Soit un -espace vectoriel de dimension finie et un endomorphisme de . On se propose de démontrer l'équivalence entre la simplicité de l'endomorphisme (absence de sous-espaces stables non triviaux) et l'irréductibilité de ses polynômes associés.
Montrer que les assertions suivantes sont équivalentes :
Pour , utiliser le fait que si est un sous-espace stable, alors le polynôme caractéristique de la restriction divise .
Pour , montrer d'abord que est cyclique en considérant le sous-espace engendré par les itérés d'un vecteur non nul. Pour l'irréductibilité de , raisonner par l'absurde en utilisant les noyaux de facteurs du polynôme.
Pour , utiliser la propriété fondamentale des endomorphismes cycliques liant et .
Lien entre stabilité et divisibilité des polynômes (restriction).
Structure des endomorphismes cycliques ().
Lemme des noyaux et sous-espaces stables.
Démontrons .
Soit un sous-espace de stable par . On note la restriction de à . On sait que le polynôme caractéristique de la restriction, noté , divise le polynôme caractéristique de l'endomorphisme total .
Or, par hypothèse, est irréductible dans . Ses seuls diviseurs unitaires sont donc et . Comme , nous avons deux possibilités :
On en conclut que :
Démontrons .
Étape 1 : est cyclique. Soit un vecteur non nul de . On considère le sous-espace cyclique engendré par :
Par construction, est stable par . Comme , n'est pas réduit à . D'après l'hypothèse (1), on a nécessairement . L'existence d'un vecteur dont la famille des itérés engendre signifie par définition que :
Étape 2 : est irréductible. Supposons par l'absurde que ne soit pas irréductible. Il existe alors deux polynômes non constants et tels que . On considère le sous-espace . est un sous-espace vectoriel stable par car et commutent.
Ainsi, serait un sous-espace stable non trivial, ce qui contredit (1).
Démontrons .
On utilise un résultat classique sur les endomorphismes cycliques : un endomorphisme est cyclique si et seulement si son polynôme minimal est égal (au signe près) à son polynôme caractéristique. Ici, est cyclique, donc :
Comme est supposé irréductible dans , il en résulte immédiatement que :
L'irréductibilité dépend crucialement du corps . Par exemple, le polynôme est irréductible sur (donc une rotation d'angle dans n'a pas de droite stable), mais il est scindé sur (la même rotation possède deux droites propres complexes).