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Soit EE un espace vectoriel sur C\mathbb{C} de dimension finie nNn \in \mathbb{N}^*. On considère deux endomorphismes ff et gg de EE.

On suppose que ff et gg possèdent au moins une valeur propre en commun.

Démontrer qu'il existe un endomorphisme ϕL(E)\phi \in \mathcal{L}(E) de rang 1 tel que :

ϕf=gϕ\phi \circ f = g \circ \phi

1.

Traduire le problème en termes matriciels en fixant une base de EE.

2.

Utiliser le fait qu'une matrice et sa transposée ont le même spectre sur C\mathbb{C}.

3.

Se souvenir que toute matrice de rang 1 peut s'écrire sous la forme M=YXTM = Y X^TXX et YY sont des vecteurs colonnes non nuls.

Idées clés

Passage aux matrices pour utiliser la transposition.

Propriété spectrale : Sp(A)=Sp(AT)\mathrm{Sp}(A) = \mathrm{Sp}(A^T).

Caractérisation des matrices de rang 1 comme produits extérieurs.

Résolution.

Fixons une base B\mathcal{B} de EE. Notons A=MatB(f)A = \mathrm{Mat}_{\mathcal{B}}(f) et B=MatB(g)B = \mathrm{Mat}_{\mathcal{B}}(g) les matrices représentatives de ff et gg dans cette base.

L'hypothèse stipule que ff et gg ont une valeur propre commune, ce qui revient à dire que :

Sp(A)Sp(B)\mathrm{Sp}(A) \cap \mathrm{Sp}(B) \neq \emptyset

Soit λC\lambda \in \mathbb{C} une valeur propre commune à AA et BB.

1. Recherche de vecteurs propres.

Puisque λ\lambda est valeur propre de BB, il existe un vecteur colonne non nul YMn,1(C)Y \in \mathcal{M}_{n,1}(\mathbb{C}) tel que :

BY=λY\boxed{BY = \lambda Y}

D'autre part, nous savons que le polynôme caractéristique d'une matrice est identique à celui de sa transposée : χA=χAT\chi_A = \chi_{A^T}.

Par conséquent, λ\lambda est également une valeur propre de ATA^T. Il existe donc un vecteur colonne non nul XMn,1(C)X \in \mathcal{M}_{n,1}(\mathbb{C}) tel que :

ATX=λXA^T X = \lambda X

En appliquant la transposition à cette égalité, on obtient :

XTA=λXT\boxed{X^T A = \lambda X^T}

2. Construction de la matrice MM.

Considérons la matrice MMn(C)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) définie par le produit :

M=YXTM = Y X^T

Cette matrice MM est le produit d'une matrice de format (n,1)(n,1) et d'une matrice de format (1,n)(1,n). Ses colonnes sont toutes colinéaires au vecteur YY.

Comme X0X \neq 0 et Y0Y \neq 0, la matrice MM n'est pas nulle et son image est la droite vectorielle engendrée par YY. On en déduit :

rg(M)=1\boxed{\mathrm{rg}(M) = 1}

3. Vérification de la relation d'entrelacement.

Calculons maintenant les produits MAMA et BMBM en utilisant l'associativité du produit matriciel :

MA=(YXT)A=Y(XTA)MA = (YX^T)A = Y(X^T A)

En utilisant la relation XTA=λXTX^T A = \lambda X^T établie précédemment, il vient :

MA=Y(λXT)=λ(YXT)=λMMA = Y(\lambda X^T) = \lambda (YX^T) = \lambda M

De la même manière, calculons BMBM :

BM=B(YXT)=(BY)XTBM = B(YX^T) = (BY)X^T

En utilisant BY=λYBY = \lambda Y, on obtient :

BM=(λY)XT=λ(YXT)=λMBM = (\lambda Y)X^T = \lambda (YX^T) = \lambda M

On en conclut que :

MA=BM\boxed{MA = BM}

Conclusion.

Soit ϕ\phi l'endomorphisme dont la matrice dans la base B\mathcal{B} est MM.

Puisque rg(M)=1\mathrm{rg}(M)=1, l'endomorphisme ϕ\phi est de rang 1. La relation matricielle MA=BMMA = BM se traduit exactement par :

ϕf=gϕ\boxed{\phi \circ f = g \circ \phi}

L'erreur fréquente est de chercher ϕ\phi sous la forme d'un polynôme en ff ou en gg. Or, un polynôme en ff commute avec ff, mais n'entrelace pas nécessairement ff et gg (sauf si f=gf=g). Ici, la forme "rang 1" impose une structure de type uvu \otimes v^*.