Soit . On considère l'espace vectoriel .
On définit l'application de dans lui-même par la relation suivante :
Montrer que est un endomorphisme de et qu'il est diagonalisable.
Vérifier la linéarité de en utilisant les propriétés de la trace.
Rechercher les valeurs propres potentielles en résolvant l'équation .
Étudier spécifiquement le cas des matrices de trace nulle et le cas des matrices proportionnelles à l'identité.
Conclure en comparant la somme des dimensions des sous-espaces propres avec la dimension de l'espace total .
Calcul des dimensions des sous-espaces propres (hyperplan ).
Utilisation du fait qu'un endomorphisme est diagonalisable si la somme des dimensions de ses sous-espaces propres est égale à la dimension de l'espace ambiant.
Alternative possible : recherche d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.
1. Nature de l'application
L'application trace est une forme linéaire sur .
Pour tout couple et tout scalaire , on a :
\begin{align*}
\Phi(\alpha M + N) &= (\alpha M + N) + \operatorname{Tr}(\alpha M + N) I_n
&= \alpha M + N + (\alpha \operatorname{Tr}(M) + \operatorname{Tr}(N)) I_n
&= \alpha (M + \operatorname{Tr}(M)I_n) + (N + \operatorname{Tr}(N)I_n)
&= \alpha \Phi(M) + \Phi(N)
\end{align*}
L'application est donc un endomorphisme de .
2. Recherche des éléments propres
Cherchons les matrices non nulles et les scalaires tels que . Cette équation est équivalente à :
Cas 1 : (M) = 0}
L'équation devient . Comme , on en déduit .
Le sous-espace propre associé à la valeur propre contient l'ensemble :
Comme la trace est une forme linéaire non nulle (car ), son noyau est un hyperplan de . On a donc :
Cas 2 : (M) \neq 0}
Dans ce cas, l'égalité impose que est proportionnelle à . Posons . Calculons son image par :
Ainsi, est un vecteur propre de associé à la valeur propre .
Le sous-espace propre associé est . Sa dimension est :
3. Conclusion sur la diagonalisabilité
Les deux valeurs propres trouvées, et , sont distinctes car .
Faisons la somme des dimensions des sous-espaces propres :
Comme , la somme des dimensions des sous-espaces propres est égale à la dimension de l'espace.
Une erreur classique consiste à vouloir diagonaliser la matrice au lieu de l'endomorphisme . Il faut bien distinguer l'espace des matrices (les vecteurs ici) et l'opérateur qui agit sur cet espace.