Soit EE un espace vectoriel de dimension finie nn sur le corps R\mathbb{R}. On suppose que l'entier nn est impair.

Montrer que pour tout endomorphisme uL(E)u \in \mathcal{L}(E), il existe au moins un hyperplan de EE stable par uu.

1.

Rappeler pourquoi un endomorphisme d'un R\mathbb{R}-espace vectoriel de dimension impaire possède toujours au moins une valeur propre réelle.

2.

Utiliser l'endomorphisme transposé uu^* agissant sur l'espace dual EE^*.

3.

Faire le lien entre les vecteurs propres de uu^* et les hyperplans stables de uu.

Idées clés

Propriété des polynômes réels de degré impair (théorème des valeurs intermédiaires).

Dualité : lien entre stabilité d'un sous-espace et stabilité de son orthogonal (ou noyau d'une forme linéaire).

Un hyperplan est le noyau d'une forme linéaire non nulle.

Résolution.

Soit uu un endomorphisme de EE. Considérons son polynôme caractéristique χu=det(XIu)\chi_u = \det(XI - u).

C'est un polynôme à coefficients réels de degré nn. Par hypothèse, nn est un entier impair.

D'après les limites d'un polynôme de degré impair en l'infini :

limxχu(x)=etlimx+χu(x)=+\lim_{x \to -\infty} \chi_u(x) = -\infty   \text{et}   \lim_{x \to +\infty} \chi_u(x) = +\infty
(ou l'inverse selon le signe du coefficient dominant).

D'après le théorème des valeurs intermédiaires, le polynôme χu\chi_u admet au moins une racine réelle λR\lambda \in \mathbb{R}.

L’endomorphisme u posseˋde au moins une valeur propre reˊelle.\boxed{\text{L'endomorphisme } u \text{ possède au moins une valeur propre réelle.}}

Considérons maintenant l'espace dual E=L(E,R)E^* = \mathcal{L}(E, \mathbb{R}). On sait que dim(E)=dim(E)=n\dim(E^*) = \dim(E) = n.

Soit uL(E)u^* \in \mathcal{L}(E^*) l'endomorphisme transposé de uu, défini par :

φE,u(φ)=φu\forall \varphi \in E^*,   u^*(\varphi) = \varphi \circ u

Le polynôme caractéristique de uu^* est identique à celui de uu : χu=χu\chi_{u^*} = \chi_u.

Puisque dim(E)\dim(E^*) est impair, le résultat précédent s'applique à uu^*. Il existe donc une valeur propre réelle μR\mu \in \mathbb{R} pour uu^*.

Soit φE{0}\varphi \in E^* \setminus \{0\} un vecteur propre associé à cette valeur propre μ\mu. On a :

u(φ)=μφ\boxed{u^*(\varphi) = \mu \varphi}

Définissons l'ensemble H=ker(φ)H = \ker(\varphi).

Comme φ\varphi est une forme linéaire non nulle sur EE, son noyau HH est un hyperplan de EE.

Montrons que HH est stable par uu. Soit xHx \in H. Par définition, φ(x)=0\varphi(x) = 0.

Calculons l'image de u(x)u(x) par la forme linéaire φ\varphi :

φ(u(x))=(u(φ))(x)\varphi(u(x)) = (u^*(\varphi))(x)

En utilisant le fait que φ\varphi est un vecteur propre de uu^* :

φ(u(x))=(μφ)(x)=μφ(x)\varphi(u(x)) = (\mu \varphi)(x) = \mu \varphi(x)

Comme xker(φ)x \in \ker(\varphi), on obtient :

φ(u(x))=μ×0=0\varphi(u(x)) = \mu \times 0 = 0

Ainsi, u(x)ker(φ)u(x) \in \ker(\varphi), ce qui prouve que u(x)Hu(x) \in H.

H est un hyperplan de E stable par u\boxed{H \text{ est un hyperplan de } E \text{ stable par } u}

L'existence d'une valeur propre réelle garantit l'existence d'une droite stable (engendrée par un vecteur propre). Pour obtenir un hyperplan stable, il est crucial de passer par le dual EE^* ou par l'orthogonalité dans un cadre euclidien.