Soit un entier naturel non nul. On considère une matrice vérifiant la relation suivante :
Pour la question 1, introduire le polynôme . Vérifier s'il est annulateur pour et étudier ses racines (existence et multiplicité).
Pour la question 2, utiliser le fait qu'une matrice diagonalisable voit sa trace égale à la somme de ses valeurs propres (comptées avec multiplicité). Poser et exprimer les valeurs propres en fonction de .
En notant et les multiplicités respectives des deux valeurs propres de , traduire la condition sur la trace en une équation sur .
Analyser pour quelles valeurs de cette équation admet une solution réelle .
Utilisation d'un polynôme annulateur à racines réelles simples.
Lien entre trace et spectre d'une matrice diagonalisable.
Résolution d'une équation paramétrée par les multiplicités des valeurs propres.
1. Étude de la diagonalisabilité de .
Soit . La relation de l'énoncé s'écrit . On définit le polynôme . Par hypothèse, est un polynôme annulateur de .
Le discriminant de ce polynôme du second degré est :
Puisque (car est à coefficients réels), on a , donc . Le polynôme possède ainsi deux racines réelles distinctes :
Le polynôme annulateur est scindé à racines simples sur . D'après le cours sur la réduction, on en déduit immédiatement :
2. Recherche des entiers possibles.
Étape 1 : Expression de la trace. Puisque est diagonalisable, son spectre est inclus dans l'ensemble des racines de son polynôme annulateur . Ainsi, .
Soient et les multiplicités respectives de et en tant que valeurs propres de . On a et . La trace de est égale à la somme de ses valeurs propres :
Étape 2 : Analyse de l'équation sur . En remplaçant et par leurs expressions, on obtient :
En multipliant par 2 et en regroupant les termes en :
Comme , l'équation devient :
Posons . On remarque que . L'équation s'écrit :
Étape 3 : Discussion selon .
Cas 1 : . L'équation devient . Comme , cela impose . Alors et , donc . Dans ce cas, l'égalité est toujours vérifiée pour n'importe quel . Il existe bien de telles matrices (par exemple une matrice compagnon ou une matrice diagonale bien choisie).
Cas 2 : . On peut élever l'équation au carré :
Pour qu'il existe une solution réelle , il est nécessaire que et soient de même signe. Si , alors . Cela implique que est pair (car ). Ainsi, tout pair est solution (pour ).
Si , on doit avoir (car et ). Cela revient à . Or , donc la valeur maximale de est (quand l'un des est nul).
- Pour : . On testerait , soit , impossible. - Pour : . On testerait , soit , impossible. - Pour : . On teste . On peut choisir (i.e., ). L'équation possède une solution .
Plus généralement, pour tout , il existe toujours un tel que . Par exemple, si est pair, convient. Si est impair (), convient.
Ne pas oublier de vérifier si le signe de est cohérent avec l'équation après avoir élevé au carré. Si on trouve , il faut choisir le signe de qui correspond au signe de .