Soit n un entier naturel tel que n⩾2. Pour tout réel θ, on considère la matrice An∈Mn(R) définie par :
An=cosθ10⋮01cosθ1⋱⋯01⋱⋱0⋯⋱⋱cosθ10⋮01cosθ
Calculer Dn(θ)=det(An).
1.
Procéder à un développement du déterminant par rapport à la première colonne pour établir une relation de récurrence liant Dn(θ), Dn−1(θ) et Dn−2(θ).
2.
On pourra poser x=cosθ et résoudre l'équation caractéristique associée à la suite récurrente.
3.
Pour simplifier l'expression, on pourra introduire un angle auxiliaire ϕ tel que x=2cosϕ.
Idées clés
•
Développement de déterminant (formule de Laplace).
•
Étude d'une suite récurrente linéaire d'ordre 2.
•
Utilisation de la structure polynomiale du déterminant pour simplifier l'étude.
1. Établissement de la relation de récurrence.
Développons Dn(θ) suivant la première colonne :
Dn(θ)=cosθΔn−1−1⋅Δn−1′
où Δn−1=Dn−1(θ) et Δn−1′ est le déterminant de la matrice de taille n−1 obtenue en retirant la première colonne et la deuxième ligne.
En développant Δn−1′ suivant sa première ligne, on obtient :
Δn−1′=1⋅Dn−2(θ)−0=Dn−2(θ)
On en déduit la relation de récurrence valable pour n⩾3 :
Dn(θ)=cosθDn−1(θ)−Dn−2(θ)
Calculons les premiers termes :
D1(θ)=cosθ
D2(θ)=cos2θ−1
Pour que la récurrence soit cohérente avec n=2, on peut poser D0(θ)=1, car cosθD1(θ)−D0(θ)=cos2θ−1=D2(θ).
2. Résolution de l'équation caractéristique.
Soit x=cosθ. L'équation caractéristique associée est r2−xr+1=0.
Le discriminant est Δ=x2−4=cos2θ−4.
Comme θ∈R, on a ∣cosθ∣⩽1, donc Δ⩽−3<0.
L'équation admet deux racines complexes conjuguées distinctes.
Pour les exprimer de manière élégante, posons x=2cosϕ.
Puisque x∈[−1,1], on peut choisir ϕ∈[3π,32π]. En particulier, ϕ≡0(modπ), donc sinϕ=0.
L'équation devient r2−(2cosϕ)r+1=0, dont les racines sont :
r=22cosϕ±4cos2ϕ−4=cosϕ±isinϕ=e±iϕ
3. Expression du déterminant.
Il existe (λ,μ)∈C2 tels que pour tout n∈N :
Dn(θ)=λeinϕ+μe−inϕ
En utilisant les conditions initiales :
Pour n=0 : λ+μ=1.
Pour n=1 : λeiϕ+μe−iϕ=2cosϕ.
On résout le système :
λeiϕ+(1−λ)e−iϕ=eiϕ+e−iϕ
λ(eiϕ−e−iϕ)=eiϕ⟹λ=2isinϕeiϕ
On en déduit μ=1−λ=2isinϕ2isinϕ−eiϕ=2isinϕ−e−iϕ.
D'où :
Dn(θ)=2isinϕei(n+1)ϕ−e−i(n+1)ϕ
Dn(θ)=sinϕsin((n+1)ϕ)aveccosϕ=2cosθ
L'erreur fréquente est d'oublier que la récurrence porte sur cosθ et non sur 2cosθ. Si la diagonale était 2cosθ, les racines seraient simplement e±iθ. Ici, il faut bien introduire l'angle auxiliaire ϕ tel que 2cosϕ=cosθ.