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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. On considère l'espace vectoriel E=Mn(R)E = \mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

On définit l'application Φ\Phi de EE dans lui-même par la relation suivante :

∀M∈Mn(R),Φ(M)=M+Tr⁡(M)In\forall M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}),   \Phi(M) = M + \operatorname{Tr}(M) I_n

Montrer que Φ\Phi est un endomorphisme de EE et qu'il est diagonalisable.

1.

Vérifier la linéarité de Φ\Phi en utilisant les propriétés de la trace.

2.

Rechercher les valeurs propres potentielles en résolvant l'équation Φ(M)=λM\Phi(M) = \lambda M.

3.

Étudier spécifiquement le cas des matrices de trace nulle et le cas des matrices proportionnelles à l'identité.

4.

Conclure en comparant la somme des dimensions des sous-espaces propres avec la dimension de l'espace total Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

Idées clés

•

Calcul des dimensions des sous-espaces propres (hyperplan Ker⁡(Tr⁡)\operatorname{Ker}(\operatorname{Tr})).

•

Utilisation du fait qu'un endomorphisme est diagonalisable si la somme des dimensions de ses sous-espaces propres est égale à la dimension de l'espace ambiant.

•

Alternative possible : recherche d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.

1. Nature de l'application Φ\Phi

L'application trace est une forme linéaire sur Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

Pour tout couple (M,N)∈E2(M, N) \in E^2 et tout scalaire α∈R\alpha \in \mathbb{R}, on a : \begin{align*} \Phi(\alpha M + N) &= (\alpha M + N) + \operatorname{Tr}(\alpha M + N) I_n
&= \alpha M + N + (\alpha \operatorname{Tr}(M) + \operatorname{Tr}(N)) I_n
&= \alpha (M + \operatorname{Tr}(M)I_n) + (N + \operatorname{Tr}(N)I_n)
&= \alpha \Phi(M) + \Phi(N) \end{align*}

L'application Φ\Phi est donc un endomorphisme de Mn(R)\mathcal{M}_n(\mathbb{R}).

2. Recherche des éléments propres

Cherchons les matrices MM non nulles et les scalaires λ\lambda tels que Φ(M)=λM\Phi(M) = \lambda M. Cette équation est équivalente à :

M+Tr⁡(M)In=λM  ⟺  (λ−1)M=Tr⁡(M)InM + \operatorname{Tr}(M) I_n = \lambda M \iff (\lambda - 1) M = \operatorname{Tr}(M) I_n

Cas 1 : Tr⁡(M)=0\operatorname{Tr(M) = 0}

L'équation devient (λ−1)M=0(\lambda - 1) M = 0. Comme M≠0M \neq 0, on en déduit λ=1\lambda = 1.

Le sous-espace propre associé à la valeur propre 11 contient l'ensemble :

E1(Φ)={M∈Mn(R)∣Tr⁡(M)=0}=Ker⁡(Tr⁡)E_1(\Phi) = \{ M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) \mid \operatorname{Tr}(M) = 0 \} = \operatorname{Ker}(\operatorname{Tr})

Comme la trace est une forme linéaire non nulle (car Tr⁡(In)=n≠0\operatorname{Tr}(I_n) = n \neq 0), son noyau est un hyperplan de EE. On a donc :

dim⁡E1(Φ)=n2−1\boxed{\dim E_1(\Phi) = n^2 - 1}

Cas 2 : Tr⁡(M)≠0\operatorname{Tr(M) \neq 0}

Dans ce cas, l'égalité (λ−1)M=Tr⁡(M)In(\lambda - 1) M = \operatorname{Tr}(M) I_n impose que MM est proportionnelle à InI_n. Posons M=InM = I_n. Calculons son image par Φ\Phi :

Φ(In)=In+Tr⁡(In)In=In+nIn=(n+1)In\Phi(I_n) = I_n + \operatorname{Tr}(I_n) I_n = I_n + n I_n = (n+1) I_n

Ainsi, InI_n est un vecteur propre de Φ\Phi associé à la valeur propre λ=n+1\lambda = n+1.

Le sous-espace propre associé est En+1(Φ)=Vect⁡(In)E_{n+1}(\Phi) = \operatorname{Vect}(I_n). Sa dimension est :

dim⁡En+1(Φ)=1\boxed{\dim E_{n+1}(\Phi) = 1}

3. Conclusion sur la diagonalisabilité

Les deux valeurs propres trouvées, 11 et n+1n+1, sont distinctes car n≥1n \geq 1.

Faisons la somme des dimensions des sous-espaces propres :

dim⁡E1(Φ)+dim⁡En+1(Φ)=(n2−1)+1=n2\dim E_1(\Phi) + \dim E_{n+1}(\Phi) = (n^2 - 1) + 1 = n^2

Comme dim⁡Mn(R)=n2\dim \mathcal{M}_n(\mathbb{R}) = n^2, la somme des dimensions des sous-espaces propres est égale à la dimension de l'espace.

Φ est diagonalisable\boxed{\Phi \text{ est diagonalisable}}

Une erreur classique consiste à vouloir diagonaliser la matrice MM au lieu de l'endomorphisme Φ\Phi. Il faut bien distinguer l'espace des matrices (les vecteurs ici) et l'opérateur Φ\Phi qui agit sur cet espace.