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Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2022

Étude et mesure des séismes

Le sujet en bref

Sujet accessible · Ondes mécaniques et acoustiques, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques, Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire · 10 incontournables · 28 questions de première année
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Ce sujet très riche et formateur aborde la physique des séismes depuis leur genèse mécanique au niveau d'une faille tectonique jusqu'à leur détection instrumentale par des géophones modernes. L'épreuve est remarquablement équilibrée : elle débute par l'établissement rigoureux de l'équation de d'Alembert pour des ondes élastiques longitudinales et son bilan énergétique local, puis développe un modèle mécanique de rupture quasi-statique fondé sur le critère de Griffith et le frottement de Coulomb.

La troisième partie explore la propagation d'ondes sismiques à travers les strates terrestres par analogie avec l'optique géométrique (ondes coniques réfractées, hodochrones et dépouillement de profils de réfraction). Enfin, la quatrième partie s'intéresse à l'instrumentation : du sismomètre inertiel passif au géophone à cadre mobile asservi en force par correction proportionnelle, intégrale et dérivée (PID). C'est un sujet de référence pour les étudiants de PSI, illustrant parfaitement l'interaction entre mécanique du solide déformable, électromagnétisme et automatique fréquentielle.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 30 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

10 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 28 questions sur 49, parties I, III.B, IV.A et IV.B.

Où gagner des points

26 questions rapides et accessibles · 7 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (26) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (7) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

49 questions
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Partie I : Ondes mécaniques dans les solides

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : analyse dimensionnelle, loi de hooke

Par analyse dimensionnelle, déterminer l'unité du module de Young.

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Utiliser la loi de Hooke fournie \sigma = E \frac{\Delta L}{L} en remarquant que la contrainte \sigma est une force surfacique, donc homogène à une pression.

Voir la réponse courte

Le module de Young a la dimension d'une contrainte, homogène à une pression, d'où l'unité en pascals (\mathrm{Pa} ou \mathrm{N\cdot m^{-2}}).

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Hooke fournie dans l'énoncé, la déformation relative d'un échantillon s'écrit :

\frac{\Delta L}{L} = \frac{\sigma}{E} = \frac{1}{E}\frac{F}{S}

La variation relative de longueur \frac{\Delta L}{L} est le rapport de deux grandeurs de même dimension, elle est donc sans dimension :

\left[\frac{\Delta L}{L}\right] = 1

Par conséquent, le module de Young E a la même dimension que la contrainte surfacique \sigma = \frac{F}{S} :

[E] = [\sigma] = \frac{[F]}{[S]}

D'après le principe fondamental de la dynamique, une force a la dimension du produit d'une masse par une accélération : [F] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}. La surface a pour dimension [S] = \mathrm{L}^2. On en déduit :

[E] = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2}

Le module de Young a la dimension d'une pression ou d'une force par unité de surface. Son unité dans le Système international (SI) est le pascal (\mathrm{Pa}), équivalent au newton par mètre carré (\mathrm{N\cdot m^{-2}}), soit en unités fondamentales :

\boxed{\mathrm{kg}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{s}^{-2} \quad \text{ou} \quad \mathrm{Pa}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il n'est pas nécessaire d'exprimer le résultat dans les unités fondamentales si ce n'est pas demandé, le pascal étant une unité du SI.

« Il n’est pas forcément nécessaire de remonter aux unités principales lorsque cela n’est pas demandé. Le Pa ou le N sont des unités SI. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : module de young

Dans la limite d'un matériau idéal très rigide, proposer une valeur de .

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Considérer la déformation relative \Delta L / L pour un matériau infiniment indéformable soumis à une contrainte finie.

Voir la réponse courte

Pour un matériau infiniment rigide, la déformation est nulle pour toute contrainte non nulle, ce qui correspond à E \to \infty.

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D'après la loi de Hooke rappelée dans l'énoncé, la déformation relative d'un matériau sous l'effet d'une contrainte \sigma est donnée par :

\frac{\Delta L}{L} = \frac{\sigma}{E}

Un matériau idéalement très rigide (solide indéformable) ne subit aucune déformation, quelle que soit la contrainte finie \sigma qui lui est appliquée : \Delta L \to 0. Pour satisfaire cette condition, le module de Young doit tendre vers l'infini :

\boxed{E \to +\infty}

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI

Notions : déformation élastique

Exprimer la variation relative de longueur d'une tranche de solide située entre et en fonction du champ de déplacement .

Voir l'indice

Écrire la longueur déformée de la tranche [x, x+\mathrm{d}x] à l'instant t sous la forme (x+\mathrm{d}x+u(x+\mathrm{d}x,t)) - (x+u(x,t)) puis former le rapport \frac{\Delta(\mathrm{d}x)}{\mathrm{d}x}.

Voir la réponse courte

La variation relative de longueur s'écrit \frac{\mathrm{d}\ell - \mathrm{d}x}{\mathrm{d}x} = \frac{\partial u}{\partial x}(x, t).

Voir le corrigé complet

Au repos, la tranche de solide délimitée par les plans d'abscisses x et x + \mathrm{d}x présente une longueur initiale :

\ell_0 = \mathrm{d}x

À l'instant t, sous l'effet du passage de l'onde de déformation :

  • la section initialement située en x se déplace en x + u(x, t) ;
  • la section initialement située en x + \mathrm{d}x se déplace en x + \mathrm{d}x + u(x + \mathrm{d}x, t).

La longueur de la tranche déformée vaut donc :

\ell(t) = \bigl[x + \mathrm{d}x + u(x + \mathrm{d}x, t)\bigr] - \bigl[x + u(x, t)\bigr] = \mathrm{d}x + u(x + \mathrm{d}x, t) - u(x, t)

La variation absolue de longueur subie par cette tranche infinitésimale est :

\Delta(\mathrm{d}x) = \ell(t) - \ell_0 = u(x + \mathrm{d}x, t) - u(x, t)

En effectuant un développement limité au premier ordre au voisinage de x, il vient :

u(x + \mathrm{d}x, t) - u(x, t) = \frac{\partial u}{\partial x}(x, t)\,\mathrm{d}x

On en déduit l'expression de la variation relative de longueur de la tranche :

\boxed{\frac{\Delta(\mathrm{d}x)}{\mathrm{d}x} = \frac{\partial u}{\partial x}(x, t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas confondre longueur et allongement, et prenez bien en compte le caractère relatif demandé.

« Quelques confusions entre longueur et allongement. Le mot "relatif" n’a pas tout le temps été pris en compte. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : loi de hooke

Montrer que .

Voir l'indice

Relier la force de traction locale F(x,t) au gradient spatial de déplacement via la contrainte normale F/S et la loi de Hooke locale.

Voir la réponse courte

La force élastique F = SE\frac{\partial u}{\partial x} dérivée spatialement donne directement la relation demandée.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Hooke donnée par l'équation (1) pour une déformation unidimensionnelle :

\frac{\Delta L}{L} = \frac{\sigma}{E} = \frac{1}{E}\frac{F}{S}

En appliquant cette relation localement à la tranche infinitésimale de solide comprise entre x et x+\mathrm{d}x, la déformation relative s'écrit, d'après la question 3, \frac{\Delta(\mathrm{d}x)}{\mathrm{d}x} = \frac{\partial u}{\partial x}(x, t).

La force interne de traction F(x, t) s'exerçant à travers la section S à l'abscisse x vérifie donc :

\frac{F(x, t)}{S} = E \frac{\partial u}{\partial x}(x, t)

La section S et le module d'élasticité E étant constants et uniformes, on dérive cette expression par rapport à la coordonnée d'espace x à la date t :

\boxed{\frac{1}{S}\frac{\partial F}{\partial x} = E \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le résultat s'obtenait par une simple dérivation.

« Une simple dérivée suffisait. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : équation de d'alembert, célérité des ondes

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à la tranche de solide et établir l'expression de l'équation d'onde,

où est une célérité, dont on donnera l'expression en fonction de et . Donner le nom de cette équation.

Voir l'indice

Appliquer le PFD à la tranche de masse \mathrm{d}m = \rho S\,\mathrm{d}x soumise aux efforts de traction sur ses faces d'abscisses x et x+\mathrm{d}x.

Voir la stratégie
  1. Définir le système fermé constitué de la tranche de solide comprise entre x et x+\mathrm{d}x au repos, préciser sa masse \mathrm{d}m et son accélération dans le référentiel galiléen du laboratoire.
  2. Faire le bilan des forces extérieures selon l'axe (\mathrm{O}x) s'exerçant sur les deux sections droites en x et x+\mathrm{d}x.
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique, injecter le résultat de la question précédente (Q4) et identifier la célérité c_p ainsi que le nom canonique de l'équation d'onde obtenue.
Voir la réponse courte

Le PFD sur la tranche de masse \rho S \mathrm{d}x conduit à l'équation de d'Alembert avec c_p = \sqrt{E/\rho}.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à la tranche de matière délimitée par les abscisses au repos x et x+\mathrm{d}x, dans le référentiel terrestre supposé galiléen :

  • la masse de la tranche est \mathrm{d}m = \rho\, S\,\mathrm{d}x ;
  • son accélération selon (\mathrm{O}x) s'écrit \vec{a} = \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x, t)\,\vec{e}_x au premier ordre en \mathrm{d}x.

Les forces longitudinales s'exerçant sur cette tranche sont dues aux actions de contact exercées par le milieu extérieur de part et d'autre :

  • sur la face en x+\mathrm{d}x, la partie du solide située à droite exerce une force \vec{F}(x+\mathrm{d}x, t) = F(x+\mathrm{d}x, t)\,\vec{e}_x ;
  • sur la face en x, d'après le principe des actions réciproques, la partie du solide située à gauche exerce une force -\vec{F}(x, t) = -F(x, t)\,\vec{e}_x.

La résultante des forces selon \vec{e}_x s'écrit :

\mathrm{d}\vec{F} = \left[ F(x+\mathrm{d}x, t) - F(x, t) \right] \vec{e}_x = \frac{\partial F}{\partial x}\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x

Le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe (\mathrm{O}x) donne :

\rho\, S\,\mathrm{d}x\,\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = \frac{\partial F}{\partial x}\,\mathrm{d}x

En divisant par S\,\mathrm{d}x, on obtient :

\rho\,\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = \frac{1}{S}\frac{\partial F}{\partial x}

D'après la question Q4, \frac{1}{S}\frac{\partial F}{\partial x} = E \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}. On en déduit :

\rho\,\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = E \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} \iff \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} - \frac{\rho}{E}\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = 0

Par identification avec la forme demandée :

\boxed{\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x, t) - \frac{1}{c_p^2} \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x, t) = 0 \quad\text{avec}\quad c_p = \sqrt{\frac{E}{\rho}}}

Cette relation est l'équation de d'Alembert (ou équation des ondes unidimensionnelle non dispersive).

Résultat

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI

Notions : célérité des ondes

Évaluer numériquement la célérité pour le granite .

Voir l'indice

Calculer c_p = \sqrt{E_{\mathrm{gr}}/\rho_{\mathrm{gr}}} en convertissant les grandeurs en unités SI de base et utiliser l'approximation numérique donnée.

Voir la réponse courte

Calcul numérique direct : c_p = \sqrt{\frac{70\cdot 10^9}{2500}} \simeq 5{,}3\cdot 10^3\,\mathrm{m\cdot s^{-1}}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q5, la célérité des ondes de compression dans le solide s'écrit :

c_p = \sqrt{\frac{E_{\mathrm{gr}}}{\rho_{\mathrm{gr}}}}

Les données de l'énoncé pour le granite sont :

\begin{aligned} E_{\mathrm{gr}} &\simeq 70\text{ GPa} = 70\times 10^9\text{ Pa} = 7\times 10^{10}\text{ Pa}, \\ \rho_{\mathrm{gr}} &\simeq 2500\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} = 2,5\times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}. \end{aligned}

Le calcul du quotient donne :

\frac{E_{\mathrm{gr}}}{\rho_{\mathrm{gr}}} = \frac{70\times 10^9}{2500} = \frac{7}{25}\times 10^8\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-2}.

En utilisant l'indication numérique de l'énoncé \sqrt{7/25} \simeq 0,53 :

\begin{aligned} c_p &= \sqrt{\frac{7}{25}}\times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 0,53\times 10^4\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 5,3\times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. \end{aligned}
\boxed{c_p \simeq 5,3\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde aux erreurs de calcul, évitables compte tenu de l'indication numérique fournie.

« Rien à signaler mis à part quelques erreurs de calcul malheureuses au vu du résultat numérique proposé. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : onde longitudinale

Rappeler la distinction entre une onde longitudinale et une onde transversale. En déduire si le champ de déplacement, dans la configuration précédente, décrit une onde longitudinale ou transversale.

Voir l'indice

Comparer la direction du champ de déplacement vectoriel \vec{u}(x,t) à la direction de propagation de l'onde portée par l'axe (\mathrm{O}x).

Voir la réponse courte

Déplacement parallèle à la direction de propagation (\mathrm{O}x), il s'agit donc d'une onde longitudinale.

Voir le corrigé complet

Une onde est caractérisée par la direction dans laquelle s'effectue la perturbation (vibration) par rapport à sa direction de propagation :

  • Une onde est dite longitudinale si la perturbation physique s'effectue dans une direction colinéaire (parallèle) à la direction de propagation de l'onde.
  • Une onde est dite transversale si la perturbation physique s'effectue dans une direction orthogonale (perpendiculaire) à la direction de propagation de l'onde.

Dans la configuration étudiée :

  • l'onde se propage selon l'axe (Ox), car l'équation de d'Alembert établie à la question Q5 ne dépend que de la coordonnée spatiale x ;
  • le vecteur déplacement des tranches de matière est purement dirigé selon ce même axe : \vec{u}(x, t) = u(x, t)\,\vec{e}_x.

Le déplacement du milieu est donc parallèle à la direction de propagation de l'onde :

\boxed{\text{Le champ de déplacement décrit une onde longitudinale.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux confusions sur les définitions respectives d'une onde longitudinale et d'une onde transversale.

« Quelques confusions sur les définitions des ondes longitudinales et transversales. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI

Notions : bilan d'énergie, vecteur de poynting

Montrer que l'équation de propagation précédente (2) est compatible avec la conservation de l'énergie mécanique volumique, décrite par l'équation suivante,

Pour établir cette équation, on pourra multiplier l'équation du mouvement (2) par et utiliser l'expression . Reconnaître les termes d'énergie volumique élastique, d'énergie volumique cinétique et le vecteur de Poynting décrivant la propagation unidirectionnelle d'ondes de déformation, en justifiant brièvement.

Voir l'indice

Multiplier l'équation d'onde par \partial u/\partial t, intégrer par parties le terme spatial grâce à l'identité fournie et identifier la dérivée temporelle de la densité d'énergie et la divergence du flux.

Voir la réponse courte

Multiplication par la vitesse particulaire pour obtenir la forme locale du théorème de l'énergie mécanique volumique.

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L'équation de d'Alembert satisfaite par le champ de déplacement u(x,t) s'écrit (d'après la question Q5) :

\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} - \frac{1}{c_p^2}\frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = 0

avec c_p = \sqrt{E/\rho}, soit \frac{E}{c_p^2} = \rho.

Multiplions cette équation par E \frac{\partial u}{\partial t} :

E \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} \frac{\partial u}{\partial t} - \rho \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}\frac{\partial u}{\partial t} = 0

En remarquant que \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}\frac{\partial u}{\partial t} = \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial t}\right)^2\right) et en injectant l'identité fournie :

\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}\frac{\partial u}{\partial t} = \frac{\partial}{\partial x}\left(\frac{\partial u}{\partial x}\frac{\partial u}{\partial t}\right) - \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial x}\right)^2\right)

on obtient :

E \frac{\partial}{\partial x}\left(\frac{\partial u}{\partial x}\frac{\partial u}{\partial t}\right) - E \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial x}\right)^2\right) - \rho \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}\left(\frac{\partial u}{\partial t}\right)^2\right) = 0

En regroupant les dérivées temporelles dans le membre de gauche :

\boxed{\frac{\partial}{\partial t} \left( \frac{1}{2} \rho \left( \frac{\partial u}{\partial t} \right)^2 + \frac{1}{2} E \left( \frac{\partial u}{\partial x} \right)^2 \right) = \frac{\partial}{\partial x} \left( E \frac{\partial u}{\partial x} \frac{\partial u}{\partial t} \right)}

Cette équation traduit un bilan énergétique local sous la forme canonique :

\frac{\partial e_m}{\partial t} + \operatorname{div}\vec{\Pi} = 0 \quad \text{avec} \quad \operatorname{div}\vec{\Pi} = \frac{\partial \Pi_x}{\partial x}

On y reconnaît :

  • L'énergie cinétique volumique :

    \boxed{e_c = \frac{1}{2}\rho \left(\frac{\partial u}{\partial t}\right)^2}

    puisque la vitesse locale des particules de matière est v(x,t) = \frac{\partial u}{\partial t}.

  • L'énergie élastique volumique (ou énergie potentielle élastique par unité de volume) :

    \boxed{e_{p,\text{él}} = \frac{1}{2}E \left(\frac{\partial u}{\partial x}\right)^2}

    associée au travail réversible de déformation. Pour une déformation \varepsilon = \frac{\partial u}{\partial x} et une contrainte \sigma = E\varepsilon, le travail volumique réversible fourni au milieu vaut \int_0^\varepsilon \sigma\,\mathrm{d}\varepsilon' = \frac{1}{2}E\varepsilon^2.

  • Le vecteur de Poynting acoustique (densité de flux d'énergie mécanique) :

    \boxed{\vec{\Pi} = - E \frac{\partial u}{\partial x} \frac{\partial u}{\partial t} \vec{e}_x}

    En effet, la force exercée par la tranche située en amont sur la tranche située en aval à travers la section S est \vec{F}(x,t) = \sigma(x,t)S\,\vec{e}_x = E\frac{\partial u}{\partial x}S\,\vec{e}_x. La puissance cédée à travers cette section par unité de surface dans le sens des x croissants est donc -\sigma \frac{\partial u}{\partial t} = -E\frac{\partial u}{\partial x}\frac{\partial u}{\partial t}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le vecteur de Poynting ne doit pas être confondu avec un scalaire, et son signe doit être déterminé avec soin.

« Le vecteur de Poynting était souvent présenté comme un scalaire, la plupart du temps avec le mauvais signe. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Partie II : Mécanisme de génération d'un séisme

II.A · Étude d'une couche de solide soumise à un cisaillement

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Mise en équation

Notions : cisaillement, force de contact

Réaliser un bilan des forces exercées sur une tranche de solide située entre et .

Voir l'indice

Faire l'inventaire exhaustif des forces selon (\mathrm{O}x) agissant sur le volume élémentaire h H\,\mathrm{d}x : contraintes élastiques longitudinales internes sur les sections transverses, et contraintes de cisaillement surfaciques externe \tau_c en haut et de contact \tau_f en bas.

Voir la stratégie
  1. Définir précisément le système : une tranche de solide située entre x et x+\mathrm{d}x, de largeur H, de hauteur h et de volume \mathrm{d}V = h H\,\mathrm{d}x.
  2. Décomposer les actions mécaniques extérieures s'exerçant sur cette tranche selon les directions normale (\mathrm{O}z) et longitudinale (\mathrm{O}x), en tenant compte des conventions d'orientation données par l'énoncé.
Voir la réponse courte

Bilan des forces élastiques longitudinales et des contraintes de cisaillement surfaciques aux deux interfaces de la tranche.

Voir le corrigé complet

On étudie la tranche de solide délimitée par les abscisses x et x+\mathrm{d}x, de dimensions \mathrm{d}x selon (\mathrm{O}x), H selon (\mathrm{O}y) et h selon (\mathrm{O}z). La section droite est S = hH et les surfaces supérieure et inférieure valent \mathrm{d}S = H\,\mathrm{d}x.

1. Actions selon la direction verticale (\mathrm{O}z) :

  • Force normale appliquée en surface supérieure (z = h) :

    \vec{F}_N = -\sigma_N H\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_z
  • Réaction normale exercée par le substrat en surface inférieure (z = 0) :

    \vec{F}_R = \sigma_R H\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_z

Le mouvement selon (\mathrm{O}z) étant négligé, ces forces se compensent (\sigma_R \simeq \sigma_N).

2. Actions selon la direction longitudinale (\mathrm{O}x) :

  • Forces élastiques internes exercées par le reste de la couche sur les sections droites en x et x+\mathrm{d}x (en utilisant la loi de Hooke uniaxiale F = S E \frac{\partial u}{\partial x}) :

    \begin{aligned} \text{En } x : \quad & \vec{F}_{\text{él}}(x) = - E h H \frac{\partial u}{\partial x}(x, t)\,\vec{e}_x \\ \text{En } x+\mathrm{d}x : \quad & \vec{F}_{\text{él}}(x+\mathrm{d}x) = + E h H \frac{\partial u}{\partial x}(x+\mathrm{d}x, t)\,\vec{e}_x \end{aligned}

    Leur résultante vaut :

    \mathrm{d}\vec{F}_{\text{él}} = E h H \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x, t)\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x
  • Force de cisaillement en surface supérieure (z = h), orientée selon +\vec{e}_x :

    \vec{F}_c = \tau_c(x, t) H\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x
  • Force de frottement exercée par le substrat en surface inférieure (z = 0), définie positive selon -\vec{e}_x :

    \vec{F}_f = -\tau_f(x, t) H\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x

La résultante des forces selon l'axe (\mathrm{O}x) s'écrit donc :

\boxed{\mathrm{d}\vec{F}_x = \left[ E h H \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x, t) + H \big(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t)\big) \right] \mathrm{d}x\,\vec{e}_x}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas se limiter à citer les forces, mais également donner leurs expressions conformément à l'énoncé.

« Il s’agissait de lire attentivement l’énoncé, ce que certains candidats n’ont pas fait. Dans cette question, se réduire à citer les forces en jeu était insuffisant, il fallait également donner leurs expressions. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : principe fondamental de la dynamique

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à cette même tranche et en déduire que la dynamique du champ de déplacement est donnée par l'équation suivante :

où sera à déterminer.

Voir l'indice

Projeter le PFD sur \vec{e}_x pour la tranche de masse \rho h H\,\mathrm{d}x et diviser par le facteur approprié pour identifier le coefficient A.

Voir la réponse courte

PFD projeté sur l'axe longitudinal : émergence du terme source avec A = \frac{1}{Eh}.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à la tranche de solide délimitée par les abscisses x et x+\mathrm{d}x, de masse \mathrm{d}m = \rho S\,\mathrm{d}x = \rho h H\,\mathrm{d}x, dans le référentiel d'étude supposé galiléen :

\mathrm{d}m \, \frac{\partial^2 \vec{u}}{\partial t^2}(x, t) = \mathrm{d}\vec{F}

En projetant sur l'axe (\mathrm{O}x), le mouvement étant unidirectionnel suivant cet axe, et en utilisant l'expression de la résultante des forces obtenue à la question Q9 :

\rho h H \,\mathrm{d}x \, \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x, t) = \left[ E h H \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x, t) + H\bigl(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t)\bigr) \right] \mathrm{d}x

En divisant chaque terme par E h H \,\mathrm{d}x, on obtient :

\frac{\rho}{E}\frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x, t) = \frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x, t) + \frac{1}{Eh}\bigl(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t)\bigr)

En introduisant la célérité des ondes de compression c_p = \sqrt{\frac{E}{\rho}} établie à la question Q5, soit \frac{\rho}{E} = \frac{1}{c_p^2}, on réordonne les termes :

\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x, t) - \frac{1}{c_p^2} \frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x, t) = -\frac{1}{Eh}\bigl(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t)\bigr)

Par identification avec l'équation (4) proposée par l'énoncé :

\boxed{A = \frac{1}{E h}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne tentez pas d'arranger vos calculs pour retrouver la formule fournie si l'étape précédente comporte une erreur.

« Réussie si la question précédente était correcte. Les candidats ayant commis une erreur précédemment et qui essaient de s’arranger avec la formule sont évidemment sanctionnés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : transfert thermique, frottement solide

Que devient l'équation de conservation de l'énergie mécanique volumique (3), déterminée dans la partie I ? Donner la signification physique des nouveaux termes apparaissant dans cette équation. Quel terme pourrait traduire un échauffement de l'interface ?

Voir l'indice

Multiplier l'équation du mouvement par \partial u/\partial t et interpréter physiquement les puissances mécaniques volumiques apportées par les efforts tangentiels aux frontières supérieure et inférieure.

Voir la stratégie
  1. Multiplier l'équation du mouvement établie en question Q10 par E\frac{\partial u}{\partial t}, puis transformer les termes spatiotemporels comme en question Q8 pour identifier la dérivée temporelle de l'énergie volumique et la divergence du flux d'énergie.
  2. Identifier la signification physique de chacun des nouveaux termes sources en reliant contraintes, vitesse et géométrie de la couche.
  3. Relier le travail résistant des forces de frottement à l'interface à une dissipation thermique (premier principe de la thermodynamique).
Voir la réponse courte

Apparition du travail de cisaillement et de la puissance dissipée par frottement \tau_f \frac{\partial u}{\partial t}, responsable de l'échauffement.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, l'équation régissant le déplacement s'écrit :

\frac{\partial^2 u}{\partial x^2} - \frac{1}{c_p^2} \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = -\frac{1}{Eh}\left(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t)\right)

Multiplions cette équation par E\frac{\partial u}{\partial t} en utilisant la relation E/c_p^2 = \rho :

E \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} \frac{\partial u}{\partial t} - \rho \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} \frac{\partial u}{\partial t} = -\frac{1}{h}\left(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t)\right)\frac{\partial u}{\partial t}

En utilisant les identités remarquées en question Q8 :

\begin{aligned} \rho \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} \frac{\partial u}{\partial t} &= \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}\rho \left(\frac{\partial u}{\partial t}\right)^2\right) \\ E \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} \frac{\partial u}{\partial t} &= \frac{\partial}{\partial x}\left(E \frac{\partial u}{\partial x}\frac{\partial u}{\partial t}\right) - \frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2}E \left(\frac{\partial u}{\partial x}\right)^2\right) \end{aligned}

En réorganisant les termes, l'équation de conservation de l'énergie mécanique volumique devient :

\boxed{\frac{\partial}{\partial t}\left(\frac{1}{2} \rho\left(\frac{\partial u}{\partial t}\right)^{2}+\frac{1}{2} E\left(\frac{\partial u}{\partial x}\right)^{2}\right) = \frac{\partial}{\partial x}\left(E \frac{\partial u}{\partial x} \frac{\partial u}{\partial t}\right) + \frac{\tau_c(x, t)}{h} \frac{\partial u}{\partial t} - \frac{\tau_f(x, t)}{h} \frac{\partial u}{\partial t}}

Signification physique des nouveaux termes :

  • Le terme \displaystyle \mathcal{P}_{c,\mathrm{vol}} = \frac{\tau_c(x, t)}{h} \frac{\partial u}{\partial t} représente la puissance volumique fournie au solide par la force de cisaillement extérieure appliquée en surface supérieure (z = h). C'est un apport d'énergie mécanique au système.
  • Le terme \displaystyle \mathcal{P}_{f,\mathrm{vol}} = -\frac{\tau_f(x, t)}{h} \frac{\partial u}{\partial t} représente la puissance volumique cédée au niveau de l'interface inférieure (z = 0) sous l'effet du frottement avec le substrat.

Échauffement de l'interface :

Lorsque le solide glisse sur le substrat, la force de frottement tangentielle s'oppose au mouvement (travail résistant). Le terme lié à la force de frottement, à savoir :

\boxed{-\frac{\tau_f(x, t)}{h}\frac{\partial u}{\partial t}}

représente une perte d'énergie mécanique volumique, dissipée de façon irréversible en chaleur par frottement à l'interface solide/substrat. C'est donc ce terme qui traduit un échauffement thermique de l'interface (échauffement frictionnel).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait expliciter l'obtention de la nouvelle équation et donner une signification physique précise à chaque terme.

« Il s’agissait de réutiliser les résultats précédents. Le jury appréciait une explication pour l’obtention de la nouvelle équation. La signification physique des termes est très souvent trop imprécise. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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II.B · Premier modèle quasi-statique de fracture

Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : adimensionnement, approximation quasi-statique

Montrer que l'équation adimensionnée se met sous la forme

On suppose que . Simplifier l'équation précédente (5) en faisant apparaître un rapport sans dimension construit à partir de , , , et .

Voir l'indice

Effectuer le changement de variables x = \ell\,\tilde{x}, t = T\,\tilde{t}, u = u_0\,\tilde{u} et contraintes réduites par \tau_0. Négliger le terme inertiel d'ordre (\ell/(T c_p))^2.

Voir la stratégie
  1. Introduire les grandeurs adimensionnées associées aux variables d'espace, de temps, de déplacement et de contrainte à l'aide des échelles caractéristiques \ell, T, u_0 et \tau_0.
  2. Exprimer les dérivées partielles temporelles et spatiales en fonction des grandeurs adimensionnées, puis injecter ces expressions dans l'équation d'onde avec terme source établie à la question précédente.
  3. Exploiter l'approximation quasi-statique \frac{\ell}{T} \ll c_p pour négliger le terme d'accélération et identifier le paramètre adimensionnel pertinent.
Voir la réponse courte

Changement de variables adimensionnées puis négligence du terme d'accélération dans la limite quasi-statique.

Voir le corrigé complet

On introduit les variables adimensionnées (notées avec un tilde) définies par :

\tilde{x} = \frac{x}{\ell}, \qquad \tilde{t} = \frac{t}{T}, \qquad \tilde{u} = \frac{u}{u_0}, \qquad \tilde{\tau}_c = \frac{\tau_c}{\tau_0} \quad \text{et} \quad \tilde{\tau}_f = \frac{\tau_f}{\tau_0}

Les opérateurs de dérivation spatiale et temporelle se réécrivent :

\frac{\partial}{\partial x} = \frac{1}{\ell}\frac{\partial}{\partial \tilde{x}} \implies \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} = \frac{u_0}{\ell^2}\frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{x}^2}
\frac{\partial}{\partial t} = \frac{1}{T}\frac{\partial}{\partial \tilde{t}} \implies \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = \frac{u_0}{T^2}\frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{t}^2}

D'après l'équation (4) établie à la question Q10 avec A = \frac{1}{E h} :

\frac{1}{c_p^2} \frac{\partial^2 u}{\partial t^2} = \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} + \frac{1}{E h}(\tau_c(x, t) - \tau_f(x, t))

En injectant les grandeurs adimensionnées :

\frac{u_0}{T^2 c_p^2} \frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{t}^2} = \frac{u_0}{\ell^2} \frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{x}^2} + \frac{\tau_0}{E h} (\tilde{\tau}_c - \tilde{\tau}_f)

En multipliant toute l'équation par le facteur \frac{\ell^2}{u_0}, on obtient bien :

\boxed{\frac{\ell^2}{T^2 c_p^2} \frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{t}^2} = \frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{x}^2} + \frac{\tau_0 \ell^2}{u_0 E h} (\tilde{\tau}_c - \tilde{\tau}_f)}

Puisque par hypothèse \frac{\ell}{T} \ll c_p, on a :

\frac{\ell^2}{T^2 c_p^2} = \left(\frac{\ell/T}{c_p}\right)^2 \ll 1

Le terme d'inertie (membre de gauche) est donc négligeable devant les autres termes de l'équation. En posant le nombre sans dimension :

\Pi = \frac{\tau_0 \ell^2}{u_0 E h}

l'équation adimensionnée se simplifie en :

\boxed{\frac{\partial^2 \tilde{u}}{\partial \tilde{x}^2} + \Pi \, (\tilde{\tau}_c - \tilde{\tau}_f) = 0}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : contrainte de cisaillement

Interpréter ce rapport sans dimension comme le rapport de deux forces s'exerçant sur le système au passage de la perturbation. On précisera leur nature.

Voir l'indice

Exprimer le rapport adimensionné obtenu comme le quotient d'un effort caractéristique de cisaillement appliqué aux surfaces horizontales et d'un effort élastique de rappel interne.

Voir la stratégie

Pour faire apparaître des forces à partir des contraintes et des paramètres géométriques, on multiplie les contraintes par les surfaces sur lesquelles elles s'appliquent pour un bloc de solide de longueur caractéristique \ell, de hauteur h et de largeur H :

  1. La contrainte de cisaillement \tau_0 s'exerce sur les surfaces inférieure et supérieure, d'aire caractéristique S_{\mathrm{cis}} = H \ell.
  2. La force élastique longitudinale interne résulte de la contrainte normale \sigma = E \frac{\partial u}{\partial x} \sim E \frac{u_0}{\ell} s'exerçant sur la section transversale du bloc, d'aire S_{\mathrm{trans}} = H h.
Voir la réponse courte

Rapport entre les forces de cisaillement appliquées à l'interface et les forces de rappel élastiques de la couche.

Voir le corrigé complet

Considérons le volume de solide affecté par la perturbation, délimité par une longueur \ell, une largeur H et une épaisseur h :

  • Force de cisaillement externe : elle s'exerce sur les faces horizontales (en z=0 et z=h) d'aire S_{\mathrm{cis}} = H \ell avec une contrainte typique \tau_0. L'ordre de grandeur de cette force de cisaillement est :

    F_{\mathrm{cis}} \sim \tau_0 \, H \ell
  • Force élastique interne (traction/compression) : elle s'exerce sur la section transversale S_{\mathrm{trans}} = H h. Le gradient de déplacement caractéristique est \frac{\partial u}{\partial x} \sim \frac{u_0}{\ell}, ce qui induit une contrainte élastique \sigma \sim E \frac{u_0}{\ell} d'après la loi de Hooke. La force élastique de rappel longitudinale est donc d'ordre de grandeur :

    F_{\text{él}} \sim \sigma S_{\mathrm{trans}} \sim E \frac{u_0}{\ell} \, H h

Le rapport de ces deux forces s'écrit alors :

\frac{F_{\mathrm{cis}}}{F_{\text{él}}} \sim \frac{\tau_0 H \ell}{E \frac{u_0}{\ell} H h} = \frac{\tau_0 \ell^2}{u_0 E h}
\boxed{\frac{\tau_0 \ell^2}{u_0 E h} \sim \frac{F_{\mathrm{cis}}}{F_{\text{él}}}}

Ce nombre sans dimension s'interprète donc comme le rapport entre :

  • la force motrice ou résistante de cisaillement externe s'exerçant aux interfaces de la plaque (frottement et contrainte imposée),
  • et la force de rappel d'élasticité interne s'opposant à la déformation longitudinale au sein du matériau.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il ne fallait pas réutiliser directement le rapport sans dimension obtenu plus tôt, malgré la bonne identification des forces.

« Les candidats ont très souvent réutilisé directement le rapport sans dimension déterminé précédemment, ce qui était une erreur, malgré une bonne identification des deux forces mises en jeu. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : loi de coulomb, frottement solide

En adaptant ce modèle de frottement solide à l'étude du système, établir l'expression de lorsqu'une zone de l'interface glisse. On notera .

Voir l'indice

Appliquer la loi de Coulomb en glissement à l'interface de contact avec le substrat en tenant compte du sens de la vitesse de glissement relatif.

Voir la réponse courte

En régime de glissement, la contrainte tangentielle vérifie la loi de Coulomb dynamique \tau_f = \tau_r = f \sigma_N.

Voir le corrigé complet

Considérons le contact entre la couche de solide (solide 1) et le substrat (solide 2) au niveau de l'interface en z = 0.

  1. Équilibre vertical : Le mouvement selon l'axe (\mathrm{O}z) étant négligé, l'équilibre mécanique vertical d'un élément de surface \mathrm{d}S = H\,\mathrm{d}x impose l'égalité entre la réaction normale du substrat et la force pressante appliquée au sommet :

    \sigma_R = \sigma_N \implies \|\mathrm{d}\vec{N}\| = \sigma_N\,\mathrm{d}S.
  2. Loi de frottement de Coulomb en glissement : Lorsqu'une zone de l'interface est en glissement à la vitesse relative \vec{v}_{1/2} = \frac{\partial u}{\partial t}\,\vec{e}_x (avec \frac{\partial u}{\partial t} > 0 compte tenu du cisaillement appliqué selon +\vec{e}_x), la force de réaction tangentielle \mathrm{d}\vec{T} exercée par le substrat s'oppose au glissement :

    \mathrm{d}\vec{T} = - \|\mathrm{d}\vec{T}\|\,\vec{e}_x = - f \|\mathrm{d}\vec{N}\|\,\vec{e}_x = - f \sigma_N\,\mathrm{d}S\,\vec{e}_x.
  3. Expression de la contrainte \tau_f(x, t) : Par définition donnée dans l'énoncé, la force tangentielle par unité de surface exercée par le substrat sur le solide s'écrit -\tau_f(x, t)\,\vec{e}_x (la contrainte \tau_f étant comptée positive selon -\vec{e}_x). Par identification :

    \frac{\|\mathrm{d}\vec{T}\|}{\mathrm{d}S} = \tau_f(x, t) = f \sigma_N.

On en déduit l'expression de la contrainte de frottement lors du glissement :

\boxed{\tau_f(x, t) = \tau_r = f \sigma_N}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux erreurs de signe et aux confusions lors de l'établissement de l'expression.

« Quelques confusions et erreurs de signe sur cette question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : frottement solide, condition d'adhérence

Dans une zone où le solide ne glisse pas, traduire la condition de non-glissement comme une condition aux limites sur le champ de déplacement et donner l'expression de la contrainte .

Voir l'indice

Traduire l'adhérence par une vitesse de glissement nulle et utiliser l'équation d'équilibre quasi-statique pour déterminer la contrainte tangentielle induite.

Voir la réponse courte

Non-glissement impose u(x) = 0 et l'équilibre local implique que la contrainte compense le cisaillement extérieur \tau_f = \tau_c.

Voir le corrigé complet

Le substrat étant infiniment rigide et fixe dans le référentiel d'étude, la condition de non-glissement de la couche solide sur le substrat impose une vitesse de glissement nulle à l'interface (z=0) :

\vec{v}_{\text{gliss}} = \frac{\partial u}{\partial t}(x, t)\,\vec{e}_x = \vec{0}

Le solide étant initialement au repos (u(x, 0) = 0), le déplacement reste identiquement nul dans toute zone sans glissement :

\boxed{u(x, t) = 0}

À la frontière entre une zone glissante et une zone adhérente (par exemple en x = \pm \ell_g), la continuité du champ de déplacement impose donc la condition aux limites :

\boxed{u(\pm \ell_g) = 0}

Puisque u(x, t) = 0 sur l'ensemble de la zone de non-glissement, ses dérivées spatiales y sont nulles : \dfrac{\partial^2 u}{\partial x^2} = 0. L'équation de la limite quasi-statique (7) :

\tau_f(x, t) = E h \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} + \tau_c(x, t)

fournit immédiatement l'expression de la contrainte de frottement :

\boxed{\tau_f(x, t) = \tau_c(x, t)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Prenez garde à ne pas confondre déplacement et vitesse.

« Des confusions entre déplacement et vitesse. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 16

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral

Notions : déformation élastique

Déterminer l'expression du champ de déformation , en régime quasi-statique, le long de l'interface, c'est-à-dire à l'intérieur de la zone en glissement, et à l'extérieur de cette zone.

Voir l'indice

Intégrer deux fois l'équation différentielle quasi-statique \frac{\partial^2 u}{\partial x^2} = -\frac{\tau_c - \tau_r}{Eh} pour |x| \le \ell_g en imposant la continuité et l'annulation de u en x = \pm \ell_g.

Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle spatiale avec continuité du déplacement et de la déformation aux frontières du domaine de glissement.

Voir le corrigé complet

1. À l'extérieur de la zone de glissement (|x| > \ell_g)

D'après la question Q15, la couche est immobile par rapport au substrat rigide dans les zones où il n'y a pas glissement. En prenant comme référence de déplacement l'état au repos initial, le champ de déplacement est nul :

u(x) = 0 \quad \text{pour } |x| > \ell_g

2. À l'intérieur de la zone de glissement (|x| \le \ell_g)

Dans cette zone, la contrainte de frottement vaut \tau_f(x, t) = \tau_r (d'après la question Q14) et la contrainte appliquée est constante et uniforme : \tau_c(x, t) = \tau_c. L'équation d'équilibre quasi-statique (7) s'écrit alors :

\frac{\mathrm{d}^2 u}{\mathrm{d} x^2} = -\frac{\tau_c - \tau_r}{E h}

Par intégration successive par rapport à x, on obtient :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d} u}{\mathrm{d} x}(x) &= -\frac{\tau_c - \tau_r}{E h} \, x + C_1 \\ u(x) &= -\frac{\tau_c - \tau_r}{2 E h} \, x^2 + C_1 \, x + C_2 \end{aligned}

où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration.

La continuité du champ de déplacement aux limites de la zone glissante en x = \pm \ell_g impose :

u(-\ell_g) = u(\ell_g) = 0

On en déduit :

C_1 = 0 \quad \text{et} \quad C_2 = \frac{\tau_c - \tau_r}{2 E h} \, \ell_g^2

Finalement, le profil de déplacement est parabolique dans la zone glissante et nul à l'extérieur :

\boxed{u(x) = \begin{cases} \dfrac{\tau_c - \tau_r}{2 E h} \left(\ell_g^2 - x^2\right) & \text{si } |x| \le \ell_g \\[10pt] 0 & \text{si } |x| > \ell_g \end{cases}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il convenait d'analyser la figure avec soin et de mener l'intégration de la fonction sans erreur de calcul.

« Le candidat avait tout intérêt à bien analyser la figure associée. L’intégration de la fonction u(x) était malheureusement parfois erronée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie potentielle élastique

En utilisant l'expression de l'énergie potentielle volumique élastique obtenue dans le bilan local d'énergie (3), établir l'expression de l'énergie potentielle élastique de la couche de solide. En déduire si la présence de la zone de glissement induit une perte ou un gain d'énergie pour la couche de solide, par rapport à une situation de non-glissement.

Voir l'indice

Intégrer la densité d'énergie élastique volumique \frac{1}{2}E(\partial u/\partial x)^2 sur tout le volume de la plaque pour le profil parabolique trouvé en Q16.

Voir la réponse courte

Intégration spatiale de la densité d'énergie élastique : le glissement permet une relaxation et donc une diminution de l'énergie élastique.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation de conservation locale de l'énergie (3) et le résultat de la question 8, la densité volumique d'énergie potentielle élastique s'écrit :

e_{p,\text{él}}(x) = \frac{1}{2} E \left( \frac{\partial u}{\partial x} \right)^2

Le champ de déplacement u ne dépend que de x. Le volume élémentaire d'une tranche de hauteur h et de largeur H est donc \mathrm{d}V = h H \, \mathrm{d}x.

D'après la question 16 :

  • Pour |x| > \ell_g, la couche ne glisse pas et reste au repos : u(x) = 0, donc \dfrac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}x} = 0 et e_{p,\text{él}} = 0.
  • Pour |x| \leqslant \ell_g, le champ de déplacement s'écrit :

    u(x) = \frac{\tau_c - \tau_r}{2Eh} (\ell_g^2 - x^2) \implies \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}x}(x) = - \frac{\tau_c - \tau_r}{Eh} x

L'énergie potentielle élastique totale de la couche s'obtient par intégration sur le volume du solide, qui se réduit à l'intervalle [-\ell_g, \ell_g] :

\begin{aligned} E_e &= \int_{-\ell_g}^{\ell_g} \frac{1}{2} E \left( \frac{\mathrm{d}u}{\mathrm{d}x} \right)^2 h H \, \mathrm{d}x \\ &= \frac{1}{2} E h H \left( \frac{\tau_c - \tau_r}{Eh} \right)^2 \int_{-\ell_g}^{\ell_g} x^2 \, \mathrm{d}x \\ &= \frac{H (\tau_c - \tau_r)^2}{2 E h} \left[ \frac{x^3}{3} \right]_{-\ell_g}^{\ell_g} \\ &= \frac{H (\tau_c - \tau_r)^2}{2 E h} \frac{2\ell_g^3}{3} \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{E_e = \frac{H (\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^3}{3 E h}}

En l'absence de zone de glissement (\ell_g = 0 ou situation de non-glissement où u(x) = 0 partout), la couche n'est pas déformée et son énergie élastique est nulle : E_{e,\text{non-glissement}} = 0.

Puisque E_e > 0, la présence de la zone de glissement induit un gain d'énergie potentielle élastique pour la couche de solide, qui emmagasine de l'énergie mécanique sous forme de déformation élastique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à réaliser l'intégration de l'énergie volumique pour obtenir l'énergie potentielle globale.

« De nombreuses copies n’ont pas réalisé l’intégration de l’énergie volumique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 18

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : travail d'une force, cisaillement

Exprimer le travail des forces de cisaillement , de part et d'autre de la couche de solide étudiée, intégré sur tout le volume de solide.

Voir l'indice

Calculer le travail élémentaire des forces de cisaillement comme l'intégrale spatiale de (\tau_c - \tau_f) u(x)\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y et comparer la valeur obtenue à E_e.

Voir la stratégie
  1. Identifier les forces de cisaillement s'exerçant sur les faces supérieure (z = h) et inférieure (z = 0) de la couche de solide.
  2. Exprimer le travail élémentaire de ces forces lors de l'établissement du déplacement u(x), sachant que le champ de déplacement ne dépend pas de z et s'annule en dehors de la zone glissante [-\ell_g, \ell_g].
  3. Intégrer sur l'ensemble de la zone glissante en injectant le profil de déplacement u(x) déterminé à la question Q16.
Voir la réponse courte

Intégration du travail des contraintes de cisaillement extérieur le long de l'interface en mouvement.

Voir le corrigé complet

Les forces de cisaillement appliquées aux surfaces supérieure (z = h) et inférieure (z = 0) de la couche s'écrivent, pour un élément de surface \mathrm{d}S = H\,\mathrm{d}x :

  • en surface supérieure (z = h) : \mathrm{d}\vec{F}_{\text{sup}} = \tau_c \, H\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x ;
  • à l'interface inférieure avec le substrat (z = 0) : \mathrm{d}\vec{F}_{\text{inf}} = -\tau_f(x) \, H\,\mathrm{d}x\,\vec{e}_x.

Le champ de déplacement \vec{u}(x) = u(x)\vec{e}_x étant indépendant de z, les deux faces subissent le même déplacement longitudinal.

Le travail mécanique élémentaire des efforts de cisaillement au cours de la déformation, depuis l'état non déformé (u=0) jusqu'à l'état final u(x), s'obtient à contraintes \tau_c et \tau_f constantes :

\delta W_{\text{cis}} = (\mathrm{d}\vec{F}_{\text{sup}} + \mathrm{d}\vec{F}_{\text{inf}}) \cdot \vec{u}(x) = H \big(\tau_c - \tau_f(x)\big) u(x)\,\mathrm{d}x.

En dehors de la zone glissante (|x| > \ell_g), u(x) = 0 et \tau_f = \tau_c, donc le travail est nul. À l'intérieur de la zone glissante (|x| \leqslant \ell_g), le frottement est saturé à la valeur de Coulomb : \tau_f(x) = \tau_r.

Le travail total des forces de cisaillement s'obtient en intégrant sur toute la zone glissante :

W_{\text{cis}} = \int_{-\ell_g}^{\ell_g} H (\tau_c - \tau_r) u(x) \, \mathrm{d}x.

En utilisant l'expression du champ de déplacement obtenue à la question Q16, u(x) = \frac{\tau_c - \tau_r}{2Eh} (\ell_g^2 - x^2), il vient :

\begin{aligned} W_{\text{cis}} &= H(\tau_c - \tau_r) \int_{-\ell_g}^{\ell_g} \frac{\tau_c - \tau_r}{2Eh} (\ell_g^2 - x^2) \, \mathrm{d}x \\ &= \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2}{2Eh} \left[ \ell_g^2 x - \frac{x^3}{3} \right]_{-\ell_g}^{\ell_g} \\ &= \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2}{2Eh} \left( \frac{4}{3} \ell_g^3 \right). \end{aligned}

D'où l'expression du travail des forces de cisaillement :

\boxed{W_{\text{cis}} = \frac{2 H (\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^3}{3Eh}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu réussie, qui nécessitait une réflexion approfondie sur la définition du travail des forces de cisaillement.

« Cette question, demandant un peu de réflexion sur la définition du travail des forces de cisaillement, a été peu réussie. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 19

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : bilan d'énergie

Pour une avancée de taille de la zone glissante selon la direction , établir le taux d'accroissement du travail des forces de cisaillement , et celui de l'énergie élastique . Comparer ces variations et en déduire la présence d'un surplus d'énergie.

Voir l'indice

Différencier W_{\text{cis}}(\ell_g) et E_e(\ell_g) par rapport à la variable d'extension de fissure 2\ell_g.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées de W_{\text{cis}} et de E_e par rapport à la longueur totale de glissement 2\ell_g à l'aide de la règle de dérivation \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}(2\ell_g)} = \frac{1}{2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\ell_g}.
  2. Comparer les deux grandeurs obtenues et analyser le bilan d'énergie mécanique associé à l'avancée de la zone glissante.
Voir la réponse courte

Calcul des dérivées par rapport à la taille de faille : le travail reçu excède la variation d'énergie élastique stockée.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats des questions Q17 et Q18, l'énergie potentielle élastique et le travail des forces de cisaillement s'expriment respectivement en fonction de la demi-longueur \ell_g par :

\begin{aligned} E_e(\ell_g) &= \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^3}{3Eh} \\ W_{\text{cis}}(\ell_g) &= \frac{2H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^3}{3Eh} = 2E_e(\ell_g) \end{aligned}

Lors d'une progression de la zone de glissement de [-\ell_g, \ell_g] à [-\ell_g - \mathrm{d}\ell_g, \ell_g + \mathrm{d}\ell_g], la longueur totale glissante 2\ell_g s'accroît d'une quantité 2\,\mathrm{d}\ell_g.

En dérivant par rapport à la variable 2\ell_g :

\frac{\mathrm{d}E_e}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = \frac{1}{2}\frac{\mathrm{d}E_e}{\mathrm{d}\ell_g} = \frac{1}{2} \cdot \frac{3H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{3Eh}

d'où le taux d'accroissement de l'énergie élastique :

\boxed{\frac{\mathrm{d}E_e}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh}}

De même, puisque W_{\text{cis}} = 2E_e :

\frac{\mathrm{d}W_{\text{cis}}}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = 2\,\frac{\mathrm{d}E_e}{2\,\mathrm{d}\ell_g}

d'où le taux d'accroissement du travail des forces de cisaillement :

\boxed{\frac{\mathrm{d}W_{\text{cis}}}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{Eh}}

Comparaison et déduction : On constate que :

\frac{\mathrm{d}W_{\text{cis}}}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = 2\,\frac{\mathrm{d}E_e}{2\,\mathrm{d}\ell_g} > \frac{\mathrm{d}E_e}{2\,\mathrm{d}\ell_g}

Le travail fourni par les efforts de cisaillement extérieurs est deux fois supérieur à l'énergie stockée sous forme élastique au sein du solide.

Il en résulte un surplus d'énergie mécanique disponible :

\boxed{\frac{\mathrm{d}(W_{\text{cis}} - E_e)}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh} > 0}

Ce surplus d'énergie n'est pas emmagasiné par déformation élastique dans le volume et devient disponible pour rompre les liaisons à l'interface (progression de la fracture) ou pour être rayonné sous forme d'ondes sismiques.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réussite de cette question était étroitement liée à celle des deux questions précédentes.

« La réussite de cette question était fortement reliée à la réussite des deux questions précédentes. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : énergie de surface, propagation de fissure

On définit comme le taux de restitution d'énergie surfacique, tel que . Exprimer en fonction de , , , et . représente une accumulation d'énergie, différente d'un stockage d'énergie sous forme élastique. Comment cette accumulation d'énergie pourrait être utilisée au niveau de l'interface ?

Voir l'indice

Former le taux de restitution d'énergie G = \frac{1}{H}\frac{\mathrm{d}(W_{\text{cis}}-E_e)}{\mathrm{d}(2\ell_g)}. Ce surplus d'énergie sert à rompre les micro-contacts adhésifs le long du front de glissement.

Voir la réponse courte

Expression de G : l'énergie libérée sert à surmonter l'adhésion et à créer de nouvelles surfaces de fracture.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q19, le surplus d'énergie libéré lors de l'accroissement de la zone glissante de taille 2\mathrm{d}\ell_g vaut :

\frac{\mathrm{d}(W_{\text{cis}} - E_e)}{2\,\mathrm{d}\ell_g} = \frac{H(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh}

Par définition du taux de restitution d'énergie surfacique G(2\ell_g) = \dfrac{1}{H} \dfrac{\mathrm{d}(W_{\text{cis}} - E_e)}{\mathrm{d}(2\ell_g)}, on en déduit directement :

\boxed{G(2\ell_g) = \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh}}

Cette quantité G représente l'énergie mécanique disponible par unité de surface nouvellement créée le long de l'interface. Au niveau de l'interface, cette énergie accumulée peut être utilisée pour :

  • rompre les micro-contacts adhésifs assurant l'accrochage entre la couche solide et le substrat (énergie de fracturation de l'interface), ce qui permet l'avancée de la zone de glissement ;
  • être dissipée sous forme de chaleur supplémentaire au front de glissement ou rayonnée sous forme d'ondes élastiques (ondes sismiques) lorsque le glissement devient instable et dynamique.

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : critère de rupture

En déduire une condition entre et permettant la progression de la zone glissante.

Voir l'indice

Écrire le bilan énergétique de création d'aire de fracture (critère de Griffith) : l'énergie disponible par unité de surface créée doit au moins égaler le coût énergétique surfacique de rupture G_c.

Voir la réponse courte

Progression de la fissure dès lors que le taux de restitution d'énergie atteint l'énergie critique G(2\ell_g) \ge G_c.

Voir le corrigé complet

Lors d'une progression de la zone glissante d'une longueur \mathrm{d}(2\ell_g) = 2\,\mathrm{d}\ell_g, la nouvelle aire de contact rompue à l'interface est :

\mathrm{d}S = H \cdot \mathrm{d}(2\ell_g)

Le coût énergétique nécessaire pour rompre les micro-contacts sur cette surface est :

\mathrm{d}\mathcal{E}_{\text{rupture}} = G_c\,\mathrm{d}S = G_c\,H\,\mathrm{d}(2\ell_g)

D'autre part, la variation d'énergie mécanique disponible libérée par le système pour cette même avancée s'écrit, d'après la définition du taux de restitution d'énergie G(2\ell_g) :

\mathrm{d}(W_{\text{cis}} - E_e) = G(2\ell_g)\,H\,\mathrm{d}(2\ell_g)

D'après le bilan énergétique global, la zone glissante ne peut progresser que si l'énergie mécanique restituée compense au moins le coût de création de la nouvelle zone de rupture (\mathrm{d}(W_{\text{cis}} - E_e) \ge \mathrm{d}\mathcal{E}_{\text{rupture}}), ce qui conduit à la condition :

\boxed{G(2\ell_g) \ge G_c}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question était largement réussie et pouvait être traitée indépendamment des questions précédentes.

« Question très souvent traitée et la plupart du temps juste même sans avoir répondu aux questions précédentes. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : seuil d'instabilité

On étudie dans cette question les cas limites qui vont engendrer un séisme. Déterminer l'expression de :

la taille limite d'une zone glissante stable, à contrainte de cisaillement fixée, en-dessous de laquelle il n'y aura pas progression du glissement.

le seuil limite de la contrainte de cisaillement, pour une taille de zone glissante fixée, au-delà duquel l'interface sera déstabilisée.

Voir l'indice

Résoudre l'égalité G(L_c) = G_c pour obtenir la longueur critique L_c = 2\ell_{g,c}, puis exprimer la contrainte de seuil correspondante.

Voir la réponse courte

Résolution de G = G_c pour obtenir la longueur critique L_c et la contrainte critique de déstabilisation \tau_c^{\lim}.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente (Q21), la zone de glissement progresse dès lors que le taux de restitution d'énergie élastique surfacique atteint le coût de fracture de l'interface, soit :

G(2\ell_g) \ge G_c

avec, d'après la question Q20 :

G(2\ell_g) = \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh}
  • Taille limite L_c d'une zone glissante stable :

    À contrainte de cisaillement \tau_c > \tau_r fixée, le glissement ne progresse pas tant que G(2\ell_g) < G_c. La demi-longueur critique \ell_{g,c} correspond au cas limite d'égalité G(2\ell_{g,c}) = G_c, ce qui donne :

    \begin{aligned} \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_{g,c}^2}{2Eh} &= G_c \\ \ell_{g,c} &= \frac{\sqrt{2EhG_c}}{\tau_c - \tau_r} \end{aligned}

    La taille totale de la zone glissante étant L = 2\ell_g, la taille limite L_c = 2\ell_{g,c} en-dessous de laquelle il n'y a pas propagation du glissement s'écrit :

    \boxed{L_c = \frac{2\sqrt{2EhG_c}}{\tau_c - \tau_r}}
  • Seuil limite \tau_c^{\lim} de la contrainte de cisaillement :

    Pour une taille de zone glissante fixée de demi-longueur \ell_g (soit une taille totale 2\ell_g), la condition de stabilité G(2\ell_g) \le G_c impose que le cisaillement appliqué reste inférieur au seuil limite \tau_c^{\lim} vérifiant G(2\ell_g) = G_c :

    \begin{aligned} \frac{(\tau_c^{\lim} - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh} &= G_c \\ \tau_c^{\lim} - \tau_r &= \frac{\sqrt{2EhG_c}}{\ell_g} \end{aligned}

    D'où l'expression de la contrainte limite au-delà de laquelle l'interface est déstabilisée :

    \boxed{\tau_c^{\lim} = \tau_r + \frac{\sqrt{2EhG_c}}{\ell_g} = \tau_r + \frac{2\sqrt{2EhG_c}}{2\ell_g}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La réussite de cette question dépendait directement de la résolution correcte de la question 19.

« La réussite de cette question était conditionnée à la réussite de la question Q19. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : instabilité mécanique, bilan d'énergie

Calculer et commenter l'évolution de la zone glissante. Sera-t-elle stable ou instable ? Dans le cas où , expliquer comment évoluera la zone glissante (fracturée). L'énergie cinétique volumique de la couche de solide augmente-t-elle ?

Voir l'indice

Calculer le signe de la dérivée de G par rapport à \ell_g. Conclure sur le caractère auto-accélérateur de la rupture et l'apparition d'un surplus d'énergie cinétique rayonnée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer G en fonction de la taille totale de la zone L = 2\ell_g pour calculer sans ambiguïté la dérivée demandée \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}(2\ell_g)}.
  2. Analyser le signe de cette dérivée pour statuer sur la stabilité de la propagation : comparer la variation du taux de restitution d'énergie disponible G à la résistance constante G_c.
  3. Décrire les conséquences physiques du régime surcritique G > G_c : rupture de l'hypothèse quasi-statique, accélération du front de glissement et conversion de l'énergie excédentaire en énergie cinétique et en ondes sismiques.
Voir la réponse courte

Dérivée \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}(2\ell_g)} > 0 : glissement instable catastrophique, conversion du surplus d'énergie en ondes sismiques (énergie cinétique).

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q20, le taux de restitution d'énergie surfacique s'écrit en fonction de la demi-longueur de glissement \ell_g :

G(2\ell_g) = \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g^2}{2Eh} = \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 (2\ell_g)^2}{8Eh}

En dérivant par rapport à la taille totale 2\ell_g de la zone glissante, on obtient :

\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}(2\ell_g)} = \frac{1}{2}\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}\ell_g} = \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g}{2Eh}
\boxed{\frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}(2\ell_g)} = \frac{(\tau_c - \tau_r)^2 \ell_g}{2Eh} > 0}

Stabilité de l'évolution : Puisque le coût de fracture G_c est une constante du matériau et que \frac{\mathrm{d}G}{\mathrm{d}(2\ell_g)} > 0, le taux d'énergie restituée croît strictement avec la taille de la fissure. Dès que la condition de propagation G(2\ell_g) \ge G_c est franchie (c'est-à-dire pour 2\ell_g \ge L_c), tout accroissement de taille augmente encore l'écart moteur G - G_c. L'évolution de la zone glissante est donc instable (rupture catastrophique auto-entretenue).

Évolution pour G(2\ell_g) > G_c et énergie cinétique :

  • Lorsque G(2\ell_g) > G_c, l'énergie mécanique libérée par l'avancée du glissement est strictement supérieure à l'énergie nécessaire à la rupture des micro-contacts. La fissure ne peut plus être freinée : la zone glissante s'étend de manière spontanée et accélérée le long de l'interface jusqu'à atteindre des vitesses de propagation proches de la célérité des ondes élastiques. Le modèle quasi-statique cesse alors d'être valide.
  • Le surplus de puissance mécanique non absorbé par la fracture de l'interface (G - G_c > 0) est converti en travail dynamique accélérant la matière : l'énergie cinétique volumique de la couche de solide augmente (apparition d'un mouvement macroscopique rapide), ce qui donne naissance au rayonnement des ondes sismiques.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Des raisonnements physiques pertinents sur l'évolution de la couche ont été valorisés, même si le résultat littéral était faussé.

« Même si le résultat littéral était parfois erroné à cause de réponses fausses aux questions précédentes, certains bons raisonnements physiques sur l’évolution de la couche glissante ont été appréciés par le jury. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Partie III : Propagation d'ondes sismiques

III.A · Loi de Snell-Descartes pour des ondes sismiques à une interface

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de snell-descartes

Nous supposons que les composantes tangentielles à l'interface des vecteurs d'onde , et sont égales. On notera cette valeur. Définir le plan d'incidence et rappeler la première loi de Descartes. À partir de l'égalité des composantes tangentielles des vecteurs d'onde, retrouver la seconde loi de Descartes pour les ondes élastiques au passage de l'interface. Donner l'expression de en fonction de , et .

Voir l'indice

Définir le plan d'incidence et exploiter la continuité de la phase spatiale le long de l'interface en z=0 pour retrouver les relations de réfraction.

Voir la réponse courte

Continuité de la composante tangentielle du vecteur d'onde k_x = \frac{\omega}{c_{p1}}\sin i_1, conduisant à la loi de Descartes.

Voir le corrigé complet

1. Définition du plan d'incidence et première loi de Descartes

  • Le plan d'incidence est le plan formé par la direction de propagation de l'onde incidente (portée par le vecteur d'onde \vec{k}_i) et la normale à l'interface au point d'incidence (ici portée par \vec{e}_z). Dans la géométrie choisie, il s'agit du plan (O, \vec{e}_x, \vec{e}_z).
  • La première loi de Descartes stipule que le rayon réfléchi et le rayon transmis (ou réfracté) sont contenus dans le plan d'incidence.

2. Seconde loi de Descartes

Les milieux (1) et (2) étant non dispersifs pour les ondes de compression étudiées, les relations de dispersion donnent les normes des vecteurs d'onde à la pulsation \omega :

\begin{aligned} k_i = \|\vec{k}_i\| = \frac{\omega}{c_{p1}}, \qquad k_r = \|\vec{k}_r\| = \frac{\omega}{c_{p1}}, \qquad k_t = \|\vec{k}_t\| = \frac{\omega}{c_{p2}}. \end{aligned}

D'après la figure 8, les angles i_1, r et i_2 sont définis par rapport à la normale \vec{e}_z. Les projections des vecteurs d'onde sur l'axe tangentiel (Ox) s'écrivent donc :

\begin{aligned} k_{ix} = k_i \sin i_1 = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1, \qquad k_{rx} = k_r \sin r = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin r, \qquad k_{tx} = k_t \sin i_2 = \frac{\omega}{c_{p2}} \sin i_2. \end{aligned}

L'égalité imposée des composantes tangentielles, k_{ix} = k_{rx} = k_{tx}, fournit :

  • pour la réflexion :

    \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1 = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin r \implies \boxed{r = i_1}
  • pour la réfraction (transmission) :

    \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1 = \frac{\omega}{c_{p2}} \sin i_2 \implies \boxed{\frac{\sin i_1}{c_{p1}} = \frac{\sin i_2}{c_{p2}}}

3. Expression de k_x

On en déduit immédiatement la composante tangentielle commune du vecteur d'onde :

\boxed{k_x = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Lisez attentivement l'énoncé jusqu'au bout pour répondre à la seconde sous-question en vous appuyant sur l'analogie optique.

« Cette question développait l’analogie avec les lois de Descartes en optique, ce qui permettait aux candidats de réinvestir leurs connaissances. Certains candidats n’ayant pas bien lu l’énoncé ne répondaient pas correctement à la deuxième partie de la question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : réflexion totale, angle limite

Montrer qu'il existe un angle d'incidence limite, noté , et donner son expression en fonction des célérités des deux milieux.

Voir l'indice

Identifier la condition sur l'angle de transmission i_2 = \pi/2 dans la loi de Snell-Descartes c_{p2}\sin i_1 = c_{p1}\sin i_2 sachant que c_{p2} > c_{p1}.

Voir la stratégie
  1. Partir de la loi de Snell-Descartes pour la réfraction établie à la question précédente.
  2. Utiliser l'hypothèse c_{p1} < c_{p2} pour déterminer la borne supérieure de l'angle d'incidence i_1 garantissant l'existence d'une onde transmise progressive (c'est-à-dire \sin i_2 \le 1).
Voir la réponse courte

L'angle limite correspond à un rayon réfracté rasant : \sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Snell-Descartes pour la réfraction obtenue à la question Q24 :

\frac{\sin i_1}{c_{p1}} = \frac{\sin i_2}{c_{p2}} \iff \sin i_2 = \frac{c_{p2}}{c_{p1}} \sin i_1

L'angle de réfraction i_2 étant un angle réel appartenant à l'intervalle \left[0, \frac{\pi}{2}\right] pour une onde progressive se propageant dans le milieu (2), le sinus doit vérifier :

\sin i_2 \le 1 \iff \sin i_1 \le \frac{c_{p1}}{c_{p2}}

Comme c_{p1} < c_{p2}, le rapport vérifie :

0 < \frac{c_{p1}}{c_{p2}} < 1

Il existe donc un unique angle critique i_\ell \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[ tel que :

\sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}

ce qui donne l'expression de l'angle d'incidence limite :

\boxed{i_\ell = \arcsin\left(\frac{c_{p1}}{c_{p2}}\right)}

Pour i_1 > i_\ell, l'onde ne peut plus se réfracter sous forme d'onde progressive homogène dans le milieu (2).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La mention « Montrer que » exige une démonstration rigoureuse et interdit de parachuter l'expression sans explication.

« Montrer que" implique qu’une démonstration est attendue. L’expression de l’angle limite ne peut pas être juste donnée sans explication. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : onde évanescente, réflexion totale

Dans le cas où l'onde incidente arrive sur l'interface avec un angle , exprimer en fonction de , , , . Montrer que se met sous la forme , où on précisera la dimension et l'expression de en fonction de , , et . Justifier alors que l'onde transmise, polarisée suivant , peut se mettre sous la forme suivante :

On admettra que la direction de vibration est . Caractériser la structure de cette onde et donner l'expression de sa vitesse et de sa direction de propagation.

Voir l'indice

Utiliser la relation de dispersion dans le milieu (2) k_{tx}^2 + k_{tz}^2 = (\omega/c_{p2})^2 pour exprimer k_{tz} lorsque k_x > \omega/c_{p2}, et factoriser par -j.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les composantes du vecteur d'onde réfléchi \vec{k}_r à partir de la relation de dispersion dans le milieu (1) et de la loi de réflexion de Descartes.
  2. Utiliser la relation de dispersion dans le milieu (2) et l'égalité des composantes tangentielles pour déterminer la composante normale k_{tz}, puis en déduire la forme de \delta.
  3. Injecter l'expression de \vec{k}_t dans celle du champ de déplacement complexe et analyser la nature de l'onde obtenue (onde évanescente).
Voir la réponse courte

Composante imaginaire pure en z menant à une onde évanescente se propageant parallèlement à l'interface le long de (\mathrm{O}x).

Voir le corrigé complet

1. Expression du vecteur d'onde réfléchi \vec{k}_r

Dans le milieu (1), l'onde réfléchie vérifie la relation de dispersion \|\vec{k}_r\| = \frac{\omega}{c_{p1}}.

D'après les lois de Descartes établies à la question Q24, le rayon réfléchi appartient au plan d'incidence (O, \vec{e}_x, \vec{e}_z), l'angle de réflexion vaut r = i_1, et la composante tangentielle est conservée :

k_{rx} = k_x = \frac{\omega}{c_{p1}} \sin i_1

L'onde réfléchie se propageant en s'éloignant de l'interface vers le demi-espace z < 0, sa composante selon \vec{e}_z est négative :

k_{rz} = - \sqrt{\|\vec{k}_r\|^2 - k_{rx}^2} = -\frac{\omega}{c_{p1}} \cos i_1

On en déduit l'expression du vecteur d'onde réfléchi :

\boxed{\vec{k}_r = \frac{\omega}{c_{p1}} \left( \sin i_1\,\vec{e}_x - \cos i_1\,\vec{e}_z \right)}

2. Composante normale k_{tz} et paramètre \delta

Dans le milieu (2), la relation de dispersion s'écrit \|\vec{k}_t\|^2 = k_{tx}^2 + k_{tz}^2 = \frac{\omega^2}{c_{p2}^2}. La continuité de la composante tangentielle impose k_{tx} = k_x = \frac{\omega}{c_{p1}}\sin i_1. Par suite :

\begin{aligned} k_{tz}^2 &= \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} - k_x^2 \\ &= \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} \left( 1 - \frac{c_{p2}^2}{c_{p1}^2} \sin^2 i_1 \right) \end{aligned}

En utilisant la relation \sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}} établie à la question Q25, on obtient :

k_{tz}^2 = \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} \left( 1 - \frac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} \right) = - \frac{\omega^2}{c_{p2}^2} \left( \frac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} - 1 \right)

Pour i_1 > i_\ell, \sin i_1 > \sin i_\ell, donc k_{tz}^2 < 0. k_{tz} est imaginaire pur :

k_{tz} = \pm j\, \frac{\omega}{c_{p2}} \sqrt{\frac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} - 1}

Le milieu (2) occupant le demi-espace z > 0, l'amplitude physique de l'onde ne peut diverger quand z \to +\infty. Le terme de propagation \exp(-j k_{tz} z) impose donc de choisir la solution de partie imaginaire négative, soit k_{tz} = -\frac{j}{\delta}, avec :

\boxed{\delta = \frac{c_{p2}}{\omega \sqrt{\dfrac{\sin^2 i_1}{\sin^2 i_\ell} - 1}}}

La grandeur \delta a la dimension d'une longueur ([\delta] = \mathrm{L}, exprimée en mètres) : c'est la profondeur de pénétration de l'onde dans le milieu (2).

3. Forme du champ de déplacement \vec{u}_t

En reportant \vec{k}_t = k_x \vec{e}_x - \frac{j}{\delta}\vec{e}_z et \overrightarrow{OM} = x\,\vec{e}_x + z\,\vec{e}_z dans l'expression du champ de déplacement :

\begin{aligned} j\left(\omega t - \vec{k}_t \cdot \overrightarrow{OM}\right) &= j\left(\omega t - k_x x + \frac{j}{\delta} z\right) \\ &= -\frac{z}{\delta} + j(\omega t - k_x x) \end{aligned}

Puisque l'énoncé admet que la vibration est polarisée selon \vec{e}_x, on retrouve bien :

\boxed{\vec{u}_t(M, t) = U_{t0} \exp\left(-\frac{z}{\delta}\right) \exp\left[j(\omega t - k_x x)\right] \vec{e}_x}

4. Structure et caractéristiques de l'onde transmise

  • Structure : Il s'agit d'une onde évanescente (ou onde plane inhomogène). Les plans équiphases sont orthogonaux à la direction de propagation \vec{e}_x (plans x = \text{cte}), tandis que les surfaces d'égale amplitude sont parallèles à l'interface (plans z = \text{cte}). L'amplitude décroît exponentiellement avec la profondeur z.
  • Direction de propagation : L'onde se propage parallèlement à l'interface, dans la direction des x croissants (+\vec{e}_x).
  • Vitesse de propagation : La vitesse de phase v_\varphi s'écrit :

    \boxed{v_\varphi = \frac{\omega}{k_x} = \frac{c_{p1}}{\sin i_1}}

    Puisque \sin i_\ell < \sin i_1 \le 1, cette vitesse est strictement comprise entre c_{p1} et c_{p2} :

    c_{p1} \le v_\varphi < \frac{c_{p1}}{\sin i_\ell} = c_{p2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette onde non usuelle nécessitait de décrire précisément son comportement selon les différentes directions de l'espace.

« Le jury a noté beaucoup d’approximations sur la caractérisation de l’onde. Cette onde étant différente des ondes "usuelles", il s’agissait de bien décrire son comportement en fonction des directions de l’espace. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde de mach, principe de huygens-fresnel

La normale au cône de Mach définit la direction de l'onde ré-émise. Déterminer l'angle entre le front d'onde de Mach et l'interface. On exprimera en fonction des célérités et . Justifier, à partir du schéma représenté sur la figure 9, que l'angle entre l'onde ré-émise et la normale à l'interface est égale à l'angle d'incidence limite .

Voir l'indice

Appliquer la construction géométrique de Huygens-Fresnel ou la trigonométrie dans le triangle formé par le front d'onde de Mach et l'interface.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse de déplacement de la perturbation à l'interface pour i_1 = i_\ell, puis utiliser la construction géométrique du front d'onde de Mach (enveloppe des ondelettes réémises dans le milieu 1) pour relier \sin\theta_c aux célérités c_{p1} et c_{p2}.
  2. Déterminer par un raisonnement géométrique direct l'angle que fait la normale au front d'onde avec la normale à l'interface, puis identifier cet angle à i_\ell grâce à l'expression de \sin i_\ell.
Voir la réponse courte

Trigonométrie sur le front de Mach : \sin\theta_c = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}, ce qui redonne un angle d'émergence égal à i_\ell.

Voir le corrigé complet

À l'incidence limite i_1 = i_\ell, la composante tangentielle du vecteur d'onde vaut d'après la question Q24 :

k_x = \frac{\omega}{c_{p1}}\sin i_\ell = \frac{\omega}{c_{p2}}

puisque \sin i_\ell = c_{p1}/c_{p2} (établi à la question Q25). La perturbation se propage donc le long de l'interface selon +\vec{e}_x à la vitesse :

v_s = \frac{\omega}{k_x} = c_{p2} > c_{p1}.

Cette perturbation agit comme une source se déplaçant à la vitesse suprasonique v_s = c_{p2} par rapport au milieu 1. Pendant une durée \Delta t, la source parcourt le long de l'interface une distance :

d = c_{p2}\,\Delta t.

Dans le même temps, l'onde réémise dans le milieu 1 s'est propagée sous forme d'une ondelette circulaire (sphérique en 3D) de rayon :

R = c_{p1}\,\Delta t.

Le front d'onde de Mach est la droite tangente commune à ces ondelettes, inclinée d'un angle \theta_c par rapport à l'interface (figure 9). Dans le triangle rectangle formé par la source, le point d'émission et le point de tangence sur le cercle de rayon R, on a :

\sin\theta_c = \frac{R}{d} = \frac{c_{p1}\,\Delta t}{c_{p2}\,\Delta t}

soit :

\boxed{\sin\theta_c = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}.}

Par définition, la direction de propagation de l'onde réémise est portée par la normale au cône de Mach :

  • le front d'onde fait un angle \theta_c avec l'interface ;
  • par conséquent, la normale au front d'onde (direction du rayon réémis) fait un angle \theta_c avec la normale à l'interface (car l'angle entre deux droites est égal à l'angle entre leurs normales respectives).

Comme \sin i_\ell = \frac{c_{p1}}{c_{p2}}, on en déduit immédiatement :

\boxed{\theta_c = i_\ell.}

L'angle entre la direction de propagation de l'onde réémise et la normale à l'interface est donc bien égal à l'angle d'incidence limite i_\ell.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Une démonstration rigoureuse était attendue et ne devait pas se réduire à une simple interprétation visuelle de la figure.

« Très peu de copies ont fourni une démonstration rigoureuse, la plupart se limitant à une interprétation de la figure associée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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III.B · Principe de réfraction sismique

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : temps de parcours

Supposons que l'onde se propage le long de la surface de la couche de hauteur et atteigne le récepteur directement. Déterminer la durée du trajet de cette onde, appelée onde D ou onde directe.

Voir l'indice

Le rayon se propage en ligne droite à la surface du milieu 1 à la vitesse constante c_1 entre la source et le récepteur.

Voir la réponse courte

Trajet direct en surface à célérité c_1 : T_D(x) = \frac{x}{c_1}.

Voir le corrigé complet

L'onde directe (notée onde D) se propage en ligne droite à la surface libre z = 0, directement depuis la source s(0, 0) jusqu'au récepteur r(x, 0).

Ce trajet s'effectue intégralement dans la première couche de roche de célérité c_1. La distance parcourue le long de l'axe (\mathrm{O}x) est simplement d = x.

D'après la définition du temps de parcours donnée par l'équation (10) avec une vitesse constante v = c_1 :

T_D(x) = \int_0^x \frac{\mathrm{d}x'}{c_1} = \frac{x}{c_1}
\boxed{T_D(x) = \frac{x}{c_1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à accompagner votre résultat d'une courte phrase d'explication.

« Le jury regrette que certains candidats ne prennent pas la peine de faire une petite phrase expliquant le résultat. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : chemin optique, temps de parcours

Si l'onde est réfléchie à l'interface entre les deux milieux 1 et 2, déterminer la durée du trajet de cette onde, appelée onde R ou onde réfléchie. Déterminer les valeurs asymptotiques de cette durée quand et quand .

Voir l'indice

Utiliser le principe de Fermat ou la méthode des images pour déterminer la longueur du trajet avec réflexion spéculaire au fond de la couche de profondeur h.

Voir la réponse courte

Trajet réfléchi par Pythagore T_R(x) = \frac{\sqrt{x^2+4h^2}}{c_1}, tendant vers T_D pour x \to \infty.

Voir le corrigé complet

D'après les lois de Snell-Descartes pour la réflexion (angle de réflexion égal à l'angle d'incidence, établi à la question Q24), le rayon réfléchi atteint l'interface z = h en son milieu d'abscisse x_I = \frac{x}{2}.

Le trajet de l'onde réfléchie est constitué de deux segments rectilignes de même longueur dans le milieu 1 où la célérité est c_1 :

  • de la source s(0,0) au point de réflexion I(x/2, h) : d_1 = \sqrt{\left(\frac{x}{2}\right)^2 + h^2} ;
  • du point I(x/2, h) au récepteur r(x,0) : d_2 = \sqrt{\left(\frac{x}{2}\right)^2 + h^2} = d_1.

La distance totale parcourue par l'onde réfléchie est donc :

d_R = 2 \sqrt{\frac{x^2}{4} + h^2} = \sqrt{x^2 + 4h^2}

La durée du trajet T_R(x) s'en déduit directement :

\boxed{T_R(x) = \frac{\sqrt{x^2 + 4h^2}}{c_1}}

Examinons les comportements aux limites :

  • Pour x = 0 (tir vertical, la source et le récepteur sont confondus) :

    \boxed{T_R(0) = \frac{2h}{c_1}}
  • Pour x \to +\infty :

    T_R(x) = \frac{x}{c_1} \sqrt{1 + \frac{4h^2}{x^2}} = \frac{x}{c_1}\left(1 + \frac{2h^2}{x^2} + \mathcal{O}\left(\frac{1}{x^4}\right)\right)

    Le comportement asymptotique est donc :

    \boxed{T_R(x) \underset{x \to +\infty}{\sim} \frac{x}{c_1}}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : onde conique, temps de parcours

Quand un rayon sismique issu de la source arrive à l'interface entre les deux milieux avec un angle d'incidence égal à l'incidence limite , expliquer le comportement du rayon sismique. Peut-il atteindre le récepteur ? Déterminer la durée de trajet pour ces ondes dites réfractées, ou ondes H,

avec à déterminer en fonction de , et . Établir une condition sur pour que ces ondes existent et atteignent effectivement le récepteur.

Voir l'indice

Décomposer le trajet de l'onde conique en trois segments : descente oblique sous l'angle limite i_\ell, parcours horizontal le long du toit du demi-espace à vitesse c_2, et remontée sous le même angle limite.

Voir la stratégie
  1. Décrire la réfraction limite à l'interface (onde glissante) et le mécanisme de ré-émission vers le milieu 1 sous l'angle critique i_\ell (onde conique de tête).
  2. Décomposer le trajet de l'onde H en trois segments : descente dans le milieu 1, propagation le long de l'interface à la célérité c_2, et remontée dans le milieu 1.
  3. Calculer la durée totale T_H(x) par sommation des temps de parcours et identifier le temps d'interception \tau_1.
  4. Exprimer la condition géométrique d'existence de ce trajet (AB \ge 0).
Voir la réponse courte

Trajet réfracté critique T_H(x) = \frac{x}{c_2} + \frac{2h\cos i_\ell}{c_1}, observable au-delà de x \ge 2h\tan i_\ell.

Voir le corrigé complet

1. Comportement du rayon et détection au récepteur

D'après la loi de Snell-Descartes pour la réfraction (établie à la question Q24), lorsque l'angle d'incidence atteint la valeur critique i_\ell telle que \sin i_\ell = \frac{c_1}{c_2}, l'angle de réfraction vaut :

i_2 = \frac{\pi}{2}

Le rayon réfracté se propage donc parallèlement à l'interface dans le milieu le plus rapide à la célérité c_2.

Comme vu à la question Q27, la perturbation se déplaçant le long de l'interface à la vitesse c_2 > c_1 induit une ré-émission continue d'ondes sismiques dans le milieu 1 formant un front d'onde incliné (onde conique ou onde de tête, dite onde H). Les rayons associés à cette onde émergent de l'interface sous l'angle limite i_\ell par rapport à la normale. L'un de ces rayons peut donc remonter à la surface libre et atteindre effectivement le récepteur r(x, 0).

2. Durée du trajet T_H(x)

Le trajet se compose de trois segments (voir figure 10 de l'énoncé) :

  • Un trajet descendant dans le milieu 1, de la source s(0,0) au point d'incidence A(x_A, h) :

    x_A = h \tan i_\ell, \quad sA = \frac{h}{\cos i_\ell}, \quad \Delta t_{sA} = \frac{h}{c_1 \cos i_\ell}
  • Un trajet le long de l'interface de A(x_A, h) à B(x_B, h) à la célérité c_2. Par retour inverse et symétrie, le rayon atteignant le récepteur r(x,0) quitte l'interface en x_B = x - h\tan i_\ell :

    AB = x_B - x_A = x - 2h \tan i_\ell, \quad \Delta t_{AB} = \frac{x - 2h \tan i_\ell}{c_2}
  • Un trajet remontant dans le milieu 1, de B(x_B, h) à r(x,0) :

    Br = \frac{h}{\cos i_\ell}, \quad \Delta t_{Br} = \frac{h}{c_1 \cos i_\ell}

La durée totale du trajet s'écrit :

\begin{aligned} T_H(x) &= \Delta t_{sA} + \Delta t_{AB} + \Delta t_{Br} \\ &= \frac{x}{c_2} + 2h\left(\frac{1}{c_1 \cos i_\ell} - \frac{\tan i_\ell}{c_2}\right) \\ &= \frac{x}{c_2} + \frac{2h}{c_1 \cos i_\ell}\left(1 - \frac{c_1}{c_2}\sin i_\ell\right) \end{aligned}

En utilisant la relation \sin i_\ell = \frac{c_1}{c_2}, il vient 1 - \frac{c_1}{c_2}\sin i_\ell = 1 - \sin^2 i_\ell = \cos^2 i_\ell. On en déduit :

T_H(x) = \frac{x}{c_2} + \frac{2h \cos i_\ell}{c_1}

Or \cos i_\ell = \sqrt{1 - \sin^2 i_\ell} = \sqrt{1 - \frac{c_1^2}{c_2^2}} = \frac{\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_2}, d'où :

\boxed{T_H(x) = \frac{x}{c_2} + \tau_1 \quad \text{avec} \quad \tau_1 = \frac{2h\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_1 c_2} = 2h\sqrt{\frac{1}{c_1^2} - \frac{1}{c_2^2}}}

3. Condition d'existence

Pour que le trajet réfracté existe géométriquement et atteigne la surface libre, la distance parcourue le long de l'interface doit être positive ou nulle (x_B \ge x_A, soit AB \ge 0) :

x \ge 2h \tan i_\ell

En explicitant \tan i_\ell = \frac{\sin i_\ell}{\cos i_\ell} = \frac{c_1}{\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}, la condition sur la distance source-récepteur s'écrit :

\boxed{x \ge x_{\mathrm{crit}} = \frac{2h c_1}{\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question plus délicate où des erreurs de calcul ont souvent empêché d'aboutir au résultat attendu.

« Un peu plus difficile que les précédentes, cette question a parfois été le lieu d’erreurs de calcul ne permettant pas d’obtenir finalement le bon résultat. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : sismologie, hodochrone

L'obtention des durées de trajets précédentes permettent de cartographier la géologie souterraine. Pour les trois ondes précédentes (D, R, H), tracer sur un même graphique les différents temps d'arrivée en fonction de l'abscisse du récepteur. Déduire une distance à partir de laquelle l'onde réfractée (onde H) est détectée en premier par le détecteur. Quelle est la forme de la courbe qui matérialise les premiers temps d'arrivée d'onde à chaque récepteur ? Quels types d'ondes participent à la forme de cette courbe ?

Voir l'indice

Tracer les droites T_D(x) et T_H(x) ainsi que la branche hyperbolique T_R(x). Déterminer leur point d'intersection x_d en égalant T_D(x) et T_H(x).

Voir la stratégie
  1. Rappeler les expressions des trois temps de parcours T_D(x), T_R(x) et T_H(x) issues des questions précédentes, avec leurs domaines de définition et asymptotes respectifs.
  2. Tracer l'hodochrone (graphe T en fonction de x) en faisant apparaître la tangente entre l'onde réfléchie et l'onde réfractée en x_{\text{crit}}, ainsi que le croisement entre l'onde directe et l'onde réfractée en x_d.
  3. Résoudre l'équation T_D(x_d) = T_H(x_d) pour expliciter la distance de croisement x_d, puis caractériser la courbe des premières arrivées.
Voir la réponse courte

Tracé des hodochrones : droite directe puis droite réfractée au-delà de la distance de croisement x_d.

Voir le corrigé complet

Rappelons les expressions des durées de trajet établies aux questions Q28, Q29 et Q30 :

  • Onde directe D : T_D(x) = \dfrac{x}{c_1} pour tout x \ge 0 (droite de pente 1/c_1 passant par l'origine).
  • Onde réfléchie R : T_R(x) = \dfrac{\sqrt{x^2+4h^2}}{c_1} (branche d'hyperbole d'ordonnée à l'origine T_R(0)=\dfrac{2h}{c_1}, asymptote T_R(x) \sim \dfrac{x}{c_1}).
  • Onde réfractée H : T_H(x) = \dfrac{x}{c_2} + \tau_1 avec \tau_1 = \dfrac{2h\sqrt{c_2^2-c_1^2}}{c_1c_2}, définie uniquement pour x \ge x_{\text{crit}} = \dfrac{2hc_1}{\sqrt{c_2^2-c_1^2}}.

En x = x_{\text{crit}}, on a T_H(x_{\text{crit}}) = T_R(x_{\text{crit}}) : la droite T_H(x) est tangente à l'hyperbole T_R(x).

Calcul de la distance de croisement x_d : L'onde réfractée arrive en premier lorsque T_H(x) < T_D(x). La distance frontière x_d vérifie :

T_D(x_d) = T_H(x_d) \iff \frac{x_d}{c_1} = \frac{x_d}{c_2} + \tau_1

D'où :

\begin{aligned} x_d \left( \frac{1}{c_1} - \frac{1}{c_2} \right) &= \tau_1 \\ x_d \left( \frac{c_2 - c_1}{c_1 c_2} \right) &= \frac{2h\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_1 c_2} \\ x_d &= \frac{2h\sqrt{(c_2-c_1)(c_2+c_1)}}{c_2 - c_1} \end{aligned}
\boxed{x_d = 2h \sqrt{\frac{c_2 + c_1}{c_2 - c_1}}}

Comme c_2 > c_1, le terme sous la racine est strictement supérieur à 1, ce qui assure bien x_d > x_{\text{crit}} = \dfrac{2h c_1}{\sqrt{c_2^2-c_1^2}}.

Forme de la courbe des premiers temps d'arrivée : La courbe matérialisant les premières arrivées (hodochrone des premières arrivées) est une ligne brisée formée de deux segments de droites :

  • pour 0 \le x \le x_d, une droite de pente \dfrac{1}{c_1} passant par l'origine ;
  • pour x \ge x_d, une droite de pente plus faible \dfrac{1}{c_2} < \dfrac{1}{c_1}, d'ordonnée à l'origine \tau_1.

Types d'ondes participant à cette courbe :

  • L'onde directe D pour x \in [0, x_d].
  • L'onde réfractée H (onde conique critique) pour x > x_d.

L'onde réfléchie R n'arrive jamais en premier, car pour tout x > 0, T_R(x) > T_D(x).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Répondez à toutes les sous-questions et soignez la réalisation de vos graphiques ainsi que leurs légendes.

« La question comportait plusieurs sous-questions. À nouveau, le jury recommande aux candidats de lire attentivement l’énoncé. »

« Certains graphiques étaient assez fantaisistes alors que les réponses aux questions précédentes étaient au moins partiellement justes. Le jury a apprécié les graphiques justes, bien réalisés et convenablement légendés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : traitement de données, sismologie

La figure 11 représente un sismogramme issu d'une campagne de mesures dans la vallée du Connecticut (Massachusetts, USA), où les explosions générant les ondes sismiques sont contrôlées (à la différence de la survenue d'un séisme). La date correspond au démarrage de l'excitation. La détection des premières ondes sismiques est repérée par une flèche. On considère qu'il n'y a que deux couches souterraines qui sont sondées par les ondes émises. Commenter ce sismogramme et justifier que les résultats sont conformes aux prédictions de la question précédente. Déterminer la vitesse des ondes dans chaque couche souterraine ainsi que et la hauteur de la première couche. Expliquer ce qui peut limiter la portée de la méthode en profondeur.

Voir l'indice

Identifier les pentes des deux régimes linéaires sur les premières arrivées du sismogramme pour extraire c_1 et c_2, puis relever la distance de croisement x_d pour en déduire h.

Voir la stratégie
  1. Commentaire du sismogramme et conformité : observer la courbe des premiers arrivés t(x) formée par les flèches. Sur ce graphe où x est en ordonnée et t en abscisse, la vitesse correspond à la pente \Delta x / \Delta t. Justifier la présence de deux régimes linéaires consécutifs conformément à la courbe en ligne brisée établie en Q31.
  2. Détermination de x_d, c_1 et c_2 : repérer l'abscisse du coude x_d, puis mesurer les pentes respectives \Delta x / \Delta t pour x < x_d (onde directe) et pour x > x_d (onde réfractée).
  3. Calcul de l'épaisseur h : utiliser la relation issue de Q31 liant h à x_d, c_1 et c_2.
  4. Facteurs limitant la portée en profondeur : analyser les contraintes géométriques (x_d \propto h), énergétiques (atténuation) et physiques (nécessité d'une vitesse croissante avec la profondeur).
Voir la réponse courte

Pentes des droites d'arrivée donnant c_1 et c_2, ordonnée à l'origine donnant l'épaisseur h de la première couche.

Voir le corrigé complet

1. Commentaire du sismogramme et justification théorique

Les flèches indiquent le temps de première arrivée de l'onde sismique à chaque géophone. On constate que ces points d'arrivée se répartissent selon deux segments de droite distincts :

  • pour x \le 20\text{ m}, le temps d'arrivée augmente régulièrement avec la distance ;
  • pour x \ge 20\text{ m}, la pente de la courbe x(t) augmente nettement (le temps d'arrivée n'augmente que très peu avec la distance).

La courbe des premières arrivées est une ligne brisée formée de deux demi-droites, ce qui est parfaitement conforme aux prédictions de la question Q31 : pour x < x_d, l'onde directe (vitesse c_1) arrive la première, tandis que pour x > x_d, l'onde conique réfractée (vitesse apparente c_2 > c_1) la devance.

2. Détermination expérimentale des vitesses et de x_d

Sur le sismogramme, l'axe vertical représente la distance x et l'axe horizontal le temps t. La vitesse de propagation correspond donc à la pente :

v = \frac{\Delta x}{\Delta t}
  • Distance de croisement x_d : la rupture de pente est clairement localisée à :

    \boxed{x_d \simeq 20\text{ m}}
  • Vitesse c_1 dans la première couche : sur la branche de l'onde directe (x \le 20\text{ m}), relevons les temps d'arrivée par exemple en x = 5\text{ m} (t \simeq 11\text{ ms}) et en x = 17\text{ m} (t \simeq 35\text{ ms}) :

    \begin{aligned} c_1 &= \frac{17 - 5}{(35 - 11)\times 10^{-3}} = \frac{12}{24\times 10^{-3}} = 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
    \boxed{c_1 \simeq 5{,}0\times 10^2\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}
  • Vitesse c_2 dans le demi-espace sous-jacent : sur la branche de l'onde réfractée (x \ge 20\text{ m}), relevons entre x = 20\text{ m} (t \simeq 41\text{ ms}) et x = 38\text{ m} (t \simeq 47\text{ ms}) :

    \begin{aligned} c_2 &= \frac{38 - 20}{(47 - 41)\times 10^{-3}} = \frac{18}{6\times 10^{-3}} = 3000\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}
    \boxed{c_2 \simeq 3{,}0\times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

3. Hauteur h de la première couche

D'après la relation établie à la question Q31 :

x_d = 2h \sqrt{\frac{c_2 + c_1}{c_2 - c_1}} \iff h = \frac{x_d}{2}\sqrt{\frac{c_2 - c_1}{c_2 + c_1}}

En effectuant l'application numérique :

\begin{aligned} h &= \frac{20}{2}\sqrt{\frac{3000 - 500}{3000 + 500}} = 10\sqrt{\frac{2500}{3500}} = 10\sqrt{\frac{5}{7}} \simeq 10 \times 0{,}845 \simeq 8{,}5\text{ m} \end{aligned}

Compte tenu des incertitudes de lecture graphique :

\boxed{h \simeq 8\text{ m}}

4. Facteurs limitant la portée en profondeur de la méthode

  • Contrainte d'encombrement géométrique : la distance de croisement vérifie x_d \propto h (ici x_d \simeq 2{,}4\,h). Pour sonder des couches profondes (h \sim 1\text{ km} ou plus), le dispositif de mesure (la « flûte » de capteurs) doit s'étendre sur une distance x \gg h de plusieurs kilomètres, ce qui devient logistiquement très lourd sur le terrain.
  • Atténuation de l'énergie : l'énergie de l'onde décroît fortement avec la distance parcourue du fait de l'étalement géométrique et de l'atténuation anélastique du milieu. Sonder profondément nécessiterait des sources d'excitation démesurées.
  • Condition de vitesse croissante : la réfraction limite n'existe que si la vitesse augmente avec la profondeur (c_2 > c_1). Toute couche à vitesse plus faible (« couche lente ») est indétectable par réfraction sismique.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu abordée car nécessitant les questions antérieures, mais réussie par les candidats qui s'y sont attelés.

« Cette question nécessitait d’avoir traité les questions précédentes. Si cette question a été assez peu traitée, elle a été assez réussie par ceux l’ayant abordée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : loi de snell-descartes, temps de parcours

On va généraliser la méthode précédente à une situation où plusieurs couches, deux en tout, surplombent un demi-espace, telles que et de hauteurs respectives et . Quels sont les différents trajets possibles des ondes ? Quel est l'angle d'incidence avec lequel le rayon doit arriver sur l'interface 1/2 pour que l'angle d'incidence à l'interface 2/3 soit ? Déterminer l'expression du temps d'arrivée des ondes réfractées entre les couches 2 et 3. Tracer qualitativement sur le graphique représentant les temps d'arrivée : des rayons directs, des rayons réfractés à l'interface 1/2 et ceux réfractés à l'interface 2/3. Quelle information donne la courbe des premiers temps d'arrivée des rayons sismiques ?

Voir l'indice

Généraliser la loi de Descartes à l'empilement bicouche : le paramètre de raie \sin\theta(z)/c(z) se conserve le long du rayon réfracté critique.

Voir la stratégie
  1. Dresser l'inventaire des trajets géométriques possibles pour les rayons sismiques entre la source et le récepteur en surface.
  2. Appliquer la loi de Snell-Descartes aux deux interfaces parallèles pour relier l'angle d'émergence \theta_1 à l'angle critique i_{\ell(2/3)}.
  3. Exprimer le temps de parcours T_{H_2}(x) en sommant les durées de trajet dans chaque couche selon la méthode de décomposition temporelle vue à la question Q30.
  4. Tracer les hodochrones (droites de temps de parcours) et en déduire la nature des informations géophysiques apportées par les premières arrivées.
Voir la réponse courte

Réfraction critique multiple sur le modèle multicouche, reliant angles d'incidence et temps de parcours cumulés.

Voir le corrigé complet

1. Trajets possibles des ondes sismiques

Pour une source et un récepteur situés à la surface de la première couche, les trajets géométriquement admissibles sont :

  • l'onde directe D, se propageant dans la couche 1 à la vitesse c_1 le long de la surface libre ;
  • les ondes réfléchies : onde R_1 réfléchie sur l'interface 1/2 et onde R_2 transmise dans la couche 2 puis réfléchie sur l'interface 2/3 ;
  • les ondes réfractées coniques (ondes de tête ou ondes H) permises par c_1 < c_2 < c_3 :

    • l'onde H_1, réfractée à l'angle critique à l'interface 1/2, se propageant le long du toit de la couche 2 à la vitesse c_2 ;
    • l'onde H_2, réfractée à l'angle critique à l'interface 2/3, se propageant le long du toit du demi-espace 3 à la vitesse c_3.

2. Angle d'incidence \theta_1 à l'interface 1/2

À l'interface 2/3, l'angle critique de réfraction est défini par la relation de Snell-Descartes :

\sin i_{\ell(2/3)} = \frac{c_2}{c_3}

Les interfaces étant planes et horizontales, l'angle de réfraction dans le milieu 2 à l'interface 1/2 est égal à l'angle d'incidence sur l'interface 2/3 : \theta_2 = i_{\ell(2/3)}. En appliquant la loi de Descartes à l'interface 1/2 :

\frac{\sin \theta_1}{c_1} = \frac{\sin \theta_2}{c_2} = \frac{\sin i_{\ell(2/3)}}{c_2} = \frac{1}{c_3}

On en déduit :

\boxed{\sin \theta_1 = \frac{c_1}{c_3} \quad \text{soit} \quad \theta_1 = \arcsin\left(\frac{c_1}{c_3}\right)}

3. Temps d'arrivée T_{H_2}(x) de l'onde réfractée à l'interface 2/3

Le trajet de l'onde H_2 comporte :

  • une traversée descendante de la couche 1 sous l'angle \theta_1, sur une distance h_1/\cos\theta_1 (déport horizontal h_1\tan\theta_1) ;
  • une traversée descendante de la couche 2 sous l'angle \theta_2, sur une distance h_2/\cos\theta_2 (déport horizontal h_2\tan\theta_2) ;
  • un parcours horizontal le long de l'interface 2/3 à la célérité c_3 sur une distance x - 2(h_1\tan\theta_1 + h_2\tan\theta_2) ;
  • une remontée symétrique vers la surface à travers les milieux 2 puis 1.

Le temps de parcours total s'écrit donc :

\begin{aligned} T_{H_2}(x) &= 2\frac{h_1}{c_1 \cos\theta_1} + 2\frac{h_2}{c_2 \cos\theta_2} + \frac{x - 2(h_1\tan\theta_1 + h_2\tan\theta_2)}{c_3} \\ &= \frac{x}{c_3} + 2h_1\left(\frac{1}{c_1\cos\theta_1} - \frac{\sin\theta_1}{c_3\cos\theta_1}\right) + 2h_2\left(\frac{1}{c_2\cos\theta_2} - \frac{\sin\theta_2}{c_3\cos\theta_2}\right) \end{aligned}

En utilisant \frac{\sin\theta_1}{c_3} = \frac{\sin^2\theta_1}{c_1} et \frac{\sin\theta_2}{c_3} = \frac{\sin^2\theta_2}{c_2}, il vient :

\frac{1}{c_k\cos\theta_k} - \frac{\sin\theta_k}{c_3\cos\theta_k} = \frac{1 - \sin^2\theta_k}{c_k\cos\theta_k} = \frac{\cos\theta_k}{c_k} = \frac{\sqrt{c_3^2 - c_k^2}}{c_k c_3} \quad (k\in\{1,2\})

Ainsi, le temps de trajet est de la forme :

\boxed{T_{H_2}(x) = \frac{x}{c_3} + \tau_2}

avec le temps d'interception :

\boxed{\tau_2 = \frac{2 h_1 \sqrt{c_3^2 - c_1^2}}{c_1 c_3} + \frac{2 h_2 \sqrt{c_3^2 - c_2^2}}{c_2 c_3}}

4. Tracé qualitatif des hodochrones

Les temps de parcours des trois ondes principales vérifient :

\begin{aligned} T_D(x) &= \frac{x}{c_1} \\ T_{H_1}(x) &= \frac{x}{c_2} + \tau_1 \quad \text{avec} \quad \tau_1 = \frac{2h_1\sqrt{c_2^2 - c_1^2}}{c_1 c_2} \\ T_{H_2}(x) &= \frac{x}{c_3} + \tau_2 \quad \text{avec} \quad \tau_2 > \tau_1 > 0 \end{aligned}

Les pentes successives diminuent (1/c_1 > 1/c_2 > 1/c_3) tandis que les ordonnées à l'origine croissent (0 < \tau_1 < \tau_2).

5. Informations issues de la courbe des premiers temps d'arrivée

La courbe des premières arrivées forme une ligne brisée concave, composée successivement des segments T_D(x) pour x < x_{d1}, T_{H_1}(x) pour x_{d1} < x < x_{d2}, puis T_{H_2}(x) pour x > x_{d2}.

  • La pente de chaque segment donne l'inverse de la vitesse de l'onde dans la couche correspondante (1/c_1, 1/c_2, 1/c_3).
  • Les temps d'interception \tau_1 et \tau_2 (ordonnées à l'origine par extrapolation des segments) permettent de calculer successivement les épaisseurs h_1 et h_2 des différentes strates géologiques.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Lisez attentivement l'énoncé pour traiter toutes les sous-questions et valoriser votre compréhension du problème.

« La question comportait plusieurs sous-questions. À nouveau, le jury recommande aux candidats de lire attentivement l’énoncé pour répondre à toutes les questions. Cette question a permis de valoriser les candidats ayant bien compris la problématique. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : réfraction sismique, zone d'ombre

Qualitativement, que se passe-t-il si la couche 2 est une zone de basse vitesse, c'est-à-dire si ? Quels sont les rayons qui existent ? En déduire alors la (ou les) limite(s) principale(s) de cette méthode.

Voir l'indice

Analyser le comportement d'un rayon entrant dans un milieu plus lent (c_2 < c_1) : il se rapproche de la normale et ne peut pas subir de réfraction critique le long de l'interface supérieure de cette couche.

Voir la stratégie
  1. Analyser la loi de Snell-Descartes à l'interface 1/2 où la vitesse diminue (c_2 < c_1) pour déterminer si une réfraction critique est possible.
  2. Examiner si une réfraction critique peut néanmoins se produire à l'interface 2/3 où c_3 > c_2.
  3. Recenser les différents types d'ondes existantes et en déduire les limitations fondamentales de la sismique réfraction en présence d'une inversion de vitesse (couche lente).
Voir la réponse courte

Si c_2 < c_1, il n'y a pas d'angle limite à la première interface : la couche lente est masquée aux ondes réfractées.

Voir le corrigé complet

1. Phénomène à l'interface 1/2 (c_2 < c_1) :
D'après la loi de Snell-Descartes appliquée à l'interface 1/2 :

\sin i_2 = \frac{c_2}{c_1} \sin i_1

Puisque c_2 < c_1, le rayon réfracté se rapproche de la normale (i_2 < i_1). Pour obtenir une réfraction critique le long de l'interface (i_2 = \pi/2), il faudrait :

\sin i_1 = \frac{c_1}{c_2} > 1

ce qui est physiquement impossible. Par conséquent, il ne peut pas se former d'onde réfractée critique (onde conique de tête) le long de l'interface 1/2.

2. Rayons qui existent :

  • L'onde directe D, se propageant en surface à la célérité c_1.
  • Les ondes réfléchies R_1 (à l'interface 1/2) et R_2 (à l'interface 2/3).
  • L'onde réfractée critique à l'interface 2/3 : en effet, pour i_2 = i_{\ell(2/3)} = \arcsin(c_2/c_3), l'angle d'incidence i_1 dans la couche 1 vérifie :

    \sin i_1 = \frac{c_1}{c_3} < 1 \quad (\text{car } c_1 < c_3)

    Cet angle existe, si bien qu'un rayon réfracté critique peut glisser le long de l'interface 2/3 à la vitesse c_3 et remonter vers la surface.

  • En revanche, l'onde réfractée critique à l'interface 1/2 n'existe pas.

3. Limite(s) principale(s) de la méthode :

\boxed{\text{La méthode de réfraction sismique exige une vitesse strictement croissante avec la profondeur : } c_1 < c_2 < c_3 < \dots}

Les conséquences et limites associées sont :

  • Problème de la couche cachée (hidden layer ou low-velocity zone) : la couche 2 ne générant aucune onde de tête, elle n'apparaît sur aucun segment de la dromochronique des premières arrivées. Sa célérité c_2 et son épaisseur h_2 demeurent totalement indétectables par cette méthode.
  • Erreur sur la profondeur des interfaces profondes : en ignorant l'existence de cette zone de basse vitesse ou en supposant une augmentation monotone de la vitesse, le calcul de la profondeur de l'interface 2/3 est systématiquement surestimé.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question peu traitée qui demandait une bonne compréhension des principes de la réfraction sismique.

« De la même façon, cette question nécessitait d’avoir bien compris les enjeux de la réfraction sismique. Elle a été peu traitée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Partie IV : Détection des ondes sismiques : principe du géophone

IV.A · Sismomètre mécanique

Question 35

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre mécanique, force de rappel élastique

Déterminer la position d'équilibre de la masse au repos sans secousse du sol.

Voir l'indice

Écrire l'équilibre statique de la masse sous l'action de son poids et de la tension du ressort suspendu au bâti fixe.

Voir la stratégie
  1. Choisir pour système la masse m, assimilée à un point matériel, dans le référentiel du bâti (qui coïncide avec le référentiel terrestre en l'absence de secousse du sol, supposé galiléen).
  2. Faire le bilan des forces appliquées à la masse à l'équilibre et exprimer la force de rappel élastique en fonction de la géométrie définie sur la figure 12.
  3. Écrire la condition d'équilibre statique selon l'axe vertical ascendant (Oz) pour en déduire la cote z_{\text{eq}}.
Voir la réponse courte

Équilibre statique entre pesanteur et rappel du ressort : z_{\text{eq}} = \ell_0 + \frac{mg}{k}.

Voir le corrigé complet

On étudie la masse m dans le référentiel du bâti, fixe par rapport au sol en l'absence de secousse sismique. D'après la figure 12, l'axe vertical (Oz) est orienté vers le haut, l'origine z = 0 correspond au bas du bâti et le point d'attache supérieur du ressort (plafond du bâti) est situé à la cote z = L.

À l'équilibre au repos, la vitesse relative est nulle, donc la force d'amortissement visqueux s'annule : \vec{f}_v = \vec{0}. Les forces appliquées à la masse m sont :

  • son poids :

    \vec{P} = -m g \, \vec{e}_z
  • la tension du ressort, dont la longueur à l'équilibre est \ell_{\text{eq}} = L - z_{\text{eq}} :

    \vec{T} = k (\ell_{\text{eq}} - \ell_0) \, \vec{e}_z = k (L - z_{\text{eq}} - \ell_0) \, \vec{e}_z

À l'équilibre, le principe fondamental de la dynamique se réduit à la condition d'équilibre statique :

\vec{P} + \vec{T} = \vec{0}

En projetant sur le vecteur unitaire vertical ascendant \vec{e}_z :

- m g + k (L - z_{\text{eq}} - \ell_0) = 0

Il vient ainsi :

\boxed{z_{\text{eq}} = L - \ell_0 - \frac{mg}{k}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question classique sur les référentiels, correctement traitée par une bonne partie des candidats.

« Cette question est assez classique mais dans une situation un peu compliquée en terme de référentiel. Une bonne partie des candidats a correctement traitée cette question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 36

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : force d'inertie d'entraînement, oscillateur harmonique

Établir l'équation du mouvement à laquelle obéit , et en déduire celle pour .

Voir l'indice

Écrire le PFD dans le référentiel terrestre galiléen pour la masse m, puis substituer z_m(t) = z(t) + x(t) pour obtenir l'équation différentielle relative dans le bâti.

Voir la réponse courte

PFD dans le référentiel du sol accéléré avec la force d'inertie d'entraînement -m\ddot{X}.

Voir le corrigé complet

On étudie la masse m dans le référentiel terrestre \mathcal{R}_{\text{T}}, supposé galiléen pour la durée de l'expérience, muni de l'axe vertical (Oz) orienté vers le haut de vecteur unitaire \vec{e}_z.

D'après l'énoncé et la figure 13 :

  • La position de la masse dans le référentiel terrestre s'écrit z_{\text{ter}}(t) = z_{\text{eq}} + z_m(t). Son accélération est donc :

    \vec{a}(m/\mathcal{R}_{\text{T}}) = \frac{\mathrm{d}^2 z_m}{\mathrm{d}t^2} \vec{e}_z.
  • Le bâti subit un déplacement x(t) par rapport au sol ; le point d'attache supérieur du ressort se situe à l'altitude L + x(t). La longueur instantanée du ressort vaut :

    \ell(t) = [L + x(t)] - [z_{\text{eq}} + z_m(t)] = (L - z_{\text{eq}}) - (z_m(t) - x(t)).

    En utilisant la relation d'équilibre de la question précédente, L - z_{\text{eq}} = \ell_0 + \frac{mg}{k}, l'allongement s'exprime par :

    \ell(t) - \ell_0 = \frac{mg}{k} - (z_m(t) - x(t)).

    La force de rappel exercée par le ressort sur la masse s'écrit donc :

    \vec{F}_{\text{él}} = k(\ell(t) - \ell_0)\vec{e}_z = \left[mg - k(z_m(t) - x(t))\right]\vec{e}_z.
  • Le poids est \vec{P} = -mg\vec{e}_z.
  • La force d'amortissement visqueux dépend de la vitesse de la masse dans le bâti, v_m(t) = \dot{z}_m(t) - \dot{x}(t) :

    \vec{f}_v = -\alpha (\dot{z}_m(t) - \dot{x}(t))\vec{e}_z.

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à la masse dans le référentiel terrestre galiléen donne :

m \frac{\mathrm{d}^2 z_m}{\mathrm{d}t^2}\vec{e}_z = \vec{P} + \vec{F}_{\text{él}} + \vec{f}_v.

En projetant sur l'axe (Oz) :

m \frac{\mathrm{d}^2 z_m}{\mathrm{d}t^2} = -mg + mg - k(z_m - x) - \alpha\left(\frac{\mathrm{d}z_m}{\mathrm{d}t} - \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\right),

d'où l'équation différentielle satisfaite par z_m(t) :

\boxed{m \frac{\mathrm{d}^2 z_m}{\mathrm{d}t^2} + \alpha \frac{\mathrm{d}z_m}{\mathrm{d}t} + k z_m(t) = \alpha \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + k x(t)}

Par définition du repérage relatif lié au bâti, on a la relation géométrique :

z_m(t) = z(t) + x(t).

En dérivant par rapport au temps, \dot{z}_m = \dot{z} + \dot{x} et \ddot{z}_m = \ddot{z} + \ddot{x}. En reportant ces relations dans l'équation du mouvement précédente, on obtient :

m\left(\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}\right) + \alpha\left(\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}\right) + k(z + x) = \alpha \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t} + k x,

ce qui conduit après simplification à :

\boxed{m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k z(t) = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Présentez systématiquement un schéma, le bilan des forces et le référentiel pour fiabiliser la mise en équation.

« Le jury déplore qu’une grande partie des candidats ne proposait aucun schéma, aucun bilan des forces, aucune discussion sur le référentiel, etc, avec pour conséquence fréquente des erreurs dans l’équation finale du mouvement. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fonction de transfert, diagramme de bode

Établir l'expression de la fonction de transfert du sismomètre en déplacement sous forme canonique en fonction de et . Tracer qualitativement le diagramme de BODE en amplitude de la fonction de transfert , en supposant que le facteur de qualité vaut . On se limitera aux comportements asymptotiques de la fonction de transfert pour le tracé du diagramme. Dans les différentes gammes de fréquences, à quelle grandeur physique (déplacement, vitesse ou accélération) le déplacement est-il proportionnel ? Préciser ainsi la nature du capteur dans les différents régimes (capteur de déplacement, capteur de vitesse, accéléromètre).

Voir l'indice

Passer en régime sinusoïdal forcé dans l'équation différentielle de z(t) avec l'excitation d'inertie -m\ddot{x} et identifier le comportement asymptotique selon les gammes de pulsations.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation différentielle relative obtenue à la question Q36 et passer en notation complexe en régime sinusoïdal forcé.
  2. Exprimer \underline{H}_d^m = \frac{\underline{Z}}{\underline{X}} et factoriser par \omega_0^2 au dénominateur pour faire apparaître les paramètres canoniques \frac{\omega}{\omega_0} et Q.
  3. Tracer le diagramme de Bode asymptotique en amplitude (pente +40\text{ dB/décade} puis asymptote horizontale à 0\text{ dB}).
  4. Relier \underline{Z} aux grandeurs associées au mouvement du sol (\underline{X}, j\omega\underline{X} et -\omega^2\underline{X}) selon la gamme de pulsations considérée.
Voir la réponse courte

Filtre passe-haut d'ordre 2 : accéléromètre en basse fréquence, capteur de déplacement en haute fréquence.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation du mouvement relatif établie à la question Q36 :

m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k z = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}.

En régime sinusoïdal forcé, en adoptant les représentations complexes \underline{z}(t) = \underline{Z}\mathrm{e}^{j\omega t} et \underline{x}(t) = \underline{X}\mathrm{e}^{j\omega t}, les dérivées temporelles se traduisent par une multiplication par j\omega :

\left(-m\omega^2 + j\alpha\omega + k\right) \underline{Z} = m\omega^2 \underline{X}.

En divisant par la masse m, et en introduisant la pulsation propre \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}} et le facteur de qualité Q = \frac{m\omega_0}{\alpha} (soit \frac{\alpha}{m} = \frac{\omega_0}{Q}) :

\left(\omega_0^2 - \omega^2 + j\frac{\omega_0\omega}{Q}\right) \underline{Z} = \omega^2 \underline{X}.

On en déduit la fonction de transfert en déplacement :

\underline{H}_d^m = \frac{\underline{Z}}{\underline{X}} = \frac{\omega^2}{\omega_0^2 - \omega^2 + j\frac{\omega_0\omega}{Q}}.

En divisant le numérateur et le dénominateur par \omega_0^2, on obtient la forme canonique d'un filtre passe-haut du second ordre :

\boxed{\underline{H}_d^m = \frac{\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2}{1 - \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 + j\frac{1}{Q}\frac{\omega}{\omega_0}}}

Comportement asymptotique et tracé du diagramme de Bode en amplitude : Le gain en décibels est G_{\mathrm{dB}} = 20\log_{10}|\underline{H}_d^m|.

  • À basse fréquence (\omega \ll \omega_0) :

    \underline{H}_d^m \underset{\omega \ll \omega_0}{\simeq} \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 \implies G_{\mathrm{dB}} \simeq 40\log_{10}\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right).

    L'asymptote est une droite de pente +40\text{ dB/décade}.

  • À haute fréquence (\omega \gg \omega_0) :

    \underline{H}_d^m \underset{\omega \gg \omega_0}{\simeq} -1 \implies |\underline{H}_d^m| \to 1 \implies G_{\mathrm{dB}} \simeq 0\text{ dB}.

    L'asymptote est horizontale à 0\text{ dB}.

  • À la pulsation propre (\omega = \omega_0) :

    |\underline{H}_d^m(j\omega_0)| = \frac{1}{|j/Q|} = Q = \frac{1}{\sqrt{2}} \implies G_{\mathrm{dB}}(\omega_0) = -3\text{ dB}.

Nature du capteur selon les domaines de fréquence :

  • Basses fréquences (\omega \ll \omega_0) :

    \underline{Z} \simeq \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 \underline{X} = -\frac{1}{\omega_0^2} \left(-\omega^2\underline{X}\right).

    L'accélération du sol étant \underline{A} = -\omega^2\underline{X}, le déplacement relatif est proportionnel à l'accélération : le dispositif fonctionne en accéléromètre.

  • Fréquences intermédiaires (\omega \approx \omega_0) : Le terme d'amortissement domine au dénominateur :

    \underline{Z} \simeq \frac{(\omega/\omega_0)^2}{j\frac{\omega}{Q\omega_0}} \underline{X} = -j\frac{Q}{\omega_0}\left(j\omega\underline{X}\right).

    La vitesse du sol étant \underline{V} = j\omega\underline{X}, le déplacement relatif est proportionnel à la vitesse : le dispositif fonctionne en capteur de vitesse (vélocimètre).

  • Hautes fréquences (\omega \gg \omega_0) :

    \underline{Z} \simeq -\underline{X} \implies z(t) \simeq -x(t).

    La masse reste immobile dans le référentiel terrestre par inertie ; le déplacement relatif mesure directement le déplacement du sol : le dispositif fonctionne en capteur de déplacement (sismomètre au sens strict).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

N'arrangez pas artificiellement vos calculs et complétez soigneusement vos diagrammes de Bode avec les axes et valeurs clés.

« La plupart des candidats ont réussi à retomber sur la bonne fonction de transfert, malheureusement parfois à l’aide d’arrangements discutables avec leur résultat précédent erroné. »

« Le jury a apprécié les diagrammes de Bode en amplitude correctement annotés et a déploré ceux pour lesquels certaines informations essentielles sont manquantes (axes, valeurs caractéristiques, etc). »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : accéléromètre, résolution

À très basses fréquences, donner l'expression approchée de l'équation du mouvement. En supposant que la résolution d'un appareil de mesure lié au sismomètre est , en déduire quelle est l'accélération minimale que le sismomètre peut résoudre. Comment choisir les paramètres de la pulsation propre du système pour optimiser cette résolution ?

Voir l'indice

Prendre la limite \omega \ll \omega_0 de l'équation du mouvement pour relier directement le déplacement relatif z(t) à l'accélération absolue \ddot{x}(t).

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation différentielle régissant le déplacement relatif z(t) établie à la question Q36 et effectuer une analyse d'ordre de grandeur à basse fréquence (\omega \ll \omega_0).
  2. Exprimer le lien entre l'accélération du sol et le déplacement relatif pour en déduire l'accélération minimale détectable connaissant la résolution spatiale \Delta z.
  3. Discuter des paramètres m et k intervenant dans \omega_0 = \sqrt{k/m} pour minimiser ce seuil de détection.
Voir la réponse courte

À basse fréquence z \simeq -\frac{\ddot{X}}{\omega_0^2}, d'où a_{\min} = \omega_0^2 \Delta z : minimiser \omega_0 pour optimiser la sensibilité.

Voir le corrigé complet

L'équation du mouvement relatif de la masse dans le référentiel lié au bâti s'écrit (d'après la question Q36) :

\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\omega_0}{Q}\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 z = -\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}

À très basses fréquences (\omega \ll \omega_0), pour une sollicitation harmonique de pulsation \omega, les termes dérivées temporelles sont d'ordres de grandeur respectifs :

\left|\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2}\right| \sim \omega^2 |z| \ll \omega_0^2 |z| \quad \text{et} \quad \left|\frac{\omega_0}{Q}\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\right| \sim \frac{\omega \omega_0}{Q} |z| \ll \omega_0^2 |z|

Ces deux termes sont donc négligeables devant le terme de rappel élastique \omega_0^2 z. L'équation du mouvement approchée s'écrit donc :

\boxed{\omega_0^2 z(t) \simeq -\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}} \quad \text{soit} \quad \boxed{k\,z(t) \simeq -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}}

En notant a(t) = \left|\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}\right| l'accélération du bâti, on a |z(t)| \simeq \frac{a(t)}{\omega_0^2}.

Si l'appareil de mesure possède une résolution en déplacement notée \Delta z, la plus petite variation de déplacement mesurable est \Delta z. L'accélération minimale a_{\min} que le sismomètre peut résoudre vaut donc :

\boxed{a_{\min} = \omega_0^2 \Delta z = \frac{k}{m}\Delta z}

Optimiser la résolution consiste à pouvoir détecter l'accélération la plus faible possible, c'est-à-dire à rendre a_{\min} minimal. Comme \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}, il faut choisir :

  • une pulsation propre \omega_0 la plus faible possible ;
  • ce qui implique de choisir une masse m importante et une faible constante de raideur k (suspension très souple).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question était généralement bien traitée dès lors que les résultats des questions précédentes étaient acquis.

« Cette question était usuellement correctement traitée si les questions précédentes l’étaient. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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IV.B · Fonctionnement du géophone

Question 39

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de lorentz, loi de faraday

Lorsque la tige est mise en mouvement au passage d'un séisme, expliquer pourquoi le circuit électrique, représenté sur la figure 15, est le siège d'un courant électrique. Rappeler le phénomène physique exploité par ce système.

Voir l'indice

Le déplacement de la barre conductrice dans le champ magnétique permanent fait varier le flux magnétique coupé à travers le circuit fermé (induction de Lorentz).

Voir la réponse courte

Déplacement du conducteur dans le champ magnétique constant créant une f.é.m. d'induction motionnelle (force de Lorentz).

Voir le corrigé complet

Le phénomène physique exploité par ce système est l'induction électromagnétique (plus précisément l'induction motionnelle ou de Lorentz, correspondant à un circuit déformable ou mobile dans un champ magnétique stationnaire).

L'apparition du courant électrique s'explique selon deux points de vue équivalents :

  • Point de vue macroscopique (loi de Faraday) : Au passage de l'onde sismique, la barre est mise en mouvement relativement au bâti avec une vitesse \dot{z}(t)\,\vec{e}_z. L'aire \mathcal{S}(t) délimitée par le circuit fermé (constitué de la barre mobile, des rails et de la résistance R) varie au cours du temps. Le champ magnétique \vec{B}_0 étant stationnaire et uniforme, le flux magnétique à travers le circuit,

    \Phi(t) = \iint_{\mathcal{S}(t)} \vec{B}_0 \cdot \mathrm{d}\vec{S},

    dépend du temps car la surface d'intégration varie. D'après la loi de Faraday, cette variation temporelle de flux donne naissance à une force électromotrice induite :

    e(t) = -\frac{\mathrm{d}\Phi}{\mathrm{d}t}.

    Le circuit étant fermé sur la résistance R, cette f.é.m. engendre la circulation d'un courant induit i(t).

  • Point de vue microscopique (force de Lorentz) : Dans la barre mobile, les porteurs de charge libres (de charge q) sont animés d'une vitesse d'entraînement macroscopique non nulle selon l'axe vertical (Oz). Ils sont ainsi soumis à la force magnétique de Lorentz :

    \vec{F}_{\mathrm{mag}} = q\,\vec{v} \wedge \vec{B}_0.

    Comme \vec{v} est selon \vec{e}_z et \vec{B}_0 selon \vec{e}_x, cette force est dirigée le long de la barre mobile selon \vec{e}_y (\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x = \vec{e}_y), ce qui induit un déplacement de charges le long de la barre : c'est l'origine du champ électromoteur de Lorentz \vec{E}_m = \vec{v} \wedge \vec{B}_0.

\boxed{\text{Le phénomène exploité est l'induction électromagnétique (induction de Lorentz).}}

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : force de laplace, couplage électromécanique

Établir les équations mécanique et électrique décrivant le système. On note la résistance équivalente du circuit, la f.e.m d'induction, on néglige son inductance propre et on pose .

Voir l'indice

Calculer la fem induite par la règle du flux coupé e(t) = \ell B_0 \dot{z}, en déduire le courant i = e/R, puis exprimer la force de freinage de Laplace correspondante dans le PFD.

Voir la réponse courte

Loi des mailles e = R i avec e = -\sigma\dot{z} et force de Laplace freinante ajoutée à l'équation mécanique.

Voir le corrigé complet

1. Équation électrique

Considérons le circuit formé par les deux rails verticaux, la barre mobile horizontale de longueur \ell à la cote z(t) et la branche inférieure contenant la résistance R. Dans le référentiel lié au bâti, le champ magnétique appliqué \vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_x est stationnaire et uniforme. La tige mobile se déplace à la vitesse relative :

\vec{v} = \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\vec{e}_z

Le champ électromoteur de Lorentz au sein de la tige vaut :

\vec{E}_m = \vec{v} \wedge \vec{B}_0 = \left(\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\vec{e}_z\right) \wedge (B_0 \vec{e}_x) = B_0 \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} \vec{e}_y

D'après la figure 15, le courant i(t) descend dans la branche droite, traverse le fond de droite à gauche, remonte le rail gauche et traverse la barre mobile de gauche à droite selon +\vec{e}_y. La force électromotrice d'induction de Lorentz s'exprime donc par circulation de \vec{E}_m le long de la barre :

e(t) = \int_0^\ell \vec{E}_m \cdot (\mathrm{d}y\,\vec{e}_y) = B_0 \ell \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} = \sigma \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}

En négligeant l'auto-inductance du circuit, la loi d'Ohm (ou loi des mailles) s'écrit directement :

\boxed{ e(t) = R\,i(t) \quad \text{soit} \quad R\,i(t) = \sigma \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} }

2. Équation mécanique

On applique le principe fondamental de la dynamique à la tige mobile de masse m dans le référentiel non galiléen lié au bâti. Le mouvement est repéré par son écart à l'équilibre z(t) le long de l'axe vertical (Oz). Les actions exercées sur la barre sont :

  • la résultante du poids et de la force de rappel élastique : -k\,z(t)\,\vec{e}_z (d'après l'étude à la question Q36) ;
  • la force de frottement fluide visqueux : \vec{f}_v = -\alpha \dfrac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\vec{e}_z ;
  • la force d'inertie d'entraînement due à l'accélération du sol : \vec{f}_{ie} = -m \dfrac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}\vec{e}_z ;
  • la force de Laplace exercée sur la tige parcourue par le courant i(t)\vec{e}_y dans le champ \vec{B}_0 :

    \vec{F}_L = (i \ell \vec{e}_y) \wedge (B_0 \vec{e}_x) = - i \ell B_0 \vec{e}_z = -\sigma\,i(t)\,\vec{e}_z

En projetant la relation fondamentale de la dynamique sur l'axe (Oz), on obtient :

m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} = -k\,z - \alpha \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} - \sigma\,i(t) - m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}

soit finalement :

\boxed{ m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k\,z(t) + \sigma\,i(t) = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question généralement bien traitée, malgré quelques erreurs de signe.

« Cette question a été usuellement assez bien traitée malgré quelques erreurs de signes. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 41

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : facteur de qualité, régime critique

Déterminer l'expression du facteur de qualité du géophone. On pourra noter . Proposer un protocole pour accorder le géophone tel que le système obéisse à un régime critique. Justifier le choix d'un tel régime.

Voir l'indice

Mettre l'équation différentielle du second ordre sous forme canonique pour identifier le coefficient d'amortissement global \alpha' et poser la condition critique \widetilde{Q} = 1/2.

Voir la stratégie
  1. Identifier la forme canonique de l'équation différentielle du second ordre obtenue à la question précédente pour en déduire l'expression de \widetilde{Q}.
  2. Définir la condition du régime critique (\widetilde{Q} = 1/2) et proposer un protocole expérimental basé sur le réglage de la résistance R.
  3. Justifier l'intérêt physique du régime critique pour un sismomètre (temps de réponse minimal sans oscillations parasites).
Voir la réponse courte

Réglage de R pour atteindre le facteur de qualité critique \widetilde{Q} = 1/2, garantissant le temps de réponse le plus bref sans oscillation.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q40, l'équation différentielle régissant le mouvement relatif z(t) s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha' \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k z = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} \quad \text{avec} \quad \alpha' = \alpha + \frac{\sigma^2}{R}

En divisant par la masse m, on met l'équation sous la forme canonique :

\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\omega_0}{\widetilde{Q}} \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 z = -\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}

où \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}} est la pulsation propre mécanique. Par identification du coefficient d'amortissement, on obtient :

\frac{\omega_0}{\widetilde{Q}} = \frac{\alpha'}{m} = \frac{\alpha + \dfrac{\sigma^2}{R}}{m}

Le facteur de qualité \widetilde{Q} du géophone s'exprime donc par :

\boxed{\widetilde{Q} = \frac{m \omega_0}{\alpha'} = \frac{m \omega_0}{\alpha + \dfrac{\sigma^2}{R}}}

On remarque que \frac{1}{\widetilde{Q}} = \frac{1}{Q} + \frac{\sigma^2}{R m \omega_0} : l'amortissement électromagnétique s'ajoute à l'amortissement visqueux mécanique et abaisse le facteur de qualité.

Protocole d'accordement en régime critique : Le régime critique correspond à :

\widetilde{Q} = \frac{1}{2} \iff \alpha + \frac{\sigma^2}{R_c} = 2 m \omega_0 = 2\sqrt{km} \iff R_c = \frac{\sigma^2}{2 m \omega_0 - \alpha}

(en supposant les frottements mécaniques suffisamment faibles pour que \alpha < 2m\omega_0). Pour accorder le géophone :

  1. On remplace la résistance de charge R par une résistance variable (boîte à décades de résistances ou potentiomètre) connectée aux bornes de la bobine.
  2. On écarte la masse de sa position d'équilibre (ou on applique une impulsion de déplacement) en l'absence d'onde sismique (x(t) = 0), et on enregistre l'évolution temporelle de z(t) ou de la tension e(t) à l'oscilloscope ou via une interface d'acquisition.
  3. Pour une résistance R élevée, l'amortissement est faible (\widetilde{Q} > 1/2) : la réponse est pseudo-périodique (oscillante). En diminuant R, on augmente l'amortissement de Laplace.
  4. On ajuste R jusqu'à atteindre la valeur limite R_c pour laquelle la réponse transitoire retourne le plus rapidement possible à zéro sans osciller ni dépasser la position d'équilibre.

Justification du choix du régime critique :

  • En régime sous-critique (\widetilde{Q} > 1/2), l'appareil oscille à sa pulsation propre lors d'une secousse brève, créant des signaux parasites (« résonance ») qui masquent la forme d'onde réelle du séisme.
  • En régime apériodique surmouvementé (\widetilde{Q} < 1/2), le système est trop freiné, ce qui allonge le temps de réponse et atténue fortement la sensibilité dynamique.
  • Le régime critique (\widetilde{Q} = 1/2) offre le temps de réponse le plus court possible sans dépassement ni oscillations, assurant un enregistrement fidèle des trains d'ondes sismiques successifs.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question était souvent réussie si la précédente l'était, mais les protocoles proposés manquaient souvent de pertinence.

« Usuellement réussie si la question précédente l’a été même si les protocoles proposés n’étaient pas toujours pertinents. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 42

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : fonction de transfert, vélocimètre

Sachant qu'on mesure la tension aux bornes de la résistance et qu'on se place en régime sinusoïdal forcé, déterminer la nouvelle fonction de transfert liée au déplacement du bâti . On exprimera le résultat en fonction de , et . Donner la grandeur physique mesurée par ce capteur dans la gamme des hautes fréquences. Identifier ses limites d'utilisation.

Voir l'indice

Exprimer la tension mesurée e(t) = \sigma \dot{z}(t) en complexe via \underline{E} = j\omega\sigma \underline{Z}, puis substituer la fonction de transfert en déplacement trouvée précédemment.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la tension mesurée \underline{E} en fonction de la coordonnée relative \underline{Z} à l'aide de l'équation électrique établie à la question Q40.
  2. Utiliser la fonction de transfert mécanique établie à la question Q37, en y substituant le facteur de qualité effectif \widetilde{Q} issu de la question Q41, pour obtenir \underline{H}_d^e = \underline{E}/\underline{X}.
  3. Étudier le comportement asymptotique à haute fréquence (\omega \gg \omega_0) pour identifier la grandeur mesurée et discuter les limites du dispositif.
Voir la réponse courte

Multiplication par j\omega\sigma : le capteur se comporte comme un vélocimètre en haute fréquence (\underline{E} \propto -j\omega\underline{X}).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation électrique obtenue à la question Q40, la tension aux bornes de la résistance R est égale à la force électromotrice induite :

e(t) = \sigma \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}

En notation complexe, en régime sinusoïdal forcé à la pulsation \omega, cette relation devient :

\underline{E} = j \omega \sigma \underline{Z}

Par ailleurs, l'équation différentielle mécanique établie à la question Q40 avec le frottement effectif \alpha' = \alpha + \frac{\sigma^2}{R} s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\omega_0}{\widetilde{Q}} \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 z = -\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}

Elle conduit, par passage aux grandeurs complexes et analogie directe avec la question Q37, à :

\underline{Z} = \frac{\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2}{1 - \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 + j \frac{1}{\widetilde{Q}}\frac{\omega}{\omega_0}}\,\underline{X}

En substituant cette expression dans celle de \underline{E}, on obtient la fonction de transfert :

\underline{H}_d^e = \frac{\underline{E}}{\underline{X}} = j \omega \sigma \frac{\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2}{1 - \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 + j \frac{1}{\widetilde{Q}}\frac{\omega}{\omega_0}}

ce qui peut se mettre sous forme canonique en faisant apparaître le préfacteur dimensionnel \sigma \omega_0 :

\boxed{\underline{H}_d^e = \frac{j \sigma \omega_0 \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^3}{1 - \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 + j \frac{1}{\widetilde{Q}}\frac{\omega}{\omega_0}}}

Comportement à hautes fréquences (\omega \gg \omega_0) :

Au dénominateur, le terme d'ordre le plus élevé -\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2 devient prépondérant :

\underline{H}_d^e \underset{\omega \gg \omega_0}{\sim} \frac{j \sigma \omega_0 \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^3}{-\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^2} = -j\sigma\omega

Il s'ensuit que :

\underline{E} \simeq -\sigma (j\omega \underline{X}) = -\sigma \underline{V}

où \underline{V} = j\omega \underline{X} est la vitesse complexe du sol (ou du bâti). Dans le domaine temporel, la tension mesurée est :

e(t) \simeq -\sigma \frac{\mathrm{d}x}{\mathrm{d}t}(t) = -\sigma\,v_{\text{bâti}}(t)

Dans la gamme des hautes fréquences (\omega \gg \omega_0), le géophone fonctionne ainsi en capteur de vitesse (vélocimètre) du sol.

Limites d'utilisation du capteur :

  • Coupure basse fréquence : Pour \omega \ll \omega_0, le gain s'effondre en \omega^3 (ou \omega^2 vis-à-vis de la vitesse). Le capteur est donc insensible aux mouvements lents ou continus (séismes à très longue période, dérives tectoniques).
  • Non-linéarités et saturation mécanique : Pour des secousses sismiques de forte amplitude, le débattement de la masse devient important, ce qui fait sortir le ressort de son domaine d'élasticité linéaire (voire entraîne des butées mécaniques).
  • Limitations à très haute fréquence : L'inductance propre de la bobine (négligée ici) introduit une impédance jL\omega parasite qui réduit le courant et déforme la bande passante ; des résonances mécaniques parasites du ressort et des bruits ambiants (trafic routier) risquent en outre de saturer la mesure.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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IV.C · Géophone asservi en force

Question 43

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, TSI1

Notions : couplage électromécanique, force de laplace

Déterminer l'équation du mouvement de la barre mobile du géophone asservi en force.

Voir l'indice

Ajouter au PFD régissant le mouvement relatif de la tige la force de Laplace \vec{F} = -\sigma I\,\vec{e}_z développée par le second rail de commande.

Voir la stratégie
  1. Définir le système (l'ensemble mobile des deux barres rigidement liées, de masse m), le référentiel d'étude (lié au bâti, non galiléen) et le repère direct associé (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z).
  2. Effectuer le bilan des forces appliquées selon l'axe (\mathrm{O}z) : force de rappel élastique, amortissement fluide, force de Laplace d'amortissement induite dans le premier rail, force d'inertie d'entraînement, et force de Laplace motrice créée par le courant I dans le second rail.
  3. Appliquer le principe fondamental de la dynamique en projection sur l'axe du mouvement (\mathrm{O}z).
Voir la réponse courte

PFD incorporant l'action de la force de Laplace d'asservissement en plus des termes précédents.

Voir le corrigé complet

On étudie l'ensemble mobile constitué des deux barres rigidement liées, de masse totale m, dans le référentiel non galiléen lié au bâti du sismomètre, muni du repère orthonormé direct (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) représenté sur la figure 16 :

  • \vec{e}_x est orthogonal au plan de la figure (sortant) ;
  • \vec{e}_y est vertical descendant le long des barres ;
  • \vec{e}_z est horizontal et orienté vers la droite, suivant l'axe de translation de la barre mobile.

Le bilan des actions mécaniques s'exerçant sur l'équipage mobile en projection sur l'axe (\mathrm{O}z) comprend :

  • la force de rappel élastique du ressort :

    \vec{F}_{\text{él}} = -k\,z(t)\,\vec{e}_z
  • la force de frottement fluide mécanique :

    \vec{f}_v = -\alpha\,\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_z
  • la force de Laplace d'amortissement due au premier circuit (détecteur de résistance R) établie à la question Q40 :

    \vec{F}_{L,1} = -\frac{\sigma^2}{R}\,\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\,\vec{e}_z
  • la force d'inertie d'entraînement liée à l'accélération du sol \ddot{x}(t) :

    \vec{f}_{ie} = -m\,\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}\,\vec{e}_z
  • la force de Laplace \vec{F} exercée sur la seconde barre parcourue par le courant imposé I(t) dans le champ \vec{B}_0 = B_0\,\vec{e}_x. D'après le schéma de la figure 16, le courant entre par le haut de la barre mobile et circule dans le sens de \vec{e}_y (\mathrm{d}\vec{\ell} = \mathrm{d}y\,\vec{e}_y) :

    \vec{F} = \int_0^\ell I(t)\,\mathrm{d}y\,\vec{e}_y \wedge B_0\,\vec{e}_x = I(t)\,\ell B_0\,(\vec{e}_y \wedge \vec{e}_x) = -\sigma\,I(t)\,\vec{e}_z

    En notant F(t) = \vec{F}\cdot \vec{e}_z la composante algébrique de cette force de contre-réaction (avec F(t) = -\sigma I(t)), on applique le principe fondamental de la dynamique à l'équipage mobile :

    m\,\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} = -k\,z - \left(\alpha + \frac{\sigma^2}{R}\right)\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} - m\,\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + F(t)

En posant \alpha' = \alpha + \dfrac{\sigma^2}{R}, l'équation différentielle régissant le mouvement relatif z(t) s'écrit :

\boxed{m\,\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha'\,\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k\,z(t) = -m\,\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + F(t)}

soit, en explicitant l'action du courant de commande I(t) :

\boxed{m\,\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha'\,\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k\,z(t) + \sigma\,I(t) = -m\,\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait ajouter la force de Laplace dans l'équation mécanique en prêtant attention à son signe.

« Il s’agissait de rajouter une force de Laplace dans l’équation du mouvement. La difficulté se trouvait dans la détermination du signe, correctement déterminé par certains candidats. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 44

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé

Notions : schéma-bloc, asservissement

Compléter en utilisant , et le système bouclé ci-dessous (figure 17). [Les candidats reproduiront le schéma ci-dessous sur leurs copies.]

Voir l'indice

Fermer la boucle d'asservissement en calculant les fonctions de transfert de chaque bloc élémentaire entre les grandeurs \underline{X}, \underline{Z}, \underline{E}, \underline{I} et \underline{F}.

Voir la stratégie
  1. Identifier les relations physiques liant les différentes variables du système asservi :

    • entre l'effort total appliqué et le déplacement relatif \underline{Z} (équation du mouvement de la barre) ;
    • entre le déplacement relatif \underline{Z} et la force électromotrice induite \underline{E} (loi de Faraday / induction de Lorentz) ;
    • entre la force électromotrice \underline{E} et le courant de commande \underline{I} (loi de commande de l'asservissement) ;
    • entre le courant \underline{I} et la force de Laplace de contre-réaction \underline{F} (actionneur).
  2. En déduire la transmittance de chaque bloc et reproduire le schéma-bloc complété.
Voir la réponse courte

Complétion du schéma-bloc avec la chaîne directe mécanique et la boucle de rétroaction électrique.

Voir le corrigé complet

Relicaitons les équations régissant les différents sous-systèmes en régime sinusoïdal forcé :

  1. Chaîne directe mécanique : D'après l'équation du mouvement établie à la question Q43 :

    m\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha'\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + kz = -m\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + F(t)

    En régime sinusoïdal forcé, avec \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} \longleftrightarrow -\omega^2 \underline{X}, l'accélération du bâti induit la force d'inertie d'entraînement \underline{F}_{\mathrm{ie}} = -m(-\omega^2 \underline{X}) = m\omega^2 \underline{X}.

    La force totale s'exerçant sur l'oscillateur est donc la somme \underline{F}_{\mathrm{tot}} = -m(-\omega^2 \underline{X}) + \underline{F}. Le déplacement relatif \underline{Z} vérifie alors :

    \left(k - m\omega^2 + j\alpha'\omega\right)\underline{Z} = \underline{F}_{\mathrm{tot}}

    Le premier bloc (fonction de transfert mécanique) a donc pour transmittance :

    \underline{H}_{\mathrm{m\acute{e}ca}}(j\omega) = \frac{1}{k - m\omega^2 + j\alpha'\omega} = \frac{1/m}{\omega_0^2 - \omega^2 + j\frac{\omega\omega_0}{\widetilde{Q}}}
  2. Transducteur de mesure (géophone) : La f.e.m. d'induction s'écrit e(t) = \sigma \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}, d'où en notation complexe :

    \underline{E} = j\sigma\omega\,\underline{Z}

    Le bloc reliant \underline{Z} à \underline{E} a donc pour transmittance :

    \boxed{\sigma j\omega}
  3. Correcteur de l'asservissement : La relation (12) imposée par le circuit d'asservissement est :

    \underline{I} = -\underline{H}(j\omega)\,\underline{E}

    Le bloc reliant \underline{E} à \underline{I} a donc pour transmittance :

    \boxed{-\underline{H}(j\omega)}
  4. Actionneur (second rail de Laplace) : Le courant \underline{I} injecté dans le second rail crée une force de Laplace de rétroaction \vec{F} = -\sigma I(t)\vec{e}_z, soit en complexe \underline{F} = -\sigma \underline{I}. Le bloc de conversion courant-force fermant la boucle de retour a donc pour transmittance :

    \boxed{-\sigma}

On en déduit le schéma-bloc complété :

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question a été abordée indépendamment des autres par plusieurs candidats, avec des succès inégaux.

« Plusieurs copies ont répondu à cette question sans avoir répondu aux autres, avec des fortunes diverses. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 45

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral

Notions : fonction de transfert

Établir l'expression de la fonction de transfert , reliant et .

Voir l'indice

Appliquer la formule de Black (ou faire l'élimination algébrique directe) sur le schéma-bloc bouclé pour expliciter \underline{H}_d = \underline{Z}/\underline{X}.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'équation du mouvement relatif de la masse dans le référentiel du bâti, en tenant compte de la force d'inertie d'entraînement, de l'amortissement total et de la force de contre-réaction \vec{F} exercée par le second rail.
  2. Exprimer \underline{F} en régime sinusoïdal forcé à l'aide de la loi de Laplace et des relations établies à la question précédente : \underline{E} = \sigma \mathrm{j}\omega \underline{Z} et \underline{I} = -\underline{H}(\mathrm{j}\omega)\underline{E}.
  3. Regrouper les termes proportionnels à \underline{Z} et en déduire la fonction de transfert \underline{H}_d = \underline{Z}/\underline{X}.
Voir la réponse courte

Application de la formule de Black ou élimination directe des variables pour obtenir \underline{H}_d.

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel lié au bâti, l'équation régissant le mouvement relatif z(t) de la barre mobile s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha' \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k z = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} + F(t)

où \alpha' = \alpha + \frac{\sigma^2}{R} est le coefficient de frottement effectif incluant l'amortissement électromagnétique du premier rail (question Q41), et F(t)\vec{e}_z est la force de Laplace exercée sur la barre par le second rail.

D'après la géométrie du second rail (figure 16), le champ magnétique vaut \vec{B}_0 = B_0 \vec{e}_x et le courant I circule dans la barre selon -\vec{e}_y. La force de Laplace s'exerçant sur la tige de longueur \ell est :

\vec{F} = I(-\ell\vec{e}_y) \wedge (B_0\vec{e}_x) = \ell B_0 I \,\vec{e}_z = \sigma I \,\vec{e}_z

soit F(t) = \sigma I(t).

En régime sinusoïdal forcé à la pulsation \omega, avec les notations complexes associées, les dérivées temporelles se traduisent par une multiplication par \mathrm{j}\omega, de sorte que l'accélération du sol devient -\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2} \leftrightarrow \omega^2 \underline{X}. En utilisant la relation d'asservissement \underline{I} = -\underline{H}(\mathrm{j}\omega)\underline{E} et la f.e.m. d'induction \underline{E} = \sigma \mathrm{j}\omega \underline{Z}, l'expression complexe de la force \underline{F} devient :

\underline{F} = \sigma \underline{I} = -\sigma \underline{H}(\mathrm{j}\omega)\underline{E} = -\sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega) \underline{Z}

L'équation du mouvement en régime harmonique s'écrit alors :

\left( -m\omega^2 + \mathrm{j}\alpha'\omega + k \right)\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X} - \sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega) \underline{Z}

En transposant le terme de contre-réaction dans le membre de gauche :

\left[ k - m\omega^2 + \mathrm{j}\omega\alpha' + \mathrm{j}\omega \sigma^2 \underline{H}(\mathrm{j}\omega) \right]\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X}

En divisant chaque terme par k = m\omega_0^2 et en introduisant le facteur de qualité \widetilde{Q} = \frac{m\omega_0}{\alpha'}, on obtient la fonction de transfert :

\boxed{\underline{H}_d = \frac{\underline{Z}}{\underline{X}} = \frac{\left(\dfrac{\omega}{\omega_0}\right)^2}{1 - \left(\dfrac{\omega}{\omega_0}\right)^2 + \mathrm{j}\dfrac{1}{\widetilde{Q}}\dfrac{\omega}{\omega_0} + \mathrm{j}\omega \dfrac{\sigma^2}{m\omega_0^2}\underline{H}(\mathrm{j}\omega)}}

qui peut également s'écrire sous forme développée :

\underline{H}_d = \frac{\omega^2}{\omega_0^2 - \omega^2 + \mathrm{j}\dfrac{\omega\omega_0}{\widetilde{Q}} + \mathrm{j}\omega \dfrac{\sigma^2}{m}\underline{H}(\mathrm{j}\omega)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Questions très peu abordées, dont le traitement rigoureux avec une réflexion physique a été vivement apprécié.

« Questions très peu abordées ou alors de manière fantaisiste. Le jury a apprécié les quelques excellentes copies ayant traité correctement ces questions, accompagnées de réflexions intéressantes. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

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Question 46

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : amortissement

Dans le cas où est un gain pur, noté , avec positif, en déduire quelle(s) est(sont) la(les) modification(s) éventuelle(s) sur le comportement du système.

Voir l'indice

Observer que pour un gain statique g_1, la force de contre-réaction est proportionnelle à la vitesse \dot{z} et s'ajoute simplement à l'amortissement visqueux sans modifier \omega_0.

Voir la réponse courte

Un gain proportionnel augmente l'amortissement visqueux équivalent sans modifier la raideur ni la pulsation propre.

Voir le corrigé complet

Lorsque la fonction de transfert du correcteur est un gain pur \underline{H}(\mathrm{j}\omega) = g_1 > 0, la force de contre-réaction s'écrit en régime harmonique :

\underline{F} = - \sigma \underline{I} = \sigma \, g_1 \underline{E} = - g_1 \sigma^2 (\mathrm{j}\omega \underline{Z})

Dans le domaine temporel, cette force correspond à une force d'amortissement visqueux supplémentaire opposée à la vitesse relative de la barre :

F(t) = - g_1 \sigma^2 \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}

L'équation du mouvement relatif de la barre devient :

m \frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \left(\alpha' + g_1 \sigma^2\right) \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + k z = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}

En divisant par m, on obtient :

\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\omega_0}{Q_1} \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 z = -\frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}

avec :

  • la pulsation propre \omega_0 = \sqrt{\dfrac{k}{m}}, qui est inchangée ;
  • un nouveau facteur de qualité Q_1, donné par :

    \boxed{Q_1 = \frac{m\omega_0}{\alpha' + g_1 \sigma^2} = \frac{\widetilde{Q}}{1 + \dfrac{g_1 \sigma^2}{\alpha'}} < \widetilde{Q}}

La fonction de transfert en déplacement conserve la même forme canonique :

\boxed{\underline{H}_d = \frac{\left(\dfrac{\omega}{\omega_0}\right)^2}{1 - \left(\dfrac{\omega}{\omega_0}\right)^2 + \mathrm{j}\dfrac{1}{Q_1}\dfrac{\omega}{\omega_0}}}

Les modifications apportées au comportement du système sont donc :

  1. Augmentation de l'amortissement : le coefficient d'amortissement passe de \alpha' à \alpha_{\text{eff}} = \alpha' + g_1 \sigma^2.
  2. Diminution du facteur de qualité (Q_1 < \widetilde{Q}), ce qui atténue d'autant plus toute résonance éventuelle et raccourcit la durée du régime transitoire.
  3. Contrôle électronique de l'amortissement : le paramètre g_1 permet d'ajuster l'amortissement (par exemple pour atteindre le régime critique Q_1 = 1/2) par voie purement électrique, sans modifier les paramètres mécaniques (m, k, \alpha) ni la résistance de charge R.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Questions très peu abordées, dont le traitement rigoureux avec une réflexion physique a été vivement apprécié.

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Question 47

ExigeanteTemps estimé : ≈ 10 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : asservissement en force, accéléromètre

On utilise l'expression suivante, , avec positif. Quel avantage au niveau de la fréquence propre du système ce correcteur apporte-t-il ? Exprimer la nouvelle fonction de transfert , où on notera . L'objectif de cette correction est une rétroaction en force. En utilisant le schéma-bloc de la figure 17, déterminer l'expression de la force supplémentaire appliquée par le second rail en fonction de , , et . Quelle est la limite basse fréquence de l'expression de cette force en régime dépendant du temps ? Comparer à la force d'inertie d'entrainement. Conclure sur l'utilité de la correction apportée. Si on mesure la tension (notation complexe ) aux bornes de la résistance , quel capteur obtiendrait-on ?

Voir l'indice

Montrer qu'une intégration introduit un terme proportionnel à z(t), équivalent à une raideur magnétique additionnelle augmentant la pulsation propre, et vérifier que la force compense -m\ddot{x}.

Voir la stratégie
  1. Identifier l'effet du terme correcteur \underline{H}(\mathrm{j}\omega) = \frac{g_2}{\mathrm{j}\omega} sur la dynamique du système en examinant la force de rappel équivalente induite.
  2. Exprimer la fonction de transfert \underline{H}_d = \underline{Z}/\underline{X} sous forme canonique du second ordre en introduisant la nouvelle pulsation propre \omega'_0.
  3. Relier la force de Laplace \underline{F} du second rail aux grandeurs demandées à partir du schéma-bloc, puis analyser son comportement asymptotique à basse fréquence pour le confronter à la force d'inertie d'entraînement.
  4. En déduire l'intérêt métrologique de cet asservissement et la nature du capteur issu de la mesure de la tension u(t) = r\,i(t).
Voir la réponse courte

Le retour intégral agit comme une raideur ajoutée, compense la force d'inertie en basse fréquence et donne un accéléromètre asservi.

Voir le corrigé complet

1. Avantage apporté au niveau de la pulsation propre

Avec \underline{H}(\mathrm{j}\omega) = \dfrac{g_2}{\mathrm{j}\omega} (g_2 > 0), la relation (12) donne pour le courant dans le second rail :

\underline{I} = -\underline{H}(\mathrm{j}\omega)\underline{E} = -\frac{g_2}{\mathrm{j}\omega}(\sigma \mathrm{j}\omega \underline{Z}) = -g_2 \sigma \underline{Z}

La force de Laplace exercée par ce second rail sur la barre mobile vaut :

\underline{F} = -\sigma \underline{I} = g_2 \sigma^2 \underline{Z} \quad \text{ou en convention de contre-réaction} \quad \underline{F} = -g_2 \sigma^2 \underline{Z}

Cette force agit comme une force de rappel élastique supplémentaire de raideur équivalente k_{\mathrm{ass}} = g_2 \sigma^2. La raideur totale devient k' = k + g_2 \sigma^2, ce qui augmente la pulsation propre :

\omega'_0 = \sqrt{\frac{k'}{m}} = \sqrt{\omega_0^2 + \frac{g_2 \sigma^2}{m}} > \omega_0

L'avantage est de pouvoir augmenter et ajuster électroniquement la fréquence propre du système (via le gain g_2), sans modifier la suspension mécanique ni imposer un ressort de raideur mécanique trop élevée.

2. Expression de la nouvelle fonction de transfert \underline{H}_d

L'équation du mouvement établie à la question Q43 s'écrit en régime harmonique :

\left(-m\omega^2 + \mathrm{j}\alpha'\omega + k\right)\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X} + \underline{F} = m\omega^2 \underline{X} - g_2 \sigma^2 \underline{Z}

soit :

\left(-m\omega^2 + \mathrm{j}\alpha'\omega + k + g_2 \sigma^2\right)\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X}

En divisant par m et en introduisant \omega'_0 = \sqrt{\omega_0^2 + \dfrac{g_2 \sigma^2}{m}} :

\left({\omega'_0}^2 - \omega^2 + \mathrm{j}\frac{\alpha'}{m}\omega\right)\underline{Z} = \omega^2 \underline{X}

En factorisant par {\omega'_0}^2 et en posant Q' = \dfrac{m\omega'_0}{\alpha'} = \widetilde{Q}\dfrac{\omega'_0}{\omega_0} :

\boxed{\underline{H}_d = \frac{\underline{Z}}{\underline{X}} = \frac{\left(\frac{\omega}{\omega'_0}\right)^2}{1 - \left(\frac{\omega}{\omega'_0}\right)^2 + \mathrm{j}\frac{1}{Q'}\frac{\omega}{\omega'_0}}}

3. Expression de la force supplémentaire \underline{F}

D'après le schéma-bloc de la figure 17 :

\underline{F} = -\sigma \underline{I} = \sigma \underline{H}(\mathrm{j}\omega) \underline{E} = \sigma \frac{g_2}{\mathrm{j}\omega} (\sigma \mathrm{j}\omega \underline{Z}) = -g_2 \sigma^2 \underline{Z}

Comme \underline{Z} = \underline{H}_d \underline{X}, il vient :

\boxed{\underline{F} = -g_2 \sigma^2 \underline{H}_d \underline{X}}

4. Limite basse fréquence et comparaison à la force d'inertie d'entraînement

À basse fréquence (\omega \ll \omega'_0), la fonction de transfert tend vers :

\underline{H}_d \simeq \left(\frac{\omega}{\omega'_0}\right)^2

D'où l'expression de la force :

\underline{F} \simeq -g_2 \sigma^2 \frac{\omega^2}{{\omega'_0}^2} \underline{X} = -\frac{g_2 \sigma^2}{\omega_0^2 + \frac{g_2 \sigma^2}{m}} \omega^2 \underline{X}

Dans le cas d'un asservissement efficace où la raideur électromagnétique domine la raideur mécanique (g_2 \sigma^2 \gg m\omega_0^2 = k), on a {\omega'_0}^2 \simeq \dfrac{g_2 \sigma^2}{m}, ce qui conduit à :

\underline{F} \simeq -m\omega^2 \underline{X}

En revenant au domaine temporel, sachant que -\omega^2 \underline{X} \longleftrightarrow \dfrac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}(t) :

\boxed{F(t) \simeq m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}(t)}

Or, la force d'inertie d'entraînement subie par la masse s'écrit \vec{f}_{ie} = -m \dfrac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}\vec{e}_z, soit en valeur algébrique :

f_{ie}(t) = -m \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}(t)

On constate ainsi que :

\boxed{F(t) \simeq -f_{ie}(t) \quad \Longleftrightarrow \quad \vec{F} + \vec{f}_{ie} \simeq \vec{0}}

5. Utilité de la correction apportée

La force électromagnétique de contre-réaction vient compenser quasi instantanément la force d'inertie d'entraînement. Par conséquent :

  • le déplacement relatif z(t) de la barre mobile reste extrêmement faible (z(t) \approx 0) ;
  • le ressort mécanique ne subit quasiment aucune déformation, ce qui préserve sa linéarité, élimine les effets d'hystérésis et empêche la saturation mécanique même en présence de séismes de forte amplitude.

6. Nature du capteur obtenu par mesure de la tension u(t)

La tension aux bornes de la résistance r est proportionnelle au courant d'asservissement I(t) :

u(t) = r\,I(t) = - \frac{r}{\sigma} F(t) \simeq -\frac{m r}{\sigma} \frac{\mathrm{d}^2 x}{\mathrm{d}t^2}(t)

La tension mesurée étant directement proportionnelle à l'accélération \ddot{x}(t) du sol à basse fréquence, on obtient un accéléromètre asservi (ou accéléromètre à équilibrage de force).

Résultat

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Questions très peu abordées, dont le traitement rigoureux avec une réflexion physique a été vivement apprécié.

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Question 48

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : correcteur pi, asservissement

Au regard des questions précédentes, donner l'expression de permettant d'avoir un contrôle à la fois sur la pulsation propre et sur le facteur de qualité du système. Comment choisir et de manière à compenser la force d'inertie d'entrainement et se situer en même temps en régime critique ?

Voir l'indice

Combiner les corrections proportionnelle et intégrale en un correcteur PI et ajuster séparément g_2 pour la raideur apparente et g_1 pour fixer l'amortissement au régime critique.

Voir la stratégie
  1. Combiner les deux types de correction étudiés en Q46 (gain pur g_1, qui ajuste l'amortissement) et en Q47 (intégrateur \frac{g_2}{\mathrm{j}\omega}, qui ajuste la raideur apparente) pour proposer une fonction de transfert de correction \underline{H}(\mathrm{j}\omega).
  2. Déterminer les expressions de la pulsation propre \omega'_0 et du facteur de qualité effectif Q'' du système bouclé en présence de cette correction mixte.
  3. Exprimer les conditions sur g_2 pour assurer une compensation quasi-totale de la force d'inertie d'entraînement (g_2\sigma^2 \gg k), puis sur g_1 pour fixer le facteur de qualité à la valeur critique Q'' = 1/2.
Voir la réponse courte

Correcteur proportionnel-intégral \underline{H}(j\omega) = g_1 + \frac{g_2}{j\omega} ajustant indépendamment amortissement et pulsation propre.

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q46 et Q47, un terme proportionnel g_1 accroît l'amortissement sans modifier la pulsation propre, tandis qu'un terme en \frac{g_2}{\mathrm{j}\omega} accroît la constante de rappel équivalente (et donc la pulsation propre) sans modifier le coefficient d'amortissement. Pour contrôler indépendamment ces deux paramètres, on choisit une fonction de transfert associant les deux contributions (correcteur proportionnel-intégral PI) :

\boxed{\underline{H}(\mathrm{j}\omega) = g_1 + \frac{g_2}{\mathrm{j}\omega}}

En injectant cette forme dans l'équation de la dynamique établie en Q45 :

\begin{aligned} \left[ -m\omega^2 + \mathrm{j}\omega\alpha' + k - \sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega) \right] \underline{Z} &= m\omega^2 \underline{X} \\ \left[ -m\omega^2 + \mathrm{j}\omega\left(\alpha' + g_1\sigma^2\right) + \left(k + g_2\sigma^2\right) \right] \underline{Z} &= m\omega^2 \underline{X} \end{aligned}

La pulsation propre et le facteur de qualité du système asservi deviennent ainsi :

\omega'_0 = \sqrt{\frac{k + g_2\sigma^2}{m}} = \sqrt{\omega_0^2 + \frac{g_2\sigma^2}{m}} \quad \text{et} \quad Q'' = \frac{m\omega'_0}{\alpha' + g_1\sigma^2}

1. Compensation de la force d'inertie d'entraînement :

À basse fréquence (\omega \ll \omega'_0), le déplacement relatif s'écrit \underline{Z} \simeq \frac{m\omega^2}{k + g_2\sigma^2}\underline{X}. La force de rappel exercée par le second rail est alors :

\underline{F} = \sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega)\underline{Z} \simeq g_2\sigma^2 \underline{Z} \simeq \frac{g_2\sigma^2}{k + g_2\sigma^2}\,m\omega^2\underline{X}

Pour compenser au mieux la force d'inertie d'entraînement \underline{F}_{\mathrm{ie}} = m\omega^2\underline{X} (soit \underline{F} \simeq -\underline{F}_{\mathrm{ie}}), il faut que \frac{g_2\sigma^2}{k + g_2\sigma^2} \simeq 1, ce qui impose de choisir un gain g_2 suffisamment grand :

\boxed{g_2 \sigma^2 \gg k \iff g_2 \gg \frac{k}{\sigma^2}}

Cette condition assure également une réjection quasi-totale du déplacement relatif (\underline{Z} \to 0), maintenant ainsi la suspension au voisinage immédiat de sa position d'équilibre sur une large bande passante.

2. Réalisation du régime critique :

Le système se trouve en régime critique lorsque son facteur de qualité vaut :

Q'' = \frac{1}{2} \iff \alpha' + g_1\sigma^2 = 2m\omega'_0 = 2\sqrt{m(k + g_2\sigma^2)}

On en déduit la valeur que doit prendre g_1 en fonction de g_2 :

\boxed{g_1 = \frac{2\sqrt{m(k + g_2\sigma^2)} - \alpha'}{\sigma^2}}

Dans la limite g_2\sigma^2 \gg k, cette relation se simplifie en g_1 \simeq 2\sqrt{\frac{m g_2}{\sigma^2}} - \frac{\alpha'}{\sigma^2}.

Résultat

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Questions très peu abordées, dont le traitement rigoureux avec une réflexion physique a été vivement apprécié.

« Questions très peu abordées ou alors de manière fantaisiste. Le jury a apprécié les quelques excellentes copies ayant traité correctement ces questions, accompagnées de réflexions intéressantes. »

Source : rapport du jury X-ENS 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 49

ExigeanteTemps estimé : ≈ 12 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction de transfert, diagramme de bode

Exprimer la nouvelle fonction de transfert en vitesse sous la forme

Donner les expressions de en fonction de , et ; de en fonction de , , , et , et enfin de en fonction de , , et . En supposant que , tracer qualitativement le diagramme de BODE en amplitude asymptotique. Quelle est la nature de ce capteur pour ?

Voir l'indice

Injecter le correcteur PID complet dans l'expression de la fonction de transfert en vitesse \underline{H}_v = \underline{Z}/(j\omega\underline{X}), identifier les termes terme à terme au dénominateur et tracer le gabarit passe-bande.

Voir la stratégie
  1. Écrire l'équation du mouvement de la barre dans le référentiel du bâti en régime harmonique, en explicitant soigneusement la force de contre-réaction \underline{F} issue du circuit d'asservissement PID.
  2. Regrouper tous les termes en \underline{Z} au premier membre afin de faire apparaître les contributions effectives de masse, d'amortissement, de rappel élastique et de correction intégrale sans ambiguïté de signe.
  3. Multiplier l'équation par le facteur adéquat pour faire apparaître le terme constant 1 au dénominateur et identifier les pulsations caractéristiques \omega_{01}, \omega_{02} et les coefficients demandés.
  4. Étudier le comportement asymptotique de |\underline{H}_v| dans les trois domaines spectraux (\omega \ll \omega_{01}, \omega_{01} \ll \omega \ll \omega_{02} et \omega \gg \omega_{02}), tracer le diagramme de Bode asymptotique et conclure sur la nature du capteur.
Voir la réponse courte

Identification des paramètres canoniques et tracé asymptotique montrant une zone médiane à gain plat en vitesse (vélocimètre large bande).

Voir le corrigé complet

Dans le référentiel lié au bâti, l'équation du mouvement de la barre mobile (déplacement relatif z(t)) s'écrit :

m\frac{\mathrm{d}^2 z}{\mathrm{d}t^2} + \alpha'\frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t} + kz = f_{ie}(t) + F(t)

où f_{ie}(t) = -m\ddot{x}(t) est la force d'inertie d'entraînement et F(t) = \sigma I(t) est la force de Laplace exercée par le second rail. En régime harmonique, \underline{f}_{ie} = m\omega^2 \underline{X}.

La f.e.m. induite est \underline{E} = \sigma \mathrm{j}\omega \underline{Z}, et le courant imposé par la boucle de contre-réaction vérifie \underline{I} = -\underline{H}(\mathrm{j}\omega)\underline{E}. La force de contre-réaction s'écrit donc :

\underline{F} = \sigma \underline{I} = -\sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega) \underline{Z}

En reportant cette force dans l'équation mécanique et en regroupant les termes en \underline{Z} au membre de gauche :

\left[-m\omega^2 + \mathrm{j}\omega\alpha' + k - \frac{\underline{F}}{\underline{Z}}\right]\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X} \iff \left[-m\omega^2 + \mathrm{j}\omega\alpha' + k + \sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega)\right]\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X}

Avec le correcteur PID \underline{H}(\mathrm{j}\omega) = g_1 + \dfrac{g_2}{\mathrm{j}\omega} + \dfrac{g_3}{(\mathrm{j}\omega)^2}, le terme de contre-réaction se développe en :

\sigma^2 \mathrm{j}\omega \underline{H}(\mathrm{j}\omega) = \mathrm{j}\omega \sigma^2 g_1 + \sigma^2 g_2 + \frac{\sigma^2 g_3}{\mathrm{j}\omega} = \sigma^2 g_2 + \mathrm{j}\omega \sigma^2 g_1 - \mathrm{j}\frac{\sigma^2 g_3}{\omega}

L'équation mécanique harmonique devient alors :

\left[-m\omega^2 + \mathrm{j}\omega(\alpha' + \sigma^2 g_1) + (k + \sigma^2 g_2) - \mathrm{j}\frac{\sigma^2 g_3}{\omega}\right]\underline{Z} = m\omega^2 \underline{X}

Pour obtenir le terme constant égal à 1 au dénominateur conformément à l'expression (13), multiplions cette relation par \dfrac{\mathrm{j}\omega}{\sigma^2 g_3} :

\left[1 + \mathrm{j}\omega \frac{k + \sigma^2 g_2}{\sigma^2 g_3} - \omega^2 \frac{\alpha' + \sigma^2 g_1}{\sigma^2 g_3} - \mathrm{j}\omega^3 \frac{m}{\sigma^2 g_3}\right]\underline{Z} = \frac{m\omega^2}{\sigma^2 g_3} (\mathrm{j}\omega \underline{X})

On en déduit l'expression de la fonction de transfert en vitesse \underline{H}_v = \dfrac{\underline{Z}}{\mathrm{j}\omega \underline{X}} :

\underline{H}_v = \frac{\dfrac{m\omega^2}{\sigma^2 g_3}}{1 + \mathrm{j}\omega \dfrac{k + \sigma^2 g_2}{\sigma^2 g_3} - \omega^2 \dfrac{\alpha' + \sigma^2 g_1}{\sigma^2 g_3} - \mathrm{j}\omega^3 \dfrac{m}{\sigma^2 g_3}}

Par identification directe avec la forme canonique de l'énoncé :

\underline{H}_v = \frac{\dfrac{\omega^2}{\omega_{02}^3}}{1 + \mathrm{j}\dfrac{\omega}{Q'\omega_{01}} - \dfrac{\omega^2}{\omega_{01}^2} - \mathrm{j}\dfrac{\omega^3}{\omega_{02}^3}}
  1. Identification du terme en \omega^3 : \dfrac{1}{\omega_{02}^3} = \dfrac{m}{\sigma^2 g_3}, d'où :

    \boxed{\omega_{02} = \left(\frac{\sigma^2 g_3}{m}\right)^{1/3}}
  2. Identification du terme en \omega^2 : en notant que \dfrac{\alpha'}{m} = \dfrac{\omega_0}{Q} et \dfrac{\sigma^2}{m} = \dfrac{\omega_{02}^3}{g_3}, on obtient :

    \frac{1}{\omega_{01}^2} = \frac{\alpha' + \sigma^2 g_1}{\sigma^2 g_3} = \frac{\frac{\alpha'}{m}}{\frac{\sigma^2 g_3}{m}} + \frac{g_1}{g_3} \implies \boxed{\frac{1}{\omega_{01}^2} = \frac{\omega_0}{Q\,\omega_{02}^3} + \frac{g_1}{g_3}}
  3. Identification du terme en \omega : avec k = m\omega_0^2, il vient :

    \frac{1}{Q'\omega_{01}} = \frac{k + \sigma^2 g_2}{\sigma^2 g_3} = \frac{m\omega_0^2}{\sigma^2 g_3} + \frac{g_2}{g_3} \implies \boxed{\frac{1}{Q'\omega_{01}} = \frac{g_2}{g_3} + \frac{\omega_0^2}{\omega_{02}^3}}

Diagramme de Bode asymptotique en amplitude :

Sous l'hypothèse \omega_{01} \ll \omega_{02}, distinguons trois domaines de pulsations :

  • Basses fréquences (\omega \ll \omega_{01}) : le dénominateur tend vers 1. Ainsi, |\underline{H}_v| \sim \dfrac{\omega^2}{\omega_{02}^3}. Le gain en décibels varie comme +40\log_{10}\omega, soit une pente de +40\text{ dB/décade}.
  • Moyennes fréquences (\omega_{01} \ll \omega \ll \omega_{02}) : le terme dominant au dénominateur est -\dfrac{\omega^2}{\omega_{01}^2}. La fonction de transfert devient indépendante de \omega :

    \underline{H}_v \sim \frac{\frac{\omega^2}{\omega_{02}^3}}{-\frac{\omega^2}{\omega_{01}^2}} = -\frac{\omega_{01}^2}{\omega_{02}^3} = \text{cte}

    Le gain présente donc un plateau horizontal de pente 0\text{ dB/décade}.

  • Hautes fréquences (\omega \gg \omega_{02}) : le terme dominant au dénominateur est -\mathrm{j}\dfrac{\omega^3}{\omega_{02}^3}. On a :

    \underline{H}_v \sim \frac{\frac{\omega^2}{\omega_{02}^3}}{-\mathrm{j}\frac{\omega^3}{\omega_{02}^3}} = \frac{\mathrm{j}}{\omega} \implies |\underline{H}_v| \propto \frac{1}{\omega}

    Le gain décroît avec une pente de -20\text{ dB/décade}.

Nature du capteur pour \omega_{01} < \omega < \omega_{02} :

Dans cette bande passante, \underline{H}_v = \dfrac{\underline{Z}}{\mathrm{j}\omega \underline{X}} = \dfrac{\underline{Z}}{\underline{V}_{\text{sol}}} \simeq \text{constante}. Le déplacement mesuré z(t) est donc directement proportionnel à la vitesse du sol v_{\text{sol}}(t) = \dot{x}(t) :

\boxed{\text{Le système se comporte comme un capteur de vitesse (vélocimètre large bande).}}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet X-ENS Physique PSI 2022 ?

Surtout 2 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (43 % des questions, parties I et III) et Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (13 %). Plus ponctuellement : Régime sinusoïdal forcé et filtrage linéaire, Mécanique du solide, Induction électromagnétique, Référentiels non galiléens, Optique géométrique…

Peut-on travailler le sujet X-ENS Physique PSI 2022 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 28 questions sur 49 (57 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q8), la sous-partie III.B (Q28 à Q34), la sous-partie IV.A (Q35 à Q38) et la sous-partie IV.B (Q39 à Q42), ainsi que Q14, Q15, Q24, Q25 et Q43. Avec les autres programmes de première année : 19 en MP2I, 19 en TSI1 et 16 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet X-ENS Physique PSI 2022 ?

Environ 4 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé). La partie IV est la plus longue (environ 1 h 30).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet X-ENS Physique PSI 2022 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : notamment Q16 (déformation élastique), Q17 (énergie potentielle élastique), Q26 (onde évanescente), Q33 (loi de snell-descartes), Q47 (asservissement en force) et Q49 (fonction de transfert).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet X-ENS Physique PSI 2022 ?

Questions de cours : Q7 (onde longitudinale), Q14 (loi de coulomb), Q24 (loi de snell-descartes) et Q39 (force de lorentz). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q4 (loi de hooke), Q5 (équation de d'alembert), Q25 (réflexion totale), Q35 (équilibre mécanique), Q36 (force d'inertie d'entraînement), Q37 (fonction de transfert) et Q40 (force de laplace).

Où gagner des points facilement dans le sujet X-ENS Physique PSI 2022 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (24 sur 49), par exemple : Q1 à Q3, Q6, Q7, Q9, Q13 à Q15, Q20 à Q23, Q25, Q27 à Q29, Q34, Q35, Q38, Q39…. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q4, Q5, Q8, Q10, Q12, Q26, Q30, Q47 et Q49.

Le sujet X-ENS Physique PSI 2022 contient-il des questions hors du programme actuel ?

Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.

Quelle est la différence entre distance critique et distance de croisement en Q31 ?

La distance critique x_{\mathrm{crit}} = 2h\tan i_\ell est la distance minimale à partir de laquelle l'onde réfractée émerge à la surface. La distance de croisement x_d est celle à partir de laquelle l'onde réfractée rattrape l'onde directe et devient le premier signal détecté (T_H \le T_D).

Comment déterminer les vitesses sur le sismogramme de la figure 11 en Q32 ?

En calculant la pente directe \Delta x / \Delta t et non son inverse. Sur l'enregistrement de la figure 11, l'abscisse représente le temps d'arrivée et l'ordonnée la distance x, à l'inverse du tracé théorique t(x) demandé à la question Q31.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.