Propositions pour faire évoluer l'X

Chibraltar a écrit:

Y a-t-il eu des réactions des autres directeurs d’établissement depuis la remise de ce rapport ?
Ils ont fait savoir qu’ils attendaient la réaction de leur ministère de tutelle… Autrement dit vu qu’il n’y a plus de secrétaire d’Etat à l’ESR (un signe ?) ils attendent que Najat se prononce; qui en fine politique :confused:
sait très bien que nous entrons bientôt en période de campagne présidentielle. Donc ce rapport ira caler l’armoire.

De toute façon ce regroupement hormis avec les écoles d’appli c’est une grande bouffonerie

Qui va décider, quand et comment du nombre de places pour polytechnique pour l’année prochaine ?

sn35000 a écrit:

Qui va décider, quand et comment du nombre de places pour polytechnique pour l’année prochaine ?
ça dépendra un peu du quota de migrants.

Ma question était sérieuse ! (Qui, quand comment est décidé le nombre de places disponibles pour l’x).
Pour le nombre d’étranger (x3) par promo c’est je pense très lié à la politique étrangère (cad son ministère + celui de l’économie + celui de la défense + la présidence). J’imagine déjà bien les retours de services, les discussions du style : et vos enfants qu’est ce qu’ils font dans la vie … au cours d’une négo commerciale !
Maintenant ce qui pose question ce n’est pas vraiment leur nombre car il est vrai que cela est un plus pour le pays à terme, mais on aimerait une « égalité » de traitement pour les admissions / aux candidats issus des prépas et un financement par les pays d’origine et non par la France.

Dans ce cas … le nombre de places à l’X a toujours été extraordinairement (trop) stable dans le temps, donc pas de révolution à prévoir de ce coté là.

C’est presque du Gilbert Robinet :frowning:

Thierry Berthier
Maître de Conférences en mathématiques à l’Université de Limoges, chercheur au sein de la Chaire de cybersécurité & cyberdéfense Saint-Cyr – Thales -Sogeti

Rapport Attali: ou comment tuer l’École polytechnique…

Commandé par le Premier ministre en décembre 2014, le rapport de Bernard Attali sur l’École polytechnique vient de livrer des préconisations et des recommandations pour le moins « surprenantes » face aux enjeux et défis technologiques actuels. Sous prétexte de moderniser l’École et de lui redonner une visibilité à l’international (qu’elle n’a jamais perdue d’ailleurs), le rapport propose de casser méthodiquement les spécificités qui ont fait l’excellence de l’établissement depuis plus de deux siècles et de dissoudre l’École dans un ventre mou universitaire contre-nature. Si l’intention première du rapport est de préparer l’École aux changements disruptifs du 21ème siècle, ses prescriptions s’inscrivent quant à elles dans un positionnement idéologique qui ne peut que se révéler contre-productif et nocif à très court terme. Si l’on observe attentivement l’ensemble des recommandations formulées, aucune d’entre elles n’apporte une réelle amélioration mais témoigne au contraire d’une volonté de nivellement par le bas qui vient à rebours d’une vision stratégique moderne.

Une fusion-dissolution de l’École

La première de ces préconisations propose de regrouper l’X avec une dizaine d’autres écoles d’ingénieurs présentes sur le plateau de Saclay. L’idée sous-jacente est d’atteindre une taille critique pour pouvoir rivaliser avec la concurrence étrangère (Stanford, EPFL, Technion, Oxford,…) dans le classement de Shanghai notamment. Cette proposition est déjà en application puisque la construction de l’Université Paris-Saclay a débuté et que des rapprochements pertinents émergent entre les établissements concernés. Par contre, toute fusion forcée de Polytechnique au sein d’un groupe de dix écoles de natures différentes provoquerait de facto une disparition de l’X par « dissolution » dans la masse. C’est malheureusement ce que préconise le rapport qui préfère une grosse structure hétérogène, incapable de faire le tri entre ses étudiants, à une association d’écoles réalisée en bonne intelligence. Tout au long de sa réflexion, l’auteur du rapport a semblé ignorer la tendance élitiste mondiale de recherche d’excellence, de quête des meilleurs talents qui accompagne désormais les économies de la connaissance et de l’innovation. L’exemple américain illustre à lui seul parfaitement ce mouvement mondial de détection des meilleures intelligences et des « gros potentiels ». Il s’inscrit aujourd’hui pleinement au cœur de la convergence NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique, sciences Cognitives) qui transforme notre environnement en profondeur. L’Université de la Singularité, créée par Ray Kurzweil, Directeur de l’ingénierie de Google, soutenue par Cisco, par la Nasa et de nombreux grands groupes s’emploie à détecter et à recruter les meilleurs profils à l’échelle mondiale. Elle n’est pas la seule à le faire. La Chine s’engage dans une démarche éthiquement contestable de sélection génétique des futurs quotients intellectuels d’exception. La course au neurone se généralise et s’accélère pour devenir le moteur des économies du futur. La France de son côté possède une école mathématique (laboratoires des ENS, de l’X et d’autres grandes écoles) reconnue qui est parfaitement capable de rivaliser avec le géant américain si on ne l’entrave pas. Dans ce contexte de compétition mondiale, l’élan égalitariste qui consiste à casser l’École polytechnique relève de la faute stratégique et de l’aveuglement idéologique. C’est une forme de trahison de l’esprit des sciences qui anime l’X depuis plus de deux siècles.

Un accès Post-Bac…

La seconde proposition formulée par Bernard Attali appelle à créer un accès post-bac à l’École. Il s’agit de la proposition la plus surréaliste du rapport. Elle pourrait d’ailleurs faire sourire si elle n’engageait pas directement la survie de l’École. Cette préconisation témoigne d’un manque total de connaissance des exigences et du niveau scientifique de l’École. D’une parfaite impartialité, ce concours parvient à détecter les 400 meilleurs esprits mathématiques et physiques d’une classe d’âge en France. C’est le plus républicain des concours puisqu’il donne les même chances de réussite à chaque candidat. Résoudre un problème mathématique ou physique complexe pendant quatre heures, seul devant sa copie, dissipe toutes les inégalités sociales ou culturelles. Seules les capacités de déduction, d’intuition et l’intelligence agissent puis déterminent la liste des reçus et celle des recalés.

Pour mettre en place un recrutement post-bac, il faudrait être en mesure de détecter les meilleurs élèves dès la classe de Terminale, au niveau national. La seule mention très bien obtenue au bac ne peut suffire pour assurer le recrutement. Il faut s’orienter vers un nouveau concours classant très sélectif à l’image du Concours Général. Dans les faits, le dispositif ne fera que déplacer le problème du vivier de recrutement en amont. La proposition de Bernard Attali rappelle beaucoup les adaptations du concours d’entrée à Sciences Po imaginées et mises en œuvre par Richard Descoings pour favoriser un recrutement sur critères sociaux. La stratégie Descoings de concours parallèle ne fonctionne pas pour les sciences dures. Le passage par la classe préparatoire est nécessaire même s’il fait lui aussi l’objet de critiques régulières et de tentatives de déstabilisation ou de suppression alors qu’il a démontré son efficacité depuis des décennies. Il est bien connu qu’en France, on aime casser ce qui fonctionne !

La fin du classement de sortie

L’obsession égalitariste s’exprime à nouveau dans cette proposition. Le classement actuel permet de sélectionner les élèves candidats aux grands corps de l’État (Mines, Ponts et Chaussées, Armement…) et aux poursuites en quatrième année dans les plus prestigieuses universités américaines. La différence de niveau académique séparant l’élève major de l’élève classé trois-centième existe bel et bien. En général, les recruteurs apprécient de connaître le classement de sortie des candidats à un poste, et ceci quelle que soit l’école concernée !

La fin de la solde des élèves

Le principe du remboursement de la pantoufle vient d’être officiellement adopté. Mesure jugée insuffisante pour l’auteur du rapport, ce dernier préconise une suppression pure et simple de la solde. Dans cet élan, il faut également supprimer toutes les soldes perçues par les élèves des autres écoles militaires (Saint-Cyr, Navale) puis supprimer la rémunération des élèves des Écoles Normales Supérieures. L’économie réalisée sera de toute évidence infinitésimale par rapport à ce que coûte l’échec en premier cycle universitaire ou par rapport au coût des quotas de bacheliers technologiques à intégrer de force dans des filières incompatibles avec leur niveau académique. Nous payons toujours beaucoup plus cher les pulsions égalitaristes de certains que le coût de la solde annuelle des polytechniciens…

Ne sacrifions pas Polytechnique

Les mesures préconisées par Bernard Attali sont mauvaises car elles ne peuvent qu’affaiblir l’École polytechnique. Contre-productives, elles cherchent à niveler par le bas là où il faudrait « tirer vers le haut » la structure pour la rendre résiliente. Des adaptations sont certainement nécessaires à l’X comme ailleurs, dans d’autres écoles ou universités. Construire une réforme sur la seule base d’une idéologie égalitariste, c’est faire preuve d’un aveuglement coupable face aux mutations technologiques actuelles. Monsieur Le Premier Ministre, Monsieur Le Ministre de La Défense, accordez-vous six mois supplémentaires pour commander une seconde étude, réalisée cette fois gratuitement par une équipe de scientifiques, de chercheurs, d’industriels, d’innovateurs, de décideurs civils et militaires en phase avec la modernité et la réalité internationale. Vous obtiendrez alors les bonnes propositions pour cette École de la République…

Défendons l’École polytechnique !

« Résoudre un problème mathématique ou physique complexe pendant quatre heures, seul devant sa copie, dissipe toutes les inégalités sociales ou culturelles. Seules les capacités de déduction, d’intuition et l’intelligence agissent puis déterminent la liste des reçus et celle des recalés. »

J’avoue que celle-là c’est presque la meilleure

Complétons le recension.

collectifmarianne.fr/la-refo … -francais/

En décembre dernier, Manuel Valls missionnait Bernard Attali, haut fonctionnaire et ancien PDG d’Air France, pour proposer une série de réformes de l’Ecole Polytechnique. Ce rapport, rendu public vendredi et dont une grande partie des propositions a été reprise par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian lors de son discours du samedi 6 juin à Palaiseau, est une attaque en règle contre le modèle méritocratique français, et menace de faire imploser le système des grandes écoles. Les mesures envisagées pour l’X sont radicales :
• Créer un accès directement après le bac, sans les deux ans de classes préparatoires.
•Supprimer la solde des élèves polytechniciens, remplacée par un système de bourses sociales.
•Regrouper l’Ecole polytechnique avec d’autres écoles scientifiques.

Les préconisations du rapport sont motivées par une obsession des classements internationaux et de l’uniformisation sur les campus anglo-saxons, que le Collectif Marianne a déjà dénoncée à de nombreuses reprises, ainsi que par un abandon de l’idée de méritocratie au profit de celle de diversité, beaucoup plus abstraite. Elles pourraient à terme être appliquées à d’autres établissements, comme l’ENS, qui fonctionnent sur un modèle similaire.

Derrière le vernis de modernisation du rapport de Bernard Attali, la réforme de Polytechnique est en réalité directement liée à la baisse de niveau des élèves du secondaire, et les formations du collège et du lycée ne suffisent plus à assurer une réelle égalité des chances à l’entrée en classes préparatoires. Si les grandes écoles de la République n’assurent plus le rôle d’ascenseur social qu’elles pouvaient avoir il y a encore quelques décennies, ce n’est pas leur attachement à l’excellence qui doit être remis en cause, mais bien les manquements en amont de l’Education Nationale.

La capitulation des gouvernements de gauche comme de droite face au délitement de l’Education Nationale est la cause réelle de la reproduction sociale des élites dans l’enseignement supérieur : la mixité sociale ne pourra être effective que si nous prenons à bras le corps le creusement des inégalités entre classes aisées et classes populaires dès le primaire et jusqu’au lycée. Une école méritocratique peut seule assurer le principe de justice sociale

XCM2012 a écrit:

« Résoudre un problème mathématique ou physique complexe pendant quatre heures, seul devant sa copie, dissipe toutes les inégalités sociales ou culturelles. Seules les capacités de déduction, d’intuition et l’intelligence agissent puis déterminent la liste des reçus et celle des recalés. »

J’avoue que celle-là c’est presque la meilleure
Ce n’est pas nécessairement faux: le concours met en valeur la réflexion mathématique.
Après, si les classes aisées ont mieux développé cette réflexion grâce à des meilleurs lycées /cours particuliers /etc, c’est autre chose.

L’articulation de la phrase est plutôt « Seules les capacités » avec un « seules » très fort et ensuite « dissipe toutes les inégalités … »

Peu me chaut qu’il faille réduire les inégalités, à mon avis c’est un voeu pieux surtout avec le système actuel qui détruit progressivement le socle de connaissance distribué uniquement par l’enseignement public,
mais cette affirmation du Huffington Post est juste de très très mauvaise foi.

A la limite si ces inégalités étaient la condition du succès (académique, scientifique, industriel …) pourquoi pas ? Mais hélas, nous n’en sommes plus là. On confond hélas l’objectif (filières d’excellence) et leurs conséquences (prestige, reconnaissance sociale etc) et à la fin on se fait plumer par l’EPFL ! :confused:

XCM2012 a écrit:

Dans ce cas … le nombre de places à l’X a toujours été extraordinairement (trop) stable dans le temps, donc pas de révolution à prévoir de ce coté là.
Qui décide, quand, comment ?

XCM2012 a écrit:

« Résoudre un problème mathématique ou physique complexe pendant quatre heures, seul devant sa copie, dissipe toutes les inégalités sociales ou culturelles. Seules les capacités de déduction, d’intuition et l’intelligence agissent puis déterminent la liste des reçus et celle des recalés. »

J’avoue que celle-là c’est presque la meilleure
+1

sn35000 a écrit:

[quote=« XCM2012 »]
Dans ce cas … le nombre de places à l’X a toujours été extraordinairement (trop) stable dans le temps, donc pas de révolution à prévoir de ce coté là.
Qui décide, quand, comment ?
[/quote]
L’X va réfléchir à des propositions à présenter au ministre dans les prochains mois.

18 admis à l’X au titre de la filière universitaire, bientôt ils seront plus nombreux que ceux issus du concours

-guigui- a écrit:

18 admis à l’X au titre de la filière universitaire, bientôt ils seront plus nombreux que ceux issus du concours
Un propos racoleur digne de M. Le Pen parlant de l’attribution des avantages sociaux en France.

ça témoigne d’une transformation de l’école qui diversifie beaucoup son recrutement en une session, donc t’es gentil et tu gardes tes allusions pour toi

Oui si on fait une prépa c’est quand même pour intégrer une école, si les écoles « offrent » des voies d’accès « plus faciles » cela peut remettre en cause le choix de faire ou non une prépa, il serait donc juste que tout changement important ne soit pas fait d’une année sur l’autre mais avec un délais de trois ans.

Tu choisis vraiment ta filière d’entrée en fonction de celle qui te donne le plus de chances d’intégrer, au lieu de celle où tu auras les meilleurs résultats ?

C’est une balance entre les deux je pense. En premier c’est ce qui plait le plus (souvent c’est aussi par défaut j’aime pas la chimie donc je vais en MPSI). Pour pas mal de gens c’est impossible de vraiment choisir, on peut être très bon partout et là il faut pas être stupide dans son choix. Aller via une voie par laquelle le nombre de places est très faible / aux candidats c’est pas très malin.

Bof, c’est aussi un signe. Si on choisit PT, on se sentira à priori plus à l’aise aux Arts qu’à l’X.