 0 à f, ou intégrer la densité volumique d'énergie élastique le long de la lame.

Voir la stratégie
  1. Considérer une mise en charge quasi-statique de la lame par une force extérieure progressive appliquée en son extrémité libre.
  2. Exprimer le travail mécanique fourni par cette force pour amener la flèche de 0 à f, qui est intégralement converti en énergie potentielle élastique emmagasinée.
Voir la réponse courte

Intégration du travail de la force élastique : énergie emmagasinée E_K = \frac{1}{2} K f^2.

Voir le corrigé complet

Lors d'une déformation élastique quasi-statique réversible, la lame passe d'un état non déformé (f' = 0) à un état caractérisé par la flèche f. À chaque instant, la force extérieure s'opposant à la réaction élastique de la lame s'écrit, d'après la relation établie à la question Q6 (f' = F'/K) :

F'(f') = K f'

Le travail mécanique élémentaire fourni par cette force lors d'un accroissement \mathrm{d}f' de la flèche s'écrit :

\delta W = F'(f')\,\mathrm{d}f' = K f'\,\mathrm{d}f'

L'énergie élastique E_K emmagasinée par la lame est égale au travail total fourni au cours de cette charge :

E_K = \int_0^f K f'\,\mathrm{d}f'

On en déduit :

\boxed{E_K = \frac{1}{2} K f^2}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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1.2 · Comportement inertiel

Question 8

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : déformée d'une poutre

Déduire du résultat obtenu à la question (5) l'expression de la fonction .

Voir l'indice

Mettre y(x) = f \cdot \phi(u) sous forme factorisée en fonction de la variable sans dimension u = x/L.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la déformée statique y(x) obtenue à la question 5 ainsi que celle de la flèche f = y(L).
  2. Exprimer le rapport y(x)/f en fonction de la variable adimensionnée u = x/L pour identifier directement la fonction de forme \phi(u).
Voir la réponse courte

Adimensionnement de la déformée y(x) = f \phi(u) avec u = x/L donnant \phi(u) = \frac{1}{2} u^2 (3 - u).

Voir le corrigé complet

D'après la question 5, la déformée statique de la lame s'écrit :

y(x) = \frac{F}{6D} x^2 (3L - x)

La flèche f, définie par le déplacement à l'extrémité libre x = L, vaut :

f = y(L) = \frac{F L^3}{3D}

L'énoncé stipule que le profil spatial de la lame en régime dynamique est assimilé à sa déformée statique, sous la forme :

y(x,t) = \phi(u) \, f(t) \quad \text{avec} \quad u = \frac{x}{L}

Pour tout état statique correspondant à une flèche f, on a donc :

\phi(u) = \frac{y(x)}{f} = \frac{\dfrac{F}{6D} x^2 (3L - x)}{\dfrac{F L^3}{3D}} = \frac{1}{2} \left(\frac{x}{L}\right)^2 \left(3 - \frac{x}{L}\right)

En introduisant u = x/L, on obtient l'expression de la fonction adimensionnée \phi(u) :

\boxed{\phi(u) = \frac{1}{2} u^2 (3 - u) = \frac{3}{2} u^2 - \frac{1}{2} u^3}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il s'agissait simplement d'adimensionner l'équation de la déformée obtenue plus haut.

« Les correcteurs ont été étonnés de voir les difficultés rencontrées par les candidats sur la question 8. Celle-ci consistait uniquement en une adimensionnalisation de l’équation de la déformé trouvée en question 5. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie cinétique, masse effective

En sommant les participations de chaque tronçon élémentaire , établir l'expression de l'énergie cinétique de la lame. En déduire l'expression de sa masse effective en fonction de sa masse . Sur la base d'un argument physique, préciser pourquoi .

Voir l'indice

Écrire l'énergie cinétique élémentaire \mathrm{d}E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2}(\rho S \mathrm{d}x)\dot{y}(x,t)^2, intégrer selon u \in [0,1] pour identifier m_{\mathrm{eff}}, et expliquer pourquoi les parties proches de l'encastrement bougent moins vite que l'extrémité.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse verticale \dot{y}(x,t) d'un élément de matière situé à l'abscisse x à partir de la déformée dynamique y(x,t) = \phi(u)f(t) établie à la question Q8.
  2. Exprimer l'énergie cinétique élémentaire \mathrm{d}E_{\mathrm{c}} d'un tronçon de masse \mathrm{d}m = (m/L)\,\mathrm{d}x, puis intégrer sur toute la longueur de la lame pour obtenir E_{\mathrm{c}}.
  3. Identifier avec la définition E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}}\dot{f}^2 pour déduire m_{\mathrm{eff}}, puis comparer les vitesses locales à la vitesse \dot{f} de l'extrémité libre pour justifier physiquement l'inégalité m_{\mathrm{eff}} < m.
Voir la réponse courte

Intégration de l'énergie cinétique élémentaire conduisant à m_{\mathrm{eff}} = \frac{33}{140} m < m car seule l'extrémité bouge à vitesse maximale.

Voir le corrigé complet

La lame étant homogène de masse totale m et de longueur L, sa masse linéique est uniforme et vaut :

\mu = \frac{m}{L}

La masse d'un tronçon élémentaire [x, x + \mathrm{d}x] est donc :

\mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}x = \frac{m}{L}\,\mathrm{d}x = m\,\mathrm{d}u

où u = x/L \in [0, 1].

D'après l'équation (4) et le résultat de la question Q8, la position verticale d'un point d'abscisse x est donnée par y(x,t) = \phi(u)f(t). Sa vitesse verticale est donc :

v(x,t) = \frac{\partial y}{\partial t}(x,t) = \phi(u)\,\dot{f}(t)

L'énergie cinétique élémentaire de ce tronçon s'écrit alors :

\mathrm{d}E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2} \mathrm{d}m\, v(x,t)^2 = \frac{1}{2} m \dot{f}^2\, [\phi(u)]^2\,\mathrm{d}u

L'énergie cinétique totale s'obtient par intégration le long de la lame :

E_{\mathrm{c}} = \int_0^L \mathrm{d}E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2} m \dot{f}^2 \int_0^1 [\phi(u)]^2\,\mathrm{d}u

En injectant l'expression \phi(u) = \frac{1}{2}(3u^2 - u^3), on développe le terme sous l'intégrale :

\begin{aligned} [\phi(u)]^2 &= \frac{1}{4} \left( 9u^4 - 6u^5 + u^6 \right) \\ \int_0^1 [\phi(u)]^2\,\mathrm{d}u &= \frac{1}{4} \left[ \frac{9}{5}u^5 - u^6 + \frac{1}{7}u^7 \right]_0^1 \\ &= \frac{1}{4} \left( \frac{9}{5} - 1 + \frac{1}{7} \right) = \frac{1}{4} \left( \frac{4}{5} + \frac{1}{7} \right) = \frac{1}{4} \times \frac{33}{35} = \frac{33}{140} \end{aligned}

L'expression de l'énergie cinétique de la lame est donc :

\boxed{E_{\mathrm{c}} = \frac{33}{280}\,m\,\dot{f}^2}

Par identification avec la relation (3) définissant la masse effective, E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}}\dot{f}^2, on en déduit :

\boxed{m_{\mathrm{eff}} = \frac{33}{140}\,m \approx 0{,}24\,m}

Justification physique de l'inégalité m_{\mathrm{eff}} < m :

La fonction \phi(u) est strictement croissante sur [0, 1], variant de \phi(0) = 0 (encastrement immobile) à \phi(1) = 1 (extrémité libre). Ainsi, en tout point intérieur de la lame (x < L), la vitesse verticale vérifie :

|v(x,t)| = \phi(u)\,|\dot{f}| < |\dot{f}|

La majorité de la lame se déplace donc à une vitesse strictement inférieure à celle de son extrémité libre. L'énergie cinétique totale est par conséquent strictement inférieure à celle qu'aurait la masse m si toute la lame se déplaçait à la vitesse maximale \dot{f} :

E_{\mathrm{c}} < \frac{1}{2} m \dot{f}^2 \implies m_{\mathrm{eff}} < m

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez les calculs approximatifs et justifiez l'inégalité sur la masse effective par le sens physique plutôt que par le seul calcul.

« Si l’écriture de l’énergie cinétique sous forme d’intégrale a été bien écrite, ce sont souvent des calculs approximatifs qui donnaient des résultats faux. »

« Les justifications de l’inégalité de la masse effective se basait bien souvent sur des résultats de calcul au lieu de revenir aux significations physiques des phénomènes. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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1.3 · Estimations numériques

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : oscillateur harmonique, fréquence propre

Estimer la valeur de la raideur , de la masse effective et enfin de la fréquence propre (ou, ici, de résonance) de la lame.

Voir l'indice

Calculer numériquement K = E b h^3 / (4 L^3), m = \rho L b h, m_{\mathrm{eff}} = \frac{33}{140}m puis la fréquence propre f_{\mathrm{p}0} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{K/m_{\mathrm{eff}}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la raideur K à partir de la rigidité D obtenue à la question Q4 et de la définition de K rappelée à la question Q6.
  2. Calculer la masse totale m = \rho L b h, puis en déduire la masse effective m_{\text{eff}} = \frac{33}{140}m d'après le résultat de la question Q9.
  3. En déduire la fréquence propre f_{\mathrm{p}0} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{K}{m_{\text{eff}}}}, en respectant la consigne d'arrondi à un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Calculs numériques de la raideur K, de la masse effective m_{\mathrm{eff}} et de la fréquence propre f_{\mathrm{p}0} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{K/m_{\mathrm{eff}}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q4, la rigidité de flexion selon le modèle proposé s'écrit :

D = \frac{E\,b\,h^3}{16}

La raideur équivalente K = \frac{3D}{L^3} s'exprime donc par :

K = \frac{3\,E\,b\,h^3}{16\,L^3}

Avec les données numériques :

  • E = 3\times 10^{11}\text{ N}\cdot\text{m}^{-2}
  • b = 20\text{ }\mu\text{m} = 2\times 10^{-5}\text{ m}
  • h = 2\text{ }\mu\text{m} = 2\times 10^{-6}\text{ m}
  • L = 200\text{ }\mu\text{m} = 2\times 10^{-4}\text{ m}

On calcule :

\begin{aligned} D &= \frac{3\times 10^{11} \times 2\times 10^{-5} \times (2\times 10^{-6})^3}{16} = \frac{48\times 10^{-12}}{16} = 3\times 10^{-12}\text{ N}\cdot\text{m}^2 \\ K &= \frac{3 \times 3\times 10^{-12}}{(2\times 10^{-4})^3} = \frac{9\times 10^{-12}}{8\times 10^{-12}} = \frac{9}{8}\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \approx 1{,}1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{K \approx 1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}}

La masse totale de la lame homogène vaut :

m = \rho\,L\,b\,h = 3000 \times (2\times 10^{-4}) \times (2\times 10^{-5}) \times (2\times 10^{-6}) = 2{,}4\times 10^{-11}\text{ kg}

D'après la question Q9, la masse effective est donnée par :

m_{\text{eff}} = \frac{33}{140}m \approx 0{,}236 \times 2{,}4\times 10^{-11}\text{ kg} \approx 5{,}7\times 10^{-12}\text{ kg}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{m_{\text{eff}} \approx 6\times 10^{-12}\text{ kg}}

La pulsation propre du mode fondamental s'écrit \omega_{\mathrm{p}0} = \sqrt{\frac{K}{m_{\text{eff}}}}, d'où la fréquence propre :

f_{\mathrm{p}0} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{K}{m_{\text{eff}}}}

En effectuant le calcul :

\begin{aligned} \frac{K}{m_{\text{eff}}} &= \frac{9/8}{\frac{33}{140}\times 2{,}4\times 10^{-11}} = \frac{1{,}125}{5{,}66\times 10^{-12}} \approx 1{,}99\times 10^{11}\text{ rad}^2\cdot\text{s}^{-2} \\ \omega_{\mathrm{p}0} &\approx \sqrt{2{,}0\times 10^{11}} \approx 4{,}5\times 10^5\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \\ f_{\mathrm{p}0} &\approx \frac{4{,}5\times 10^5}{2\pi} \approx 7{,}1\times 10^4\text{ Hz} \end{aligned}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{f_{\mathrm{p}0} \approx 7\times 10^4\text{ Hz} = 70\text{ kHz}}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : facteur de qualité, décrément logarithmique

La figure (5) représente l'évolution temporelle de la flèche adimensionnalisée en régime libre, depuis la situation initiale , sa pointe étant soustraite à toute influence de la surface. L'axe des abscisses porte le temps adimensionnalisé où . Estimer, à partir de cette évolution, le facteur de qualité de la lame. On indiquera la méthode suivie.

Voir l'indice

Mesurer la pseudo-période sur le graphe (en unités de \varphi = \omega_{\mathrm{p}0}t), puis estimer l'atténuation de l'enveloppe exponentielle \exp(-\varphi/(2Q_0)) sur plusieurs oscillations.

Voir la stratégie
  1. Établir l'expression analytique de l'enveloppe de la flèche f(\varphi) en fonction du temps adimensionnalisé \varphi = \omega_{\mathrm{p}0} t et du facteur de qualité Q_0.
  2. Définir une méthode d'estimation (temps caractéristique d'atténuation à 1/\mathrm{e} ou décrément logarithmique).
  3. Effectuer la lecture graphique sur la figure (5) et en déduire la valeur numérique de Q_0 avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Mesure du décrément logarithmique sur les oscillations amorties pour en déduire le facteur de qualité Q_0 \approx \pi / \delta.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle régissant l'évolution libre de la lame (oscillateur harmonique amorti) s'écrit sous la forme canonique :

\ddot{f} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0}\,\dot{f} + \omega_{\mathrm{p}0}^2\,f = 0

Pour Q_0 \gg 1, les racines du polynôme caractéristique sont :

r = -\frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{2Q_0} \pm \mathrm{i}\,\omega_{\mathrm{p}0}\sqrt{1 - \frac{1}{4Q_0^2}} \simeq -\frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{2Q_0} \pm \mathrm{i}\,\omega_{\mathrm{p}0}

Compte tenu des conditions initiales (f(0), \dot{f}(0) = 0), la flèche temporelle adimensionnalisée s'exprime par :

\frac{f(t)}{f(0)} \simeq \exp\left(-\frac{\omega_{\mathrm{p}0}\,t}{2Q_0}\right)\cos(\omega_{\mathrm{p}0}\,t)

En introduisant la variable adimensionnée \varphi = \omega_{\mathrm{p}0}\,t, l'enveloppe supérieure des oscillations s'écrit :

A(\varphi) = \exp\left(-\frac{\varphi}{2Q_0}\right)

Méthode employée : L'amplitude est divisée par \mathrm{e} \approx 2{,}72 (soit A(\varphi_{\mathrm{e}}) \approx 0{,}37) pour un temps adimensionnalisé \varphi_{\mathrm{e}} vérifiant :

\frac{\varphi_{\mathrm{e}}}{2Q_0} = 1 \implies Q_0 = \frac{\varphi_{\mathrm{e}}}{2}

Lecture graphique sur la figure (5) :

  • À \varphi = 0, l'amplitude crête vaut A(0) = 1{,}0 ;
  • Le niveau 1/\mathrm{e} \approx 0{,}37 est atteint par les crêtes pour \varphi_{\mathrm{e}} \approx 100 (on observe également qu'à \varphi \approx 160, l'amplitude vaut \approx 0{,}20 \approx \mathrm{e}^{-1{,}6}, ce qui confirme la même pente d'amortissement).

On en déduit la valeur du facteur de qualité :

Q_0 \approx \frac{100}{2} = 50

Avec un seul chiffre significatif, conformément aux consignes :

\boxed{Q_0 \approx 5\times 10^1}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analyse graphique était indépendante des questions précédentes, mais très peu de candidats l'ont réussie.

« La question 11 nécessitait de réaliser une analyse graphique. Celle-ci aurait pu être conduite sans avoir réalisé les questions précédentes. »

« Malgré cette appréciation, très peu de candidats ont bien répondu à cette question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Partie 2 : Interaction entre la surface et la pointe

Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : potentiel de lennard-jones, énergie potentielle

Représenter l'allure graphique du rapport en fonction de la distance adimensionnalisée . Indiquer la nature de l'interaction que représente chacune des composantes de ce potentiel. Préciser, en le justifiant, le signe du paramètre .

Voir l'indice

Étudier les limites en 0 et +\infty, repérer le minimum d'énergie en r=a, identifier la contribution répulsive de Pauli en r^{-12} et attractive de van der Waals en r^{-6}.

Voir la stratégie
  1. Adimensionner le potentiel de Lennard-Jones en posant R = r/a et déterminer les points caractéristiques (zéros, extremum, limites).
  2. Identifier la contribution de chaque terme de l'expression : répulsion à courte portée et attraction à longue distance.
  3. Justifier le signe de U^\star à partir du caractère attractif à grande distance assurant l'existence d'un état lié stable.
Voir la réponse courte

Tracé du potentiel de Lennard-Jones, répulsion à courte distance, attraction de van der Waals à longue distance et signe négatif du puits.

Voir le corrigé complet

L'expression du potentiel d'interaction est :

U(r) = U^\star \left[ \left(\frac{a}{r}\right)^{12} - 2\left(\frac{a}{r}\right)^6 \right]

En introduisant la variable adimensionnée R = \frac{r}{a}, le rapport adimensionné s'écrit :

\frac{U(r)}{U^\star} = \frac{1}{R^{12}} - \frac{2}{R^6}

1. Étude de la fonction et tracé de l'allure graphique :

  • Limites :

    \begin{aligned} \lim_{R \to 0^+} \frac{U(r)}{U^\star} &= +\infty \\ \lim_{R \to +\infty} \frac{U(r)}{U^\star} &= 0^- \end{aligned}
  • Annulation :

    \frac{U(r)}{U^\star} = 0 \iff R^6 = \frac{1}{2} \iff R_0 = 2^{-1/6} \approx 0{,}89
  • Extremum :

    \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}R}\left(\frac{U}{U^\star}\right) = -\frac{12}{R^{13}} + \frac{12}{R^7} = -\frac{12}{R^{13}}\left(1 - R^6\right)

    La dérivée s'annule en R = 1. La fonction y atteint son minimum absolu, qui vaut :

    \left.\frac{U(r)}{U^\star}\right|_{R=1} = 1 - 2 = -1

2. Nature de chacune des composantes du potentiel :

  • Le terme en +\left(\dfrac{a}{r}\right)^{12}, prépondérant à courte distance (r < a), correspond à une interaction répulsive. D'origine quantique, elle traduit la répulsion stérique liée au principe d'exclusion de Pauli lorsque les nuages électroniques se recouvrent.
  • Le terme en -2\left(\dfrac{a}{r}\right)^6, dominant à plus grande distance (r > a), correspond à une interaction attractive. Il modélise les forces de dispersion de van der Waals (interactions dipôle induit - dipôle induit de London).

3. Signe du paramètre U^\star :

La force subie par la pointe s'écrit \vec{F} = -\dfrac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}\,\vec{u}_r. Pour r > a, l'interaction doit être attractive (la sonde est attirée vers la surface), ce qui impose une composante radiale de force attractive :

F_r = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r} < 0 \iff \frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r} > 0

Or, pour R > 1, la dérivée \dfrac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}R}\left(\dfrac{U}{U^\star}\right) est strictement positive. On en déduit :

\boxed{U^\star > 0}

Le paramètre U^\star est donc une énergie caractéristique positive, correspondant à la profondeur du puits de potentiel.

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, interaction de van der waals

Proposer, sur la base d'une argumentation, un ordre de grandeur des paramètres et .

Voir l'indice

Associer a à une distance interatomique typique d'un réseau cristallin et U^\star à l'énergie de liaison faible d'une interaction de van der Waals.

Voir la stratégie
  1. Interpréter physiquement le rôle de a à partir du profil de potentiel établi à la question 12 (position du minimum d'énergie), puis le relier aux distances interatomiques caractéristiques.
  2. Interpréter U^\star comme la profondeur du puits d'énergie, puis identifier la nature physique de l'interaction (forces de van der Waals) pour en déduire l'ordre de grandeur énergétique associé.
Voir la réponse courte

Ordres de grandeur atomiques : distance d'équilibre a \sim 0{,}1 - 0{,}3\text{ nm} et énergie de van der Waals U^\star \sim 10^{-20}\text{ J} \sim 0{,}1\text{ eV}.

Voir le corrigé complet

1. Ordre de grandeur du paramètre de distance a :

D'après l'étude de la fonction U(r) menée à la question 12, la dérivée première s'annule en r = a :

\left.\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}\right|_{r=a} = 0

La distance r = a correspond ainsi à la position d'équilibre mécanique entre l'atome de la sonde et l'atome de la surface. À cette échelle, cette distance est fixée par le recouvrement des nuages électroniques et correspond à une distance interatomique ou à une somme de rayons de van der Waals usuels dans la matière condensée. On a donc typiquement :

\boxed{a \sim 0{,}1 \text{ à } 0{,}3 \text{ nm} \sim 10^{-10} \text{ m}}

2. Ordre de grandeur du paramètre d'énergie U^\star :

La profondeur du puits de potentiel est U(a) = -U^\star. Elle représente l'énergie minimale de liaison associée à l'interaction entre l'atome de la pointe et l'atome de la surface.

  • En l'absence de réaction chimique (pas de liaison covalente ou ionique, qui serait de l'ordre de quelques \text{eV} \sim 10^{-19}\text{ à } 10^{-18} \text{ J}), l'interaction attractive en r^{-6} relève des interactions de van der Waals (interactions dipolaires fluctuantes).
  • Une interaction de van der Waals interatomique possède une énergie de liaison modérée, de l'ordre de quelques dizaines à quelques centaines de milli-électron-volts (\sim 0{,}05\text{ à } 0{,}1\text{ eV}), ce qui est supérieur à l'énergie d'agitation thermique à température ambiante (k_{\mathrm{B}}T \approx 25\text{ meV} \approx 4\times 10^{-21}\text{ J}) pour assurer une liaison stable.

En convertissant en joules (1\text{ eV} \approx 1{,}6\times 10^{-19}\text{ J}) :

\boxed{U^\star \sim 10^{-20}\text{ J} \quad (\sim 0{,}06\text{ à } 0{,}1\text{ eV})}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'ordre de grandeur de l'énergie caractéristique a été fréquemment manqué.

« L’ordre de grandeur du paramètre « a » a souvent été trouvé. Cependant, l’ordre de grandeur de U* a souvent été mal identifié. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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2.1 · Imagerie par mode contact

Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre mécanique, force conservative

Traduire l'équilibre mécanique de la sonde lorsqu'elle est soumise au potentiel . On fera apparaître le paramètre et la variable (flèche).

Voir l'indice

Écrire la condition d'équilibre statique de la pointe : la force de rappel élastique -K f \vec{u}_y compense la force d'interaction -\mathrm{d}U/\mathrm{d}r\,\vec{u}_y, en remarquant que r = r_{\mathrm{A}} + f.

Voir la stratégie
  1. Établir la relation géométrique reliant la distance pointe-surface r, la distance de référence r_{\mathrm{A}} et la flèche f à partir de la figure 1.
  2. Exprimer la force d'interaction pointe-surface à partir du potentiel U(r) et la force de rappel élastique de la lame en fonction de sa raideur K et de la flèche f.
  3. Écrire la condition d'équilibre mécanique de la sonde projetée sur l'axe vertical \vec{u}_y.
Voir la réponse courte

Équilibre de la pointe sous l'action de la force de rappel élastique -K f et de l'interaction -U'(r) avec r = r_{\mathrm{A}} - f.

Voir le corrigé complet

D'après la géométrie du dispositif représentée sur la figure 1, la distance r séparant la pointe de détection en \mathrm{B} de la surface correspond à la somme de la distance au repos r_{\mathrm{A}} (position \mathrm{B}_0 de la pointe pour une lame non fléchie) et du déplacement vertical f (flèche) de l'extrémité libre :

r = r_{\mathrm{A}} + f \iff f = r - r_{\mathrm{A}}

À l'équilibre, la sonde est soumise à deux actions mécaniques verticales (en négligeant la pesanteur) :

  • la force d'interaction exercée par la surface (4) sur la pointe (3), dérivant du potentiel U(r) :

    \vec{F}_{\mathrm{surf}\to\mathrm{sonde}} = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r} \vec{u}_y
  • la force de rappel élastique exercée par la lame sur son extrémité libre \mathrm{B}, qui s'oppose à la déflexion. D'après le résultat de la question 6 (f = F/K), la lame se comporte comme un ressort de raideur équivalente K :

    \vec{F}_{\mathrm{rappel}} = -K f \vec{u}_y

L'équilibre mécanique de la sonde (\vec{F}_{\mathrm{surf}\to\mathrm{sonde}} + \vec{F}_{\mathrm{rappel}} = \vec{0}) projeté sur l'axe (Oy) s'écrit alors :

-\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r) - K f = 0

En faisant apparaître le paramètre r_{\mathrm{A}} et la variable f via r = r_{\mathrm{A}} + f, on obtient la condition d'équilibre :

\boxed{K f = -\left.\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}\right|_{r = r_{\mathrm{A}} + f}}

ou, formulée de manière équivalente en fonction de la variable de position r :

\boxed{K(r - r_{\mathrm{A}}) = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r)}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre mécanique, adimensionnement

Établir que cette équation d'équilibre prend la forme :

Le facteur est une constante positive que l'on exprimera en fonction de et , et dont on donnera une interprétation physique.

Voir l'indice

Dériver le potentiel U(r) par rapport à r, adimensionner par a et réorganiser l'égalité sous la forme G(R-R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R) en isolant G.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force d'interaction conservative dérivant du potentiel de Lennard-Jones U(r).
  2. Réinjecter cette force dans l'équation d'équilibre de la sonde obtenue à la question Q14.
  3. Adimensionner les distances à l'aide de l'échelle atomique a pour identifier la forme proposée et en déduire G.
  4. Analyser la dimension et la signification physique de G.
Voir la réponse courte

Adimensionnement de la condition d'équilibre avec G = K a^2 / (6 U^\star) représentant le rapport raideur élastique sur raideur d'interaction.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q14, l'équilibre de la sonde s'écrit :

K(r - r_{\mathrm{A}}) = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r)

Le potentiel d'interaction donné par l'équation (5) de l'énoncé s'exprime par :

U(r) = U^\star \left[ \left(\frac{a}{r}\right)^{12} - 2\left(\frac{a}{r}\right)^6 \right]

En dérivant par rapport à r, on obtient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r) &= U^\star \left[ -12 \frac{a^{12}}{r^{13}} - 2(-6) \frac{a^6}{r^7} \right] \\ &= -\frac{12 U^\star}{a} \left[ \left(\frac{a}{r}\right)^{13} - \left(\frac{a}{r}\right)^7 \right] \end{aligned}

La force d'interaction exercée par la surface sur la sonde s'écrit donc :

F = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r) = \frac{12 U^\star}{a} \left[ \left(\frac{a}{r}\right)^{13} - \left(\frac{a}{r}\right)^7 \right]

En introduisant les grandeurs adimensionnées R = \frac{r}{a} et R_{\mathrm{A}} = \frac{r_{\mathrm{A}}}{a}, le premier membre de la condition d'équilibre devient :

K(r - r_{\mathrm{A}}) = K a (R - R_{\mathrm{A}})

et le second membre s'exprime à l'aide de la fonction \Phi(R) = \frac{1}{R^{13}} - \frac{1}{R^7} :

-\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r} = \frac{12 U^\star}{a}\,\Phi(R)

L'égalité des forces se met alors sous la forme :

K a (R - R_{\mathrm{A}}) = \frac{12 U^\star}{a}\,\Phi(R) \iff \frac{K a^2}{12 U^\star} (R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R)

Cette équation s'identifie bien à la relation (6) :

G \times (R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R)

avec :

\boxed{G = \frac{K a^2}{12 U^\star}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le résultat s'obtenait par un simple réarrangement des termes de l'équation précédente.

« La question 15 a étonnamment bloqué certains candidats ayant bien répondu à la question 14 alors que l’une se déduisait de la précédente par une simple manipulation des termes de l’équation. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre mécanique, méthode graphique

Illustrer graphiquement la résolution de l'équation (6).

Voir l'indice

Représenter sur un même schéma la courbe \Phi(R) et la droite de pente G passant par l'abscisse R_{\mathrm{A}} sur l'axe des abscisses.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'équation d'équilibre (6) sous la forme d'une égalité entre deux fonctions de la variable adimensionnée R : la fonction d'interaction interatomique \Phi(R) et la fonction affine de rappel élastique y(R) = G(R - R_{\mathrm{A}}).
  2. Représenter sur un même graphique la courbe y = \Phi(R) et la droite de charge mécanique de pente G passant par le point (R_{\mathrm{A}},\, 0).
  3. Montrer que les abscisses des points d'intersection correspondent aux positions d'équilibre mécanique de la pointe AFM.
Voir la réponse courte

Intersection graphique entre la droite de pente G issue de R_{\mathrm{A}} et la courbe \Phi(R).

Voir le corrigé complet

L'équation d'équilibre mécanique de la pointe s'écrit :

G(R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R)

Les solutions de cette équation correspondent aux abscisses R des points d'intersection entre :

  • la courbe fixe y_1(R) = \Phi(R) = \dfrac{1}{R^{13}} - \dfrac{1}{R^7}, caractéristique du potentiel d'interaction interatomique (nulle en R=1, présentant un minimum négatif au voisinage de R \approx 1{,}1 et tendant vers 0 par valeurs négatives lorsque R \to +\infty) ;
  • la droite de rappel élastique de la lame y_2(R) = G(R - R_{\mathrm{A}}), dont la pente est la raideur adimensionnée G > 0 et dont l'abscisse à l'origine est R = R_{\mathrm{A}} (position de repos de la lame non fléchie).

Selon la valeur de la pente G et de l'abscisse R_{\mathrm{A}} :

  • si la pente G est suffisamment grande (G > G_{\mathrm{c}}), il existe une unique intersection quel que soit R_{\mathrm{A}}, ce qui garantit un état d'équilibre univoque et stable ;
  • si la pente G est faible (G < G_{\mathrm{c}}), il peut exister, pour certaines valeurs de R_{\mathrm{A}}, trois intersections (R_1, R_2, R_3), traduisant une situation de bistabilité mécanique (deux équilibres stables encadrant un équilibre instable).
Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury exigeait des axes bien légendés et des paramètres clairement identifiés sur le graphique.

« Les correcteurs ont été attentifs à ce que les axes soient bien référencés et que les paramètres soient clairement identifiés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : stabilité d'un équilibre, bifurcation

La figure (6) représente graphiquement la fonction . Estimer, à partir de cette figure, la valeur du paramètre critique au-dessus duquel l'équation (6) admet une unique solution, quel que soit .

Voir l'indice

Identifier la condition d'unicité avec la pente critique : la droite ne coupe la courbe qu'en un seul point pour tout R_{\mathrm{A}} si G > G_{\mathrm{c}} = \max |\Phi'(R)| dans la zone de pente négative.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition mathématique assurant l'unicité de la solution de l'équation G(R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R) pour toute position R_{\mathrm{A}}.
  2. Relier cette condition à la pente maximale de la fonction \Phi(R), atteinte en son point d'inflexion.
  3. Estimer graphiquement cette pente sur la figure (6).
Voir la réponse courte

La valeur critique G_{\mathrm{c}} correspond à la pente maximale de \Phi(R), déterminée graphiquement au point d'inflexion.

Voir le corrigé complet

L'équation d'équilibre (6) s'écrit sous la forme :

g(R) = G(R - R_{\mathrm{A}}) - \Phi(R) = 0

Pour que cette équation admette une unique solution quel que soit le paramètre de position R_{\mathrm{A}} (c'est-à-dire pour toute translation horizontale de la droite de charge), la fonction g doit être strictement monotone (ici strictement croissante) sur tout son domaine de définition :

\forall R > 0, \quad g'(R) = G - \frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}R}(R) > 0 \iff G > \frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}R}(R)

La valeur critique G_{\mathrm{c}} correspond donc à la valeur maximale de la dérivée de \Phi par rapport à R :

G_{\mathrm{c}} = \max_{R} \left( \frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}R} \right)

Sur la figure (6), cette pente maximale est atteinte au point d'inflexion situé sur la branche croissante de la courbe, entre le minimum local (situé vers R \approx 1{,}1, où \Phi \approx -0{,}23) et l'asymptote horizontale en +\infty.

Au voisinage du point d'inflexion (R \approx 1{,}2 à 1{,}3), on relève sur le graphe :

  • pour R_1 \approx 1{,}15, \Phi(R_1) \approx -0{,}23 ;
  • pour R_2 \approx 1{,}45, \Phi(R_2) \approx -0{,}05.

Le taux de variation au voisinage de ce point donne :

\left( \frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}R} \right)_{\max} \approx \frac{\Phi(R_2) - \Phi(R_1)}{R_2 - R_1} \approx \frac{-0{,}05 - (-0{,}23)}{1{,}45 - 1{,}15} = \frac{0{,}18}{0{,}30} = 0{,}6

Avec un seul chiffre significatif comme demandé :

\boxed{G_{\mathrm{c}} \approx 0{,}6}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention à ne pas fausser l'ordre de grandeur par des arrondis excessifs et à bien repérer le point d'inflexion.

« Cette question a souvent été mal traitée en raison d’arrondi trop important faisant changer d’ordre de grandeur ou suite à une mauvaise identification du point d’inflexion. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : constante de raideur, ordre de grandeur

Nous adoptons la valeur trouvée de comme référence et fixons . En déduire l'ordre de grandeur de la raideur correspondante de la lame. Vérifier qu'il est cohérent avec la valeur trouvée en réponse à la question (10).

Voir l'indice

Utiliser l'expression K = 12 G_{\mathrm{c}} U^\star / a^2 avec les ordres de grandeur de a et U^\star choisis pour vérifier la concordance avec la sous-partie mécanique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la raideur K en fonction de G_{\mathrm{c}}, U^\star et a à partir de la relation établie à la question 15.
  2. Évaluer numériquement l'ordre de grandeur de K à l'aide des valeurs de U^\star, G_{\mathrm{c}} et de la distance caractéristique interatomique a.
  3. Comparer la valeur obtenue à celle déterminée à la question 10 et commenter la cohérence physique.
Voir la réponse courte

Déduction de K = 6 G_{\mathrm{c}} U^\star / a^2 \sim 1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} en bon accord avec la raideur de la poutre.

Voir le corrigé complet

D'après la question 15, le paramètre sans dimension G est défini par :

G = \frac{K a^2}{12\,U^\star}

En prenant pour référence la valeur critique G_{\mathrm{c}} déterminée à la question 17, la raideur correspondante de la lame s'exprime sous la forme :

K = \frac{12\,U^\star G_{\mathrm{c}}}{a^2}

Pour l'estimation numérique, nous utilisons :

  • U^\star = 10^{-20}\text{ J} (donnée de l'énoncé),
  • G_{\mathrm{c}} \approx 0{,}6 (d'après la question 17),
  • a \sim 3\times 10^{-10}\text{ m} = 0{,}3\text{ nm} (ordre de grandeur d'une distance interatomique estimé à la question 13).

On obtient ainsi :

\begin{aligned} K &\sim \frac{12 \times 10^{-20} \times 0{,}6}{(3\times 10^{-10})^2} \\ K &\sim \frac{7{,}2 \times 10^{-20}}{9 \times 10^{-20}} \approx 0{,}8\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \sim 1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}
\boxed{K \sim 1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}}

À la question 10, le calcul de la raideur mécanique de la micropoutre en nitrure de silicium avait conduit à :

K \approx 1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}

L'ordre de grandeur obtenu est donc parfaitement cohérent avec les dimensions et le matériau choisis pour la lame.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à répondre aux deux sous-questions, la seconde ayant été très largement oubliée.

« Les candidats ont très majoritairement oublié de traiter la deuxième sous-question et la première à elle-même été majoritairement mal traitée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force d'interaction, ordre de grandeur

Associer une force caractéristique à la force d'interaction entre la surface et la sonde. Déduire de ce résultat et du précédent l'ordre de grandeur de la flèche caractéristique . Commenter brièvement ces résultats.

Voir l'indice

Poser F^\star = U^\star/a puis f^\star = F^\star/K, et comparer cette déflexion aux dimensions nanométriques mesurées.

Voir la stratégie
  1. Par analyse dimensionnelle ou à partir de l'expression de la force F = -\dfrac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}, définir l'échelle d'effort caractéristique F^\star associée au potentiel de Lennard-Jones.
  2. Relier la flèche caractéristique f^\star à F^\star par la raideur K déterminée précédemment (f = F/K), puis évaluer son ordre de grandeur.
  3. Commenter la pertinence métrologique de ces ordres de grandeur pour un microscope à force atomique.
Voir la réponse courte

Évaluation de F^\star = 6 U^\star / a \sim 0{,}1\text{ nN} et flèche associée f^\star \sim 0{,}1\text{ nm}, montrant une sensibilité à l'échelle atomique.

Voir le corrigé complet

La force d'interaction entre la surface et la pointe s'obtient par dérivation du potentiel U(r) :

F(r) = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r} = \frac{12\,U^\star}{a} \left[ \left(\frac{a}{r}\right)^{13} - \left(\frac{a}{r}\right)^7 \right] = \frac{12\,U^\star}{a}\,\Phi(R)

On associe donc naturellement à cette interaction la force caractéristique :

\boxed{F^\star = \frac{U^\star}{a}}

Avec U^\star \sim 10^{-20}\text{ J} et a \sim 10^{-10}\text{ m} (questions Q13 et Q18), on obtient l'ordre de grandeur :

F^\star \sim \frac{10^{-20}}{10^{-10}} \sim 10^{-10}\text{ N} = 0{,}1\text{ nN} \quad (\text{ou } \sim 1\text{ nN si l'on tient compte du facteur } 12)

D'après la relation liant la flèche à la force appliquée (question Q6), la flèche caractéristique associée vaut :

\boxed{f^\star = \frac{F^\star}{K} = \frac{U^\star}{K a}}

Avec K \sim 1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1} (questions Q10 et Q18), il vient :

f^\star \sim \frac{10^{-10}\text{ N}}{1\text{ N}\cdot\text{m}^{-1}} \sim 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm} \sim a

Commentaires :

  • La force mesurée est extrêmement faible, de l'ordre du nanonewton (10^{-10}\text{ à } 10^{-9}\text{ N}), ce qui est bien représentatif des forces d'interaction interatomiques et de van der Waals à l'échelle d'une liaison unique.
  • La flèche correspondante est de l'ordre de grandeur des dimensions atomiques (0{,}1\text{ nm} = 1\text{ \AA}). Pour dresser une cartographie à résolution atomique, le système de mesure optique doit donc être capable de détecter des variations de flèche sub-nanométriques, ce qui justifie l'utilisation d'un bras de levier optique (étudié en partie 3).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une erreur sur la raideur de la lame se répercutait directement sur l'évaluation de la flèche.

« Une mauvaise estimation de la raideur de la lame entrainait donc une erreur sur le calcul de la flèche. Cette question a donc mis en difficulté les candidats. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre mécanique, bistabilité

Représenter graphiquement l'allure de la dépendance correspondante de avec , dans le cas où .

Voir l'indice

Pour G=1 > G_{\mathrm{c}}, la bijection est stricte : tracer f/a = R - R_{\mathrm{A}} = \Phi(R)/G directement en exploitant la courbe de \Phi(R).

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport adimensionné f/a en fonction de \Phi(R) et de G à partir de l'équation d'équilibre mécanique de la question Q15.
  2. Discuter le comportement du système lors du cycle imposé sur R_{\mathrm{A}}, en tenant compte de la condition G = 1 > G_{\mathrm{c}}.
  3. Tracer l'allure de la courbe f/a = \Phi(R) avec ses points remarquables et le sens de parcours.
Voir la réponse courte

Pour G = 1 > G_{\mathrm{c}}, la relation R(R_{\mathrm{A}}) est bijective : tracé monotone de la déflexion sans saut mécanique.

Voir le corrigé complet

D'après la condition cinématique établie à la question Q14, la flèche f et la distance pointe-surface r sont reliées par :

r = r_{\mathrm{A}} + f \iff \frac{f}{a} = R - R_{\mathrm{A}}

L'équation d'équilibre établie à la question Q15 s'écrit :

G \times (R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R)

On en déduit directement la relation générale liant la flèche adimensionnée f/a à la distance adimensionnée R :

\frac{f}{a} = \frac{\Phi(R)}{G}

Pour la valeur fixée G = 1, cette relation devient simplement :

\boxed{\frac{f}{a} = \Phi(R) = \frac{1}{R^{13}} - \frac{1}{R^7}}

Puisque G = 1 > G_{\mathrm{c}} \approx 0{,}6 (valeur critique obtenue à la question Q17), l'équilibre est univoque et stable pour toute valeur de R_{\mathrm{A}}. Lors du parcours du cycle R_{\mathrm{A}} : 2{,}2 \searrow 0{,}8 \nearrow 2{,}2 :

  • à l'approche (R_{\mathrm{A}} décroît de 2{,}2 à 0{,}8), la distance R diminue de R \approx 2{,}2 jusqu'à R \approx 0{,}98 (R - 0{,}8 = \Phi(R)). La flèche, initialement quasi nulle, devient négative dans la zone attractive (f/a atteint son minimum en R_{\text{min}} = (13/7)^{1/6} \approx 1{,}11 avec f/a \approx -0{,}25), s'annule en R = 1, puis devient positive dans le domaine répulsif ;
  • au retrait (R_{\mathrm{A}} croît de 0{,}8 à 2{,}2), le système parcourt exactement le même chemin en sens inverse, sans hystérésis.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'appui sur des schémas et des tracés de courbes a permis d'éviter les erreurs d'explication écrite.

« Les explications écrites données étaient bien souvent fausses et ce sont les candidats ayant répondu par des schémas et des courbes qui ont bien souvent eu des bonnes réponses. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 21

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : bistabilité, hystérésis

Même question que la précédente, mais dans le cas où . En déduire l'allure graphique de la dépendance de la flèche avec le paramètre de distance . Interpréter ce résultat.

Voir l'indice

Pour G=1/4 < G_{\mathrm{c}}, la droite présente plusieurs intersections selon R_{\mathrm{A}} : tracer la branche d'équilibre en montrant les sauts discontinus (snap-in à l'approche, snap-out au retrait) caractéristiques d'une hystérésis mécanique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer d'abord le rapport adimensionné f/a en fonction de R à partir de la relation d'équilibre G(R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R) établie à la question Q15.
  2. Identifier que la valeur G = 1/4 = 0{,}25 est inférieure à la valeur critique G_{\mathrm{c}} \approx 0{,}6 déterminée à la question Q17 : il existe une zone de bistabilité où la droite d'élasticité coupe \Phi(R) en trois points, dont une branche instable (\Phi'(R) > G).
  3. Tracer l'allure de f/a en fonction de R, en indiquant les branches stables et le saut d'instabilité parcouru lors du cycle de R_{\mathrm{A}}.
  4. En déduire le tracé de la flèche f en fonction du paramètre de commande R_{\mathrm{A}}, en mettant en évidence le cycle d'hystérésis (phénomènes de « saut au contact » ou snap-in, et de « décollement » ou snap-out).
  5. Interpréter physiquement ce comportement non réversible.
Voir la réponse courte

Pour G < G_{\mathrm{c}}, apparition de trois racines menant à un saut de contact (snap-in / snap-out) et un cycle d'hystérésis.

Voir le corrigé complet

D'après la relation d'équilibre (6) établie à la question Q15 :

G(R - R_{\mathrm{A}}) = \Phi(R) \quad \text{avec} \quad f = r - r_{\mathrm{A}} = a(R - R_{\mathrm{A}})

On en déduit la relation liant la flèche adimensionnée à la distance R :

\frac{f}{a} = \frac{\Phi(R)}{G} = 4\,\Phi(R) \quad \left(\text{car } G = \frac{1}{4}\right)

La fonction f/a(R) conserve la même forme que \Phi(R), avec une amplitude multipliée par 4. Le minimum se situe en R_{\min} = (13/7)^{1/6} \approx 1{,}11 avec (f/a)_{\min} = 4\Phi(R_{\min}) \approx 4 \times (-0{,}25) = -1.

Cependant, comme G = 0{,}25 < G_{\mathrm{c}} \approx 0{,}6, la raideur de la lame K est inférieure au gradient maximal de la force attractive. La condition de stabilité d'un équilibre impose :

\frac{\mathrm{d}^2 E_{\mathrm{p}}}{\mathrm{d}r^2} > 0 \iff G - \Phi'(R) > 0 \iff \Phi'(R) < G

La portion de courbe où \Phi'(R) > G = 1/4 correspond à des équilibres instables. Lors de l'exploration de R_{\mathrm{A}} selon le cycle 2{,}2 \searrow 0{,}8 \nearrow 2{,}2, la pointe subit des transitions brutales (sauts) lorsque la droite de pente G devient tangente à \Phi(R) (\Phi'(R) = G) :

Allure de la flèche f en fonction du paramètre de distance R_{\mathrm{A}} :

  • À l'approche (R_{\mathrm{A}} décroît de 2{,}2 vers 0{,}8) : la pointe est d'abord peu défléchie (f \approx 0). Au fur et à mesure que la pointe approche, l'attraction augmente lentement (f < 0). À une distance critique R_{\mathrm{A},\mathrm{in}}, le gradient attractif surpasse la raideur K : la pointe « saute au contact » de la surface (snap-in). Elle plonge dans le puits de potentiel, franchit la position d'équilibre et se retrouve sur la branche répulsive (f > 0). Ensuite, la répulsion augmente linéairement avec la poussée : f croît fortement lorsque R_{\mathrm{A}} descend jusqu'à 0{,}8.
  • Au retrait (R_{\mathrm{A}} croît de 0{,}8 vers 2{,}2) : la pointe reste en contact sur la branche répulsive, f diminue, s'annule, puis devient fortement négative car les forces attractives (adhésion) retiennent la pointe. Le décollement ne s'effectue pas en R_{\mathrm{A},\mathrm{in}}, mais à une distance plus grande R_{\mathrm{A},\mathrm{out}} > R_{\mathrm{A},\mathrm{in}} : c'est le « saut de rupture » (snap-out). La lame se détend alors brutalement pour revenir sur la branche libre (f \approx 0).

Interprétation physique :

\boxed{\text{Pour } G < G_{\mathrm{c}}\text{, le système est bistable et présente un cycle d'hystérésis mécanique (snap-in et snap-out).}}

Cette hystérésis est la conséquence de la non-linéarité du potentiel d'interaction combinée à une lame trop souple (K trop faible pour compenser le gradient de la force attractive). Le système ne peut pas explorer de manière réversible et continue l'ensemble des distances pointe-surface r.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'appui sur des schémas et des tracés de courbes a permis d'éviter les erreurs d'explication écrite.

« Les explications écrites données étaient bien souvent fausses et ce sont les candidats ayant répondu par des schémas et des courbes qui ont bien souvent eu des bonnes réponses. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : hystérésis, microscope à force atomique

Tirer les conclusions pratiques des résultats obtenus en réponse aux questions (20) et (21).

Voir l'indice

Conclure sur le choix de la raideur du levier : en mode contact, une raideur suffisante (G > G_{\mathrm{c}}) évite le saut incontrôlé au contact (collage de la pointe sur l'échantillon).

Voir la stratégie
  1. Rappeler le comportement mécanique de la pointe pour chaque régime (G > G_{\mathrm{c}} et G < G_{\mathrm{c}}).
  2. Identifier les avantages et inconvénients métrologiques liés au choix de la raideur K (sensibilité vs stabilité).
  3. En déduire les conséquences directes sur la mise en œuvre de l'AFM en mode contact et la justification des modes dynamiques (non-contact).
Voir la réponse courte

Intérêt d'avoir une lame assez raide (G > G_{\mathrm{c}}) pour éviter le snap-in incontrôlé de la pointe sur la surface.

Voir le corrigé complet

Les résultats des questions précédentes permettent de dégager deux conclusions pratiques majeures pour le fonctionnement d'un AFM :

  1. Compromis sur le choix de la raideur K du levier :

    • Levier rigide (G > G_{\mathrm{c}}, soit K > K_{\mathrm{c}}) : la réponse est univoque, stable et exempte de discontinuité ou d'hystérésis mécanique. En contrepartie, une raideur K élevée réduit la déflexion mesurable f = F/K à force donnée (perte de sensibilité) et impose des forces d'appui plus importantes pouvant endommager des échantillons mous (échantillons biologiques, polymères).
    • Levier souple (G < G_{\mathrm{c}}, soit K < K_{\mathrm{c}}) : il offre une excellente sensibilité aux faibles forces mais conduit inévitablement au phénomène de saut au contact (snap-in ou jump-to-contact) lors de l'approche, et à un saut de décollement retardé (snap-out) lors du retrait.
  2. Limitation du mode contact et nécessité des modes dynamiques :

    • En mode contact quasi-statique avec un levier souple, il est impossible de sonder de façon continue et réversible la région attractive (R > 1) en raison de l'instabilité mécanique dès que le gradient d'attraction dépasse la raideur de la lame (|\mathrm{d}F/\mathrm{d}r| > K).
    • Pour exploiter la zone attractive sans subir le collage destructeur de la pointe sur la surface, il est nécessaire de faire osciller la lame : c'est le principe du mode non-contact dynamique (étudié dans la sous-partie suivante).
Voir ce qu'a relevé le jury

Les réponses appuyées sur des tracés et des schémas ont été bien plus convaincantes que de longues explications écrites.

« Les explications écrites données étaient bien souvent fausses et ce sont les candidats ayant répondu par des schémas et des courbes qui ont bien souvent eu des bonnes réponses. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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2.2 · Imagerie par mode non-contact

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : énergie mécanique, oscillateur mécanique

Exprimer l'énergie mécanique totale de la lame lorsqu'elle oscille et que la pointe est en interaction avec la surface. On fera apparaître le paramètre et la variable (flèche). On n'explicitera pas la dépendance du potentiel avec la distance, on précisera seulement son argument.

Voir l'indice

Additionner l'énergie cinétique effective, l'énergie potentielle élastique du levier \frac{1}{2}K f^2 et l'énergie potentielle d'interaction U(r_{\mathrm{A}}+f).

Voir la stratégie
  1. Identifier les contributions à l'énergie mécanique totale du système constitué par la lame oscillante et sa pointe : l'énergie cinétique associée au mode fondamental, l'énergie potentielle élastique de déformation de la lame, et l'énergie potentielle d'interaction pointe-surface.
  2. Exprimer la distance pointe-surface r en fonction de la distance au repos r_{\mathrm{A}} et de la flèche f, conformément à la géométrie du problème.
Voir la réponse courte

Somme de l'énergie cinétique effective, de l'énergie élastique et de l'interaction : E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U(r_{\mathrm{A}} - f).

Voir le corrigé complet

L'énergie mécanique totale E du système comprend trois contributions :

  • l'énergie cinétique de la lame en oscillation dans son mode fondamental, donnée par la relation (3) :

    E_{\mathrm{c}} = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2
  • l'énergie potentielle élastique emmagasinée par la lame en flexion, établie à la question 7 :

    E_K = \frac{1}{2} K f^2
  • l'énergie potentielle d'interaction entre la pointe et la surface E_{\mathrm{p,int}} = U(r).

D'après la géométrie définie sur la figure 1 (et rappelée à la question 14), la distance effective sonde-surface r s'exprime en fonction de la distance hors déformation r_{\mathrm{A}} et de la flèche f par :

r = r_{\mathrm{A}} + f

L'effet de la pesanteur étant négligé selon les hypothèses générales du sujet, l'énergie mécanique totale s'écrit donc :

\boxed{E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U(r_{\mathrm{A}} + f)}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : développement limité, énergie potentielle

Développer l'expression de l'énergie au voisinage d'un état présupposé d'équilibre caractérisé par la flèche . On ne fera porter ce développement que sur le potentiel , en le limitant à l'ordre 2 vis-à-vis de l'écart . Par ailleurs, on notera simplement , et le potentiel et ses dérivées première et deuxième correspondant à l'état d'équilibre (c'est-à-dire que l'on ne les explicitera pas).

Voir l'indice

Appliquer un développement de Taylor à l'ordre 2 de la fonction U au voisinage de r_{\mathrm{eq}} = r_{\mathrm{A}} + f_{\mathrm{eq}} en puissances de (f - f_{\mathrm{eq}}).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la variation de distance (r - r_{\mathrm{eq}}) en fonction de l'écart de flèche (f - f_{\mathrm{eq}}).
  2. Réaliser le développement de Taylor à l'ordre 2 de l'énergie potentielle d'interaction U(r) au voisinage de la position d'équilibre r_{\mathrm{eq}}.
  3. Réinjecter cette approximation dans l'expression de l'énergie mécanique totale E établie à la question Q23.
Voir la réponse courte

Taylor à l'ordre deux en (f - f_{\mathrm{eq}}) faisant apparaître le terme d'ordre un nul à l'équilibre et une raideur effective modifiée.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q23, la distance entre la surface et la pointe s'écrit r = r_{\mathrm{A}} + f. À la position d'équilibre, on a de même r_{\mathrm{eq}} = r_{\mathrm{A}} + f_{\mathrm{eq}}, d'où :

r - r_{\mathrm{eq}} = f - f_{\mathrm{eq}}

Effectuons le développement de Taylor de la fonction potentiel U(r) au voisinage de r_{\mathrm{eq}} à l'ordre 2 par rapport à (r - r_{\mathrm{eq}}) :

U(r) = U(r_{\mathrm{eq}}) + \left.\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}\right|_{r_{\mathrm{eq}}} (r - r_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} \left.\frac{\mathrm{d}^2U}{\mathrm{d}r^2}\right|_{r_{\mathrm{eq}}} (r - r_{\mathrm{eq}})^2 + o\left((r - r_{\mathrm{eq}})^2\right)

En adoptant les notations imposées par l'énoncé (U_{\mathrm{eq}} = U(r_{\mathrm{eq}}), U'_{\mathrm{eq}} = U'(r_{\mathrm{eq}}) et U''_{\mathrm{eq}} = U''(r_{\mathrm{eq}})), ce développement s'écrit directement en fonction de l'écart (f - f_{\mathrm{eq}}) :

U(r_{\mathrm{A}} + f) = U_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}})^2 + o\left((f - f_{\mathrm{eq}})^2\right)

En reportant cette approximation dans l'expression de l'énergie mécanique totale obtenue à la question Q23 :

E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U(r_{\mathrm{A}} + f)

on obtient le développement demandé :

\boxed{E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}})^2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le développement limité à l'ordre deux a occasionné de très nombreuses erreurs de calcul.

« Les correcteurs ont regretté de constater autant d’erreurs dans le développement limité du deuxième ordre de la question 24. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : petite oscillation, oscillateur harmonique

En déduire l'équation différentielle du deuxième ordre vérifiée par la flèche . On négligera ici toute cause de dissipation de l'énergie mécanique.

Voir l'indice

Dériver l'énergie mécanique par rapport au temps (\mathrm{d}E/\mathrm{d}t = 0), simplifier par \dot{f}, et utiliser la relation d'équilibre statique du premier ordre pour éliminer les termes constants.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la conservation de l'énergie mécanique totale E en l'absence de dissipation : \dfrac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = 0.
  2. Dériver par rapport au temps l'expression de E obtenue au voisinage de l'équilibre à la question Q24.
  3. Utiliser la condition d'équilibre mécanique pour simplifier le terme linéaire et mettre l'équation sous forme canonique.
Voir la réponse courte

Dérivation temporelle de l'énergie mécanique conservée conduisant à \ddot{f} + \frac{K - U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}}(f - f_{\mathrm{eq}}) = 0.

Voir le corrigé complet

En l'absence de toute cause de dissipation, l'énergie mécanique totale E de la lame se conserve au cours du mouvement :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = 0

En dérivant par rapport au temps le développement de l'énergie mécanique obtenu à la question Q24 :

E = \frac{1}{2} m_{\mathrm{eff}} \dot{f}^2 + \frac{1}{2} K f^2 + U_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) + \frac{1}{2} U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}})^2

il vient :

\frac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}t} = m_{\mathrm{eff}} \dot{f} \ddot{f} + K f \dot{f} + U'_{\mathrm{eq}} \dot{f} + U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) \dot{f} = 0

Pour un mouvement oscillatoire non trivial, la vitesse \dot{f} n'est pas identiquement nulle. On peut donc simplifier par \dot{f} :

m_{\mathrm{eff}} \ddot{f} + K f + U'_{\mathrm{eq}} + U''_{\mathrm{eq}}(f - f_{\mathrm{eq}}) = 0

Par définition de la position d'équilibre f_{\mathrm{eq}} (établie à la question Q14), la résultante des forces statiques s'annule :

- K f_{\mathrm{eq}} - U'_{\mathrm{eq}} = 0 \iff K f_{\mathrm{eq}} + U'_{\mathrm{eq}} = 0

En décomposant K f = K(f - f_{\mathrm{eq}}) + K f_{\mathrm{eq}}, l'équation différentielle devient :

m_{\mathrm{eff}} \ddot{f} + (K + U''_{\mathrm{eq}})(f - f_{\mathrm{eq}}) = 0

ce que l'on peut écrire sous la forme canonique :

\boxed{\ddot{f} + \frac{K + U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}} (f - f_{\mathrm{eq}}) = 0}

ou de manière équivalente, avec la pulsation \omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{\dfrac{K + U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}}} :

\boxed{\ddot{f} + \omega_{\mathrm{p}}^2 (f - f_{\mathrm{eq}}) = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait savoir identifier et simplifier les termes nuls à l'équilibre.

« De même, la question 25 a mis en difficulté certains candidats qui n’arrivaient pas identifier les termes nuls dans l’équation d’équilibre demandée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fréquence propre, stabilité d'un équilibre

Analyser cette équation différentielle.

Voir l'indice

Montrer que le système se comporte comme un oscillateur harmonique de raideur effective K_{\mathrm{eff}} = K + U''_{\mathrm{eq}}, et discuter de la stabilité (K_{\mathrm{eff}} > 0) et du signe du décalage de pulsation selon le signe de U''_{\mathrm{eq}}.

Voir la stratégie

Pour analyser cette équation différentielle :

  1. Identifier la nature mathématique et physique de l'équation (oscillateur harmonique autour de f_{\text{eq}}).
  2. Examiner la condition de stabilité du point d'équilibre (K_{\text{eff}} > 0).
  3. Interpréter la modification de la pulsation propre \omega_{\text{p}} introduite par la raideur d'interaction U''_{\text{eq}}, notamment dans le domaine attractif d'utilisation du mode non-contact.
Voir la réponse courte

Oscillateur harmonique de pulsation modifiée \omega_{\mathrm{p}}^2 = (K - U''_{\mathrm{eq}})/m_{\mathrm{eff}} ; stabilité si K > U''_{\mathrm{eq}}.

Voir le corrigé complet

L'équation différentielle établie à la question Q25 s'écrit :

\ddot{f} + \omega_{\text{p}}^2 (f - f_{\text{eq}}) = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_{\text{p}}^2 = \frac{K + U''_{\text{eq}}}{m_{\text{eff}}}

1. Nature du mouvement : Il s'agit de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique non amorti pour la variable d'écart \varepsilon(t) = f(t) - f_{\text{eq}} autour de la position d'équilibre f_{\text{eq}}.

2. Stabilité de la position d'équilibre : Le système présente des oscillations bornées (stabilité au sens de Lyapunov) si et seulement si :

K_{\text{eff}} = K + U''_{\text{eq}} > 0

où K_{\text{eff}} représente la raideur effective du système pointe-lame.

  • Si K + U''_{\text{eq}} > 0, l'équilibre est stable et la lame oscille à la pulsation propre \omega_{\text{p}}.
  • Si K + U''_{\text{eq}} \leqslant 0, la raideur de rappel devient négative ou nulle : l'équilibre est instable et la pointe subit un plaquage spontané sur la surface (snap-in ou jump-to-contact).

3. Décalage de pulsation (effet de l'interaction) : En introduisant la pulsation propre libre \omega_{\text{p}0} = \sqrt{K/m_{\text{eff}}}, la pulsation d'oscillation en présence de l'échantillon s'exprime par :

\omega_{\text{p}} = \omega_{\text{p}0}\sqrt{1 + \frac{U''_{\text{eq}}}{K}}

Comme la force d'interaction est reliée au potentiel par F = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}, la dérivée seconde s'interprète comme l'opposé du gradient spatial de force :

U''_{\text{eq}} = -\left(\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}r}\right)_{\!r_{\text{eq}}}

Dans le domaine d'utilisation du mode non-contact (domaine attractif, r > a), la force d'attraction devient plus intense lorsque la sonde se rapproche de la surface (\frac{\mathrm{d}F}{\mathrm{d}r} > 0), d'où U''_{\text{eq}} < 0. Il en résulte :

\boxed{K_{\text{eff}} < K \quad \Longrightarrow \quad \omega_{\text{p}} < \omega_{\text{p}0}}

L'interaction attractive « amollit » le ressort équivalent, ce qui abaisse la fréquence de résonance de la lame.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était attendu de présenter les trois régimes possibles, puis d'approfondir l'étude du cas oscillant borné et son domaine de validité.

« Pour avoir la totalité des points de la question, il fallait décrire les conditions amenant aux 3 modes de réponse possibles et ensuite de discuter du domaine de validité de la solution oscillante bornée et de la décrire plus longuement. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : fonction de transfert, résonance

Exprimer la fonction de transfert en amplitude de la lame, définie par le rapport (). On fera apparaître le facteur de qualité , le paramètre et la variable .

Voir l'indice

Passer en régime sinusoïdal établi dans l'équation du mouvement amorti excitée par le support, écrire le rapport des amplitudes complexes A_{\mathrm{B}}/A_{\mathrm{A}} et factoriser par \omega_{\mathrm{p}0}^2.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'extrémité de la lame (modélisée par sa masse effective m_{\text{eff}}) dans le référentiel galiléen lié au bâti.
  2. Linéariser les forces au voisinage de la position d'équilibre r_{\mathrm{eq}} et faire apparaître les pulsations \omega_{\mathrm{p}0}, \omega_{\mathrm{p}} ainsi que l'amortissement fluide modélisé par le facteur de qualité Q.
  3. Passer en régime sinusoïdal forcé en notation complexe pour en déduire la fonction de transfert T = A_{\mathrm{B}}/A_{\mathrm{A}} en fonction de \Omega = \omega/\omega_{\mathrm{p}0}, \Omega_{\mathrm{p}} = \omega_{\mathrm{p}}/\omega_{\mathrm{p}0} et Q.
Voir la réponse courte

Expression de la résonance du second ordre en régime sinusoïdal forcé : T(\Omega) = \frac{\Omega_{\mathrm{p}}^2}{\Omega_{\mathrm{p}}^2 - \Omega^2 + \mathrm{j}\frac{\Omega}{Q}}.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel galiléen \mathcal{R}(O, X, Y, Z) lié au bâti, la surface (4) a une ordonnée fixe Y_4. La position verticale de la pointe B est repérée par Y_B(t) = Y_4 + r(t), de sorte que son accélération s'écrit \ddot{Y}_B = \ddot{r}.

L'extrémité de la lame, de masse effective m_{\text{eff}}, est soumise selon l'axe vertical (Oy) à :

  • la force de rappel élastique de la lame :

    F_{\text{el}} = -K(Y_B - Y_A) = -K(r - r_A(t)) = -K\bigl(r - r_A^0 - y_A(t)\bigr)

    où y_A(t) = A_{\mathrm{A}} \exp(i\omega t) désigne l'oscillation du support ;

  • la force d'interaction avec la surface :

    F_{\text{int}} = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r) \simeq -U'(r_{\text{eq}}) - U''_{\text{eq}}(r - r_{\text{eq}})
  • la force de frottement visqueux due à l'air ambiant :

    F_{\text{diss}} = -\alpha\,\dot{r}

À l'équilibre en l'absence d'excitation (y_A = 0), la position moyenne r_{\text{eq}} vérifie :

-K(r_{\text{eq}} - r_A^0) - U'(r_{\text{eq}}) = 0

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la masse effective s'écrit :

m_{\text{eff}}\,\ddot{r} = -\alpha\,\dot{r} - K\bigl(r - r_A^0 - y_A(t)\bigr) - \frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r)

En soustrayant la condition d'équilibre et en linéarisant au premier ordre en l'écart (r - r_{\text{eq}}), on obtient :

m_{\text{eff}}\,\ddot{r} + \alpha\,\dot{r} + \bigl(K + U''_{\text{eq}}\bigr)(r - r_{\text{eq}}) = K\,y_A(t)

En divisant par m_{\text{eff}} et en introduisant \omega_{\mathrm{p}0}^2 = \frac{K}{m_{\text{eff}}}, \omega_{\mathrm{p}}^2 = \frac{K + U''_{\text{eq}}}{m_{\text{eff}}} ainsi que le terme d'amortissement \frac{\alpha}{m_{\text{eff}}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q} (conformément à la modélisation de l'amortissement intrinsèque dans l'air) :

\ddot{r} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q}\,\dot{r} + \omega_{\mathrm{p}}^2\,(r - r_{\text{eq}}) = \omega_{\mathrm{p}0}^2\,y_A(t)

En régime sinusoïdal établi, avec r(t) - r_{\text{eq}} = A_{\mathrm{B}}\exp(i\omega t) et y_A(t) = A_{\mathrm{A}}\exp(i\omega t), cette équation devient :

\left(-\omega^2 + i\,\frac{\omega\,\omega_{\mathrm{p}0}}{Q} + \omega_{\mathrm{p}}^2\right) A_{\mathrm{B}} = \omega_{\mathrm{p}0}^2\,A_{\mathrm{A}}

En divisant par \omega_{\mathrm{p}0}^2 et en introduisant les grandeurs réduites \Omega = \frac{\omega}{\omega_{\mathrm{p}0}} et \Omega_{\mathrm{p}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}}}{\omega_{\mathrm{p}0}} :

\left(\Omega_{\mathrm{p}}^2 - \Omega^2 + i\,\frac{\Omega}{Q}\right) A_{\mathrm{B}} = A_{\mathrm{A}}

On en déduit la fonction de transfert en amplitude :

\boxed{T = \frac{A_{\mathrm{B}}}{A_{\mathrm{A}}} = \frac{1}{\Omega_{\mathrm{p}}^2 - \Omega^2 + i\,\dfrac{\Omega}{Q}}}

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : facteur de qualité, bande passante

Estimer, à partir de la figure (7), le facteur de qualité de la lame dans le cas où elle est sans interaction avec la surface.

Voir l'indice

Mesurer la largeur à mi-hauteur en pulsation \Delta\Omega ou la valeur maximale du module à la résonance |T|_{\max} \approx Q_0 sur la courbe sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}}=1).

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression du module de la fonction de transfert |T(\Omega)| obtenue à la question Q27 dans le cas sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 1 et Q = Q_0).
  2. Exploiter le pic de résonance pour Q_0 \gg 1 (|T|_{\max} \simeq Q_0) ou la largeur de bande à -3\text{ dB} pour déterminer Q_0.
Voir la réponse courte

Détermination de Q_0 = \omega_{\mathrm{p}0} / \Delta\omega à l'aide de la largeur à mi-hauteur sur la courbe de résonance.

Voir le corrigé complet

En l'absence d'interaction avec la surface, on a \Omega_{\mathrm{p}} = 1 et Q = Q_0. D'après la question Q27, la fonction de transfert s'écrit :

T(\Omega) = \frac{1}{1 - \Omega^2 + i\,\frac{\Omega}{Q_0}}

Son module est donné par :

|T(\Omega)| = \frac{1}{\sqrt{(1 - \Omega^2)^2 + \frac{\Omega^2}{Q_0^2}}}

Comme Q_0 \gg 1, le maximum de résonance est atteint à une pulsation adimensionnée très proche de la pulsation propre non perturbée, \Omega \simeq 1, où il vaut :

|T|_{\max} \simeq |T(1)| = Q_0

Sur la figure (7), la courbe rouge correspond à la situation sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 1). On lit au sommet du pic (atteint en \Omega = 1{,}000) :

|T|_{\max} = 50

On peut confirmer cette valeur par la méthode de la bande passante à -3\text{ dB} : le niveau à mi-puissance est |T|_{-3\,\mathrm{dB}} = \frac{50}{\sqrt{2}} \approx 35{,}4. Sur le graphe, la courbe rouge coupe la droite |T| \approx 35 en \Omega_1 \approx 0{,}990 et \Omega_2 \approx 1{,}010, soit une bande passante :

\Delta\Omega = \Omega_2 - \Omega_1 \approx 0{,}020 \implies Q_0 = \frac{\Omega_0}{\Delta\Omega} \approx \frac{1}{0{,}020} = 50

Avec un chiffre significatif :

\boxed{Q_0 \approx 5\times 10^1}

Résultat

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Question 29

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : sensibilité, résonance

Nous définissons la sensibilité intrinsèque de ce protocole de mesure par le rapport :

Définir le critère conduisant au choix de la (voire, des) pulsation la mieux adaptée à ce protocole. Se souvenir que et donc que reste toujours proche de , comme l'illustre la figure (7). Estimer alors, à partir de cette figure, la valeur correspondante de . Il ne s'agit pas d'effectuer des calculs, mais simplement d'exploiter cette figure.

Voir l'indice

Observer que la sensibilité est maximale là où la pente de la courbe de résonance |\mathrm{d}|T|/\mathrm{d}\Omega| est la plus raide, soit sur le flanc de résonance.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} en fonction du gain en amplitude |T| pour faire le lien entre la formule (10) et la figure (7).
  2. Identifier le critère d'optimisation de |s_{\mathrm{i}}| (maximisation de l'écart vertical entre les courbes ou de la pente de la courbe de résonance).
  3. Relever sur la figure (7) la ou les valeurs de \Omega = \omega / \omega_{\mathrm{p}0} qui répondent à ce critère.
Voir la réponse courte

La sensibilité est maximale là où la pente \mathrm{d}|T|/\mathrm{d}\Omega est la plus forte, soit au voisinage immédiat des flancs du pic de résonance.

Voir le corrigé complet

D'après la définition de la fonction de transfert T = A_{\mathrm{B}} / A_{\mathrm{A}}, l'amplitude de vibration s'écrit |A_{\mathrm{B}}| = A_{\mathrm{A}} |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})|, d'où :

\Delta(r_{\mathrm{eq}}) = |A_{\mathrm{B}}| - |A_{\mathrm{B}0}| = A_{\mathrm{A}} \Big( |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)| \Big)

La sensibilité intrinsèque (10) s'écrit alors :

s_{\mathrm{i}} = \frac{|T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)|}{\Omega_{\mathrm{p}} - 1}

1. Critère de choix de la pulsation \omega :

  • Pour maximiser la sensibilité |s_{\mathrm{i}}|, il faut maximiser l'écart d'amplitude |\Delta(r_{\mathrm{eq}})| pour une variation de fréquence propre \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} donnée. Graphiquement, cela revient à rechercher la pulsation \Omega pour laquelle l'écart vertical entre la courbe avec interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995) et la courbe sans interaction (\Omega_{\mathrm{p}} = 1) est maximal.
  • Puisque K \gg |U''_{\mathrm{eq}}|, la fréquence propre reste très proche de \omega_{\mathrm{p}0} (|\Omega_{\mathrm{p}} - 1| \ll 1). Au premier ordre, le déplacement de la résonance se traduit par :

    |s_{\mathrm{i}}| \approx \left| \frac{\partial |T|}{\partial \Omega_{\mathrm{p}}} \right|_{\Omega_{\mathrm{p}} = 1} \approx \Omega \left| \frac{\mathrm{d}|T|}{\mathrm{d}\Omega} \right|

    Le critère consiste donc à se placer sur les flancs de la courbe de résonance, là où la valeur absolue de la pente \left|\frac{\mathrm{d}|T|}{\mathrm{d}\Omega}\right| est maximale (au voisinage des points d'inflexion).

2. Estimation de \Omega à partir de la figure (7) : L'écart vertical maximal entre la courbe rouge (\Omega_{\mathrm{p}} = 1) et la courbe bleue (\Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995) apparaît très nettement sur le flanc droit de résonance :

  • à \Omega = 1{,}005, la courbe sans interaction vaut |T| \approx 39 et la courbe avec interaction vaut |T| \approx 23, ce qui correspond à un écart maximal |\Delta |T|| \approx 16 ;
  • un autre extremum local de sensibilité existe sur le flanc gauche au voisinage de \Omega \approx 0{,}990 à 0{,}995.

On choisit donc préférentiellement la pulsation d'excitation adimensionnée :

\boxed{\Omega \approx 1{,}005} \quad (\text{ou } \Omega \approx 0{,}990)

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective, abordée par très peu de candidats avec moins de 1 % de réussite.

« Les questions 29, 30 et 31 n’ont été traitées que par une poignée de candidats et moins de 1% des candidats ont proposé une ébauche de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : sensibilité, pente

Estimer, à partir de la figure (7), la valeur de correspondant à la valeur choisie de .

Voir l'indice

Évaluer numériquement la pente locale de |T|(\Omega) autour du point de fonctionnement choisi sur la figure 7.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} en fonction des modules des fonctions de transfert |T| avec et sans interaction.
  2. Relever graphiquement sur la figure (7) les valeurs de |T| à la pulsation d'excitation choisie \Omega \approx 1{,}005 pour les deux courbes (\Omega_{\mathrm{p}} = 1 et \Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995).
  3. Calculer le rapport avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Évaluation graphique de la pente au point d'inflexion du flanc de résonance pour estimer la sensibilité |s_{\mathrm{i}}|.

Voir le corrigé complet

Par définition des amplitudes de réponse |A_{\mathrm{B}}| = A_{\mathrm{A}} |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| et |A_{\mathrm{B}0}| = A_{\mathrm{A}} |T(\Omega, 1)|, la variation d'amplitude s'écrit :

\frac{\Delta(r_{\mathrm{eq}})}{A_{\mathrm{A}}} = |T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)|

L'expression de la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} donnée par l'équation (10) devient ainsi :

s_{\mathrm{i}} = \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{\omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0}} \frac{\Delta(r_{\mathrm{eq}})}{A_{\mathrm{A}}} = \frac{|T(\Omega, \Omega_{\mathrm{p}})| - |T(\Omega, 1)|}{\Omega_{\mathrm{p}} - 1}

Pour la valeur retenue \Omega \approx 1{,}005, on lit sur la figure (7) pour le décalage \Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995 (\Omega_{\mathrm{p}} - 1 = -0{,}005) :

  • sans interaction (courbe rouge, \Omega_{\mathrm{p}} = 1) : |T(1{,}005 ; 1)| \approx 35 ;
  • avec interaction (courbe bleue, \Omega_{\mathrm{p}} = 0{,}995) : |T(1{,}005 ; 0{,}995)| \approx 20.

La variation du module de la fonction de transfert vaut donc :

\Delta |T| = 20 - 35 = -15

On en déduit la sensibilité intrinsèque :

|s_{\mathrm{i}}| = \left| \frac{-15}{-0{,}005} \right| = 3 \times 10^3
\boxed{|s_{\mathrm{i}}| \approx 3 \times 10^3}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu traitée, réussie par moins de 1 % des candidats.

« Les questions 29, 30 et 31 n’ont été traitées que par une poignée de candidats et moins de 1% des candidats ont proposé une ébauche de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gradient de force, décalage en fréquence

Indiquer comment, à partir de la mesure de l'écart , on accède au gradient (normal) de force existant à la distance de la surface.

Voir l'indice

Relier la variation de pulsation propre \Delta\omega_{\mathrm{p}} = \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} à U''_{\mathrm{eq}} par différentiation de \omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{(K+U''_{\mathrm{eq}})/m_{\mathrm{eff}}}, puis utiliser la définition de s_{\mathrm{i}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le gradient de la force normale d'interaction à partir de la dérivée seconde du potentiel U''_{\mathrm{eq}}.
  2. Relier le décalage de pulsation propre \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} à cette dérivée seconde dans la limite des faibles gradients (|U''_{\mathrm{eq}}| \ll K).
  3. Utiliser la définition de la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} pour relier \Delta(r_{\mathrm{eq}}) à \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0}, puis en déduire le gradient de force recherché.
Voir la réponse courte

L'écart de fréquence \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} \approx -\frac{U''_{\mathrm{eq}}}{2 m_{\mathrm{eff}} \omega_{\mathrm{p}0}} donne directement la dérivée de la force F'(r_{\mathrm{eq}}) = -U''_{\mathrm{eq}}.

Voir le corrigé complet

La force conservative normale exercée par la surface sur la sonde dérive du potentiel U(r) selon :

F_{\mathrm{int}}(r) = -\frac{\mathrm{d}U}{\mathrm{d}r}(r)

Le gradient normal de cette force à la distance d'équilibre r_{\mathrm{eq}} s'écrit donc :

\left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}} = -U''_{\mathrm{eq}}

Par définition, la pulsation propre modifiée par l'interaction s'exprime par :

\omega_{\mathrm{p}} = \sqrt{\frac{K + U''_{\mathrm{eq}}}{m_{\mathrm{eff}}}} = \omega_{\mathrm{p}0} \sqrt{1 + \frac{U''_{\mathrm{eq}}}{K}}

Sous l'hypothèse de l'énoncé |U''_{\mathrm{eq}}| \ll K, un développement limité au premier ordre donne :

\omega_{\mathrm{p}} \simeq \omega_{\mathrm{p}0} \left(1 + \frac{U''_{\mathrm{eq}}}{2K}\right) \implies \omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0} \simeq \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{2K} U''_{\mathrm{eq}} = -\frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{2K} \left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}}

Par ailleurs, la définition de la sensibilité intrinsèque s_{\mathrm{i}} (équation (10)) fournit :

\Delta(r_{\mathrm{eq}}) = s_{\mathrm{i}} \frac{A_{\mathrm{A}}}{\omega_{\mathrm{p}0}} (\omega_{\mathrm{p}} - \omega_{\mathrm{p}0})

En combinant ces deux relations, on obtient l'expression du gradient de force :

\Delta(r_{\mathrm{eq}}) = - \frac{s_{\mathrm{i}} A_{\mathrm{A}}}{2K} \left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}}

soit :

\boxed{\left(\frac{\mathrm{d}F_{\mathrm{int}}}{\mathrm{d}r}\right)_{r_{\mathrm{eq}}} = -\frac{2K}{s_{\mathrm{i}} A_{\mathrm{A}}} \Delta(r_{\mathrm{eq}})}

Ainsi, la mesure de la variation d'amplitude de vibration \Delta(r_{\mathrm{eq}}) = |A_{\mathrm{B}}| - |A_{\mathrm{B}0}|, connaissant l'amplitude d'excitation fixée A_{\mathrm{A}}, la raideur K du levier et la sensibilité s_{\mathrm{i}} (étalonnée au préalable pour la pulsation de travail \omega), donne un accès direct et quantitatif au gradient normal de la force d'interaction à la distance r_{\mathrm{eq}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Moins de 1 % des candidats ont su proposer un début de réponse correcte.

« Les questions 29, 30 et 31 n’ont été traitées que par une poignée de candidats et moins de 1% des candidats ont proposé une ébauche de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur de qualité, frottement fluide

La situation illustrée par la figure (7) correspondrait à une expérience réalisée à la pression atmosphérique. Indiquer comment, en pratique, il serait possible d'augmenter .

Voir l'indice

Rappeler que l'amortissement provient des frottements de l'air : placer le dispositif sous vide secondaire pour augmenter drastiquement le facteur de qualité Q_0 et donc la pente de résonance.

Voir la stratégie
  1. Identifier la cause limitant le facteur de qualité Q_0 à la pression atmosphérique à partir des hypothèses du texte.
  2. Relier la sensibilité intrinsèque |s_{\mathrm{i}}| au facteur de qualité Q.
  3. En déduire la modification des conditions expérimentales permettant d'accroître |s_{\mathrm{i}}|.
Voir la réponse courte

Travailler sous vide permet de réduire l'amortissement visqueux de l'air, d'augmenter le facteur de qualité Q et donc la sensibilité.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule de la question Q27, seul l'air ambiant est tenu pour responsable des effets dissipatifs qui amortissent les oscillations de la lame, fixant ainsi le facteur de qualité à une valeur modeste (Q_0 \approx 50, d'après les questions Q11 et Q28).

La sensibilité intrinsèque |s_{\mathrm{i}}| mesure la pente de la courbe de résonance |T|(\Omega) sur son flanc. L'amplitude à la résonance étant proportionnelle à Q et la largeur de la bande passante inversement proportionnelle à Q, la pente maximale sur les flancs varie selon :

\left| \frac{\mathrm{d}|T|}{\mathrm{d}\Omega} \right|_{\max} \propto Q^2

Une augmentation de Q entraîne donc un accroissement spectaculaire de la sensibilité |s_{\mathrm{i}}|.

En pratique, il suffit d'opérer :

\boxed{\text{sous vide (ou sous ultravide).}}

L'absence de frottement fluide visqueux dû à l'air permet d'atteindre des facteurs de qualité typiquement compris entre 10^4 et 10^5 (limités uniquement par les frottements internes au matériau et les pertes au niveau du support d'encastrement), ce qui augmente considérablement |s_{\mathrm{i}}|.

Résultat

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Partie 3 : De la flèche à sa détection, sa mesure et son contrôle

3.1 · Détection de la flèche

Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : réflexion, approximation des petits angles

Nous rappelons que . Par ailleurs, la configuration est telle que . Exprimer l'écart en fonction de l'angle et de la distance , dans ces conditions.

Voir l'indice

Appliquer la loi de la réflexion de Snell-Descartes : une inclinaison du miroir d'un angle \theta dévie le faisceau réfléchi d'un angle 2\theta, d'où l'écart \Delta \approx 2d\theta.

Voir la stratégie
  1. Appliquer les lois de Snell-Descartes pour la réflexion sur un miroir plan ayant tourné d'un angle \theta.
  2. Justifier la négligeabilité du déplacement direct dû à la flèche f devant la déviation angulaire grâce à l'hypothèse d \gg L.
  3. Relier géométriquement l'écart \Delta = P_0P_1 sur le plan de détection à l'angle de déviation du faisceau dans l'approximation des petits angles.
Voir la réponse courte

Par les lois de Snell-Descartes de la réflexion, la déviation du rayon réfléchi vaut 2\theta, d'où l'écart \Delta \approx 2 d \theta.

Voir le corrigé complet

Lors de la flexion de la lame, la normale à la surface réfléchissante au point d'impact tourne d'un angle \theta autour de l'axe (Az).

D'après les lois de Snell-Descartes relatives à la réflexion, la direction du faisceau incident étant fixe, une rotation d'angle \theta du miroir entraîne une rotation du rayon réfléchi d'un angle égal à :

\delta\alpha = 2\theta

Par ailleurs, le déplacement vertical du point de réflexion est égal à la flèche f. D'après les relations établies à la question Q6, on a l'ordre de grandeur \theta \sim \frac{f}{L}. La déviation sur l'écran due à l'effet angulaire est de l'ordre de 2d\theta \sim 2d\,\frac{f}{L}. Comme d \gg L, cette déviation est très grande devant le déplacement direct f :

\frac{f}{2d\theta} \sim \frac{L}{2d} \ll 1

Le déplacement de la source de réflexion peut donc être négligé, et l'on peut considérer que le rayon dévié part du point B_0.

Le plan de détection étant disposé perpendiculairement au faisceau de référence (lame non fléchie) à une distance d de B_0, la déviation angulaire 2\theta se traduit sur ce plan par un écart algébrique \Delta = P_0P_1 donné par :

\Delta = d \tan(2\theta)

Compte tenu de l'hypothèse |\theta| \ll 1, un développement limité au premier ordre donne \tan(2\theta) \simeq 2\theta, d'où :

\boxed{\Delta = 2 d \theta}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le facteur 2 introduit par la réflexion du faisceau laser sur la lame a été largement omis.

« La plupart des candidats n’a pas identifié le coefficient 2 apparaissant dans la réflexion sur la lame du faisceau laser. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : diffraction de fraunhofer, divergence d'un faisceau

Le LASER utilisé émet dans le domaine visible et la distance est fixée à . Nous considérons que le diamètre du faisceau, au niveau de la surface de réflexion de la lame, est égal à la largeur de la lame (, valeur donnée dans la sous-partie (1.3)). Estimer algébriquement puis numériquement le diamètre de la tache lumineuse formée par le faisceau LASER sur le plan de détection. On précisera le raisonnement tenu.

Voir l'indice

Considérer la diffraction d'un faisceau de longueur d'onde \lambda par une ouverture de largeur b : le demi-angle de divergence est \theta_{\mathrm{diff}} \approx \lambda/b, d'où le diamètre 2a_{\mathrm{d}} \approx 2d\lambda/b.

Voir la stratégie
  1. Identifier le phénomène physique prépondérant : le confinement spatial transverse du faisceau à la largeur b de la lame induit un phénomène de diffraction.
  2. Vérifier que l'on se situe en régime de diffraction de Fraunhofer (champ lointain) en comparant la distance d à la longueur de Rayleigh z_{\mathrm{R}}.
  3. Exprimer algébriquement la divergence angulaire puis le diamètre 2a_{\mathrm{d}} de la tache sur le plan de détection, et en faire l'application numérique avec un chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Demi-angle de diffraction \theta_{\mathrm{d}} \sim \lambda/b donnant une tache de diamètre 2 a_{\mathrm{d}} \approx 2 d \frac{\lambda}{b} \approx 6\text{ mm}.

Voir le corrigé complet

Le faisceau LASER, de longueur d'onde \lambda dans le domaine visible (\lambda \approx 0{,}6\ \mu\text{m}), est limité au niveau de la lame à une dimension transverse égale à sa largeur b = 20\ \mu\text{m}.

Par diffraction, la restriction spatiale du faisceau lui confère une divergence angulaire. La portée de Rayleigh associée est de l'ordre de :

z_{\mathrm{R}} \sim \frac{b^2}{\lambda} \approx \frac{(2\times 10^{-5}\text{ m})^2}{6\times 10^{-7}\text{ m}} \approx 0{,}7\text{ mm}

Comme la distance de propagation d = 10\text{ cm} = 100\text{ mm} vérifie très largement d \gg z_{\mathrm{R}}, la détection a lieu dans le domaine de diffraction de Fraunhofer (champ lointain).

Le demi-angle de divergence du faisceau diffracté s'écrit :

\theta_{\mathrm{diff}} \approx \frac{\lambda}{b}

Après un trajet optique d, le faisceau s'élargit et le rayon de la tache lumineuse sur le plan de détection est donné par a_{\mathrm{d}} \approx d\,\theta_{\mathrm{diff}} (le rayon initial b/2 = 10\ \mu\text{m} étant tout à fait négligeable devant a_{\mathrm{d}}). Le diamètre de la tache lumineuse s'exprime donc par :

2a_{\mathrm{d}} \approx \frac{2\lambda d}{b}

Remarque : si l'on adopte le modèle de la diffraction par une ouverture circulaire de diamètre b, le diamètre de la tache d'Airy au premier zéro est 2a_{\mathrm{d}} \approx 2{,}44\,\frac{\lambda d}{b}.

Pour l'estimation numérique, on choisit une longueur d'onde typique du domaine visible \lambda \approx 6\times 10^{-7}\text{ m} (cohérente avec la fréquence de l'émission LASER \nu = 5\times 10^{14}\text{ Hz} introduite à la question 38, où \lambda = c/\nu = 600\text{ nm}), avec d = 0{,}1\text{ m} et b = 2\times 10^{-5}\text{ m} :

2a_{\mathrm{d}} \approx \frac{2 \times 6\times 10^{-7} \times 0{,}1}{2\times 10^{-5}} = 6\times 10^{-3}\text{ m} = 6\text{ mm}

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{2a_{\mathrm{d}} \approx 6\text{ mm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question de cours avec calcul numérique n'a été que rarement bien réussie.

« La question 34 était une question de cours avec une application numérique. Celle-ci n’a été traitée correctement que par une faible proportion de candidats. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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3.2 · Localisation par photodétection de la position du point P1

Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : flux lumineux, contraste

Nous définissons le contraste par le rapport :

Exprimer ce contraste en fonction de l'écart et du rayon de la tache lumineuse, en se plaçant dans la limite .

Voir l'indice

Calculer la surface de la tranche de largeur \Delta traversant la ligne de séparation des photodiodes par rapport à l'aire totale du disque de rayon a_{\mathrm{P}}, avec l'approximation rectangulaire pour |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux lumineux reçu par chaque photodiode en fonction de l'éclairement uniforme E_0 du faisceau et de la surface de la tache interceptée par chaque quadrant photosensible.
  2. Calculer la variation différentielle de surface \delta S transférée d'une photodiode à l'autre lors d'un déplacement \Delta, au premier ordre en |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}}.
  3. En déduire le contraste C = (\phi_2 - \phi_1)/(\phi_2 + \phi_1).
Voir la réponse courte

Intégration du flux sur les deux demi-plans délimités par le centre de la tache : C \approx \frac{4\Delta}{\pi a_{\mathrm{P}}} pour une tache circulaire uniforme.

Voir le corrigé complet

L'intensité lumineuse du faisceau LASER est supposée uniformément répartie sur sa section circulaire de rayon a_{\mathrm{P}} et de surface totale S_{\mathrm{tot}} = \pi a_{\mathrm{P}}^2. L'éclairement uniforme vaut donc :

E_0 = \frac{\phi_{\mathrm{tot}}}{\pi a_{\mathrm{P}}^2} = \frac{\phi_1 + \phi_2}{S_{\mathrm{tot}}}

Dans la situation de référence (\Delta = 0), le centre P_0 de la tache se situe exactement sur la ligne séparatrice entre les deux photodiodes : chacune intercepte un demi-disque d'aire S_1 = S_2 = \frac{\pi a_{\mathrm{P}}^2}{2}, d'où \phi_1 = \phi_2 = \frac{\phi_{\mathrm{tot}}}{2} et C = 0.

Lorsque le centre de la tache se déplace algébriquement de \Delta le long de l'axe orienté vers \mathrm{PhD}_2 :

  • la surface photosensible de \mathrm{PhD}_2 gagne une bande élémentaire d'aire \delta S ;
  • la surface photosensible de \mathrm{PhD}_1 perd cette même aire \delta S.

La bande gagnée est délimitée entre la ligne séparatrice initiale et la nouvelle position relative du diamètre. Sa surface s'écrit rigoureusement :

\delta S = \int_0^\Delta 2\sqrt{a_{\mathrm{P}}^2 - y^2}\,\mathrm{d}y

Dans la limite |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}}, la largeur de la tache au niveau de la frontière est égale au diamètre 2a_{\mathrm{P}} à l'ordre zéro en \Delta. Au premier ordre, l'aire transférée est donc simplement :

\delta S \approx 2 a_{\mathrm{P}} \Delta

La différence des aires reçues par les deux photodiodes vaut ainsi :

S_2 - S_1 = \left(\frac{S_{\mathrm{tot}}}{2} + \delta S\right) - \left(\frac{S_{\mathrm{tot}}}{2} - \delta S\right) = 2\,\delta S \approx 4 a_{\mathrm{P}} \Delta

L'éclairement étant uniforme, le rapport des flux s'identifie au rapport des aires :

C = \frac{\phi_2 - \phi_1}{\phi_2 + \phi_1} = \frac{E_0 (S_2 - S_1)}{E_0 S_{\mathrm{tot}}} = \frac{4 a_{\mathrm{P}} \Delta}{\pi a_{\mathrm{P}}^2}

On obtient finalement :

\boxed{C = \frac{4}{\pi} \frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les erreurs de signe ont fortement pénalisé le taux de réussite de ce calcul.

« La question 35 nécessitait une justesse dans le calcul. De nombreuses erreurs de signe ont été la cause du faible taux de réussite à cette question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : limite de résolution, contraste

Nous identifions à (question (34)). Analyser la cause qui limite le contraste.

Voir l'indice

Remplacer a_{\mathrm{P}} par son expression issue de la diffraction pour constater que la taille de tache minimale sur le détecteur est bornée par la diffraction sur la lame de largeur b.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le contraste C en remplaçant le rayon a_{\mathrm{P}} = a_{\mathrm{d}} par son expression issue de la question 34 et l'écart \Delta par son expression issue de la question 33.
  2. Identifier les grandeurs qui influent sur le contraste et en déduire le phénomène physique limitant.
Voir la réponse courte

La diffraction élargit la tache a_{\mathrm{d}} \propto \lambda/b, ce qui diminue la sensibilité du contraste aux faibles déplacements \Delta.

Voir le corrigé complet

D'après les questions 33, 34 et 35, le contraste photométrique s'écrit pour |\Delta| \ll a_{\mathrm{P}} :

C = \frac{4}{\pi}\frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}

avec \Delta = 2 d \theta et a_{\mathrm{P}} = a_{\mathrm{d}} \approx \frac{\lambda d}{b}. En injectant ces deux expressions, il vient :

C \approx \frac{4}{\pi} \frac{2 d \theta}{\dfrac{\lambda d}{b}} = \frac{8}{\pi} \frac{b \theta}{\lambda}

On constate que la distance d entre la lame et le photodétecteur disparaît du rapport : augmenter d amplifie l'écart \Delta, mais agrandit dans la même proportion le rayon a_{\mathrm{d}} de la tache sur les photodiodes.

\boxed{C \approx \frac{8}{\pi}\frac{b\theta}{\lambda}}

La cause physique fondamentale qui limite le contraste est la diffraction du faisceau lumineux par la face réfléchissante de la lame de largeur finie b :

  • L'étalement angulaire par diffraction, \theta_{\mathrm{diff}} \sim \lambda / b, impose un élargissement inévitable du faisceau proportionnel à la distance de propagation d.
  • Le contraste C est directement gouverné par le rapport entre l'angle de déflexion de la lame \theta et l'angle de diffraction \theta_{\mathrm{diff}}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réponse dépendait directement de la justesse du résultat de la question 33.

« La question 36 supposait d’avoir bien répondu à la question 33 d’où son faible taux de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 37

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : réjection de mode commun, rapport de contraste

Notamment à cause de la dérive thermique de la cavité du LASER, l'intensité lumineuse de ce dernier est susceptible de fluctuer (même sur de grandes échelles de temps). Expliquer alors pourquoi le contraste apparaît mieux adapté à la capture de l'écart que simplement la différence .

Voir l'indice

Montrer que si l'intensité totale de la source est multipliée par un facteur d'échelle aléatoire, le rapport normalisé (I_2-I_1)/(I_2+I_1) reste rigoureusement invariant.

Voir la réponse courte

Le contraste normalise par le flux total \phi_1 + \phi_2, annulant ainsi au premier ordre les fluctuations de puissance du laser.

Voir le corrigé complet

Notons \phi_{\mathrm{tot}} = \phi_1 + \phi_2 le flux lumineux total reçu par les deux photodiodes. D'après l'expression du contraste obtenue à la question 35 :

C = \frac{\phi_2 - \phi_1}{\phi_1 + \phi_2} = \frac{\Delta\phi}{\phi_{\mathrm{tot}}} \approx \frac{4}{\pi}\frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}

La simple différence de flux s'écrit donc :

\Delta\phi = \phi_2 - \phi_1 \approx \frac{4}{\pi}\frac{\Delta}{a_{\mathrm{P}}}\,\phi_{\mathrm{tot}}

Si l'intensité lumineuse du LASER fluctue au cours du temps (par exemple sous l'effet de dérives thermiques de la cavité), le flux total émis varie : \phi_{\mathrm{tot}}(t) = \kappa(t)\,\phi_0. Les flux reçus par chaque photodiode sont alors affectés par le même facteur d'échelle multiplicatif \kappa(t) :

\phi_1(t) = \kappa(t)\,\phi_1^{(0)} \quad \text{et} \quad \phi_2(t) = \kappa(t)\,\phi_2^{(0)}

Il en résulte que :

  • la différence \Delta\phi(t) = \kappa(t)\,\Delta\phi^{(0)} est directement sensible aux fluctuations de puissance du LASER, ce qui entraîne une dérive de la mesure ou un bruit de fond indistinguable d'un déplacement réel \Delta de la tache ;
  • le contraste C(t), en revanche, est une grandeur normalisée :

    C(t) = \frac{\kappa(t)\left(\phi_2^{(0)} - \phi_1^{(0)}\right)}{\kappa(t)\left(\phi_2^{(0)} + \phi_1^{(0)}\right)} = \frac{\phi_2^{(0)} - \phi_1^{(0)}}{\phi_2^{(0)} + \phi_1^{(0)}} = C^{(0)}

Le contraste C est donc strictement invariant vis-à-vis des fluctuations d'intensité de la source LASER, ce qui garantit une mesure fidèle, robuste et non biaisée de la position \Delta.

Voir ce qu'a relevé le jury

Une argumentation physique devait obligatoirement compléter les calculs pour obtenir tous les points.

« Néanmoins, il était attendu une justification physique complétant les résultats des équations pour avoir la totalité des points. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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3.3 · Étude de la photodétection

Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : effet photoélectrique, rendement quantique

La sensibilité photonique du photodétecteur est définie par le rapport :

Exprimer la sensibilité théorique en considérant que chaque photon du flux lumineux génère, au sein de ce composant, une charge élémentaire participant au courant . Estimer en adoptant les valeurs arrondies : , (constante de Planck) et (fréquence de l'émission LASER). Vérifier que le résultat obtenu est compatible avec la valeur de sensibilité déduite de la figure (11).

Voir l'indice

Exprimer le nombre de photons incidents par unité de temps en fonction de \phi et de l'énergie photonique h\nu, en déduire le courant maximal théorique I_{\mathrm{th}} = e\phi/(h\nu), puis confronter au graphique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le débit de photons incidents à partir du flux lumineux \phi et de l'énergie d'un photon h\nu, puis en déduire le photocourant généré et la sensibilité théorique S_{\text{th}}.
  2. Réaliser l'application numérique avec les valeurs fournies.
  3. Déterminer graphiquement la sensibilité expérimentale sur la figure (11) en zone de polarisation inverse (V < 0) et comparer à la valeur théorique.
Voir la réponse courte

Sensibilité théorique S_{\mathrm{th}} = e / (h\nu) \approx 0{,}6\text{ A}\cdot\text{W}^{-1}, compatible avec la caractéristique expérimentale.

Voir le corrigé complet

1. Expression de la sensibilité théorique S_{\text{th}}

Un flux lumineux \phi (puissance lumineuse) correspond à un débit de photons incidents :

\dot{N}_{\text{ph}} = \frac{\phi}{h\nu}

Si chaque photon incident génère une charge élémentaire e collectée pour former le photocourant, l'intensité photonique théorique s'écrit en valeur absolue :

I_{\text{ph,th}} = e\,\dot{N}_{\text{ph}} = \frac{e}{h\nu}\,\phi

D'après l'équation (13), le courant total vaut I(V,\phi) = I_{\text{inv}}\{\exp(V/V_{\mathrm{T}})-1\} - I_{\text{ph}}(\phi). La sensibilité théorique (définie positivement ou en grandeur absolue) s'exprime donc par :

\boxed{S_{\text{th}} = \frac{e}{h\nu}}

(algébriquement, compte tenu de l'orientation du courant I de la figure (10), \left.\frac{\partial I}{\partial \phi}\right|_V = -S_{\text{th}}).

2. Estimation numérique de S_{\text{th}}

Avec les valeurs fournies :

  • e = 1{,}5 \times 10^{-19}\text{ C}
  • h = 5 \times 10^{-34}\text{ J}\cdot\text{s}
  • \nu = 5 \times 10^{14}\text{ Hz}

L'énergie d'un photon vaut :

h\nu = 5 \times 10^{-34} \times 5 \times 10^{14} = 2{,}5 \times 10^{-19}\text{ J}

On en déduit :

S_{\text{th}} = \frac{1{,}5 \times 10^{-19}}{2{,}5 \times 10^{-19}} = \frac{3}{5} = 0{,}6\text{ A}\cdot\text{W}^{-1}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{S_{\text{th}} \approx 0{,}6\text{ A}\cdot\text{W}^{-1}}

3. Vérification à partir de la figure (11)

En polarisation inverse (V \le -1\text{ V}), le terme d'obscurité en exponentielle est négligeable et le courant I est égal au plateau de photocourant -I_{\text{ph}}(\phi) :

  • pour \phi = 0\text{ mW} : I \approx 0\text{ mA} ;
  • pour \phi = 0{,}5\text{ mW} : I \approx -0{,}13\text{ mA} ;
  • pour \phi = 1\text{ mW} : I \approx -0{,}26\text{ mA}.

La sensibilité expérimentale déduite du réseau de caractéristiques vaut donc :

S_{\text{exp}} = \left|\frac{\Delta I}{\Delta \phi}\right|_V \approx \frac{0{,}26\text{ mA}}{1\text{ mW}} \approx 0{,}26\text{ A}\cdot\text{W}^{-1} \approx 0{,}3\text{ A}\cdot\text{W}^{-1}

Cette valeur expérimentale est du même ordre de grandeur que S_{\text{th}}. Elle lui est inférieure d'un facteur 2 environ, ce qui correspond à un rendement quantique \eta = S_{\text{exp}} / S_{\text{th}} \approx 40\text{ à }50\,\%, valeur tout à fait classique due aux pertes par réflexion à l'interface et aux recombinaisons de porteurs. Le résultat théorique est donc parfaitement compatible avec la figure (11).

Résultat

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Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI

Notions : photodiode, droite de charge

Illustrer, à partir du réseau de caractéristiques paramétré par le flux (figure (11)), la construction graphique du point de fonctionnement (Q) adopté par le système, correspondant aux valeurs , et .

Voir l'indice

Tracer la droite de charge I = (U-V)/R sur le réseau de caractéristiques courant-tension et repérer son intersection avec la courbe \phi = 0{,}5\text{ mW}.

Voir la stratégie
  1. Établir la relation tension-courant imposée par le circuit de polarisation (droite de charge) à l'aide de la loi des mailles.
  2. Déterminer deux points remarquables pour tracer cette droite sur le réseau de caractéristiques de la figure (11).
  3. Identifier le point de fonctionnement Q à l'intersection de la droite de charge et de la caractéristique correspondant au flux \phi = 0{,}5\text{ mW}.
Voir la réponse courte

Tracé de la droite de charge I = (U - V)/R et recherche du point d'intersection avec la caractéristique de la photodiode pour \phi = 0{,}5\text{ mW}.

Voir le corrigé complet

D'après le schéma du circuit de polarisation de la figure (12), la loi des mailles s'écrit en convention récepteur pour la résistance R et la photodiode :

U - V_R - V = 0 \quad \text{avec} \quad V_R = R I

On en déduit l'équation de la droite de charge reliant le courant I à la tension V :

I = \frac{U - V}{R} \iff V = U - R I

Cette droite passe par deux points remarquables immédiatement positionnables sur les axes de la figure (11) :

  • pour I = 0, la tension est la tension à vide :

    V = U = -5\text{ V}
  • pour V = 0, le courant de court-circuit vaut :

    I_{\mathrm{cc}} = \frac{U}{R} = \frac{-5\text{ V}}{20\times 10^3\,\Omega} = -0{,}25\text{ mA}

Le point de fonctionnement Q du circuit est l'intersection de cette droite de charge avec la caractéristique I(V) associée au flux \phi = 0{,}5\text{ mW} (courbe médiane).

Sur la courbe \phi = 0{,}5\text{ mW}, le courant photonique saturé est I \approx -0{,}13\text{ mA}. L'abscisse du point de fonctionnement s'en déduit :

V_Q = U - R I_Q \approx -5\text{ V} - 20\times 10^3 \times (-0{,}13\times 10^{-3})\text{ V} \approx -2{,}4\text{ V}
\boxed{Q \ : \quad V_Q \approx -2{,}4\text{ V} \quad \text{et} \quad I_Q \approx -0{,}13\text{ mA}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le jury attendait des axes nommés avec leurs unités et une brève explication du tracé.

« il est nécessaire d’avoir des axes avec les bons noms et les bonnes unités, ainsi qu’une explication rapide des courbes tracées pour avoir la totalité des points. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : photodiode, dynamique de mesure

La résistance joue le rôle de convertisseur courant-tension . Nous souhaitons que la différence de potentiel permette la mesure d'un flux lumineux susceptible de varier dans la gamme . Déterminer la valeur de la résistance qui réalise le meilleur compromis, pour .

Voir l'indice

Choisir la valeur maximale de R permettant à la droite de charge de rester dans le domaine linéaire (en polarisation inverse, V < 0) pour toute la plage de flux \phi \in [0, 1]\text{ mW}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de fonctionnement de la photodiode en régime photoconducteur (polarisation inverse) pour garantir la linéarité de la conversion flux-courant.
  2. Identifier les contraintes opposées sur la valeur de R (maximiser la dynamique de tension vs éviter la saturation en conduction directe).
  3. En déduire la valeur optimale de R pour la gamme de flux [0,\, 1]\text{ mW} et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courte

Choix de R tel que pour \phi_{\max} = 1\text{ mW}, la diode reste bloquée sous tension inverse sans saturer : R \approx |U| / I_{\mathrm{ph,max}} \approx 10\text{ k}\Omega.

Voir le corrigé complet

La loi des mailles appliquée au circuit de polarisation s'écrit :

V = U - R I

Dans le domaine de polarisation inverse (V \le 0\text{ V}), le photocourant est indépendant de la tension V et proportionnel au flux incident :

I(V, \phi) \approx -I_{\mathrm{ph}}(\phi) = -S \phi

La tension convertie V_R vérifie alors :

V_R = R I \approx - R\, S \phi

Le choix de la résistance R résulte d'un compromis :

  • Maximiser la sensibilité : pour améliorer la résolution de la mesure de flux et maximiser le rapport signal sur bruit, on a intérêt à choisir une résistance R la plus grande possible afin d'obtenir la plus grande excursion de tension |V_R|.
  • Maintenir la linéarité (non-saturation) : pour que la réponse reste strictement proportionnelle au flux sur toute la plage [0,\, \phi_{\max}] avec \phi_{\max} = 1\text{ mW}, la photodiode doit demeurer en régime bloqué (V \le 0\text{ V}). En effet, si V > 0, la diode commence à conduire en sens direct et le courant n'est plus proportionnel au flux.

Pour \phi = 0, le courant est quasi nul, d'où V \approx U = -5\text{ V}, ce qui respecte la contrainte imposée par l'énoncé (V \ge -5\text{ V}).

Lorsque le flux augmente jusqu'à \phi_{\max} = 1\text{ mW}, le courant I devient de plus en plus négatif et la tension V = U - R I augmente. La valeur maximale admissible pour R correspond au cas limite où la tension aux bornes de la photodiode atteint le seuil de conduction directe (V \approx 0\text{ V}) pour le flux maximal :

V(\phi_{\max}) = U - R\, I(\phi_{\max}) \le 0 \implies R \le \frac{-U}{|I(\phi_{\max})|}

Le meilleur compromis consiste à exploiter toute la dynamique de tension offerte par la source, soit V(\phi_{\max}) \approx 0\text{ V} :

R = \frac{|U|}{|I(\phi_{\max})|}

Sur la figure 11, pour le palier à \phi = 1\text{ mW}, on lit un courant |I(\phi_{\max})| \approx 0{,}25\text{ mA} à 0{,}26\text{ mA}. Avec U = -5\text{ V} :

R \approx \frac{5\text{ V}}{0{,}25\times 10^{-3}\text{ A}} \approx 2\times 10^4\,\Omega

Avec un seul chiffre significatif :

\boxed{R \approx 2\times 10^4\,\Omega = 20\text{ k}\Omega}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective, peu abordée et présentant un taux de réussite très bas.

« La question 40 n’a été abordée que par une minorité de candidats avec un très faible taux de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : circuit rc, équation différentielle

Dans le cadre de cette étude en régime dynamique, le courant devient une fonction (supposée connue) du temps , par l'intermédiaire du flux . Établir l'équation différentielle vérifiée par le courant .

Voir l'indice

Appliquer la loi des nœuds et la loi des mailles au schéma dynamique équivalent associant la capacité C et la source de courant photonique en parallèle avec la résistance R.

Voir la stratégie
  1. Écrire la loi des mailles dans le circuit de polarisation pour exprimer la tension V(t) aux bornes de la photodiode en fonction de la tension d'alimentation continue U et du courant I(t).
  2. Exprimer le courant traversant le condensateur en convention récepteur, puis appliquer la loi des nœuds à la borne P du photodétecteur à l'aide du modèle dynamique proposé figure (13).
  3. Dériver la relation tension-courant et la combiner avec la loi des nœuds pour obtenir l'équation différentielle du premier ordre portant sur I(t).
Voir la réponse courte

Loi des nœuds avec la capacité de jonction en parallèle : \tau \frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} + I = I_{\mathrm{ph}}(t) avec \tau = RC.

Voir le corrigé complet

Considérons le circuit de polarisation représenté figure (13) :

  • La loi des mailles s'écrit :

    U = V_R(t) + V(t) = R\,I(t) + V(t)

    La tension continue de polarisation U étant constante, la dérivation par rapport au temps donne :

    \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t} = - R\,\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t}
  • Au niveau du modèle dynamique du dipôle PN (figure (13)), la photodiode est constituée de deux branches en parallèle entre les bornes P et N :

    • une capacité C sous la tension V = V_{\mathrm{P}} - V_{\mathrm{N}}, traversée de P vers N (convention récepteur) par le courant de déplacement :

      i_C(t) = C\,\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t}
    • une source idéale de courant photonique délivrant le courant I_{\mathrm{ph}}(t) dirigé de N vers P.
  • La loi des nœuds appliquée au nœud P s'écrit alors :

    I(t) + I_{\mathrm{ph}}(t) = i_C(t) = C\,\frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t}

En substituant l'expression de \frac{\mathrm{d}V}{\mathrm{d}t} dans la loi des nœuds, on obtient :

I(t) + I_{\mathrm{ph}}(t) = - R\,C\,\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t}

soit finalement :

\boxed{R\,C\,\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} + I(t) = -I_{\mathrm{ph}}(t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à vérifier l'homogénéité du résultat : l'unité du courant photoélectrique était souvent fausse.

« Nous rappelons qu’il est nécessaire de vérifier l’homogénéité des résultats obtenus. En effet, de nombreuses réponses ne donnaient pas la bonne unité pour IIpph. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 42

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : filtre passe-ba, fréquence de coupure

Exprimer puis calculer la fréquence de coupure de ce photodétecteur dans son circuit de polarisation. On adoptera les valeurs suivantes : et .

Voir l'indice

Déterminer la fonction de transfert fréquentielle du circuit RC parallèle et en déduire la fréquence de coupure f_{\mathrm{cp}} = 1/(2\pi RC).

Voir la stratégie
  1. Identifier la constante de temps \tau du circuit à partir de l'équation différentielle du premier ordre établie à la question précédente.
  2. Exprimer la pulsation de coupure à -3\text{ dB}, \omega_{\mathrm{cp}} = 1/\tau, puis la fréquence de coupure associée f_{\mathrm{cp}} = \omega_{\mathrm{cp}}/(2\pi).
  3. Effectuer l'application numérique en respectant la consigne d'un unique chiffre significatif.
Voir la réponse courte

Filtre passe-bas du premier ordre : f_{\mathrm{cp}} = \frac{1}{2\pi R C} \approx 160\text{ kHz}.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation différentielle établie à la question Q41 :

RC \frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}t} + I = -I_{\mathrm{ph}}(t)

Le comportement dynamique du circuit est celui d'un filtre passe-bas d'ordre 1, de constante de temps :

\tau = RC

En régime sinusoïdal de pulsation \omega, la réponse en amplitude est atténuée d'un facteur \sqrt{2} à la pulsation de coupure définie par \omega_{\mathrm{cp}} \tau = 1, soit :

\omega_{\mathrm{cp}} = \frac{1}{RC}

On en déduit la fréquence de coupure à -3\text{ dB} du photodétecteur :

\boxed{ f_{\mathrm{cp}} = \frac{1}{2\pi RC} }

Application numérique : Avec R = 25\text{ k}\Omega = 25 \times 10^3\ \Omega et C = 40\text{ pF} = 40 \times 10^{-12}\ \text{F}, la constante de temps vaut :

\tau = RC = 25 \times 10^3 \times 40 \times 10^{-12} = 1{,}0 \times 10^{-6}\text{ s} = 1\ \mu\text{s}

D'où la fréquence de coupure :

f_{\mathrm{cp}} = \frac{1}{2\pi \times 1{,}0 \times 10^{-6}} \approx \frac{1}{6{,}3 \times 10^{-6}} \approx 1{,}6 \times 10^5\text{ Hz}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{ f_{\mathrm{cp}} \approx 2 \times 10^5\text{ Hz} = 200\text{ kHz} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez les arrondis prématurés et les fautes de calcul lors de l'application numérique.

« Ces questions relativement simples ont donné lieu à de nombreuses réponses erronées suite à des erreurs grossières de calcul ou des arrondis trop important dans l’estimation numérique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 43

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : compromis gain-bande passante

La résistance intervient dans l'expression du facteur de conversion courant-tension du photodétecteur (se reporter à la question (40)), ainsi que dans celle de sa fréquence de coupure. Commenter le compromis qui apparaît entre sensibilité et temps de réponse.

Voir l'indice

Exprimer le gain statique en tension S_V = R \cdot S et former le produit gain-bande passante S_V \cdot f_{\mathrm{cp}} pour mettre en évidence son indépendance vis-à-vis de R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la sensibilité en tension du photodétecteur ainsi que son temps de réponse caractéristique en fonction de la résistance de charge R.
  2. Mettre en évidence la dépendance opposée de ces deux grandeurs vis-à-vis de R et dégager l'invariant (produit gain-bande passante).
  3. Conclure sur les exigences contradictoires imposées par le fonctionnement de l'AFM (amplitude du signal versus rapidité d'acquisition).
Voir la réponse courte

Augmenter R accroît la sensibilité en tension R I_{\mathrm{ph}} mais augmente la constante de temps \tau = RC, dégradant le temps de réponse.

Voir le corrigé complet

La conversion courant-tension est assurée par la résistance R, aux bornes de laquelle la tension de mesure vaut en régime quasi statique :

V_R = R\,I \approx -R\,I_{\mathrm{ph}} = -R\,S\,\phi

La sensibilité en tension du dispositif, définie par le facteur de conversion, s'écrit :

S_V = \left|\frac{\partial V_R}{\partial \phi}\right| = R\,S

Elle est directement proportionnelle à la résistance R.

D'après les questions précédentes, le circuit se comporte comme un filtre passe-bas du premier ordre de constante de temps \tau = R\,C et de fréquence de coupure :

f_{\mathrm{cp}} = \frac{1}{2\pi R\,C}

Le temps de réponse du photodétecteur (par exemple le temps de montée à 10\,\% - 90\,\%, t_{\mathrm{m}} \approx 2{,}2\,\tau = 2{,}2\,R\,C) est donc proportionnel à R, tandis que sa bande passante utile est inversement proportionnelle à R.

Un compromis classique sensibilité / rapidité apparaît :

  • Choisir une forte valeur de R augmente la sensibilité S_V, ce qui fournit une tension V_R plus élevée, plus facile à mesurer et moins sensible aux bruits électroniques de la chaîne d'amplification ultérieure. En contrepartie, le temps de réponse \tau augmente et la fréquence de coupure f_{\mathrm{cp}} diminue, ce qui limite la cadence de mesure et empêche de suivre des variations rapides de la déflexion.
  • Choisir une faible valeur de R élargit la bande passante et assure un temps de réponse court (détection rapide des oscillations à haute fréquence de la lame), mais au détriment de l'amplitude du signal de sortie V_R, qui risque d'être noyé dans le bruit.

Ce compromis s'illustre par l'invariance du produit gain-bande passante du montage :

\boxed{S_V \times f_{\mathrm{cp}} = \frac{S}{2\pi C} = \text{cte}}

Ce produit ne dépend que des caractéristiques intrinsèques de la photodiode (S et C) et fixe la limite absolue des performances du montage de détection.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne simplifiez les expressions qu'en fin de calcul pour éviter les erreurs numériques.

« Ces questions relativement simples ont donné lieu à de nombreuses réponses erronées suite à des erreurs grossières de calcul ou des arrondis trop important dans l’estimation numérique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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3.4 · Cartographie iso-force d'une surface en mode contact

Question 44

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, profil de surface

Préciser ce que représente, physiquement, chacun des paramètres , et .

Voir l'indice

Interpréter F_1 comme l'amplitude de modulation du potentiel atomique, k = 2\pi/a_{\mathrm{at}} comme le vecteur d'onde spatial du réseau et K_0 comme la raideur de contact locale pointe-surface.

Voir la réponse courte

F_1 est l'amplitude de la force de modulation, k la pulsation spatiale de la rugosité, K_0 la raideur de contact locale.

Voir le corrigé complet

L'expression de la force exercée par la surface sur la pointe s'écrit :

F(u,r) = F_0 + F_1\cos(k u) - K_0(r - r^0)

où u = X_4 repère l'abscisse de translation le long de la surface et r la distance normale pointe-surface.

  1. Paramètre F_1 : C'est l'amplitude de modulation spatiale de la force d'interaction, induite par le relief atomique (la corrugation du potentiel cristallin à la surface du matériau).
  2. Paramètre k : C'est la pulsation spatiale (ou nombre d'onde) associée à la périodicité du réseau cristallin de la surface. Elle est reliée au pas du réseau atomique (ou paramètre de maille) a_{\text{at}} par la relation :

    k = \frac{2\pi}{a_{\text{at}}}
  3. Paramètre K_0 : C'est la raideur du contact pointe-surface (ou gradient normal de la force d'interaction au point de fonctionnement r^0) :

    K_0 = -\left(\frac{\partial F}{\partial r}\right)_{r^0}

    En régime de contact répulsif, une diminution de la distance normale (r < r^0) entraîne un accroissement de la force répulsive (F > F_0), ce qui correspond bien à un paramètre K_0 > 0.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'identification complète et correcte des trois paramètres physiques était requise.

« S’agissant d’une question simple, les correcteurs ont souhaité récompenser les candidats répondant correctement à l’identification de l’ensemble des trois paramètres. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : fréquence de coupure, repliement spectral

Nous notons () la fréquence de coupure (haute) de l'ensemble du dispositif de photodétection et de traitement du signal. Proposer une estimation numérique (argumentée) de la vitesse maximale de translation de la surface sous la pointe de détection.

Voir l'indice

Écrire la fréquence temporelle du signal perçu f_{\mathrm{mes}} = k V_{\mathrm{M}}/(2\pi) = V_{\mathrm{M}}/\lambda_{\mathrm{at}} et imposer que cette fréquence reste inférieure à la bande passante F_{\mathrm{c}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la fréquence temporelle f_{\text{osc}} associée à la traversée du réseau atomique de pas \lambda_{\text{at}} = \frac{2\pi}{k} à la vitesse de balayage V.
  2. Établir la condition de non-atténuation du signal par la chaîne de détection de fréquence de coupure F_{\mathrm{c}} pour en déduire V_{\mathrm{M}}.
  3. Effectuer l'estimation numérique à un chiffre significatif à partir de l'ordre de grandeur de la maille cristalline atomique.
Voir la réponse courte

La fréquence temporelle f = k V / (2\pi) = V/\lambda_{\mathrm{rug}} doit rester inférieure à F_{\mathrm{c}}, d'où une vitesse limite V_{\mathrm{M}} = \lambda_{\mathrm{rug}} F_{\mathrm{c}}.

Voir le corrigé complet

Lorsque la surface se déplace à la vitesse constante V = \dot{u} sous la pointe, l'abscisse vérifie u(t) = V t. La composante périodique de la force d'interaction s'écrit alors :

F_1 \cos(ku) = F_1 \cos(k V t) = F_1 \cos(2\pi f_{\text{osc}} t)

La fréquence temporelle d'oscillation du signal modulé par le défilement des atomes est donc :

f_{\text{osc}} = \frac{k V}{2\pi} = \frac{V}{\lambda_{\text{at}}}

où \lambda_{\text{at}} = \frac{2\pi}{k} représente la période spatiale du réseau atomique de la surface.

Pour que les variations de force associées à la corrugation atomique soient fidèlement mesurées par l'ensemble photodétecteur-conditionneur sans être filtrées par sa coupure haute, la fréquence f_{\text{osc}} doit rester inférieure à la fréquence de coupure F_{\mathrm{c}} du dispositif :

f_{\text{osc}} \le F_{\mathrm{c}} \iff \frac{V}{\lambda_{\text{at}}} \le F_{\mathrm{c}}

La vitesse maximale de translation admissible est par conséquent :

V_{\mathrm{M}} = \lambda_{\text{at}} F_{\mathrm{c}} = \frac{2\pi F_{\mathrm{c}}}{k}

Application numérique. La distance interatomique caractéristique d'un solide cristallin est de l'ordre de grandeur du paramètre de potentiel déterminé à la question 13 :

\lambda_{\text{at}} \sim a \sim 3\times 10^{-10}\text{ m} \quad (0{,}3\text{ nm})

Avec F_{\mathrm{c}} = 10^5\text{ Hz}, on obtient (avec un chiffre significatif) :

V_{\mathrm{M}} \sim 3\times 10^{-10}\times 10^5 = 3\times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{V_{\mathrm{M}} \sim 3\times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 30\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1}}

(une valeur de l'ordre de 10\text{ à }50\,\mu\text{m}\cdot\text{s}^{-1} est tout aussi acceptable selon la valeur exacte retenue pour le pas cristallin).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très peu abordée avec un taux de réussite particulièrement bas.

« La question 45 n’a donné lieu qu’à un très faible taux de bonnes réponses et n’a été abordée que par un nombre très limité de candidats. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : oscillateur harmonique forcé, équation différentielle

Établir l'équation différentielle dont est solution la différence . Nous l'écrirons sous la forme :

Préciser alors l'expression de chacune des grandeurs et .

Voir l'indice

Appliquer le PFD à la masse effective m_{\mathrm{eff}}, substituer r-r^0 = (Y_{\mathrm{A}}^0+f) - (Y_{\mathrm{A}}^0+f_{\mathrm{c}}) - v = \varepsilon - v, et identifier les coefficients de l'équation normalisée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'écart à la position de référence r - r^0 en fonction de l'écart de flèche \varepsilon = f - f_{\mathrm{c}} et du déplacement vertical v de la surface.
  2. Écrire le principe fondamental de la dynamique appliqué à l'élément mobile de masse effective m_{\mathrm{eff}}, en prenant en compte la force de rappel élastique de la lame, la force de frottement fluide et la force d'interaction avec la surface F(u,r).
  3. Utiliser la condition d'équilibre dans la situation de référence (F_0 = K f_{\mathrm{c}}) pour faire apparaître la variable d'écart \varepsilon, puis identifier terme à terme avec l'équation (16) proposée par l'énoncé.
Voir la réponse courte

PFD sur la pointe avec force élastique, amortissement et contact linéarisé : identification de \omega_{\mathrm{i}}^2 = K_0/m_{\mathrm{eff}} et \Gamma_1 = F_1/m_{\mathrm{eff}}.

Voir le corrigé complet

D'après la géométrie du dispositif (figures (14) et (15)), l'altitude de la pointe de la lame s'écrit Y_{\mathrm{B}} = Y_{\mathrm{A}}^0 + f et celle de la surface vaut Y_4 = v. La distance pointe-surface r est donc donnée par :

r = Y_{\mathrm{B}} - Y_4 = Y_{\mathrm{A}}^0 + f - v

Dans la situation de référence (v = 0 et f = f_{\mathrm{c}}), cette distance vaut r^0 = Y_{\mathrm{A}}^0 + f_{\mathrm{c}}. On en déduit :

r - r^0 = (f - f_{\mathrm{c}}) - v = \varepsilon - v

L'interaction répulsive exercée par la surface sur la pointe s'écrit, d'après l'équation (14) :

F(u, r) = F_0 + F_1 \cos ku - K_0(\varepsilon - v)

Par ailleurs, dans la situation de référence statique, la force moyenne F_0 compense exactement la force de rappel élastique de la lame fléchie de f_{\mathrm{c}}, soit :

F_0 = K f_{\mathrm{c}}

Appliquons le principe fondamental de la dynamique à la lame dans le référentiel galiléen du bâti, modélisée par sa masse effective m_{\mathrm{eff}} associée à la coordonnée verticale de flèche f(t) :

m_{\mathrm{eff}}\ddot{f} = - K f - \alpha \dot{f} + F(u, r)

Comme la consigne f_{\mathrm{c}} est constante, on a \dot{\varepsilon} = \dot{f} et \ddot{\varepsilon} = \ddot{f}. En remplaçant F(u,r) par son expression, il vient :

\begin{aligned} m_{\mathrm{eff}}\ddot{\varepsilon} &= - K f - \alpha \dot{\varepsilon} + K f_{\mathrm{c}} + F_1 \cos ku - K_0(\varepsilon - v) \\ m_{\mathrm{eff}}\ddot{\varepsilon} + \alpha \dot{\varepsilon} + (K + K_0)\varepsilon &= F_1 \cos ku + K_0 v \end{aligned}

En divisant par m_{\mathrm{eff}}, on obtient :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\alpha}{m_{\mathrm{eff}}}\dot{\varepsilon} + \left(\frac{K}{m_{\mathrm{eff}}} + \frac{K_0}{m_{\mathrm{eff}}}\right)\varepsilon = \frac{F_1}{m_{\mathrm{eff}}} \cos ku + \frac{K_0}{m_{\mathrm{eff}}} v

En identifiant avec la forme imposée par l'équation (16), sachant que \omega_{\mathrm{p}0}^2 = \frac{K}{m_{\mathrm{eff}}} et \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} = \frac{\alpha}{m_{\mathrm{eff}}}, on identifie :

\boxed{\omega_{\mathrm{i}}^2 = \frac{K_0}{m_{\mathrm{eff}}}} \quad \text{et} \quad \boxed{\Gamma_1 = \frac{F_1}{m_{\mathrm{eff}}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La résolution correcte de cette équation différentielle conditionnait la réussite des questions suivantes.

« Une bonne réponse à la première entrainant bien souvent une succession de bonnes réponses pour cet ensemble de questions. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

Question déjà tombée ailleurs

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Question 47

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : asservissement, contre-réaction

La contre-réaction visant l'asservissement de la flèche à la consigne agit par l'intermédiaire de la variable commandant le positionneur vertical (élément piézoélectrique) représenté figure (15). Elle est traduite globalement par la relation :

Préciser d'abord (en le justifiant) quel doit être le signe du facteur pour que l'asservissement soit effectif. Écrire ensuite l'équation différentielle, décrivant maintenant le système bouclé, vérifiée par la variable .

Voir l'indice

Analyser physiquement l'action requise : si f > f_{\mathrm{c}}, la surface doit s'éloigner (v < 0), d'où \beta > 0. Injecter ensuite v = -\beta\varepsilon dans l'équation différentielle.

Voir la stratégie
  1. Analyser le sens physique de la correction : observer comment doit varier l'ordonnée v de la surface lorsque la flèche s'écarte de sa consigne (f > f_{\mathrm{c}}).
  2. Injecter la loi de commande v = -\beta\varepsilon dans l'équation différentielle établie à la question précédente afin d'obtenir l'équation du système asservi.
Voir la réponse courte

Signe \beta > 0 pour une contre-réaction stabilisatrice augmentant le terme de rappel : \ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + (\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2(1 + \beta))\varepsilon = \Gamma_1 \cos ku.

Voir le corrigé complet

Signe du facteur \beta :

Supposons que la flèche devienne supérieure à sa consigne (f > f_{\mathrm{c}}, soit \varepsilon > 0). Cela signifie que la lame est excessivement fléchie vers le haut, signe d'une force répulsive de contact trop intense due à une proximité trop grande avec la surface. Pour ramener la flèche f vers f_{\mathrm{c}}, la boucle d'asservissement doit éloigner la surface de la pointe, c'est-à-dire abaisser la surface (v < 0).

D'après la loi de commande :

v = \beta(f_{\mathrm{c}} - f) = -\beta\,\varepsilon

Pour que \varepsilon > 0 entraîne un abaissement de la surface (v < 0), il est nécessaire d'avoir :

\boxed{\beta > 0}

Équation différentielle du système bouclé :

D'après le résultat de la question précédente (Q46), l'équation régissant l'écart \varepsilon est :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left(\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2\right)\varepsilon = \Gamma_1 \cos ku + \omega_{\mathrm{i}}^2 v

En substituant v = -\beta\,\varepsilon, on obtient :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left(\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2\right)\varepsilon = \Gamma_1 \cos ku - \beta\,\omega_{\mathrm{i}}^2 \varepsilon

Soit, en regroupant les termes en \varepsilon dans le membre de gauche :

\boxed{\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon = \Gamma_1 \cos ku}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analyse restait accessible même sans disposer de l'expression exacte de l'équation précédente.

« Les questions portant sur les valeurs limites et leur analyse pouvaient aussi être obtenues sans avoir la bonne expression de l’équation d’équilibre. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime transitoire, erreur statique

Nous imaginons que la pointe, lors de son déplacement, rencontre une « marche » formée par l'abord d'une couche atomique supplémentaire. Nous modélisons cette situation en remplaçant le terme par la fonction échelon . Décrire (qualitativement) la réponse du système bouclé à cette sollicitation. Exprimer la limite et commenter ce résultat.

Voir l'indice

Reconnaître un oscillateur linéaire du second ordre soumis à un échelon : la réponse est pseudo-périodique amortie tendant vers une valeur constante finie non nulle \varepsilon_\infty.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation différentielle régissant l'écart \varepsilon(t) issue de la question Q47 en remplaçant la perturbation spatiale par l'échelon \Gamma_1 H(t).
  2. Analyser l'ordre de grandeur de l'amortissement pour déduire la nature du régime transitoire (pseudo-périodique amorti).
  3. Calculer la valeur asymptotique \varepsilon_\infty = \lim_{t\to+\infty} \varepsilon(t) directement à l'équilibre statique ou par le théorème de la valeur finale, puis l'exprimer en fonction des grandeurs mécaniques.
  4. Commenter l'erreur statique résiduelle propre à un asservissement proportionnel pur.
Voir la réponse courte

Régime pseudopériodique amorti vers un écart résiduel non nul \varepsilon_\infty = \frac{\Gamma_1}{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2(1 + \beta)} (précision statique finie).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q47, en substituant le terme périodique \cos ku(t) par la fonction échelon H(t), l'équation différentielle décrivant le système bouclé devient :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon = \Gamma_1 H(t)

1. Description qualitative de la réponse transitoire : Le coefficient d'ordre 0, \omega_{\mathrm{cl}}^2 = \omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2, est strictement positif puisque \beta > 0. Le facteur de qualité du système bouclé est :

Q_{\mathrm{cl}} = Q_0 \frac{\omega_{\mathrm{cl}}}{\omega_{\mathrm{p}0}} > Q_0 \gg 1

L'amortissement est donc très faible. En réponse à l'échelon H(t), la variable \varepsilon(t) présente un régime transitoire pseudo-périodique fortement oscillant, avec un premier dépassement important, avant que les oscillations ne s'amortissent pour tendre vers la valeur permanente \varepsilon_\infty.

2. Détermination de la limite \varepsilon_\infty : Une fois le régime transitoire amorti (t \to +\infty), le système atteint un état d'équilibre stationnaire où \dot{\varepsilon} \to 0 et \ddot{\varepsilon} \to 0. Pour t > 0, H(t) = 1, d'où :

\left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right] \varepsilon_\infty = \Gamma_1

soit :

\boxed{\varepsilon_\infty = \frac{\Gamma_1}{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2}}

En introduisant les grandeurs mécaniques \Gamma_1 = F_1/m_{\mathrm{eff}}, \omega_{\mathrm{p}0}^2 = K/m_{\mathrm{eff}} et \omega_{\mathrm{i}}^2 = K_0/m_{\mathrm{eff}}, cette limite s'écrit de manière équivalente :

\varepsilon_\infty = \frac{F_1}{K + (1+\beta)K_0}

3. Commentaire :

  • La limite \varepsilon_\infty est non nulle : le système présente une erreur statique (ou écart de traînage résiduel). Un correcteur purement proportionnel (v = -\beta \varepsilon) ne permet pas d'annuler parfaitement l'erreur en régime permanent face à une perturbation en échelon.
  • L'introduction du gain \beta > 0 permet néanmoins de diviser l'écart statique par rapport à la boucle ouverte (\beta = 0, où \varepsilon_{\infty,\mathrm{BO}} = F_1/(K+K_0)) : plus le gain \beta est grand, plus l'écart à la consigne \varepsilon_\infty est réduit, sans jamais s'annuler strictement.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était possible de traiter cette question même sans avoir trouvé l'équation d'équilibre exacte.

« Les questions portant sur les valeurs limites et leur analyse pouvaient aussi être obtenues sans avoir la bonne expression de l’équation d’équilibre. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 49

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : asservissement pi, équation différentielle

La contre-réaction est maintenant de la forme :

Écrire l'équation intégro-différentielle vérifiée par la variable (avec, de nouveau, le terme de l'équation (14)).

Voir l'indice

Remplacer v(t) = -\beta\varepsilon(t) - \Omega_{\mathrm{I}}\int \varepsilon(t)\mathrm{d}t dans l'équation dynamique de la flèche.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la commande v(t) issue de la contre-réaction (18) en fonction de l'écart \varepsilon = f - f_{\mathrm{c}}.
  2. Injecter cette loi de commande dans l'équation de mouvement (16) établie à la question Q46 et regrouper les termes portant sur \varepsilon dans le membre de gauche.
Voir la réponse courte

Dérivation de l'équation intégro-différentielle conduisant à une équation différentielle du 3e ordre avec action intégrale.

Voir le corrigé complet

Par définition de l'écart à la consigne, on a :

f_{\mathrm{c}} - f = -\varepsilon

La loi de contre-réaction proportionnelle-intégrale (18) s'exprime donc sous la forme :

v(t) = -\beta\,\varepsilon(t) - \Omega_{\mathrm{I}} \int \varepsilon(t)\,\mathrm{d}t

D'après l'équation différentielle (16) régissant le système en présence du déplacement v de l'échantillon (question Q46) :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left(\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2\right)\varepsilon = \Gamma_1 \cos ku + \omega_{\mathrm{i}}^2 v

En substituant l'expression de v(t) dans cette équation :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left(\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2\right)\varepsilon = \Gamma_1 \cos ku - \beta\,\omega_{\mathrm{i}}^2 \varepsilon - \omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}} \int \varepsilon\,\mathrm{d}t

En regroupant l'ensemble des termes dépendant de \varepsilon dans le premier membre, on obtient l'équation intégro-différentielle recherchée :

\boxed{\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}} \int \varepsilon\,\mathrm{d}t = \Gamma_1 \cos ku}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question pouvait être abordée même en cas d'erreur sur l'équation différentielle initiale.

« Les questions portant sur les valeurs limites et leur analyse pouvaient aussi être obtenues sans avoir la bonne expression de l’équation d’équilibre. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 50

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : asservissement pi, erreur statique nulle

Nous appliquons au système ainsi bouclé la sollicitation en échelon décrite à la question (48). Déterminer la limite puis commenter ce résultat.

Voir l'indice

Prendre la transformée de Laplace de l'équation intégro-différentielle, isoler \varepsilon(p), puis appliquer le théorème de la valeur finale \lim_{p\to 0} p\,\varepsilon(p).

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation régissant l'erreur \varepsilon(t) soumise à une perturbation en échelon \Gamma_1 H(t), sous forme différentielle ou via la transformée de Laplace en utilisant les données du formulaire.
  2. Appliquer le théorème de la valeur finale (ou raisonner en régime permanent) pour déterminer la limite \varepsilon_\infty = \lim_{t\to+\infty} \varepsilon(t).
  3. Commenter le rôle de l'action intégrale introduite dans la loi de commande.
Voir la réponse courte

À l'équilibre stationnaire après l'échelon, la dérivée temporelle de l'intégrale s'annule, assurant une erreur statique strictement nulle \varepsilon_\infty = 0.

Voir le corrigé complet

En appliquant la sollicitation en échelon \Gamma_1 H(t) à l'équation intégro-différentielle établie à la question Q49, il vient pour t \ge 0 :

\ddot{\varepsilon}(t) + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon}(t) + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon(t) + \omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}} \int_0^t \varepsilon(\tau)\,\mathrm{d}\tau = \Gamma_1

En dérivant cette relation par rapport au temps pour t > 0, on obtient une équation différentielle du troisième ordre :

\dddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \ddot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\dot{\varepsilon} + \omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}} \varepsilon = 0

Sous l'hypothèse de stabilité du système en boucle fermée (tous les régimes transitoires s'amortissent, si bien que \dot{\varepsilon}, \ddot{\varepsilon} et \dddot{\varepsilon} tendent vers zéro lorsque t \to +\infty), le passage à la limite donne directement :

\omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}} \varepsilon_\infty = 0

Comme \omega_{\mathrm{i}}^2 > 0 et \Omega_{\mathrm{I}} > 0, on en déduit :

\boxed{\varepsilon_\infty = 0}

On retrouve rigoureusement ce résultat par transformée de Laplace. En prenant les conditions initiales nulles en 0^-, la transformée de Laplace de l'équation intégro-différentielle s'écrit :

\left( p^2 + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} p + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right] + \frac{\omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}}}{p} \right) \mathcal{L}(\varepsilon)(p) = \frac{\Gamma_1}{p}

soit :

\mathcal{L}(\varepsilon)(p) = \frac{\Gamma_1}{p^3 + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} p^2 + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]p + \omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}}}

D'après le théorème de la valeur finale rappelé dans l'énoncé :

\varepsilon_\infty = \lim_{p \to 0^+} p\,\mathcal{L}(\varepsilon)(p) = \lim_{p \to 0^+} \frac{p\,\Gamma_1}{p^3 + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} p^2 + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]p + \omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}}} = \frac{0}{\omega_{\mathrm{i}}^2 \Omega_{\mathrm{I}}} = 0

Commentaires :

  • L'introduction d'une action intégrale (\Omega_{\mathrm{I}} > 0) annule strictement l'erreur statique en régime permanent : on a f_\infty = f_{\mathrm{c}}, ce qui élimine le défaut de statisme observé avec un régulateur purement proportionnel à la question Q48.
  • La consigne de flèche (et donc la force de contact) est parfaitement respectée à terme. C'est le déplacement vertical de la surface v(t), commandé par le positionneur piézoélectrique via la boucle d'asservissement, qui compense intégralement la hauteur de la marche atomique. La mesure de v fournit ainsi une restitution fidèle de la topographie de l'échantillon.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le calcul de la limite pouvait être mené même sans avoir l'équation d'équilibre correcte.

« Les questions portant sur les valeurs limites et leur analyse pouvaient aussi être obtenues sans avoir la bonne expression de l’équation d’équilibre. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 51

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : régime quasistatique, réponse fréquentielle

La surface est maintenant déplacée à la vitesse constante. Nous posons . Préciser à quelles conditions, portant sur , nous pouvons considérer que le système est sollicité de façon quasistatique (on raisonnera ici simplement sur le système non bouclé). Nous nous placerons maintenant toujours dans le cas d'une sollicitation quasistatique, y compris lorsque le système est bouclé.

Voir l'indice

Comparer la pulsation de balayage \omega = kV à la pulsation propre du système pour négliger les dérivées temporelles \dot{\varepsilon} et \ddot{\varepsilon}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le terme d'excitation temporelle en introduisant la loi horaire u(t) = V t dans l'équation différentielle du système non bouclé issue de la question Q46.
  2. Identifier la condition sous laquelle les effets inertiels et d'amortissement sont négligeables devant les forces de rappel élastique, ce qui caractérise un comportement quasistatique où le système est à l'équilibre à chaque instant.
Voir la réponse courte

Sollicitation quasistatique si \omega = k V \ll \omega_{\mathrm{p}0}, permettant de négliger les termes dérivés temporels devant les termes de rappel.

Voir le corrigé complet

La surface étant translatée à vitesse constante V, l'abscisse de balayage s'écrit u(t) = V t (à une constante d'origine près). L'excitation liée à la corrugation atomique devient donc harmonique de pulsation \omega = k V :

\cos k u(t) = \cos(\omega t)

Pour le système non bouclé (v = 0), l'équation différentielle établie à la question Q46 s'écrit :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0}\,\dot{\varepsilon} + \left(\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2\right)\varepsilon = \Gamma_1 \cos(\omega t)

En régime sinusoïdal forcé, en notation complexe, cette relation devient :

\left[ -\omega^2 + i\,\frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0}\,\omega + \left(\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2\right) \right]\underline{\varepsilon} = \Gamma_1

Le système est sollicité de façon quasistatique si la réponse dynamique \varepsilon(t) est à chaque instant égale à la réponse statique obtenue en annulant les dérivées temporelles, c'est-à-dire si le terme d'accélération et le terme dissipatif sont totalement négligeables devant le terme de rappel élastique :

\begin{aligned} \omega^2 &\ll \omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2 \iff \omega \ll \sqrt{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2} \\ \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0}\,\omega &\ll \omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2 \iff \omega \ll Q_0\,\frac{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2}{\omega_{\mathrm{p}0}} \end{aligned}

Comme Q_0 \gg 1 et \sqrt{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2} > \omega_{\mathrm{p}0}, la seconde condition est automatiquement satisfaite dès que la première est vérifiée.

La condition portant sur \omega pour que la sollicitation soit quasistatique est donc :

\boxed{\omega \ll \sqrt{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + \omega_{\mathrm{i}}^2}}

(une condition suffisante plus restrictive étant \omega \ll \omega_{\mathrm{p}0}).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Deux bornes encadrant la pulsation étaient attendues ; n'en donner qu'une seule invalidait la réponse.

« La question 51 nécessitait d’identifier deux bornes encadrant la pulsation du système. Bien souvent, une seule borne a été donnée et la réponse était considérée comme fausse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 52

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : asservissement proportionnel, précision

Étudier la qualité de respect de la consigne dans le cas où la contre-réaction est décrite par l'équation (17).

Voir l'indice

Résoudre l'équation algébrique statique résultante pour obtenir l'erreur de flèche résiduelle en régime proportionnel et discuter de l'influence du gain \beta.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation différentielle régissant le système bouclé établie à la question Q47 sous l'excitation harmonique liée au défilement de la surface : u(t) = V t d'où \cos(k u) = \cos(\omega t).
  2. Exploiter l'approximation quasistatique justifiée à la question Q51 (\omega \ll \omega_{\mathrm{cl}}) pour négliger les dérivées temporelles \ddot{\varepsilon} et \dot{\varepsilon}.
  3. Exprimer l'amplitude des fluctuations de l'erreur \varepsilon(t) = f(t) - f_{\mathrm{c}} et analyser l'influence du gain \beta sur la fidélité de l'asservissement.
Voir la réponse courte

En régime quasistatique avec correcteur P, l'erreur de suivi est atténuée d'un facteur 1 + \beta \omega_{\mathrm{i}}^2 / \omega_{\mathrm{p}0}^2 mais reste non nulle.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation quasistatique validée à la question Q51 (\omega = k V \ll \sqrt{\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2}), les termes dynamiques \ddot{\varepsilon} et \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0}\dot{\varepsilon} sont négligeables devant le terme de rappel élastique.

L'équation différentielle établie à la question Q47 se réduit alors à :

\left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right] \varepsilon(t) \approx \Gamma_1 \cos(\omega t)

En remplaçant \omega_{\mathrm{p}0}^2 = K/m_{\mathrm{eff}}, \omega_{\mathrm{i}}^2 = K_0/m_{\mathrm{eff}} et \Gamma_1 = F_1/m_{\mathrm{eff}} (questions Q46 et Q47), il vient :

\varepsilon(t) \approx \frac{F_1}{K + (1+\beta)K_0} \cos(\omega t)

L'amplitude résiduelle de l'écart à la consigne vaut donc :

\boxed{\varepsilon_0 = \frac{F_1}{K + (1+\beta)K_0}}

On en déduit les caractéristiques du respect de la consigne avec un correcteur purement proportionnel :

  • Erreur non nulle : Le respect de la consigne est imparfait. La flèche f(t) oscille autour de la consigne f_{\mathrm{c}} avec une amplitude \varepsilon_0 \neq 0.
  • Rôle du gain \beta : Par rapport au système non asservi (\beta = 0), l'amplitude des variations de flèche est atténuée d'un facteur :

    \frac{K + K_0}{K + (1+\beta)K_0}

    Une augmentation du gain \beta améliore la précision en réduisant l'écart \varepsilon_0. Cependant, pour toute valeur finie de \beta, l'erreur de suivi reste strictement non nulle.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question finale très peu abordée, avec moins de 1 % d'ébauches de réponses correctes.

« Les question 52, 53 et 54 n’ont été traitées que par une poignée de candidats et moins de 1% des candidats ont proposé une ébauche de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 53

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : asservissement pi, erreur de traînage

Étudier la qualité de respect de la consigne dans le cas où la contre-réaction est décrite par l'équation (18).

Voir l'indice

Passer en notation complexe pour une entrée harmonique \exp(i\omega t) avec l'action intégrale, et calculer l'amplitude de l'écart dynamique à basse fréquence.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation intégro-différentielle régissant \varepsilon avec la contre-réaction proportionnelle-intégrale (établie à la question Q49).
  2. Se placer dans le cadre quasistatique imposé par la question Q51 en négligeant les dérivées d'ordre supérieur (\ddot{\varepsilon} et \dot{\varepsilon}) devant les termes de rappel et d'intégration.
  3. Résoudre en régime sinusoïdal permanent en représentation complexe afin d'exprimer l'amplitude de l'erreur |\underline{\varepsilon}| en fonction de la vitesse de balayage via \omega = k V, puis comparer à celle obtenue à la question Q52.
Voir la réponse courte

L'action intégrale assure un gain infini à fréquence nulle et annule parfaitement l'erreur statique, améliorant la fidélité de cartographie.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q49, l'écart \varepsilon = f - f_{\mathrm{c}} vérifie :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}} \int \varepsilon\,\mathrm{d}t = \Gamma_1 \cos(\omega t)

avec \omega = kV. Dans l'approximation quasistatique (question Q51), les termes d'inertie \ddot{\varepsilon} et d'amortissement \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0}\dot{\varepsilon} sont négligeables, ce qui conduit à :

\left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon(t) + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}} \int \varepsilon(t)\,\mathrm{d}t \approx \Gamma_1 \cos(\omega t)

En dérivant cette relation par rapport au temps t, il vient :

\left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\dot{\varepsilon}(t) + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}}\,\varepsilon(t) \approx -\omega\Gamma_1 \sin(\omega t)

En adoptant la représentation complexe \underline{\varepsilon}(t) = \underline{\varepsilon}_0 \mathrm{e}^{i\omega t} en régime sinusoïdal forcé, on obtient :

\left( i\omega\left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right] + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}} \right)\underline{\varepsilon} = i\omega\Gamma_1

En réintroduisant les paramètres mécaniques \omega_{\mathrm{p}0}^2 = \frac{K}{m_{\mathrm{eff}}}, \omega_{\mathrm{i}}^2 = \frac{K_0}{m_{\mathrm{eff}}} et \Gamma_1 = \frac{F_1}{m_{\mathrm{eff}}}, l'amplitude complexe de l'erreur s'écrit :

\underline{\varepsilon} = \frac{i\omega F_1}{K_0\Omega_{\mathrm{I}} + i\omega\left[K + (1+\beta)K_0\right]}

L'amplitude du signal d'erreur vaut donc :

\boxed{ |\underline{\varepsilon}| = \frac{\omega F_1}{\sqrt{(K_0\Omega_{\mathrm{I}})^2 + \omega^2\left[K + (1+\beta)K_0\right]^2}} }

En définissant la pulsation caractéristique \omega_{\mathrm{int}} = \frac{K_0\Omega_{\mathrm{I}}}{K + (1+\beta)K_0}, on constate que pour une sollicitation très lente vérifiant \omega = kV \ll \omega_{\mathrm{int}} :

|\underline{\varepsilon}| \approx \frac{\omega F_1}{K_0\Omega_{\mathrm{I}}} = \frac{k V F_1}{K_0\Omega_{\mathrm{I}}} \xrightarrow[V \to 0]{} 0

La qualité de respect de la consigne est donc nettement supérieure à celle observée avec une correction uniquement proportionnelle (question Q52) :

  • à vitesse nulle (\omega = 0), l'erreur est rigoureusement nulle (|\underline{\varepsilon}| = 0), conformément au résultat de la question Q50 ;
  • à vitesse de balayage V finie mais faible, l'amplitude de l'erreur est proportionnelle à la vitesse V et peut être rendue arbitrairement petite en choisissant une vitesse d'exploration suffisamment modérée ou un gain intégral \Omega_{\mathrm{I}} suffisamment grand.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question finale très peu abordée, avec moins de 1 % d'ébauches de réponses correctes.

« Les question 52, 53 et 54 n’ont été traitées que par une poignée de candidats et moins de 1% des candidats ont proposé une ébauche de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Question 54

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : stabilité d'un système asservi, déphasage

Préciser pourquoi la contre-réaction décrite par l'équation (18), en comparaison à celle décrite par l'équation (17), expose le système à un risque d'instabilité.

Voir l'indice

Dériver l'équation intégro-différentielle pour obtenir une équation du troisième ordre, et appliquer le critère de Routh-Hurwitz pour montrer l'existence d'une borne supérieure critique sur le gain intégral \Omega_{\mathrm{I}}.

Voir la stratégie
  1. Montrer que l'action intégrale augmente l'ordre de l'équation différentielle régissant le système asservi, en passant de l'ordre 2 à l'ordre 3.
  2. Analyser la stabilité du polynôme caractéristique d'ordre 3 à l'aide du critère de Routh-Hurwitz et en déduire la condition limite d'instabilité sur le gain intégral \Omega_{\mathrm{I}}.
  3. Compléter par une interprétation fréquentielle en termes de retard de phase et de marge de phase.
Voir la réponse courte

L'action intégrale ajoute un déphasage de -90^\circ et augmente l'ordre de l'équation différentielle, réduisant la marge de phase et risquant l'instabilité.

Voir le corrigé complet

En dérivant par rapport au temps l'équation intégro-différentielle établie à la question Q49 :

\ddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \dot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\varepsilon + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}} \int \varepsilon\,\mathrm{d}t = \Gamma_1 \cos ku

on obtient une équation différentielle linéaire scalaire du troisième ordre :

\dddot{\varepsilon} + \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} \ddot{\varepsilon} + \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]\dot{\varepsilon} + \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}}\,\varepsilon = -\Gamma_1 \omega \sin(\omega t)

L'équation caractéristique associée s'écrit sous la forme p^3 + a_2 p^2 + a_1 p + a_0 = 0, avec :

a_2 = \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{Q_0} > 0, \quad a_1 = \omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2 > 0, \quad a_0 = \omega_{\mathrm{i}}^2\,\Omega_{\mathrm{I}} > 0
  • Avec la contre-réaction proportionnelle (équation (17)) : le système bouclé est d'ordre 2 à coefficients strictement positifs. Ses deux pôles sont à partie réelle strictement négative : le système est donc inconditionnellement stable.
  • Avec la contre-réaction proportionnelle-intégrale (équation (18)) : le système est d'ordre 3. D'après le critère de Routh-Hurwitz, la stabilité asymptotique exige la condition :

    a_2 a_1 - a_0 > 0 \iff \Omega_{\mathrm{I}} < \frac{\omega_{\mathrm{p}0}}{\omega_{\mathrm{i}}^2 Q_0} \left[\omega_{\mathrm{p}0}^2 + (1+\beta)\omega_{\mathrm{i}}^2\right]

Comme la lame est très faiblement amortie (Q_0 \gg 1, Q_0 \approx 50), le terme d'amortissement a_2 est très faible. Si le gain intégral \Omega_{\mathrm{I}} est choisi trop élevé, la condition de stabilité est violée : deux pôles passent dans le demi-plan complexe droit (\mathrm{Re}(p) > 0), conduisant à une divergence exponentielle des oscillations.

Voir ce qu'a relevé le jury

Question finale très peu abordée, avec moins de 1 % d'ébauches de réponses correctes.

« Les question 52, 53 et 54 n’ont été traitées que par une poignée de candidats et moins de 1% des candidats ont proposé une ébauche de bonne réponse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2020

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 ?

Surtout 4 chapitres : Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (35 % des questions, partie 2), Circuits électriques et régimes transitoires (15 %), Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire (15 %) et Mécanique du solide (13 %, partie 1). Plus ponctuellement : Cinématique et dynamique du point, Optique géométrique, Diffraction et réseaux, Électronique numérique : échantillonnage et modulation, Physique quantique…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 dès la première année (MPSI) ?

En grande partie : 41 questions sur 54 (76 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie 2 en entier (Q12 à Q32). Avec les autres programmes de première année : 43 en PCSI, 41 en PTSI, 41 en MP2I, 41 en TSI1 et 25 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 ?

Environ 5 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q17 (stabilité d'un équilibre), Q21 (bistabilité), Q29 (sensibilité) et Q54 (stabilité d'un système asservi).

Quelles questions classiques faut-il savoir refaire dans le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 ?

Classiques incontournables, à savoir refaire : Q7 (énergie potentielle élastique), Q11 (facteur de qualité), Q12 (potentiel de lennard-jones), Q25 (petite oscillation), Q28 (facteur de qualité), Q39 (photodiode), Q42 (filtre passe-ba) et Q43 (compromis gain-bande passante).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (24 sur 54), par exemple : Q2, Q6 à Q8, Q13, Q14, Q18, Q22, Q23, Q26, Q28, Q30 à Q33, Q36, Q37…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4, Q15 et Q46.

Le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Le sujet X-ENS Physique-SI MP 2020 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet difficile. Le rapport indique une moyenne de 8,10 sur 1196 copies, une troisième partie commencée par moins de la moitié des candidats et des estimations numériques très peu réussies. Moyenne : 9,96/20 (écart-type 5,41, 749 présents).

Pourquoi la résonance n'est-elle pas la pulsation optimale à la question Q29 ?

À la résonance (\Omega = 1), l'amplitude est maximale mais sa dérivée par rapport à la pulsation est nulle. Un décalage de pulsation propre n'induit donc aucune variation d'amplitude au premier ordre. Il faut travailler sur le flanc du pic (\Omega \approx 1{,}005), où la pente et la sensibilité sont maximales.

Faut-il utiliser le moment quadratique usuel en b h³ / 12 à la question Q3 ?

Non : il faut suivre scrupuleusement le modèle simplifié imposé par le texte en découpant la lame en deux demi-tronçons d'épaisseur h/2. L'intégration demandée aboutit à une constante de raideur D = E b h^3 / 16 en Q4, différente du coefficient usuel 1/12 de la résistance des matériaux.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.