Pour chacune de ces matrices, déterminer si elle est diagonalisable ou seulement trigonalisable. Dans chaque cas, effectuer la réduction en précisant une matrice de passage P et la matrice réduite (diagonale ou triangulaire supérieure).
1.
Calculer le polynôme caractéristique χM(X)=det(XI−M) pour chaque matrice.
2.
Pour la diagonalisabilité, comparer la multiplicité de chaque racine de χM avec la dimension du sous-espace propre associé.
3.
Pour la trigonalisation, utiliser une base adaptée à la suite des noyaux itérés ker(M−λI)k.
4.
Pour la matrice C, on pourra remarquer que 729=93 pour aider à l'identification des racines.
Idées clés
•
Calcul du polynôme caractéristique et recherche des racines.
•
Critère de diagonalisabilité : polynôme scindé et dim(Eλ)=mλ.
•
Trigonalisation par la méthode des noyaux emboîtés.
1. Étude de la matrice A
Calculons le polynôme caractéristique de A :
\begin{align*}
\chi_A(X) &= \begin{vmatrix} X-3 & 2 & 2 1 & X & -1 -1 & -1 & X \end{vmatrix}
&= (X-3)(X^2-1) - 2(X-1) + 2(-1+X)
&= (X-3)(X-1)(X+1) - 2(X-1) + 2(X-1)
\end{align*}
D'où le résultat :
χA(X)=(X−3)(X−1)(X+1)
Le polynôme χA est scindé à racines simples sur R. La matrice A est donc diagonalisable.
Déterminons les sous-espaces propres :
Pour λ=1 : (A−I)X=0⟺2−11−2−11−21−1xyz=0⟺{x−y−z=0x+y−z=0⟺{x=zy=0.
On choisit v1=(1,0,1).
Pour λ=−1 : (A+I)X=0⟺4−11−211−211xyz=0⟺⎩⎨⎧2x−y−z=0y+z=0x+y+z=0⟺{x=0y=−z.
On choisit v2=(0,1,−1).
Pour λ=3 : (A−3I)X=0⟺0−11−2−31−21−3xyz=0⟺⎩⎨⎧y=−z−x−3y+z=0x+y−3z=0⟺{y=−zx=4z.
On choisit v3=(4,−1,1).
L'unique valeur propre est 1 avec une multiplicité de 3. Étudions E1=ker(B−I) :
B−I=0000−110−11
rg(B−I)=1, donc dimE1=3−1=2. La matrice n'est pas diagonalisable.
Elle est trigonalisable car son polynôme caractéristique est scindé.
Cherchons une base (e1,e2,e3) telle que la matrice soit triangulaire.
On prend e1=(1,0,0) et e2=(0,1,−1) qui forment une base de E1.
On cherche e3 tel que (B−I)e3=e2 (pour avoir un bloc de Jordan, bien que non nommé).
0000−110−11xyz=01−1⟺−y−z=1
On peut choisir e3=(0,0,−1). On a alors Be3=e2+e3.
Dans la base (e1,e2,e3), la matrice est T=100010011.
P=10001−100−1etT=100010011
3. Étude de la matrice C
Calculons χC(X)=det(XI−C). On trouve Tr(C)=27 et det(C)=729=93.
Un calcul direct (ou l'essai de valeurs simples) montre que χC(X)=(X−9)3.
Étudions E9=ker(C−9I) :
C−9I=4−2−5−5−24−2−8−2
Les deux premières lignes ne sont pas colinéaires, donc rg(C−9I)≥2.
L2+21L1→(0,−4.5,−9) et L3+45L1→(0,−2.25,−4.5).
Les lignes sont liées, le rang est exactement 2.
dimE9=1. La matrice est seulement trigonalisable.
On cherche une base (v1,v2,v3) telle que (C−9I)v1=0, (C−9I)v2=αv1 et (C−9I)v3∈Vect(v1,v2).
E9 est engendré par v1=(−2,−2,1).
On cherche v2∈ker(C−9I)2∖ker(C−9I). Un calcul donne :
(C−9I)2=36−36−18−1818936−36−18
Le vecteur v2=(1,2,0) convient car 2(1)−1(2)+2(0)=0.
On a (C−9I)v2=(−6,−6,3)=3v1.
Enfin, on complète avec v3=(1,0,0). On a (C−9I)v3=(4,−2,−5).
On cherche a,b,c tels que (4,−2,−5)=av1+bv2+cv3.
Le système conduit à a=−5,b=−6,c=0.
Ainsi Cv3=−5v1−6v2+9v3.
P=−2−21120100etT=900390−5−69
Attention à ne pas conclure trop vite qu'une matrice est trigonalisable sans vérifier si elle est diagonalisable. Si les sous-espaces propres ont une dimension égale à la multiplicité de la racine, la matrice est diagonale (cas particulier de triangulaire).