Résultats du baccalauréat à Paris, le 4 juillet 2014. (FRED DUFOUR / AFP)
Par Salomé Legrand
Mis à jour le 08/07/2014 | 08:18 , publié le 07/07/2014 | 17:39
Myriam Bourhail a obtenu 21,03 de moyenne au baccalauréat. Mais ce ne sont pas seulement ses notes qui font la une : les origines sociales de la meilleure bachelière du cru 2014, « fille d’ouvrier » et « d’origine marocaine », sont beaucoup mises en avant.
Montage photo réalisé à partir d’une capture d’écran du site de « L’Union-L’Ardennais », le 7 juillet 2014.Montage photo réalisé à partir d’une capture d’écran du site de « L’Union-L’Ardennais », le 7 juillet 2014. (L’UNION / FRANCETV INFO)
Or, comme le rappelle Slate.fr, lundi 7 juillet, ce n’est pas cette dernière caractéristique qui rend sa réussite « éclatante et symbolique ». Francetv info en profite pour revenir sur les trois idées reçues, plus ou moins vraies, sur les inégalités à l’école.
Les élèves de milieux modestes réussissent moins bien que les autres : VRAI
Selon l’Observatoire des inégalités, "58% des élèves des sections pour jeunes en difficulté au collège sont issus de catégories sociales défavorisées, 2 sont enfants de cadres supérieurs." Concrètement, le taux de réussite au bac passe de 80,2 à 96,2% selon que l’élève a un parent ouvrier ou cadre supérieur. De plus, 90% des enfants d’enseignants entrés en sixième en 1995 ont obtenu le bac environ sept années plus tard, contre 40,7% des enfants d’ouvriers non-qualifiés. Enfin, parmi les enfants d’ouvriers qui ont eu leur bac en 2012, 31 l’ont eu dans une filière générale, une proportion qui s'élève à 75 chez les enfants de cadres supérieurs.
« En France, le statut économique, social et culturel des parents explique, aujourd’hui, une plus grande part de la variation des scores des élèves qu’en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE », assène en écho l’Insee en résumé de son rapport [PDF] sur l’évolution du nombre d’élèves en difficulté face à l’écrit. En bref, l’école française est davantage reproductrice d’inégalités sociales que celle des autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Et cela s’aggrave. « En 1996, un enfant d’enseignant avait 8,5 fois plus de chances d’être bachelier qu’un enfant d’employé de service. En 2002, c’était 15,7 fois plus », a calculé l’Observatoire des inégalités.
« L’écart des scores moyens entre les élèves socialement défavorisés et les élèves socialement favorisés augmente en France entre 2000 et 2009 et se situe désormais à 96 points », 16 points au dessus de la moyenne de l’OCDE qui, elle n’a pas évolué sur la même période, note l’lnsee. Et « l’accroissement de cet écart s’explique principalement par la baisse des résultats des élèves les moins favorisés ».
Les enfants d’immigrés réussissent moins bien que les autres : FAUX
Pas moins bien, et même mieux. En réalité, cette donnée de l’origine géographique impacte bien moins les résultats des élèves que leur origine sociale. « Les immigrés rencontrent les mêmes difficultés que les catégories modestes en général, en particulier une école taillée sur-mesure pour les milieux favorisés », souligne une note de l’Observatoire des inégalités.
De plus, une étude [PDF] du ministère de l’Education nationale met en évidence qu’à niveau social équivalent, les enfants d’immigrés « sont même plutôt meilleurs ». « Ils ont des aspirations scolaires beaucoup plus ambitieuses que les autres élèves », précise le document, qui pointe aussi que les parents immigrés « sont plus nombreux à souhaiter que leur enfant poursuive ses études jusqu’à 20 ans et plus et croient aussi plus fréquemment à l’utilité des diplômes de l’enseignement supérieur ».
Explication : « Ils se positionnent de manière plus positive par rapport au système éducatif français, alors que pour beaucoup de parents non-bacheliers, les difficultés scolaires de leur enfant seraient plus souvent vécues comme la poursuite de leur propre échec. »
et pas mal de liens sur les études ds la page