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Soit EE un espace vectoriel réel de dimension 3. On considère l'ensemble des endomorphismes uL(E)u \in \mathcal{L}(E) vérifiant la relation u3+u=0u^3 + u = 0.

  1. Soit uu un tel endomorphismes, supposé non nul.
    1. Déterminer les valeurs propres possibles de uu dans C\mathbb{C}. L'endomorphisme uu est-il diagonalisable sur C\mathbb{C} ?
    2. Montrer que le noyau ker(u)\ker(u) est de dimension 1.
    3. Justifier l'existence d'une base B\mathcal{B} de EE telle que :
      MatB(u)=(000001010)\mathrm{Mat}_{\mathcal{B}}(u) = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
      0 & 0 & -1
      0 & 1 & 0 \end{pmatrix}

  2. Soient AA et BB deux matrices de M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}) non nulles telles que A3=AA^3 = -A et B3=BB^3 = -B. Montrer que AA et BB sont semblables dans M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}).

1.

Pour la question 1.(a), utiliser le fait qu'un polynôme annulateur à racines simples sur C\mathbb{C} assure la diagonalisabilité.

2.

Pour la question 1.(b), utiliser le lemme des noyaux pour décomposer EE et raisonner sur la dimension des sous-espaces stables par un endomorphisme réel sans valeur propre réelle.

3.

Pour la question 1.(c), construire la base en choisissant un vecteur dans chaque composante de la décomposition des noyaux.

4.

Pour la question 2, utiliser le résultat de la question 1.(c) pour montrer que AA et BB sont semblables à une même matrice de référence.

Idées clés

Lien entre racines du polynôme annulateur et spectre.

Théorème de décomposition des noyaux.

Propriétés des endomorphismes réels (les valeurs propres complexes non réelles sont conjuguées).

Définition de la similitude via le changement de base.

Résolution.

    1. Le polynôme P(X)=X3+X=X(X2+1)=X(Xi)(X+i)P(X) = X^3 + X = X(X^2 + 1) = X(X-i)(X+i) est un polynôme annulateur de uu. Les valeurs propres de uu dans C\mathbb{C} sont nécessairement des racines de PP.
      SpC(u){0,i,i}\boxed{\mathrm{Sp}_{\mathbb{C}}(u) \subset \{0, i, -i\}}
      Comme PP est un polynôme scindé à racines simples dans C[X]\mathbb{C}[X], d'après le critère polynomial de diagonalisabilité :
      u est diagonalisable sur C\boxed{u \text{ est diagonalisable sur } \mathbb{C}}

    2. D'après le lemme des noyaux, comme XX et X2+1X^2+1 sont premiers entre eux :
      E=ker(u)ker(u2+IdE)E = \ker(u) \oplus \ker(u^2 + \mathrm{Id}_E)
      Notons E0=ker(u)E_0 = \ker(u) et F=ker(u2+IdE)F = \ker(u^2 + \mathrm{Id}_E). On sait que dim(E0)+dim(F)=3\dim(E_0) + \dim(F) = 3. Comme uu est un endomorphisme d'un espace vectoriel réel, si ii est valeur propre, alors son conjugué i-i l'est aussi avec la même multiplicité. L'endomorphisme uu restreint à FF ne possède aucune valeur propre réelle (car son polynôme annulateur X2+1X^2+1 n'en a pas). Ainsi, la dimension de FF est nécessairement paire. Comme u0u \neq 0, on a F{0}F \neq \{0\}, donc dim(F){2}\dim(F) \in \{2\}. Si dim(F)=3\dim(F) = 3, cela contredirait la parité. Donc dim(F)=2\dim(F) = 2. Par complémentarité dans EE de dimension 3 :
      dim(ker(u))=1\boxed{\dim(\ker(u)) = 1}

    3. Construisons la base B=(e1,e2,e3)\mathcal{B} = (e_1, e_2, e_3). Soit e1e_1 un vecteur non nul de ker(u)\ker(u). On a u(e1)=0u(e_1) = 0. Soit e2e_2 un vecteur non nul de F=ker(u2+IdE)F = \ker(u^2 + \mathrm{Id}_E). Posons e3=u(e2)e_3 = u(e_2). Montrons que (e2,e3)(e_2, e_3) est libre. Si e3=λe2e_3 = \lambda e_2 avec λR\lambda \in \mathbb{R}, alors u(e2)=λe2u(e_2) = \lambda e_2. En appliquant uu à nouveau : u2(e2)=λ2e2u^2(e_2) = \lambda^2 e_2. Or u2(e2)=e2u^2(e_2) = -e_2 car e2ker(u2+Id)e_2 \in \ker(u^2 + \mathrm{Id}). D'où λ2=1\lambda^2 = -1, ce qui est impossible pour λR\lambda \in \mathbb{R}. Ainsi (e2,e3)(e_2, e_3) est une famille libre de FF, et comme dim(F)=2\dim(F)=2, c'en est une base. Par concaténation, B=(e1,e2,e3)\mathcal{B} = (e_1, e_2, e_3) est une base de EE. Calculons les images :
      • u(e1)=0u(e_1) = 0
      • u(e2)=e3u(e_2) = e_3
      • u(e3)=u2(e2)=e2u(e_3) = u^2(e_2) = -e_2
      La matrice de uu dans cette base est bien :
      MB(u)=(000001010)\boxed{M_{\mathcal{B}}(u) = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
      0 & 0 & -1
      0 & 1 & 0 \end{pmatrix}}

  1. Soient A,BM3(R)A, B \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R}) non nulles telles que A3+A=0A^3+A=0 et B3+B=0B^3+B=0. D'après l'étude précédente, l'endomorphisme de R3\mathbb{R}^3 canoniquement associé à AA est semblable à la matrice :
    A0=(000001010)A_0 = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
    0 & 0 & -1
    0 & 1 & 0 \end{pmatrix}
    De même, l'endomorphisme associé à BB est semblable à cette même matrice A0A_0. Par transitivité de la relation de similitude :
    AA0 et BA0    AB\boxed{A \sim A_0 \text{ et } B \sim A_0 \implies A \sim B}

Attention à ne pas oublier de justifier que dim(ker(u2+Id))\dim(\ker(u^2+\mathrm{Id})) est paire. C'est un argument crucial en dimension 3 pour affirmer que le noyau ker(u)\ker(u) n'est pas réduit à {0}\{0\}.