Suppression de la prépa?

Pour recentrage du sujet, la thèse que je combats est (1) principalement que les prépas marcheraient parce qu’elles font de la sélection des meilleurs terminales et (2) subsidiairement que les populations qui errent en L1 seraient « moins bonnes » que celles de prépas.

quand j’aurais un moment, je rechercherai le lien posté ici même sans doute par mes soins au sujet d’une prépa à encadrement très renforcé qui fait de l’antisélection féroce en se concentrant sur des gens en échec et qui me semble apporter une contradiction ferme à la thèse (1)

pour ce qui est de la (2), il s’agit de contredire Masselotte qui tente astucieusement de me faire dire que les « 60% » sont moins bons que les « prépas » ou pas, alors que je pense qu’ils sont ni meilleurs ni moins bons que les « prépas », mais tout simplement inadaptés aux études théoriques. Quant à affirmer que 100% d’une L1 est staffée d’étudiants qui auraient fait un choix a priori d’études longues, ça sous entendrait qu’ils aient fait un choix, et je continue de penser que la moitié d’entre eux n’ont pas fait de choix, ou n’ont fait qu’un choix par défaut complet entre les différentes options parfaitement inadaptées qu’on leur a proposées.

padpad a écrit:

Si les prépas marchent c’est parfois/souvent parce qu’elles récupèrent les meilleurs étudiants à l’entrée et NON parce qu’elles ont une alchimie extrêmement spécifique qui marche
Déjà, il faudrait savoir ce que ça veut dire que les prépas « marchent ». Forment des étudiants à bac+2 qui feront de bons cadres ? Autre chose ? Et marchent par rapport à quoi ?

L’« alchimie extrêmement spécifique », en quoi elle diffère des formations sélectives d’autres pays ? On forme vraiment de meilleurs cadres que les autres pays ?

Des gens sérieux critiquent l’efficacité et l’efficience des CPGE : voir ceci, http://blog.educpros.fr/pierredubois/files/2010/01/cpge_efficacite_21.pdf et cela.

il est possible de classer des étudiants de terminale du meilleur au moins bon, qu’on évitera d’appeler le plus c..
Ca, j’ai déjà expliqué que non, mais ton but semble plus de me ridiculiser que de discuter.
Ce sont ceux du haut du classement qui sont aptes à la prépa
Ben en terme de classement au bac, oui, voir les graphiques de mon message précédent.

Ragoudvo a écrit:

Déjà, il faudrait savoir ce que ça veut dire que les prépas « marchent ». Forment des étudiants à bac+2 qui feront de bons cadres ? Autre chose ? Et marchent par rapport à quoi ?
Euh comment dire ben une CPGE c’est une classe préparatoire aux grandes écoles
Alors comment définir qu’elle marche .. ben quand elle prépare bien aux grandes écoles de sa filière .. là on frise la tautologie. Et expliciter qu’ils préparent à des concours à format « particulier » dont la proba de chance de réussite en candidat libre de qqn ayant des connaissances par exemples scientifiques > à un taupin est << à celle du taupin me semble aussi enfoncer une porte ouverte.

Et effectivement, Pierre Dubois insiste sur la grande différence entre CPGE scientifiques, commerciales et littéraires. Je ne parlais que des scientifiques et commerciales, ne connaissant que pouic aux littéraires.

classés en « pro » , « contre », « neutres » les gens de la fililère aval ou parallèle sont assez intéressants à lire aussi
orientation.blog.lemonde.fr/2012 … es-contre/
Ragoudvo a écrit:

L’« alchimie extrêmement spécifique », en quoi elle diffère des formations sélectives d’autres pays ? On forme vraiment de meilleurs cadres que les autres pays ?
Je sais pas.. Pour moi les prepas ne forment pas des cadres, elles forment des candidats à des concours d’écoles qui formeront bien ou mal des cadres.

retour sur les papiers de Pierre Dubois
dont je n’avais pas vu qu’il y en avait trois, je cherchais le premier et le troisième.
Me laissent un goût bizarre. Il affirme, puis il montre que les chiffres sont compatibles avec ce qu’il affirme, mais il me semble qu’il omet de démontrer, et notamment parfois de comparer.

le raisonnement basé par exemple sur le tx faible de fils d’ouvriers en prépa est dans une chronique qui affirme au départ que les prépas marchent par sélection; secondairement qu’elles font de la discrimination sociale, pour conclure ( ou du moins formuler à la fin ) : 'Plus grande difficulté à obtenir des informations ou des conseils ? Autocensure ou manque d’ambition ? ’ qui me semble une charge justifiée contre les CIO, mais dont je ne vois pas en quoi elle mesure l’efficacité d’une prépa.

et au soutien du fait qu’une prepa est une alchimie de potion à concours and no more : challenges.fr/management/201 … obinsource

padpad a écrit:

Alors comment définir qu’elle marche .. ben quand elle prépare bien aux grandes écoles de sa filière .. là on frise la tautologie.
OK donc en quoi est-ce que les prépas « marchent » ?

Ma première note de maths fut 6.

Sur 60.

Commentaire du prof : « mais que faites-vous ici, Monsieur ? »

(J’en avais parlé ici début avril, en disant que ça revenait à un 2 / 20 : viewtopic.php?f=3&t=48836&p=621287&hilit=note*+math*#p621287 )

padpad a écrit:

Si les prépas marchent c’est parfois/souvent parce qu’elles récupèrent les meilleurs étudiants à l’entrée et NON parce qu’elles ont une alchimie extrêmement spécifique qui marche
Et pourquoi pas une combinaison des deux ?

De plus, au passage, en supposant une équitable répartition des talents fac/prépa, comment expliquer que les élèves « en difficulté » en prépa se retrouvent à torcher (sans trop de difficulté pour la plupart) en fac après avoir été évincés desdites prépas ?

Appelle-le comme tu veux, mais l’aptitude/le niveau/la motivation en moyenne des élèves en prépas pour les études longues (on parle bien de ça ici ?) semblent meilleurs que celles des élèves de fac et, en effet, corrélées à certains résultats du lycée.
Je ne vois pas du tout en quoi cela est choquant, ça n’implique pas qu’il n’y ait que des bouseux à la fac, ni que des torches en prépas, juste une impression globale.

Bien, il faut savoir terminer une discussion qui tourne en rond.

Ragoudvo a parfaitement raison, et j’ai complètement tort.

Ne me demandez pas à quel sujet, je suis un peu c.. j’ai pas bien compris, mais c’est en réalité totalement secondaire par rapport à ce qui précède.

Et merci au dernier qui sortira de la prépa avant fermeture de penser à éteindre la lumière, à défaut de contribuer à l’obscurantisme, ca économisera l’énergie.

Ça n économise pas d’énergie d’éteindre ta lumière. Je peux te conseiller à ce propos un excellent topic: « gratuité des prépas ».

padpad a écrit:

Ayant eu l’occasion récemment de faire quelques test in vico sur les L1 il serait bon de déduire de ces 50%
Ce sont des tests dans des paquets de chips ? :grin: :grin:

Plus sérieusement, sans dire des phrases chocs du genre « les meilleurs sont en prépa », je dirais que si tous les élèves de prépa allaient à la fac avec leur sérieux, leur motivation et leurs capacités, le niveau de la fac serait bien plus élevé.
Mais je pense quand même que la prépa a une vraie plus-value, en particulier c’est un système où on arrive à faire travailler les élèves, ce qui, pour avoir essayé hors prépa, n’est pas trivial :unamused:

Mais a propos des 10% des meilleurs bacheliers ont leur place en prépa, je pense que ça ne sert à rien. Parce qu’il y a des places libres dans les petites prépas où ces bacheliers auraient surement été pris s’ils y avaient postulé. D’ailleurs, d’après l’article, il ne s’agit pas forcément de prépa mais de filières sélectives. Le BTS c’est aussi sélectif.

Raphaëlle a écrit:

Mais je pense quand même que la prépa a une vraie plus-value, en particulier c’est un système où on arrive à faire travailler les élèves, ce qui, pour avoir essayé hors prépa, n’est pas trivial :unamused:
D’un autre coté, faut être honnête. Ce qui fait que les élèves travaillent tant en prépa, c’est le coté totalitariste de la formation :

  • Culte du chef/prof, vénération de ce dernier par les élèves.
  • Dédain pour les autres formations, la fac « serait » une sous-formation et les facqueux des branlos. Les taupins sont « sélectionnés ».
  • Organisation d’un mode de vie commun, le travail prend une place centrale pour tous.
  • Suprématie du conseil de classe, le passage en 3/2 et 5/2 est décidé unilatéralement.
  • Opposition non tolérée, sous peine d’exclusion en fin d’année.
  • Peu d’échappatoires. Quand on s’engage, c’est pour un an (au moins). Ça c’est le système scolaire qui veut ça, c’est partout pareil.

Alors effectivement, dans ces conditions, faut vraiment le vouloir pour pas travailler …
J’en vois déjà me dire que la comparaison est tirée par les cheveux … Prenez un peu de recul et, vous verrez qu’elle n’est pas si absurde :wink:
Encore, faut-il accepter l’histoire pour ce qu’elle est !

Mais a propos des 10% des meilleurs bacheliers ont leur place en prépa, je pense que ça ne sert à rien. Parce qu’il y a des places libres dans les petites prépas où ces bacheliers auraient surement été pris s’ils y avaient postulé. D’ailleurs, d’après l’article, il ne s’agit pas forcément de prépa mais de filières sélectives. Le BTS c’est aussi sélectif.
Quetzalcoatl en a déjà parlé, actuellement les meilleurs de chaque lycée ont déjà leur place « assurée » en prépa. Le seul problème serait l’autocensure, et une telle mesure n’est pas forcément la plus adaptée pour y remedier.

Yamashita Ren a écrit:

[quote=« Raphaëlle »]
Mais je pense quand même que la prépa a une vraie plus-value, en particulier c’est un système où on arrive à faire travailler les élèves, ce qui, pour avoir essayé hors prépa, n’est pas trivial :unamused:
D’un autre coté, faut être honnête. Ce qui fait que les élèves travaillent tant en prépa, c’est le coté totalitariste de la formation :

  • Culte du chef/prof, vénération de ce dernier par les élèves.

  • Dédain pour les autres formations, la fac « serait » une sous-formation et les facqueux des branlos. Les taupins sont « sélectionnés ».

  • Organisation d’un mode de vie commun, le travail prend une place centrale pour tous.

  • Suprématie du conseil de classe, le passage en 3/2 et 5/2 est décidé unilatéralement.

  • Opposition non tolérée, sous peine d’exclusion en fin d’année.

  • Peu d’échappatoires. Quand on s’engage, c’est pour un an (au moins). Ça c’est le système scolaire qui veut ça, c’est partout pareil.
    [/quote]
    C’est fou, mais pour moi, tu as oublié le seul point vraiment important, à savoir l’évaluation continue, toutes les semaines. Et encore, ça ne vaut que pour ceux qui ne sont pas motivés à la base parce qu’ils savent qu’ils auront un concours dans 2 ans, et qu’ils font mieux de taffer pour atteindre leur meilleur niveau.

  • Culte du prof ? J’ai eu des profs que je trouvais excellents, mais de là à vouloir travailler pour leur faire plaisir, ça me parait tiré par les cheveux.

  • le soi-disant dédain = HS, justement, si un taupin se considère déjà comme meilleur, pourquoi cela l’entrainerait-il à travailler ? Pour moi, cela mènerait plutôt justement à l’inverse.

  • Pour ceux en internat probablement, je n’ai pas expérimenté, mais je peux y croire.

  • Oui, un conseil de classe décide du passage à la classe supérieure … comme depuis le CP pour la plupart des taupins. (Ok d’après ce que j’ai lu tu as ton vécu, mais c’est très loin d’être une généralité)

  • Ca dépend ce que tu entends par opposition, mais quel rapport avec le travail encore une fois ?

  • Pareil, quel rapport avec le travail ? Surtout que pour le coup, j’ai plusieurs exemples de gens qui partent après 1 semestre.

padpad a écrit:

Bien, il faut savoir terminer une discussion qui tourne en rond. […]
C’est incroyable à quel point tu prends la mouche. Tu passes ton temps à commenter des posts en expliquant « la prépa marche parce que [suit une liste de trucs sur laquelle on peut discuter] », la moindre des choses consiste à répondre quand on te demande en quoi la prépa marche.

Je n’ai pas une position dogmatique sur les CPGE, au contraire de certains je pense…

Bilou² a écrit:

[quote=« Yamashita Ren »]

[/quote]
Yamashita Ren n’a pas tort. J’ai très bien vécu ma prépa et je ne sais pas si le qualificatif de « totalitaire » est vraiment adapté. Mais les points qu’il décrit me semblent assez juste.

  • Certains élèves vouent un culte pour le prof de prépa. Pour ma part, je ne les appréciais pas spécialement ; mais le fait d’avoir un lien « exclusif » avec ces professeurs crée tout de même une relation très différente que celle qu’on peut avoir au lycée.
  • Sans parler d’un dédain pour la fac, il y a un orgueil réel — et tout à fait utile selon moi à condition de le mettre de côté ensuite — et une ambition flattée par le système de classement et l’objectif des concours. J’ignore si c’est le cas dans toutes les prépas. Mais là où on vise l’X, Centrale et cie, c’est clairement le cas.
  • le mode de vie commun n’est pas réservé aux internes. L’heure souvent tardives des colles qui oblige à travailler ensemble en attendant, les DM récurrents, les DS le samedi matin etc… imposent un emploi du temps dédié à la prépa. (quand les examens ont lieu une fois dans l’année, c’est plus difficile que deux personnes aient envie de bosser au même moment, hormis une semaine avant les partiels)
  • Suprématie du conseil de classe, passage en 3/2 et 5/2 : pour certains, c’est un réel enjeu et un malaise très lourd lorsque la décision du conseil de classe ne leur donne pas satisfaction (le provincial qui a dû convaincre ses parents pour faire sa prépa à Paris et qui revient avec un « on ne veut plus de moi »)

Pour les deux derniers points, je suis moins convaincu car je ne vois pas trop en quoi consistent les oppositions non-tolérées. Et les échappatoires sont, d’après moi, assez nombreux (ma sup s’est écrémée en continu de septembre au mois de mai).

Je ne dis pas que les affirmations de Yamashita sont fausses, mais plutôt qu’elles ne sont pas les fondements de ce qui « force » un élève de prépa à travailler (par manque de causalité tout simplement, le coup du dédain de la fac qui pousse au travail, j’en reste encore :open_mouth:. Btw on peut avoir de l’ambition sans forcément penser que tous les autres sont des incapables).

Ou du moins, j’ose espérer qu’elles ne concernent qu’une petite minorité qui n’aurait pas compris pourquoi elle était là …

Personnellement j’ai vécu l’enfer cette année, et je regrette grandement d’être allé en prépa. Le problème vient que j’étais déjà assez fragile d’un point de vue psychologique avant d’y entrer, et ça m’a vraiment, mais vraiment enfoncé au tréfond. J’ai pas supporté la pression et le stress, malgré le fait que je suis dans une « petite prépa » (bon avec une prof de physique qui se croit au Parc par contre).
Résultat, ma vie personnelle a été anéantie (rupture, perte d’amis, et je suis sous anti-dépresseurs et anxiolytique pour une période de 6 mois).

Mais je ne veux pas généraliser, non. Des gens vivent très bien leur prépa, et il y en a pour qui ce système convient, soit. Mais il faut être fort, ou alors avoir une philosophie de « je ne me prends pas la tête », et là ça se déroulera bien.
Et l’esprit concours n’est pas présent partout, heureusement, mais dans ma classe je l’ai connu pas mal, ça m’a bien dégoûté.

Quant à la pression des profs, dans mon cas je l’ai trouvée vraiment réelle et oppressante (Ma prof de physique, hier à quelqu’un au tableau « Aller, si vous me faites pas l’exo devant moi là je m’oppose à votre passage en spé ! »)…

Crayons évite de balancer sur le topic stp merci ta mer

Ragoudvo a écrit:

la moindre des choses consiste à répondre quand on te demande en quoi la prépa marche.
j’ai un peu l’impression d’y avoir déjà répondu précisément et que tu reposes la question en boucle, ce qui est assez l’habitude des gens à qui la réponse ne convient pas. C’est ce que j’appelle tourner en rond.

Entre temps d’autres ont d’ailleurs aussi apporté des réponses (pour moi) pertinentes, et ans doute mieux formulées.
Ragoudvo a écrit:

Je n’ai pas une position dogmatique sur les CPGE,
Euh … j’ignore si ta position, est dogmatique ou pas, mais en ce qui concerne l’impression qu’elle (me) donne, en revanche ..

Je dois être très bête. Je n’ai pas vu où tu as répondu en montrant que les prépas marchaient, alors que j’ai donné des critiques (chiffrées). Je te laisse dans ton monde…

Bilou² a écrit:

Oui, un conseil de classe décide du passage à la classe supérieure … comme depuis le CP pour la plupart des taupins. (Ok d’après ce que j’ai lu tu as ton vécu, mais c’est très loin d’être une généralité)
Excuse moi d’insister alors, mais la généralité c’est justement de croire que le conseil de classe de prépa est identique à celui de Primaire …
Lors de son passage en prépa, le taupin perd ses droits de lycéen (appel, redoublement) et ne gagne pas pour autant les droits de l’étudiant universitaire (rattrapages, redoublement).
train epicycloidal a écrit:
Pour les deux derniers points, je suis moins convaincu car je ne vois pas trop en quoi consistent les oppositions non-tolérées. Et les échappatoires sont, d’après moi, assez nombreux (ma sup s’est écrémée en continu de septembre au mois de mai).
Pour l’avant-dernier point, je veux surtout dire par là qu’un élève ne peut pas s’opposer à son prof (car comportement déplacé de ce dernier, ou autre …) sous peine d’avoir ce prof contre lui lors du conseil de passage. C’est un peu une redite du quatrième point.
Pour le dernier point, c’est surtout que l’année scolaire commence en septembre et finit en juin. Donc forcément, c’est pas très flexible :grin: Et puis bon, quitter la prépa pour aller dans une autre formation en cours d’année, ça me semble pas très optimal :confused: C’est surtout un point qui « renforce » les précédents.
Bilou² a écrit:
Je ne dis pas que les affirmations de Yamashita sont fausses, mais plutôt qu’elles ne sont pas les fondements de ce qui « force » un élève de prépa à travailler (par manque de causalité tout simplement, le coup du dédain de la fac qui pousse au travail, j’en reste encore :open_mouth:.
Bah c’est pas juste ça, évidemment. Mais ça ne peut qu’aider.
Quand tu mets « une partie des meilleurs » (ça va faire plaisir à padpad) ensemble, que tu leur dis que ce sont les meilleurs et que, par le travail, ils deviendront encore meilleurs … Tu sous-entend par la même occasion qu’à coté, à la fac, c’est le club med. En gros l’idée, c’est que l’élève gagne en orgueil et que cet orgueil lui permet de justifier tout le travail qu’il fournit. train epicycloidal l’a bien mieux expliqué que moi.
Bilou² a écrit:
C’est fou, mais pour moi, tu as oublié le seul point vraiment important, à savoir l’évaluation continue, toutes les semaines.
Si ça suffisait, les résultats du lycée seraient bien meilleurs :grin:
Par contre, c’est vrai que la prépa sans khôlles et DS, ce serait autre chose :stuck_out_tongue:

Et un point que j’ai oublié hier, en écho à padpad :

de mon point de vue, mais j’espère que Maître Q va venir s’exprimer, les prépas sont une alchimie extrêmement spécifique qui marche
Je dirais que cette alchimie extrêmement spécifique tient, entre autres, au fait que les taupins rentrent d’eux-même dans ce système qu’ils savent difficile (et qui l’est encore plus qu’ils ne le pensent). Lorsque l’on commence à sacrifier pour une cause, il est alors plus facile de continuer à sacrifier plutôt que de remettre en cause ce choix initial. C’est ce que nos amis anglois appellent the sunk cost fallacy.

@Hypotenuse
Arf … bon courage … C’est un gros problème à Berthollet ça, les profs sont frustrés par le niveau de leurs élèves et sont obsédés par le classement du lycée.
Moi c’est l’inverse, j’ai bien vécu mon année à Berthollet mais très mal mon exclusion :confused:
En sup, ma prof de Maths m’a dit texto « C’est à cause des élèves comme vous (cinq) que le lycée a des mauvais résultats ». Après ça, elle a du parler d’une convocation chez le proviseur et d’une menace d’exclusion … Je m’en souviens plus trop … C’est que ça commence à dater :laughing:
Le pire, c’est qu’aux JPO ils t’appâtent en envoyant Robichon qui explique à quel point le lycée prendrait particulièrement « soin de ses élèves » … C’est ptet vrai dans sa classe mais certainement pas au niveau du lycée :unamused:
Si jamais tu passes en MP, sache que ça devrait être plus détendu (c’était le cas avant la ronde des profs) mais vu ce que tu dis, je penses que t’as tout intérêt à aller prendre l’air dans une autre formation :wink:
Quelque chose que je n’ai pas su à l’époque et qui pourrait t’intéresser : les GE recrutent aussi sur concours fac. On appelle ça les AST (admissions sur titre).

C’est comme le conseil de classe qui a lieu le dernier jour de cours (il me semble que pour vous c’est l’avant dernier), c’est crade. Ça te coupe toute possibilité de discuter tranquillement du verdict avec tes profs.Genre le passage se décide au dernier moment :unamused:
Durant mon année de PCSI, c’était pire (et certainement voulu) : le conseil de classe a eu lieu après la fin des cours. Parfait pour éviter d’avoir à justifier les exclus…euh…mutations à Vaugelas.

Yamashita Ren a écrit:

[quote=« Bilou² »]
Oui, un conseil de classe décide du passage à la classe supérieure … comme depuis le CP pour la plupart des taupins. (Ok d’après ce que j’ai lu tu as ton vécu, mais c’est très loin d’être une généralité)
Excuse moi d’insister alors, mais la généralité c’est justement de croire que le conseil de classe de prépa est identique à celui de Primaire …
Lors de son passage en prépa, le taupin perd ses droits de lycéen (appel, redoublement) et ne gagne pas pour autant les droits de l’étudiant universitaire (rattrapages, redoublement).
[/quote]
J’en suis conscient, mais en dehors des cas où les profs seraient vraiment à côté de leurs pompes (ce qui PEUT arriver), on parle de flux marginaux d’élèves qui auraient besoin de faire appel imo. C’est évidemment très dommageable pour ceux qui sont concernés, mais je n’ai pas l’impression que ça booste plus que ça les gens à taffer plus.
Les rattrapages, ça me parait normal, dans le sens où il n’y a pas une session « rattrapages » au concours.
Yamashita Ren a écrit:

[quote=« train epicycloidal »]
Pour les deux derniers points, je suis moins convaincu car je ne vois pas trop en quoi consistent les oppositions non-tolérées. Et les échappatoires sont, d’après moi, assez nombreux (ma sup s’est écrémée en continu de septembre au mois de mai).
Pour l’avant-dernier point, je veux surtout dire par là qu’un élève ne peut pas s’opposer à son prof (car comportement déplacé de ce dernier, ou autre …) sous peine d’avoir ce prof contre lui lors du conseil de passage. C’est un peu une redite du quatrième point.
[/quote]
Cf ce que je dis avant. Ok, ça existe, mais j’ai l’impression que ça reste marginal (ou alors, tous les profs que j’ai rencontré en prépas sont merveilleusement exceptionnels et j’ai une chance de cocu).
Yamashita Ren a écrit:

[quote=« Bilou² »]
C’est fou, mais pour moi, tu as oublié le seul point vraiment important, à savoir l’évaluation continue, toutes les semaines.
Si ça suffisait, les résultats du lycée seraient bien meilleurs :grin:
Par contre, c’est vrai que la prépa sans khôlles et DS, ce serait autre chose :stuck_out_tongue:
[/quote]
Là, je peux admettre que ça diffèrent selon le lycée d’où tu viens. J’avais des DS toutes les 3 semaines environ, sur les heures de cours, et c’était loin d’être incitatif au boulot vu leur difficulté (pour le profil d’élève qui va en prépa derrière). J’ai eu des échos de lycées où c’était différent, mais je ne sais pas quel est le modèle le plus répandu.

rue89.nouvelobs.com/2014/06/23/h … age-253134

Hausse des frais d’inscription à l’Institut Mines-Télécom : l’ascenseur social… à péage.

Marceau Coupechoux et David Flacher

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Le 23 décembre 2013, Arnaud Montebourg signait en tant que Ministre du Redressement Productif, un arrêté augmentant les droits de scolarité de 1000 euros (+118%) pour les étudiants européens et de 3000 euros (+353%) pour les étudiants non originaire de l’Union Européenne dans les neuf écoles de l’Institut Mines Télécom (qui dépend du Ministère de l’Industrie et regroupe l’ensemble des écoles des Mines et des Télécom). Les étudiants boursiers seront exonérés et un échelon de dispense partielle (50%) a été créé pour éviter des effets de seuil. Ni les représentants des élèves, ni ceux du personnel n’ont été consultés.
Les auteurs

Marceau Coupechoux est Maître de Conférences à Telecom ParisTech et ancien élève de Telecom ParisTech ; David Flacher est Maître de Conférences en économie à l’Université Paris 13, spécialiste de l’enseignement supérieur, et ancien élève de Télécom ParisTech.

Cette augmentation a suscité une vive opposition au sein des différentes communautés de l’Institut Mines-Télécom : étudiants élus, représentants du personnel et associatifs, enseignants, syndicats professionnels (CGT, CFDT, SUD), anciens élèves. Réunis en collectif et soutenus par l’UNEF, ils interpellent Arnaud Montebourg dans une lettre ouverte et ont lancé une pétition qui a réuni plus de 2000 signatures.

Au delà de ce cas spécifique, on assiste, en ce moment, à une offensive sans précédent contre la gratuité de l’enseignement supérieur. L’Université Paris Dauphine et Sciences Po ont déjà considérablement augmenté leurs frais. Il ne fait pas de doute que le gouvernement lance quelques ballons d’essais dans des institutions où les étudiants sont réputés moins enclins à la contestation avant, sans doute, de généraliser ces augmentations à l’ensemble des Masters puis de l’enseignement supérieur.

Pourtant, la hausse des droits de scolarité n’apportera pas ou peu de moyens supplémentaires aux Grandes Ecoles et Universités. Dans tous les pays du monde, la hausse des frais d’inscription s’est toujours accompagnée d’une baisse des dotations de l’Etat. L’Etat se décharge simplement d’une partie de ses missions pour en faire porter le poids sur les familles. Les établissements, eux, font reposer une partie de leur budget sur leur capacité à recruter des étudiants capables de payer des frais élevés, ce qui ne les incite bien évidemment pas à l’ouverture sociale.

Faut-il opposer Grandes Ecoles et Universités ? Faut-il blâmer les premières de bénéficier de meilleures conditions de travail ou bien faut-il blâmer l’Etat d’étrangler les universités ? L’article de T. Piketty dans Libération souligne, s’il en était besoin, que ce sont ces dernières qui sont scandaleusement sous-dotées. L’investissement dans l’enseignement supérieur stagne, voire régresse dans notre pays, laissant de nombreuses universités en déficit structurel pour des montants pourtant dérisoires à l’échelle du pays et des enjeux.
Un système inégalitaire

On entend dire qu’un élève-ingénieur, presque certain d’avoir un bon salaire une fois diplômé, doit participer au financement de ses études. On oublie qu’une fois actif, il paiera des impôts en fonction de ses revenus. Mais on oublie surtout les facteurs psychologiques et sociologiques qui guident les étudiants. Les enfants de familles modestes ont tendance à s’autocensurer, non seulement parce qu’ils connaissent mal les meilleures filières, leurs débouchés ou leur « rentabilité », mais aussi parce que, issus d’un milieu moins favorisé, ils ont souvent peu confiance dans leurs capacités. Or des travaux académiques montrent bien que ces étudiants craignent bien plus de s’endetter que les étudiants issus de milieux plus aisés. Ce phénomène a même été théorisé : on parle d’aversion relative au risque : la crainte de déclassement social dans les milieux aisés pousse davantage à la prise de risque éducatif que l’aspiration à une hypothétique ascension sociale au sein des milieux moins favorisés. Or, même si les étudiants boursiers sont généralement exemptés de frais d’inscription, ils ne représentent qu’une minorité (25% des élèves-ingénieurs sont boursiers). C’est donc une large majorité des étudiants qui devra emprunter pour vivre et payer des frais d’inscription.

Concevoir les étudiants comme des « investisseurs » est donc terriblement inégalitaire : inégalitaire dans l’accès, dans les chances données aux différentes catégories de la population, dans la répartition des moyens aux établissements… Comme on le constate aux Etats-Unis, une telle approche contribue à asservir une partie des étudiants endettés qui, une fois dans la vie active, sont incités à se montrer docile plutôt que revendicatif.

Les frais d’inscription sont, de fait, au cœur d’une vision libérale de la société, faisant de l’individu, seul « responsable » et bénéficiaire de son destin. Cette vision ignore les effets positifs de l’enseignement supérieur pour l’ensemble de la société. Elle privilégie une concurrence entre établissements pour l’accès aux ressources plutôt que la construction d’une véritable justice fiscale, pensée au niveau national, autour de prélèvements obligatoires réellement progressifs et des nécessaires péréquations sur le territoire.
Un choix de société

L’enjeu que soulève la réforme des frais d’inscription à l’Institut Mines-Telecom n’est donc pas anecdotique : elle pose la question fondamentale de notre rapport à l’éducation et plus spécifiquement à l’enseignement supérieur. Elle dessine le choix d’un modèle de société radicalement différent. Or ce modèle n’est pas sans rappeler celui des Etats-Unis où la dette étudiante représente 1000 milliards de dollars et où 71% des diplômés sont endettés, avec une dette moyenne de 29 400$ (voir ce site).

Nous n’en sommes pas là mais les exemples étrangers nous montrent que nous sommes en France à la croisée des chemins. En Angleterre, les frais ont été introduits en 1999 au niveau de £1000, puis l’escalade n’a pas cessé : £3000 en 2004 puis £9000 en 2012 (voir ce site en français et surtout les détails de celui-ci en anglais). En Allemagne, au contraire, c’est le mouvement inverse (voir cet article du Times Higher Eduction) : la démocratie locale et la mobilisation citoyenne ont fait reculer la hausse jusqu’à imposer un retour à la gratuité. Tandis qu’en Suède, les étudiants bénéficient tous non seulement d’études gratuites mais également de bourses…

Quel modèle veut-on choisir ? Celui que défend le gouvernement, les « managers » nommés à la Direction des écoles d’ingénieur de l’Institut Mines-Télécom (qui considèrent « acceptable » la perspective de frais de 5000 euros par an et par étudiant, voir le blog du futur Administrateur Général de l’Institut Mines-Telecom) et la Conférence des Grandes Ecoles ? Ou bien un modèle d’éducation accessible à tous, fondement de notre vivre-ensemble ?