1. Choix d'une base adaptée.
Puisque p est un projecteur, nous savons que l'espace E se décompose sous la forme :
E=im(p)⊕ker(p) Soit n=dimE et r=rg(p). On choisit une base B=(e1,…,er,er+1,…,en) de E telle que (e1,…,er) est une base de im(p) et (er+1,…,en) est une base de ker(p).
Dans cette base, la matrice de p est de la forme :
M(p)=(Ir000) 2. Action de Φ sur les blocs.
Soit u∈L(E). On décompose sa matrice M(u) dans la base B en quatre blocs :
M(u)=(ACBD)
où
A∈Mr(Q),
B∈Mr,n−r(Q),
C∈Mn−r,r(Q) et
D∈Mn−r(Q).
Calculons les produits matriciels correspondant aux compositions u∘p et p∘u :
M(u∘p)=(ACBD)(Ir000)=(AC00)
M(p∘u)=(Ir000)(ACBD)=(A0B0) On en déduit la matrice de Φ(u) :
M(Φ(u))=(AC00)+(A0B0)=(2ACB0) 3. Identification des éléments propres.
Considérons les quatre sous-espaces vectoriels de L(E) suivants :
- V1,1={u∈L(E)∣M(u)=(A000)}. Pour u∈V1,1, Φ(u)=2u.
- V1,0={u∈L(E)∣M(u)=(00B0)}. Pour u∈V1,0, Φ(u)=u.
- V0,1={u∈L(E)∣M(u)=(0C00)}. Pour u∈V0,1, Φ(u)=u.
- V0,0={u∈L(E)∣M(u)=(000D)}. Pour u∈V0,0, Φ(u)=0.
Ces sous-espaces sont en somme directe et leur somme est égale à L(E) car toute matrice se décompose de manière unique selon ces quatre blocs.
4. Conclusion sur la diagonalisabilité.
D'après l'étude précédente, les éléments non nuls de ces sous-espaces sont des vecteurs propres de Φ pour les valeurs propres respectives 2,1,1 et 0.
L'espace L(E) est donc égal à la somme des sous-espaces propres de Φ associés aux valeurs propres {0,1,2}.
Plus précisément, si on définit le polynôme P(X)=X(X−1)(X−2), on vérifie par le calcul par blocs que :
P(Φ)=0 Le polynôme P est scindé à racines simples sur Q et il annule Φ.
L’endomorphisme Φ est diagonalisable.