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Soit A=(35−101−2023)∈M3(R)A = \begin{pmatrix} 3 & 5 & -1
0 & 1 & -2
0 & 2 & 3 \end{pmatrix} \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R})
.

  1. Calculer le polynôme caractéristique de AA et déterminer son spectre sur C\mathbb{C}.
  2. La matrice AA est-elle diagonalisable dans M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}) ? Dans M3(C)\mathcal{M}_3(\mathbb{C}) ?
  3. Déterminer les sous-espaces de R3\mathbb{R}^3 stables par AA.

1.

Le déterminant est par blocs ou se calcule par développement.

2.

Une matrice réelle est diagonalisable sur R\mathbb{R} si son polynôme est scindé à racines simples sur R\mathbb{R}. Sur C\mathbb{C}, il suffit que les racines soient simples.

3.

Pour les sous-espaces réels stables : les droites correspondent aux valeurs propres réelles, les plans stables peuvent correspondre à des paires de valeurs propres complexes conjuguées.

Idées clés

•

Diagonalisabilité sur R\mathbb{R} vs C\mathbb{C}.

•

Plans stables associés à des valeurs propres complexes.

Résolution.

  1. Le polynôme caractéristique se calcule par blocs :
    χA(X)=(X−3)∣X−12−2X−3∣=(X−3)[(X−1)(X−3)+4]\chi_A(X) = (X-3) \begin{vmatrix} X-1 & 2
    -2 & X-3 \end{vmatrix} = (X-3) [ (X-1)(X-3) + 4 ]
    χA(X)=(X−3)[X2−4X+3+4]=(X−3)(X2−4X+7)\chi_A(X) = (X-3) [ X^2 - 4X + 3 + 4 ] = (X-3)(X^2 - 4X + 7)
    Les racines de X2−4X+7X^2 - 4X + 7 sont 2±i32 \pm i\sqrt{3}. Le spectre sur C\mathbb{C} est donc SpC(A)={3,2+i3,2−i3}\boxed{ \text{Sp}_{\mathbb{C}}(A) = \{ 3, 2 + i\sqrt{3}, 2 - i\sqrt{3} \} }.

    • Sur R\mathbb{R} : Le polynôme n'est pas scindé sur R\mathbb{R} car il possède des racines complexes non réelles. Donc A n’est pas diagonalisable sur R\boxed{A \text{ n'est pas diagonalisable sur } \mathbb{R}}.
    • Sur C\mathbb{C} : Le polynôme est scindé sur C\mathbb{C} et possède trois racines distinctes. A est donc diagonalisable sur C\boxed{A \text{ est donc diagonalisable sur } \mathbb{C}}.

  2. Cherchons les sous-espaces stables réels :
    • Dimension 0 et 3 : {0}\{0\} et R3\mathbb{R}^3 sont toujours stables.
    • Dimension 1 : Ce sont les droites engendrées par les vecteurs propres réels. La seule valeur propre réelle est 33. A−3I=(05−10−2−2020)A - 3I = \begin{pmatrix} 0 & 5 & -1
      0 & -2 & -2
      0 & 2 & 0 \end{pmatrix}
      . Le noyau est vect(e1)\text{vect}(e_1) où e1=(1,0,0)e_1 = (1,0,0). Il y a donc une seule droite stable : D=R⋅(1,0,0)\boxed{ D = \mathbb{R} \cdot (1,0,0) }.
    • Dimension 2 : Un plan stable HH correspond soit à la somme de deux droites stables (impossible ici), soit au plan associé à la partie réelle et imaginaire des vecteurs propres complexes. Soit v=u+iwv = u + iw un vecteur propre associé à 2+i32 + i\sqrt{3}. Alors vect(u,w)\text{vect}(u, w) est un plan stable par AA. Cherchons vv tel que (A−(2+i3)I)v=0(A - (2+i\sqrt{3})I)v = 0. On trouve après calcul que ce plan est le plan d'équation x=0x=0 (le bloc inférieur agissant sur les coordonnées y,zy,z). Vérification : Si x=0x=0, alors A(0yz)=(5y−zy−2z2y+3z)A \begin{pmatrix} 0
      y
      z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 5y-z
      y-2z
      2y+3z \end{pmatrix}
      . Pour que ce soit stable, il faut que la première coordonnée soit nulle : 5y−z=05y-z=0. Ce n'est pas le cas pour tout (y,z)(y,z). En fait, par la méthode des vecteurs propres de tA^t A, on cherche nn tel que tAn=λn^t An = \lambda n. La seule valeur propre réelle de tA^t A est 33 avec n=(1,5/2,−1/2)n = (1, 5/2, -1/2). Le plan stable est donc ker⁡(x+52y−12z=0)\ker(x + \frac{5}{2}y - \frac{1}{2}z = 0).

Une matrice peut être diagonalisable sur C\mathbb{C} mais pas sur R\mathbb{R}. Les sous-espaces stables réels ne se limitent pas aux espaces propres si le spectre contient des complexes non réels.