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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et K\mathbb{K} un corps (R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}). On note com(M)\text{com}(M) la comatrice d'une matrice M∈Mn(K)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}).

Déterminer l'ensemble des matrices M∈Mn(K)M \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}) telles que com(M)\text{com}(M) soit diagonalisable sur K\mathbb{K}.

1.

Commencer par traiter les cas n=1n=1 (trivial) puis supposer n≥2n \geq 2.

2.

Utiliser la relation fondamentale M⋅tcom(M)=det⁡(M)InM \cdot {}^t\text{com}(M) = \det(M) I_n pour étudier le cas où MM est inversible.

3.

Discuter selon le rang de MM pour les cas non inversibles en utilisant les propriétés du rang de la comatrice :

4.

Si rg(M)=n\text{rg}(M) = n, alors rg(com(M))=n\text{rg}(\text{com}(M)) = n.

5.

Si rg(M)=n−1\text{rg}(M) = n-1, alors rg(com(M))=1\text{rg}(\text{com}(M)) = 1.

6.

Si rg(M)≤n−2\text{rg}(M) \leq n-2, alors rg(com(M))=0\text{rg}(\text{com}(M)) = 0.

7.

Pour une matrice de rang 1, utiliser le critère de diagonalisabilité lié à la trace.

8.

Faire le lien entre Tr(com(M))\text{Tr}(\text{com}(M)) et le polynôme caractéristique χM\chi_M.

Idées clés

•

Relation entre une matrice inversible et sa comatrice.

•

Propriétés du rang : rg(com(M))\text{rg}(\text{com}(M)) est déterminé par rg(M)\text{rg}(M).

•

Diagonalisabilité des matrices de rang 1 (une matrice de rang 1 est diagonalisable si et seulement si sa trace est non nulle).

Résolution.

Le cas n=1n=1 est immédiat : com(M)=(1)\text{com}(M) = (1) pour toute matrice MM, donc com(M)\text{com}(M) est toujours diagonalisable.

On suppose désormais n≥2n \geq 2. On traite l'exercice par une analyse selon le rang de MM.

Cas 1 : MM est inversible (rg(M)=n\text{rg(M) = n).}

Dans ce cas, on utilise la relation M⋅tcom(M)=det⁡(M)InM \cdot {}^t\text{com}(M) = \det(M) I_n, ce qui donne :

com(M)=det⁡(M)⋅(tM)−1\text{com}(M) = \det(M) \cdot ({}^t M)^{-1}

On sait qu'une matrice est diagonalisable si et seulement si sa transposée l'est, et si et seulement si son inverse (si elle existe) l'est.

De plus, multiplier par un scalaire non nul ne change pas la diagonalisabilité.

Ainsi, com(M)\text{com}(M) est diagonalisable si et seulement si MM est diagonalisable.

Si rg(M)=n,com(M) est diag.   ⟺  M est diag. \boxed{ \text{Si } \text{rg}(M)=n, \text{com}(M) \text{ est diag. } \iff M \text{ est diag. } }

Cas 2 : rg(M)≤n−2\text{rg(M) \leq n-2.}

Par définition, si le rang de MM est inférieur ou égal à n−2n-2, tous les mineurs d'ordre n−1n-1 sont nuls.

Par conséquent, la comatrice est la matrice nulle :

com(M)=0\text{com}(M) = 0

La matrice nulle étant diagonalisable, toutes ces matrices conviennent.

Si rg(M)≤n−2,com(M) est toujours diagonalisable.\boxed{ \text{Si } \text{rg}(M) \leq n-2, \text{com}(M) \text{ est toujours diagonalisable.} }

Cas 3 : rg(M)=n−1\text{rg(M) = n-1.}

Si le rang de MM est n−1n-1, alors le rang de sa comatrice est exactement 11.

Soit A=com(M)A = \text{com}(M). Puisque rg(A)=1\text{rg}(A) = 1, AA est diagonalisable si et seulement si sa trace est non nulle.

Or, on sait que pour toute matrice MM, la trace de sa comatrice est liée au polynôme caractéristique χM(X)=det⁡(XIn−M)\chi_M(X) = \det(XI_n - M) :

χM(X)=Xn−Tr(M)Xn−1+⋯+(−1)n−1Tr(com(M))X+(−1)ndet⁡(M)\chi_M(X) = X^n - \text{Tr}(M) X^{n-1} + \dots + (-1)^{n-1} \text{Tr}(\text{com}(M)) X + (-1)^n \det(M)

Comme MM n'est pas inversible, det⁡(M)=0\det(M) = 0. On note sn−1(M)=Tr(com(M))s_{n-1}(M) = \text{Tr}(\text{com}(M)).

La comatrice est diagonalisable si et seulement si sn−1(M)≠0s_{n-1}(M) \neq 0.

Géométriquement, sn−1(M)≠0s_{n-1}(M) \neq 0 signifie que 00 est une racine simple du polynôme caractéristique χM\chi_M.

Puisque dim⁡(ker⁡M)=n−rg(M)=1\dim(\ker M) = n - \text{rg}(M) = 1, la multiplicité géométrique de la valeur propre 00 est 11.

La condition " 00 est racine simple " équivaut donc à dire que la multiplicité algébrique de 00 est égale à sa multiplicité géométrique (soit 11), ce qui revient à dire que ker⁡(M)∩Im(M)={0}\ker(M) \cap \text{Im}(M) = \{0\}.

Si rg(M)=n−1,com(M) est diag.   ⟺  0 est racine simple de χM\boxed{ \text{Si } \text{rg}(M)=n-1, \text{com}(M) \text{ est diag. } \iff 0 \text{ est racine simple de } \chi_M }

Conclusion.

L'ensemble des matrices recherchées est constitué :

  1. Des matrices inversibles et diagonalisables sur K\mathbb{K}.
  2. Des matrices de rang inférieur ou égal à n−2n-2.
  3. Des matrices de rang n−1n-1 dont 00 est une valeur propre simple.

L'erreur classique consiste à croire que MM doit forcément être diagonalisable. Pourtant, si rg(M)=n−1\text{rg}(M) = n-1 et que 00 est une valeur propre simple, la comatrice est diagonalisable (car elle est de rang 1 et de trace non nulle), même si MM possède d'autres valeurs propres qui ne sont pas "diagonalisables" (par exemple si le bloc de MM sur son image n'est pas diagonalisable).