On considère l'espace vectoriel des matrices carrées avec .
L'objectif est de déterminer s'il est possible de trouver une base de cet espace constituée exclusivement de matrices diagonalisables.
Rappeler une condition suffisante simple pour qu'une matrice soit diagonalisable sur en lien avec son spectre.
Utiliser une matrice diagonale ayant des coefficients diagonaux distincts comme point de départ.
Considérer une famille de matrices construites à partir de et des matrices de la base canonique .
Pour prouver que la famille est une base, vérifier qu'elle est libre et qu'elle contient éléments.
Une matrice possédant valeurs propres distinctes dans est diagonalisable dans .
La base canonique permet de décomposer n'importe quelle matrice, mais les matrices (pour ) ne sont pas diagonalisables.
On construit une base en "perturbant" une matrice diagonalisable fixe par les éléments de la base canonique.
Résolution.
Soit la matrice diagonale définie par :
Cette matrice possède valeurs propres distinctes (les entiers de à ). Elle est donc diagonalisable.
Considérons la famille de matrices définie par :
1. Étudions la diagonalisabilité des éléments de .}
Si , alors est une matrice diagonale. Elle est donc diagonalisable.
Si , la matrice est soit triangulaire supérieure (si ), soit triangulaire inférieure (si ).
En effet, les seuls coefficients non nuls de sont sur la diagonale ou en position .
Ses valeurs propres sont ses coefficients diagonaux, c'est-à-dire .
Comme possède valeurs propres distinctes dans , elle est diagonalisable.
2. Montrons que la famille est libre.}
Supposons qu'il existe des réels tels que :
En remplaçant par son expression, nous obtenons :
Posons . L'équation devient :
En utilisant la définition de , on peut regrouper les termes selon la base canonique :
Par liberté de la base canonique, nous en déduisons :
Sommons les relations (ii) pour allant de à :
Or, d'après (i), la somme totale se réduit à la somme des :
On aboutit donc à l'équation :
Comme pour tout , on en conclut que .
D'après les relations (i) et (ii), cela implique que tous les coefficients sont nuls.
La famille est donc libre.
Conclusion.
La famille est une famille libre de éléments dans un espace de dimension . C'est donc une base.
Attention à ne pas croire que l'ensemble des matrices diagonalisables forme un sous-espace vectoriel. La somme de deux matrices diagonalisables n'est pas nécessairement diagonalisable. Par exemple :