Soit une matrice diagonalisable dont toutes les valeurs propres sont de module . On considère une matrice quelconque. Pour tout , on définit la suite par :
Montrer que la suite converge dans et déterminer sa limite en fonction des sous-espaces propres de .
Commencer par réduire la matrice dans une base de diagonalisation.
Exprimer le terme général de la somme dans cette base de travail.
Étudier la convergence de chaque coefficient de la matrice à l'aide d'un argument de moyenne de Cesàro pour les suites géométriques.
Interpréter la limite obtenue comme une somme de projections sur les sous-espaces propres.
Diagonalisation de pour simplifier les puissances .
Étude coefficient par coefficient après changement de base.
Utilisation de la convergence de la moyenne de Cesàro pour des termes de module 1.
Résolution.
La matrice est diagonalisable dans . Il existe donc une matrice inversible et une matrice diagonale telles que :
Puisque les valeurs propres de sont de module , on a pour tout , . En particulier, est inversible et . On injecte cette décomposition dans l'expression de :
En factorisant par et , on obtient :
Posons . La matrice a pour coefficients :
Par linéarité, le coefficient de la matrice est :
Posons . Puisque , on a . Étudions la limite de la moyenne de Cesàro :
Ainsi, la matrice converge vers une matrice diagonale par blocs dont les coefficients sont :
Par continuité du produit matriciel, la suite converge vers .
Interprétation de la limite.
Notons les valeurs propres distinctes de et les sous-espaces propres associés. Soit le projecteur sur parallèlement à . La décomposition spectrale de l'identité donne . Le calcul précédent montre que la limite est l'endomorphisme défini par :
Attention à ne pas oublier que la convergence de vers nécessite avec . Si , la suite diverge grossièrement. Ici, l'hypothèse sur le module des valeurs propres est cruciale.