Soit et un polynôme unitaire de degré . On note ses racines dans , comptées avec multiplicité, de sorte que :
Pour tout entier naturel non nul , on définit le polynôme par :
Démontrer que le polynôme est à coefficients entiers, c'est-à-dire que .
Introduire la matrice compagnon associée au polynôme .
Étudier la nature des coefficients de la puissance -ième de cette matrice.
Relier les racines de aux valeurs propres de cette nouvelle matrice.
Utilisation de la matrice compagnon dont le polynôme caractéristique est .
Propriété de stabilité de par produit.
Lien entre les valeurs propres de et celles de .
Résolution.
Considérons le polynôme . Puisque , tous les coefficients sont des entiers.
Introduisons la matrice compagnon associée à , définie par :
Un résultat classique sur les matrices compagnons (démontrable par développement du déterminant par rapport à la dernière colonne ou par récurrence) assure que :
Par hypothèse, les racines de sont . Ce sont donc exactement les valeurs propres de la matrice dans , comptées avec leurs multiplicités algébriques.
Soit . On s'intéresse à la matrice .
Puisque est à coefficients entiers () et que l'ensemble est stable par produit matriciel, on en déduit par une récurrence immédiate que :
Le polynôme caractéristique de , noté , est défini par .
D'après la formule du déterminant (somme de produits des coefficients de la matrice), les coefficients de sont obtenus par des sommes et des produits des coefficients de .
Comme est à coefficients entiers, il en résulte que :
Déterminons maintenant les racines de . La matrice est trigonalisable dans car son polynôme caractéristique est scindé sur .
Il existe donc une matrice inversible et une matrice triangulaire supérieure telles que , où les coefficients diagonaux de sont les racines de , à savoir .
En élevant à la puissance , on obtient :
La matrice est également triangulaire supérieure, et ses coefficients diagonaux sont les puissances -ièmes des coefficients diagonaux de . Ces coefficients sont donc .
Ainsi, les valeurs propres de sont exactement les pour . Le polynôme caractéristique de s'écrit alors :
Par définition de l'énoncé, ce produit correspond au polynôme . On en conclut :
L'erreur fréquente consiste à essayer de manipuler directement les relations entre racines et coefficients (formules de Viète). Bien que possible via les polynômes symétriques, cette voie est nettement plus calculatoire que l'approche matricielle.