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= A^k$}

Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et A∈Mn(R)A \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{R}) une matrice carrée. On s'intéresse aux propriétés de AA lorsqu'une de ses puissances stabilise la suite des puissances suivantes.

  1. On suppose dans cette question que A3=A2A^{3}=A^{2}.
    1. Démontrer que la matrice A2A^{2} est diagonalisable.
    2. Établir que la matrice A2−AA^{2}-A est nilpotente.

  2. On suppose désormais qu'il existe un entier k⩾1k \geqslant 1 tel que Ak+1=AkA^{k+1}=A^{k}. Montrer qu'il existe un entier p⩾1p \geqslant 1 tel que ApA^{p} soit diagonalisable et que Ap−AA^{p}-A soit nilpotente. On pourra chercher une valeur de pp dépendant de kk.

1.

Pour la diagonalisabilité, montrer que ApA^p est un projecteur en calculant (Ap)2(A^p)^2 pour un pp bien choisi. Un projecteur est toujours diagonalisable car annulé par X2−XX^2-X.

2.

Pour la nilpotence, utiliser la formule du binôme de Newton sur (Ap−A)p(A^p - A)^p.

3.

Remarquer que si Ak+1=AkA^{k+1} = A^k, alors pour tout j≥kj \geq k, on a Aj=AkA^j = A^k.

Idées clés

•

Caractérisation des projecteurs par le polynôme annulateur X2−XX^2-X.

•

Stabilité des puissances : si Ak+1=AkA^{k+1}=A^k, alors la suite (Am)m≥k(A^m)_{m \geq k} est constante.

•

Utilisation du binôme de Newton pour les matrices qui commutent.

Résolution.

  1. Cas particulier k=2k=2 :
    1. Par hypothèse, A3=A2A^3 = A^2. En multipliant par AA, on obtient :
      A4=A⋅A3=A⋅A2=A3=A2A^4 = A \cdot A^3 = A \cdot A^2 = A^3 = A^2
      On remarque alors que la matrice B=A2B = A^2 vérifie la relation :
      B2=B\boxed{ B^2 = B }
      Le polynôme P(X)=X2−X=X(X−1)P(X) = X^2 - X = X(X-1) est donc un polynôme annulateur de A2A^2. Ce polynôme est scindé à racines simples sur R\mathbb{R} (les racines sont 0 et 1). D'après le cours sur la réduction, une matrice est diagonalisable si et seulement si elle admet un polynôme annulateur scindé à racines simples. Ainsi, A2A^2 est diagonalisable.

    2. Calculons le carré de la matrice A2−AA^2 - A :
      (A2−A)2=(A2)2−A2⋅A−A⋅A2+A2(A^2 - A)^2 = (A^2)^2 - A^2 \cdot A - A \cdot A^2 + A^2
      En utilisant A4=A2A^4 = A^2 et A3=A2A^3 = A^2, on obtient :
      (A2−A)2=A4−A3−A3+A2=A2−A2−A2+A2=0(A^2 - A)^2 = A^4 - A^3 - A^3 + A^2 = A^2 - A^2 - A^2 + A^2 = 0
      La matrice A2−AA^2 - A est donc nilpotente (d'indice de nilpotence au plus 2).
      (A2−A)2=0\boxed{ (A^2 - A)^2 = 0 }

  2. Cas général : Supposons Ak+1=AkA^{k+1} = A^k. Une récurrence immédiate montre que pour tout entier j≥kj \geq k, on a Aj=AkA^j = A^k. Posons p=kp = k. Puisque k≥1k \geq 1, on a 2k≥k2k \geq k, donc par la remarque précédente :
    (Ap)2=A2k=Ak=Ap(A^p)^2 = A^{2k} = A^k = A^p
    La matrice ApA^p est donc un projecteur. Comme tout projecteur, elle est annulée par X2−XX^2-X, donc :
    Ap est diagonalisable\boxed{ A^p \text{ est diagonalisable} }
    Étudions maintenant la nilpotence de Ap−AA^p - A. Comme ApA^p et AA commutent, nous pouvons appliquer la formule du binôme de Newton pour calculer (Ap−A)p(A^p - A)^p :
    (Ap−A)p=∑j=0p(pj)(Ap)p−j(−A)j(A^p - A)^p = \sum_{j=0}^{p} \binom{p}{j} (A^p)^{p-j} (-A)^j
    Analysons chaque terme de la somme pour p=kp=k :
    (Ak−A)k=∑j=0k(kj)(−1)jAj+k(k−j)(A^k - A)^k = \sum_{j=0}^{k} \binom{k}{j} (-1)^j A^{j + k(k-j)}
    Soit mj=j+k2−jkm_j = j + k^2 - jk l'exposant de AA dans le terme d'indice jj. - Si j=kj=k, alors mk=km_k = k. On a Amk=AkA^{m_k} = A^k. - Si 0≤j<k0 \leq j < k, alors mj=k2−j(k−1)m_j = k^2 - j(k-1). Comme j≤k−1j \leq k-1, on a :
    mj≥k2−(k−1)(k−1)=k2−(k2−2k+1)=2k−1m_j \geq k^2 - (k-1)(k-1) = k^2 - (k^2 - 2k + 1) = 2k - 1
    Comme k≥1k \geq 1, on a 2k−1≥k2k-1 \geq k. Dans tous les cas, mj≥km_j \geq k, donc Amj=AkA^{m_j} = A^k. La somme devient alors :
    (Ak−A)k=∑j=0k(kj)(−1)jAk=(∑j=0k(kj)(−1)j)Ak(A^k - A)^k = \sum_{j=0}^{k} \binom{k}{j} (-1)^j A^k = \left( \sum_{j=0}^{k} \binom{k}{j} (-1)^j \right) A^k
    D'après la formule du binôme pour les scalaires, ∑j=0k(kj)(−1)j=(1−1)k=0\sum_{j=0}^{k} \binom{k}{j} (-1)^j = (1-1)^k = 0. On en conclut :
    (Ak−A)k=0\boxed{ (A^k - A)^k = 0 }
    La matrice Ap−AA^p - A est bien nilpotente pour p=kp=k.

Attention à ne pas affirmer que AA elle-même est diagonalisable. L'énoncé montre seulement qu'une certaine puissance ApA^p l'est. Par exemple, si A=(0100)A = \begin{pmatrix} 0 & 1
0 & 0 \end{pmatrix}
, on a A2=0A^2 = 0, donc A2A^2 est diagonalisable (c'est la matrice nulle), mais AA ne l'est pas.