Soit . On considère une matrice que l'on suppose triangulaire supérieure.
On fait l'hypothèse que tous les coefficients diagonaux de sont égaux à .
Démontrer, sans avoir recours à la théorie des déterminants (ni à la formule de la co-matrice), que la matrice est inversible dans l'anneau .
Décomposer la matrice sous la forme .
Étudier la nature de la matrice ainsi introduite, notamment ses coefficients diagonaux.
Utiliser une identité polynomiale classique liant et .
Décomposition en partie identité et partie strictement triangulaire.
Nilpotence des matrices strictement triangulaires.
Utilisation de la formule de la progression géométrique pour les endomorphismes nilpotents.
Résolution.
Posons la matrice définie par :
Par hypothèse, est une matrice triangulaire supérieure dont les coefficients diagonaux valent .
Il en résulte que est une matrice triangulaire supérieure dont les coefficients diagonaux sont tous nuls :
Une telle matrice est dite strictement triangulaire supérieure.
D'après le cours sur la nilpotence, toute matrice strictement triangulaire supérieure de taille est nilpotente d'indice au plus . Nous avons donc :
Cherchons maintenant à exprimer l'inverse de .
Considérons l'identité polynomiale suivante, valable pour toute matrice et tout entier :
Appliquons cette relation à la matrice avec :
Comme , le terme de droite se simplifie et nous obtenons :
Ceci prouve que la matrice est inversible dans et que son inverse est :
Il reste à justifier que cette matrice appartient à .
On en conclut que :
L'erreur classique serait de dire que toute matrice de inversible dans possède un inverse dans . C'est faux : par exemple a pour inverse . La condition nécessaire et suffisante est que le déterminant soit égal à ou , ce qui est bien le cas ici (le déterminant d'une matrice triangulaire est le produit de ses coefficients diagonaux). Mais l'énoncé imposait de se passer du déterminant.