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Pour tout entier p∈N∗p \in \mathbb{N}^*, on note Jp∈Mp(K)J_p \in \mathcal{M}_p(\mathbb{K}) la matrice dont les coefficients sont définis par (Jp)i,j=1(J_p)_{i,j} = 1 si j=i+1j = i+1 et (Jp)i,j=0(J_p)_{i,j} = 0 sinon.

Soit M∈MN(K)M \in \mathcal{M}_N(\mathbb{K}) une matrice diagonale par blocs de la forme :

M=diag(J1,…,J1⏟n1 fois,J2,…,J2⏟n2 fois,…,Jn,…,Jn⏟nn fois)M = \text{diag}(\underbrace{J_1, \dots, J_1}_{n_1 \text{ fois}}, \underbrace{J_2, \dots, J_2}_{n_2 \text{ fois}}, \dots, \underbrace{J_n, \dots, J_n}_{n_n \text{ fois}})
où les nin_i sont des entiers naturels.

  1. Exprimer, pour tout entier k∈Nk \in \mathbb{N}, le rang de la matrice MkM^k en fonction des coefficients n1,n2,…,nnn_1, n_2, \dots, n_n.
  2. En déduire que la donnée des rangs des puissances successives de MM détermine de manière unique les entiers nin_i. On donnera une expression explicite de chaque nin_i en fonction des rangs de Mi−1,MiM^{i-1}, M^i et Mi+1M^{i+1}.

1.

Commencer par déterminer le rang de JpkJ_p^k pour différentes valeurs de kk en interprétant la matrice comme un endomorphisme de décalage.

2.

Utiliser la structure diagonale par blocs : le rang d'une telle matrice est la somme des rangs de ses blocs.

3.

Pour la question 2, introduire la suite rk=rg(Mk)r_k = \text{rg}(M^k) et étudier les différences successives rk−rk+1r_k - r_{k+1}.

Idées clés

•

Propriété du rang pour les matrices diagonales par blocs.

•

Étude des puissances d'un bloc nilpotent élémentaire (matrice de décalage).

•

Utilisation de différences finies pour isoler les coefficients nin_i.

1. Calcul du rang de MkM^k

Soit p∈{1,…,n}p \in \{1, \dots, n\}. La matrice JpJ_p est la matrice d'un endomorphisme uu qui transforme les vecteurs d'une base (e1,…,ep)(e_1, \dots, e_p) selon le schéma ep→ep−1→⋯→e1→0e_p \to e_{p-1} \to \dots \to e_1 \to 0.

Pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}, la matrice JpkJ_p^k agit comme un décalage de kk crans. Ses colonnes non nulles sont les images des p−kp-k derniers vecteurs de la base, si k<pk < p.

On en déduit le rang d'un bloc élémentaire :

∀k∈N,rg(Jpk)=max⁡(0,p−k)\forall k \in \mathbb{N},   \text{rg}(J_p^k) = \max(0, p-k)

Comme MkM^k est une matrice diagonale par blocs, son rang est la somme des rangs de ses blocs :

rg(Mk)=∑p=1nnp⋅rg(Jpk)\text{rg}(M^k) = \sum_{p=1}^n n_p \cdot \text{rg}(J_p^k)

En injectant l'expression du rang de JpkJ_p^k, on obtient :

rg(Mk)=∑p=k+1nnp(p−k)\boxed{\text{rg}(M^k) = \sum_{p=k+1}^n n_p (p-k)}

2. Expression de nin_i en fonction des rangs

Posons rk=rg(Mk)r_k = \text{rg}(M^k) pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}. Notons que rk=0r_k = 0 pour tout k≥nk \ge n. Calculons la différence entre deux rangs consécutifs pour simplifier l'expression :

rk−rk+1=∑p=k+1nnp(p−k)−∑p=k+2nnp(p−k−1)r_k - r_{k+1} = \sum_{p=k+1}^n n_p (p-k) - \sum_{p=k+2}^n n_p (p-k-1)

En isolant le premier terme de la première somme :

rk−rk+1=nk+1(1)+∑p=k+2nnp[(p−k)−(p−k−1)]r_k - r_{k+1} = n_{k+1}(1) + \sum_{p=k+2}^n n_p \left[ (p-k) - (p-k-1) \right]

Ce qui se simplifie en :

rk−rk+1=∑p=k+1nnp\boxed{r_k - r_{k+1} = \sum_{p=k+1}^n n_p}

Cette quantité représente la somme du nombre de blocs de taille au moins k+1k+1. Pour isoler un coefficient nin_i précis, nous effectuons une seconde différence :

(ri−1−ri)−(ri−ri+1)=∑p=innp−∑p=i+1nnp(r_{i-1} - r_i) - (r_i - r_{i+1}) = \sum_{p=i}^n n_p - \sum_{p=i+1}^n n_p

L'unique terme restant dans la différence est nin_i. On obtient ainsi la formule finale :

ni=rg(Mi−1)−2rg(Mi)+rg(Mi+1)\boxed{n_i = \text{rg}(M^{i-1}) - 2\text{rg}(M^i) + \text{rg}(M^{i+1})}

Puisque chaque nin_i est entièrement déterminé par les rangs des puissances de MM, la structure en blocs (à l'ordre des blocs près) est unique.

Attention à ne pas oublier que le rang de JpkJ_p^k devient nul dès que k≥pk \ge p. Il faut être vigilant sur les indices des sommes lors des calculs de différences.