Dans cet exercice, on étudie la dimension maximale d'un sous-espace de constitué de matrices diagonalisables.
Pour la question 1, utilisez la suite des noyaux itérés . Distinguez les cas selon l'indice de nilpotence (2 ou 3).
Pour la question 2.(b), une matrice de est diagonalisable si et seulement si elle possède deux valeurs propres distinctes ou si elle est scalaire. Calculez le discriminant qui est un polynôme en . S'il a une racine, la matrice correspondante doit être scalaire.
Pour la question 3, observez que croît en alors que croît linéairement.
Réduction des nilpotents par l'étude des noyaux itérés.
Caractérisation de la diagonalisabilité dans via le discriminant .
Une matrice ayant une valeur propre double est diagonalisable si et seulement si elle est déjà diagonale (homothétie).
1. Nilpotents de _3(\mathbb{C}).}
Soit nilpotente. Son indice de nilpotence vérifie .
Cas : . Alors . Comme , est soit 1 soit 2. Le théorème du rang impose . La seule possibilité avec est et . Soit tel que . Posons . Alors . Complétons en une base de . Dans la base , la matrice de est exactement .
Cas : et . Soit tel que . Posons et . La famille est libre (classique pour les nilpotents). Dans cette base, la matrice de est .
2. (a) Rang 1 et diagonalisabilité.
Soit de rang 1. Ses valeurs propres sont et 0. Si , est nilpotente de rang 1. Or ne contient que des diagonalisables, donc la seule nilpotente est 0. Contradiction. Ainsi . a deux valeurs propres distinctes ( et ), elle est donc semblable à .
2. (b) Étude du discriminant.
Soit . Le polynôme caractéristique est . Le discriminant est :
est un polynôme en de degré 2. Sur , il admet au moins une racine . Pour ce , la matrice possède une valeur propre double. Comme , elle est diagonalisable. Une matrice de diagonalisable à valeur propre double est une homothétie. Donc . Ceci impose que ses coefficients non diagonaux sont nuls : et . Ainsi, toute matrice doit être diagonale.
2. (c) Conclusion sur ).}
L'argument précédent montre que si contient , alors , donc . L'espace des matrices diagonales est de dimension 2 et convient.
3. Comparaison.
On a et . La différence est majeure : sur , on peut construire de très gros espaces (les symétriques). Sur , la contrainte de diagonalisabilité est beaucoup plus forte car "presque toutes" les matrices à valeurs propres multiples sont non diagonalisables (à cause de la structure des blocs de Jordan non triviaux que l'on évite ici par le discriminant).
Ne pas dire que " a une racine donc la matrice n'est pas diagonalisable". C'est faux (cas des homothéties). Il faut bien justifier que si , la diagonalisabilité impose d'être un multiple de l'identité.