1. Preuve de l'identité déterminant-trace.
Soit A∈Mn(C). Le corps C étant algébriquement clos, le polynôme caractéristique de A est scindé.
Par conséquent, A est trigonalisable dans Mn(C). Il existe P∈GLn(C) et une matrice triangulaire supérieure T telles que :
A=PTP−1 Les coefficients diagonaux de T sont les valeurs propres λ1,…,λn de A (comptées avec multiplicité).
Pour tout k∈N∗, on a Ak=PTkP−1. La matrice Tk est également triangulaire et ses coefficients diagonaux sont λ1k,…,λnk. On en déduit :
Tr(Ak)=Tr(Tk)=i=1∑nλik Considérons maintenant z∈C tel que ∣z∣<ρ(A)1. Par définition du rayon spectral, pour tout i∈{1,…,n}, on a ∣λi∣≤ρ(A), donc ∣zλi∣<1.
Le déterminant étant invariant par similitude :
det(In+zA)=det(P(In+zT)P−1)=det(In+zT) Comme In+zT est triangulaire, son déterminant est le produit de ses coefficients diagonaux :
det(In+zA)=i=1∏n(1+zλi) En utilisant la fonction exponentielle et le développement en série entière de ln(1+u) pour ∣u∣<1, on obtient :
det(In+zA)=exp(i=1∑nln(1+zλi)) det(In+zA)=exp(i=1∑nk=1∑+∞k(−1)k−1(zλi)k) Comme les sommes sont finies sur i, on peut intervertir les symboles ∑ :
det(In+zA)=exp(k=1∑+∞k(−1)k−1zki=1∑nλik) En remplaçant la somme des puissances des valeurs propres par la trace, on obtient le résultat :
det(In+zA)=exp(k=1∑+∞k(−1)k−1Tr(Ak)zk) 2. Application aux graphes.
- Nombre de chemins fermés.
Par une récurrence classique sur n, on montre que le coefficient (Mn)i,j de la matrice Mn est égal au nombre de chemins de longueur n joignant le sommet i au sommet j.
Un chemin fermé de longueur n est un chemin qui part d'un sommet i et revient à ce même sommet i en n étapes.
Pour un sommet i fixé, ce nombre est donné par (Mn)i,i. Le nombre total de chemins fermés de longueur n dans le graphe est donc la somme de ces coefficients sur tous les sommets possibles :
Nn(G)=i=1∑m(Mn)i,i=Tr(Mn)
- Expression de la fonction zêta.
On utilise l'identité démontrée à la question 1 en remplaçant A par −M. Pour ∣z∣<1/ρ(M), on a :
det(Im+z(−M))=exp(k=1∑+∞k(−1)k−1Tr((−M)k)zk) Observons que Tr((−M)k)=Tr((−1)kMk)=(−1)kTr(Mk). Le terme général de la somme devient :
k(−1)k−1(−1)kTr(Mk)zk=k(−1)2k−1Tr(Mk)zk=−kTr(Mk)zk Ainsi :
det(Im−zM)=exp(−k=1∑+∞kTr(Mk)zk) Par définition de la fonction zêta et en utilisant Nk(G)=Tr(Mk), on a :
ζG(z)=exp(k=1∑+∞kTr(Mk)zk) On en déduit immédiatement :
det(Im−zM)=ζG(z)1
Ce qui donne bien :
ζG(z)=det(Im−zM)1