WikiPrépaLivrets

Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2022 (page 3/4 : Partie III)

Étude et mesure des séismes

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie III : Propagation d'ondes sismiques

III.A · Loi de Snell-Descartes pour des ondes sismiques à une interface

Question 24

Nous supposons que les composantes tangentielles à l'interface des vecteurs d'onde , et sont égales. On notera cette valeur. Définir le plan d'incidence et rappeler la première loi de Descartes. À partir de l'égalité des composantes tangentielles des vecteurs d'onde, retrouver la seconde loi de Descartes pour les ondes élastiques au passage de l'interface. Donner l'expression de en fonction de , et .

Voir l'indice

Définir le plan d'incidence et exploiter la continuité de la phase spatiale le long de l'interface en z=0 pour retrouver les relations de réfraction.

Voir le corrigé complet

1. Définition du plan d'incidence et première loi de Descartes

  • Le plan d'incidence est le plan formé par la direction de propagation de l'onde incidente (portée par le vecteur d'onde \vec{k}_i) et la normale à l'interface au point d'incidence (ici portée par \vec{e}_z). Dans la géométrie choisie, il s'agit du plan (O, \vec{e}_x, \vec{e}_z).
  • La première loi de Descartes stipule que le rayon réfléchi et le rayon transmis (ou réfracté) sont contenus dans le plan d'incidence.

2. Seconde loi de Descartes

Les milieux (1) et (2) étant non dispersifs pour les ondes de compression étudiées, les relations de dispersion donnent les normes des vecteurs d'onde à la pulsation \omega :

\begin{aligned} k_i = \|\vec{k}_i\| = \frac{\omega}{c_{p1}}, \qquad k_r = \|\vec{k}_r\| = \frac{\omega}{c_{p1}}, \qquad k_t = \|\vec{k}_t\| = \frac{\omega}{c_{p2}}. \end{aligned}

D'après la figure 8, les angles i_1, r et i_2 sont définis par rapport à la normale \vec{e}_z. Les projections des vecteurs d'onde sur l'axe tangentiel (Ox) s'écrivent donc :

\begin{aligned} k_{ix} = k_i \sin i_1 = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1, \qquad k_{rx} = k_r \sin r = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin r, \qquad k_{tx} = k_t \sin i_2 = \frac{\omega}{c_{p2}} \sin i_2. \end{aligned}

L'égalité imposée des composantes tangentielles, k_{ix} = k_{rx} = k_{tx}, fournit :

  • pour la réflexion :

    \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1 = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin r \implies \boxed{r = i_1}
  • pour la réfraction (transmission) :

    \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1 = \frac{\omega}{c_{p2}} \sin i_2 \implies \boxed{\frac{\sin i_1}{c_{p1}} = \frac{\sin i_2}{c_{p2}}}

3. Expression de k_x

On en déduit immédiatement la composante tangentielle commune du vecteur d'onde :

\boxed{k_x = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 25

Montrer qu'il existe un angle d'incidence limite, noté , et donner son expression en fonction des célérités des deux milieux.

Voir l'indice

Identifier la condition sur l'angle de transmission i_2 = \pi/2 dans la loi de Snell-Descartes c_{p2}\sin i_1 = c_{p1}\sin i_2 sachant que c_{p2} > c_{p1}.

Voir la stratégie
  1. Partir de la loi de Snell-Descartes pour la réfraction établie à la question précédente.
  2. Utiliser l'hypothèse c_{p1} < c_{p2} pour déterminer la borne supérieure de l'angle d'incidence i_1 garantissant l'existence d'une onde transmise progressive (c'est-à-dire \sin i_2 \le 1).
Voir le corrigé complet

D'après la loi de Snell-Descartes pour la réfraction obtenue à la question Q24 :

\frac{\sin i_1}{c_{p1}} = \frac{\sin i_2}{c_{p2}} \iff \sin i_2 = \frac{c_{p2}}{c_{p1}} \sin i_1

L'angle de réfraction i_2 étant un angle réel appartenant à l'intervalle \left[0, \frac{\pi}{2}\right] pour une onde progressive se propageant dans le milieu (2), le sinus doit vérifier :

\sin i_2 \le 1 \iff \sin i_1 \le \frac{c_{p1}}{c_{p2}}

Comme c_{p1} < c_{p2}, le rapport vérifie :

0 < \frac{c_{p1}}{c_{p2}} < 1

Il existe donc un unique angle critique i_\ell \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[ tel que :

\sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}

ce qui donne l'expression de l'angle d'incidence limite :

\boxed{i_\ell = \arcsin\left(\frac{c_{p1}}{c_{p2}}\right)}

Pour i_1 > i_\ell, l'onde ne peut plus se réfracter sous forme d'onde progressive homogène dans le milieu (2).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 26

Dans le cas où l'onde incidente arrive sur l'interface avec un angle , exprimer en fonction de , , , . Montrer que se met sous la forme , où on précisera la dimension et l'expression de en fonction de , , et . Justifier alors que l'onde transmise, polarisée suivant , peut se mettre sous la forme suivante :

On admettra que la direction de vibration est . Caractériser la structure de cette onde et donner l'expression de sa vitesse et de sa direction de propagation.

Voir l'indice

Utiliser la relation de dispersion dans le milieu (2) k_{tx}^2 + k_{tz}^2 = (\omega/c_{p2})^2 pour exprimer k_{tz} lorsque k_x > \omega/c_{p2}, et factoriser par -j.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les composantes du vecteur d'onde réfléchi \vec{k}_r à partir de la relation de dispersion dans le milieu (1) et de la loi de réflexion de Descartes.
  2. Utiliser la relation de dispersion dans le milieu (2) et l'égalité des composantes tangentielles pour déterminer la composante normale k_{tz}, puis en déduire la forme de \delta.
  3. Injecter l'expression de \vec{k}_t dans celle du champ de déplacement complexe et analyser la nature de l'onde obtenue (onde évanescente).
Voir le corrigé complet

1. Expression du vecteur d'onde réfléchi \vec{k}_r

Dans le milieu (1), l'onde réfléchie vérifie la relation de dispersion \|\vec{k}_r\| = \frac{\omega}{c_{p1}}.

D'après les lois de Descartes établies à la question Q24, le rayon réfléchi appartient au plan d'incidence (O, \vec{e}_x, \vec{e}_z), l'angle de réflexion vaut r = i_1, et la composante tangentielle est conservée :

k_{rx} = k_x = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1

L'onde réfléchie se propageant en s'éloignant de l'interface vers le demi-espace z < 0, sa composante selon \vec{e}_z est négative :

k_{rz} = - \sqrt{\|\vec{k}_r\|^2 - k_{rx}^2} = -\frac{\omega}{c_{p1}} \cos i_1

On en déduit l'expression du vecteur d'onde réfléchi :

\boxed{\vec{k}_r = \frac{\omega}{c_{p1}} \left( \sin i_1\,\vec{e}_x - \cos i_1\,\vec{e}_z \right)}

2. Composante normale k_{tz} et paramètre \delta

Dans le milieu (2), la relation de dispersion s'écrit \|\vec{k}_t\|^2 = k_{tx}^2 + k_{tz}^2 = \frac{\omega^2}{c_{p2}^2}. La continuité de la composante tangentielle impose k_{tx} = k_x = \frac{\omega}{c_{p1}}\sin i_1. Par suite :

\begin{aligned} k_{tz}^2 &= \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} - k_x^2 \\ &= \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} \left( 1 - \frac{c_{p2}^2}{c_{p1}^2} \sin^2 i_1 \right) \end{aligned}

En utilisant la relation \sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}} établie à la question Q25, on obtient :

k_{tz}^2 = \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} \left( 1 - \frac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} \right) = - \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} \left( \frac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} - 1 \right)

Pour i_1 > i_\ell, \sin i_1 > \sin i_\ell, donc k_{tz}^2 < 0. k_{tz} est imaginaire pur :

k_{tz} = \pm j\, \frac{\omega}{c_{p2}} \sqrt{\frac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} - 1}

Le milieu (2) occupant le demi-espace z > 0, l'amplitude physique de l'onde ne peut diverger quand z \to +\infty. Le terme de propagation \exp(-j k_{tz} z) impose donc de choisir la solution de partie imaginaire négative, soit k_{tz} = -\frac{j}{\delta}, avec :

\boxed{\delta = \frac{c_{p2}}{\omega \sqrt{\dfrac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} - 1}}}

La grandeur \delta a la dimension d'une longueur ([\delta] = \mathrm{L}, exprimée en mètres) : c'est la profondeur de pénétration de l'onde dans le milieu (2).

3. Forme du champ de déplacement \vec{u}_t

En reportant \vec{k}_t = k_x \vec{e}_x - \frac{j}{\delta}\vec{e}_z et \overrightarrow{OM} = x\,\vec{e}_x + z\,\vec{e}_z dans l'expression du champ de déplacement :

\begin{aligned} j\left(\omega t - \vec{k}_t \cdot \overrightarrow{OM}\right) &= j\left(\omega t - k_x x + \frac{j}{\delta} z\right) \\ &= -\frac{z}{\delta} + j(\omega t - k_x x) \end{aligned}

Puisque l'énoncé admet que la vibration est polarisée selon \vec{e}_x, on retrouve bien :

\boxed{\vec{u}_t(M, t) = U_{t0} \exp\left(-\frac{z}{\delta}\right) \exp\left[j(\omega t - k_x x)\right] \vec{e}_x}

4. Structure et caractéristiques de l'onde transmise

  • Structure : Il s'agit d'une onde évanescente (ou onde plane inhomogène). Les plans équiphases sont orthogonaux à la direction de propagation \vec{e}_x (plans x = \text{cte}), tandis que les surfaces d'égale amplitude sont parallèles à l'interface (plans z = \text{cte}). L'amplitude décroît exponentiellement avec la profondeur z.
  • Direction de propagation : L'onde se propage parallèlement à l'interface, dans la direction des x croissants (+\vec{e}_x).
  • Vitesse de propagation : La vitesse de phase v_\varphi s'écrit :

    \boxed{v_\varphi = \frac{\omega}{k_x} = \frac{c_{p1}}{\sin i_1}}

    Puisque \sin i_\ell < \sin i_1 \le 1, cette vitesse est strictement comprise entre c_{p1} et c_{p2} :

    c_{p1} \le v_\varphi < \frac{c_{p1}}{\sin i_\ell} = c_{p2}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 27

La normale au cône de Mach définit la direction de l'onde ré-émise. Déterminer l'angle entre le front d'onde de Mach et l'interface. On exprimera en fonction des célérités et . Justifier, à partir du schéma représenté sur la figure 9, que l'angle entre l'onde ré-émise et la normale à l'interface est égale à l'angle d'incidence limite .

Voir l'indice

Appliquer la construction géométrique de Huygens-Fresnel ou la trigonométrie dans le triangle formé par le front d'onde de Mach et l'interface.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de déplacement de la perturbation à l'interface pour i_1 = i_\ell, puis utiliser la construction géométrique du front d'onde de Mach (enveloppe des ondelettes réémises dans le milieu 1) pour relier \sin\theta_c aux célérités c_{p1} et c_{p2}.
  2. Déterminer par un raisonnement géométrique direct l'angle que fait la normale au front d'onde avec la normale à l'interface, puis identifier cet angle à i_\ell grâce à l'expression de \sin i_\ell.
Voir le corrigé complet

À l'incidence limite i_1 = i_\ell, la composante tangentielle du vecteur d'onde vaut d'après la question Q24 :

k_x = \frac{\omega}{c_{p1}}\sin i_\ell = \frac{\omega}{c_{p2}}

puisque \sin i_\ell = c_{p1}/c_{p2} (établi à la question Q25). La perturbation se propage donc le long de l'interface selon +\vec{e}_x à la vitesse :

v_s = \frac{\omega}{k_x} = c_{p2} > c_{p1}.

Cette perturbation agit comme une source se déplaçant à la vitesse suprasonique v_s = c_{p2} par rapport au milieu 1. Pendant une durée \Delta t, la source parcourt le long de l'interface une distance :

d = c_{p2}\,\Delta t.

Dans le même temps, l'onde réémise dans le milieu 1 s'est propagée sous forme d'une ondelette circulaire (sphérique en 3D) de rayon :

R = c_{p1}\,\Delta t.

Le front d'onde de Mach est la droite tangente commune à ces ondelettes, inclinée d'un angle \theta_c par rapport à l'interface (figure 9). Dans le triangle rectangle formé par la source, le point d'émission et le point de tangence sur le cercle de rayon R, on a :

\sin\theta_c = \frac{R}{d} = \frac{c_{p1}\,\Delta t}{c_{p2}\,\Delta t}

soit :

\boxed{\sin\theta_c = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}.}

Par définition, la direction de propagation de l'onde réémise est portée par la normale au cône de Mach :

  • le front d'onde fait un angle \theta_c avec l'interface ;
  • par conséquent, la normale au front d'onde (direction du rayon réémis) fait un angle \theta_c avec la normale à l'interface (car l'angle entre deux droites est égal à l'angle entre leurs normales respectives).

Comme \sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}, on en déduit immédiatement :

\boxed{\theta_c = i_\ell.}

L'angle entre la direction de propagation de l'onde réémise et la normale à l'interface est donc bien égal à l'angle d'incidence limite i_\ell.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

III.B · Principe de réfraction sismique

Question 28

Supposons que l'onde se propage le long de la surface de la couche de hauteur et atteigne le récepteur directement. Déterminer la durée du trajet de cette onde, appelée onde D ou onde directe.

Voir l'indice

Le rayon se propage en ligne droite à la surface du milieu 1 à la vitesse constante c_1 entre la source et le récepteur.

Voir le corrigé complet

L'onde directe (notée onde D) se propage en ligne droite à la surface libre z = 0, directement depuis la source s(0, 0) jusqu'au récepteur r(x, 0).

Ce trajet s'effectue intégralement dans la première couche de roche de célérité c_1. La distance parcourue le long de l'axe (\mathrm{O}x) est simplement d = x.

D'après la définition du temps de parcours donnée par l'équation (10) avec une vitesse constante v = c_1 :

T_D(x) = \int_0^x \frac{\mathrm{d}x'}{c_1} = \frac{x}{c_1}
\boxed{T_D(x) = \frac{x}{c_1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 29

Si l'onde est réfléchie à l'interface entre les deux milieux 1 et 2, déterminer la durée du trajet de cette onde, appelée onde R ou onde réfléchie. Déterminer les valeurs asymptotiques de cette durée quand et quand .

Voir l'indice

Utiliser le principe de Fermat ou la méthode des images pour déterminer la longueur du trajet avec réflexion spéculaire au fond de la couche de profondeur h.

Voir le corrigé complet

D'après les lois de Snell-Descartes pour la réflexion (angle de réflexion égal à l'angle d'incidence, établi à la question Q24), le rayon réfléchi atteint l'interface z = h en son milieu d'abscisse x_I = \frac{x}{2}.

Le trajet de l'onde réfléchie est constitué de deux segments rectilignes de même longueur dans le milieu 1 où la célérité est c_1 :

  • de la source s(0,0) au point de réflexion I(x/2, h) : d_1 = \sqrt{\left(\frac{x}{2}\right)^2 + h^2} ;
  • du point I(x/2, h) au récepteur r(x,0) : d_2 = \sqrt{\left(\frac{x}{2}\right)^2 + h^2} = d_1.

La distance totale parcourue par l'onde réfléchie est donc :

d_R = 2 \sqrt{\frac{x^2}{4} + h^2} = \sqrt{x^2 + 4h^2}

La durée du trajet T_R(x) s'en déduit directement :

\boxed{T_R(x) = \frac{\sqrt{x^2 + 4h^2}}{c_1}}

Examinons les comportements aux limites :

  • Pour x = 0 (tir vertical, la source et le récepteur sont confondus) :

    \boxed{T_R(0) = \frac{2h}{c_1}}
  • Pour x \to +\infty :

    T_R(x) = \frac{x}{c_1} \sqrt{1 + \frac{4h^2}{x^2}} = \frac{x}{c_1}\left(1 + \frac{2h^2}{x^2} + \mathcal{O}\left(\frac{1}{x^4}\right)\right)

    Le comportement asymptotique est donc :

    \boxed{T_R(x) \underset{x \to +\infty}{\sim} \frac{x}{c_1}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 30

Quand un rayon sismique issu de la source arrive à l'interface entre les deux milieux avec un angle d'incidence égal à l'incidence limite , expliquer le comportement du rayon sismique. Peut-il atteindre le récepteur ? Déterminer la durée de trajet pour ces ondes dites réfractées, ou ondes H,

avec à déterminer en fonction de , et . Établir une condition sur pour que ces ondes existent et atteignent effectivement le récepteur.

Voir l'indice

Décomposer le trajet de l'onde conique en trois segments : descente oblique sous l'angle limite i_\ell, parcours horizontal le long du toit du demi-espace à vitesse c_2, et remontée sous le même angle limite.

Voir la stratégie
  1. Décrire la réfraction limite à l'interface (onde glissante) et le mécanisme de ré-émission vers le milieu 1 sous l'angle critique i_\ell (onde conique de tête).
  2. Décomposer le trajet de l'onde H en trois segments : descente dans le milieu 1, propagation le long de l'interface à la célérité c_2, et remontée dans le milieu 1.
  3. Calculer la durée totale T_H(x) par sommation des temps de parcours et identifier le temps d'interception \tau_1.
  4. Exprimer la condition géométrique d'existence de ce trajet (AB \ge 0).
Voir le corrigé complet

1. Comportement du rayon et détection au récepteur

D'après la loi de Snell-Descartes pour la réfraction (établie à la question Q24), lorsque l'angle d'incidence atteint la valeur critique i_\ell telle que \sin i_\ell = \frac{c_1}{c_2}, l'angle de réfraction vaut :

i_2 = \frac{\pi}{2}

Le rayon réfracté se propage donc parallèlement à l'interface dans le milieu le plus rapide à la célérité c_2.

Comme vu à la question Q27, la perturbation se déplaçant le long de l'interface à la vitesse c_2 > c_1 induit une ré-émission continue d'ondes sismiques dans le milieu 1 formant un front d'onde incliné (onde conique ou onde de tête, dite onde H). Les rayons associés à cette onde émergent de l'interface sous l'angle limite i_\ell par rapport à la normale. L'un de ces rayons peut donc remonter à la surface libre et atteindre effectivement le récepteur r(x, 0).

2. Durée du trajet T_H(x)

Le trajet se compose de trois segments (voir figure 10 de l'énoncé) :

  • Un trajet descendant dans le milieu 1, de la source s(0,0) au point d'incidence A(x_A, h) :

    x_A = h \tan i_\ell, \quad sA = \frac{h}{\cos i_\ell}, \quad \Delta t_{sA} = \frac{h}{c_1 \cos i_\ell}
  • Un trajet le long de l'interface de A(x_A, h) à B(x_B, h) à la célérité c_2. Par retour inverse et symétrie, le rayon atteignant le récepteur r(x,0) quitte l'interface en x_B = x - h\tan i_\ell :

    AB = x_B - x_A = x - 2h \tan i_\ell, \quad \Delta t_{AB} = \frac{x - 2h \tan i_\ell}{c_2}
  • Un trajet remontant dans le milieu 1, de B(x_B, h) à r(x,0) :

    Br = \frac{h}{\cos i_\ell}, \quad \Delta t_{Br} = \frac{h}{c_1 \cos i_\ell}

La durée totale du trajet s'écrit :

\begin{aligned} T_H(x) &= \Delta t_{sA} + \Delta t_{AB} + \Delta t_{Br} \\ &= \frac{x}{c_2} + 2h\left(\frac{1}{c_1 \cos i_\ell} - \frac{\tan i_\ell}{c_2}\right) \\ &= \frac{x}{c_2} + \frac{2h}{c_1 \cos i_\ell}\left(1 - \frac{c_1}{c_2}\sin i_\ell\right) \end{aligned}

En utilisant la relation \sin i_\ell = \frac{c_1}{c_2}, il vient 1 - \frac{c_1}{c_2}\sin i_\ell = 1 - \sin^2 i_\ell = \cos^2 i_\ell. On en déduit :

T_H(x) = \frac{x}{c_2} + \frac{2h \cos i_\ell}{c_1}

Or \cos i_\ell = \sqrt{1 - \sin^2 i_\ell} = \sqrt{1 - \frac{c_1^2}{c_2^2}} = \frac{\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_2}, d'où :

\boxed{T_H(x) = \frac{x}{c_2} + \tau_1 \quad \text{avec} \quad \tau_1 = \frac{2h\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_1 c_2} = 2h\sqrt{\frac{1}{c_1^2} - \frac{1}{c_2^2}}}

3. Condition d'existence

Pour que le trajet réfracté existe géométriquement et atteigne la surface libre, la distance parcourue le long de l'interface doit être positive ou nulle (x_B \ge x_A, soit AB \ge 0) :

x \ge 2h \tan i_\ell

En explicitant \tan i_\ell = \frac{\sin i_\ell}{\cos i_\ell} = \frac{c_1}{\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}, la condition sur la distance source-récepteur s'écrit :

\boxed{x \ge x_{\mathrm{crit}} = \frac{2h c_1}{\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}}

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 31

L'obtention des durées de trajets précédentes permettent de cartographier la géologie souterraine. Pour les trois ondes précédentes (D, R, H), tracer sur un même graphique les différents temps d'arrivée en fonction de l'abscisse du récepteur. Déduire une distance à partir de laquelle l'onde réfractée (onde H) est détectée en premier par le détecteur. Quelle est la forme de la courbe qui matérialise les premiers temps d'arrivée d'onde à chaque récepteur ? Quels types d'ondes participent à la forme de cette courbe ?

Voir l'indice

Tracer les droites T_D(x) et T_H(x) ainsi que la branche hyperbolique T_R(x). Déterminer leur point d'intersection x_d en égalant T_D(x) et T_H(x).

Voir la stratégie
  1. Rappeler les expressions des trois temps de parcours T_D(x), T_R(x) et T_H(x) issues des questions précédentes, avec leurs domaines de définition et asymptotes respectifs.
  2. Tracer l'hodochrone (graphe T en fonction de x) en faisant apparaître la tangente entre l'onde réfléchie et l'onde réfractée en x_{\text{crit}}, ainsi que le croisement entre l'onde directe et l'onde réfractée en x_d.
  3. Résoudre l'équation T_D(x_d) = T_H(x_d) pour expliciter la distance de croisement x_d, puis caractériser la courbe des premières arrivées.
Voir le corrigé complet

Rappelons les expressions des durées de trajet établies aux questions Q28, Q29 et Q30 :

  • Onde directe D : T_D(x) = \dfrac{x}{c_1} pour tout x \ge 0 (droite de pente 1/c_1 passant par l'origine).
  • Onde réfléchie R : T_R(x) = \dfrac{\sqrt{x^2+4h^2}}{c_1} (branche d'hyperbole d'ordonnée à l'origine T_R(0)=\dfrac{2h}{c_1}, asymptote T_R(x) \sim \dfrac{x}{c_1}).
  • Onde réfractée H : T_H(x) = \dfrac{x}{c_2} + \tau_1 avec \tau_1 = \dfrac{2h\sqrt{c_2^2-c_1^2}}{c_1c_2}, définie uniquement pour x \ge x_{\text{crit}} = \dfrac{2hc_1}{\sqrt{c_2^2-c_1^2}}.

En x = x_{\text{crit}}, on a T_H(x_{\text{crit}}) = T_R(x_{\text{crit}}) : la droite T_H(x) est tangente à l'hyperbole T_R(x).

Calcul de la distance de croisement x_d : L'onde réfractée arrive en premier lorsque T_H(x) < T_D(x). La distance frontière x_d vérifie :

T_D(x_d) = T_H(x_d) \iff \frac{x_d}{c_1} = \frac{x_d}{c_2} + \tau_1

D'où :

\begin{aligned} x_d \left( \frac{1}{c_1} - \frac{1}{c_2} \right) &= \tau_1 \\ x_d \left( \frac{c_2 - c_1}{c_1 c_2} \right) &= \frac{2h\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_1 c_2} \\ x_d &= \frac{2h\sqrt{(c_2-c_1)(c_2+c_1)}}{c_2 - c_1} \end{aligned}
\boxed{x_d = 2h \sqrt{\frac{c_2 + c_1}{c_2 - c_1}}}

Comme c_2 > c_1, le terme sous la racine est strictement supérieur à 1, ce qui assure bien x_d > x_{\text{crit}} = \dfrac{2h c_1}{\sqrt{c_2^2-c_1^2}}.

Forme de la courbe des premiers temps d'arrivée : La courbe matérialisant les premières arrivées (hodochrone des premières arrivées) est une ligne brisée formée de deux segments de droites :

  • pour 0 \le x \le x_d, une droite de pente \dfrac{1}{c_1} passant par l'origine ;
  • pour x \ge x_d, une droite de pente plus faible \dfrac{1}{c_2} < \dfrac{1}{c_1}, d'ordonnée à l'origine \tau_1.

Types d'ondes participant à cette courbe :

  • L'onde directe D pour x \in [0, x_d].
  • L'onde réfractée H (onde conique critique) pour x > x_d.

L'onde réfléchie R n'arrive jamais en premier, car pour tout x > 0, T_R(x) > T_D(x).

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 32

La figure 11 représente un sismogramme issu d'une campagne de mesures dans la vallée du Connecticut (Massachusetts, USA), où les explosions générant les ondes sismiques sont contrôlées (à la différence de la survenue d'un séisme). La date correspond au démarrage de l'excitation. La détection des premières ondes sismiques est repérée par une flèche. On considère qu'il n'y a que deux couches souterraines qui sont sondées par les ondes émises. Commenter ce sismogramme et justifier que les résultats sont conformes aux prédictions de la question précédente. Déterminer la vitesse des ondes dans chaque couche souterraine ainsi que et la hauteur de la première couche. Expliquer ce qui peut limiter la portée de la méthode en profondeur.

Voir l'indice

Identifier les pentes des deux régimes linéaires sur les premières arrivées du sismogramme pour extraire c_1 et c_2, puis relever la distance de croisement x_d pour en déduire h.

Voir la stratégie
  1. Commentaire du sismogramme et conformité : observer la courbe des premiers arrivés t(x) formée par les flèches. Sur ce graphe où x est en ordonnée et t en abscisse, la vitesse correspond à la pente \Delta x / \Delta t. Justifier la présence de deux régimes linéaires consécutifs conformément à la courbe en ligne brisée établie en Q31.
  2. Détermination de x_d, c_1 et c_2 : repérer l'abscisse du coude x_d, puis mesurer les pentes respectives \Delta x / \Delta t pour x < x_d (onde directe) et pour x > x_d (onde réfractée).
  3. Calcul de l'épaisseur h : utiliser la relation issue de Q31 liant h à x_d, c_1 et c_2.
  4. Facteurs limitant la portée en profondeur : analyser les contraintes géométriques (x_d \propto h), énergétiques (atténuation) et physiques (nécessité d'une vitesse croissante avec la profondeur).
Voir le corrigé complet

1. Commentaire du sismogramme et justification théorique

Les flèches indiquent le temps de première arrivée de l'onde sismique à chaque géophone. On constate que ces points d'arrivée se répartissent selon deux segments de droite distincts :

  • pour x \le 20\text{ m}, le temps d'arrivée augmente régulièrement avec la distance ;
  • pour x \ge 20\text{ m}, la pente de la courbe x(t) augmente nettement (le temps d'arrivée n'augmente que très peu avec la distance).

La courbe des premières arrivées est une ligne brisée formée de deux demi-droites, ce qui est parfaitement conforme aux prédictions de la question Q31 : pour x < x_d, l'onde directe (vitesse c_1) arrive la première, tandis que pour x > x_d, l'onde conique réfractée (vitesse apparente c_2 > c_1) la devance.

2. Détermination expérimentale des vitesses et de x_d

Sur le sismogramme, l'axe vertical représente la distance x et l'axe horizontal le temps t. La vitesse de propagation correspond donc à la pente :

v = \frac{\Delta x}{\Delta t}
  • Distance de croisement x_d : la rupture de pente est clairement localisée à :

    \boxed{x_d \simeq 20\text{ m}}
  • Vitesse c_1 dans la première couche : sur la branche de l'onde directe (x \le 20\text{ m}), relevons les temps d'arrivée par exemple en x = 5\text{ m} (t \simeq 11\text{ ms}) et en x = 17\text{ m} (t \simeq 35\text{ ms}) :

    \begin{aligned} c_1 &= \frac{17 - 5}{(35 - 11)\times 10^{-3}} = \frac{12}{24\times 10^{-3}} = 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
    \boxed{c_1 \simeq 5{,}0\times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}
  • Vitesse c_2 dans le demi-espace sous-jacent : sur la branche de l'onde réfractée (x \ge 20\text{ m}), relevons entre x = 20\text{ m} (t \simeq 41\text{ ms}) et x = 38\text{ m} (t \simeq 47\text{ ms}) :

    \begin{aligned} c_2 &= \frac{38 - 20}{(47 - 41)\times 10^{-3}} = \frac{18}{6\times 10^{-3}} = 3000\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
    \boxed{c_2 \simeq 3{,}0\times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

3. Hauteur h de la première couche

D'après la relation établie à la question Q31 :

x_d = 2h \sqrt{\frac{c_2 + c_1}{c_2 - c_1}} \iff h = \frac{x_d}{2}\sqrt{\frac{c_2 - c_1}{c_2 + c_1}}

En effectuant l'application numérique :

\begin{aligned} h &= \frac{20}{2}\sqrt{\frac{3000 - 500}{3000 + 500}} = 10\sqrt{\frac{2500}{3500}} = 10\sqrt{\frac{5}{7}} \simeq 10 \times 0{,}845 \simeq 8{,}5\text{ m} \end{aligned}

Compte tenu des incertitudes de lecture graphique :

\boxed{h \simeq 8\text{ m}}

4. Facteurs limitant la portée en profondeur de la méthode

  • Contrainte d'encombrement géométrique : la distance de croisement vérifie x_d \propto h (ici x_d \simeq 2{,}4\,h). Pour sonder des couches profondes (h \sim 1\text{ km} ou plus), le dispositif de mesure (la « flûte » de capteurs) doit s'étendre sur une distance x \gg h de plusieurs kilomètres, ce qui devient logistiquement très lourd sur le terrain.
  • Atténuation de l'énergie : l'énergie de l'onde décroît fortement avec la distance parcourue du fait de l'étalement géométrique et de l'atténuation anélastique du milieu. Sonder profondément nécessiterait des sources d'excitation démesurées.
  • Condition de vitesse croissante : la réfraction limite n'existe que si la vitesse augmente avec la profondeur (c_2 > c_1). Toute couche à vitesse plus faible (« couche lente ») est indétectable par réfraction sismique.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 33

On va généraliser la méthode précédente à une situation où plusieurs couches, deux en tout, surplombent un demi-espace, telles que et de hauteurs respectives et . Quels sont les différents trajets possibles des ondes ? Quel est l'angle d'incidence avec lequel le rayon doit arriver sur l'interface 1/2 pour que l'angle d'incidence à l'interface 2/3 soit ? Déterminer l'expression du temps d'arrivée des ondes réfractées entre les couches 2 et 3. Tracer qualitativement sur le graphique représentant les temps d'arrivée : des rayons directs, des rayons réfractés à l'interface 1/2 et ceux réfractés à l'interface 2/3. Quelle information donne la courbe des premiers temps d'arrivée des rayons sismiques ?

Voir l'indice

Généraliser la loi de Descartes à l'empilement bicouche : le paramètre de raie \sin\theta(z)/c(z) se conserve le long du rayon réfracté critique.

Voir la stratégie
  1. Dresser l'inventaire des trajets géométriques possibles pour les rayons sismiques entre la source et le récepteur en surface.
  2. Appliquer la loi de Snell-Descartes aux deux interfaces parallèles pour relier l'angle d'émergence \theta_1 à l'angle critique i_{\ell(2/3)}.
  3. Exprimer le temps de parcours T_{H_2}(x) en sommant les durées de trajet dans chaque couche selon la méthode de décomposition temporelle vue à la question Q30.
  4. Tracer les hodochrones (droites de temps de parcours) et en déduire la nature des informations géophysiques apportées par les premières arrivées.
Voir le corrigé complet

1. Trajets possibles des ondes sismiques

Pour une source et un récepteur situés à la surface de la première couche, les trajets géométriquement admissibles sont :

  • l'onde directe D, se propageant dans la couche 1 à la vitesse c_1 le long de la surface libre ;
  • les ondes réfléchies : onde R_1 réfléchie sur l'interface 1/2 et onde R_2 transmise dans la couche 2 puis réfléchie sur l'interface 2/3 ;
  • les ondes réfractées coniques (ondes de tête ou ondes H) permises par c_1 < c_2 < c_3 :

    • l'onde H_1, réfractée à l'angle critique à l'interface 1/2, se propageant le long du toit de la couche 2 à la vitesse c_2 ;
    • l'onde H_2, réfractée à l'angle critique à l'interface 2/3, se propageant le long du toit du demi-espace 3 à la vitesse c_3.

2. Angle d'incidence \theta_1 à l'interface 1/2

À l'interface 2/3, l'angle critique de réfraction est défini par la relation de Snell-Descartes :

\sin i_{\ell(2/3)} = \frac{c_2}{c_3}

Les interfaces étant planes et horizontales, l'angle de réfraction dans le milieu 2 à l'interface 1/2 est égal à l'angle d'incidence sur l'interface 2/3 : \theta_2 = i_{\ell(2/3)}. En appliquant la loi de Descartes à l'interface 1/2 :

\frac{\sin \theta_1}{c_1} = \frac{\sin \theta_2}{c_2} = \frac{\sin i_{\ell(2/3)}}{c_2} = \frac{1}{c_3}

On en déduit :

\boxed{\sin \theta_1 = \frac{c_1}{c_3} \quad \text{soit} \quad \theta_1 = \arcsin\left(\frac{c_1}{c_3}\right)}

3. Temps d'arrivée T_{H_2}(x) de l'onde réfractée à l'interface 2/3

Le trajet de l'onde H_2 comporte :

  • une traversée descendante de la couche 1 sous l'angle \theta_1, sur une distance h_1/\cos\theta_1 (déport horizontal h_1\tan\theta_1) ;
  • une traversée descendante de la couche 2 sous l'angle \theta_2, sur une distance h_2/\cos\theta_2 (déport horizontal h_2\tan\theta_2) ;
  • un parcours horizontal le long de l'interface 2/3 à la célérité c_3 sur une distance x - 2(h_1\tan\theta_1 + h_2\tan\theta_2) ;
  • une remontée symétrique vers la surface à travers les milieux 2 puis 1.

Le temps de parcours total s'écrit donc :

\begin{aligned} T_{H_2}(x) &= 2\frac{h_1}{c_1 \cos\theta_1} + 2\frac{h_2}{c_2 \cos\theta_2} + \frac{x - 2(h_1\tan\theta_1 + h_2\tan\theta_2)}{c_3} \\ &= \frac{x}{c_3} + 2h_1\left(\frac{1}{c_1\cos\theta_1} - \frac{\sin\theta_1}{c_3\cos\theta_1}\right) + 2h_2\left(\frac{1}{c_2\cos\theta_2} - \frac{\sin\theta_2}{c_3\cos\theta_2}\right) \end{aligned}

En utilisant \frac{\sin\theta_1}{c_3} = \frac{\sin^2\theta_1}{c_1} et \frac{\sin\theta_2}{c_3} = \frac{\sin^2\theta_2}{c_2}, il vient :

\frac{1}{c_k\cos\theta_k} - \frac{\sin\theta_k}{c_3\cos\theta_k} = \frac{1 - \sin^2\theta_k}{c_k\cos\theta_k} = \frac{\cos\theta_k}{c_k} = \frac{\sqrt{c_3^2 - c_k^2}}{c_k c_3} \quad (k\in\{1,2\})

Ainsi, le temps de trajet est de la forme :

\boxed{T_{H_2}(x) = \frac{x}{c_3} + \tau_2}

avec le temps d'interception :

\boxed{\tau_2 = \frac{2 h_1 \sqrt{c_3^2 - c_1^2}}{c_1 c_3} + \frac{2 h_2 \sqrt{c_3^2 - c_2^2}}{c_2 c_3}}

4. Tracé qualitatif des hodochrones

Les temps de parcours des trois ondes principales vérifient :

\begin{aligned} T_D(x) &= \frac{x}{c_1} \\ T_{H_1}(x) &= \frac{x}{c_2} + \tau_1 \quad \text{avec} \quad \tau_1 = \frac{2h_1\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_1 c_2} \\ T_{H_2}(x) &= \frac{x}{c_3} + \tau_2 \quad \text{avec} \quad \tau_2 > \tau_1 > 0 \end{aligned}

Les pentes successives diminuent (1/c_1 > 1/c_2 > 1/c_3) tandis que les ordonnées à l'origine croissent (0 < \tau_1 < \tau_2).

5. Informations issues de la courbe des premiers temps d'arrivée

La courbe des premières arrivées forme une ligne brisée concave, composée successivement des segments T_D(x) pour x < x_{d1}, T_{H_1}(x) pour x_{d1} < x < x_{d2}, puis T_{H_2}(x) pour x > x_{d2}.

  • La pente de chaque segment donne l'inverse de la vitesse de l'onde dans la couche correspondante (1/c_1, 1/c_2, 1/c_3).
  • Les temps d'interception \tau_1 et \tau_2 (ordonnées à l'origine par extrapolation des segments) permettent de calculer successivement les épaisseurs h_1 et h_2 des différentes strates géologiques.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Question 34

Qualitativement, que se passe-t-il si la couche 2 est une zone de basse vitesse, c'est-à-dire si ? Quels sont les rayons qui existent ? En déduire alors la (ou les) limite(s) principale(s) de cette méthode.

Voir l'indice

Analyser le comportement d'un rayon entrant dans un milieu plus lent (c_2 < c_1) : il se rapproche de la normale et ne peut pas subir de réfraction critique le long de l'interface supérieure de cette couche.

Voir la stratégie
  1. Analyser la loi de Snell-Descartes à l'interface 1/2 où la vitesse diminue (c_2 < c_1) pour déterminer si une réfraction critique est possible.
  2. Examiner si une réfraction critique peut néanmoins se produire à l'interface 2/3 où c_3 > c_2.
  3. Recenser les différents types d'ondes existantes et en déduire les limitations fondamentales de la sismique réfraction en présence d'une inversion de vitesse (couche lente).
Voir le corrigé complet

1. Phénomène à l'interface 1/2 (c_2 < c_1) :
D'après la loi de Snell-Descartes appliquée à l'interface 1/2 :

\sin i_2 = \frac{c_2}{c_1} \sin i_1

Puisque c_2 < c_1, le rayon réfracté se rapproche de la normale (i_2 < i_1). Pour obtenir une réfraction critique le long de l'interface (i_2 = \pi/2), il faudrait :

\sin i_1 = \frac{c_1}{c_2} > 1

ce qui est physiquement impossible. Par conséquent, il ne peut pas se former d'onde réfractée critique (onde conique de tête) le long de l'interface 1/2.

2. Rayons qui existent :

  • L'onde directe D, se propageant en surface à la célérité c_1.
  • Les ondes réfléchies R_1 (à l'interface 1/2) et R_2 (à l'interface 2/3).
  • L'onde réfractée critique à l'interface 2/3 : en effet, pour i_2 = i_{\ell(2/3)} = \arcsin(c_2/c_3), l'angle d'incidence i_1 dans la couche 1 vérifie :

    \sin i_1 = \frac{c_1}{c_3} < 1 \quad (\text{car } c_1 < c_3)

    Cet angle existe, si bien qu'un rayon réfracté critique peut glisser le long de l'interface 2/3 à la vitesse c_3 et remonter vers la surface.

  • En revanche, l'onde réfractée critique à l'interface 1/2 n'existe pas.

3. Limite(s) principale(s) de la méthode :

\boxed{\text{La méthode de réfraction sismique exige une vitesse strictement croissante avec la profondeur : } c_1 < c_2 < c_3 < \dots}

Les conséquences et limites associées sont :

  • Problème de la couche cachée (hidden layer ou low-velocity zone) : la couche 2 ne générant aucune onde de tête, elle n'apparaît sur aucun segment de la dromochronique des premières arrivées. Sa célérité c_2 et son épaisseur h_2 demeurent totalement indétectables par cette méthode.
  • Erreur sur la profondeur des interfaces profondes : en ignorant l'existence de cette zone de basse vitesse ou en supposant une augmentation monotone de la vitesse, le calcul de la profondeur de l'interface 2/3 est systématiquement surestimé.

Résultat

Signaler une erreurSommaire

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.

Note estimée
–
0 question réussie sur 49

Estimation indicative, faute de barème officiel publié : toutes les questions comptent autant, sur les 49 questions de ce corrigé. Votre sélection reste sur cet appareil.

Signaler une erreur

Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q24) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.

Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.