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Soit nn un entier naturel non nul. On considère deux vecteurs CMn,1(R)C \in \mathcal{M}_{n, 1}(\mathbb{R}) et LM1,n(R)L \in \mathcal{M}_{1, n}(\mathbb{R}).

On définit la matrice par blocs MM de taille (n+1)×(n+1)(n+1) \times (n+1) par :

M=(0nCL0)M=\left(\begin{array}{cc} 0_n & C
L & 0 \end{array}\right)
0n0_n désigne la matrice nulle de taille n×nn \times n et le 00 en bas à droite est un scalaire.

À quelle condition nécessaire et suffisante sur CC et LL la matrice MM est-elle diagonalisable sur R\mathbb{R} ?

1.

Commencer par calculer les puissances de MM, en particulier M2M^2 et M3M^3.

2.

Introduire le scalaire α=LC\alpha = LC et exprimer M3M^3 en fonction de MM et α\alpha.

3.

Utiliser le lien entre diagonalisabilité et existence d'un polynôme annulateur scindé à racines simples.

4.

Discuter selon le signe du produit scalaire α=LC\alpha = LC et traiter avec soin le cas de la nilpotence.

Idées clés

Recherche d'un polynôme annulateur par calcul de blocs.

Étude du spectre et des dimensions des sous-espaces propres.

Condition de diagonalisabilité pour les matrices nilpotentes.

1. Calcul d'un polynôme annulateur.

Effectuons le produit par blocs pour déterminer M2M^2 :

M2=(0nCL0)(0nCL0)=(CL0n,101,nLC)M^2 = \begin{pmatrix} 0_n & C
L & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 0_n & C
L & 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} CL & 0_{n,1}
0_{1,n} & LC \end{pmatrix}

Notons α=LCR\alpha = LC \in \mathbb{R} la valeur du bloc scalaire en bas à droite. Calculons maintenant M3M^3 :

M3=M2M=(CL00α)(0CL0)=(0(CL)CαL0)M^3 = M^2 \cdot M = \begin{pmatrix} CL & 0
0 & \alpha \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 0 & C
L & 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 & (CL)C
\alpha L & 0 \end{pmatrix}

Comme le produit de matrices est associatif, (CL)C=C(LC)=αC(CL)C = C(LC) = \alpha C. On en déduit :

M3=αM\boxed{M^3 = \alpha M}

Ainsi, le polynôme P(X)=X3αX=X(X2α)P(X) = X^3 - \alpha X = X(X^2 - \alpha) est un polynôme annulateur de MM.

2. Analyse selon la valeur de α\alpha.

Cas 1 : α>0\alpha > 0. Les racines de PP sont {0,α,α}\{0, \sqrt{\alpha}, -\sqrt{\alpha}\}. Elles sont réelles et distinctes deux à deux. Puisque MM possède un polynôme annulateur scindé à racines simples sur R\mathbb{R}, on conclut que :

Si LC>0,M est diagonalisable sur R\boxed{\text{Si } LC > 0, M \text{ est diagonalisable sur } \mathbb{R}}

Cas 2 : α<0\alpha < 0. Le polynôme PP se factorise sur R\mathbb{R} en X(X2+α)X(X^2 + |\alpha|). Ses racines sont {0,iα,iα}\{0, i\sqrt{|\alpha|}, -i\sqrt{|\alpha|}\}. Le polynôme minimal μM\mu_M de MM divise PP. Comme α0\alpha \neq 0, on a M0M \neq 0 et M20M^2 \neq 0. Donc μM\mu_M doit admettre des racines non réelles parmi les racines de PP. μM\mu_M n'étant pas scindé sur R\mathbb{R}, la matrice MM n'est pas diagonalisable sur R\mathbb{R}. (Elle est toutefois diagonalisable sur C\mathbb{C} car ses racines sont simples).

Cas 3 : α=0\alpha = 0. Dans ce cas, P(X)=X3P(X) = X^3. La matrice MM est donc nilpotente. Une matrice nilpotente est diagonalisable si et seulement si elle est nulle.

M=0    C=0 et L=0M = 0 \iff C = 0 \text{ et } L = 0

3. Synthèse des conditions.

D'après l'étude précédente, MM est diagonalisable sur R\mathbb{R} si et seulement si :

  • LC>0LC > 0
  • OU C=0C = 0 et L=0L = 0 (auquel cas M=0M=0)

Vérifions si les cas où l'un des deux seulement est nul sont inclus. Si C=0C=0 et L0L \neq 0, alors LC=0LC=0 (donc α=0\alpha=0) mais M0M \neq 0. MM n'est pas diag. Si L=0L=0 et C0C \neq 0, alors LC=0LC=0 (donc α=0\alpha=0) mais M0M \neq 0. MM n'est pas diag.

Conclusion finale :

M est diagonalisable sur R    (LC>0) ou (C=0 et L=0)\boxed{M \text{ est diagonalisable sur } \mathbb{R} \iff (LC > 0) \text{ ou } (C=0 \text{ et } L=0)}

Attention à ne pas conclure trop vite que MM est diagonalisable dès que LC=0LC = 0. Dans ce cas, MM est nilpotente et ne peut être diagonalisable que si elle est la matrice nulle. Le simple fait que LC=0LC=0 n'implique pas que MM est nulle (penser au cas où CC et LL sont orthogonaux mais non nuls).