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Soient nn un entier naturel non nul et deux matrices A,B∈GLn(C)A, B \in \mathrm{GL}_{n}(\mathbb{C}). On considère deux vecteurs XX et YY de Cn\mathbb{C}^{n} et l'on suppose que la relation suivante est vérifiée pour tout entier k≥1k \geq 1 :

AkX=BkYA^{k} X = B^{k} Y

Démontrer que les vecteurs XX et YY sont nécessairement égaux.

1.

Commencer par exploiter le cas k=1k=1 et k=2k=2 pour définir un vecteur ZZ tel que AZ=BZAZ = BZ.

2.

Montrer par récurrence que AkZ=BkZA^k Z = B^k Z pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}.

3.

Utiliser un polynôme annulateur de BB (par exemple son polynôme minimal ou caractéristique) pour exprimer B−1ZB^{-1} Z en fonction des puissances positives de BB.

4.

Conclure en utilisant l'inversibilité des matrices et la stabilité de certains sous-espaces.

Idées clés

•

Utilisation du polynôme minimal pour exprimer l'inverse d'une matrice.

•

Stabilité des sous-espaces par un endomorphisme et son inverse.

•

Relation entre égalité des puissances et égalité des polynômes d'endomorphismes.

Résolution.

  1. Étude des premiers rangs et introduction d'un vecteur pivot.

    D'après l'énoncé, pour k=1k=1, nous avons AX=BYAX = BY. Posons :

    Z=AX=BY\boxed{Z = AX = BY}
    Pour k=2k=2, l'hypothèse donne A2X=B2YA^2 X = B^2 Y. En réécrivant cette égalité, on obtient :
    A(AX)=B(BY)  ⟹  AZ=BZA(AX) = B(BY) \implies AZ = BZ
    Par une récurrence immédiate, on montre que pour tout k∈Nk \in \mathbb{N} :
    AkZ=BkZ\boxed{A^k Z = B^k Z}
    En effet, si l'égalité est vraie au rang kk, alors Ak+1Z=A(AkZ)=A(BkZ)A^{k+1} Z = A(A^k Z) = A(B^k Z). D'autre part, l'hypothèse au rang k+2k+2 donne Ak+2X=Bk+2YA^{k+2} X = B^{k+2} Y, soit Ak+1Z=Bk+1ZA^{k+1} Z = B^{k+1} Z.

  2. Utilisation d'un polynôme annulateur.

    Soit P=∑i=0daiTiP = \sum_{i=0}^d a_i T^i un polynôme annulateur de BB (par exemple son polynôme minimal MBM_B). Comme BB est inversible, 00 n'est pas valeur propre de BB, donc P(0)=a0≠0P(0) = a_0 \neq 0. Puisque P(B)=0P(B) = 0, on a en particulier P(B)Z=0P(B)Z = 0, ce qui s'écrit :

    a0Z+∑i=1daiBiZ=0a_0 Z + \sum_{i=1}^d a_i B^i Z = 0
    Or, nous avons établi que BiZ=AiZB^i Z = A^i Z pour tout i≥0i \geq 0. On peut donc substituer :
    a0Z+∑i=1daiAiZ=0  ⟹  P(A)Z=0a_0 Z + \sum_{i=1}^d a_i A^i Z = 0 \implies P(A)Z = 0

  3. Expression de l'inverse et conclusion.

    Puisque a0≠0a_0 \neq 0, on peut isoler ZZ dans l'équation P(B)Z=0P(B)Z = 0 :

    Z=−1a0∑i=1daiBiZ=B(−1a0∑i=1daiBi−1Z)Z = -\frac{1}{a_0} \sum_{i=1}^d a_i B^i Z = B \left( -\frac{1}{a_0} \sum_{i=1}^d a_i B^{i-1} Z \right)
    En multipliant par B−1B^{-1} à gauche, on obtient :
    B−1Z=−1a0∑i=1daiBi−1ZB^{-1} Z = -\frac{1}{a_0} \sum_{i=1}^d a_i B^{i-1} Z
    De la même manière, comme P(A)Z=0P(A)Z = 0, on a :
    A−1Z=−1a0∑i=1daiAi−1ZA^{-1} Z = -\frac{1}{a_0} \sum_{i=1}^d a_i A^{i-1} Z
    Grâce à l'égalité AjZ=BjZA^j Z = B^j Z valable pour tout j∈Nj \in \mathbb{N}, les deux sommes ci-dessus sont égales terme à terme. On en déduit :
    A−1Z=B−1Z\boxed{A^{-1} Z = B^{-1} Z}
    Enfin, par définition de ZZ, nous avons X=A−1ZX = A^{-1} Z et Y=B−1ZY = B^{-1} Z. L'égalité précédente permet de conclure :
    X=Y\boxed{X = Y}

Si l'on suppose que l'égalité AkX=BkYA^k X = B^k Y est vraie pour k∈Nk \in \mathbb{N}, le résultat est trivial car pour k=0k=0, on a A0X=B0YA^0 X = B^0 Y, soit InX=InYI_n X = I_n Y. Toute la difficulté (et l'intérêt) de l'exercice réside dans le cas où l'on ne connaît l'égalité qu'à partir du rang k=1k=1.