Corrigé détaillé X ENS Physique SI MP 2021
L'effet piézo-électrique et deux de ses applications
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- Vérifié question par question
Ce sujet d'une remarquable élégance aborde la modélisation multi-échelle de la piézoélectricité, depuis la maille cristalline microscopique jusqu'à deux applications industrielles majeures : le transformateur de tension céramique piézo-électrique (transformateur de Rosen) et l'oscillateur à quartz de haute stabilité.
L'épreuve mobilise une large palette d'outils de physique théorique et appliquée : modélisation microscopique par réseau de ressorts et charges, passage à la limite continue mésoscopique, couplage électromécanique, propagation d'ondes élastiques stationnaires avec conditions aux limites inertielles, équivalence énergétique avec un oscillateur discret de type Mason/BVD, électrocinétique en régime sinusoïdal forcé, et théorie des systèmes bouclés linéaires. Très formateur et d'un niveau d'exigence représentatif des concours X-ENS, c'est un problème incontournable pour maîtriser les analogies électromécaniques et l'analyse fréquentielle approfondie.
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Partie 1 : Étude du comportement d’un milieu piézo-électrique
1.1 · Modélisation du comportement électromécanique d’un élément piézo-électrique
Question 1
Indiquer quelle signification physique il convient d'attribuer aux « ressorts » représentés sur la figure (2). Préciser alors la condition, portant sur la variable , que cette modélisation présuppose.
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Associer les ressorts aux forces de rappel interatomiques liant les cœurs ioniques au voisinage de leur position d'équilibre (approximation harmonique) ; la linéarité requiert un déplacement faible devant la maille (|x_B| \ll a).
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- Identifier la nature microscopique des liaisons au sein du réseau cristallin et justifier l'analogie avec des ressorts linéaires à l'aide d'un développement limité du potentiel d'interaction.
- En déduire le domaine de validité de cette approximation harmonique, traduisant le régime des petites déformations pour la variable macroscopique/mésoscopique x_{\mathrm{B}}.
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1. Signification physique des « ressorts »
Les ressorts modélisent les interactions de cohésion interatomiques (forces électrostatiques attractives et répulsives entre les ions ou atomes voisins dans le réseau cristallin).
Au voisinage de la position d'équilibre mécanique de la maille, l'énergie potentielle d'interaction interatomique E_{\mathrm{p}}(x) présente un minimum. Un développement de Taylor au second ordre (approximation harmonique) s'écrit :
La force d'interaction correspondante, F = -\dfrac{\mathrm{d}E_{\mathrm{p}}}{\mathrm{d}x}, est donc linéaire par rapport à l'écart à l'équilibre, ce qui justifie parfaitement le comportement élastique linéaire régi par la loi de Hooke (constantes de raideur K_1 et K_2).
2. Condition portant sur la variable x_{\mathrm{B}}
Cette approximation harmonique n'est valable que pour des déformations faibles devant les distances interatomiques caractéristiques à l'état de référence. La variable x_{\mathrm{B}}, qui mesure la variation d'abscisse du bord droit de la maille (déformation globale de la maille), doit donc respecter la condition de petites déformations :
Résultat
Question 2
Établir l'expression de la force correspondant à la situation d'équilibre.
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Écrire l'équilibre mécanique des barycentres P et N soumis aux forces de rappel élastique des deux ressorts et à la force électrostatique exercée par le champ extérieur.
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- Exprimer les conditions d'équilibre mécanique des barycentres de charges \mathrm{P} et \mathrm{N} soumis chacun aux forces de rappel des deux ressorts qui leur sont liés et à la force électrostatique.
- En déduire les déplacements x_{\mathrm{P}} et x_{\mathrm{N}} en fonction de x_{\mathrm{B}} et E.
- Écrire la condition d'équilibre de l'extrémité mobile \mathrm{B} pour obtenir l'expression de la force extérieure f.
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Les déplacements algébriques des points \mathrm{P}, \mathrm{N} et \mathrm{B} le long de l'axe (\mathrm{O}, x) par rapport à leurs positions de repos sont notés respectivement x_{\mathrm{P}}, x_{\mathrm{N}} et x_{\mathrm{B}}, l'extrémité \mathrm{A} étant fixe en x = 0.
Équilibre du barycentre \mathrm{P} (charge +q) : Le point \mathrm{P} est soumis à :
- la force de rappel du ressort de raideur K_1 lié à \mathrm{A} : \vec{F}_{1 \to \mathrm{P}} = -K_1 x_{\mathrm{P}} \vec{e}_x ;
- la force de rappel du ressort de raideur K_2 lié à \mathrm{B} : \vec{F}_{2 \to \mathrm{P}} = K_2 (x_{\mathrm{B}} - x_{\mathrm{P}}) \vec{e}_x ;
- la force électrostatique : \vec{F}_{\mathrm{e},\mathrm{P}} = q E \vec{e}_x.
À l'équilibre, la somme de ces forces est nulle, ce qui donne en projection sur \vec{e}_x :
Équilibre du barycentre \mathrm{N} (charge -q) : Le point \mathrm{N} est soumis à :
- la force de rappel du ressort de raideur K_2 lié à \mathrm{A} : \vec{F}_{2 \to \mathrm{N}} = -K_2 x_{\mathrm{N}} \vec{e}_x ;
- la force de rappel du ressort de raideur K_1 lié à \mathrm{B} : \vec{F}_{1 \to \mathrm{N}} = K_1 (x_{\mathrm{B}} - x_{\mathrm{N}}) \vec{e}_x ;
- la force électrostatique : \vec{F}_{\mathrm{e},\mathrm{N}} = -q E \vec{e}_x.
À l'équilibre, en projection sur \vec{e}_x :
Équilibre de l'extrémité \mathrm{B} : L'extrémité \mathrm{B} (de masse négligeable) est soumise à la force extérieure \vec{f} = f \vec{e}_x et aux forces de rappel exercées par les deux ressorts de droite :
En utilisant les relations d'équilibre (1) et (2), on remarque que K_2(x_{\mathrm{B}} - x_{\mathrm{P}}) = K_1 x_{\mathrm{P}} - qE et K_1(x_{\mathrm{B}} - x_{\mathrm{N}}) = K_2 x_{\mathrm{N}} + qE, d'où simplement :
En remplaçant x_{\mathrm{P}} et x_{\mathrm{N}} par leurs expressions :
Résultat
Question 3
Nous définissons le moment dipolaire électrique d'une maille par le vecteur où . Exprimer en fonction des variables et ainsi que des paramètres du modèle.
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Exprimer le moment dipolaire p = q(x_P - x_N) en injectant les expressions de x_P et x_N trouvées en Q2 en fonction de x_B et E.
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D'après les résultats établis à la question précédente (Q2), les déplacements des barycentres \mathrm{P} et \mathrm{N} à l'équilibre s'écrivent :
La différence de position relative des deux barycentres vaut donc :
Par définition du moment dipolaire p = q(x_{\mathrm{P}} - x_{\mathrm{N}}), on en déduit :
Résultat
Question 4
Nous considérons un élément piézo-électrique formé d'un assemblage de , selon les axes respectifs , et , mailles telles que celle représentée sur la figure (2). Elles sont supposées être soumises au même champ électrique . Par ailleurs, cet assemblage est soumis, à son extrémité droite (d'abscisse ), à la force . L'élongation totale de cet assemblage, dans ces conditions, est notée .
Exprimer en fonction de , et des paramètres du modèle (toujours en situation d'équilibre).
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Relier l'élongation de chaque maille à l'allongement total par x_B = \Delta / N_1, puis sommer les forces élémentaires sur les N_2 N_3 mailles réparties en parallèle sur la section transverse.
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- Associer les mailles en série selon l'axe (\mathrm{O},x) pour relier l'élongation totale \Delta au déplacement élémentaire x_{\mathrm{B}} d'une maille.
- Associer les mailles en parallèle dans le plan transverse (\mathrm{O},y,z) pour relier la force totale F à la force élémentaire f s'exerçant sur une maille.
- Injecter ces relations dans l'expression de la force f(x_{\mathrm{B}}, E) établie à la question 2.
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Considérons l'assemblage de N_1 \times N_2 \times N_3 mailles élémentaires à l'équilibre :
Selon la direction (\mathrm{O},x), le milieu est formé de N_1 mailles disposées en série. Le champ électrique extérieur \vec{E} = E\vec{e}_x étant uniforme, chaque maille subit le même champ E et transmet la même force axiale f. Les déformations x_{\mathrm{B}} de chacune des mailles d'une file sont donc identiques. L'allongement total \Delta de l'assemblage s'écrit alors :
\Delta = N_1 x_{\mathrm{B}} \iff x_{\mathrm{B}} = \frac{\Delta}{N_1}Dans les directions transverses (\mathrm{O},y) et (\mathrm{O},z), l'assemblage comprend N_2 \times N_3 files de mailles disposées en parallèle. À la surface d'extrémité droite, la force extérieure totale \vec{F} = F\vec{e}_x se répartit uniformément sur chacune des files :
F = N_2 N_3 f
D'après le résultat de la question 2, la force f à l'équilibre sur une maille s'écrit :
En substituant x_{\mathrm{B}} = \Delta / N_1 et en multipliant par N_2 N_3, on obtient l'expression de F :
Résultat
Question 5
Nous notons la contrainte (force par unité de surface) à laquelle est soumis l'élément piézo-électrique et son allongement relatif (algébrique). Exprimer en fonction de et , ainsi que des paramètres , , et .
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Diviser l'effort macroscopique F par l'aire S = N_2 N_3 (2a)^2 et faire intervenir l'allongement relatif \Delta_r = \Delta / (2a N_1).
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D'après l'énoncé, chaque maille élémentaire est un cube de côté 2a selon les trois directions spatiales. On en déduit les dimensions macroscopiques de l'élément piézo-électrique :
- sa longueur : L = 2a \, N_1 ;
- sa section droite : S = L_y L_z = (2a \, N_2)(2a \, N_3) = 4 a^2 N_2 N_3.
D'après le résultat de la question précédente (Q4), la force totale à l'équilibre s'écrit :
En divisant par la section S = 4 a^2 N_2 N_3, la contrainte \sigma = F/S devient :
Comme N_1 = \dfrac{L}{2a}, le terme \dfrac{\Delta}{N_1} s'exprime en fonction de l'allongement relatif \Delta_r = \dfrac{\Delta}{L} selon :
En substituant cette relation, on obtient :
Résultat
Question 6
Indiquer comment construire une longueur caractéristique de variation de la fonction et en proposer une expression. Préciser comment doivent être hiérarchisées l'échelle de longueur cristalline , celle de la longueur et celle de l'accroissement .
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Définir la longueur caractéristique de variation spatiale par L_u^\star = |u / (\partial u/\partial x)|, puis exprimer la condition d'échelle mésoscopique : 2a \ll \mathrm{d}x \ll L_u^\star.
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- Pour définir la longueur caractéristique de variation spatiale L_u^\star, on relie l'ordre de grandeur des variations du champ de déplacement u à celui de sa dérivée spatiale \partial u/\partial x.
- Pour établir la hiérarchie des échelles spatiales, on applique les principes fondamentaux de l'approximation des milieux continus (échelle mésoscopique \mathrm{d}x intermédiaire entre l'échelle microscopique 2a et l'échelle macroscopique L_u^\star).
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1. Construction et expression de la longueur caractéristique L_u^\star
Une longueur caractéristique de variation spatiale L_u^\star représente la distance sur laquelle le champ de déplacement u subit une variation relative de l'ordre de l'unité. En effectuant une analyse d'ordre de grandeur sur la dérivée spatiale :
on en déduit l'expression locale de cette longueur caractéristique :
À l'échelle globale de la structure, si u_0 désigne l'amplitude caractéristique du déplacement et (\partial u/\partial x)_{\max} le gradient spatial maximal, on peut également poser :
Pour une onde harmonique de pulsation \omega et de longueur d'onde \lambda, cette longueur est de l'ordre de L_u^\star \sim \dfrac{\lambda}{2\pi} = \dfrac{1}{k} (ou de l'ordre de la dimension macroscopique L pour les modes propres de vibration du milieu).
2. Hiérarchie des échelles de longueur
Le passage à la limite continue repose sur la définition d'un volume élémentaire mésoscopique de dimension caractéristique \mathrm{d}x. La hiérarchie requise est :
Cette double inégalité se justifie physiquement ainsi :
- Condition 2a \ll \mathrm{d}x (lissage statistique) : la tranche d'épaisseur \mathrm{d}x doit contenir un très grand nombre de mailles cristallines élémentaires (N_1^{\mathrm{meso}} \sim \mathrm{d}x/(2a) \gg 1) afin que les grandeurs continues (densité, déplacement u, contrainte \sigma, polarisation P) soient statistiquement bien définies par moyenne spatiale et affranchies des fluctuations discrètes atomiques.
- Condition \mathrm{d}x \ll L_u^\star (validité du calcul différentiel) : l'accroissement spatial \mathrm{d}x doit être suffisamment petit devant l'échelle de variation des champs macroscopiques pour que les grandeurs puissent être considérées comme quasi uniformes sur la tranche et pour justifier les développements de Taylor au premier ordre (tels que \mathrm{d}u \approx \dfrac{\partial u}{\partial x}\mathrm{d}x).
Résultat
Question 7
Donner l'expression, en fonction des paramètres , , et , de chacun des coefficients , , et issus du modèle que nous avons développé. Vérifier que .
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Identifier terme à terme les coefficients microscopiques obtenus en Q5 avec les relations phénoménologiques locales liant P et \sigma à \partial u/\partial x et E.
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- Exprimer la polarisation volumique P à l'échelle mésoscopique en divisant le moment dipolaire p d'une maille par le volume de la maille (2a)^3, puis relier l'élongation de la maille x_{\mathrm{B}} au gradient de déplacement \frac{\partial u}{\partial x}.
- Identifier par identification directe avec les relations (2) de l'énoncé les coefficients \alpha et \beta, puis A et B à partir de l'expression de la contrainte \sigma obtenue à la question Q5.
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Le volume d'une maille cubique élémentaire de côté 2a vaut :
La polarisation macroscopique P s'obtient comme la densité volumique de moment dipolaire. D'après le résultat de la question Q3 pour p, on a :
À la limite continue, l'allongement d'une maille de longueur 2a au repos s'identifie à la variation locale du déplacement :
En injectant cette relation dans l'expression de P, il vient :
Par identification avec la relation constitutive P = \alpha E + \beta \frac{\partial u}{\partial x}, on déduit :
D'autre part, la contrainte établie à la question Q5 s'écrit, avec \Delta_{\mathrm{r}} = \frac{\partial u}{\partial x} :
Par identification avec la loi \sigma = A \frac{\partial u}{\partial x} - B E, on obtient :
On constate immédiatement l'égalité :
Résultat
1.2 · Étude électrostatique
Question 8
Établir, à partir de l'équation de Maxwell-Gauss, l'équation liant la composante du champ électrique à la dérivée partielle et à une fonction du temps , à ce stade encore arbitraire. Nous poserons .
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Partir de \mathrm{div}\,\vec{D} = 0 en l'absence de charges libres en volume, avec \vec{D} = \varepsilon_0 \vec{E} + \vec{P}, et intégrer spatialement selon l'axe (Ox).
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- Exprimer l'équation de Maxwell-Gauss locale dans le milieu piézo-électrique en tenant compte de l'absence de charges libres et de la présence des charges de polarisation.
- Exploiter la symétrie unidimensionnelle du problème pour projeter l'équation selon l'axe (Ox).
- Injecter la loi de comportement reliant la polarisation P au champ électrique E et au gradient de déplacement \partial u/\partial x, puis intégrer spatialement.
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Le milieu piézo-électrique est un isolant parfait dépourvu de charges libres (\rho_{\text{libre}} = 0). Les seules charges volumiques présentes sont les charges de polarisation :
Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi permanents (ARQP), l'équation de Maxwell-Gauss s'écrit à chaque instant :
ce qui équivaut à :
Dans le modèle unidimensionnel considéré, le champ électrique et la polarisation sont dirigés selon \vec{e}_x et ne dépendent spatialement que de la coordonnée x :
L'opérateur divergence se réduit donc à la dérivée spatiale selon x :
En utilisant la relation locale de comportement issue de l'équation (2) :
il vient :
en ayant posé la permittivité diélectrique effective \varepsilon = \varepsilon_0 + \alpha. L'annulation de la dérivée spatiale implique que la quantité \varepsilon E + \beta\,\frac{\partial u}{\partial x} est uniforme dans le milieu et ne dépend que du temps t :
En introduisant une fonction du temps f_Q(t) arbitraire à ce stade, on obtient la relation :
Résultat
Question 9
Relier la fonction à la charge portée par l'électrode de droite. Établir alors que la composante vérifie l'équation :
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Utiliser la relation de passage du vecteur déplacement électrique ou du champ électrique à la surface de l'électrode droite chargée par +Q.
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- Exprimer les densités de charges (libre et de polarisation) sur la face interne de l'électrode droite à l'abscisse x = L.
- Appliquer la relation de passage du champ électrique à travers cette interface en utilisant l'annulation du champ électrique au sein de l'électrode métallique.
- Identifier la fonction f_Q(t) et en déduire l'équation (3).
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D'après la question Q8, la combinaison de la loi de Maxwell-Gauss et de la définition de la polarisation \vec{P} = \left(\alpha E + \beta \frac{\partial u}{\partial x}\right)\vec{e}_x conduit à :
où f_Q(t) est uniforme dans tout le domaine piézo-électrique.
Considérons l'interface à l'extrémité droite du milieu (x = L), en contact avec l'électrode métallique (D) :
L'électrode droite porte la charge totale +Q(t) répartie uniformément sur sa surface interne d'aire S, ce qui correspond à une densité surfacique de charge libre :
\sigma_{\text{libre}} = \frac{Q(t)}{S}La polarisation fait apparaître à la surface du milieu piézo-électrique une densité surfacique de charge liée \sigma_P = \vec{P}(L^-, t)\cdot \vec{n}_{\text{ext}}. La normale unitaire sortant du diélectrique étant \vec{n}_{\text{ext}} = \vec{e}_x, on a :
\sigma_P = P(L^-, t)
La densité surfacique totale de charge à cette frontière s'écrit donc :
Appliquons la relation de passage du champ électrique à la traversée de cette surface chargée, orientée par \vec{e}_x du milieu piézo-électrique (x < L) vers le conducteur métallique (x > L) :
Le champ électrique étant nul dans le métal en régime quasi stationnaire (\vec{E}(L^+, t) = \vec{0}), sa projection sur l'axe (Ox) donne :
soit :
Or, la quantité \varepsilon_0 E(x, t) + P(x, t) ne dépend pas de x et vaut précisément f_Q(t). On en déduit :
En réinjectant cette expression dans la relation établie à la question Q8, on obtient l'équation régissant le champ électrique :
Résultat
Question 10
Déduire de l'équation (3) l'expression du potentiel électrostatique en fonction du déplacement , de la charge , de l'abscisse ainsi que des paramètres du modèle. Exprimer ensuite la différence de potentiel en fonction de et . On fera apparaître, dans cette expression, la capacité électrique .
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Intégrer le champ électrique E = -\partial V/\partial x entre 0 et x avec V(0, t) = 0, puis évaluer \psi(t) = V(L, t) en faisant apparaître C_e = \varepsilon S / L.
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- Dans l'approximation des régimes quasi permanents, relier la composante E(x,t) du champ électrique au potentiel électrostatique V(x,t) par la relation E = -\frac{\partial V}{\partial x}.
- Intégrer cette équation par rapport à la variable d'espace x en utilisant les conditions aux limites à l'électrode fixe en x = 0 : référence de potentiel V(0,t) = 0 et déplacement nul u(0,t) = 0.
- Évaluer le potentiel à l'extrémité droite x = L pour en déduire la d.d.p. \psi(t) = V(L,t) - V(0,t) et introduire la capacité C_e = \frac{\varepsilon S}{L}.
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Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi permanents (ARQS), le champ électrique dérive d'un potentiel électrostatique scalaire :
En injectant cette relation dans l'équation (3) établie à la question précédente :
il vient directement :
On intègre spatialement cette équation entre l'électrode de gauche (x = 0) et une abscisse x quelconque :
L'énoncé précise que l'électrode de gauche est maintenue fixe et sert de référence de potentiel, ce qui impose :
On en déduit l'expression du potentiel électrostatique en tout point du milieu :
La différence de potentiel \psi(t) imposée par le générateur correspond au potentiel de l'électrode de droite (x = L) par rapport à l'électrode de référence (x = 0) :
Comme |u(L,t)| \ll L, on évalue l'expression en x = L :
En introduisant la capacité géométrique C_e = \frac{\varepsilon S}{L} de l'élément piézo-électrique :
Résultat
Question 11
Établir que la contrainte peut s'écrire sous la forme :
Préciser l'expression de chacune des constantes et .
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Injecter l'expression locale de E(x, t) issue de l'équation (3) dans la loi de comportement mécanique pour \sigma(x, t).
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- Partir de la loi de comportement mécanique locale liant la contrainte \sigma, la déformation \partial u/\partial x et le champ électrique E (seconde relation du système (2)).
- Exprimer le champ électrique E(x, t) en fonction du gradient spatial de déplacement \partial u/\partial x et de la charge Q(t) à l'aide de l'équation (3) établie en question Q9.
- Substituer cette expression dans celle de \sigma(x,t), utiliser l'égalité \beta = B établie en question Q7, puis identifier par identification directe les constantes A' et B'.
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D'après la seconde équation du système (2) issue du passage à la limite continue, la contrainte mécanique locale s'écrit :
Par ailleurs, l'équation (3) établie à la question Q9 relie le champ électrique local à la déformation et à la charge macroscopique Q(t) :
En injectant l'expression de E(x, t) dans celle de \sigma(x, t), on obtient :
En utilisant la relation \beta = B démontrée à la question Q7, cette équation prend bien la forme requise :
avec les constantes :
Résultat
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.