Soit une matrice carrée d'ordre 5 à coefficients réels. On suppose que la matrice vérifie la relation polynomiale suivante :
Démontrer que la trace de la matrice appartient à l'intervalle ouvert .
Commencer par déterminer les racines du polynôme annulateur .
Utiliser le fait que toute valeur propre de est racine de ce polynôme annulateur.
Justifier que est diagonalisable dans pour exprimer la trace comme somme des valeurs propres avec leurs multiplicités.
Exploiter la réalité de la matrice pour obtenir une condition sur les multiplicités des racines complexes conjuguées.
Lien entre spectre et racines d'un polynôme annulateur.
Diagonalisabilité sur via le critère des racines simples.
Symétrie du spectre pour une matrice réelle : si est valeur propre, alors l'est avec la même multiplicité.
1. Recherche des racines du polynôme annulateur.
Considérons le polynôme .
Pour trouver une racine rationnelle de la forme , on cherche parmi les diviseurs de (soit ) et parmi les diviseurs de (soit ).
On teste :
Ainsi, est racine de . On procède à la division euclidienne ou à une identification pour factoriser :
Les racines du trinôme sont obtenues via le discriminant . Les racines complexes sont :
L'ensemble des racines de est donc :
2. Nature du spectre et multiplicités.
Le polynôme est annulateur de . Ses trois racines sont distinctes dans . Par conséquent, est diagonalisable dans .
Soit le spectre de . On a .
Notons , et les multiplicités respectives de , et en tant que valeurs propres (certaines pouvant être nulles). Puisque , la somme des multiplicités vaut 5 :
De plus, comme est réelle, les valeurs propres non réelles apparaissent par paires conjuguées avec la même multiplicité. On en déduit :
L'équation devient . Comme , les couples possibles sont :
3. Calcul des valeurs possibles de la trace.
La trace est la somme des valeurs propres comptées avec multiplicité :
On remarque que . Ainsi :
Calculons les trois valeurs selon les cas identifiés :
Dans tous les cas, les valeurs obtenues appartiennent bien à l'intervalle .
L'erreur classique consiste à oublier que est une matrice réelle. Sans cette hypothèse, on ne pourrait pas affirmer que , et il y aurait beaucoup plus de combinaisons possibles pour la trace (elle ne serait d'ailleurs pas nécessairement réelle).