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On considère une matrice A∈M2(R)A \in \mathcal{M}_{2}(\mathbb{R}) dont le déterminant vérifie ∣det⁡(A)∣=1|\det(A)| = 1.

On suppose par ailleurs qu'aucune des valeurs propres complexes de AA n'est de module 11.

Démontrer que la matrice AA est diagonalisable dans M2(R)\mathcal{M}_{2}(\mathbb{R}).

1.

Commencer par étudier la nature des valeurs propres de AA (réelles ou complexes non réelles).

2.

Utiliser la propriété selon laquelle les racines complexes d'un polynôme à coefficients réels sont conjuguées.

3.

Exploiter le lien entre le produit des valeurs propres et le déterminant.

4.

Vérifier si les valeurs propres peuvent être multiples.

Idées clés

•

Lien entre déterminant et spectre : det⁡(A)=∏λi\det(A) = \prod \lambda_i.

•

Propriété des polynômes réels : si λ∈C∖R\lambda \in \mathbb{C} \setminus \mathbb{R} est racine, alors λˉ\bar{\lambda} l'est aussi.

•

Critère de diagonalisabilité : une matrice d'ordre 2 avec deux valeurs propres réelles distinctes est diagonalisable sur R\mathbb{R}.

Résolution.

Soit χA\chi_A le polynôme caractéristique de AA. Comme A∈M2(R)A \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R}), χA\chi_A est un polynôme de degré 2 à coefficients réels.

Notons λ1\lambda_1 et λ2\lambda_2 les deux racines de χA\chi_A dans C\mathbb{C}, qui sont les valeurs propres de AA.

Étape 1 : Analyse de la nature des valeurs propres.

Supposons par l'absurde que AA possède une valeur propre λ1\lambda_1 qui ne soit pas réelle (λ1∈C∖R\lambda_1 \in \mathbb{C} \setminus \mathbb{R}).

Puisque χA\chi_A est à coefficients réels, la quantité conjuguée λ1ˉ\bar{\lambda_1} est également une racine de χA\chi_A.

On a donc λ2=λ1ˉ\lambda_2 = \bar{\lambda_1}. Le produit des valeurs propres est alors :

λ1λ2=λ1λ1ˉ=∣λ1∣2\lambda_1 \lambda_2 = \lambda_1 \bar{\lambda_1} = |\lambda_1|^2

Or, le produit des valeurs propres est égal au déterminant de la matrice. D'où :

∣λ1∣2=det⁡(A)|\lambda_1|^2 = \det(A)

En passant au module et en utilisant l'hypothèse ∣det⁡(A)∣=1|\det(A)| = 1, il vient :

∣λ1∣2=∣det⁡(A)∣=1  ⟹  ∣λ1∣=1|\lambda_1|^2 = |\det(A)| = 1 \implies |\lambda_1| = 1

Ceci contredit l'énoncé qui stipule qu'aucune valeur propre complexe n'est de module 11.

Par conséquent, les deux valeurs propres de AA sont nécessairement réelles :

λ1∈Retλ2∈R\boxed{\lambda_1 \in \mathbb{R}   \text{et}   \lambda_2 \in \mathbb{R}}

Étape 2 : Distinction des valeurs propres.

Étudions maintenant si ces deux valeurs propres réelles peuvent être égales. Supposons que λ1=λ2=λ\lambda_1 = \lambda_2 = \lambda.

Le produit des valeurs propres nous donne :

λ2=det⁡(A)\lambda^2 = \det(A)

En utilisant à nouveau l'hypothèse sur le déterminant, on a λ2=1\lambda^2 = 1 ou λ2=−1\lambda^2 = -1.

Si λ2=1\lambda^2 = 1, alors λ=1\lambda = 1 ou λ=−1\lambda = -1. Dans les deux cas, ∣λ∣=1|\lambda| = 1. Cela contredit l'hypothèse selon laquelle aucune valeur propre n'est de module 11.

Si λ2=−1\lambda^2 = -1, alors λ=i\lambda = i ou λ=−i\lambda = -i. Ceci contredit le fait, établi précédemment, que les valeurs propres sont réelles.

On en déduit que les racines du polynôme caractéristique sont distinctes :

λ1≠λ2\boxed{\lambda_1 \neq \lambda_2}

Étape 3 : Conclusion sur la diagonalisabilité.

La matrice A∈M2(R)A \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R}) possède deux valeurs propres réelles et distinctes.

Le polynôme caractéristique χA\chi_A est donc scindé à racines simples sur R\mathbb{R}.

D'après le cours sur la réduction, cela garantit la diagonalisabilité de la matrice.

A est diagonalisable dans M2(R)\boxed{A \text{ est diagonalisable dans } \mathcal{M}_2(\mathbb{R})}

L'erreur fréquente est d'oublier de traiter le cas où les valeurs propres pourraient être complexes non réelles. Il faut bien justifier que la condition sur le module force les racines à être réelles avant de discuter de leur multiplicité.