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Soit A\mathbb{A} un sous-anneau de C\mathbb{C}. On note A‾\overline{\mathbb{A}} l'ensemble des nombres complexes qui sont racines d'un polynôme unitaire à coefficients dans A\mathbb{A}.

  1. Soit α∈C\alpha \in \mathbb{C}. Montrer que α∈A‾\alpha \in \overline{\mathbb{A}} si et seulement s'il existe une matrice M∈Mn(A)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{A}) telle que α\alpha soit une valeur propre de MM.
  2. En utilisant les résultats sur l'endomorphisme M↦AM+MBM \mapsto AM+MB, démontrer que si α,β∈A‾\alpha, \beta \in \overline{\mathbb{A}}, alors α+β\alpha + \beta et αβ\alpha \beta appartiennent également à A‾\overline{\mathbb{A}}.
  3. Conclure que A‾\overline{\mathbb{A}} est un sous-anneau de C\mathbb{C}.

1.

Pour le 1, utiliser la matrice compagnon d'un polynôme annulateur.

2.

Pour le 2, si AA et BB sont des matrices dont α\alpha et β\beta sont valeurs propres, construire une matrice dont les valeurs propres sont les sommes et les produits.

Idées clés

•

Lien entre racines de polynômes et valeurs propres (matrice compagnon).

•

Construction de matrices par produit de Kronecker (ou via les opérateurs LAL_A et RBR_B).

•

Un nombre est dans A‾\overline{\mathbb{A}} ssi il est valeur propre d'une matrice à coefficients dans A\mathbb{A}.

Résolution.

  1.   ⟹  \implies Soit α∈A‾\alpha \in \overline{\mathbb{A}}. Il existe P=Xn+an−1Xn−1+⋯+a0∈A[X]P = X^n + a_{n-1}X^{n-1} + \dots + a_0 \in \mathbb{A}[X] tel que P(α)=0P(\alpha) = 0. La matrice compagnon CP∈Mn(A)C_P \in \mathcal{M}_n(\mathbb{A}) a pour polynôme caractéristique PP. Ainsi α\alpha est valeur propre de CPC_P.   ⟸  \impliedby Si α\alpha est valeur propre de M∈Mn(A)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{A}), alors α\alpha est racine de χM(X)=det⁡(XIn−M)\chi_M(X) = \det(XI_n - M). Comme MM est à coefficients dans A\mathbb{A}, χM\chi_M est un polynôme unitaire de A[X]\mathbb{A}[X]. Donc α∈A‾\alpha \in \overline{\mathbb{A}}.

  2. Soient α,β∈A‾\alpha, \beta \in \overline{\mathbb{A}}. Il existe A∈Mn(A)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{A}) et B∈Mp(A)B \in \mathcal{M}_p(\mathbb{A}) telles que AX=αXA X = \alpha X (X≠0X \neq 0) et BTY=βYB^T Y = \beta Y (Y≠0Y \neq 0). Considérons l'opérateur Φ:M↦AM+MB\Phi : M \mapsto AM + MB sur Mn,p(C)\mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{C}). D'après l'exercice précédent, Φ\Phi admet pour valeur propre α+β\alpha + \beta associée au vecteur propre XYTX Y^T. La matrice de Φ\Phi dans la base canonique (Ei,j)(E_{i,j}) de Mn,p(C)\mathcal{M}_{n,p}(\mathbb{C}) est à coefficients dans A\mathbb{A} (car AA et BB le sont). Ainsi α+β\alpha + \beta est valeur propre d'une matrice à coefficients dans A\mathbb{A}, d'où α+β∈A‾\alpha + \beta \in \overline{\mathbb{A}}. De même pour Ψ:M↦AMB\Psi : M \mapsto AMB, αβ\alpha \beta est valeur propre de l'opérateur Ψ\Psi. La matrice de Ψ\Psi est également à coefficients dans A\mathbb{A}, d'où αβ∈A‾\alpha \beta \in \overline{\mathbb{A}}.

  3. L'ensemble A‾\overline{\mathbb{A}} contient 11 (racine de X−1X-1) et 00. Si α∈A‾\alpha \in \overline{\mathbb{A}}, −α-\alpha aussi (racine de P(−X)P(-X) ou (−1)nP(−X)(-1)^n P(-X)). D'après la question 2, A‾\overline{\mathbb{A}} est stable par addition et multiplication.
    A‾ est un sous-anneau de C\boxed{ \overline{\mathbb{A}} \text{ est un sous-anneau de } \mathbb{C} }

L'unitarité du polynôme est cruciale. Si le polynôme n'est pas unitaire, on parle de nombres algébriques, mais pas "d'entiers" sur l'anneau A\mathbb{A}.